Tag: Municipales

  • Auriol en commun veut maîtriser le développement de la commune

    Auriol en commun veut maîtriser le développement de la commune

    « À Auriol on paie chaque jour l’incohérence totale de l’aménagement du territoire », observe un homme dans le public.

    Il s’agit de Thierry Fabre, un des 33 colistiers de la liste Auriol en commun. Celle-ci, emmenée par André-Pierre Dufresne, 35 ans, se retrouve « autour des valeurs républicaines et laïques qui feront d’Auriol une ville citoyenne, solidaire et durable ». Un peu avant, Bruno Mathieu, également sur la liste, a lui aussi constaté : « Auriol s’est développée trop rapidement, sans cohérence. Des quartiers se sentent déconnectés. » Aujourd’hui ville de 14 000 habitants, Auriol en comptait 9 005 en 2000, et 3 000 en 1968. « Il faut arriver à conjuguer vitalité économique et maîtrise de l’urbanisme », a-t-il prôné. L’équipe s’engage à « sensibiliser les habitants à la fragilité de la ressource en eau, réduire les fuites sur les réseaux. » Pour « l’Huveaune, nous souhaitons entretenir, curer le réseau pluvial, et éviter que la rivière ne s’assèche l’été ».

    Tarification sociale

    À ce respect de l’environnement, s’ajoute l’impératif social. C’est un des chevaux de bataille de Pascale Fréchet. Dans une commune où il y avait 9% de chômeurs en 2023, où vivent « 550 familles monoparentales », la liste citoyenne de sensibilité progressiste veut par exemple instaurer « une tarification sociale pour la cantine, l’accès à la culture. Nous voudrions créer un centre municipal de santé, car Auriol compte 10 médecins, il en faudrait 17 pour une ville comme la nôtre. » L’équipe entend augmenter le nombre de logements sociaux, mettre en place des « loyers solidaires ». « Il faut renforcer le rôle du centre communal d’action sociale et ses moyens », poursuit la colistière. Auriol en commun veut également mettre les crèches en régie publique. La liste prévoit de nouveaux équipements sportifs. Elle veut agir dans le sens d’un accès à la culture « égal et égalitaire ». Elle envisage « une bibliothèque itinérante ». Mais aussi « un grand festival qui mette en valeur notre patrimoine exceptionnel », a détaillé Jean-Philippe Gros, colistier. La jeunesse sera placée « au cœur de nos projets », a-t-il également promis.

  • Un militant communiste agressé à Port-de-Bouc

    Un militant communiste agressé à Port-de-Bouc

    Drôle d’ambiance à Port-de-Bouc où l’élection se déroulera dans 15 jours en un seul tour. Une seule liste est en effet face au maire sortant, le communiste Laurent Belsola élu en 2020 dès le premier tour. Celle de Pascal Spanu, candidat sous l’étiquette RPR, mouvement fondé par le député RN et désormais candidat à la mairie de Marseille Franck Allisio et Éric Le Dissès maire divers droite de Marignane. La tension de la campagne électorale est encore montée d’un cran ce mardi. Un militant de la section de Port-de-Bouc du Parti communiste français a été agressé dans l’après-midi par l’équipe d’affichage de Pascal Spanu. Il a été transporté aux Urgences. Affichant 5 jours d’ITT, la victime a porté plainte.

    Dans un communiqué, le PCF de Port de Bouc a condamné cet acte de violence. « Dans notre République, les élections sont l’occasion de confronter des idées, un programme et une vision de la société dans le cadre d’un débat démocratique et de pratiques respectueuses de l’intégrité physique et morale des tous et toutes », souligne-t-il.

    Estimant que « cet acte de violence rappelle les pratiques peu glorieuses de l’extrême droite avec laquelle le candidat est associé », le PCF souligne que « cet élu de la République qui se fait le pourfendeur des incivilités et le chantre de l’ordre ne se prive pas de s’entourer de voyous pour mener sa campagne ». Refusant de ce laisser intimider, les communistes affirment qu’ils « continueront à porter, à défendre et faire grandir les valeurs de solidarité, d’égalité, de justice et de paix » aux côtés de Laurent Belsola et ses colistiers.

    Contactée, l’équipe de Pierre Spanu conteste les faits et affirme que « c’est un de nos colleurs qui a été agressé » et qu’une « plainte serait déposée » avant d’annoncer l’envoi d’un communiqué finalement reporté à mercredi.

  • Pays d’Aix : le demi-échangeur, un thème de campagne majeur

    Pays d’Aix : le demi-échangeur, un thème de campagne majeur

    Le sujet s’invite chez tous les candidats de Bouc-Bel Air et de Cabriès, quel que soit le parti. Le projet de demi-échangeur de la Croix d’Or, révélé dans le PLUi de 2024, est inscrit dans la section de Bouc-Bel-Air, au sein de l’orientation d’aménagement et de programmation (OAP) de San Baquis Est, qui en prévoit la réalisation. Objectif affiché, désengorger le secteur des Trois Pigeons en créant une sortie de l’A51 depuis Marseille, au niveau de Décathlon, vers Bouc-Bel-Air et rediriger une partie du trafic vers la RD60 en direction de Cabriès. En janvier déjà, Mathieu Piétri, maire de la commune boucaine et Amapola Ventron, maire de Cabriès, tous deux candidats à leur réélection, s’opposaient, d’une même voix, « fermement et définitivement », estimant qu’il « n’apporte aucune réponse adaptée » à la saturation routière. Le premier indiquait avoir « saisi la Métropole et le Département pour demander la suppression, au sein du (PLUi), des Emplacements Réservés et de l’OAP sectorielle San Baquis-Est ». La seconde indiquait avoir « saisi le département pour réitérer cette demande de retrait en novembre dernier ».

    Un recours déposé

    Selon l’entourage de Mathieu Piétri, à ce stade, il n’y a « aucune chance que cet échangeur se fasse, car deux maires ont écrit à la Métropole et au Département ». « Le Département m’a confirmé, le mois dernier, avoir acté notre opposition et sur la prochaine modification du PLUi, nous avons donc émis notre proposition à nouveau. Le Département portera notre opposition sur la prochaine modification du PLUi », assure de son côté Amapola Ventron. Pourtant, pour Mehdi Medjati, candidat sur Cabriès, « il n’y a que deux manières d’obtenir l’annulation de ce demi-échangeur : une annulation judiciaire, ou une révision du PLUi qui porterait précisément sur l’OAP San Baquis. À ce stade, nous n’avons ni l’une ni l’autre ». Un recours contentieux, toujours en cours, a été déposé par la voix d’une association que préside ce dernier. Parmi les candidats boucains, les solutions alternatives et avis fusent. « Je défends l’idée d’une passerelle qui enjambe le carrefour des Trois Pigeons pour aller directement dans le Pôle d’Activités, au niveau de l’Arena », propose Bruno Aubry. Quand Mathieu Morateur estime qu’en l’état « le projet est un leurre » et que la priorité doit aller au réaménagement du rond-point des Trois Pigeons. Le demi -échangeur n’aurait d’intérêt que s’il ne sert plus de délestage, mais « essentiellement au service des riverains ». Pour Hervé Plisson, « tant que le problème des Trois Pigeons n’est pas résolu de manière sérieuse, c’est inacceptable de faire une sortie à la Croix d’Or. »

  • À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    Tania Teixier assure que c’est possible, « puisque les finances de la Ville sont très saines ». La candidate, qui porte une liste sans étiquette face à la maire sortante Séverine Dellanegra, annonce qu’en cas de victoire, elle baissera le taux de taxe foncière. « C’est le seul levier que nous avons pour redonner du pouvoir d’achat aux habitants, et vraiment, on a tous des problèmes à ce niveau-là », affirme la fille de l’ancien maire.

    Aujourd’hui, cette taxe s’élève à 41,41%. À titre de comparaison, pour des communes qui font sensiblement la même taille, elle est de 41,55% à Fos-sur-Mer, 48,65% à Port-de-Bouc et 44,02% à Berre-l’Étang. « Je ne veux pas m’avancer sur des chiffres, mais la baisse sera effective dès notre arrivée », affirme-t-elle.

    « On a une épargne de gestion et une capacité de désendettement qui sont au vert. Mais au-delà de ça, on fera des économies de marge. Je vais baisser les indemnités des élus, revenir à l’indemnité du maire précédent, c’est-à-dire la diminuer de plus de 21%. »

    Tania Teixier veut aussi réduire le budget de communication de la municipalité et réduire la consommation énergétique des bâtiments communaux. Sur ce dernier point, la candidate assure : « Ça va arriver assez rapidement, on pourra avoir des subventions à hauteur de 80% puisque la transition écologique est mise en avant est fait partie des critères premiers du Département comme de la Région, mais on va aussi réorganiser notre gestion de ces bâtiments communaux, ils vont être moins utilisés que ce qu’ils le sont actuellement. » Cette mutualisation se fera « sans pénaliser personne », promet-elle.

  • Josée Massi donnée gagnante à Toulon face au RN

    Josée Massi donnée gagnante à Toulon face au RN

    C’est sûr que du côté de l’écurie Bonnus on doit faire grise mine au regard des résultats du sondage exclusif Elabe/BFMTV/Var-Matin qui ont été rendus publics lundi à 17h30. Après avoir fanfaronné la semaine dernière avec une étude commandée par leurs soins et des « résultats maisons » pas très sérieux, force est de constater que les données statistiques indépendantes mesurées par Elabe donnent incontestablement la maire sortante Josée Massi (SE) (27%) bien devant le sénateur LR (14%) au premier tour. Ce dernier retrouvant plus ou moins son score d’avant l’opération gonflette. De quoi discrédité encore un peu plus le pack Bonnus-Falco, très offensif certes, mais manquant quelque peu de panache avec la distribution de mauvais coups. En tout cas, force est de constater que ne joue pas les influenceurs qui veut ! Puisque c’était de toute évidence le but recherché par l’opération de l’équipe. Cela étant dit le match est loin d’être encore joué puisque même si Josée Massi est donnée gagnante au second tour en cas de duel avec la candidate RN Lavalette, avec 53% contre 47%, cette dernière arrive largement en tête au premier tour avec 41%. La maire sortante continue donc à jouer, c’est sa signature, la carte de l’humilité en rappelant à ses troupes que « les sondages ne font pas l’élection ». La consigne étant donc de rester concentré. Ces résultats étant « un encouragement à poursuivre la dynamique engagée et à continuer de convaincre ».

    La liste de rassemblement de la gauche Toulon en Commun menée par Magali Brunel est donnée à 12% (6% pour LFI).

    « Les résultats du sondage sont une photographie à un moment donné et ne préjugent pas des résultats définitifs », réagit-elle. En notant tout de même que « les sondages indépendants sont incertains mais beaucoup moins que les sondages payés par un candidat ». Le collectif invite également l’électorat de gauche à mesurer les enjeux et à voter pour la liste Magali Brunel de rassemblement des progressistes pour être efficace, plutôt que de s’éparpiller.

  • La tournée « Salam, Shalom, Salut » fait étape à Marseille

    La tournée « Salam, Shalom, Salut » fait étape à Marseille

    Face à la hausse des actes racistes ou antisémites, et les discriminations raciales persistantes, l’association pose des engagements concrets. Un corpus de 16 mesures autour de six volets.

    Dans la balance, côté administration, une composition de listes reflétant la diversité, une formation des élus et des agents, la désignation d’un délégué aux discriminations et d’un référent municipal, ou la mise en place de politiques antidiscriminatoires dans les marchés publics. Au menu aussi, la lutte contre les discriminations dans le logement, l’emploi et les loisirs via des testings et des audits.

    SOS Racisme défend le récépissé de contrôle en matière de police de proximité, prône un soutien renforcé aux associations culturelles et sportives, et la nomination de lieux publics valorisant la diversité. Elle exige surtout une « clarté totale » face à l’extrême droite, excluant toute alliance ou reprise de ses thématiques.

    L’interpellation a été envoyée la semaine dernière aux principaux candidats de l’arc républicain. Les listes de la France insoumise, de Martine Vassal et d’Erwan Davoux, n’ont pas répondu. La seule réponse est venue du Printemps marseillais et elle répond à la plupart des mesures proposées.

    L’ensemble des réponses sera présenté le 7 mars, lors d’une soirée antiraciste, organisée au CAL des Carmes (2e). Une des dernières étapes de la tournée nationale « Salam, Shalom, Salut » qui réunit une trentaine de jeunes venus de toute la France, de milieux et de cultures différents, pour partager leur expérience et leur parcours personnel. L’objectif du programme est de « recréer des espaces de discussion, de débats et de travail, débarrassés des représentations essentialisantes » afin de « produire un récit commun et de restaurer les liens entre les individus ».

    Lancé en 2018, le « projet 3S » prend une couleur particulière à Marseille ou l’extrême droite est au coude à coude avec Benoît Payan, le maire (DVG) sortant. La soirée sera ponctuée d’un « repas interculturel » et d’une prise parole des jeunes et d’un set DJ festif. Ce mercredi, une convention de partenariat sera signée avec Aix-Marseille Université. Elle prévoit l’organisation d’expositions, conférences et formation du personnel.

    Jeudi, après une rencontre avec les lycéens de Victor Hugo, les jeunes de 3S participeront au vernissage de l’expo « Regarde nous » à la fac Canebière suivie d’une conférence avec Dominique Sopo, président national de SOS Racisme. Vendredi, un repas à la cantine solidaire « La marmite joyeuse », une rencontre avec les Guerrières de la paix et une visite au centre social Del Rio sont prévus.

  • Sylvain Souvestre fait de la surenchère sécuritaire à Marseille

    Sylvain Souvestre fait de la surenchère sécuritaire à Marseille

    L’élu a d’entrée de jeu blâmé « l’abandon du secteur par Benoît Payan pendant six ans », le mettant dos à dos avec le RN, qu’il accuse d’« incompétence ». Sylvain Souvestre s’est félicité des actions menées par ses équipes dans son secteur, observant la « réalisation d’un grand nombre de travaux avec un grand nombre de satisfactions ».

    Sécurité et proximité

    Si peu de nouveaux projets ont été présentés, le maire sortant a réaffirmé ses lignes de conduite, faisant de la sécurité une « priorité ». Il a annoncé sa volonté de poursuivre des mesures engagées durant le dernier mandat, avec l’installation de « 185 caméras » dans les rues, « l’éviction du squat de la Valentine » et la création de « stationnements intelligents ».

    Valérie Boyer, arrivée à la fin de la conférence, a souligné l’importance de « la sécurité, qui est la première pierre que l’on doit mettre dans cet édifice de reconstruction de Marseille ».

    Le maire des 11-12 a insisté être candidat à « une élection locale, pas nationale », ayant pour préoccupation « le quotidien des habitants ». Il a déclaré avoir « déjà obtenu la prolongation du tramway des Caillols jusqu’à la Valentine et à la Barasse », et a promis « la rénovation immédiate de la piscine de la Bombardière », sa priorité dans la rénovation des équipements publics. La sécurité se jouera aussi aux abords des écoles, qu’il a déclaré vouloir « sécuriser » par « l’installation de barrières ».

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    Municipales de Marseille, listes, programme, soutiens, priorités…

  • Un mandat de plus pour Frédéric Lacas à Sérignan ?

    Un mandat de plus pour Frédéric Lacas à Sérignan ?

    Installé confortablement dans le fauteuil de maire depuis 2008 à Sérignan, Frédéric Lacas (DVD) espère décrocher un quatrième mandat dans cette commune biterroise de près de 8 500 habitants. Un projet s’inscrivant dans la continuité. « Depuis 2008, nous avons fait pas mal de choses pour le bien-vivre, porter l’humanisme. Nous ne faisons pas de la politique politicienne mais ce qu’attendent les habitants : encadrer la jeunesse en créant une crèche, mettre de la sécurité », soutient Frédéric Lacas. Le maire sortant annonce néanmoins la couleur : « Nous allons continuer mais dans une gestion raisonnée car l’État, les collectivités se désengagent de plus en plus. On connaît la situation financière de notre France. » Au risque d’opérer différents arbitrages en fonction des projets. La pierre angulaire de Frédéric Lacas est l’attractivité du cœur de ville. En ce sens, le candidat entend favoriser le commerce – en créant notamment des places de stationnement gratuites – développer le tourisme ou encore créer une salle des fêtes.

    L’attractivité de la ville est aussi une priorité pour Raphaël Arnaud, responsable technique chez Enedis et seul autre candidat (SE) en lice. « Il faut agir au niveau du centre qui est en train de mourir. Il n’y a pas eu d’actions particulières par rapport à la rénovation, l’habitat indigne, etc. », insiste celui qui était déjà présent en 2020 sur la liste de Yannick Benezech. Reprochant à Frédéric Lacas un manque d’écoute, Raphaël Arnaud promet de « mettre en place les outils de gestion financière devant conduire à une réduction d’impôt pour la part communale ». Un autre enjeu pour le candidat est le devenir du quartier de la Galine, actuellement sous tutelle de l’État. « Il faut apporter des services à ce quartier qui s’est développé à vitesse grand V. La commune l’a subi mais il n’y a pas eu d’aménagements particuliers pour le cadre de vie », regrette Raphaël Arnaud. Un état des lieux partagé par le maire sortant. « Il va falloir le réorganiser. On voudrait faire sorte qu’il y ait des équipements publics, des espaces de jeux, végétaliser au maximum », énumère Frédéric Lacas. Aux Sérignanais de trancher.

  • [Entretien] Michaël Delafosse : « Faire de la ville de Montpellier une locomotive de l’emploi  »

    [Entretien] Michaël Delafosse : « Faire de la ville de Montpellier une locomotive de l’emploi  »

    La Marseillaise : Vous avez gagné en 2020 en tant qu’outsider. Êtes-vous confiant dans le rôle du favori ?

    Michaël Delafosse : J’ai l’expérience du maire mais je vis la campagne avec la même exigence qu’en 2020. On a fait 12 réunions publiques, on aura un meeting de clôture, on n’esquive aucun débat. Certains ont les moyens de se payer des sondages, il ne faut pas s’y fier, ils sont aussi des outils de manipulation de l’opinion. Le meilleur sondage, c’est d’aller à la rencontre des habitants, de se nourrir des discussions.

    Vos 10 opposants vous décrivent comme macroniste, décidant seul, l’incarnation du système PS ayant endetté la Ville…

    M.D. : L’institut Montaigne nous classe comme 2e ville la mieux gérée de France avec une situation financière qui s’est améliorée depuis 2019. Je regrette l’absence de rigueur dans l’opposition. Le tramway est un investissement pour 50 ans au moins et la rénovation des écoles, on ne pouvait pas attendre. Roosevelt a eu raison de faire le New Deal, les USA en bénéficient. Certains opposants n’ont même pas siégé [Mohed Altrad, Ndlr]. Je décide avec le conseil municipal et de Métropole avec 30 autres maires avec qui je ne me suis pas fâché. C’était ma promesse de gouvernance apaisée. LFI est dans la caricature. Je serais macroniste parce que j’ai accueilli le Président de la République ou François Bayrou ? Quand on est de gauche, on défend la laïcité, la liberté de conscience. Je dois à Mélenchon mes convictions laïques, lui a évolué sur le sujet. J’observe que LFI n’a qu’une seule cible, c’est la gauche. Ils se sont opposés à la gratuité des transports, à la résorption du bidonville de Celleneuve. Leur tract n’est pas pour Montpellier c’est contre ce que nous faisons. Ce sont des caricatures, on voit bien que madame Oziol ne veut pas être maire de Montpellier. Elle est là à d’autres fins, pour financer plus de permanents pour son parti ou autre.

    Georges Frêche voulait développer la ville vers la mer. Quelle est votre vision de la métropole ?

    M.D. : J’entends agir sur toutes les échelles. Président de la Métropole, je serai très actif pour poursuivre les coopérations avec nos voisins, quelle que soit leur couleur politique. C’est l’intérêt général qui doit primer. Je veux qu’on traite à égale dignité chaque quartier. D’où mon ambition à la Mosson avec l’Anru pour réaménager. C’est aussi un enjeu à l’échelle métropolitaine. Les habitants avenue de la Justice de Castelnau ont des voitures venant du Crès et de Vendargues. D’où le développement du bustram. Pareil sur l’avenue de Toulouse avec du trafic depuis Pignan. D’où le contournement routier ouest…

    Montpellier gagne 4 000 habitants par an. Est-ce soutenable ?

    M.D. : On ne peut pas être la seule ville qui accueille la croissance démographique. Il faut la répartir. On travaille avec Sète, Lunel et Lodève. Il y a un enjeu de rééquilibrage du territoire. Cela passe par le Service Express régional métropolitain (Serm) avec des car express, les coopérations économiques, l’offre de santé. Je défends l’étoile ferroviaire mais ce sera cher et long alors que la LGV va cadencer le TER pour les travailleurs. Je suis abasourdi de voir que madame Oziol ne veuille pas améliorer le train du quotidien. Je dis aussi que le tramway doit sortir de la métropole par le Sud. Les habitants de Mauguio-Carnon galèrent dans les embouteillages.

    Donc la 5e ligne de tramway n’a pas sifflé la fin des grands chantiers ?

    M.D. : Pour des raisons financières, il n’y aura pas de 6e ligne dans le mandat. Mais il nous reste 4 lignes de bustram à finir d’ici 2032. Et on fera sortir le tramway vers le port de Carnon ou l’aéroport. On verra avec leur prochain maire. Le rôle du maire c’est de voir loin pour agir juste.

    Vous voulez créer 30 000 emplois. Comment comptez-vous faire ?

    M.D. : Quand vous connectez la gare Sud de France au tramway, quand vous vous équipez de la plus grande centrale géothermie de France, quand vous adoptez un Plan local d’urbanisme intercommunal avec 350 hectares réservés aux entreprises, vous créez des conditions favorables pour attirer des entreprises comme Cykero, dans les jeux vidéo, les studios de cinéma, la bioproduction de médicaments, le tourisme… Nous devons être attractifs et répartir les entreprises dans la métropole. Dans une France des procédures qui dévore la France des projets, Montpellier doit être une locomotive de l’emploi.

    Que peut vraiment faire un maire contre le narcotrafic, ce fléau ?

    M.D. : D’abord ne pas faire l’autruche, ne pas dire comme mon prédécesseur, la sécurité c’est l’État. Le narcotrafic nécessite la mobilisation de tous. J’ai eu des engagements forts qui m’ont valu d’être menacé. Les condamnés pour deal ont été expulsés de leur logement social. Je mène un combat contre les vitrines du narcotrafic que sont les épiceries de nuit. L’immense majorité sont des lessiveuses. Notre arrêté renforce les pouvoirs du préfet et du maire. Ensuite on va ajouter 100 policiers municipaux et doubler les caméras (1 000 au total). On fera des campagnes de prévention de santé contre la cocaïne, on sera aussi aux côtés de la Protection judiciaire de la jeunesse.

    Vous avez reconnu un « fiasco » sur les déchets. La chaudière CSR décriée est-elle la seule solution ?

    M.D. : C’est la solution validée par tous les maires et préconisée par l’agence de l’énergie (Ademe) que l’extrême droite veut faire fermer. Il y a un CSR en plein milieu de Copenhague. On va faire le nôtre à Ametyst à 45 mètres de l’autoroute. On sera très vigilant sur la qualité de l’air. Si on ne fait rien, les feuilles d’impôt vont exploser pour exporter par camions nos déchets dont plus personne ne veut. J’observe que le maire EELV de Lyon n’a pas fermé son incinérateur. On doit être à fond sur le tri et avec les 40 000 tonnes qui restent nous produiront de l’énergie qui fera baisser la facture de 20 000 ménages et la taxe des ordures ménagères de 10%. Je reconnais mon erreur de ne pas avoir mesuré la gravité de la situation. On fera une concertation.

    Comptez-vous peser à la présidentielle face au danger RN ?

    M.D. : Mon seul adversaire dans cette campagne c’est l’extrême droite. Ceux qui se réclament de gauche, je suis frappé par l’énergie qu’ils mettent à essayer de l’affaiblir. Je crois que ce que nous défendons à Montpellier peut être inspirant, que la question écologique doit toujours être liée à la question sociale : c’est l’exemple de la gratuité des transports. Nous devons être des combattants indéfectibles de la culture et du sport pour tous… Je serai dans le débat national. Je suis frappé qu’il soit aussi coupé des réalités vécues par les gens. Il faut donner de la force à nos services publics. L’École et l’Hôpital public doivent être plus efficaces. Je prendrai la parole sur ces sujets après les municipales.