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  • [Entretien] « Le vote utile pour Toulon, c’est celui pour Josée Massi »

    [Entretien] « Le vote utile pour Toulon, c’est celui pour Josée Massi »

    La Marseillaise : Quelle politique comptez-vous mettre en place en direction des plus fragiles ?

    Julien Orlandini : Nous avons un axe dédié, dans notre projet, qui s’appelle Toulon solidaire. L’idée est de considérer qu’on doit d’abord améliorer le service public municipal pour l’ensemble des Toulonnais, mais qu’il y a des Toulonnais qui ont, en particulier, des difficultés de vie, des difficultés dans leur parcours et qu’il faut spécifiquement soutenir. Notamment les familles monoparentales, qui sont en fait surtout des mamans solos et qui sont beaucoup plus concernées par la pauvreté, avec beaucoup moins de possibilités de trouver un emploi. Donc, on propose de leur offrir un lieu qui s’appelle l’Escale des Femmes, qu’on installera au Pont du Las. Ce sera un lieu d’accueil, avec des professionnels du soutien psychologique et de l’accompagnement social. Pour ces femmes, d’ailleurs, on continuera l’effort qui a été fait sur les crèches à vocation d’insertion professionnelle, qui sont des structures créées par Josée Massi.

    Et en direction de la jeunesse ?

    J. O. : C’est d’ailleurs le deuxième public fragile, au sens de vulnérabilité, qu’on souhaite soutenir, et en particulier aussi les étudiants. On sait qu’ils sont confrontés à des enjeux d’accès au logement, de précarité alimentaire et à des problématiques de santé, aussi.

    Sur la précarité alimentaire, il y a des choses qui se font déjà avec la Fédération des étudiants toulonnais (Fedet) qu’on a rencontrée. L’idée, c’est de créer une cantine solidaire qui s’appellerait la Copine Toulonnaise. On s’est inspirés de ce qu’on a vu dans d’autres villes, en l’occurrence à Paris. C’est aussi un enjeu de santé et de prévention nutritionnelle.

    Pour leur favoriser l’accès au logement, on a le projet de résidence universitaire à La Rode, mais pas que. Nous allons également créer un espace d’écoute santé mentale, puisqu’on sait que les jeunes sont de plus en plus confrontés à cette problématique. On va beaucoup travailler avec l’assurance maladie notamment sur ces sujets.

    Ensuite viennent les seniors…

    J. O. : Bien entendu. C’est le troisième public auquel on pense quand on parle de fragilité. Nous devons continuer et accentuer les actions sur ce qu’on appelle le « bien vieillir ». Il y a beaucoup de choses qui sont faites aujourd’hui par la municipalité. Nous allons les renforcer et faire mieux connaître encore tous les ateliers sur la prévention de la perte d’autonomie mis en place par le CCAS et avoir une action particulière sur la prévention de l’isolement.

    Il y a beaucoup de personnes qui vieillissent seules aujourd’hui. L’idée est de les repérer et d’aller vers eux pour leur proposer des activités. Pour faciliter leur mobilité, nous allons mettre en place des diablines, ces minibus électriques comme on voit à Aix-en-Provence, afin de faciliter leurs déplacements vers le centre-ville.

    Concernant l’accès à la santé, qu’est-il prévu ?

    J. O. : On a beaucoup parlé jusqu’ici des maisons de santé, un peu moins des équipes mobiles de santé. Il en existe déjà avec des associations comme Promo soins. L’idée, évidemment, c’est de continuer à les soutenir. Il est important d’ailleurs de rappeler que Josée Massi a augmenté le soutien aux associations depuis qu’elle est arrivée, en 2023, de plus d’un million d’euros. Il faut qu’on intensifie encore cet « aller-vers ». C’est aussi un des enjeux du projet.

    C’est un projet que vous qualifieriez de social ?

    J. O. : C’est surtout un projet qui prend en compte les besoins de tous les Toulonnais, et en particulier des plus vulnérables, des plus fragiles. C’est un projet de prévention, d’égalité des chances pour toutes et tous. C’est un projet qui est ouvert à toutes les sensibilités et qui, effectivement, a pour but la protection.

    Je rappelle que la sécurité, ce n’est pas que la sécurité publique. Bien sûr qu’il faut de la police municipale, mais on appréhende la sécurité dans un cadre plus global. On doit protéger les Toulonnais dans leur parcours de vie, donc, effectivement, les plus fragiles.

    Qu’est-ce qui va se jouer dans ce scrutin ?

    J. O. : Les Toulonnais ont d’abord à choisir un maire. Ils ont un maire sortant et qui a fait ses preuves. Toulon ne doit pas être le trophée d’un parti. Nous, on doit pouvoir rassembler très large dès le premier tour. Et les électeurs qui n’auraient pas choisi Josée Massi au premier tour pourront, honnêtement, s’ils regardent bien notre programme, voter sans difficulté pour elle au second tour. En tout cas, on fera en sorte de les convaincre. Mais déjà, on veut les convaincre de le faire dès le premier tour. Josée Massi, c’est le vote utile pour Toulon.

  • Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Il faut arrêter de dire qu’on n’a jamais essayé alors qu’on voit que, localement, il y a plein de cas qui montrent que les municipalités d’extrême droite sont contre les associations », lance en ouverture d’une rencontre ce jeudi 12 mars avec des associations locales Thomas Renaux, représentant de VoxPublic. Cette structure basée à Paris accompagne les organisations qui le souhaitent dans leur démarche et vient de produire un bilan des gestions municipales des villes gérées par le Rassemblement national.

    Devant une trentaine de personnes sont évoquées les grandes lignes de ce rapport. Et comme La Marseillaise l’évoquait également dans notre dossier publié dans notre édition du 13 février, les associations sont les premières à pâtir d’une prise de pouvoir du parti de Jordan Bardella. « On constate des attaques très très fortes contre le tissu associatif et le secteur culturel. Et même des mairies qui arrêtent de mettre à disposition des locaux, ce qui a donc un très fort impact local », insiste Thomas Renaux. Dans le document, que nous avons pu consulter, VoxPublic pointe par exemple la suppression de la cantine et de la garderie gratuites au Pontet au début du mandat de Joris Hébrard. Ou encore le départ forcé de la compagnie Okkio de locaux mis à disposition par la mairie de Morières suite à une prise de position contre l’extrême droite. « Une note complète pour vraiment éclairer sur ce qu’est le Rassemblement national au niveau local », poursuit Thomas Renaux.

    Une gestion qui « a évolué depuis quelques années », pointe un responsable associatif. « Le Rassemblement national n’a pas la même politique que le Front national. C’est beaucoup plus insidieux », poursuit Nicolas*, membre d’une structure organisant des événements musicaux à travers la région. Il regrette que « cela nous engage à danser avec le diable, car c’est le diable qui mène la danse » et qu’il « faudra être très vigilant ». « On met des événements en suspens, car il est hors de question de travailler avec des collectivités de ce bord-là », poursuit-il, pointant notamment les listes déclarées à Carpentras.

    25 listes d’extrême droite

    Et il faut dire que le département de Vaucluse n’est pas en reste. Les villes du Pontet, de Morières-lès-Avignon et de Camaret-sur-Aigues sont sous pavillon RN. « Et on pourrait ajouter quelques villes de par leur proximité et leurs discours », glisse Philippe Jaffré, militant local. Il a comptabilisé 25 listes d’extrême droite en Vaucluse, contre 19 il y a 6 ans. « Et certaines intercommunalités risquent de glisser par la suite, ce qui serait catastrophique », ajoute Philippe Jaffré, citant le Grand Avignon, les Sorgues du Comtat ou la Cove.

    D’autres s’inquiètent également des sénatoriales à venir et de la présence de personnes proches ou passées par le parti d’extrême droite sur des listes qui ne sont pas étiquetées de ce bord-là. « On en voit plusieurs se mettre en position favorable pour être dans un conseil et être des grands électeurs pour le Sénat. C’est une vision développée par le RN. Ils ont ciblé 700 communes. Mais au-delà, ils placent des pions partout pour faire en sorte de faire basculer des agglos et autres », pointe, inquiet, Nicolas*. « La nouveauté, c’est qu’ils ont pu former des cadres. Et ceux-ci sont placés parfois en sous-marin », ajoute Philippe Jaffré.

    *Prénom modifié

  • Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Actuellement, les services de la Région sont en pleine réflexion quant à l’avenir de l’aéroport. Le site est actuellement confié à une société satellite de la chambre de commerce et d’industrie, dont la délégation de service public s’achève à la fin de l’année. Sans se projeter vers le futur lauréat, la CCI semble définitivement hors jeu depuis sa mise sous tutelle et, avant cela, les remontrances de Renaud Muselier, président (Ren.) de Région.

    Structurellement déficitaire, sans vols commerciaux depuis 4 ans, l’aéroport questionne sur son utilité. Si la Ville n’a pas la main à 100%, elle a toutefois son mot à dire lors de comités de site ou via les règles d’urbanisme. Dans le sillage du député Raphaël Arnault (LFI) qui y voit un « non-sens écologique et social » et avait interpellé l’an dernier le ministre des transports, Mathilde Louvain est la seule candidate à souhaiter la fermeture de la structure. Pollution atmosphérique, gouffre financier d’argent public sont pointés du doigt par l’insoumise qui veut transformer le foncier existant en agriculture.

    Côté David Fournier (PS), son programme indique vouloir « réduire les nuisances sonores et améliorer la qualité de l’air avec des études environnementales ». Dans son entourage, on récuse tout développement de vols commerciaux et d’aviation privée, qui serviront les intérêts du Luberon ou des Alpilles. Il y a une semaine, David Fournier s’est rendu sur site en compagnie de Raquel Garrido et Alexis Corbière, du parti l’Après. Bien aiguillés par leurs responsables locaux, Yves Marie-Cardine et Frédérique Boyer, également responsables de l’Un-Adrac, association de riverains de l’aéroport. Dans un communiqué, l’Un-Adrac attend de la période « un débat démocratique sérieux sur l’utilité réelle de cette infrastructure, son coût pour les finances publiques et ses impacts environnementaux ».

    À droite, le candidat Olivier Galzi est soupçonné d’entrisme par son récent passé professionnel chez Edeis, qui l’a amené « à avoir géré 17 aéroports de territoire », confie-t-il à La Marseillaise. Sans surprise, « ces infrastructures constituent un véritable atout pour l’avenir ». Non pas en « développant des vols commerciaux vers des villes balnéaires ou vers Paris, mais d’imaginer des infrastructures tournées vers l’avenir, par exemple autour de l’économie des drones », détaille Olivier Galzi, qui croit beaucoup en « l’aviation verte décarbonée, hybride, voire totalement électrique qui pourrait devenir le mode de transport le plus écologique qui existe ».

  • À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    Au lendemain de David Fournier (PS), l’autre candidate de gauche à Avignon, Mathilde Louvain (LFI) tenait, ce jeudi soir, son ultime grande réunion publique à la salle de Montfavet. Deux salles, deux ambiances, mais un objectif commun affiché : être en tête de la gauche dimanche soir. « La ville est à un tournant, il va falloir tourner à gauche, très à gauche », campe Mathilde Louvain, en maîtresse de cérémonie, donnant la parole à plusieurs colistiers – venus du PCF, Génération.s ou Avignon collectif -, lançant clips de campagne et même un intermède musical avant de laisser conclure Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise.

    « Nous sommes la gauche la plus proche de l’esprit du Nouveau front populaire, qui tient bon ses promesses, car on ne peut localement se mobiliser contre le logement insalubre et pour l’école et accepter les budgets à l’Assemblée nationale », pique Manuel Bompard à l’endroit, sans le citer, du PS. Le député marseillais s’est attelé aussi à déconstruire « l’extrémisme » dont on affuble son parti. « Est-ce violent que de réclamer des repas de qualité gratuits à la cantine ou du logement social de qualité ? », questionne-t-il. Juste avant, Mathilde Louvain a décliné la même idée. « Notre radicalité fait peur ? Peur des cantines bio et gratuites, de la régie publique de l’eau, de la gratuité des transports », abonde la tête de liste qui a oscillé entre mantras programmatiques (fabrique des communs, démocratie) et punchlines : « L’écologie sans les besoins sociaux, c’est du jardinage » ou Olivier Galzi (DVD), qualifié de « technocrate fascisant ».

    Fusion oui, désistement non

    Mathilde Louvain s’est aussi revendiquée de Louis Gros, ancien maire bâtisseur et député qui avait refusé les pleins pouvoirs à Pétain. La veille, David Fournier, l’a aussi cité en exemple. « Nous travaillerons à une liste unique à gauche, dans le respect de nos marqueurs », annonce Mathilde Louvain quand son concurrent réserve sa réponse après le premier tour. Si côté David Fournier on serine l’idée d’un vote utile, Manuel Bompard répond « vote efficace » pour Mathilde Louvain, car « elle tendra la main pour rassembler la gauche au second tour et battre la droite et son extrême ». « Si on n’est pas en tête à gauche, on sera disponible pour une fusion technique pour constituer un front antiraciste et antifasciste », assure Manuel Bompard déclinant tout désistement, comme certains le réclament. « Pas au programme », certifie aussi Mathilde Louvain.

  • À Sanary, Jean-Pierre Meyer pour l’alternative

    À Sanary, Jean-Pierre Meyer pour l’alternative

    Pour sa dernière réunion publique avant les élections, Jean-Pierre Meyer recevait Léo Purguette, pour une séance de questions-réponses de près de deux heures vouée à présenter le candidat de Renouveau pour Sanary. « Cela ne compense pas le débat public que j’aurais souhaité, que tous les candidats sauf Philippe Heno ont décliné », relevait toutefois Jean-Pierre Meyer.

    Se présentant comme un candidat « au service des autres », il a justifié son choix d’afficher le soutien de partis politiques de gauche : « Sans partis, il n’y a pas de liste. Nous disons qui nous sommes, quand les quatre autres listes sont divers droite. C’est gênant, car quand on élit un maire, on élit un grand électeur, qui élit les sénateurs. »

    Vers un retour de l’eau

    en régie publique

    Le président et directeur éditorial de La Marseillaise est revenu sur le mandat qui touche à sa fin, marqué par la condamnation du maire Ferdinand Bernhard à 5 ans d’inéligibilité : « Dans le Var, on a créé des petits seigneurs avec des mandats de plus de 30 ans, qui donnent un sentiment de toute-puissance », a répondu Jean-Pierre Meyer, qui s’est dit en faveur d’une « limitation à deux mandats », mais aussi « du référendum d’initiative citoyenne » pour faire contrepoids et renforcer l’engagement citoyen. Sur un dossier qu’il connaît bien, le Centre de traitement obésité infantile Les Oiseaux, sa fermeture est selon lui « un grand gâchis, un scandale d’État ».

    Le candidat communiste s’est ensuite prononcé sur les services publics, déterminants dans le contexte de baisse du pouvoir d’achat, incarnant selon lui l’un des rares leviers communaux. Le candidat propose ainsi, entre autres, la création d’un centre de santé communal : « Les médecins sont plus enclins à devenir salariés. Cela évite aussi la marchandisation de la santé et protège les valeurs fondamentales de la sécu : la santé pour tous et le tiers payant intégral », plaide-t-il.

    Sur l’important sujet de l’eau, il a évoqué sa prise en charge par la communauté d’agglomération, dont « certains candidats ne parlent pas, alors que c’est là que se prennent les décisions », a-t-il fustigé. Il affirme ainsi « envisager le retour à la régie publique, qui coûte moins cher que la DSP », tout en disant espérer que sa liste fera « au moins 15% pour avoir un siège à la communauté d’agglomération ».

    Sur les questions de vie quotidienne, Jean-Pierre Meyer milite en faveur de l’accession sociale à la propriété, du logement social et de la limitation des Airbnb. Avec le logement, la tranquillité publique, remise en cause par le narcotrafic. « S’attaquer aux dealers ne suffit pas, il faut que l’État remplisse sa mission régalienne », martèle-t-il. Un frein au vivre ensemble comme l’est le manque d’accès à la culture, dont « on a laissé croire qu’elle ne pouvait appartenir qu’à des classes sociales élevées », et que celui qui se présente comme un « élu de la minorité, pas de l’opposition » veut avant tout que sa liste soit « utile à l’intérêt commun » comme le proclament ses affiches.

  • Les prémices d’un printemps avec Toulon en Commun

    Les prémices d’un printemps avec Toulon en Commun

    Depuis un an, j’ai rencontré tant de visages, qui m’ont marqué au cœur, des hommes et des femmes de notre liste qui à force de petites luttes parviennent à soulever des montagnes », commence la tête de liste de Toulon en commun Magali Brunel (PS). En évoquant aussi tous ces êtres rencontrés pendant la campagne sur les places, cafés citoyens et dans les étages des immeubles. Parmi eux, « Émilie, qui travaille au conseil départemental, et qui part avant le premier bus le matin, laissant ses deux fils », qui lui confie : « J’ai su en arrivant dans cette cité, que j’allais les perdre… j’en ai perdu un. »

    « Vous êtes le sens de nos combats ! Les germes de ce printemps 2026, ceux qui porteront le changement dont a tant besoin Toulon », déclare-t-elle, en expliquant comment l’équipe de s’est nourrie aussi de ces histoires. Pour la cheffe de file, « Toulon la combative, ne se résigne pas, même si, dans tant de quartiers gronde le sentiment d’abandon ».

    Et d’épingler les fausses promesses et les grandes déclarations de ceux qui n’ont pour ambition que leur propre ascension.

    Comme la candidate RN Laure Lavalette qui propose d’engager la ville contre les polluants éternels (PFAS), alors que, rappelle-t-elle, le 20 février le parti à la flamme a voté contre le projet de loi qui visait à protéger les concitoyens, de ces mêmes PFAS. Même ambiguïté concernant les campagnes de préventions des cancers du sein, alors que le RN rejette, insiste Magali Brunel, la prise en compte intégrale des soins liés au cancer du sein…

    « Nous sommes le vote utile »

    Et de poursuivre : « Nous portons le seul projet qui affronte avec courage et audace les défis de demain. » Et qui entend tout à la fois agir pour la sécurité dans les quartiers et sur les écoles afin qu’elles jouent leur rôle de mixité et d’ascenseur social.

    Quant à la probité, Magali Brunel déroule les condamnations des élus de droite LR. Comme l’ex-maire de Toulon Hubert Falco, celui de Sanary Ferdinand Bernard, de La Seyne Nathalie Bicais, ou de Marc Giraud ex-président du conseil départemental… Sans compter « le fiasco judiciaire du FN en 95 », qui a vu la condamnation de Le Chevalier à un an de prison avec sursis, et de sa femme, actuel soutien de Mme Lavalette, épinglée pour « discrimination fondée sur les opinions politiques », et de cinq de ses adjoints pour des faits de corruption. Du côté de l’extrême droite l’hécatombe continue encore aujourd’hui dans le département.

    Concernant la solidarité, la représentante de la gauche unie tacle autant Laure Lavalette que le député LR Bonnus « qui n’ont pas un mot pour lutter contre la hausse des loyers, contre le logement indigne et pour des logements sociaux dignes, sûrs et écologiques ». Et d’ajouter : « Par l’encadrement des loyers, nous nous contraindrons les propriétaires à pratiquer des prix justes, par la gratuité des transports en commun, nous allégerons la facture familiale, par les centres de santé nous assurerons une santé pour tous, sans avance ni dépassement d’honoraires et par les kits de fournitures scolaires gratuits, nous mettrons tous les enfants à égalité et nous allégerons la facture de la rentrée ! »

    Des propositions qui prennent en compte les réalités du quotidien, qui parle logement, transport, santé, alimentation, souligne Magali Brunel. Elle conclut : « Nous sommes le vote utile, le changement responsable, le printemps qui vient. »

  • À La Roque-d’Anthéron, Waren Boukhecham trace sa voie

    À La Roque-d’Anthéron, Waren Boukhecham trace sa voie

    Alors que dans plusieurs villes, les listes « sans étiquette » se multiplient, à La Roque-d’Anthéron, Waren Boukhecham estime qu’assumer une liste « citoyenne » constitue un atout. « Contrairement à la liste du maire sortant [Jean-Pierre Serrus], qui est Renaissance, et la liste de l’autre candidat [Jean-Philippe Prost], soutenue par LFI, nous parlons à tous les Rocassiens, c’est notre différence », juge Waren Boukhecham, à la tête de « La Roque Pour Tous », classée divers gauche par la préfecture.

    Dans cette commune d’un peu plus de 5 000 habitants, deux listes de gauche sont en lice pour tenter de ravir une mairie dirigée par la droite. Après plusieurs semaines de campagne, Waren Boukhecham a tenu une dernière réunion publique, à laquelle une « centaine de personnes » aurait participé, mercredi soir. L’occasion, dit-il, de « mettre l’accent sur dimanche ». « Ils auront le choix de continuer doucement vers l’endormissement, ou le réveil, en votant pour nous », lance le candidat, qui promet de faire des « festivités » et de la « jeunesse » des priorités. Waren Boukhecham estime avoir toutes ses chances pour la « victoire ».

    « Depuis que j’ai lancé la campagne, nous avons reçu des demandes de collaboration… Mais nous nous sommes fixés une conduite : sans étiquette ! Nous n’avons pas donné suite », glisse le candidat. Un point noir cependant, selon lui : les « attaques personnelles » qu’il dit avoir subies de la part des deux listes concurrentes : « Nous n’en avons pas tenu compte », assure-t-il. Sa priorité : « Un programme à la demande des Rocassiens, réalisables, et la victoire ! Les gens veulent de la fraîcheur. »

  • Mehdi Medjati veut « protéger » Cabriès et ses habitants

    Mehdi Medjati veut « protéger » Cabriès et ses habitants

    Une salle pleine à craquer, louée allée du Golf, deux pupitres, un vidéo projecteur, et un programme détaillé par la mise en scène d’un débat. Une question, posée par Mehdi Mejdati, seul en lice pour la mairie face à Amapola Ventron, maire sortante. Et une réponse, portée par un adjoint selon sa spécialité. Une mise en scène qui permet au candidat, ce jeudi soir, de détailler la seconde partie de son programme, à trois jours du premier tour des municipales. « Un programme fondé sur deux piliers : combattre les projets dangereux pour notre commune (…) et aller de l’avant, en proposant des propositions concrètes et applicables », résume Mélissa Bire, membre de la liste. Avant d’égrener les dizaines de mesures, Mehdi Medjati promet, devant ses sympathisants, de « prendre un engagement moral. Si je suis élu, si vous faites de moi le maire de Cabriès, dès lors qu’un projet n’aura pas été validé par le vote, par le programme que je vous propose avec mon équipe pendant les municipales, je reviendrais vers vous pour être mandaté dans le cadre d’un référendum d’initiative locale : c’est ça, la démocratie. Autre engagement, dès lors qu’un aménagement particulier impactant un secteur, on fera des consultations citoyennes pour que les habitants aient leur mot à dire. »

    Transparence, démocratie

    Autre promesse, celle de « respecter l’opposition », avec, dans un « souci de transparence, et de travail collectif [la volonté de] confier la présidence des commissions municipales aux élus d’opposition. Ainsi, tous les talents convergeront vers l’intérêt communal ». En finir, aussi, avec « l’hypocrisie des commissions municipales. à la place, nous allons, dans un but de démocratie locale, créer un conseil citoyen ». Au reste de l’équipe, de présenter les projets structurants, nés au cours d’une « campagne de proximité ». Côté écologie, un projet de développement du photovoltaïque sur les toits des parkings municipaux, est promis, visant à « réduire les émissions de CO2 de nos communes, tout en permettant de réduire la facture d’énergie de notre commune et de ses habitants », promet Jérémy Mossé, graphiques projetés à l’appui. Côté logement, « si on écoute l’État, on doit faire 1 000 logements. Je n’en ferais pas autant, sauf à dénaturer le territoire. En revanche, on va en faire », assure Mehdi Medjati. Alors, pour « agir plutôt que de subir » la loi SRU, trois leviers peuvent être exploités : « les bâtis anciens dégradés dans nos centres villageois, particulièrement au Piton, les dents creuses, et la parcellisation ciblée », détaille Nadia Putzolu. Les mesures s’enchaînent : amélioration du parking au Piton, démocratisation de l’accès aux activités sportives, jusqu’à la sécurité. « Nous allons privilégier l’humain sur le terrain », promet Thomas Aveline. Exemple : proposer une « permanence opérationnelle de la police nationale avec un officier de police judiciaire en mesure de prendre de dépôts de plainte sur des demi-journées ». Et au candidat de conclure : « Cabriès a protégé mon enfance et ce que je vous demande en retour est de me permettre de la protéger à mon tour. »

  • À Martigues, Gaby Charroux prêt à relever « tous les défis »

    À Martigues, Gaby Charroux prêt à relever « tous les défis »

    Au moment de monter sur la scène d’une salle du Grès comble ce jeudi soir, Gaby Charroux ne peut dissimuler son émotion. Après trois mois et demi de campagne, le maire sortant (PCF) de Martigues bouscule le programme de son meeting de fin de campagne pour remercier tous les militants qui ont collé ses affiches, frappé aux portes, distribué les tracts dans les boîtes aux lettres. « Sans vous, il n’y a pas de combat, remercie-t-il en les faisant monter à ses côtés. Que d’efforts pendant ces semaines et ces mois de campagne, que d’inquiétudes et de tourments, mais que de plaisir et de bonheur chaque soir ! » Saluant le mouvement collectif qui s’est déployé au fil de cette campagne. « Nous sommes Martigues, nous sommes l’histoire, nous sommes l’avenir, nous sommes la couleur de Martigues, soyez-en fiers ! » lance-t-il.

    « Un bouclier fait

    de services publics »

    Cette fin de campagne pourtant est bousculée par les répercussions des tensions internationales, de la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran qui nourrit la crise sociale. « Les inquiétudes montent, partout les équilibres sont fragiles, les certitudes se fissurent, s’inquiète Gaby Charroux. Mais quand tout semble vaciller, souvent les repères se trouvent là où la République tient encore debout, dans les villes qui protègent, défendent la solidarité, assurent le service public quotidien. » Certes, les municipalités doivent faire face aux coupes budgétaires successives imposées par les différents gouvernements macronistes. Une réalité qui touche aussi la commune martégale. « On nous demande toujours de faire plus avec toujours moins, et pourtant nous continuons d’agir, assure l’édile communiste. Martigues tient. Mieux, nous sommes un exemple regardé par tous parce que nous avons construit un bouclier fait de services publics, de solidarité, de proximité. » Il célèbre ainsi ces dépenses engagées pour chaque habitant, le double de la moyenne nationale, célèbre les agents qui portent ces services publics. « Ce bouclier, nous devons le renforcer, le transmettre », défend-il. En énumérant toutes les réalisations de la municipalité, de la deuxième piscine au cinéma la Cascade, jusqu’aux centres sociaux et l’aménagement de la plage de Ferrières. « Et nous avons des projets pour la transition écologique, la décarbonation de notre industrie, l’emploi local, le logement accessible aux Martégaux, pour une ville propre, tranquille et attractive », assure le maire sortant, promettant de se battre pour récupérer les compétences métropolitaines de l’eau et de la collecte. « Un service public géré au plus près des habitants, c’est toujours plus efficace et moins cher », résume-t-il.

    Face au RN

    S‘il ne veut pas s’attarder sur ses concurrents, il ne manque pas de décocher ses traits sur le candidat de l’extrême droite, Emmanuel Fouquart. « Sa première décision a été de démissionner pour rester au conseil régional où il perçoit une indemnité », ironise-t-il. Sans défendre pour autant la commune. « Que fait-il quand la Région décide de supprimer les subventions pour nos centres sociaux ? Rien ! » interpelle Gaby Charroux.

    « Les défis devant nous sont immenses, cela demande du courage », rappelle le maire. Un courage dont il témoigne, présent face aux délogés de Notre-Dame-des-Marins, face aux incendies successifs qui ont menacé la ville. « Le courage, c’est une inquiétude permanente et parfois un doute aussi », partage-t-il. Avant d’expliquer pourquoi il reste candidat à sa réélection : « Si je me présente, c’est que je pense qu’à certains moments de l’histoire il faut être rendez-vous. » Il restera 48 heures pour les militants pour convaincre. « La tête haute, le poing levé, nous avançons unis rassemblés », chantent-ils tous sur scène. Comme une promesse d’avenir.

    Le soutien de poids de la société civile

    Avant le discours du maire sortant, de nombreuses personnalités de la société civile sont venues expliquer pourquoi ils lui apportaient leur soutien. De l’athlète Clémence Calvin qui rappelait que la municipalité avait été présente quand les sponsors se montraient rétifs après son accouchement. Des habitants de Notre-Dame-des-Marins, témoignant de son action. « Quand nous avons passé la nuit au gymnase, à 4h du matin le maire est venu nous voir, témoigne Céline. Ce geste, je ne l’oublierai jamais. » Le réalisateur Jean-Michel Vecchiet témoigne, lui, d’une municipalité gérée par le RN, à Beaucaire. « La ville aujourd’hui est sinistrée », souffle celui qui a été menacé par l’extrême droite. « Nous avons besoin d’élus qui respectent leurs engagements et tiennent bon face à la tempête », salue aussi l’ex-secrétaire général de la CGT 13, Olivier Mateu.

    Y.S.

  • [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    [ Elections Municipales ] Les 15 bonnes raisons de voter ce dimanche 15 mars

    15 bonnes raisons d’aller voter ce 15 mars pour le premier tour des élections municipales. De la défense des services publics à la gestion du bâti scolaire en passant par une politique de soutien aux structures associatives et sportives… Les maires ont un impact direct sur le quotidien des administrés avec bien des leviers à leur disposition. Tour d’horizon des enjeux pour ce scrutin qui concerne le premier échelon de la démocratie.

    1.

    Au cœur de la campagne des municipales à Marseille il y a six ans après les effondrements de la rue d’Aubagne, le logement se trouve au croisement de l’action municipale et métropolitaine. De la planification des constructions à la lutte contre le mal logement grâce aux permis de louer instruits par la Métropole ou les arrêtés de mise en sécurité et travaux d’office conduits par les communes, en passant par la signature des permis de construire, la régulation des locations saisonnières ou la conduite de la rénovation urbaine, l’action publique prend de nouvelles formes. Après la mise en place de véritables services municipaux dédiés, la tâche reste immense face à la crise du secteur pour assurer le droit au logement, et à vivre dans un logement digne grâce à la mise en place d’un gendarme municipal du logement proposée à gauche. Y compris pour le parc public, où la différence de traitement entre le bailleur municipal Marseille Habitat et métropolitain Provence Métropole Logement démontre l’importance du choix dans les urnes.

    2.

    Six ans après la pandémie de Covid, la santé occupe une place de plus en plus importante au cœur des politiques municipales. Conséquence, aussi, des reculs de la Sécurité sociale et de la désertification médicale. Ainsi le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux s’est battu pendant des années pour redonner des moyens au centre hospitalier qu’il préside. De nombreuses mairies doivent se battre pour attirer les médecins. La liste de gauche Demain Sisteron propose d’avoir des médecins salariés sans dépassements d’honoraires par exemple. Et de nombreux programmes défendent l’installation de centres de santé. Et s’ajoutent encore les nécessaires politiques de prévention.

    3.

    Pour renforcer le pouvoir d’achat de leurs administrés, les communes disposent de plusieurs leviers directs. Elles peuvent agir sur les tarifs du quotidien en gelant ou en modulant les prix des cantines, des crèches, des activités périscolaires ou des équipements sportifs et culturels. À Avignon, la remunicipalisation de la restauration scolaire orchestrée par la maire sortante (PS), Cécile Helle, a permis une baisse des tarifs : plus de 50% des élèves paient moins d’un euro. Les villes peuvent aussi distribuer des aides en nature, comme des kits de rentrée scolaire lancés en 2023 à Marseille par le Printemps marseillais. La maîtrise du foncier ou la production de logements sociaux permet également de limiter la hausse des loyers. La gestion en régie de services comme l’eau ou l’énergie peut garantir des tarifs stables et protéger les ménages des hausses. Enfin, les mutuelles municipales, proposant des tarifs plus attractifs, sont une autre manière de redonner du pouvoir d’achat.

    4.

    Loin de la dépolitisation affichée dans ce scrutin de proximité, les municipales permettent d’exprimer des visions différentes du service public. Au moment où ferment centres des impôts, bureaux de poste, caisses d’assurance-maladie, des collectivités se sont engagées pour défendre leur maintien comme à Martigues, ou pour assurer l’accès aux droits comme à Marseille avec la mise en place d’un territoire zéro non-recours aux droits. Le service public se décline dans les structures sportives et culturelles, les écoles, les crèches, la sécurité, mais aussi à travers l’accès à l’administration municipale, que ce soit par la dématérialisation des démarches ou surtout l’ouverture de bureaux de proximité. Se pose, enfin, la question d’agents en nombre suffisants et suffisamment formés et rémunérés, sans contrat précaire, pour assurer ce service public.

    5.

    La gestion du bâti des écoles publiques primaires et maternelles relève directement des mairies puisque propriétaires des bâtiments. Elles ont en charge les travaux, la restauration scolaire et sont organisatrices des activités périscolaires… D’où l’importance de la présence de mesures pour la rénovation dans les programmes. Le plan « Marseille en grand » et son pan de rénovation des écoles conduit par le Printemps Marseillais symbolisent la volonté d’action sur le sujet. Même principe pour l’adaptation des bâtiments au changement climatique avec des propositions comme la végétalisation des espaces que l’on retrouve dans le programme de Magali Brunel pour la liste d’union de la gauche à Toulon. Cette dernière propose aussi une « carte scolaire inter-quartiers ». Bien loin de l’uniforme obligatoire proposé par la liste de l’extrême droite à Marseille. Même principe pour la restauration scolaire où certaines listes rivalisent d’idées pour améliorer la qualité des repas des minots : municipalisation du service pour les insoumis marseillais, « cap sur le 100 % bio et local » pour Marc Pena à Aix…

    6.

    Avec près de 900 000 visiteurs dans les musées marseillais en 2025, un record, le pari de l’adjoint à la culture Jean-Marc Coppola (PCF) avec la gratuité des musées est réussi. Preuve que l’action municipale a une incidence directe sur l’offre culturelle locale, outre le soutien via des subventions et autres accompagnements aux acteurs du milieu. Quand le cinéma de Sisteron ferme, la liste d’union de la gauche propose qu’il passe « sous gestion d’intérêt public ». À Avignon, le candidat PS, David Fournier propose justement de « soutenir la culture d’excellence accessible à tous avec la gratuité des musées, le théâtre hors les murs ». La liste insoumise à Marseille vise la création d’une « Maison municipale de la création »… De quoi favoriser, ou pas, l’accès à la culture.

    7.

    Premier échelon de la démocratie locale, les mairies sont, en théorie, les lieux où les citoyens sont les plus proches des décisions. Encore faut-il qu’elles proposent des dispositifs pour qu’ils se fassent entendre tout au long du mandat. De Magali Brunel à Toulon en passant par Marc Pena à Aix, la gauche table sur le duo « plus de concertation et d’association des citoyens aux décisions ». Le Printemps Marseillais peut se targuer de la mise en place des budgets participatifs mais aussi de « l’Assemblée Citoyenne du Futur » durant ce mandat. Quand l’insoumis Sébastien Delogu veut placer le curseur encore plus haut avec une mise en place de « comités populaires » dans moult strates de la politique municipale : comité populaire pour le budget, pour la commande publique…

    8.

    Pour améliorer la sécurité de leurs administrés, les communes disposent de leviers concrets, même si la police nationale reste compétente sur le judiciaire. La police municipale est revendiquée par la quasi-totalité des candidats dans des rôles et proportions différents. Sa présence, à pied, à vélo, à cheval, en voiture ou en bateau, comme c’est désormais le cas à Marseille, permet de prévenir les incivilités, d’apaiser l’espace public et de renforcer le sentiment de tranquillité. Les communes ont aussi la capacité de déployer des dispositifs de vidéoprotection, moins consensuels sur l’échiquier politique, certains à l’extrême droite y voyant faussement la solution miracle quand d’autres à l’inverse la rejettent totalement. À cela s’ajoutent les actions de prévention via les médiateurs de rue, les éducateurs, ou les conseils locaux de sécurité, au contact des habitants. Enfin, avec son pouvoir de police, le maire peut prendre des arrêtés encadrant l’alcoolisation sur la voie publique, les rodéos urbains ou les nuisances nocturnes.

    9.

    Les communes disposent de plusieurs leviers pour soutenir la vie associative, pilier de la cohésion locale malmenée par l’austérité budgétaire imposée par l’État. Le premier est financier : les municipalités attribuent des subventions de fonctionnement ou de projet, permettant aux structures culturelles, sportives ou sociales de déployer leurs activités. Derrière ce levier, le premier enjeu est leur indépendance. Les villes peuvent également mettre à leur disposition salles, gymnases, stades ou bureaux. Les communes apportent aussi une aide logistique dans l’organisation d’événements sur l’espace public. Certaines créent une Maison des associations pour accompagner les bénévoles, proposent des formations et centralisent les démarches. Le soutien se traduit enfin à travers des forums, des appels à projets ou des conventions d’objectifs.

    10.

    Les communes jouent un rôle central dans la politique sportive locale, avec des prérogatives qui en font les premiers acteurs du sport de proximité. Elles ont d’abord la responsabilité de construire, gérer et entretenir la majorité des équipements sportifs du quotidien : gymnases, stades, piscines, city-stades… À Marseille, l’état des piscines abandonné depuis des décennies constitue un frein à l’apprentissage de la natation. Les communes fixent aussi les conditions d’accès, les horaires et les tarifs, pouvant décider de la gratuité ou de tarifications sociales pour favoriser l’accès au sport. Elles soutiennent directement les clubs amateurs associatifs à travers leurs subventions, la mise à disposition de locaux et de matériel. Elles pilotent des activités périscolaires et l’accueil des scolaires dans leurs équipements municipaux.

    11.

    Compétence métropolitaine, les transports en commun du quotidien occupent une place nécessaire dans les programmes. D’autant plus dans les métropoles de la région qui ont un train de retard dans le développement des modes lourds, que ce soit à Toulon ou Marseille, tandis que les retards et la saturation des bus font partie du quotidien dans les quartiers populaires. Ainsi à Toulon la candidate de la gauche Magali Brunel (PS) met sur la table le retour du tramway dans le Port du Levant, d’Ollioules à La Garde. À Marseille, chaque liste y va aussi de ses propositions de tracé au nord, à l’est comme au sud, tant sont nombreux les quartiers qui restent enclavés. Les propositions pour étendre la gratuité d’usage des transports en commun montent également, à Toulon comme à Marseille où droite comme gauche proposent de l’étendre aux moins de 26 ans. Enfin, la question de la voirie reste présente dans le débat public, pour proposer plus de pistes cyclables ou encore trancher sur l’avenir du Boulevard urbain sud à Marseille.

    12.

    Sujet particulièrement sensible à Marseille, la gestion de la propreté, et donc des services de collecte des déchets, est au cœur des débats. Compétence également métropolitaine puisque gérée par la Métropole Aix-Marseille-Provence dans les Bouches-du-Rhône, plusieurs listes dans différentes communes réclament de « récupérer la compétence du ramassage des ordures et des encombrants » comme la maire sortante et candidate à sa succession sur Aix, Sophie Joissains (UDI). Même principe à Martigues où Gaby Charroux a plusieurs fois critiqué la collecte métropolitaine. À Marseille, Benoît Payan table sur un retour en force des cantonniers, tout en laissant la compétence à la Métropole mais en récupérant sa gouvernance… De quoi poser en grand la question de l’enjeu métropolitain liée à ces élections municipales.

    13.

    Les municipalités disposent de leviers décisifs pour agir sur l’environnement : elles maîtrisent l’urbanisme via le PLU, choisissent où l’on construit, combien d’espaces verts sont protégés et comment la ville s’adapte au climat. Elles gèrent la végétalisation, les parcs, les arbres urbains, la lutte contre les îlots de chaleur ou la perméabilisation des sols. Elles agissent aussi sur la mobilité – stationnement, cheminements piétons, réseaux cyclables – et sur la performance énergétique de leurs bâtiments publics. À Marseille, la bataille que se livrent la municipalité de Marseille et la Métropole autour de la poursuite du boulevard urbain sud, est une illustration des clivages droite – gauche. À Avignon, la Ville a déployé un Plan Climat local, une « Charte de l’Arbre » et des opérations de végétalisation participative pour renforcer la biodiversité et impliquer les habitants. Partout, les mairies sont ainsi en première ligne pour adapter les territoires au changement climatique, protéger les ressources et améliorer durablement la qualité de vie.

    14.

    Si l’emploi n’est pas une compétence directe d’une commune, elle dispose de leviers pour agir. D’une part, les maires peuvent soutenir directement, ou pas, les installations d’entreprises sur son territoire ou l’arrivée d’infrastructures nécessaires pour leur développement. C’est tout le débat qui se joue sur la réindustrialisation de l’Étang de Berre dans les Bouches-du-Rhône. D’autre part, les communes peuvent très concrètement jouer sur l’écosystème économique avec des aides aux commerces de proximité, dialogue ou partenariat avec les chambres consulaires ou encore les investissements…

    15.

    Dès le début de sa campagne, le Printemps marseillais avait alerté sur la menace. Le sud-est de la France est en effet en première ligne face aux ambitions de l’extrême droite. À Toulon, malgré la gestion calamiteuse du FN au pouvoir après 1995, la députée Laure Lavelette menace très sérieusement une droite divisée et affaiblie après la peine d’inéligibilité de l’ex-maire Hubert Falco.

    À Marseille, Franck Allisio est donné au coude-à-coude dans les sondages avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, avec un RN qui risque d’être nourri par les reports de voix d’une droite qui dégringole à chaque enquête d’opinion entre affaires et sortie de route fâcheuse.

    Dans les villes moyennes, l’extrême droite nourrit des ambitions autour de l’étang de Berre, pour conserver ses municipalités à Rognac ou Marignane voire s’imposer à Martigues, dans le nord ouest des Bouches-du-Rhône, de Tarascon à Sénas, ainsi que sur le littoral varois où Cogolin et Fréjus sont déjà dans ses mains. Restent aussi les petites communes de Vaucluse, dont cinq sont déjà à l’extrême droite, sans compter Orange et l’inénarrable dynastie des Bompard. Derrière ces conquêtes, des modes de gestion souvent autoritaires qui nourrissent les affaires judiciaires, et des choix qui poussent à diviser la population. Le président du RN Jordan Bardella n’a pas donné d’objectif chiffré de conquêtes, mais il a déjà annoncé qu’elles serviraient de marchepied pour la présidentielle de 2027. Alors derrière ce vote des municipales, c’est un choix de civilisation pour le pays entier qui se dessine.

    Garantir le droit au logement
    Défendre une santé de proximité
    Agir sur le pouvoir d’achat
    Se battre pour les services publics
    Bien gérer les écoles publiques
    Garantir l’accès à la culture
    Favoriser la démocratie locale
    Tranquilliser l’espace public
    Soutenir le monde associatif
    Avoir du sport pour tous
    Développer les transports
    Vivre dans une ville propre
    Protéger l’environnement
    Défendre l’emploi
    Repousser la vague brune