Tag: Municipales

  • L’Union pour Arles aux bons soins des quartiers populaires

    L’Union pour Arles aux bons soins des quartiers populaires

    Les enfants de l’école Georges-Brassens, guidés par leur professeur de sport, ne sont pas découragés à la vue de leurs équipements en ce vendredi début d’après-midi. La cage de but de leur terrain synthétique est attachée à un filet troué, les grillages tiennent au fil de fer, tandis que le terrain de football à proximité, qui n’a plus de filets aux buts, laisse s’épanouir herbes et moustiques, en nombre.

    Ce n’est pas un hasard si Nicolas Koukas (PCF) et ses colistiers de l’Union pour Arles ont investi les abords du gymnase Angelin, dans le quartier du Trébon, pour leur conférence de presse dédiée aux quartiers. « On va réinvestir ces quartiers délaissés depuis 6 ans » prévoit le candidat, parlant d’un « plan d’investissement massif ». « Ça ne demande pas des millions de refaire la cage des buts et de grillager l’entrée pour éviter des feux », souligne-t-il en désignant l’arrière noirci du gymnase.

    Leur idée pour Arles est d’installer « des mairies annexes avec les drapeaux tricolores et de la Ville pour montrer que la puissance publique est là », d’après Nicolas Koukas, des lieux dans lesquels pourraient se côtoyer espaces culturels, antenne de la médiathèque, ou encore acteurs de l’accompagnement à l’emploi. « On pense aussi à France services pour faire ses démarches », complète Sylvette Carlevent.

    Démocratie participative

    Outre les services, Nicolas Koukas insiste sur le fait de « mettre les bailleurs face à leurs responsabilités », en rencontrant leurs dirigeants pour « leur mettre une pression constante sur l’entretien intérieur et extérieur des immeubles ». Le candidat propose le cadre d’un « contrat mixte entre la Ville et les bailleurs » sur la répartition des compétences : « Déchets, propreté, qui fait quoi ? Il n’y a pas de suivi, ça prendra du temps mais on n’abandonnera pas les quartiers. »

    Bruno Leclerc (NPA) souligne l’importance de « mettre en place la démocratie participative, engagement fort de l’Union pour Arles pour que les jeunes et les habitants des quartiers reprennent leur vie quotidienne en main » au travers des conseils de quartier. « Nous leur donnerons des moyens et nous lançons un large appel aux habitants pour en faire une structure de décision », insiste Nicolas Koukas. Fatima Benamar complète : « Un habitant est seul face à un gros groupe. Au conseil de quartier c’est différent. On est plus proche et moins isolé. »

    « Nous recruterons aussi un médecin au sein du service hygiène de la Ville » pour lutter contre les logements insalubres et « traiter rapidement les signalements », conclut Nicolas Koukas.

  • À Marseille, Jordan Bardella veut en finir avec la droite

    À Marseille, Jordan Bardella veut en finir avec la droite

    Après la dégringolade de Martine Vassal dans les sondages, le RN veut en finir avec la droite républicaine et les dernières digues qui la séparent de l’extrême droite. Venu ce vendredi midi soutenir son candidat à Marseille, Jordan Bardella a lancé un appel « à grouper les voix sur la seule liste capable de battre la gauche ».

    « Martine Vassal ne peut pas gagner cette élection, Franck Allisio le peut, assure le président du RN face à la presse. La dispersion des voix est l’un des meilleurs moyens de renforcer la gauche, et l’extrême gauche, et Monsieur Payan. » C’est qu’il croit en la victoire de son parti dans la deuxième ville de France, tremplin assumé de ses ambitions. « Cette élection municipale revêt un enjeu national, ce sont l’une des dernières élections avant la grande bataille de la présidentielle », assume-t-il. Alors dans cette ville où il décrit « la mexicanisation de quartiers entiers où les lois de la République ne s’appliquent plus », il promet que le RN saura mettre en place « une des premières polices municipales de France et d’Europe ». Et vise des coupes sèches dans les services publics, dans le soutien aux « associations politico-religieuses ». « Nous sommes partisan d’une philosophie politique qui consiste à dépenser moins et mieux pour taxer moins », assume-t-il. Peu importe que l’équipe qu’il soutient soit marquée par les condamnations ou positions racistes. « Nous respectons la présomption d’innocence. Allez faire les poubelles sur dix ou quinze ans si ça vous intéresse », balaie Franck Allisio. Peu importe que les poubelles du RN, comme souvent à Marseille, débordent toujours.

  • Jean-Luc Mélenchon en meeting pour soutenir Sébastien Delogu à Marseille

    Jean-Luc Mélenchon en meeting pour soutenir Sébastien Delogu à Marseille

    À huit jours du premier tour des élections municipales, la liste de La France insoumise, « Marseille fière et populaire », entend marquer les esprits avec l’un des rendez-vous majeurs de sa campagne. Sébastien Delogu, candidat du mouvement à la mairie de Marseille, organise son grand meeting à la Friche de la Belle de Mai (3e), ce samedi après-midi (15h).

    Pour souligner l’importance de l’événement, Jean-Luc Mélenchon sera présent en invité d’honneur. Le leader insoumis, ancien député des Bouches-du-Rhône, multiplie les déplacements dans toute la France, ces dernières semaines, pour soutenir les candidats LFI. La venue de Jean-Luc Mélenchon intervient dans un contexte de relations tendues avec le maire sortant Benoît Payan (DVG), candidat du Printemps marseillais, rassemblement de la gauche et des écologiste.

    Plusieurs milliers de personnes sont attendues, ce samedi. L’équipe de campagne entend démontrer la capacité du mouvement à mobiliser largement à Marseille, alors que la liste portée par Sébastien Delogu, soutenue par le collectif Vaï! de l’adjoint écologiste au maire Sébastien Barles (3e position), plafonne autour de 15% des intentions de vote, dans les derniers sondages. Pour rappel, le coordinateur national de LFI et député des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, est également candidat sur la liste, au 29e rang.

  • Des villes pour toutes ?

    Des villes pour toutes ?

    Rendez-vous démocratique majeur, les élections municipales des 15 et 22 mars sont aussi la grande affaire des électrices, des citoyennes. Si depuis 26 ans la loi a imposé la parité sur les listes électorales, les politiques publiques locales ont-elles fait avancer les droits des femmes ? Tout est une question de choix politiques volontaristes car rien n’oblige les communes à agir. Si ce n’est, et ce n’est pas mineur, la loi pour l’égalité professionnelle au sein de la fonction publique territoriale où 63% des emplois sont occupés par des femmes.

    Aussi, le rapport d’Oxfam « pour des villes féministes » a le mérite de mettre le sujet sur la table alors que la Journée internationale de lutte pour les droits de femmes, le 8 mars, se tient une semaine jour pour jour avant le premier tour des municipales.

    Agir pour l’émancipation

    L’enjeu central est celui de l’égalité et de la place des femmes dans la cité. Des mesures visibles, comme la création de délégation aux droits des femmes au sein des conseils municipaux – C’est le cas à Marseille – font avancer les droits par des mesures concrètes, notamment dans la lutte contre les violences intrafamiliales et le harcèlement dans les transports et les lieux publics. Mais les villes agissent aussi pour l’émancipation en créant des places en crèches, des logements dignes et accessibles, en ouvrant des recrutements dans la fonction publique territoriale, en soutenant les associations, la culture… Alors que l’extrême droite, qui a toujours honni l’émancipation, est aux portes du pouvoir et en premier lieu des pouvoirs locaux, s’engager pour les droits des femmes c’est agir pour l’égalité de tous.

  • Les anciens insoumis veulent l’unité derrière Benoît Payan

    Les anciens insoumis veulent l’unité derrière Benoît Payan

    Face aux clichés de leurs logements sociaux que montrent les habitantes des cités Jean-Jaurès, de Frais-Vallon ou de Val-Plan, le député (l’Après) de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière ne dissimule pas sa surprise. « Honnêtement, ces problématiques sont présentes dans mon département, mais ce que vous me montrez, on n’en est pas là », souffle-t-il.

    Ancien compagnon de route de la France insoumise, le parlementaire s’est rendu ce vendredi à Marseille avec Raquel Garrido, elle aussi en rupture de ban avec LFI, pour plaider pour l’union à gauche dans les municipales. « J’ai été longtemps engagé au côté de Jean-Luc Mélenchon, je n’ai pas changé, mais il y a une question de stratégie, plaide-t-il au côté de la tête de liste (DVG) dans les 13e et 14e arrondissements, Tina Biard-Sansonetti. Ce sont nos pires adversaires qui peuvent gagner. Alors il faut voter pour la liste la plus efficace pour envoyer un signal, pour que la gauche arrive en tête le 15 mars. » Après lui, Raquel Garrido se souvient que c’est unie avec le Nouveau front populaire, avec un programme de rupture, que la gauche a obtenu le plus grand nombre de voix. « À Marseille, il y a une stratégie d’union qu’il faut encourager, et une stratégie solitaire qu’il faut décourager », appuie-t-elle. Certes, ils auraient aimé une fusion des listes de gauche. « Je suis pour que les déraisonnables de tous les camps trouvent le chemin pour être raisonnables », glisse Alexis Corbière, rappelant que « le peuple de gauche a une histoire blessée avec le PS ».

    « Inversion des valeurs »

    Mais il cible aussi un Jean-Luc Mélenchon qui avait tourné le dos au Printemps marseillais en 2020, et qui vient désormais en meeting ce samedi soutenir Sébastien Delogu. « Il y a une rudesse dans le propos contre Benoît Payan que je n’avais jamais entendu contre Jean-Claude Gaudin, alerte-t-il. Quand on mène campagne en disant que Payan, Vassal, Allisio c’est le même système, on contribue à une inversion des valeurs complètes.»

    L’indécence du logement social en est un exemple. Quand les Insoumis assimilaient tous les bailleurs sociaux pour prôner une rupture (notre édition du 06/03), Tina Biard-Sansonetti met en avant les différences entre les collectivités. « La Ville a recapitalisé son bailleur pour rénover son patrimoine de logement social, d’autres majorités ont fait le choix de mettre de l’argent ailleurs », détaille-t-elle. Et de promettre un programme construit avec les habitantes rencontrées, pour assurer, enfin, leur dignité.

  • À Avignon, des associations toujours inquiètes

    À Avignon, des associations toujours inquiètes

    Avignon, ville où s’est tenu le procès des « viols de Mazan », est-elle irréprochable en matière de droits des femmes ? Des projets, il y en a eu. Comme l’annonce qui avait fait grand bruit fin 2022 de la création de cinq logements pour les femmes victimes de violence. Mais celui-ci est tombé à l’eau par la suite. L’association Rhéso, qui devait gérer le projet, avait été placée en redressement judiciaire et les logements ont finalement servi à une autre structure. En dehors de ça, les projets n’ont pas réellement fleuri, tout en sachant que le tissu associatif est bien fourni localement en la matière. Tissu dont on peut imaginer qu’il s’est étoffé suite au procès ultra médiatisé où Gisèle Pelicot est devenue une figure de la libération de la parole. Mais ce n’est pas vraiment le cas d’après les associations qui constituent le collectif Droit des femmes 84. « On n’a pas vu de gros changements. Cela fait même plusieurs mois que l’on entend que le maintien des subventions va être difficile », glisse Karine Malaval, militante du mouvement Le Nid.

    Bouton d’alerte et lutte contre

    les discriminations

    « Depuis 2014, la cause des femmes est une priorité pour la majorité municipale : la toute première mesure prise par Cécile Helle a été, dès son arrivée, de nommer une conseillère municipale, déléguée aux droits des femmes et à la lutte contre les discriminations » pose la municipalité en place, une nomination « qui permet une action continue en direction du public féminin. »

    Dans les programmes des candidats à la mairie, le sujet est abordé à différents degrés. L’insoumise Mathilde Louvain dédie tout un pan à « combattre le patriarcat sous toutes ses formes ». Du côté de David Fournier (PS), on évoque le renforcement de structures d’aide et une lutte « contre toutes les formes de discrimination », sans réellement évoquer la question des femmes en tant que telle. Olivier Galzi (DVD) soumet l’idée d’une application avec un « bouton d’alerte » pour les personnes âgées et les femmes, sans plus. Pas de mention particulière dans celui de Stephan Fiori (DVD). Toutefois, l’association les Resi-liantes, membre du collectif Droit des femmes 84, assure que le dernier nommé s’est rapproché d’elle pour s’informer sur la question. Tout comme Mathilde Louvain. Cette même association a d’ailleurs fait circuler un questionnaire sur la question, auquel ont répondu Stephan Fiori, Mathilde Louvain et David Fournier. « Et les réponses nous conviennent. Mais on verra si ce sera le cas après les élections », glisse Sabah Boutahar, membre de l’association.

  • Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Toulon, mauvaise élève où la gauche veut faire mieux

    Épinglé mauvaise élève en matière de droits des femmes par le rapport d’Oxfam, la municipalité toulonnaise ne dispose d’aucun adjoint chargé de l’égalité pas plus que de délégation. Or, dans le cadre de la campagne, la présence des femmes en tête de liste atteint des sommets avec 4 sur les 6 principales emmenées par des candidates.

    En lice, Magali Brunel (PS) pour une liste d’union à gauche, Josée Massi (DVD), maire sortante, Isaline Cornil (LFI) et Laure Lavalette pour l’extrême droite, avec des programmes diamétralement opposés en matière de droits des femmes et d’égalité. La première souhaitant justement mettre en place une délégation, augmenter le budget alloué à un planning familial en grande difficulté car confronté à une baisse de subvention qui met en péril 40% de ses lieux d’accueil (notamment dans la Provence verte). Magali Brunel promet aussi un soutien financier au CIDDF (Centres d’information sur les droits des femmes et des familles).

    L’insoumise Isaline Cornil dénonce elle aussi les coupes budgétaires, estimant que les droits des femmes passe par le maintien des services publics de santé de proximité. Elle propose un accompagnement social renforcé et un soutien aux associations locales qui œuvrent en la matière.

    À droite, Josée Massi résume elle la question à la petite enfance, l’aide aux familles et à l’accompagnement social. Elle entend également mettre le paquet sur la « tranquillité publique » pour permettre aux femmes d’occuper l’espace public.

    Engagée dans les mouvements pro-vie, la députée RN Laure Lavalette a elle voté contre l’inscription du droit à l’IVG dans la constitution en 2022 et prévoit de confier en cas de victoire à Mélanie Auzoux, Miss Var 2025, la vie étudiante, de la jeunesse et des droits des femmes.

    Plus de féminicides

    dans le Var qu’ailleurs

    Plus largement, dans un département particulièrement touché par les féminicides, avec des chiffres 7 fois et demie plus importants que dans le reste de la France en 2024 s’inquiétait dans nos colonnes la directrice générale de l’association AFL-Transition et 5 070 victimes de violences intrafamiliales dont 75 % des femmes en 2025, la question reste cruciale.

    Des maisons des femmes santé ont vu le jour, dont une à Toulon en janvier 2024 après celle de la Seyne en 2021. Plus d’une centaine de femmes ayant été accueillies sur les sites de Sainte-Musse et de l’hôpital George Sand. Deux maisons de protection des familles (MPF) ont également été créées à La Valette et à Draguignan, plus de 1 700 policiers et gendarmes ont été formés à l’accueil des victimes de violences intrafamiliales dans le Var.

  • À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    À Avignon, l’Après pense au présent et au coup d’après

    C’est au théâtre du Rouge-Gorge que Raquel Garrido et Alexis Corbière ont conclu, ce jeudi, leur après-midi avignonnais sur une note culturelle. La porte-parole nationale de l’Après (Alliance pour la République écologique et sociale) et le député de Seine-Saint-Denis sont venus soutenir la « liste d’union » de David Fournier (PS). Mais dans une culture précédente, ils auraient certainement été en appui de Mathilde Louvain (LFI). Oui mais voilà, ces deux anciennes figures de la France insoumise ont pris leurs distances avec le parti fondé par Jean-Luc Mélenchon.

    « Je ne connaissais pas David, je fonctionne à l’intuition, c’est une belle personne, cela s’est vu dans sa capacité à fédérer », flatte Raquel Garrido à destination du candidat, qui a investi trois militants de l’Après sur sa liste (Marie-Anne Bertrand, Jean-Luc Fauche et Méliades Bey). « Le courant est très rapidement passé entre nous, c’était évident de travailler ensemble », salue David Fournier. L’un des fondements de l’Après réside dans l’union à gauche et met en place une primaire en vue de la présidentielle.

    Mettre LFI « à moins de 10% »

    L’heure est d’abord aux municipales. « Il faut encourager l’union et décourager les esprits solitaires que LFI a mis en œuvre. Les électeurs de gauche, et particulier ceux qui croient au programme de l’avenir en commun, doivent sanctionner cette stratégie et mettre les listes LFI à moins de 10% de façon à envoyer un message à la direction insoumise vers l’union, que la conduite récente de Jean-Luc Mélenchon rend difficile », estime Raquel Garrido. Et laisse ensuite à l’appréciation locale de jauger un éventuel rapprochement au second tour.

    Alexis Corbière se pose en défenseur de l’esprit « joyeux et efficace » du Nouveau front populaire, qui lors des législatives de 2024, avait permis de placer la gauche en tête et damner le pion au RN. « Si David gagne, c’est l’union et pas que le PS », insiste le parlementaire. Qui voit dans les municipales, le coup d’après de la présidentielle. « C’est le moment d’arrêter la division, la lecture des municipales doit être éclairante pour la suite. Dans beaucoup de villes, les listes d’unions seront devant et cela fera passer un message pour la présidentielle », prédit Alexis Corbière.

  • Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Pierre Huguet veut désenclaver les quartiers Sud marseillais

    Transports, services publics, équipements culturels et sportifs, propreté… Le candidat du Printemps marseillais dans les 9e et 10e arrondissements et adjoint à l’Éducation, Pierre Huguet (G.s), a présenté ce jeudi 5 mars un programme étoffé pour le secteur. L’idée générale : faire de ces quartiers éloignés du centre-ville des lieux de vie à part entière. D’abord en les desservant avec des transports en commun dignes de ce nom.

    En poussant notamment le tram plus au sud et à l’est. « C’est plus facile qu’un métro dont la Métropole n’a pas les moyens » estime Nicolas Hue (G.s), président du comité des usagers des transports marseillais et colistier. « Cela permet aussi de requalifier l’espace, quand c’est bien pensé », ajoute Pierre Huguet, qui imagine un parking relais à l’entrée de Saint-Loup. L’extension réalisée à La Gaye « n’a pas de sens, personne n’habite là, alors qu’au départ, la ligne devait desservir Dromel et la Rouvière, là, on a 7 300 personnes », analyse Sophie Guérard (DVG), adjointe au maire déléguée à la place de l’enfant dans la ville et colistière. Le réseau de bus serait revu. « Dans le 10e, c’est une catastrophe avec une seule ligne, le 18 », déplore Pierre Huguet. Pour mieux partager l’espace public, de vraies pistes cyclables, étanches au reste de la circulation, seraient construites.

    Des projets pour créer du lien social

    Côté équipements, dans le prolongement du travail mené lors de la première mandature sur la petite enfance, le Printemps veut ouvrir une grande médiathèque à Vallon-Régny, une bibliothèque à la Cayolle et une à Pont-de-Vivaux, dans un secteur totalement dépourvu. L’église Saint-Maurice pourrait devenir aussi un espace culturel. « On a réussi à la sauver, on veut en faire un projet en faveur du quartier », assure la tête de liste.

    Il entend accélérer sur le volet sportif en réhabilitant la piscine de Luminy, dossier déjà voté au conseil municipal. Sujet sur lequel la majorité sortante se sait attendue. « On a mis le paquet sur le savoir nager, pour les CP et CE1, mais on ne peut pas tout faire en un mandat », argue-t-il.

    Enfin, pour mieux vivre la ville et la préparer aux effets accrus du changement climatique, l’Huveaune serait aménagée de Saint-Marcel à la mer. Bref, tout pour créer du lien quand les citoyens peuvent se sentir relégués, un sentiment sur lequel s’appuie l’extrême droite, rappelle Nicolas Hue. « On ne demande pas aux habitants des 9-10 de voter contre le RN, mais pour un projet qui protège, rassemble et prépare l’avenir », conclut Pierre Huguet, paraphrasant volontiers Benoît Payan.

  • [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    [Entretien] Philippe Pujol : « Le narcotrafic est le symptôme d’un problème de société »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur la situation nîmoise ?

    Philippe Pujol : Je ne suis pas un spécialiste de Nîmes, mais on observe ici ce qui s’est passé à Marseille il y a quinze ans. Le narcotrafic n’est jamais un phénomène isolé : c’est le symptôme d’un problème de société. On vit dans des sociétés de performance qui poussent vers la cocaïne et, en parallèle, dans des sociétés du mal-être qui favorisent la consommation de cannabis. Ensuite, quand les institutions n’arrivent pas à réduire les inégalités sociales, économiques ou culturelles, les trafiquants exploitent ces failles. Quand un trafic apparaît quelque part, c’est le signe qu’il y a eu pendant des décennies une faiblesse des politiques publiques.

    La guerre entre réseaux a marqué l’actualité nîmoise…

    P.P. : Le conflit a opposé des réseaux locaux, qui ont ponctuellement sollicité un appui logistique à Marseille. Mais à Nîmes, les trafics restent essentiellement gérés par des acteurs locaux. Les réseaux naissent localement : ce sont souvent des enfants du quartier qui se retrouvent là parce que les conditions sociales et politiques l’ont permis. On parle souvent d’abandon des quartiers, mais je dirais qu’il y a aussi une exploitation politique de la misère. Quand les quartiers populaires votent peu, ils sont délaissés, voire utilisés par des systèmes clientélistes. C’est un terreau pour la délinquance.

    Qui sont réellement les acteurs du trafic de drogue ?

    P.P. : Les gens imaginent des armées de trafiquants qui gagnent énormément d’argent. En réalité, les vrais chefs sont très peu nombreux. À Marseille, j’en compte environ 150. À Nîmes, il y en a peut-être une dizaine. Les autres sont des jeunes exploités : guetteurs, revendeurs, petits bras du réseau. On leur fait croire qu’ils vont gagner de l’argent, mais ils finissent souvent endettés, en prison ou blessés. Le trafic fonctionne comme un système d’exploitation. Les plus puissants sont peu visibles, tandis que ceux qu’on voit dans la rue sont les plus vulnérables.

    Comment lutter efficacement contre ces phénomènes ?

    P.P. : La répression seule ne peut suffire. Bien sûr, il faut une police judiciaire forte pour viser les têtes de réseau, et ça relève de l’État. Au niveau municipal, la priorité est la tranquillité et la prévention. Recréer du lien entre la police et les habitants, repérer très tôt les situations de vulnérabilité et agir socialement. Aujourd’hui, on attend que les problèmes arrivent pour les dénoncer politiquement ou médiatiquement. Il faudrait au contraire intervenir très tôt, parfois dès l’enfance, pour éviter que certains jeunes basculent.

    Que pensez-vous des propositions portées par Nîmes en commun ?

    P.P. : Ce que j’ai entendu va plutôt dans le sens d’une police de proximité et d’un travail de terrain, donc oui. Une police municipale doit d’abord être une police de tranquillité publique : gérer les conflits de voisinage, recueillir de l’information. La lutte contre le narcotrafic relève de la police nationale et de la justice. Si on donne trop de pouvoir sécuritaire aux polices municipales, on prend aussi un risque politique, parce qu’elles dépendent directement des maires. Mais une police de proximité formée, qui circule dans les quartiers et dialogue avec les habitants, est utile.

    Quelles priorités pour Nîmes ?

    P.P. : La santé mentale, puis la réduction des inégalités. Cela passe par l’équité : donner davantage à ceux qui ont le moins de chances. Il faut identifier les jeunes vulnérables et agir très tôt. Le maire a des leviers importants, notamment à travers les politiques sociales, le soutien aux associations et l’urbanisme. Les choix en matière de logement ou de permis de construire influencent directement la mixité sociale et la formation de ghettos. Si on veut une ville plus sûre, il faut d’abord une ville plus juste.