Tag: Municipales

  • À Marseille, Jean-Luc Mélenchon appelle à résister à la « vague brune »

    À Marseille, Jean-Luc Mélenchon appelle à résister à la « vague brune »

    La salle de spectacle de la Friche Belle de Mai a fait le plein, ce samedi 7 mars, pour le meeting de Sébastien Delogu, candidat insoumis à la Ville de Marseille, avec en guest-star le chef de file de LFI, Jean-Luc Mélenchon. Plus de 2 500 personnes selon l’organisation étaient au rendez-vous.

    Logement, jeunesse, santé, écoles… La tête de liste à la mairie centrale a ouvert le bal, égrenant les grandes lignes de son programme sans oublier d’insister sur le courage du combat des Insoumis, rendant hommage « aux personnes emprisonnés, frappées, éborgnées, mortes pour défendre nos idées et l’intérêt général. » Il promet : « Chaque élu insoumis fera renaître l’espoir d’un avenir meilleur dans cette ville » quand « Marseille se meurt ».

    L’heure est bien vite venue d’accueillir son médiatique patron : « Jean-Luc, tu es chez toi ! » Ce dont ce dernier convient volontiers, avec les « immenses meetings de 2012 et 2017 » sur les plages du Prado. « Marseille c’est un refrain dans ma vie », pose le chef de file de LFI. Il est venu « participer à la démonstration de force » car « Marseille ne sera pas emportée par la vague brune ».

    Jean-Luc Mélenchon harangue un public conquis : « Nous sommes des enfants du peuple, nous venons d’en bas », « vous voterez par enthousiasme pour un programme, nous ne sommes pas du bétail électoral », estime-t-il, soulignant les mérites de Sébastien Delogu qui a su rassembler.

    « Nous ne sommes pas des antisémites »

    Il revient sur la récente polémique qu’il a déclenché dans des meetings précédents , ironisant que la prononciation du pédo-criminel Jeffrey Epstein. « Je me vois insulté chaque jour quotidiennement. Ils me traitent d’antisémite. Nous ne le sommes pas. Nous ne sommes pas des anti-racistes à géométrie variable », balance-t-il.

    Et de s’en prendre au candidat du Printemps marseillais et maire sortant, Benoît Payan (DVG), dont il souligne l’inaction. « Quand je demande les milliards [du plan Marseille en grand], qu’est-ce qu’il en a fait ? On me répond rien », raconte Jean-Luc Mélenchon. Pour lui, « cet homme est l’inventeur de la liste municipale pochette surprise. Y marqué pochette Rubirola, vous l’ouvrez et coucou, y a Payan », se marre-t-il.

    De la Chine au Liban

    S’en suit une longue leçon de géopolitique dans un contexte où « l’ordre du monde est en train de s’écrouler. » Il pointe « l’autoritarisme de Trump, signe de l’échec de son autorité », se considère un peu devin, LFI ayant compris avant les autres que « l’ère qui s’ouvre sera celle où la puissance centrale sera celle de la Chine, ce sera le pôle de stabilité du monde. C’est pourquoi la France ne doit pas être alignée sur les États-Unis d’Amérique. »

    Venu « parler de paix », Jean-Luc Mélenchon dénonce le génocide en Palestine, prône le retrait de l’Otan, dénonce une guerre illégale qui a embrasé le Moyen Orient. « L’annexion du Sud Liban est une vieille idée de monsieur Netanyahou », balance-t-il, appelant au « désarmement nucléaire général. » Pour lui, la guerre est « un désastre humain, économique, écologique. Cessez le feu, vous n’avez pas le droit de tirer. »

    Plus inquiétant : « Istres, c’est à côté, c’est une cible dorénavant puisque les avions américains s’y ravitaillent. La seule décision d’avoir accepté que les avions se posent donne ce résultat », s’indigne le leader des insoumis, qui appelle à « construire un front du refus avec les nations qui ne veulent pas la guerre ».

    L’extrême droite, des violents et des voyous

    Autre ennemi : l’extrême droite. « Et voilà le RN et ses brebis galeuses, une brebis même galeuse ce n’est pas dangereux voyons, mais ce sont des néonazis, des sexistes, des racistes. Un sur dix des candidats du RN est un ou une voyou », pointe Jean-Luc Mélenchon.

    Dans ce contexte, la « division de la gauche est un désastre » s’indigne-t-il s’en prenant au Parti socialiste qui « met tout le monde en grand danger », en ostracisant les Insoumis. Pour barrer la route au RN, il ne faut pas se désister, estime-t-il. Et de proposer, si Sébastien Delogu arrive en tête, un accord de fusion technique comme un « front anti-fasciste. « Halte au feu, arrêtez de nous tirer dessus, envoie-t-il. Vous vous mettez dans la main de la droite. »

    S’adressant « aux classes moyennes de Marseille », il leur demande : « C’est le moment de nous aider. Nous avons un enfant du peuple de Marseille à notre tête. »

    Et d’insister sur l’importance de la deuxième ville de France dans un scrutin qu’il estime préalable à la présidentielle : « Ce que nous sommes en train de comparer, c’est la grande confrontation de 2027, Marseille doit résister à la vague brune, car c’est de là, alors, que partira la victoire. »

  • [Entretien] « Marignane doit s’imposer dans les grands projets »

    [Entretien] « Marignane doit s’imposer dans les grands projets »

    La Marseillaise : Dans une commune ancrée à droite depuis la libération qui a connu la gestion FN, comment votre campagne est-elle accueillie ?

    Ariane Lombardi : Nous avons de bons retours. Notamment des jeunes au sens large, car il y a un sacré trou dans la raquette les concernant. Une bascule est possible si nous ne voulons pas devenir une ville-dortoir. Nous avons travaillé de longs mois à repenser la politique municipale avec cette équipe qui va du PCF à Place publique et nous avons formé une équipe prête à gouverner la commune, avec un travail de fond qui, quoi qu’il arrive, laboure le terrain pour les années à venir.

    En quoi portez-vous une vision différente de la gestion municipale ? Quelles sont vos priorités pour vous démarquer ?

    A. L. : On gère une ville avec un projet politique sérieux, pas avec de l’entre-soi ou des déçus de Le Dissès qui ont travaillé avec la Ville pendant des années. Marignane est laissée à l’abandon depuis trop longtemps. On a un projet destiné à revitaliser la ville, sur plusieurs axes, la sécurité, les écoles, la jeunesse, les services publics, le dynamisme économique. Et ce projet on le fait pour et avec tous les habitants. Je suis enseignante, je n’oublie pas ça. Ça compte évidemment dans la construction des priorités.

    Vous parlez de recréer du lien entre la commune et son bassin d’emplois. De quelle manière comptez-vous vous y prendre ?

    A.L. : Il faut savoir être proactif avec la Métropole, la Région, le Département, s’imposer dans les grands projets. On est dans un bassin d’emploi remarquable, or il n’y a quasiment plus de lien entre la mairie et Airbus. Il faut être prêts avec le projet de décabornation sur le golfe de Fos car on va servir de lieu d’accueil. Il faut aider les grandes entreprises à installer leurs salariés sur notre territoire, avec une offre en transport et logement. On est en dessous du quota en logements sociaux avec 800 000 euros d’amende par an ! Tout ça se réfléchit, il y a des zones à aménager, d’autres à réserver à l’agriculture, l’étang de Berre à redynamiser… Notre projet est complet.

  • À Nîmes, les réactions à notre sondage exclusif

    À Nîmes, les réactions à notre sondage exclusif

    À neuf jours du premier tour des élections municipales à Nîmes, le sondage Ipsos-BVA réalisé pour La Marseillaise et Experts et Territoires redistribue les cartes de la campagne.

    L’étude, menée auprès de 700 électeurs inscrits entre le 20 et le 28 février, place la liste « Nîmes en commun » conduite par Vincent Bouget en tête avec 29%, devant le candidat du RN Julien Sanchez (26%), Franck Proust (22%) et la liste de Julien Plantier et Valérie Rouverand (16%). La liste conduite par Pascal Dupretz est créditée de 7%. Un rapport de force qui laisse entrevoir la possibilité d’une quadrangulaire au second tour et qui suscite déjà de nombreuses réactions parmi les candidats.

    Des réactions entre satisfaction, prudence et scepticisme
  • Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    Travaux, frais d’élus et aides aux internes en débat au Département

    La présidente du département Eliane Barreille a ouvert l’assemblée départementale en saluant les médailles gagnées au Salon de l’agriculture et le classement du département comme troisième préféré des Français, avant d’évoquer « le chantier du siècle », les travaux du Pas de la Rochaille, qui devraient coûter plus de 60 millions d’euros, contre les 30 millions initialement prévus. Cette route près de Barcelonnette « est fréquentée par de nombreux camions italiens », a expliqué Eliane Barreille, avançant comprendre que le projet soit difficile à accepter pour les habitants de l’Ubaye puisqu’il y aura « des coupures de circulation pendant cinq ans ».

    La présidente du département a ensuite fait voter le renouvellement d’une augmentation des frais de déplacement des élus, proposant notamment un remboursement des repas à hauteur de 30 euros au lieu de 20, ce à quoi la conseillère départementale d’opposition de gauche Geneviève Primiterra s’est opposée. « Il est légal, mais pas moral que des élus profitent de ces remboursements », a défendu l’élue. Eliane Barreille a dénoncé un « dérapage complet », niant le terme de « profiter ». Les conseillers départementaux ont voté pour le renouvellement de l’augmentation, avec un vote contre et une abstention.

    Nouvelles aides pour les internes

    Les élus ont également voté pour une nouvelle aide financière aux internes en médecine générale venant exercer dans le département. « Le nombre d’internes a doublé sur le département » depuis le renforcement de ces subventions en 2022, a salué la présidente du département. Ils sont actuellement au nombre de 46, dont 27 dans les hôpitaux, a-t-elle précisé. Le département espère qu’ils s’installent durablement dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin de leur internat. Cinq étudiants en médecine ont sollicité cette aide pour ce semestre.

    Les élus ont aussi voté un appel à projet de 10 000 euros ouvert aux 14 collèges « pour soutenir des initiatives en lien avec l’alimentation saine et durable et sensibiliser au gaspillage », ainsi que pour « promouvoir des produits bio et locaux ». L’élue d’opposition Genevière Primiterra a regretté une enveloppe trop faible. « Vous ne mettez pas les moyens », a-t-elle affirmé.

    Eliane Barreille a tenu à organiser une conférence de presse en soutien au maire sortant de Manosque, candidat à sa réélection et conseiller départemental Camille Galtier, à la fin de l’assemblée départementale, en présence des élus des cantons de Manosque. « Certains propos méritent des éclaircissements », a avancé la présidente du département, insistant sur les projets de contournement routier proposés par les différents candidats aux élections municipales. « Certaines propositions » pour désenclaver et désengorger Manosque « utilisent des terres agricoles en zone agricole protégée (ZAP) », a-t-elle déploré. « Il est impératif de ne pas pénaliser les agriculteurs », « Je m’y opposerai de toutes mes forces », a martelé la présidente.

    Elle a défendu le projet de contournement du maire sortant de Manosque, « non consommateur d’espaces agricoles » et qui pourra être soutenu par le département. Camille Galtier, candidat à sa réélection, a défendu « la plus grande zone agricole protégée de la région » et « l’une des trois plus grandes de France ». « On est heureux d’avoir du dynamisme et des bouchons, ça veut dire qu’on est attractifs », a-t-il soutenu, décrivant Manosque comme « la locomotive du département ». Il a dénoncé une potentielle « catastrophe écologique et environnementale » dans les projets de ses adversaires « parachutés à un mois de l’élection », faisant référence au candidat RN-UDR déclaré le dernier jour de dépôt des candidatures. « Depuis la fin du cumul des mandats de député et d’élu local, des gens de Paris se présentent en local alors qu’ils sont déconnectés », a-t-il affirmé.

  • La Cité Bergère s’invite dans la campagne

    La Cité Bergère s’invite dans la campagne

    À l’instar de la circulation perturbée sur les 4 boulevards, la Cité Bergère est un caillou dans la chaussure du maire de Montpellier.

    En cause la délivrance en août 2025 d’un permis de construire qui autorise 69 logements sur un terrain privé. Un choix qui, selon le collectif qui a déposé un recours en annulation au tribunal administratif, irait à l’encontre des promesses faites par le maire et écrites en novembre 2023 dans le magazine municipal par son adjoint écologiste Manu Reynaud. À savoir : préserver 100% de la Cité Bergère. « C’est un vestige de l’histoire de ce quartier [avenue Saint-Lazare], la dernière terre agricole exploitée en centre-ville qui produit encore des légumes pour ses habitants », insiste Julien Lorentz.

    Avant de lancer une pétition signée près de 28 000 fois, le président de l’association des « Vrais amis du Père Prévost » a bien rencontré M. Delafosse pour demander le rachat par la mairie des 4 400 m² de maraîchage qui seraient réduits à 1 800 m² après construction. « On pourrait en faire un lieu social et pédagogique pour les enfants, une ferme urbaine. » Impossible, selon la municipalité. « La famille Colomina n’est pas vendeuse au prix des terres agricoles », indique Laurent Nison. L’adjoint aux grands travaux précise que via le nouveau Plan local d’urbanisme intercommunal-climat (PLUI-C), la Ville a « rendu inconstructible 80% de la parcelle qui était constructible à 100% auparavant ». M. Delafosse aurait-il dû forcer le deal à 100% ? « On ne pouvait pas spolier le droit à construire sans justification majeure. Pour une expropriation, il aurait fallu une déclaration d’intérêt général, même en préemptant on était hors des clous. La famille aurait pu attaquer et gagner », assure Laurent Nison. « Le droit s’applique à tout le monde. »

    Délivré in extremis sous les règles de l’ancien PLU déplore Thierry Teulade (Vive Montpellier Nord), le permis de construire va notamment être attaqué sur des risques supposés. « C’est une zone potentiellement sujette aux inondations pour les caves et les parkings souterrains », illustre Tristan Baudoin, citoyen engagé. « Il y a la question de la sécurité hydraulique et l’étude d’un expert agricole qui indique qu’une partie du bâtiment se situe dans une zone boisée classée », ajoute l’avocate Me Tamaris Furstenheim.

    En pleine campagne, ce projet immobilier contre lequel 7 candidats (Roumégas, Müller, Oziol, Gaillard, Saurel, Altrad, Zbairi) se sont engagés, fait resurgir le périlleux sujet de l’urbanisme. A l’instar des vieilles batailles citoyennes pour le stade du Père Prévost ou le Parc Montcalm, les responsables associatifs Tony Chavard et Jean-Michel Justamon ont le sentiment que les engagements urbanistiques des maires respectifs font long feu à Montpellier.

  • Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    Vincent Bouget, « les Nîmois seront le levier de l’avenir »

    La campagne à Nîmes s’intensifie à quelques jours du premier tour des élections municipales, dimanche 15 mars. Nous avons rencontré celui qui fait souffler un vent de renouveau sur la cité romaine avec la liste qu’il conduit, Nîmes en commun. Vincent Bouget (PCF), en tête dans les sondages, a su fédérer largement à gauche et, au-delà, chez les citoyens sur la base d’un projet co-réalisé avec les habitants. Rassembler et réconcilier la ville sont ses grandes priorités afin que toutes et tous vivent enfin bien à Nîmes.

    La Marseillaise : Si vous êtes élu maire de Nîmes, le 22 mars, quelle sera votre première mesure ?

    Vincent Bouget : Je serai fidèle à ma méthode et à mes engagements : j’irai voir les agents de la Ville qui seront dès le lendemain de l’élection et tout au long du mandat celles et ceux qui mettrons en œuvre la politique. Ils sortent de 25 ans d’une gestion assez autoritaire. Le maire n’a jamais rencontré les organisations syndicales du personnel municipal. Moi, j’ai besoin de les écouter, parce que c’est avec eux que nous allons agir.

    Ensuite, il faut s’occuper des enfants. D’abord, la préparation de la fin de l’année scolaire parce que l’année dernière 81 écoles sur 83 ont été fermées à cause de la canicule. Ensuite, il y a les vacances et on sait que, pour un certain nombre de nos enfants et de leurs familles, l’été est long, voire dur à passer. Il faut proposer à la fois une véritable offre d’activités à Nîmes, et des départs en vacances pour les plus modestes, en lien avec les associations. Et puis, il faut préparer la rentrée pour que l’école redevienne un lieu d’émancipation pour nos enfants. Et enfin, parce que les arbres qui feront de l’ombre dans 15 ans doivent être plantés aujourd’hui, nous lancerons très rapidement, en avril, le grand plan de végétalisation partagé, accompagné d’urbanistes, dans une démarche de concertation avec les Nîmois.

    Nîmes en commun, c’est un collectif mais c’est aussi une démarche participative menée depuis un an et demi. Est-ce que cela explique la dynamique de votre campagne ?

    V.B : Je fais confiance aux Nîmoises et aux Nîmois pour décider de leur avenir, donc nous avons commencé il y a 18 mois, en les écoutant. Je suis convaincu que cette façon de faire recrée du lien et de la confiance. Loin du spectacle national très rejeté par la population et très éloigné de la vie quotidienne. On ne résout pas les difficultés sociales à coups de tweets : la complexité des situations appelle des réponses de fond, partagées et travaillées avec les habitants. Nous avons donc largement donné la parole, sans la prendre nous, pour rompre avec cette distance entre les responsables politiques et la population. Il a d’ailleurs été beaucoup question de lien social, de retrouver des liens entre les gens. Et aujourd’hui, les propositions que nous faisons, construites avec les Nîmois, trouvent un véritable écho dans la population.

    Chacune de vos réunions publiques fait le plein. Comment l’expliquez-vous ?

    V.B. : Les Nîmois, comme partout ailleurs mais ici encore plus, ont été considérés comme des spectateurs ou des consommateurs de la politique. Notre volonté a été tout de suite de leur dire « soyez actrices et acteurs » en prenant part à la réflexion sur l’avenir de notre ville. Et au soin du 22 mars, nous continuerons. La politique que nous voulons mener ne pourra se réaliser pleinement que si, dans la ville, les Nîmoises et les Nîmoises y prennent toute leur part. La participation citoyenne est un levier de transformation de la ville et de la vie.

    Nîmes en commun c’est aussi une union forte des gauches (hors LFI), citoyenne et écologique. Cette union, dans la diversité, est-elle aujourd’hui indispensable pour proposer une véritable alternative ?

    V.B : Cette union n’est pas un accord électoral de partis où comme d’habitude on se partage des bouts de liste et des bouts de programme. Nous avons fait l’inverse. J’ai proposé à toutes les sensibilités de la gauche politique, sociale et citoyenne de se retrouver dans une démarche d’écoute et de mise en débat avec la population. Une très large majorité à dit « oui » et aujourd’hui, le collectif Nîmes en commun compte plusieurs centaines de personnes. Nous ne sommes pas une superposition de partis, mais un collectif solide, avec des composantes partisanes en soutien de cette démarche et apportant toute leur expérience militante. Nous avons naturellement conjugué nos différences et fait de la diversité un atout. Cette union demain restera toujours solide parce qu’elle est riche d’une expérience, de cette aventure qui dure depuis l’automne 2024. Et je crois que cela répond sincèrement à l’aspiration à l’unité qui est très forte dans la population. Le rassemblement est la seule voie crédible, une des conditions de la victoire.

    Cette culture de l’unité n’est pas propre à cette campagne ?

    V.B : J’ai toujours été convaincu que le rassemblement était la seule voie possible. Rassembler les partis, mais avant tout, rassembler les Nîmois. Je creuse un sillon depuis plus de dix ans. En 2020, c’était une amorce de ce que l’on fait aujourd’hui, c’est-à-dire d’ouvrir la construction du projet aux habitants. Et puis nous avons marqué des points aux municipales, ce qui nous a donné du crédit. En 2021, nous avons réussi l’union aux élections départementales et, avec mon binôme écologiste, nous avons gagné un canton sur la ville, face à la droite, puis à l’extrême droite. Depuis 2020, avec le groupe de gauche à la Ville, nous avons travaillé sur tous les dossiers, pour préparer l’élection de cette année. Quand à l’automne 2024 on a décidé de s’engager dans l’élection municipale on s’est appuyé sur toute cette histoire. J’espère que le travail paiera, au bout. En tout cas, il nous est crédité.

    Les Nîmoises et les Nîmois méritent tout cet engagement. Je ne crois pas qu’on leurre longtemps les habitants à coups de petites phrases, de coups de communication comme on le voit aujourd’hui à droite comme à l’extrême droite avec des gens qui font volte-face, trahissent ou qui débarquent dans cette ville et qui tels des vautours, fondent sur les difficultés sociales en espérant prospérer dessus.

    Je crois que les gens reconnaissent la sincérité, l’humilité, le travail. Je n’ai pas d’autre façon de faire de la politique. Il faut redonner toute sa dignité à l’action publique, c’est la seule façon de respecter les gens. Quand on respecte la parole des Nîmois, on reconnaît leur dignité démocratique.

    Nîmes est une ville qui a des difficultés importantes sur le plan social, économique, de l’emploi. Comment une municipalité peut-elle agir ?

    V.B : On pouvait penser que la droite était une experte en économie. En réalité on voit que les échecs sont nombreux et l’absence de réalisations est patente. L’exemple le plus marquant est la zone Magna Porta qui tous les ans est présentée comme celle qui va créer des milliers d’emplois et, au final, reste désespérément vide. Quand on discute avec les salariés, les chefs d’entreprise on s’aperçoit de l’isolement complet des responsables politiques qui ne dialoguent pas. C’est un constat que j’ai fait en rencontrant les entrepreneurs du territoire. Nous proposons que la Ville joue un rôle de lien. La Ville et l’agglomération doivent mettre autour de la table tous ceux qui participent à la création d’activités économiques. C’est ce que nous proposons avec la création d’une agence de développement économique qui n’existe pas. Et nous devons préparer l’avenir, en créant des filières dans les domaines de la transition écologique, de la gestion de l’eau. Enfin, Nîmes doit renouer avec son histoire, en s’investissant pleinement dans l’économie sociale et solidaire, qui est un vrai modèle vertueux et prospère. Nous créerons une école de la coopération. Cette fierté nîmoise doit être un levier de développement.

    Les sondages vous placent tous en tête du premier tour, le 15 mars. Mais vos adversaires de droite sont bien présents et, surtout, l’extrême droite menace. Pour l’emporter, Nîmes en commun doit largement rassembler. Quel est votre message aux Nîmois ?

    V.B : C’est le message que nous portons depuis le début : réunir les Nîmoises et les Nîmois est notre premier engagement. Réunir et respecter tout le monde. Pour nous, chacune et chacun comptent. Les 15 et 22 mars, les citoyens ont un choix : faire de Nîmes une ville méditerranéenne qui compte, ou ne rien changer, voire sombrer dans le repli sur soi et la haine de l’autre. Nous avons déjà suffisamment de Defi à relever : le réchauffement climatique, la drogue… Je ne me résoudrais pas à ce qu’en plus nous ayons l’extrême droite ! Ce danger, c’est la base de mon engagement. Notre message est donc simple : dès le premier tour, si nous voulons faire face, ensemble aux difficultés et avancer sereinement, il faut une large mobilisation. Être rassemblé, dans le respect des convictions et des différences de chacun.

  • Pas moins de trois candidats pour les Argentiérois

    Pas moins de trois candidats pour les Argentiérois

    Je pars avec cinq adjoints et deux conseillères de l’ancienne équipe, qui ont déjà l’expérience et la connaissance des dossiers de la commune », met en avant Alain Sanchez. Maire sortant, il a succédé à Patrick Vigne en 2021, dans un contexte difficile, suite au décès de ce dernier. L’édile met en avant une liste où se trouvent « cinq adjoints et deux conseillères de l’ancienne équipe, qui connaissent les dossiers et ont l’expérience de la gestion d’une commune. » Il entend s’appuyer sur son bilan en matière de redressement de l’endettement de la commune, une « rigueur budgétaire retrouvée » même si le chantier est loin d’être terminé selon lui.

    De son côté, Rémy Roux, conseiller municipal depuis 12 ans, et départemental depuis cinq ans, mène la liste « L’avenir au cœur de l’Argentière-La-Bessée », composée « d’une diversité qui représente les Argentiérois, des entrepreneurs, des membres du monde associatif, de la fonction publique… Tous et toutes compétents dans leur domaine. » Conseiller municipal pendant plus de trente ans et déjà présent en second dans l’équipe d’Alice Prudhomme en 2020, cette fois Jean-Pierre Rippert, conduira la liste « Quoi de neuf pour l’Argentière ? »

    Rénover le foncier municipal

    Parmi les préoccupations de campagnes, la question de l’aménagement de la friche industrielle des FAP occupe une place majeure pour les trois candidats. Autre problématique structurant à l’Argentière, tous trois ont fait de la question du logement et de la rénovation des logements municipaux une priorité. La commune manque d’offre locative, à la fois pour retenir et installer ses jeunes et pour offrir un habitat adapté à ses aînés.

  • À Sisteron, la liste d’union de la gauche fait salle comble

    À Sisteron, la liste d’union de la gauche fait salle comble

    Syndicalistes, associatifs, maires, députés de gauche et habitants se sont réunis vendredi, à Sisteron, pour soutenir la liste citoyenne d’union de la gauche Demain Sisteron lors de son meeting de fin de campagne. Les colistiers ont insisté sur « la défense des services publics à Sisteron», la santé et l’idée de «dépersonnifier le pouvoir politique». Cédric Volait, responsable de la CGT Santé 04, a évoqué la lutte pour la réouverture des urgences à Sisteron. «La lutte paye quand on a des relais locaux progressistes», a-t-il affirmé. «Tous les hôpitaux tiennent sur un fil, ils sont tellement à flux tendu qu’il suffit qu’un médecin parte à la retraite pour que le service soit menacé de fermeture», a déploré le syndicaliste.

    Michèle Bizot-Gastaldi, maire communiste d’un petit village de 350 habitants, La Palud-sur-Verdon, est également intervenue au meeting. «Il n’y a pas d’élections apolitiques, les listes sans étiquette n’existent pas. Une liste qui rassemble l’ensemble des forces de la gauche dans le département, c’est rare, je salue cette initiative», a-t-elle déclaré. «Tous les services publics sont fondamentaux», a-t-elle ajouté, félicitant les propositions de la liste Demain Sisteron.

    Recruter des médecins salariés

    Olivier Jourdan, deuxième sur la liste, a insisté sur leur proposition phare: recruter des médecins salariés. « Notre collectif s’est fondé sur un gros consensus : mettre les valeurs et le programme avant les noms et les visages », a-t-il martelé. « Nous voulons faire en sorte que chaque Sisteronais et Sisteronaise puisse avoir un médecin traitant, avec l’objectif d’un généraliste pour 1000 habitants », a-t-il expliqué. « Le salariat permet d’attirer médecins plus jeunes », a affirmé Olivier Jourdan.

    Véronique Verdié, secrétaire du collectif Solidarité Réfugiés Sisteron, dont plusieurs membres de la liste font partie, est également intervenue. Elle a insisté sur l’importance d’intégrer les réfugiés et d’avoir une ville accueillante. Claude Mikaelian, colisitier communiste et militant syndicaliste, a évoqué l’importance des «luttes pour le maintien de l’emploi» et a salué la proposition de créer «un lieu de refuge immédiat et sécurisé pour les femmes victimes de violences par un conjoint ou un ex-conjoint». Il a souhaité que Sisteron intègre «l’association internationale des communes pour la paix». L’ancien député Nupes Léo Walter a affirmé : « si on multiplie les communes de gauche dans le département, ça donnera de la force à nos luttes ». «Avoir une commune tenue par la gauche antifasciste est essentiel », a-t-il défendu. La salle était pleine à son comble.

  • À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    À Avignon, Olivier Galzi et sa liste qui cadre à droite

    Assis au premier rang, jeudi soir à la salle de Montfavet, le sénateur LR Jean-Baptiste Blanc, et l’un de ses prédécesseurs Alain Dufaut, viennent applaudir Olivier Galzi, qui présentait sa liste. « Je les découvre », assure le candidat (DVD) à Avignon, satisfait du soutien « avec l’étiquette laissée au vestiaire ». Si le Cavaillonnais Jean-Baptiste Blanc prospecte en vue des sénatoriales de septembre en quête de grands électeurs, sa présence vient confirmer que l’ex-journaliste TV est le candidat de la droite.

    Un créneau que préempte aussi Stéphan Fiori, l’entrepreneur qui ici même un mois plus tôt, dévoilait une liste très pro business. « Ce n’est pas mon sujet, on ne discute pas ensemble ni avant, ni après le premier tour », répond Olivier Galzi alors que Stéphan Fiori a assuré vouloir se maintenir, hypothéquant de fait une possible victoire de la droite. Mais avant cela, il y a un premier tour et 52 colistiers, de 18 à 77 ans. « Ils se sont engagés sans rien négocier, pas par calcul électoral ou personnel, la seule promesse que l’on s’est faite, c’est de donner notre temps et notre énergie », revendique Olivier Galzi.

    Le candidat, qui met en place une charte éthique pour ses colistiers, liste six principes : transparence, équité, lisibilité, responsabilité, intégrité et consultation. Des promesses distillées sous forme de critiques à l’endroit de la majorité sortante et de celui qui entend la poursuivre, David Fournier (PS). En parlant de transparence, Olivier Galzi aurait pu être un peu plus clair sur certains profils de colistiers, dont plusieurs ont déjà été élus (Valérie Wagner, Christian Paly, Isabelle Altayrac) sous la majorité de droite de Marie-Josée Roig (UMP). Jamais dans leur présentation, cela n’a été évoqué. Le seul dans ce cas fut Florian Borba-Da Costa, adjoint au commerce de la maire Cécile Helle lors du premier mandat. Ou Marc Serein, antépénultième de liste, et maire (PS) de Bollène (2000-2008). Les possibles délégations n’ont pas été confirmées, mais Jean-Luc Queyla (3e de liste) et ancien chef des pompiers d’Avignon [candidat en 2020 avec Michel Bissière (LR)] devrait s’occuper de la sécurité.

    On note beaucoup de cadres, consultants, entrepreneurs, directeurs, responsables. Un manque de diversité ? « Non, coupe court Olivier Galzi. On a énormément de gens qui sont issus de la méritocratie, qui ont des compétences et ont, comme point commun dans leur parcours, de s’être mis au service des autres. » À l’instar de sa « moitié, bien qu’elle ne soit pas là pour ça », Anaïs Haussmann.

  • À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    À Avignon, Amine Kessaci appelle à voter David Fournier

    Vous êtes un héros, Monsieur, je ne pensais pas vous voir ici », salue, la voix tremblante, un ado de 17 ans à destination d’Amine Kessaci. En ce début d’après-midi de vendredi, sur la place de l’Horloge, le militant antinarcotrafic, candidat aux municipales à Marseille en 3e position sur la liste de Benoît Payan (DVG), est là en appui de David Fournier (PS) et sa liste de rassemblement de plusieurs partis, dont les Ecologistes où Amine Kessaci milite. Même à Avignon, sa popularité dépasse celle du candidat local. « Tu es un exemple, ton aura, ton combat sont un modèle d’engagement », ne manque pas de souligner David Fournier, qui s’était rendu, mi-novembre à Marseille, à l’hommage rendu à Mehdi, petit-frère d’Amine Kessaci, froidement abattu dans un crime considéré comme d’intimidation.

    « Je n’ai pas peur, personne ne m’empêchera d’aller tracter », assure avec force et charisme Amine Kessaci, suivi de près par un impressionnant dispositif de sécurité. En aparté, il confie qu’il est plus facile pour lui de faire campagne hors de Marseille et défendre ses idées au niveau national par le biais de son association Conscience ou le projet qu’il porte avec l’association des maires de France. « On souhaite créer un dispositif très concret de dépaysement, qui permettra entre maires de s’entraider pour sortir des jeunes des réseaux de narcotrafic en les envoyant dans d’autres villes avec un emploi et un logement », illustre-t-il. En attendant, Amine Kessaci vient dire « toute sa confiance à David pour porter la dignité dans les quartiers populaires, pour réparer ce qui a été cassé, réapporter du service public, travailler avec la police municipale, qu’il ne faut pas désarmer », glisse-t-il, dans une allusion à certaines prises de position de la France insoumise.

    Un appel au vote utile

    dès le 1er tour

    David Fournier se pose en garant d’une approche globale sur la sécurité, défendant la proximité en misant sur des postes mutualisés entre police nationale et municipale, comme celui en travaux sur la Rocade (lire page 16), sans oublier les attentions portées aux enfants (petit-déjeuner dans les écoles, bas tarifs dans les cantines) ou à la jeunesse et leurs familles (sécurité sociale de l’alimentation, mutuelle communale pour le logement et les véhicules). Juste avant de conclure la séquence, Amine Kessaci insiste sur le vote utile. « Face à la droite et son extrême, la désunion n’est pas la solution, je dis à tous les électeurs de gauche, la seule liste en capacité de gagner, c’est celle de David dès le 1er tour, quand on se dit antifasciste, il faut aussi parfois accepter de se retirer », prévient-il.