Tag: Municipales

  • À Marseille, Martine Vassal a déposé sa liste

    À Marseille, Martine Vassal a déposé sa liste

    Martine Vassal n’a pas attendu. Ce jeudi, la candidate de la droite et du centre a été la première à déposer en préfecture sa liste de 111 noms pour le conseil municipal de Marseille. De quoi trancher au plus vite les difficiles arbitrages entre les forces politiques, avant que ne s’accélère la campagne.

    Après elle en tête de liste, c’est sans surprise le porte-parole de sa campagne et directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région, Romain Simmarano (Ren.), qui occupe la deuxième place. Une façon de représenter un renouvellement à droite que cherche à incarner le collectif Une Génération pour Marseille qu’il préside.

    LR bien en place

    La droite qui se définit comme « affirmée », au sein des Républicains, reste cependant bien présente en tête de la liste. La présidente du groupe d’opposition au conseil municipal Catherine Pila, tête de liste dans les 6e et 8e arrondissements, est en 5e position. La directrice de campagne et présidente de la fédération LR Laure-Agnès Caradec, tête de liste dans les 9-10, est en 7e position, la très droitière sénatrice LR Valérie Boyer en 9e position, devant le maire sortant des 11-12, Sylvain Souvestre. Plus loin figurent la vice-présidente du conseil départemental Sabine Bernasconi (17e), le président du parc national des Calanques Didier Réault (18e), la présidente de Provence métropole logement (ex-HMP) et tête de liste dans les 2-3 Solange Biaggi (25e), le conseiller régional Ludovic Perney (30e).

    Les personnalités issues de la société civile occupent aussi des places de choix. L’ex-présidente du Crif Fabienne Bendayan est en 3e position, le président régional de l’ordre des pharmaciens Stéphane Pichon la 4e place, l’ancien président de la chambre des métiers et de l’artisanat André Bendano la 6e, la présidente de la Confédération des petites et moyennes entreprises des Bouches-du-Rhône (CPME 13) Corinne Innesti la 11e, le président de l’ASC Vivaux-Sauvagère Omar Keddaddouche la 16e. De manière plus symbolique, le supporter de l’OM Thierry Mode, dit “Titi c’est toi le boss”, est en 44e position, le pilote Jean-François Suhas, président du club croisière, en 78e. La moitié des 30 premières places ne siégeait pas dans l’hémicycle.

    De bonnes places sont aussi réservées à l’ex-maire (Hor.) des 4-5 Bruno Gilles (12e) et à Marine Pustorino (15e) qui lui avait succédé. La présidente (Hor.) d’Euroméditerranée Isabelle Campagnola-Savon obtient la 21e place.

    L’aile modérée, elle, paraît moins présente dans la tête liste. Au-delà de Romain Simmarano, le conseiller régional Christophe Madrolle (UCE) figure au 8e rang, l’avocate Sandra Blanchard au 13e, le conseiller départemental Denis Rossi en 14e, le responsable des Centristes Bruno Genzana en 20e. Suivent pour Renaissance Gérard Blanc (22e) et Maxime Boudet (24e), tandis que l’ex-secrétaire d’état Sabrina Agresti-Roubache est la grande absente. Leur poids serait pourtant déterminant pour le « 3e tour » qui désignera le maire de Marseille au sein de l’hémicycle.

  • Déjà essayé

    Déjà essayé

    L’enquête collective réalisée par La Marseillaise, le collectif de journalistes indépendants Presse-Papiers, Le Poing et l’Arlésienne avec le soutien financier du Fonds pour une presse libre est d’utilité publique.

    Elle permet d’objectiver le bilan de 10 municipalités dirigées par l’extrême droite dans le sud de la France en matière de relations avec le mouvement associatif.

    Ses résultats sont éclairants : derrière le ripolinage de l’extrême droite, les choix politiques restent constants. Parmi les situations constatées : des coupes qui visent la culture, la solidarité, les centres sociaux, la lutte contre le racisme et les discriminations, mais aussi une forme de clientélisme voire de prise de contrôle des structures associatives.

    Derrière les vidéos TikTok

    Un état de fait qui ne surprendra pas les opposants de l’extrême droite mais qui mérite d’être connu par tous les citoyens. D’autant qu’au-delà de cette attitude vis-à-vis du mouvement associatif, plusieurs maires d’extrême droite du sud de la France ont été, dans la dernière période, aux prises avec la justice, comme Marine Le Pen l’est au plan national.

    Voilà la réalité de l’extrême droite dans notre région. Derrière les députés encravatés et les vidéos TikTok de Jordan Bardella, il y a des pratiques et un projet politique clair.

    À celles et ceux qui pensent qu’« on ne les a jamais essayés », La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance témoigne du contraire.

    L’extrême droite a déjà été essayée dans l’histoire. Dans le présent aussi, et ce n’est pas reluisant.

  • À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    Touché mais pas KO. Tel un boxeur qui remonte sur le ring après un uppercut, Philippe Saurel revient dans l’arène politique. Discret depuis sa défaite en 2020, le seul maire sortant d’une grande ville à ne pas avoir bénéficié de la prime au sortant veut sa revanche. « Qu’on gagne ou qu’on perde, on apprend dans les deux cas », confie, sportivement, celui qui dirigea Montpellier de 2014 à 2020 après sa victoire surprise contre Jean-Pierre Moure (PS).

    À l’époque exclu pour sa dissidence, l’ex-socialiste a-t-il fait la paix avec ses amis d’antan ? Pas vraiment. S’il a récemment salué Carole Delga (PS) au sujet du maintien de l’Open de tennis à l’Arena, le frêchiste en veut toujours à sa famille politique pour l’avoir banni, même s’il assure « avoir pris beaucoup de recul » et s’être « remis en question ».

    Dans la courte vidéo qu’il a postée samedi 7 février sur les réseaux sociaux, il confirme avoir tourné la page des partis politiques. Depuis plusieurs mois représentant du mouvement centriste « Utiles », il mènera à nouveau une liste dite « citoyenne, divers gauche et écologiste ». Une potion qui lui avait donné des ailes en 2014, grâce à un programme concis et concret, dans un contexte de rejet du PS de F. Hollande. Mais la recette avait semblé usée en 2020. Le maire président ayant pâti de ses mauvaises relations avec plusieurs édiles de la Métropole dont des collectivités dirigées par le PS.

    Avec qui et pour quoi faire ?

    Si à l’image de Michaël Delafosse, certains lui reprochent de n’avoir « rien fait » ou presque 6 ans durant, Philippe Saurel avait pourtant tenu ses 10 promesses de campagne. Notamment la régie publique de l’eau ou la desserte des quartiers populaires par la 5e ligne de tramway, toutefois retardée.

    Dans un espace politique réduit avec déjà 9 listes, difficile de dire quel sera le cap du chirurgien dentiste. Après mûre réflexion, s’il a décidé d’y retourner, c’est dit-il parce que « de nombreux citoyens et personnalités influentes ont fini par me convaincre ». Et par « amour » pour Montpellier qui est une « belle ville » dont il s’inquiète de « l’endettement » creusé par les chantiers de M. Delafosse.

    De l’équipe qui accompagnera Philippe Saurel, 68 ans, dans ce qui pourrait être son dernier challenge politique – à moins qu’il ne vise les sénatoriales ? – on sait encore peu de choses. Le fidèle Abdi El Kandoussi sera sur sa liste de même que le sage Max Lévita qui s’était pourtant retiré de la scène politique. Lâché par le gros de ses troupes novices de 2014 (P. Mirallès, S. Jannin… sont derrière M. Altrad), on peut compter sur P. Saurel, rejoint par Jacques Domergue (ex-UMP) en 2020, pour nous réserver quelques surprises.

  • Les candidats devant les entrepreneurs d’Avignon

    Les candidats devant les entrepreneurs d’Avignon

    D’un côté, les deux candidats restants à gauche, David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) ; de l’autre, la candidate du Rassemblement national, Anne-Sophie Rigault, avec à ses côtés un membre de son équipe de campagne. Et au milieu, les présidents de Vaucluse du Medef, Roland Paul, de la CPME, Bernard Vergier, et Nordine Saihi du côté de l’U2P, en tant qu’animateurs d’un débat sur l’économie locale ce mardi 10 février.

    L’occasion pour chacun de rappeler les grandes lignes de leur programme. Comme « ramener de la concertation autour du plan Faubourg » ou encore « développer l’offre fluviale » et « la gratuité des transports » pour la candidate insoumise. Ou, pour David Fournier, évoquer la construction de parkings relais. Tout en se rejoignant sur certains points, comme le prolongement du tram vers l’Agroparc, par exemple. Questionnée plus tard sur « la sécurité pour les commerçants », Mathilde Louvain s’oppose au « tout répressif » et prône « la mise à l’abri et le suivi psychologique ». Tandis que David Fournier évoque un renforcement de la présence policière ou encore « la sécurisation des accès aux transports en commun ».

    À noter les absences d’Olivier Galzi (DVD), visiblement réfractaire aux débats, qui a refusé de participer malgré un sujet qui semblait lui convenir et qui se targue, sur ses réseaux sociaux, d’avoir rencontré les représentants du Medef la veille, et de Stéphan Fiori (DVD), qui organisait dans le même temps la présentation de sa liste (voir ci-dessus). Et si la consigne du soir était de « ne pas s’attaquer », le débat avait parfois des allures de séance municipale. La candidate d’extrême droite critiquant systématiquement les actions de la municipalité actuelle, tandis que l’actuel adjoint s’efforçait de défendre le bilan de Cécile Helle.

  • Château-Arnoux Saint-Auban : le maire sortant « à l’écoute »

    Château-Arnoux Saint-Auban : le maire sortant « à l’écoute »

    Santé, sécurité, logement, jeunesse, environnement… Le maire sortant de Château-Arnoux Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) invite les habitants à exprimer leurs inquiétudes, leurs propositions et leurs questions lors de cette réunion participative, ce jeudi soir. René Villard présentera également, à cette occasion, sa liste pour les prochaines élections municipales, renouvelée pour moitié.

    Parmi les projets qui seront abordés et débattus : l’embauche d’un troisième policier municipal, le développement de la vidéoprotection, le renforcement de l’offre de logements sociaux et l’agrandissement de la maison de santé. À travers cette réunion, le maire souhaite coconstruire son programme avec les habitants, en fonction des problématiques qu’ils rencontrent.

    « Donner la parole »

    « Ce qui est important pour nous, c’est le collectif », confie le candidat à La Marseillaise. Militant CGT, communiste et habitant de Montfort, René Villard arrive à la fin de son premier mandat de maire et en brigue un second. Il a déjà mené cinq mandats en tant qu’élu, aussi bien dans la majorité que dans l’opposition.

    « On va écouter ce que les gens ont à nous dire » pendant ce « moment de rencontre », résume Gérard Benoit, premier adjoint au maire de Château-Arnoux Saint-Auban. La fiscalité de la commune sera également abordée, afin « d’agir avec transparence » et de présenter les « investissements et économies » réalisés par l’équipe municipale. Un compte rendu financier sera publié dans chaque bulletin municipal, promet le premier adjoint.

    L’équipe de René Villard souhaite par ailleurs mettre en place un conseil de quartier doté d’un budget participatif, permettant aux habitants de proposer et de choisir les projets dans lesquels investir.

    Lors d’une précédente réunion organisée début février, « les habitants nous ont demandé de parler aussi des petits projets du quotidien, comme l’entretien et la modernisation de nos bâtiments scolaires, de nos routes et de nos trottoirs », ajoute l’adjoint. Ces sujets seront abordés jeudi.

    Solidarité, respect de l’autre, humanisme, attachement aux services publics et démocratie resteront les valeurs au cœur du programme de la liste menée par René Villard, issue de la société civile et nommée « Humain 2026 ».

    La liste concurrente, « CASA 2026 », est menée par Philippe Bertrand.

    Ce jeudi 12 février à 18h, salle joie et soleil, 5 avenue René-Piaton, 04160 Château-Arnoux–Saint-Auban

  • À Avignon, Stéphan Fiori brandit l’inexpérience comme atout

    À Avignon, Stéphan Fiori brandit l’inexpérience comme atout

    Après avoir, fin septembre, lancé sa candidature, puis, début décembre, présenté son programme, Stéphan Fiori (DVD) tenait, mardi soir, son 3e grand rendez-vous de campagne. Le candidat chef d’entreprise dévoilait, à Montfavet, ses 52 colistiers. Éphémère encarté LR et ayant contribué à lancer le mouvement Avignon passion, soutien désormais d’Olivier Galzi, Stéphan Fiori érige l’inexpérience politique en argument électoral. « Vous avez l’impression que la ville est bien gérée aujourd’hui avec des personnes expérimentées ? », grince-t-il, à la sortie de scène, devant la presse.

    « Un élu donne une impulsion, une vision, une volonté politique, la Ville a des administratifs, elle est organisée et tourne sans élu », estime-t-il, précisant qu’à « ce jour personne n’est encarté et n’a jamais été élu au conseil municipal ». Dans l’assistance pourtant, un élu actuel, Michel Bissière (DVD), en observateur, lui qui sera candidat nulle part (notre édition de mardi). Pierre Bories, époux de la maire LR de Villeneuve-lès-Avignon, sera 15e de liste et a longtemps été encarté à droite, étant candidat suppléant lors des dernières législatives.

    Stéphan Fiori parle de « droiture, compétence et audace, fini les arrangements entre amis et les projets pensés pour les intérêts particuliers ». À l’entendre, si on est élu et membre d’un parti, on n’est plus dans « la vraie vie ». La vraie vie du candidat est quand même très pro business, avec près d’une dizaine de commerçants, mais aussi quelques « collaborateurs » du cabinet d’assurances de Stéphan Fiori ou même des proches, « mon témoin de mariage », « la meilleure amie de ma femme ». « Toutes les catégories socio professionnelles sont représentées avec aussi des retraités, fonctionnaire, étudiants ou demandeurs d’emplois », assure le candidat, qui revendique 7 jeunes de moins de 27 ans.

    « La campagne aurait été plus simple financièrement avec l’appui d’un parti politique mais nos idées auraient été noyées par le dogme et les injonctions », fustige-t-il. « On ne joue pas notre carrière politique, quoi qu’il arrive, le 23 mars on ira travailler », projette Émilie Desmarest, désignée pour être première adjointe, à la tête avec son mari chef étoilé de trois restaurants. « En tant qu’entrepreneur, je me suis organisé avec mes associés et ma fille qui entre dans la structure, pour être maire à plein temps », promet Stéphan Fiori, qui récuse toute alliance au second tour. Compliqué quand son allié le plus naturel, Olivier Galzi, le qualifie de « vendeur de rêve venu de Rognonas ».

    Camping-car de campagne : la préfecture recadre

    Fin janvier, Stéphan Fiori lançait sa permanence mobile, un camping-car à son effigie pour sillonner la ville. Une initiative qui a fait le buzz, à la grande satisfaction du candidat. Or cet affichage électoral est soumis à des règles strictes. La jurisprudence interdit cette publicité mobile avec visage et nom du candidat. Selon nos informations, confirmées par la préfecture, les services de l’État ont adressé un courrier postal au candidat il y a une semaine pour lui rappeler les dispositions du code électoral en la matière. « En toute transparence, je n’ai rien reçu et j’ouvre la boîte aux lettres tous les matins », confie Stéphan Fiori. Peut-être y a-t-il eu une erreur de code postal ? En attendant, le candidat assure qu’il n’y « a plus de sujet » et s’est mis en règle. « À la demande d’un opposant, un constat d’huissier a été fait, mais cela n’a débouché sur rien », assure Stéphan Fiori.

  • Josée Massi, maire de Toulon : « Les défis ne m’ont jamais fait peur »

    Josée Massi, maire de Toulon : « Les défis ne m’ont jamais fait peur »

    La Marseillaise : On connaît le personnage public mais qui est vraiment Josée Massi ?

    Josée Massi : Je suis arrivée à Toulon à six mois. Un de mes frères ayant de l’asthme, le médecin a recommandé un climat plus favorable que Lyon, où je suis née. Je suis la dernière de six enfants, d’un milieu modeste. Et nous avons grandi dans les HLM de Bon Rencontre, où j’ai été très heureuse. Ma mère a toujours cru que l’éducation serait un moyen pour nous de se faire une place. Et ça a marché, puisque ma sœur a été la première ingénieure mécanicienne de France. J’avais un frère qui était pilote de chasse. On a tous fait des études. Je voulais faire médecine, mais à ce moment-là, mon père est mort… Je suis devenue prof de maths.

    Vous vous êtes absentée un petit moment de Toulon ?

    J. M. : J’ai rejoint mon mari qui était photographe en Ardèche. J’y suis restée dix ans et j’y ai élevé mes trois enfants. Mais on a raison de dire « qui quitte Toulon, perd la raison ». J’y suis donc revenue.

    Pendant ce séjour en Ardèche, j’ai également été élue conseillère municipale d’un maire socialiste du petit village dans lequel j’habitais, au hasard des panachages de listes. Il n’y avait pas de parité à l’époque, nous n’étions que quatre femmes et je n’avais déjà pas l’habitude de me taire, j’étais donc un peu considérée comme la suffragette.

    Puis pour pouvoir être sûre de rentrer à Toulon, j’ai démissionné de l’Éducation nationale au bout de dix ans. C’est pour ça que les défis ne me font pas peur. Je suis donc repartie de zéro. J’ai même fait les vendanges pour commencer. Puis je suis retournée à l’enseignement par le social auprès des jeunes en difficulté, des jeunes en insertion dans le quartier de Berthe, puis au Greta. Je me suis régalée.

    C’est ensuite auprès des bénéficiaires du RMI que vous vous êtes engagée…

    J. M. : Je travaillais à ce moment-là pour Pôle emploi. Une dame est venue me voir pour me dire qu’elle était au Cedis [Centre départemental pour l’insertion sociale, Ndlr] et qu’on cherchait un directeur. Je me suis dit, pourquoi pas. C’était en 95. J’ai postulé et me suis retrouvée à la tête du Cedis. ça a été plus de 20 ans formidables.

    Je me suis rapidement aperçue que ce qu’il y a de mieux pour sortir du statut d’allocataire, c’est une fiche de paie. Donc, j’ai réuni un groupe d’allocataires et leur ai demandé quel était, selon eux, le premier frein à l’insertion, et c’est la garde d’enfants qui est ressortie. J’ai donc pris mon bâton de pèlerin pour chercher des locaux afin de créer une crèche et, à la mairie de Toulon, je réussis à avoir ceux d’Alexandre Ier. C’était les anciens hangars des Espaces verts. Du coup, j’ai créé la crèche là. Puis une autre au Pont du Las, dans les anciens locaux de la Poste. Puis celle de la Beaucaire. En tout, j’en ai fait une dizaine.

    Elles avaient une spécificité ?

    J. M. : Elles ont mis vingt ans à être labellisées comme crèches à vocation d’insertion professionnelle. Mais, dès leur création en 2003, elles étaient déjà comme ça, avec des places réservées aux allocataires. Mais surtout, toujours avec mon idée de l’ascenseur social, j’embauchais des allocataires pour le ménage et je les qualifiais pour passer le CAP Petite enfance. Elles passaient donc à l’encadrement des enfants et aujourd’hui, on en a qui sont directrices de crèche. J’adore ça, construire des parcours. Et vous verrez, dans la liste que je vous présenterai, il y a beaucoup de gens comme ça, qui ont des parcours atypiques, qui partent dans un CAP et qui finissent avocats. Un peu à l’image du mien, parce que moi, je n’avais aucune prédestination à être maire de Toulon.

    Comment passe-t-on justement de l’engagement associatif à la politique ?

    J. M. : Le déclic, c’est que sentant venir la retraite, comme je suis un peu hyperactive, je me suis demandé comment continuer à être utile. Hubert Falco est venu me chercher, donc je suis rentrée sur sa liste en 2014 et j’ai démarré douzième adjointe. Et bien sûr, on m’a mise dans ce que je connaissais le mieux : la petite enfance. En 2020, il me dit qu’on continue. Je suis alors à la deuxième place sur la liste. Puis Yannick Chenevard est élu député et je monte, première adjointe. La suite, vous connaissez : neuf mois après, je suis élue maire de Toulon, pour un temps. Chez moi, on nous a appris la loyauté, l’honnêteté et la volonté de servir. Donc, il n’y a aucune ambiguïté. Si Hubert Falco revient, je lui rends la place.

    Jusqu’à ce qu’il vous désigne publiquement comme la relève…

    J. M. : Oui, après la Cassation. Il fait un communiqué disant qu’il me soutient. On est en juillet. Je vais donc y aller. Puis il est revenu vers moi avec un certain nombre de demandes. Mais quand j’ai été élue, j’ai bien dit que je n’étais pas une plante verte, que j’avais du caractère. Il y a donc des demandes que je n’ai pas acceptées. Et, là aussi, vous connaissez l’histoire. Je le connaissais depuis 30 ans, mais là, je dois dire qu’il est arrivé à me surprendre.

    Quelle décision prise en tant que maire vous rend la plus fière ?

    J. M. : Sauver les cliniques à Toulon, ça a été un vrai combat. On ne pouvait pas perdre cette offre de santé de proximité dans les quartiers.

    Et puis, il y a aussi la végétalisation de la ville. J’ai commencé par les écoles. On en fait à peu près quatre par an.

    La reconstruction des groupes scolaires, aussi. On en a mis cinq en chantier dont l’un est en cours, c’est Saint-Roch.

    Mais on fera aussi Cousteau, on fera la Beaucaire, on fera Lazarre-Carnot. Surtout Sainte-Catherine.

    Quelle est, aujourd’hui, votre ambition pour Toulon ?

    J. M. : De continuer à en faire une ville apaisée à taille humaine, qui rayonne. Une ville de mixité, une ville populaire dans laquelle on vit bien. J’ai commencé à m’attaquer au problème du logement en signant, fin 2023 avec le préfet, un contrat de mixité. Mais il va falloir continuer. Je suis favorable à la construction de logements sociaux. Mais diffus. On ne peut plus faire de grandes concentrations. C’est fini ça.

    C’est compliqué à Toulon, parce qu’on est une ville coincée entre le Faron et la mer avec très peu de solutions. Très peu de foncier disponible. Donc, il faut reconstruire la ville sur la ville.

    Il faut réhabiliter les immeubles, réhabiliter les copropriétés délabrées. Alors là, j’ai un grand chantier sur la Grande Plaine. Et puis, surtout, il y a une délibération dont je suis assez fière et qui fait que chaque fois qu’on construit plus de 800 m², on doit avoir 30% de logements sociaux. Ça veut dire que dans tous les quartiers, chaque fois qu’il y a un immeuble qui sort de terre, vous savez qu’il y aura 30% de logements sociaux.

    Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?

    J. M. : C’est un bel encouragement de voir autant de gens qui vous suivent, qui vous poussent. Alors, on y croit. On va gagner.

  • Julien Toulgoat dans la course à Solliès-Toucas

    Julien Toulgoat dans la course à Solliès-Toucas

    Il ne voulait pas laisser le champ libre à son ex-partenaire politique. Colistier de Jérémie Fabre (SE) en 2020, Julien Toulgoat, encarté Place publique, présente sa propre liste – Toucas Com’1, collectif citoyen sans étiquette, « car on est de divers courants, certains ne nous rejoignant que par amour du village », précise-t-il –, après avoir quitté la majorité en 2021, lors des élections départementales, auxquelles il s’est présenté avec une étiquette Écologiste. « Je voulais poursuivre le projet de 2020 : amener de la jeunesse, une autre vision de la politique. J’en ai parlé au maire, ça a été la furie. Il a refusé ma candidature contre le conseiller départemental sortant, au prétexte qu’on perdrait toute subvention de la communauté de communes et du département », détaille ce militant anti-discrimination de 41 ans.

    Un « mal-être » illustré par « le turnover des agents »

    Le conseiller municipal se lance ainsi « pour la démocratie, car on doit laisser aux citoyens le choix entre plusieurs visions. Je n’ai plus du tout la même que le groupe majoritaire », justifie-t-il. Il demeure en effet le seul à se présenter face au maire sortant. « Nous ne voulons pas laisser faire ce qui se fait actuellement, explique Julien Toulgoat. Nous œuvrons pour le vivre-ensemble, l’écoute, et surtout garder notre âme de village, amenée à disparaître avec certains projets. »

    Le candidat pointe « un mal-être grandissant » au sein de la commune, notamment marqué par « le grand turnover des agents municipaux. Dans le privé, il y aurait des remaniements pour stopper l’hémorragie ». En réponse, Toucas’1 défend quatre axes : la défense du service public, la participation citoyenne, l’amélioration du quotidien, mais aussi des commodités. Un projet construit à travers des « échanges avec les Toucassins ».

  • Stéphane Sacco mobilise avec un message d’espoir à La Seyne

    Stéphane Sacco mobilise avec un message d’espoir à La Seyne

    « Jaurès nous rappelle que les grandes œuvres humaines sont longues, difficiles, exigeantes, mais qu’elles sont toujours portées par l’espérance. C’est cette espérance lucide, combative, que nous sommes venus faire vivre ce soir », commence le chef de file de la liste « Uni.e.s à gauche pour La Seyne », Stéphane Sacco, devant une salle de la Bourse du travail remplie et réceptive.

    Le chef de file insiste sur le rôle que joue la commune dans la cohésion sociale, en pointant que « la République ne commence pas dans les palais », mais se manifeste « dans une école municipale rénovée, dans un service public accessible à la portée de tous, dans une mairie qui respecte ses habitants et qui ne laisse personne de côté ».

    Pour y parvenir, il ne s’agit pas de gérer la ville à la petite semaine, mais de savoir se projeter dans l’avenir sur 15-20 ans, insiste-t-il.

    Ce qui ne signifie pas, précise Stéphane Sacco, bien au contraire, de remettre à plus tard les grands chantiers structurants et urgents pour la ville. « Le temps long commence tout de suite et sera pris en compte dès le premier budget », assure le capitaine de la liste.

    Un projet ambitieux

    Il s’agira donc, pour la nouvelle équipe aux manettes, d’agir concrètement dès le premier mandat pour répondre aux besoins des habitants, notamment en matière d’accès aux soins ou « pour que les enfants soient accueillis dans des écoles décentes ».

    Et de reprendre avec emphase : « Nous voulons une ville qui émancipe. Une ville où l’on ne réduit pas la jeunesse à un problème, mais voit en elle la solution pour l’avenir. Une ville où les quartiers ne sont pas des angles morts. »

    La tête de liste a également rappelé quelles étaient les responsabilités de l’équipe dans la lutte contre l’extrême droite. « Partout où la justice sociale recule, là où l’on renonce à expliquer, à élever, à rassembler, d’autres discours avancent », rappelle-t-il. Il s’agit donc d’inverser la vapeur « par une République vivante, exigeante, fraternelle pour toutes et tous ».

    L’occasion pour le capitaine Sacco de mettre en avant son équipe plurielle avec laquelle il compte bien réaliser « ce projet ambitieux ».

    L’ambiance est bien là. Tout le monde a envie d’y croire dans cette campagne.

  • À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    À Gardanne, la gauche met le cap sur la solidarité

    « Nous devons lutter contre l’immobilisme », encourage Jean-Marc La Piana. à Gardanne, le candidat, qui porte la liste « Ensemble, changeons de cap », née d’une union des forces de gauche et écologistes, a tenu son premier meeting de campagne, mercredi soir, en mairie annexe de Biver. Un lieu de « choix. Biver, ce n’est pas une annexe, c’est bien plus que ça, c’est un quartier, c’est même un village ». C’est d’ailleurs ici que devrait être créé, dès le premier conseil municipal, un conseil de quartier.

    Au terme de « six mois de travail » et réunions pour construire un programme, le candidat a pu présenter les grandes lignes de son projet. Il a formulé les premières promesses de campagne. Les colistiers les plus proches ont également été dévoilés. Parmi eux, des visages familiers, issus du Collectif Citoyen Gardanne Biver (CCGB) et de L’avenir nous appartient, groupe d’opposition qu’il mène, réunis désormais dans une même campagne. De nouveaux noms figurent aussi sur la liste. D’un enseignant à un policier municipal retraité, la liste se veut « représentative de nos quartiers, de notre diversité », estime Sylvia Caramanna, coprésidente du comité de campagne.

    Écologie, éducation…

    Chacun des colistiers venus au pupitre a présenté un pilier du programme. Terry Morrant, l’un des plus jeunes membres de la liste, promet « du concret, car une ville attractive ne s’improvise pas », avec marché de producteurs le samedi matin, pour redonner « vie au cœur du quartier ». Côté solidarité, Amélie Barbey (PCF) annonce la mise en place d’une « mutuelle municipale, dispositif qui va permettre d’accéder à une santé complémentaire à des tarifs négociés ». Elle souhaite également « repérer les spécialités manquantes et attirer les professionnels dans les locaux communaux en échange de l’application du tiers payant ». La question du handicap et la concertation avec les associations pour développer de nouveaux projets figurent aussi au programme. « L’inclusion est une intention et des moyens mis à son service », lance Amélie Barbey.

    Un large volet écologique compose aussi le programme. Laurent Deshaies (EELV) promet un « vrai plan de rénovation de la voirie, quartier par quartier ». Avec surtout, d’ici 2028, la fermeture totale et définitive de la décharge de la Malespine. Pour la sécurité des Gardannais, Mohamed Abdellaoui, ancien policier municipal, plaide pour « une police de proximité (…) et la création d’une véritable brigade de l’environnement ».

    Puis Kafia Bensadi, engagée en 2020 aux côtés du maire sortant Hervé Granier, avant de rejoindre l’opposition « parce qu’il n’y a rien de pire que de s’engager et voir jour après jour que les engagements sont reniés », présente l’éducation comme l’une des priorités du mandat : « Nous engagerons le Plan École 2030. »

    Marion Robert a abordé ensuite la gestion des finances municipales. Il s’agit d’abord de « regarder la réalité en face. Nous allons changer de méthode, nous engager dans une ligne transparente et responsable. Nous mettrons fin aux pratiques douteuses et irrégulières qui gaspillent l’argent public ». Non sans citer notamment le fiasco de la Smart City et le récent rapport de la Chambre régionale des comptes.

    Dernier à prendre la parole, Jean-Marc La Piana promet : « Dans cette ville, chaque habitant sera respecté, écouté, considéré. Le mépris et l’abandon c’est fini (…). L’humain sera placé au-delà des logiques financières. »