Tag: Musique

  • Le Marseille Jazz des cinq continents s’ouvre au monde et à tous

    Le Marseille Jazz des cinq continents s’ouvre au monde et à tous

    Marseille Jazz des cinq continents revient dans la cité phocéenne et choisit cette année de célébrer la légende Miles Davis à l’occasion du centenaire de sa naissance. « C’est une figure du jazz qui correspond au positionnement de notre festival, tourné vers le monde et qui favorise les dialogues », explique Hugues Kieffer, directeur du Marseille Jazz. Un esprit d’ouverture qui se retrouve dans la programmation de cette édition.

    Du 1er au 12 juillet, 29 groupes et artistes se succéderont sur les différentes scènes du festival à la Friche la Belle de Mai, au Centre de la Vieille Charité, au Conservatoire Pierre-Barbizet et, nouveauté de cette édition, au parc Henri-Fabre. Le danseur Israel Galván lancera les festivités aux côtés du trompettiste Michael Leonhart, dans une ambiance mêlant un flamenco contemporain à des sonorités américaines. Un projet ambitieux, pour faire résonner les notes de Miles Davis. Le festival accueillera également Ezra Collective, « un collectif en train de secouer toute la planète, qui propose un jazz très actuel avec des influences afro-caribéennes ». Figure tutélaire du festival, le musicien Marcus Miller, habitué de la scène marseillaise et ayant côtoyé Miles Davis, proposera un hommage au trompettiste américain, entouré d’autres artistes proches du jazzman. Le DJ Gilles Peterson fera quant à lui sa première apparition au Marseille Jazz des cinq continents.

    Au-delà des têtes d’affiche, le rendez-vous marseillais revendique aussi sa place de défricheur. Le jazz soufi d’Abdullah Miniawy fait ainsi écho à la musique de Gildaa et de Gabriel Gosse, « deux futures stars du jazz », avance Hugues Kieffer. Le trio émergent Ubaq, lauréat du tremplin Rezzo de Jazz à Vienne, sera également présent. À leurs côtés, de nombreux autres artistes aux influences toujours plus éclectiques. Un engagement pris par les organisateurs, qui souhaitent « laisser dans ce festival une place pour l’inédit ». Marseille Jazz des cinq continents poursuit ainsi son ambition de faire se rencontrer les cultures à travers la musique et de montrer ce qu’est Marseille, « une ville de métissage, et de rencontre ». Cette diversité, mêlant sonorités du monde et sous-genres du jazz, prendra vie sur les quatre scènes du festival.

    Cultiver l’ouverture

    Conscient des problématiques qui traversent aujourd’hui le secteur culturel, Marseille Jazz des cinq continents entend faire de cette 26e édition bien plus qu’une simple succession de concerts. « Nous ne voulons pas être juste un festival, mais un festival juste », résume Hugues Kieffer. Une ambition qui se traduit aussi bien dans la programmation que dans les actions menées par les organisateurs.

    Parmi les engagements affichés, la place accordée aux musiciennes qui se doit d’être centrale. « Vous aurez noté la présence d’artistes féminines, c’est un vœu affirmé. On ouvre nos oreilles aux œuvres des femmes », estime le directeur, tout en reconnaissant la difficulté à mettre en œuvre la parité dans ce genre d’événements.

    Alors que, « partout dans le secteur culturel, les coûts augmentent et organiser un festival coûte plus cher », l’équipe dit faire le choix de maintenir une politique tarifaire stable. « Nous savons que pour beaucoup de personnes, le budget consacré aux loisirs et à la culture est plus difficile à dégager qu’il y a quelques années », explique Camille Steunou, responsable de la communication. Le festival conserve ainsi une large palette de tarifs réduits à destination des étudiants et de publics spécifiques. Une manière, pour le Marseille Jazz, de confirmer sa place parmi les grands rendez-vous culturels de la ville et du monde du jazz, tout en poursuivant son travail en faveur de la création, de la diversité et de l’accès à la culture.

    Ivanie Legrain

    Programme complet sur https://www.marseillejazz.com

  • Total Festum fait vivre la culture occitane

    Total Festum fait vivre la culture occitane

    Du 9 mai au 5 juillet, la Région Occitanie déploie la 21e édition de Total Festum, son grand festival dédié aux langues et cultures occitanes et catalanes. Plus d’une centaine d’événements populaires irrigueront l’ensemble du territoire régional : concerts, spectacles, contes, ateliers, expositions, balades ou encore rencontres intergénérationnelles. Une programmation pensée pour rappeler que l’Occitan et le Catalan restent des langues vivantes, ancrées dans le quotidien de nombreux habitants.

    « Chaque année avec Total Festum, l’Occitanie célèbre toute sa richesse, sa diversité et ses traditions », souligne ainsi la Région dans un communiqué. La présidente de Région, Carole Delga, insiste sur la dimension populaire de l’événement : « Nos langues et nos cultures ne sont pas des vestiges du passé, mais portent en elles nos identités et notre singularité. »

    Le festival s’inscrit dans une politique plus large de soutien à l’oralité et à la transmission culturelle. Pendant près de deux mois, communes, associations et artistes proposeront des rendez-vous destinés à tous les publics. Parmi les temps forts annoncés figure un marathon de la langue occitane organisé le 13 juin à Brousses-et-Villaret, avec quinze heures ininterrompues de paroles et de chants.

    Une politique régionale sur le long terme

    Le lancement officiel de cette édition s’est tenu le 21 mai à Hôtel de Région de Toulouse. Quatre cents élèves bilingues occitans des écoles de Haute-Garonne y sont attendus pour une journée placée sous le signe de la danse et de la musique, en présence du trio Pique Poque.

    Cette année, l’affiche du festival a été confiée au duo sétois Les Crafties. La Région précise que les artistes ont voulu représenter « des silhouettes en mouvement » traduisant « la joie de se retrouver au rythme de la musique », avec « une palette solaire et chaleureuse » à l’image de l’esprit festif de Total Festum.

    Au-delà du festival, la collectivité poursuit son plan « Parlem una cultura viva », lancé en 2023 pour promouvoir les langues régionales. Signalétique bilingue, développement des sections occitanes et catalanes à l’école, outils numériques pédagogiques ou soutien aux structures culturelles : selon la Région, « plus de 93% des mesures prévues » sont déjà engagées ou réalisées. Une manière d’inscrire durablement ces langues dans l’espace public et de sensibiliser les générations à venir.

  • Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    C’est avec un café-philo autour de la thématique « Qualité ou quantité ? Est-ce que tout est mesurable ? » que le Cercle de l’Harmonie, tiers-lieu culturel et intergénérationnel, débute sa programmation d’un mois de juin particulièrement dense.

    « Le deal : venez avec vos certitudes, repartez avec des questions (et des nouveaux copains) », appâte l’association pour inviter à participer à cet atelier animé par Bertrand Rahard et Bahia Ako, jeudi 4 juin à 18h. Le but est de montrer que la philosophie est faite pour tout le monde sans pré-requis.

    S’ensuivront tout au long du mois : tournoi de pétanque, théâtre, improvisation, rencontres et concerts. Parmi les rendez-vous proposés, une soirée de jeux coopératifs se tiendra le vendredi 5 juin à 19h, tandis que des distributions de paniers de produits frais et éthiques seront organisées tous les mardis du mois.

    Le mois s’achèvera avec une ambiance festive à l’occasion de la fête de la musique. Le 21 juin aura lieu une soirée en plein air avec les groupes Los del Faro et Glory up, avant une session jam. Une programmation éclectique qui témoigne de la volonté du Cercle de l’Harmonie de faire vivre un lieu de rencontres, d’échanges et de culture au cœur d’Aubagne.

    Détails sur le site lecercledelharmonieaubagne.com

  • Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    La Région Sud est le point culminant français en matière culturelle et artistique. Nous ne voyons pas la culture comme une dépense mais comme une identité, notre force », amorce Sophie Joissains. « Du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence à Marsatac, en passant par le Festival d’Avignon ou les Chorégies d’Orange », « la culture est un ferment d’espoir et un lien entre tous », estime la vice-présidente de la Région en charge de la culture lors d’une conférence de presse organisée vendredi 29 mai. En dépit d’une baisse de 4% de son budget alloué à la culture, 52,5 millions en 2026, et à l’approche de la saison des grandes manifestations de l’été, l’occasion est donnée de faire un point sur les gros festivals que la collectivité territoriale soutient.

    Primeur de la parole à Richard Galy, président de la Société publique locale (SPL) des Chorégies d’Orange, qui note d’emblée la « nécessité de passer à un autre statut plus adapté, l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC), déjà voté par la Région, le Département et la Ville. Nous attendons l’arrêté qui nous permettra d’y associer l’État ». Directeur démissionnaire de la manifestation, Jean-Louis Grinda annonçait il y a quelques mois une « saison 2026 light », divaguant du 19 juin au 18 juillet de La Traviata de Verdi avec Jessica Pratt dans le rôle-titre, à un concert symphonique de Philippe Katerine. « Un nouveau directeur artistique des Chorégies sera nommé la semaine prochaine. Avec l’objectif de proposer ce qui fait l’ADN des Chorégies, le lyrique et la mise en scène », annonce avec soulagement Richard Galy.

    Successions et bougies

    Nommé à la suite de Pierre Audi, décédé il y a un peu plus d’un an, Ted Huffman, nouveau directeur du Festival d’Aix-en-Provence qui se tiendra du 2 au 22 juillet, réaffirme quant à lui que « l’opéra doit demeurer un art vivant. Il faut sortir de l’idée selon laquelle l’art lyrique est un musée. C’est le moment d’aller vers des choses inattendues », souligne le metteur en scène américain. Parmi les « 250 festivals et manifestations » soutenus par la Région sur le millier existant, certains sont présents comme Marsatac, dont la date du 13 juin réunissant Théodora et Disiz est « bientôt sold out », annonce sa directrice Béatrice Desgranges, Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon dont la 80e édition s’élance le 4 juillet, ou encore Michaël Dian, directeur artistique du Festival de Chaillol qui souffle ses 30 bougies dans les Hautes-Alpes dès le 17 juillet. Sans oublier la présence d’Hugo Lucchino, nommé l’été dernier à la tête de la Villa Noailles, à la suite de la mise à pied de Jean-Pierre Blanc par le ministère de la Culture. Avec une programmation articulée autour du festival international de la mode, de la photographie et d’accessoires d’Hyères ainsi que du festival Design Parade à Toulon et dans la région. Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres d’Arles, tenues du 6 juillet au 4 octobre, met l’accent, elle, sur les différents dispositifs dispensés aux élèves de tous âges autour de l’initiation à la lecture de l’image. « Pour donner des clefs pour permettre aux jeunes de décrypter les images qui les entourent. »

    Le 15e vice-président de la Région en charge de la jeunesse, des sports et de la vie étudiante, Ludovic Perney enchaîne et se félicite pour sa part des « 4 800 élèves » qui ont pu bénéficier de ces ateliers de « lecture de l’image à Arles », mais aussi des parcours initiés au Festival d’Aix ainsi que du nombre de « lycéens accompagnés au Festival d’Avignon ».

    « Mode de vie occidental »

    Si « l’État baisse non seulement ses budgets mais demande aussi aux collectivités un effort pour rembourser la dette nationale », rappelle Sophie Joissains, « il faut faire en sorte que les structures et festivals passent ce mauvais cap ». De son côté, Ludovic Perney voit aussi la culture comme un moyen de s’opposer « aux attaques contre le mode de vie occidental ». Une formule qui laisse pantois, mais que ce candidat à la présidence de la fédération LR des Bouches-du-Rhône « assume », avant de se vautrer dans des explications alambiquées pour tenter de déminer la polémique. « Quand on était à l’école, l’Occident était au milieu de la carte du monde avec l’Europe, et nous, au milieu. Et bien, aujourd’hui, l’axe du monde a changé. Il faut préserver ces valeurs qui sont fondamentales pour conserver la maîtrise de notre destin », dit celui qui aime à citer le moraliste nationaliste et controversé Ernest Renan. Avec tous ces festivals, l’été sera chaud. Mais gare aux coups de soleil idéologiques sur la nuque.

  • [Entretien] Michel Mafioly : « Cigal’, un festival populaire, ouvert et fraternel » à Avignon

    [Entretien] Michel Mafioly : « Cigal’, un festival populaire, ouvert et fraternel » à Avignon

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous présenter ce festival ?

    Michel Mafioly : Organisé chaque année par des militants de l’antenne Casi du Vaucluse, ce festival repose sur un principe fort : ouvrir une scène de dimension professionnelle à des groupes amateurs de cheminots, en première partie d’une tête d’affiche.

    L’objectif est double : démontrer qu’en dehors du travail, les cheminots possèdent de véritables talents artistiques et les partager avec un public mixte, composé à la fois de cheminots et de publics extérieurs.

    C’est aussi la volonté de rendre la culture accessible à tous ?

    M.M. : Oui, à tous et toutes ! Les cheminots, leurs proches ainsi que les privés d’emploi peuvent assister gratuitement à un concert de qualité. Pour les autres publics, l’entrée est proposée au tarif symbolique de 5 euros. Un festival populaire, ouvert et fraternel, qui fait vivre concrètement l’accès à la culture pour tous.

    Un festival également porté par les valeurs de paix ?

    M.M. : En cette année marquant les 40 ans de gestion des Activités sociales et culturelles à la SNCF par les cheminots eux-mêmes, au travers des élus CGT de différents horizons, ce festival porte pleinement des valeurs de paix, d’humanité et de solidarité et contribue à notre mission d’éducation populaire.

    À cette occasion, Cigal’ accueille également plusieurs partenaires engagés, parmi lesquels l’Orphelinat national des chemins de fer français (ONCF), le Mouvement de la paix et le Secours populaire. C’est un moment privilégié pour rencontrer ces partenaires dans le cadre exceptionnel du Centre culturel des cheminots d’Avignon.

    Côté musical, quels groupes programmez-vous ?

    M.M. : Pour faire vibrer Avignon, nous aurons le plaisir d’accueillir deux groupes de cheminots : Mireil m’a tuer et Brett L. Le premier est un groupe à l’énergie brute et festive, mêlant influences rock, punk et chanson engagée dans une ambiance décalée et populaire qui fait rapidement monter la température. Brett L propose un univers musical sensible et puissant, entre rock alternatif et sonorités modernes, porté par des textes sincères et une présence scénique généreuse.

    Pour assurer la deuxième partie de soirée, nous accueillerons Les hurlements d’Léo, groupe incontournable de la scène alternative française, dont l’énergie débordante et l’univers festif laissent présager une soirée endiablée au cœur d’Avignon.

    Samedi 30 mai, à partir de 18h

    1A rue Jean-Catelas, Avignon. Entrée : 5 euros, gratuite pour les cheminots et les privés d’emploi.

  • Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    Le quartier de la Plaine à Marseille s’apprête à une déferlante rock

    « On réfléchit vraiment la programmation pour qu’elle soit la plus représentative du rock dans son ensemble. L’idée c’est de montrer le rock dans toute sa diversité, sa pluralité (…) et sa richesse. On a des jeunes, des moins jeunes. On a des groupes de métal, de hardcore, qui sont plus liés à la scène Sale Gueule ou au Molotov. Mais aussi, un peu de hip-hop, de la pop ou des projets un peu plus expérimentaux comme Ganagobie », confie Annaëlle Loze de l’Intermédiaire.

    « Le rock dans toute sa pluralité »

    Ainsi le public retrouve la dream pop d’Abstract Puppet, le post-punk de Glitch, le garage-psyché-punk avec Le Bien ou encore le pilier du rock local, Daniel Sani & les Monomaniaques.

    « Une variable qui nous tient à cœur, c’est la variable du genre. Il nous semble important de montrer que le rock, ce n’est pas qu’un truc de gars », souligne Annaëlle Loze. Au-delà de femmes au sein de l’organisation, les groupes présents reflètent cette diversité. Il y a le groupe féminin Las Grimas, le folk-grunge porté par Sacha Vaughan ou encore les chanteuses des groupes QB et Samedi Midi. « Comme c’est un événement familial, voir des femmes sur scène permet aussi aux petites filles de se dire que faire du rock, c’est possible pour elles aussi », développe-t-elle. Sortir le rock des salles, c’est sortir d’un entre-soi, c’est ouvrir l’événement à un public varié, « à destination de tous et toutes. Il y a aussi un enjeu de cohésion sociale : montrer que la Plaine, que le quartier, c’est un tout collectif, et inclusif », partage Annaëlle Loze.

    Cette démarche se reflète également par son organisation. « Nous sommes une équipe complètement bénévole, une soixantaine. Ce n’est pas un événement lucratif », conclut Annaëlle Loze.

    De 13h30 à 20h30 en accès libre et gratuite.

  • Face au vacarme, Joann Sfar fait dialoguer BD et musique à Marseille

    Face au vacarme, Joann Sfar fait dialoguer BD et musique à Marseille

    Je veux croire qu’ils ont fait une erreur et n’ont pas ouvert le livre », espère l’artiste qui soutient la paix au Moyen-Orient depuis trente ans. Invité au théâtre de La Criée pour présenter son dernier ouvrage Terre de sang dans lequel il explore les fractures liées au conflit Israël-Palestine, l’auteur de bandes dessinées a essuyé les foudres du collectif Cultures en lutte 13.

    Le 25 mai sur Instagram, le collectif avait appelé au boycott de Joann Sfar sous le slogan : « Sionistes hors de notre ville ! » Il reproche à l’auteur ses prises de position depuis le 7 octobre 2023, notamment dans une tribune collective adressée à Macron dans laquelle les signataires s’opposent à une reconnaissance de l’État palestinien « sans conditions préalables ». Avant le concert, devant le théâtre national, le collectif Nous vivrons est venu soutenir le dessinateur armé de pancartes : « Antisémites, hors de la République ! » Il faisait front aux militants de l’Union des juifs de France pour la paix (UJFP) et de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS) qui ont rejoint l’appel au boycott. Un petit cordon de policiers, sous le fronton du théâtre estampillé de l’inscription « pour une vie ensemble, uni-e-s et solidaires », séparait les antagonistes d’un navrant spectacle. Les uns criant « fascistes ! », les autres rétorquant « non, vous fascistes ! ». Tous desservant au final le principe de la paix.

    Toutes les voix

    Le concert-dessiné a eu lieu pour présenter l’ouvrage dont le titre fait écho à Joseph Kessel et à son Terre d’amour et de feu, publié en 1965. Organisatrice du festival, l’association Des livres comme des idées a défendu sa programmation et rappelé la présence dans ses différentes éditions, de personnalités telles que Karim Kattan, Leïla Shahid, Elias Sanbar ou Hiam Abbass. Quant au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, il avait tranché : « Ce sont la violence et les messages de haine qui ne sont pas les bienvenus à Marseille. »

    « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Attribuée de manière erronée à Voltaire, la citation n’en défend pas moins la liberté d’expression qui ne connaît pour frontières que le racisme et l’antisémitisme. Et l’œuvre de Sfar est exempte de propos fascistes et haineux. « Je m’oppose aux extrémistes de tous les camps », a-t-il assuré. Aux bruits des bombes, il opposait vendredi soir le trait de son crayon et le son de la musique manouche jouée par Frank Anastasio, Marcello Marella et Steven Reinhardt. Face au tumulte de positions irréconciliables, il veut croire à la force du dialogue, qu’il a mis à l’épreuve, de Tel Aviv à Ramallah en s’évertuant à « faire entendre ici les voix palestiniennes et israéliennes qui œuvrent pour la paix ». Il a du pain sur la planche. Plus loin, dans les bars du port, le son de Jul mettait tous les clients au diapason.

  • Liens poétiques de la culture afro-caribéenne à Marseille

    Liens poétiques de la culture afro-caribéenne à Marseille

    Imaginé il y a 14 ans pour dépasser les clichés autour de la culture afro-caribéenne, Kadans Caraïbe a désormais « atteint son objectif », estime Mona Georgelin. « Quand on a créé le festival, nous avions l’impression que le public ne connaissait que le zouk, musique qui a par ailleurs tout mon respect. Mais maintenant, on voit qu’il est informé sur toutes les musiques traditionnelles, le jazz caribéen et les autres fusions existantes », se réjouit la fondatrice de l’association Mamanthé, organisatrice de Kadans Caraïbe dont la 14e édition prend ses quartiers samedi 30 mai à la Cité de la musique de Marseille.

    « D’où » le projet Lyannaj poétique, qui en sera le cœur battant, basé sur la Poétique de la relation, concept développé en 1990 par le philosophe Edouard Glissant, puis par Patrick Chamoiseau L’idée d’un dialogue humain, égalitaire et fécond entre les cultures, comme pourra l’illustrer un concert, prévu à 21h, réunissant Yann Cléry et Yewhe Yeton. « Lyannaj », comme le lien, sa traduction créole, qui unit pour l’occasion le flûtiste guyanais et le chanteur et rappeur béninois. Le fruit mélodieux d’une résidence de création qui « contribue à ce dialogue entre les cultures », explique Mona Georgelin. « Rappeur, chanteur, percussionniste, Yewhe Yeton fait tout un travail sur les musiques traditionnelles du Bénin en les croisant avec d’autres univers », décrit-elle, dans la même veine que Yann Cléry, qui « à partir des musiques guyanaises, peut aller vers le rap ou encore le rock ».

    Gros cœur et Gwoka

    Un peu plus tôt dans la soirée, une table ronde animée par le journaliste Stéphane Galland se tiendra à 18h « avec les artistes pour approfondir la pensée du Lyannaj poétique. Cette poétique de la relation nous invitera à croiser nos imaginaires créatifs, créer des rencontres étonnantes et ouvrir de nouveaux champs esthétiques », résume Mona Georgelin.

    S’ensuivra une heure plus tard, un concert mené par le groupe marseillais Kolèktif Ka et danseur et chorégraphe Max Diakok. Au centre de toutes leurs pratiques, le Gwoka, « musique traditionnelle de Guadeloupe née pendant la période de l’esclavage » et principalement jouée sur des tambours appelés « Ka ». « Après l’abolition de l’esclavage, il y a eu un déni, inscrit dans une démarche d’assimilation. Puis le Gwoka est revenu sur le devant de la scène avec certaines revendications politiques dans les années 1970, notamment dans les plantations agricoles où d’anciens esclaves étaient encore maltraités. Aujourd’hui, c’est une musique qui symbolise la résistance », éclaire Mona Georgelin qui souhaite, à l’avenir, « organiser une conférence sur le thème de l’esclavage et aussi s’interroger sur le passé colonialiste de Marseille. Et pourquoi pas, aussi, recevoir à nouveau deux artistes dans le cadre d’une résidence de lyannaj poétique ».

    Programme complet sur www.kadans-caraibe.com

  • Le phénomène Jul embarque les foules

    Le phénomène Jul embarque les foules

    Ces vendredi et samedi soirs, Jul, l’artiste le plus vendeur de France après Johnny Hallyday, enflammera le Vélodrome, après deux représentations données au Stade de France les 15 et 16 mai derniers. Les concerts proposés dans la célèbre enceinte phocéenne, en 2022 puis en 2025, avaient déjà remué la ville, des Goudes aux Aygalades.

    L’an dernier, l’intégralité des billets s’était vendue en seulement 35 minutes. Pour cette édition 2026, les stocks étaient quasiment épuisés dès la prévente, en novembre dernier. Environ 100 000 personnes seront présentes, au total, pour chanter sur les sons de l’icône de la cité phocéenne.

    Un engouement massif partagé par Enzo, 22 ans. Fan « depuis 2015 », propriétaire des « 25 albums en physique », il sera présent ce vendredi. Il s’agira de son quatrième concert de Jul. Depuis cette semaine, Marseille bat au rythme de cet événement. Des bars organisent des soirées « 100% Jul », les voitures diffusent les musiques de l’artiste à plein volume – encore plus que d’habitude -, et des passants, sur le Vieux-Port, arborent des vêtements siglés d’Or et de Platine, la marque du rappeur.

    À cette ferveur collective se mêle un autre son : celui du roulement des valises des fans venus de toute la France. Audrey, 30 ans, aide-soignante, et Tito, 19 ans, plombier, sont Nantais. Ils ont fait le déplacement en famille, loué un Airbnb, et déboursé « 170 euros chacun pour une place en pelouse ». Un budget conséquent, assumé sans hésitation : « C’est pour Jul ! »

    Elisa, 30 ans, est cheffe de projet image pour une marque de parfum parisienne. Elle vient à Marseille pour assister à un concert de Jul dès que l’occasion se présente. « Jul, c’est une icône de la ville », dit-elle simplement. Martin, 25 ans, professeur des écoles venu lui aussi de Paris, vivra son deuxième concert, ce vendredi. Après le Stade de France, l’an passé, il a choisi le Vélodrome pour une raison précise : « Les tribunes du stade sont toutes couvertes, donc niveau son, ça peut rendre quelque chose de plus impressionnant. » Luna, 25 ans, photographe et directrice artistique, est également Parisienne. Elle évoque une autre motivation : « Les fans ici sont plus impliqués, l’ambiance est meilleure et Jul est chez lui, donc il est plus à l’aise. »

    Un peu plus loin, sur le Vieux-Port, Valentin, 31 ans, vétérinaire belge, incarne une autre dimension du phénomène : celle qui traverse les frontières. « On écoute Jul partout. On vient pour l’expérience, pour le découvrir et comprendre le buzz et la mouvance autour de cet artiste. Quand je pense à Jul, je pense à Marseille. » Karine, 48 ans, est « venue du Luxembourg accompagner » ces filles adolescentes. Le concert représente aussi une « occasion de visiter la ville ».

    Marseillais

    devenu mondial

    Mélissa, étudiante en philosophie, elle, n’a pas pu se payer une place. « Il a commencé avec des albums gratuits à télécharger en MP3 et maintenant, il ne fait pas de tournées et les billets sont trop chers », juge-t-elle.

    Ce qui réunit tous ces visages si différents, c’est peut-être ce qu’exprime Alexis, Parisien de 25 ans, avec simplicité : « C’est un événement, c’est plus que de la musique. C’est aussi le personnage qui nous plaît. Il est entier, transparent et simple. Il représente tous les jeunes. On arrive tous à s’identifier à ce qu’il raconte. » Jul ne rassemble pas un public, mais des dizaines, tous horizons confondus.

    Enzo résume parfaitement ce phénomène marseillais né il y a plus de 12 ans : « Une fois que t’es tombé dans Jul, tu peux plus en sortir. Il a créé son propre style et c’est pour ça qu’on l’aime autant et qu’il vend autant. »

    L’Office de tourisme de Marseille, lui, a mesuré une hausse de 26% des nuitées lors des week-ends de concerts. Jul n’est donc pas qu’un phénomène musical : il est devenu un véritable levier touristique et économique pour sa ville.

    Police et RTM au taquet

    Préfecture de police et régie des transports s’adaptent à l’affluence pour le concert de Jul. La RTM propose un service renforcé sur les deux lignes de métro dès 16h et prévoit une fermeture temporaire de la station Périer dès 23h15, vers Gèze. Elle ne va pas desservir plusieurs arrêts des lignes de bus B1, 15/15S, 17, 22/22S, 23, 44, 45, 41 et 72. Côté police, la préfecture prévoit « un dispositif conséquent (…) dès 11h et jusque tard dans la nuit ». Avec notamment « plusieurs unités de forces mobiles » en plus des effectifs locaux, des équipes de la mission Sentinelle…

    A.B.

  • À Villes-sur-Auzon, un concert de Jean-Louis Aubert pour la restauration du toit de l’église Saint-André

    À Villes-sur-Auzon, un concert de Jean-Louis Aubert pour la restauration du toit de l’église Saint-André

    Ce lundi 25 mai fera date à Villes-sur-Auzon avec le concert donné par Jean-Louis Aubert au bénéfice de la restauration du toit de l’église du village.

    Juste avant le spectacle Jean-Louis Aubert a reçu la presse dans un contact simple. Il a raconté son enfance passée dans ce village où sa famille (parents, grands-parents et arrières-grands-parents) ont vécu. Son père était sous-préfet, son grand-père était communiste et instituteur. Un membre de sa famille a même été moine. C’est dire la diversité, et « le vécu » au sein du village. Il a évoqué son enfance, les chansons dans les champs avec ses collègues, et les bêtises faîtes. Sa mère a été a dernière personne passée à l’église pour la messe de funérailles. Quinze jours après le maire fermait l’église.

    À l’occasion de la conférence de presse, notre journal lui a remis l’article rédigé il y a quelques années à l’occasion de son concert aux carrières du Bruoux à Gargas (près d’Apt) pour l’enregistrement de l’émission de France 2 Le concert unique. Quand Jean-Louis Aubert donne un spectacle, il « va vers les gens », ce qui explique la relation privilégiée qu’il a avec le public. Il a aussi dit avoir été ami avec Patrick Vian (le fils de Boris Vian) qui résidait à Saignon. Il a également précisé que son album RockEclerc avait été enregistré à La Fabrique, studio d’enregistrement à Saint-Rémy-de-Provence.

    Il a évoqué ses parents et notamment son père qui avant de mourir lui a confié : « Merci pour tout ce que tu as fait, je crois que j’aurais voulu faire tout ce que tu as fait ! » (un bel hommage). Il a aussi salué sa sœur disparue il y a peu et qui, lors de le visite de Jean-Louis à l’hôpital, lui a dit : « Je suis désolée d’être malade et de te déranger » . Il a salué son autre sœur présente dans le public.

    Il a interprété : « La Bombe humaine », « Alter ego » , une chanson en hommage à Barbara, et un de ses titres , et aussi « Temps à nouveau » , « Juste une illusion » et bien d’autres titres. Rappelons que Jean-Louis Aubert était le 23 Mai au grand concert du Vélodrome à Marseille : « Corsu Mezu, Mezu » . Il a terminé le concert avec « Voilà c’est fini ». Et il s’est écrié : « C’est un bonheur d’être avec vous ! ».

    Les bénéfices du concert seront reversés pour la rénovation de l’église. Un chantier que le maire, Frédéric Rouet, chiffre à 1,5 million d’euros et pour lequel des financements de l’État et de la Région Sud ont été actés. L’édile mise aussi sur le loto du patrimoine et sur les dons de particuliers.

    José VINCENTELLI

    Pour envoyer des dons pour la restauration : site fondation du patrimoine https://www.fondation-patrimoine.org ou association pour la sauvegarde de l’église de ville-sur-Auzon 4, place de la mairie, 8457O Villes-sur-Auzon.