Tag: Municipales

  • À Orange, Yann Bompard s’accroche à son poste de maire

    À Orange, Yann Bompard s’accroche à son poste de maire

    C’est l’histoire sans fin. Ou comment la famille Bompard use de tous les moyens pour que le nom ne soit pas effacé, même ponctuellement, de la liste des maires d’Orange depuis 1995. Il y a deux semaines, Yann Bompard, maire (Ligue du sud) depuis novembre 2021, a été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille pour détournement de fonds publics. Une décision dont il a fait appel, assortie de cinq ans d’inéligibilité avec effet immédiat.

    Conséquence, deux jours plus tard, le préfet * prenait un arrêté « le déclarant d’office démissionnaire de son mandat de maire ». Charge ensuite au 1er adjoint de gérer les affaires courantes et de convoquer un conseil municipal sous deux semaines pour élire un nouveau maire. Sauf que, comme l’a noté Vaucluse matin, Yann Bompard est depuis resté actif en mairie, s’affichant sur le terrain. « Il a contesté l’arrêté du préfet auprès du tribunal administratif, ce qui fait qu’il reste maire tant que le tribunal n’a pas statué », indique-t-on dans l’entourage du maire. Ce recours sera finalement étudié le 6 mars, une semaine avant le 1er tour des municipales et donc la fin, quoi qu’il arrive, du mandat de Yann Bompard qui ne pourra pas concourir.

    En mairie, on assume cette stratégie du pourrissement : « Compte tenu de la proximité des élections, la question de la continuité des services, du fonctionnement de la collectivité, se fait de manière plus aisée ». Et de citer en exemple le fait que « beaucoup de choses se signent de manière informatique, avec une clé attachée au nom du maire, il faudrait donc que les services de l’État attribuent de nouveaux codes, cela entraînerait une latence des services qui serait préjudiciable », justifie-t-on à l’Hôtel de ville. Yann Bompard reste donc en poste au moins jusqu’au 6 mars.

    Côté opposition, la résignation domine. « On avait déjà imaginé qu’il ferait tout pour finir son mandat, mais on était interloqué de le voir encore partout, commente Fabienne Haloui (PCF). De toute façon, avec les Bompard, c’est tout le temps de l’inédit. » Yann Bompard cumule donc encore son rôle de maire avec celui de directeur de campagne de son père, Jacques, ex-maire (1995-2021), qui aspire à le redevenir, la justice ayant mis fin à son inéligibilité.

    * Contactée, la préfecture n’a pu donner suite dans l’immédiat.

  • À La Seyne, l’équipe de Stéphane Sacco s’élargit encore

    À La Seyne, l’équipe de Stéphane Sacco s’élargit encore

    « Stéphane Sacco est la seule tête de liste déclarée qui m’a témoigné publiquement et personnellement son soutien face aux attaques et aux propos nauséabonds dont j’ai fait l’objet. Je n’oublie pas ce geste », commence le président du collectif « Citoyens en Seyne ». Mais il explique que son choix est guidé avant tout par le désir de rejoindre une démarche construite dans le temps et tournée vers l’intérêt général. « Nous partageons les mêmes valeurs sociales et sociétales », insiste-t-il. Face la menace de l’extrême droite, il fait donc aujourd’hui le choix responsable du rassemblement et renonce donc à conduire une liste concurrente. Il préfère « contribuer à construire une dynamique solide et durable » au service des habitants.

    La gauche se renforce

    C’est dans ce cadre que Samir Ben-Mihoub et plusieurs membres issus de la société civile, engagés au sein de « Citoyens en Seyne », décident donc de rejoindre « Unis.e.s à Gauche » pour La Seyne. En saluant l’engagement de Stéphane Sacco depuis plusieurs années dans le monde associatif, notamment au sein de La Seyne Avenir, et ce bien avant que ne démarre la bataille des municipales.

    Samir Ben-Mihoub met également en avant le profil et les compétences de la tête de liste, soulignant qu’en tant qu’ingénieur et expert reconnu au niveau national, Stéphane Sacco propose des solutions concrètes reposant sur la méthode et l’efficacité.

    « Le respect, la rigueur, l’honnêteté et la volonté de faire de la politique autrement, en se concentrant sur les besoins des habitants » sont également des principes qui leur sont communs et qu’ils entendent défendre et conjuguer ensemble.

    « Ce ralliement marque le début d’une nouvelle étape », affirme Stéphane Sacco, avec à présent une campagne menée collectivement, « ouverte et structurée, associant des citoyens engagés et des forces politiques désireuses de travailler ensemble ».

    Propositions du terrain

    Le collectif continuera à porter une parole citoyenne au sein du rassemblement, ajoute-t-il, avec l’objectif de faire remonter du terrain des propositions utiles sur les grands enjeux de la commune. Et de poursuivre : « Nous sommes très heureux que Samir, ainsi que les personnalités qui l’accompagnent nous rejoignent. Je connais son engagement au sein de la société civile et, surtout, dans nos quartiers, pour notre ville. »

    Pour le chef de file de la liste « Uni.e.s à gauche pour La Seyne », les bonnes nouvelles se succèdent en ce moment. Avec les soutiens officiels des mouvements Génération.s et Debout !, portés respectivement par Benoît Hamon et François Ruffin, « qui viennent renforcer la dynamique de rassemblement à gauche ».

    Un élan qui pourrait conduire d’autres acteurs à reconsidérer des stratégies pas très responsables. En attentant, l’équipe de Stéphane Sacco est plus que prête à rencontrer les Seynois, mercredi soir, à la Bourse du travail pour un nouveau grand meeting.

  • Hélène Spinelli (DVG) veut « unir » à Roquevaire

    Hélène Spinelli (DVG) veut « unir » à Roquevaire

    « Le 15 mars 2026, je vous demande humblement de nous faire confiance. Dans ce monde incertain et chaotique, choisissez la continuité, la stabilité, l’honnêteté et les compétences. Notre force : la proximité, la connaissance du terrain et l’expérience. » C’est ainsi qu’Hélène Spinelli, 61 ans, professeure d’histoire-géographie, clôt son discours prononcé, samedi, devant 500 soutiens réunis dans un salle Raymond-Reynaud comble. Aux côtés du maire (DVG) sortant, Yves Mesnard, la candidate a rendu hommage à l’édile : « C’est avec une profonde émotion et un immense honneur que j’accepte le flambeau que tu me tends en vue de poursuivre l’immense travail que tu as réalisé pour Roquevaire. »

    « Un projet concret »

    Après avoir dressé un bilan positif des dix-huit ans d’Yves Mesnard comme maire, avec 60 millions d’euros investis pour équiper la commune, la candidate a évoqué, d’abord, la philosophie de son programme : « Il est concret, soutenable financièrement, construit avec vous, pour vous, pour notre Roquevaire, et il place l’humain au cœur de notre ambition, il innove sans oublier nos traditions, et il unit plutôt qu’il ne divise. »

    Une vision qu’elle oppose « aux attaques répétées de nos opposants », visant notamment « un programme de logements, une pension de famille, un centre médical, une nouvelle école (…) ». « D’autant que les tribunaux nous ont toujours donné raison », a-t-elle rappelé. Parmi les projets de la liste « Roquevaire, une ambition renouvelée », elle a listé : « La nouvelle école Joseph-Martinat, la lutte contre les incivilités, le renfort de la sécurité, le stationnement qui restera gratuit, l’accélération des projets de rénovation énergétique, la métamorphose du cours Négrel-Féraud (…) ». Le programme est en cours de distribution dans les boîtes aux lettres.

  • À Marseille, François Roche fait vivre la voix de LO

    À Marseille, François Roche fait vivre la voix de LO

    François Roche remet le couvert. Candidat pour Lutte Ouvrière (LO) depuis une vingtaine d’années aux élections européennes, législatives, municipales ou régionales, il est la tête de liste du parti trotskiste sur le 8e secteur (15e et 16e arrondissements) de Marseille. « Les élections municipales ne changeront absolument rien à la vie des gens mais elles sont l’occasion de porter l’idée que les travailleurs doivent se défendre et de créer un réseau de travailleurs qui ne se résignent pas », prévient d’emblée celui qui en 2020 avait recueilli 0,98% des suffrages (125 voix) au 1er tour avec la liste « Faire entendre le camp des travailleurs ».

    Habitant de Saint-Henri dans les quartiers nord depuis plus de 25 ans, ce monteur-mécanicien chez Airbus a travaillé sur le port puis dans la sidérurgie à Fos. Engagé de longue date sur le terrain syndical, ce militant CGT de 60 ans mène donc sans surprise « une liste de travailleurs » qui dénonce la dictature de l’argent, la dégradation des services publics et appelle à l’organisation collective du monde du travail.

    Lui affirme la nécessité d’un « parti qui défende les idées du communisme, de la transformation de la société, de l’abolition de l’exploitation. Par rapport à tous ceux qui veulent une place, font des promesses et disent qu’avec eux tout ira mieux, nous on dit que c’est aux travailleurs de prendre leur sort en main. »

    « Pas sur la même planète »

    Et d’évoquer la venue la semaine passée de deux ministres à Airbus pour remettre un chèque de 36 millions. « C’est à peu près 0,5% des bénéfices d’Airbus. On prend de l’argent public à l’hôpital, à l’école, aux transports et on le donne à des entreprises qui font des bénéfices », regrette le candidat dont le parti présente aussi une liste à la mairie centrale menée par Rémy Bazzali.

    Comme lui, François Roche affirme sa différence sur le secteur de Sébastien Delogu, le député – candidat insoumis à la mairie pour la liste Marseille populaire. « Je ne me présente pas contre les autres et je ne tiens pas à me définir par rapport à Sébastien Delogu, au Printemps marseillais ou au RN. On n’est pas sur la même planète », répond l’ouvrier. « Ce sont des gens qui aspirent à gérer tel quel la société et le capitalisme, peut-être au mieux, peut-être au pire. Nous, on aspire à les renverser et on veut laisser vivante la perspective d’un changement de société par les travailleurs, faire que les richesses qu’ils produisent leur reviennent. Et ça, ce n’est dans le programme d’aucun parti. »

  • La liste La Ciotat nous rassemble a son local de campagne

    La liste La Ciotat nous rassemble a son local de campagne

    « On lance la bataille ! », annonce Karim Ghendouf. Avant qu’Ève et Eddie n’entonnent leurs chansons sociales, dans un Cercle de la Renaissance plein comme un œuf – environ 80 personnes -, Karim Ghendouf et Mariann Chrétien (La Ciotat nous rassemble) ont esquissé quelques thèmes de leur programme. Celui-ci sera dévoilé le lundi 2 mars prochain, salle Saint-Marceaux. La liste La Ciotat nous rassemble, a tenu à souligner Mariann Chrétien, est « soutenue par le PCF et composée à 40% de gens non encartés ».

    « La question du logement est une de nos priorités », a appuyé Karim Ghendouf. « Alors qu’un ménage sur deux, à La Ciotat, est éligible au logement social, nous avons décidé de porter le taux de logements sociaux à 30% », a-t-il annoncé. La loi Solidarité et renouvellement urbain (SRU) impose un taux de 25%.

    Rouvrir le cinéma

    En matière de santé, LCNR entend créer une mutuelle municipale et voudrait rouvrir le centre médical Calisti. Ce dernier « manque car il pratiquait le tiers payant et abritait médecine générale, gynécologie, gérontologie et faisait beaucoup de prévention », a expliqué Karim Ghendouf.

    Les transports ? « L’offre n’est pas attractive à La Ciotat », a-t-il tranché. « On a des bus qui occupent la moitié de la voirie, qui fonctionnent au gasoil et qui passent chaque demi-heure. » Le tract où figurent les grandes lignes du programme, qui sera distribué dès ce mardi à 6h30 à la gare, puis sur le marché et devant les écoles, précise que LCNR tentera d’obtenir de la Métropole la gratuité pour les scolaires et les étudiants et apprentis.

    LCNR, confortée par les pétitions lancées par le collectif « La Culture ça urge », souhaiterait rouvrir un cinéma dans les Halles Lumière. « Il y a une demande de la population sur un cinéma en cœur de ville », plaide Régine Douzenel. « L’Eden [le cinéma art et essai, Ndlr ] ne suffit pas. Il a un seul écran. Le lieu est parfois privatisé, il accueille des concerts… ». Alors que la délégation de service public de l’Eden s’achève fin 2026, elle estime « qu’on pourrait mutualiser les moyens pour gérer le cinéma L’Eden et le cinéma Lumière ».

    Au Cercle de la Renaissance, au 130 avenue Gallieni, l’ambiance maintenant, alors que le public partage un moment convivial, s’est bien réchauffée. « Il y aura ici des permanences électorales chaque jour de 9h à 12h et de 17h30 à 20h. Le public pourra venir rencontrer les candidats, s’informer de l’agenda de la campagne », rappelle Karim Ghendouf.

  • La gauche unie à Port-Saint-Louis présente ses candidats

    La gauche unie à Port-Saint-Louis présente ses candidats

    « Seule, je ne suis rien, ensemble, on ira loin », lance Aurélie Grach lundi soir en conclusion de la réunion publique de la liste d’union de la gauche, Vivons mieux Port-Saint-Louis, (DVG) qu’elle conduit. Les colistiers et colistières, âgés de 28 à 86 ans, sont dispatcheuse de navire, retraitée et fille de communistes italiens ayant fui Mussolini, militants syndicalistes ou communistes, coiffeuse ou électromécaniciens.

    Toutes ont décidé de suivre Aurélie Grach dans la bataille des municipales pour « porter la voix de l’éducation et de l’école », dans le cas d’Emmanuel Stamatiou, ouvrier docker, syndicaliste, communiste et musicien. « C’est le premier sanctuaire de la République pour chaque enfant. Les enfants ne doivent plus avoir froid l’hiver et chaud l’été, il y a urgence d’accélérer la rénovation des groupes scolaires », estime le candidat, qui parle également de « pilier de l’égalité » dans le fait de bien manger à l’école, dans une cantine « accessible ».

    La culture aussi, doit être accessible, dans l’idée d’Elisabeth Taormina, fonctionnaire métropolitaine et passionnée de peinture.

    « L’essentiel, la santé »

    « La vie de nos quartiers, la jeunesse et les seniors font ensemble battre le cœur de notre ville. Trop de quartiers sont laissés de côté », considère la candidate, selon laquelle « la culture créée du lien entre les générations. Elle ne doit pas être un luxe, mais fédérative et vivante, accessible à tous ». Et considérée comme « un outil de vivre ensemble ».

    Le centre-ville et les commerces sont le credo d’Emélia Dragonas-Guérini. « J’ai assisté à la défiguration du centre-ville », juge-t-elle, parlant de « mission impossible pour s’acheter un pantalon » dans un centre-ville qu’elle présente « sans commerce ni lieu de passage ». « J’ai la folle envie de voir un centre-ville attractif toute l’année, avec des lieux d’échanges et de convivialité et pas juste des feux d’artifice les soirs d’été », tacle la candidate.

    « Revenir à l’essentiel, la proximité et la sincérité » est le mantra de François Barges, secrétaire du syndicat CGT de l’usine Marcegaglia et colistier, souhaitant « assurer la santé et la sécurité pour tous ».

    « Des personnes de valeur prêtes à travailler pour notre ville et tous ses habitants », pour Aurélie Grach, « fière d’être tête de liste citoyenne et de gauche », face à « la politique de droite macroniste » du maire sortant « qui défile avec le député RN » selon la candidate.

  • Sécurité locale : ce que promettent les candidats aux municipales

    Sécurité locale : ce que promettent les candidats aux municipales

    Marseille

    Benoît Payan, maire sortant (DVG), projette de doubler le nombre de policiers municipaux et dit vouloir installer un commissariat de police dans chaque arrondissement. Pour le reste, il assure, dans un entretien donné à Made in Marseille, « qu’il n’y a que [ses] adversaires qui pensent qu’un maire est responsable du ministère de l’Intérieur ».

    De son côté, Martine Vassal (DVD), espère aussi doubler les effectifs. À ceci s’ajoute la volonté de créer une « Brigade anti-criminalité (BAC) municipale », dont l’appellation reste à déterminer, qui bénéficierait d’une « capacité d’intervention rapide » et la mise en place d’un hôtel de police mixte.

    Le programme de Sébastien Delogu, candidat (LFI), mise lui sur le refus d’une politique « centrée sur la répression ». Parmi les objectifs affichés : le désarmement des agents (armés depuis 2015) et la création d’une police municipale « exemplaire dans la lutte contre les discriminations » avec l’apparition de « modules et de stages sur la gestion non-violente de conflit, la lutte contre le sexisme, le racisme, le validisme et les violences intrafamiliales ».

    Pour répondre à son ambition de « remettre Marseille en ordre », le candidat RN Franck Allisio envisage lui aussi d’agir sur la police municipale, en commençant par « tripler ses effectifs ». Dans son programme mis en ligne sur son site web, le candidat d’extrême droite assure également vouloir mettre en place des brigades « anti-stup », « anti-squat » et « anti-tags », chacune bénéficiant d’une « expertise et d’un effectif propre ». Il dit aussi souhaiter multiplier les patrouilles de police mixte, municipale et nationale, qui devront suivre pour « consigne le harcèlement des dealers comme des consommateurs et la verbalisation de toute infraction, même mineure ».

    Toulon

    La maire sortante, Josée Massi (SE), se projette à l’horizon 2032 avec au total 200 policiers municipaux, soit un effectif augmenté de 50 agents par rapport à aujourd’hui. Elle s’engage à un renforcement du « quadrillage des quartiers », renforcé par « une augmentation du nombre de patrouilles dans les quartiers moins couverts et une implantation des policiers dans les mairies annexes ».

    Michel Bonnus, candidat LR, dit lui aussi vouloir créer un hôtel de police où seraient rassemblés agents municipaux et nationaux. Il entend également mettre en place une brigade de proximité dans dix grands secteurs de la ville, réactiver la brigade cynophile et étendre les horaires de nuit de la police municipale. Côté effectif, il promet de créer de nouveaux postes dans les quartiers, notamment au Pont-du-Las et à Saint-Jean-du-Var.

    Sans surprise, la sécurité est aussi affichée comme l’objectif phare de l’extrême droite toulonnaise, incarnée dans cette campagne par la députée RN Laure Lavalette. Candidate sans étiquette, elle promet le recrutement de nouveaux policiers municipaux, accompagné d’une restructuration de l’institution. Elle vend également l’apparition d’une brigade nocturne.

    Magali Brunel, candidate PS à la tête de la liste Toulon en Commun, plaide pour un renforcement des « ressources humaines et logistiques des personnels et locaux de police », d’après son site de campagne. Elle projette aussi d’améliorer la formation des policiers, pour une meilleure prise en charge des victimes.

    Comme son homologue marseillais, Isaline Cornil, candidate LFI, défend que « les armes à feu ne sont pas nécessaire au quotidien » pour police municipale.

    Avignon

    Dans son volet sécurité, David Fournier (PS), promet une police municipale présente 24 heures sur 24 et aborde l’idée de l’instauration de rondes quotidiennes.

    Olivier Galzi, sans étiquette mais ancré à droite, fait de la sécurité sa première priorité et prévoit de « doubler la présence policière effective sur le terrain ».

    Mathilde Louvain, candidate LFI, a assuré lors d’une réunion publique sur la sécurité vouloir « revoir les missions de la police municipale » ce qui pourrait passer par « une augmentation des effectifs ».

    Anne-Sophie Rigault, en lice pour le RN, table comme ses collègues d’extrême droite sur une augmentation des effectifs, qu’elle entend doubler, et promet d’instaurer une présence policière 24 heures sur 24.

    Manosque

    Sur le site de campagne du maire sortant, Camille Galtier, aucune information n’est pour l’instant publiée sur de potentielles propositions liées à la police municipale.

    De même pour « Le regain manosquin », liste d’union de gauche de Patrick Rousset et pour Sébastien Aubert, de « Manosque ensemble ».

  • Martine Vassal présente sa vision pour Marseille

    Martine Vassal présente sa vision pour Marseille

    À cinq semaines du premier tour des municipales, Martine Vassal veut enfin entrer dans le vif du sujet et parler programme. Entre une « municipalité dans le déni », le « Marseille bashing » et un Rassemblement national qui « surfe sur la colère et la peur » sans stratégie autre que « d’avoir des postes », la candidate de la droite, un arc allant de « l’écologie raisonnée à la droite affirmée », a donc esquissé sa « vision stratégique » et ses « orientations programmatiques ».

    « Je ne ferai qu’un mandat »

    Rien de vraiment chiffré à ce stade, mais la promesse d’un choix fait aux Marseillais entre « la catastrophe et la tragédie ». Pour cette conférence de presse au CNTL, les mots sont pesés. Se présentant comme une femme « d’expérience » et de « résultat », Martine Vassal s’engage à ne faire « qu’un mandat ». « Je veux faire de la transmission », explique-t-elle, revendiquant une culture issue du monde de l’entreprise et annonçant « une équipe d’entrée opérationnelle ».

    à ces côtés, Christophe Madrolle, élu de la majorité de Renaud Muselier à la Région, Jordan Mangani, le président du syndicat des infirmiers libéraux du département présent sur sa liste en 2020, Stéphane Pichon, le président de l’Ordre régional des pharmaciens, Christine La Rocca, la présidente du CIQ Bonneveine- Vieille Chapelle, et Laurence Mercadal, présidente du conseil des gouverneurs du Lions club.

    Robert Ciampi, le proviseur de la cité scolaire Marseilleveyre, « référent éducation » chez Horizons est là aussi. Candidat gilliste dans les 11-12 en 2020, c’est lui qui a réalisé la synthèse de ce programme « élaboré depuis de longs mois » à partir de propositions recueillies à tout va.

    Les trois premières concernent la sécurité. Plusieurs étaient connues (vidéosurveillance IA, hôtel des polices, brigade anti stup, groupement d’intérêt public Argos) d’autres ont surgi comme les bornes d’urgence sur la voie publique ou la ligne téléphonique 1313, baptisée « SOS Marseille ».

    Sur la propreté, après avoir réduit les tournées d’enlèvement des ordures, elle propose « une ville propre 24h sur 24 et sept jours sur sept », en s’appuyant sur le retour des cantonniers de proximité, une « voirie réactive » (cantonnement et petits travaux) de retour en compétence municipale, une politique anti tags « très poussées » et un travail « main dans la main » avec les mairies de secteur.

    Soixante écoles par an et baisse de la taxe foncière

    En matière de logement, un soutien massif au bail réel et solidaire et à la primo accession est annoncé. Côté transport, elle entend relier tous les quartiers avec du tramway et du BHNS (Bus à haut niveau de service) et remettre à plat le réseau de bus dont la refonte annoncée par la Métropole est pourtant restée sans suite.

    Rayon écoles, sur le modèle du plan Charlemagne pour les collèges, Martine Vassal propose un « Plan Condorcet » des écoles primaires. Inquiète des financements de la Société publique des écoles de Marseille, elle fera réaliser « un audit général » et promet « la construction et la rénovation de 60 écoles par an ». Exit aussi la DSP de la Sodexo sur les cantines, la restauration reviendra en régie.

    Pour relancer la confiance en matière économique, elle promet une baisse de la taxe foncière, un plan Canebière et un centre d’affaires « digne de ce nom » avec une école de cuisine au Centre bourse. En matière culturelle et sportive, elle propose de lancer une académie du sport féminin et affirme l’ambition d’accueillir l’exposition universelle de 2035.

    Côté mer, elle rappelle son intention de réaménager les plages pour qu’elles « donnent envie de rester à Marseille plutôt que de partir à Sanary ou Bandol » et évoque la transfiguration du parc Borély en un « parc du XXIIe siècle ».

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    la jeunesse

    Amélie Lambiel : Quelles sont vos priorités concrètes pour favoriser l’emploi des jeunes sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Il faut permettre aux jeunes de se loger et leur proposer des conditions de vie qui leur permettent d’échapper à la précarité ; ce qui est une situation que beaucoup de jeunes, même à Gap connaissent aujourd’hui. Donc augmenter l’offre existante en logement social, faciliter l’accès aux jeunes pour les résidences étudiantes et créer des résidences intergénérationnelles. Favoriser le tissu économique local fait essentiellement de petites entreprises, celles-ci ayant besoin d’avoir plus de visibilité et de soutien au niveau local, favoriser les embauches. Il faut diversifier les formations et l’offre universitaire sur le territoire de notre ville, ce qui va nous permettre de donner plus d’opportunités aux jeunes gapençais qui souhaiteraient rester pour étudier et travailler mais aussi à des jeunes de l’extérieur pour venir s’implanter à Gap. Je dirai que soutenir la jeunesse, c’est un acte politique et une des priorités de la liste Union pour Gap, qui d’ailleurs comprend de nombreux jeunes.

    Amélie Lambiel : Ce sont de beaux projets mais quels budgets comptez-vous allouer pour ces actions ?

    Élie Cordier : On aura un fonctionnement du budget à taux constant pour la ville de Gap. Aujourd’hui la ville dispose de ressources importantes, on est la septième ville de France où le taux municipal pour la taxe foncière est le plus élevé. On va faire le choix de réorienter les priorités budgétaires pour la ville. On ne va pas augmenter les impôts locaux pour ne pas amputer le pouvoir d’achat notamment des jeunes mais travailler à budget constant en ayant d’autres priorités, en particulier sur les actions sociales.

    le Handicap

    Fatiha El Ouannassi : J’ai rencontré une personne en situation de handicap en colère et on la comprend parce que se déplacer en ville, c’est peu ou pas de transport adapté, des trajets refusés, des horaires impossibles, résultat : une liberté amputée. Or, se déplacer est un droit. Que ferez-vous concrètement dès la première année pour améliorer la vie des personnes handicapées ?

    Élie Cordier : La première priorité sera d’associer les acteurs locaux, ce qui ne se fait pas actuellement. De nombreuses associations s’investissent sur les différents types de handicap aujourd’hui. Il faudrait déjà identifier les différents besoins pour des réponses spécifiques. Par exemple, sur le handicap visuel : faciliter les passages piétons. Pour les fauteuils roulants faciliter l’accès aux trottoirs et organiser des places de stationnement mieux adaptées à la voirie. En matière de handicap, il y a ce qui dépend de la commune comme la voirie, les transports urbains qui dépendent de la communauté d’agglomération et aussi l’accessibilité des lieux privés qui dépendent de leurs propriétaires pour la mise en conformité avec la loi. Il y a un énorme travail à faire en centre-ville de Gap avec un bâti plutôt ancien qui est à mettre aux normes et en conformité pour l’accessibilité. Nous avons un premier volet qui dépend de la mise en accessibilité des lieux publics mais qui n’est pas encore tout à fait abouti. Par ailleurs, la mise en accessibilité des transports urbains devra être mise en pratique avec le renouvellement de la flotte de transports. L’accessibilité des trottoirs, la correspondance des passages piétons et des trottoirs importe beaucoup pour les déplacements des personnes à mobilité réduite, on ne s’en rend pas compte quand on est valide. Il faut aussi accompagner les commerces privés qui accueillent du public pour être en conformité et tout simplement appliquer la loi. On va être bientôt dans le 21e anniversaire de la loi de 2005 sur la mise en accessibilité. Il reste énormément à faire et on a un vrai travail à mettre en place en associant tous les acteurs du territoire. Il faut recenser, écouter, dialoguer et agir.

    Fatiha El Ouannassi : Que proposez-vous pour les transports accompagnés ?

    Élie Cordier : La chance que nous avons à Gap, je tiens à le rappeler, c’est que des élus de gauche se sont mobilisés il y a plusieurs décennies pour faire de Gap une des premières villes à avoir des transports urbains gratuits. Évidemment, cette gratuité doit être préservée. Nous maintiendrons donc cette gratuité et le service à la demande qui existent déjà. L’idée est bien sûr d’amplifier ces services. Toutes ces mesures représentent un enjeu important : lutter contre l’isolement des personnes âgées ou en situation de handicap et créer du lien social.

    la santé

    Michel Garcin : Il est très difficile de trouver un médecin généraliste à Gap, quant aux dentistes et spécialistes, il faut aller à Aix-en-Provence. Avez-vous engagé une réflexion pour faire venir des médecins dans notre ville ?

    Élie Cordier : Plus qu’une réflexion, c’est une de nos priorités. Je suis extrêmement étonné que nous soyons la seule liste pour ces élections à parler réellement du sujet d’accès aux soins. J’entends dire que ce n’est pas un sujet municipal mais qui dépasse la commune comme si on ne pouvait rien faire en la matière. Comment attirer des médecins connaissant le problème de pénurie nationale ? Notre projet phare sera d’implanter un centre municipal de santé (CMS). Dans un CMS, la ville prend à sa charge une infrastructure, le secrétariat, l’entretien pour libérer du temps aux médecins, à la différence d’une maison de santé où la commune se contente de délivrer un permis de construire. Cela fait donc appel à un nouveau type de professionnels de santé qui souhaitent être déchargés des tâches administratives pour se libérer du temps médical, avoir un rythme de vie plus équilibré entre vie professionnelle et privée. Par ailleurs, ce CMS vient en lien avec les dispositifs existants, hôpital public CHICAS, polyclinique des Alpes du sud et médecine de ville. Cela facilite de plus l’accès aux soins en étant sur une tarification en secteur 1. Nous sommes là au cœur du service public municipal.

    la Pauvreté

    Jacqueline Amouriq : Sur le programme d’Union pour Gap, on a vu que vous voulez travailler sur tous les quartiers. Pourriez-vous nous préciser ce que vous avez l’intention de faire dans tous ces quartiers où les gens sont en grande difficulté ? Je rappelle que le taux de pauvreté à Gap est de 15%.

    Élie Cordier : Je constate dans les consultations citoyennes et le travail de porte-à-porte, une précarité qui devient de plus en plus palpable. Tout d’abord, lutter contre la précarité suppose bien évidemment de favoriser le développement d’entreprises pour augmenter la création localement, cela suppose également une action dynamique de la commune pour désenclaver le territoire gapençais. On dispose de plusieurs outils au niveau de la commune pour identifier et accompagner les gens en situation de précarité : le premier travail étant d’avoir une vision claire de qui doit être accompagné en priorité, pour cela, le Centre communal d’action sociale (CCAS) est un outil privilégié. On constate des logements avec des températures de 12-13 ou 14°C en hiver dans des immeubles très mal isolés, donc, il y a des programmes massifs à mettre en place avec l’Office public de l’habitat 05 (OPH 05) pour rénover, requalifier ces logements. Il convient aussi de recréer une vie de quartier et de faciliter l’accès aux transports urbains car tout le monde ne peut pas se permettre d’avoir une voiture. Par ailleurs, il y a également un enjeu d’accès à la vie associative, sportive et culturelle. C’est pourquoi nous proposons un PASS Jeunes qui donnera un accès facilité à une inscription dans un club de sports ou une association culturelle et permettra de recréer du lien social. Plus largement, nous rencontrons des personnes en situation d’isolement qui ne voient personne de la semaine. Ces situations contribuent au sentiment d’insécurité. C’est là où la commune peut agir par un travail d’action sociale et par un travail sur des sujets de sécurité en développant des effectifs de police municipale et de médiateurs pour favoriser le travail de proximité et de lien avec la population. La tranquillité et la sécurité ne doivent pas être uniquement une affaire de répression mais il faut aussi un dialogue, une écoute, une proximité.

    les violences faites aux femmes

    Jacqueline Amouriq : Quelles propositions faites-vous pour répondre au problème des violences faites aux femmes ?

    Élie Cordier : La ville de Gap doit soutenir des acteurs qui font un travail formidable : une association, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF 05) qui fait un travail important en matière de repérage et d’accompagnement des situations difficiles. La commune doit assumer un rôle en termes d’hébergement d’urgence. Quand on détecte une situation de violences, il faut que la ville soit là pour accueillir immédiatement car les solutions proposées par l’État ne sont pas suffisantes. Il y a un modèle qui fonctionne bien, c’est celui des appartements relais municipaux. Ces appartements relais, une fois instaurés à Gap, permettraient d’accueillir sur une période de 6 à 12 mois la personne victime de violence le temps de retrouver une solution pérenne. Repérer, écouter, c’est le minimum, il faut proposer des solutions temporaires en urgence pour prendre en charge les femmes victimes de violence.

    la végétalisation

    Jacqueline Amouriq : À Gap, on a de belles places mais tout cela est minéral, est-ce qu’on peut y remédier et reverdir la ville ?

    Élie Cordier : La végétalisation est effectivement une priorité de notre programme. Aujourd’hui, en ville de Gap, on a un site fortement minéral et je vois les permis de construire délivrés et l’artificialisation à outrance alors que le nombre d’habitants n’augmente pas. On a l’impression que la politique urbanistique se limite à construire, construire, construire… En termes de végétalisation je distinguerai celle qui concerne le centre-ville et l’hypercentre qui est la partie la plus minérale de notre commune et celle de la ville dans son ensemble. Sur la végétalisation de cet hypercentre, c’est évidemment un enjeu d’une ville plus verte, plus agréable à vivre, plus esthétique. C’est aussi un enjeu de résilience du territoire contre le réchauffement climatique, des canicules et des risques naturels. Notre ville est aujourd’hui vulnérable face aux pluies diluviennes et aux risques d’inondations. Nous sommes en effet sur un site minéral situé en fond de vallée. Il faut donc que nous soyons une ville protectrice capable de lutter contre les risques naturels en arrivant à limiter et réduire l’artificialisation des sols, à végétaliser, à reverdir et à faciliter l’écoulement de l’eau. L’accès à la nature est facile autour de Gap car on a des sites majestueux comme le domaine de Charence, les collines de Saint-Mens et de Puymaure qui sont une richesse mais qui ne doivent pas occulter la nécessaire végétalisation des lieux et des espaces de vie. Cette végétalisation doit aussi avoir lieu dans toute la ville , par exemple, ponctuellement des petits marchés de quartiers qui pourraient recréer de la vie sur des places qui deviendraient agréables à vivre ou encore faciliter un libre accès à la culture avec du mobilier urbain, avec des livres, qui pourraient s’insérer dans le paysage. Une idée qui peut paraître anecdotique : l’installation de bancs dans un quartier ou sur une place, c’est recréer de la vie, un moyen pour les habitants de tisser du lien, d’échanger entre eux. Comme cela, on crée une ville plus verte, une ville agréable, accueillante et vivante.

    l’eau

    Michel Garcin : La ressource en eau pour la production d’eau potable concernant la ville de Gap se trouve essentiellement dans le Champsaur. Peut-on considérer qu’une erreur majeure a été commise par le maire actuel en s’extirpant du syndicat intercommunal qui gère la ressource du Drac. Quelle action comptez-vous entreprendre pour rétablir ces relations ?

    Élie Cordier : Concernant l’approvisionnement en eau, le sujet est simple, c’est retrouver le chemin du dialogue. Aujourd’hui nous avons à Gap, préfecture des Hautes-Alpes, une ville qui ne parle plus aux élus du Champsaur pour des questions de mésentente personnelle et de discordes individuelles d’élus avec d’autres élus. Le problème, c’est que le territoire est perdant en la matière. L’eau est un bien commun, il est normal que chaque territoire défende ses intérêts mais il faut aussi avoir la capacité d’aller plus loin et de défendre les intérêts du territoire tout entier. Aujourd’hui l’insécurité de l’alimentation en eau potable qui pèse sur Gap est un réel problème dont nous n’avons d’ailleurs pas suffisamment conscience collectivement. On est passé plusieurs fois devant un risque majeur que la commune ne puisse plus être alimentée en eau potable. Je vous rappelle que la ville est une commune agricole, donc on a un double problème, l’approvisionnement en eau pour la population et pour les activités agricoles. Et moi, je voudrais relier le sujet des ressources, de l’approvisionnement en eau avec celui du réseau. Ce dernier a été confié par la majorité actuelle au privé, à Véolia, par le biais d’une délégation de service public de 12 ans. Confier un bien aussi précieux que la ressource en eau à une entreprise privée pour cette durée pose évidemment un problème de souveraineté pour la gestion de notre réseau pour les prochaines années. Or, l’enjeu actuel est que pour un litre d’eau potable à Gap, il y a entre 1 litre sur 3 et 1 litre sur 4 perdus au niveau du réseau. Il conviendrait donc de se réapproprier le réseau d’eau par une régie municipale. Nous faisons confiance à une gestion publique de l’eau, on parle de quelque chose qui n’a pas à être une prérogative du secteur privé, on parle d’un bien commun. La réappropriation du réseau d’eau par une régie municipale sera une priorité mais je ne peux le dire pour le prochain mandat car la commune est liée à Véolia pour les 12 prochaines années donc ce sera un enjeu à moyen, voire à long terme.

    la Culture

    Amélie Lambiel : En ce qui concerne la vie culturelle, quelles sont vos propositions ?

    Élie Cordier : Le projet phare en matière culturelle sur le prochain mandat, ce sera la création d’un pavillon de la culture et de la vie associative car il y a un manque aujourd’hui en termes d’espaces de travail, de répétition et de création pour les associations de la ville de Gap. Je rappelle que la ville de Gap comprend plusieurs centaines d’association, c’est une des villes les plus riches en matière de vie associative mais il faut la soutenir. Ce pavillon de la culture doit être un lieu de rencontre, de création et d’émulation entre différentes disciplines artistiques. Il faut également capitaliser sur l’existant pour l’amplifier et le rendre plus dynamique, cela passe par des subventions pluriannuelles pour donner plus de visibilité aux associations, par des facilitations d’accès aux salles municipales et par un soutien financier accru à nos infrastructures, notamment au Tempo, au Quatro et à la médiathèque. On a la chance d’avoir une scène nationale à Gap, il faut également la soutenir en terme financier et sur l’aspect des locaux. On a une salle de concert formidable qui pourrait accueillir encore plus de concerts si les moyens étaient au rendez-vous. On peut imaginer un festival des musiques du monde ; pourquoi ne pas imaginer un salon du livre thématique qui pourrait avoir lieu en fin de printemps. On a une cinémathèque d’images de montagne, un lieu unique en France qui réunit toutes les archives du cinéma de montagne sur des dizaines d’année, un patrimoine richissime en la matière que peu de Gapençais connaissent pour le moment. Donnons à cette infrastructure les moyens de travailler et œuvrons autour de l’identité culturelle du territoire. Nous sommes en effet un territoire carrefour, une ville au carrefour entre la montagne et la Provence, entre la France et l’Italie proche, un territoire qui ne sait pas vraiment se définir, il y a une identité de l’entre-deux, il faut donc mettre la création culturelle au cœur du territoire. La culture est menacée par la baisse des crédits alloués au niveau national et par une offensive réactionnaire qui se met en place au niveau mondial.

    la Sécurité

    Fatiha El Ouannassi : Pensez-vous renforcer la présence de la police municipale et des médiateurs à Gap ?

    Élie Cordier : Aujourd’hui l’immense majorité des moyens alloués par la commune pour la sécurité et la tranquillité publique sont mis dans des caméras vidéo. 500 caméras à ce jour, ce qui, après la ville de Nice fait de Gap le taux le plus élevé de caméras par habitant. Aujourd’hui on constate une démagogie totale qui consiste en une sécurité d’affichage puisque la majorité actuelle se targue d’installations massives de caméras, sauf, que le soir et le petit matin, personne n’est au centre de supervision urbain pour pouvoir intervenir à l’aide des caméras si besoin. Lors d’un cambriolage ou d’un délit routier, c’est bien beau d’avoir des caméras si personne n’est présent pour aiguiller ou aider sur les interventions. Donc, on pourra toujours réfléchir à des installations ponctuelles de vidéosurveillance là où cela paraît nécessaire mais la meilleure façon d’assurer la sécurité de nos concitoyens, c’est de mettre le paquet sur les moyens humains. Aujourd’hui, dans la ville de Gap les effectifs sont de 20 officiers municipaux, on a donc un taux dans la ville de Gap qui est plus faible que la moyenne nationale. Les policiers municipaux sont ceux qui sont le plus en capacité de faire le travail de lien avec la population, d’identifier les situations problématiques particulièrement dangereuses avant qu’elles ne dégénèrent en conflit et en délinquance. La police de proximité est le meilleur dispositif pour faire du lien et on peut bien sûr imaginer la présence de médiateurs dans les situations qui le nécessitent.

    les jO

    Michel Garcin : Concernant les Jeux olympiques de 2030, ici, à Gap, il n’y aura rien, les épreuves de patinage espérées auront lieu à Nice. Selon vous, quel sera l’impact des JO sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Si de l’argent olympique avait été attribué à la ville de Gap, il aurait dû aller aux infrastructures durables qui auraient pu bénéficier à la population dans le temps (des chantiers importants tels que la rocade de Gap ou celui d’un centre majeur à requalifier qui est le site de Gap Bayard. Aujourd’hui, ce ne sera pas le cas, c’est peut-être une opportunité ratée mais, en tout cas, il y a eu un attentisme et une passivité qui ne fait que des perdants. C’est-à-dire qu’on n’a pas la volonté de se dire qu’il y a peut-être des financements à aller chercher. Si demain, je suis élu maire de la ville de Gap, l’idée, c’est d’aller défendre les intérêts des Gapençais et des Gapençaises.

    Amélie Lambiel : On n’a pas d’épreuves des JO à Gap mais il va y avoir beaucoup de passages et de touristes. À ma connaissance, il n’y a qu’une ligne de bus et de train pour aller jusqu’à Briançon. La mairie peut-elle agir sur le sujet ?

    Élie Cordier : La mairie ne peut agir seule mais elle se doit d’agir. Actuellement, il n’y a aucune action mise en place par exemple, pour défendre la ligne de train Paris-Briançon qui est une infrastructure majeure de desserte de notre territoire au même titre que la rocade de Gap. Sur ces dossiers, les maîtres mots sont passivité, attentisme et absence de résultats. Encore une fois, la mairie ne peut pas tout faire, toute seule, mais si on ne se donne pas les moyens, tout au moins d’essayer d’obtenir des résultats, ce qui est certain c’est qu’on n’obtiendra rien. Je pense que, demain, il conviendra d’avoir une attitude combative. Un maire doit gérer les affaires de la commune mais aussi être capable de sortir de ses prérogatives strictes pour aller porter ses dossiers au niveau national, avoir une influence auprès des ministres, des élus nationaux, des instances comme SNCF Voyageurs ou autres pour défendre les intérêts de la commune. Tout le monde peut s’accorder à dire que le compte n’y est pas et que les résultats ne sont pas là. Demain, on ne peut pas promettre que nous arriverons à rétablir un train de nuit qui roulera de manière régulière et qui soit tous les jours à l’heure mais on s’engage sur le fait qu’on va tout faire pour améliorer la situation et se battre comme des beaux diables. Je crois qu’aujourd’hui, ce minimum-là n’est même pas atteint par l’équipe en place.

    Michel Garcin : Il semblerait que la municipalité actuelle soit enfermée dans un carcan, elle ne parle à personne sur le territoire et il apparaît que sur les dossiers importants on n’ait pas su mettre la ville de Gap en avant ?

    Élie Cordier : Et cela, surtout, pour des questions de conflit personnel, le problème est là. Quand on représente une collectivité territoriale, on ne se représente pas soi-même, on représente l’ensemble d’un territoire, l’ensemble d’une population. La personne de l’élu, son identité propre doivent passer au second plan. Dans cette situation, Gap est largement pénalisée, sur de nombreux sujets. Avec la mairie actuelle, nous constatons une absence d’anticipation en matière d’infrastructures, une passivité et des questions de conflits même avec des élus à la tête d’autres collectivités territoriales, de sorte que Gap est aujourd’hui paralysée. Ce qui manque encore une fois, aujourd’hui, c’est une volonté d’avoir ce travail d’hyperactivité politique pour travailler au désenclavement de Gap et de manière plus générale des Hautes-Alpes et Alpes du Sud. C’est un enjeu d’égalité d’accès aux services publics et entre les territoires.

    Focus sur les lecteurs

    Amélie Lambiel, jeune diplômée, en recherche d’emploi

    Michel Garcin, retraité, engagé sur les sujets santé et environnement

    Fatiha El Ouannassi, fonctionnaire en activité

    Jacqueline Amouriq, retraitée, bénévole dans le domaine des solidarités