Tag: Municipales

  • À Avignon, des associations toujours inquiètes

    À Avignon, des associations toujours inquiètes

    Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.

    Bouton d’alerte et lutte contre

    les discriminations

    « Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »

    Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.

  • Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Épinglé mauvaise élève en matière de droits des femmes par le rapport d’Oxfam, la municipalité toulonnaise ne dispose d’aucun adjoint chargé de l’égalité pas plus que de délégation. Or, dans le cadre de la campagne, la présence des femmes en tête de liste atteint des sommets avec 4 sur les 6 principales emmenées par des candidates.

    En lice, Magali Brunel (PS) pour une liste d’union à gauche, Josée Massi (DVD), maire sortante, Isaline Cornil (LFI) et Laure Lavalette pour l’extrême droite, avec des programmes diamétralement opposés en matière de droits des femmes et d’égalité. La première souhaitant justement mettre en place une délégation, augmenter le budget alloué à un planning familial en grande difficulté car confronté à une baisse de subvention qui met en péril 40% de ses lieux d’accueil (notamment dans la Provence verte). Magali Brunel promet aussi un soutien financier au CIDDF (Centres d’information sur les droits des femmes et des familles).

    L’insoumise Isaline Cornil dénonce elle aussi les coupes budgétaires, estimant que les droits des femmes passe par le maintien des services publics de santé de proximité. Elle propose un accompagnement social renforcé et un soutien aux associations locales qui œuvrent en la matière.

    À droite, Josée Massi résume elle la question à la petite enfance, l’aide aux familles et à l’accompagnement social. Elle entend également mettre le paquet sur la « tranquillité publique » pour permettre aux femmes d’occuper l’espace public.

    Engagée dans les mouvements pro-vie, la députée RN Laure Lavalette a elle voté contre l’inscription du droit à l’IVG dans la constitution en 2022 et prévoit de confier en cas de victoire à Mélanie Auzoux, Miss Var 2025, la vie étudiante, de la jeunesse et des droits des femmes.

    Plus de féminicides

    dans le Var qu’ailleurs

    Plus largement, dans un département particulièrement touché par les féminicides, avec des chiffres 7 fois et demie plus importants que dans le reste de la France en 2024 s’inquiétait dans nos colonnes la directrice générale de l’association AFL-Transition et 5 070 victimes de violences intrafamiliales dont 75 % des femmes en 2025, la question reste cruciale.

    Des maisons des femmes santé ont vu le jour, dont une à Toulon en janvier 2024 après celle de la Seyne en 2021. Plus d’une centaine de femmes ayant été accueillies sur les sites de Sainte-Musse et de l’hôpital George Sand. Deux maisons de protection des familles (MPF) ont également été créées à La Valette et à Draguignan, plus de 1 700 policiers et gendarmes ont été formés à l’accueil des victimes de violences intrafamiliales dans le Var.

  • À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    C’est au théâtre du Rouge-Gorge que Raquel Garrido et Alexis Corbière ont conclu, ce jeudi, leur après-midi avignonnais sur une note culturelle. La porte-parole nationale de l’Après (Alliance pour la République écologique et sociale) et le député de Seine-Saint-Denis sont venus soutenir la « liste d’union » de David Fournier (PS). Mais dans une culture précédente, ils auraient certainement été en appui de Mathilde Louvain (LFI). Oui mais voilà, ces deux anciennes figures de la France insoumise ont pris leurs distances avec le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon.

    « Je ne connaissais pas David, je fonctionne à l’intuition, c’est une belle personne, cela s’est vu dans sa capacité à fédérer », flatte Raquel Garrido à destination du candidat, qui a investi trois militants de l’Après sur sa liste (Marie-Anne Bertrand, Jean-Luc Fauche et Méliades Bey). « Le courant est très rapidement passé entre nous, c’était évident de travailler ensemble », salue David Fournier. L’un des fondements de l’Après réside dans l’union à gauche et met en place une primaire en vue de la présidentielle.

    Mettre LFI « à moins de 10% »

    L’heure est d’abord aux municipales. « Il faut encourager l’union et décourager les esprits solitaires que LFI a mis en œuvre. Les électeurs de gauche, et particulier ceux qui croient au programme de l’avenir en commun, doivent sanctionner cette stratégie et mettre les listes LFI à moins de 10% de façon à envoyer un message à la direction insoumise vers l’union, que la conduite récente de Jean-Luc Mélenchon rend difficile », estime Raquel Garrido. Et laisse ensuite à l’appréciation locale de jauger un éventuel rapprochement au second tour.

    Alexis Corbière se pose en défenseur de l’esprit « joyeux et efficace » du Nouveau front populaire, qui lors des législatives de 2024, avait permis de placer la gauche en tête et damner le pion au RN. « Si David gagne, c’est l’union et pas que le PS », insiste le parlementaire. Qui voit dans les municipales, le coup d’après de la présidentielle. « C’est le moment d’arrêter la division, la lecture des municipales doit être éclairante pour la suite. Dans beaucoup de villes, les listes d’unions seront devant et cela fera passer un message pour la présidentielle », prédit Alexis Corbière.

  • Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Transports, services publics, équipements culturels et sportifs, propreté… Le candidat du Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements et adjoint à l’Éducation, Pierre Huguet (G.s), a présenté ce jeudi 5 mars un programme étoffé pour le secteur. L’idée générale : faire de ces quartiers éloignés du centre-ville des lieux de vie à part entière. D’abord en les desservant avec des transports en commun dignes de ce nom.

    En poussant notamment le tram plus au sud et à l’est. « C’est plus facile qu’un métro dont la Métropole n’a pas les moyens » estime Nicolas Hue (G.s), président du comité des usagers des transports marseillais et colistier. « Cela permet aussi de requalifier l’espace, quand c’est bien pensé », ajoute Pierre Huguet, qui imagine un parking relais à l’entrée de Saint-Loup. L’extension réalisée à La Gaye « n’a pas de sens, personne n’habite là, alors qu’au départ, la ligne devait desservir Dromel et la Rouvière, là, on a 7 300 personnes », analyse Sophie Guérard (DVG), adjointe au maire déléguée à la place de l’enfant dans la ville et colistière. Le réseau de bus serait revu. « Dans le 10e, c’est une catastrophe avec une seule ligne, le 18 », déplore Pierre Huguet. Pour mieux partager l’espace public, de vraies pistes cyclables, étanches au reste de la circulation, seraient construites.

    Des projets pour créer du lien social

    Côté équipements, dans le prolongement du travail mené lors de la première mandature sur la petite enfance, le Printemps veut ouvrir une grande médiathèque à Vallon-Régny, une bibliothèque à la Cayolle et une à Pont-de-Vivaux, dans un secteur totalement dépourvu. L’église Saint-Maurice pourrait devenir aussi un espace culturel. « On a réussi à la sauver, on veut en faire un projet en faveur du quartier », assure la tête de liste.

    Il entend accélérer sur le volet sportif en réhabilitant la piscine de Luminy, dossier déjà voté au conseil municipal. Sujet sur lequel la majorité sortante se sait attendue. « On a mis le paquet sur le savoir nager, pour les CP et CE1, mais on ne peut pas tout faire en un mandat », argue-t-il.

    Enfin, pour mieux vivre la ville et la préparer aux effets accrus du changement climatique, l’Huveaune serait aménagée de Saint-Marcel à la mer. Bref, tout pour créer du lien quand les citoyens peuvent se sentir relégués, un sentiment sur lequel s’appuie l’extrême droite, rappelle Nicolas Hue. « On ne demande pas aux habitants des 9-10 de voter contre le RN, mais pour un projet qui protège, rassemble et prépare l’avenir », conclut Pierre Huguet, paraphrasant volontiers Benoît Payan.

  • [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la situation nîmoise ?

    Philippe Pujol : Je ne suis pas un spécialiste de Nîmes, mais on observe ici ce qui s’est passé à Marseille il y a quinze ans. Le narcotrafic n’est jamais un phénomène isolé : c’est le symptôme d’un problème de société. On vit dans des sociétés de performance qui poussent vers la cocaïne et, en parallèle, dans des sociétés du mal-être qui favorisent la consommation de cannabis. Ensuite, quand les institutions n’arrivent pas à réduire les inégalités sociales, économiques ou culturelles, les trafiquants exploitent ces failles. Quand un trafic apparaît quelque part, c’est le signe qu’il y a eu pendant des décennies une faiblesse des politiques publiques.

    La guerre entre réseaux a marqué l’actualité nîmoise…

    P.P. : Le conflit a opposé des réseaux locaux, qui ont ponctuellement sollicité un appui logistique à Marseille. Mais à Nîmes, les trafics restent essentiellement gérés par des acteurs locaux. Les réseaux naissent localement : ce sont souvent des enfants du quartier qui se retrouvent là parce que les conditions sociales et politiques l’ont permis. On parle souvent d’abandon des quartiers, mais je dirais qu’il y a aussi une exploitation politique de la misère. Quand les quartiers populaires votent peu, ils sont délaissés, voire utilisés par des systèmes clientélistes. C’est un terreau pour la délinquance.

    Qui sont réellement les acteurs du trafic de drogue ?

    P.P. : Les gens imaginent des armées de trafiquants qui gagnent énormément d’argent. En réalité, les vrais chefs sont très peu nombreux. À Marseille, j’en compte environ 150. À Nîmes, il y en a peut-être une dizaine. Les autres sont des jeunes exploités : guetteurs, revendeurs, petits bras du réseau. On leur fait croire qu’ils vont gagner de l’argent, mais ils finissent souvent endettés, en prison ou blessés. Le trafic fonctionne comme un système d’exploitation. Les plus puissants sont peu visibles, tandis que ceux qu’on voit dans la rue sont les plus vulnérables.

    Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ?

    P.P. : La répression seule ne peut suffire. Bien sûr, il faut une police judiciaire forte pour viser les têtes de réseau, et ça relève de l’État. Au niveau municipal, la priorité est la tranquillité et la prévention. Recréer du lien entre la police et les habitants, repérer très tôt les situations de vulnérabilité et agir socialement. Aujourd’hui, on attend que les problèmes arrivent pour les dénoncer politiquement ou médiatiquement. Il faudrait au contraire intervenir très tôt, parfois dès l’enfance, pour éviter que certains jeunes basculent.

    Que pensez-vous des propositions portées par Nîmes en commun ?

    P.P. : Ce que j’ai entendu va plutôt dans le sens d’une police de proximité et d’un travail de terrain, donc oui. Une police municipale doit d’abord être une police de tranquillité publique : gérer les conflits de voisinage, recueillir de l’information. La lutte contre le narcotrafic relève de la police nationale et de la justice. Si on donne trop de pouvoir sécuritaire aux polices municipales, on prend aussi un risque politique, parce qu’elles dépendent directement des maires. Mais une police de proximité formée, qui circule dans les quartiers et dialogue avec les habitants, est utile.

    Quelles priorités pour Nîmes ?

    P.P. : La santé mentale, puis la réduction des inégalités. Cela passe par l’équité : donner davantage à ceux qui ont le moins de chances. Il faut identifier les jeunes vulnérables et agir très tôt. Le maire a des leviers importants, notamment à travers les politiques sociales, le soutien aux associations et l’urbanisme. Les choix en matière de logement ou de permis de construire influencent directement la mixité sociale et la formation de ghettos. Si on veut une ville plus sûre, il faut d’abord une ville plus juste.

  • [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    [Campagne électorale] Les réseaux sociaux : outils essentiels, miroirs déformants

    Un maire sortant (Michaël Delafosse) qui multiplie les selfies. Un milliardaire (Mohed Altrad) qui se fait filmer façon Trump à manger des frites dans un fast-food. Un humoriste (Rémi Gaillard) qui empile les projets délirants (stade-parc, zoologramme…) générés à base d’intelligence artificielle. Un ancien édile (Philippe Saurel) qui se met en scène en boxant dans un clip pour déclarer sa candidature… Six ans après avoir hérité du titre « plus folle de France », la campagne 2026 à Montpellier illustre le virage pris par la politique. « Les réseaux sociaux sont devenus incontournables dans la communication politique », résume le politiste montpelliérain Romain Fargier. « En être absent aujourd’hui, c’est quasiment une faute professionnelle quand on est un politique », insiste l’enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Paul Valéry.

    Selon lui, le phénomène n’épargne pas les petites communes et tend à se professionnaliser dans les grandes villes. « Jusqu’en 2020, il y avait une forme d’amateurisme. Les élus locaux avaient une réticence vis-à-vis des réseaux sociaux, ne les prenaient pas au sérieux », se souvient ce membre du Centre d’études politiques et sociales (Cepel). Leur institutionnalisation lors de la Présidentielle 2017 avec J.-L. Mélenchon qui « investit YouTube » a fait son œuvre. « On observe une forme de diplomatie sur les réseaux sociaux des chefs d’État comme Trump, Poutine et même Macron », illustre Romain Fargier. À l’échelle locale, il parle d’une « professionnalisation ». « Ce n’est plus le stagiaire ou le chargé de com’ qui s’occupe des publications. Ce sont des community managers, des communicants dans des staffs dédiés dans les grandes villes ». Chartes, vidéos montées, esthétique numérique, infographie, ajout de musique… les contenus postés sont parfois soigneusement retravaillés.

    Terriers de lapin

    Une façon pour les candidats de mieux maîtriser leur propagande plutôt que de s’en remettre aux médias vis-à-vis desquels la défiance grandit en raison du manque d’indépendance des grands groupes. « Le système médiatico-politique est devenu hybride : il n’y a plus les réseaux sociaux d’un côté et les médias de l’autre ». Au-delà de Facebook, Instagram ou X, cela conduit aussi les candidats à privilégier les « rabbit holes » [terriers de lapin] via des canaux de communication interne type Telegram, Signal, WhatsApp. « Ces réseaux sociaux à usage de commentaire sont l’héritage des forums des années 90-2000. Le volume d’informations partagées qui amplifie l’effet de bulle, dépasse les contenus partagés publiquement », assure Jacqueline Markovic, consultante et formatrice en communication numérique. « Pour les gens, c’est un moyen de se préserver face au déferlement de l’info, de se créer un environnement moins toxique avec moins de trolls, de cyberharcèlement », ajoute l’ancienne déléguée aux contenus numériques auprès de Yannick Jadot.

    IA et fake news

    Aujourd’hui colistière de Michaël Delafosse, elle met en garde contre la reproduction des biais cognitifs sur certaines plateformes. « Les algorithmes de Meta (Facebook, Instagram) discriminent les femmes. Il y a un manque de transparence, de la pub et des comptes recommandés alors qu’on ne les suit pas ». Jacqueline Markovic ajoute que l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) est susceptible de fausser des campagnes électorales. « Cela peut générer des fake news, il faut avoir l’œil pour les repérer. Certaines formations politiques sont plus avancées dans l’utilisation des RS comme la fachosphère qui utilise des fermes à trolls russes comme lors de la campagne d’Éric Zemmour ». Elle estime néanmoins que les réseaux sociaux dans leur ensemble sont un outil de long terme. « Il faut du temps pour créer une audience, une communauté ». Romain Fargier ajoute qu’à ce jour, « il n’existe pas de corrélation directe entre le nombre de likes sur les réseaux sociaux et le résultat des élections car le vote est plurifactoriel, il répond à des logiques complexes propres à chacun ».

    C’est sans doute pourquoi peu de candidats abandonnent les recettes qui ont fait leurs preuves. « Il y a un vrai impact sur les réseaux, une de mes vidéos d’une minute sur les bus a fait 20 000 vues. Mais cela ne remplace pas le contact humain sur les marchés, les porte-à-porte, les réunions, cafés débat… », insiste Thierry Antoine, candidat du Printemps de Béziers. L’écologiste est en revanche « moins fan » des meetings qui « prennent du temps et ont un coût ». C’est là un autre atout des réseaux sociaux. « Ils sont gratuits alors que même les tracts coûtent cher ! », s’exclame l’écologiste Lise Florès. Un argument de poids lorsqu’on n’a pas beaucoup d’argent pour faire campagne comme la tête de liste de Lunel Collectif. « Cela pose une question démocratique : il faut de l’argent pour se présenter aux élections ». Un autre sujet à débattre…

  • À Bessèges, Jacques Molle insiste sur le travail avec l’intercommunalité

    À Bessèges, Jacques Molle insiste sur le travail avec l’intercommunalité

    Pour Jacques Molle, candidat sur la liste « Agir pour Bessèges » aux côtés de Christine Roux, la commune a de nombreux atouts « d’un point de vue économique, environnemental. Nous sommes dans le Parc national des Cévennes, à une heure et quart de Nîmes. On a un potentiel touristique important mais mal exploité. Il y a une vie économique, sociale et politique à prendre à bras-le-corps », explique le militant communiste. Il estime qu’il faut avoir « cette volonté politique de transformer cette cité avec ses habitants, ce qui n’a pas été fait. » regrette l’élu qui fut pourtant membre de l’équipe du maire Bernard Portalès (qui ne se représente pas). Jacques Molle insiste sur la vitalité de la communauté de communes de Cèze-Cévennes et son travail en matière d’accès aux soins. « Nous avons une maison de santé avec une patientèle de 5 000 personnes », soit plus que le nombre d’habitants de la commune. Outre l’accès aux soins, « Agir pour Bessèges » veut intégrer le dispositif Petites villes de demain. « Je sais que nous serons accueillis à bras ouverts par le président de la Communauté de communes, Olivier Martin ».

    La réouverture de la liaison ferroviaire Alès-Bessèges, prévue dans quelques années (2030) permettrait de donner vie à la gare. « La SNCF pourrait décider de céder le site à la communauté de communes ». pour le transformer en un lieu de rencontres et de services publics, propose Jacques Molle.

  • [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    [Entretien] Stéphane Zumsteeg : « Une possibilité de bascule à gauche » à Nîmes

    La Marseillaise : Quel est le principal enseignement du sondage Ipsos-BVA pour La Marseillaise et Experts et territoires sur les intentions de vote pour le premier tour des élections municipales de Nîmes ?

    Stéphane Zumsteeg : Nous voyons que, petit à petit, il y a une possibilité que la ville de Nîmes bascule à gauche. La liste conduite par Vincent Bouget est à un niveau assez élevé avec des intentions de vote à 29%. Cela correspond à l’étiage de la gauche si l’on compare ce résultat aux scores des municipales de 2020 de l’ordre de 28% pour la gauche et aux Européennes de 2024 avec 38%.

    Comment expliquez-vous cette position de la liste Nîmes en commun conduite par Vincent Bouget ?

    S.Z. : L’analyse que nous pouvons faire c’est qu’au fur et à mesure que nous nous rapprochons du premier tour, le 15 mars, la liste de Vincent Bouget bénéficie d’un réflexe de vote utile de l’électorat de gauche. Nous pouvons penser que même si LFI reste sous la barre des 10% et n’appelle pas à voter pour Nîmes en commun, leurs électeurs pourraient, eux, le faire. Car la tête de liste de Nîmes en commun, Vincent Bouget, est communiste et que l’essentiel pour ces électeurs est d’une part de faire basculer la ville de Nîmes à gauche et éviter l’arrivée de l’extrême droite.

    Votre enquête place le candidat de l’extrême droite RN à 26% comment analysez-vous ce score ?

    S.Z. : Le candidat du RN Julien Sanchez est dans une situation compliquée même si son score, 26%, est élevé. On ne voit pas de réserves de voix pour le RN.

    Un rapprochement de l’extrême droite avec les candidats de droite est-il possible au second tour ?

    S.Z. : Ce n’est pas du tout la ligne officielle de Marine Le Pen, elle a été très claire là-dessus, avec Jordan Bardella cela serait peut-être autre chose. Rappelons qu’en 2020, aux municipales, la liste RN avait obtenu 14,5% à Nîmes. Mais la situation en 2026 n’est pas comparable. En 2020, le taux d’abstention était de 67,58%!

    Le RN a depuis 2020 réalisé 29,8% aux élections européennes de juin 2024. Si à la présidentielle de 2022, le RN a obtenu 20,1%dans la ville de Nîmes, n’oublions pas qu’Éric Zemmour a réalisé dans cette même ville le score de 9,9%. Le total de l’extrême droite était donc haut.

    La droite nîmoise est divisée mais peut-elle fusionner au second tour?

    S.Z. : Avec respectivement 22% pour Franck Proust et 16% pour Julien Plantier, une fusion des deux listes au second tour mettrait la droite dans une situation favorable. Mais si la liste de Julien Plantier se maintient, les possibilités de l’emporter pour Franck Proust sont limitées. Au second tour, le rôle des outsiders sera décisif.

  • [Sondage exclusif] Vincent Bouget et Nîmes en commun en tête

    [Sondage exclusif] Vincent Bouget et Nîmes en commun en tête

    Vingt-cinq ans. Un quart de siècle que l’hôtel de ville est verrouillé par la droite, au rythme d’un « système Fournier » qui a façonné une cité vitrine : monuments magnifiés, centre historique ripoliné, carte postale romaine soignée pour le tourisme. Personne ne nie que cela ait pu produire du beau, parfois. Mais à force de privilégier la façade, Nîmes s’est aussi abîmée à l’intérieur : services publics de proximité en retrait, logement indigne dans le centre ancien comme dans les copropriétés fragiles, écoles qui suffoquent l’été, mobilités du quotidien en retard, sentiment d’abandon dans des quartiers où l’État comme la Ville se font rares.

    Résultat : il n’y a plus « une » ville, mais des villes de Nîmes. Celle des terrasses et des grands chantiers, et celle des cages d’escalier et des arrêts de bus qui n’arrivent pas. Celle des quartiers résidentiels et celle des quartiers populaires relégués, qui font trop souvent l’actualité pour les pires raisons – Pissevin, le narcotrafic, les règlements de comptes – comme si la violence surgissait de nulle part, sans jamais interroger le terreau social : précarité, décrochage, manque de présence humaine, absence d’horizons. La droite a beaucoup parlé d’ordre, de caméras et de fermeté. Les habitants, eux, demandent aussi du soin : des médiateurs, des éducateurs, des équipements, des logements dignes, des rues praticables, de la confiance.

    À cinq mois du scrutin, un autre spectacle s’offre aux Nîmois : celui d’une succession à droite qui tourne +à la bataille d’ego. Retrait du maire, dauphins qui se précipitent, rivalités personnelles qui éclatent au grand jour, alliances à tiroirs… et, au milieu, des projets qui peinent à convaincre, tant l’essentiel ressemble à un recyclage : continuer la même politique, avec d’autres visages. Cette confusion nourrit une double tentation : l’abstention, d’abord, et l’extrême droite ensuite. Le RN, avec Julien Sanchez, tente de rafler la mise en jouant sur l’angoisse sécuritaire et en opposant les habitants entre eux, comme si la ville devait choisir entre peur et résignation. Sauf que les Nîmois ne sont pas condamnés à choisir entre la peste et le choléra. Un vent s’est levé, et il ne vient pas d’un état-major parisien. Il vient de Nîmes, de ses profondeurs populaires, associatives, syndicales, de cette envie très simple de reprendre la main sur une ville fracturée. Ce vent a un nom : Nîmes en commun, liste citoyenne d’union conduite par Vincent Bouget. Ici, « union » n’est pas un mot de circonstance : pour la première fois, une large partie de la gauche sociale, écologique et citoyenne avance d’un même pas, dans une dynamique de rassemblement assumée et lisible, précisément parce que le risque RN est réel et que la fin de règne à droite ouvre une fenêtre historique.

    Mais la singularité de cette campagne, à gauche, tient surtout à sa méthode. Nîmes en commun n’a pas commencé par dérouler un catalogue. Elle a commencé par écouter. Un questionnaire papier, porté sur les marchés, dans les cafés, les halls d’immeubles, les quartiers populaires comme les zones pavillonnaires : des milliers de contributions, des centaines de témoignages libres, et cette conviction que la politique locale doit redevenir un espace de discussion, pas un monologue. On a vu, au fil des réunions, des scènes devenues rares : des habitants qui s’arrêtent, qui prennent le temps, qui racontent le logement trop cher ou trop humide, le bus trop rare, les enfants qui n’ont jamais vu la mer, l’insécurité mais aussi l’insécurité sociale. Une campagne de proximité, au contact, loin des postures.

    Une ville à réparer

    Derrière, des priorités se dégagent, concrètes : retisser une ville à deux vitesses, remettre le logement et la dignité au centre, reconstruire une politique de santé (avec l’idée d’un centre municipal), rendre les transports plus accessibles (jusqu’à la gratuité pour les scolaires et les jeunes), traiter la sécurité autrement qu’à coups de slogans, avec de la présence humaine et du maillage, sans renoncer au rôle de la police municipale. Et surtout : remettre de la démocratie locale là où, depuis des années, beaucoup dénoncent une gestion opaque, verticale, clanique.

    Cette dynamique se mesure aussi dans les enquêtes d’opinion. Le sondage Ipsos réalisé pour La Marseillaise place aujourd’hui Vincent Bouget en tête au premier tour parmi les électeurs certains d’aller voter, devant le RN, avec une droite divisée et un centre qui fragmente encore davantage le camp sortant. Le décryptage est à retrouver ci-contre, mais un élément ressort déjà : le scrutin n’est plus joué d’avance. Et ce sondage ne tombe pas de nulle part : il s’inscrit dans une série d’études antérieures, qui, déjà, dessinaient une ville en trois blocs et une possibilité réelle d’alternance à condition que la dynamique citoyenne se transforme en votes, et que l’union tienne.

    La bataille qui s’ouvre n’est donc pas seulement une compétition de listes. C’est une question de cap. Continuer une ville-vitrine, ou réparer une ville vécue. Laisser la peur dicter l’agenda, ou reconstruire du commun. Nîmes en commun n’est pas qu’une formule : c’est une philosophie politique appliquée à l’échelle d’une mairie. Faire de la démocratie non pas un rituel quinquennal, mais un outil quotidien. Et rappeler, au fond, une évidence : une ville ne se gouverne pas contre ses quartiers, ni sans eux. Elle se construit avec celles et ceux qui y vivent.

    Fiche technique

    Institut

    Ipsos / BVA

    Échantillon

    700 habitants inscrits sur les listes électorales de Nîmes, âgés de 18 ans et plus, constituant un échantillon représentatif de cette population.

    Date de l’enquête

    Du 20 au 28 février 2026

    Méthodologie

    Échantillon interrogé par téléphone sur système Cati (Computer assisted téléphone interviews). Représentativité assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la profession, le quartier de résidence.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.

  • À Briançon, la gauche dédie sa semaine à la jeunesse

    À Briançon, la gauche dédie sa semaine à la jeunesse

    Johanna Jelensperger est la candidate au poste d’adjointe à l’éducation sur la liste de gauche. Elle-même mère d’un adolescent de 17 ans, elle déplore « qu’en dehors du lycée, il y ait peu de lieux où s’intégrer pour les jeunes, pour se rencontrer, et exprimer leur créativité ». C’est pourquoi durant cette semaine, elle est allée à la rencontre des jeunes adultes et adolescents, pour écouter leurs préoccupations.

    Après un temps d’échange public sur le sujet lundi, au Barboteur, la liste de gauche est allée à la rencontre des lycéens mercredi. Une discussion prolongée de façon inopinée le lendemain, puisque Johanna Jelensperger est retournée au lycée ce jeudi 5 mars, où les lycéens bloquaient l’entrée de leur établissement contre la suppression de 80 heures d’enseignement.

    Inquiets face à l’extrême droite

    Deux sujets sont revenus avec insistance. « Déjà, beaucoup de lycéens étaient inquiets de voir autour d’eux certains se faire happer par les vidéos de Jordan Bardella sur les réseaux sociaux, sans même s’apercevoir qu’il s’agit de politique », explique Johanna Jelensperger. Ensuite, « la question du manque de mobilité dans un territoire escarpé, que ce soit la place pour le vélo ou les transports en commun ».

    Parmi ses propositions pour la jeunesse, la liste promet la création d’un campus connecté pour suivre des études supérieures à Briançon, se former ou se réorienter. Mais aussi la création d’un tiers-lieu dédié aux jeunes briançonnais, pour se rencontrer, échanger et exprimer leur talent.