Tag: Municipales

  • Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Après quarante minutes dans le huis clos de la préfecture de région ce lundi midi, Benoît Payan pouvait annoncer à la presse qu’il avait déposé sa liste pour le second tour « dans les formes, telle que nous l’avions déposée au premier tour, dans les huit secteurs et à la mairie centrale ». Au lendemain d’un premier tour qui donne le maire (DVG) sortant de Marseille talonné par le Rassemblement national avec seulement 4 746 voix d’avance (36,70% contre 35,02%), celui-ci n’a pas voulu faire durer le suspense et a immédiatement fermé la porte à une fusion avec la liste menée par le député LFI Sébastien Delogu.

    Campagne brutalisée

    « Moi je n’appelle pas les gens à se retirer, je veux que les choses soient claires, insiste Benoît Payan. Chacun prend ses responsabilités, chacun est devant son destin. Certains auraient pu sortir par le haut en disant je me retire, et c’est grâce à moi que le Rassemblement national ne va pas gagner. Je ne leur ferai pas le plaisir de leur demander quoi que ce soit. »

    Il tourne ainsi le dos aux voix à gauche qui appelaient à la fusion des deux listes, à l’image du député (l’Après) Hendrik Davi qui estimait dans la matinée que « c’est absolument indispensable si nous ne voulons prendre aucun risque d’une victoire du RN », appelant à un rassemblement dans la soirée devant l’hôtel de ville. Une possibilité qui avait servi d’argument à la droite dans la campagne pour dissuader les électeurs centristes de porter leurs voix sur le maire sortant.

    « Il ne peut pas y avoir de magouille, le combat contre le Rassemblement national ne se monnaie pas, argumentait Benoît Payan avant d’entrer en préfecture. Il m’est arrivé dans ma vie d’être dans cette situation : à trois reprises, je me suis désisté. » Une décision qui a l’avantage d’éviter de diviser une majorité qui pourrait ne tenir qu’à quelques sièges, mais qui vient solder aussi une campagne de premier tour « brutalisée », dans laquelle le candidat insoumis a joué la carte du dégagisme en ciblant particulièrement la municipalité, qualifiée de « système clientélaire corrompu ». « Sébastien Delogu disait que son ambition c’est que Benoît Payan ne soit plus maire, il est devant ses propres contradictions », souffle l’édile à la fin de sa conférence de presse. Une stratégie perdante : le parlementaire n’a réalisé qu’à peine plus d’un tiers des voix de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Alors si Benoît Payan ne l’appelle pas à se retirer, il n’hésite pas à affirmer qu’il l’aurait fait à sa place, et met la pression : « S’il se maintient, il a tout perdu. » « ça c’est sûr », acquiesce largement Samia Ghali (DVG), menaçant ouvertement de se présenter contre lui pour les législatives. « Pendant six mois nous avons été le seul adversaire, chacun doit prendre ses responsabilités », soupire l’adjointe sortante (PCF) Audrey Garino. « Nous sommes à un moment charnière de l’histoire et de notre ville, et de notre pays, le message qu’enverra Marseille aura des résonances bien plus larges », s’inquiète-t-elle.

    « Cette ville doit rester fraternelle »

    « Il faut aussi aller chercher les abstentionnistes, beaucoup ne sont pas allés voter, pointe la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola. Il faut leur dire que le RN ce n’est pas n’importe quoi, avec le RN il n’y a plus de subventions aux associations, qui sont le ciment de notre ville. »

    « Dimanche prochain nous allons montrer que cette ville doit rester fraternelle et qu’elle appartient à tous ses enfants », promet pour sa part Benoît Payan.

    « À trois reprises, je me suis désisté »

  • À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    Certains diront que c’était cousu de fil blanc. Voir, ce lundi soir, David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) sceller un accord en vue du second tour ne relève pas de la surprise tant les candidats, à l’inverse des anathèmes nationaux entre leurs partis respectifs ou de la situation voisine à Marseille, ne se sont jamais invectivés. À gauche depuis deux mandats, une fusion des listes était impérative pour prendre la relève de Cécile Helle (PS), qui ne se représentait pas. Car dimanche, David Fournier (19,89%) a devancé Mathilde Louvain (19,03%) d’un cheveu (234 voix). Mais le binôme est assez en retrait du duo de tête, Olivier Galzi (DVD, 27,04%) et Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%).

    « On a tremblé jusqu’au bout mais ces tremblements seront utiles aux forces de gauche », se satisfait David Fournier, ce lundi soir lors d’un point presse commun. L’adjoint PS reste tête de liste qui garde son nom, Ensemble et solidaires, quand Mathilde Louvain en sera 4e. Rémy Blanc, conseiller départemental PCF, second de liste initial avec LFI, sera 3e. « Nous avons fonctionné équitablement », assure David Fournier, qui a eu quitus d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, pour cet accord. Mathilde Louvain, à sa demande, ne sera pas adjointe en cas de victoire comme l’ensemble des colistiers insoumis. « Nous voulons avoir un groupe autonome dans une majorité qui soit fonctionnelle et garder une cohérence de vote en toute loyauté », défend-elle.

    Place publique

    et le PRG en retrait

    Avec une acuité sur les marqueurs de son programme, comme le logement social, le contrôle des locations saisonnières ou délégation élargie sur l’action sociale. « Nous faisons front commun contre la droite extrême et l’extrême droite pour plus de justice sociale », souligne l’insoumise.

    Si côté Mathilde Louvain, soutenue aussi par Génération.s membre actuel de la majorité, la volonté de tendre la main à l’autre liste de gauche a toujours été claire pendant la campagne, David Fournier renvoyait la question à « une décision collégiale » au soir du second tour. Seuls une dizaine de colistiers se sont désolidarisés de l’alliance. Fidèles à la ligne rouge récusant tout accord avec LFI, Place publique et le PRG ont respectivement rapidement acté lundi leur retrait. Sympathisant de Place publique, Claude Nahoum, 1er adjoint sortant, un temps maintenu sort finalement bien de la liste.

    Cette fusion promet en tout cas de chaudes retrouvailles entre plusieurs candidats. « L’enjeu et l’intérêt politique sont tels que chacun avalera des couleuvres », sait bien Jean-Pierre Cervantès, élu écologiste d’opposition, retiré de la liste de David Fournier. Son parti va retrouver Sabah Badji, ex-cheffe de file écologiste puis suspendue pour avoir soutenu Mathilde Louvain. Farid Faryssy, ex-insoumis désavoué par le national pour les municipales au profit de Mathilde Louvain, est aussi maintenu (13e), malgré son départ fracassant de LFI. Dans l’autre sens, David Fournier retrouvera Zinèbe Haddaoui, cheville ouvrière du mouvement Avignon collectif. L’adjointe aux sports a été une encartée éphémère au PS, battue il y a près d’un an lors d’un vote interne qui avait mis sur orbite David Fournier pour les municipales. « On a travaillé ensemble pendant deux mandats, ce n’est pas parce qu’on prend une orientation différente que nous perdons les mêmes valeurs », estime la tête de liste. Il assure n’avoir mis aucun veto de noms et inversement. « Au-delà des personnes, ce qui compte c’est les devoirs que nous devons à la population », prévient David Fournier. « On sera là pour le rappeler », embraye Mathilde Louvain dans un sourire. « Il n’y en aura pas besoin », conclut David Fournier.

  • Les deux listes de gauche s’unissent pour remporter Gap

    Les deux listes de gauche s’unissent pour remporter Gap

    Ce n’est pas un accord entre deux personnes mais entre deux dynamiques collectives, deux équipes », a annoncé Elie Cordier devant la préfecture de Gap ce lundi après-midi. Agir ensemble pour Gap, tel sera le nom de cette liste créée par un accord entre Union pour Gap d’Elie Cordier et Ambitions pour Gap 2026, le mouvement citoyen mené par Charlotte Kuentz. Les deux têtes de liste ont annoncé le dépôt de cette nouvelle liste côte à côte après des discussions entamées la veille au soir, à la suite des résultats du premier tour. « Quand il y a une possibilité de victoire, on n’a pas le droit de décevoir les Gapençaises et Gapençais », a rappelé Elie Cordier.

    Un exécutif issu des deux listes

    L’équipe d’Ambitions pour Gap a obtenu trois postes éligibles d’adjoints à la Ville de Gap et deux postes de vice-président à la Communauté d’agglomération Gap-Tallard-Durance. « Les trois adjoints seront affectés à l’urbanisme et au logement, à l’éducation, et au volet solidarité et participation citoyenne, a précisé Charlotte Kuentz. Les deux vice-présidences seront chargées de l’attractivité du territoire et du traitement des déchets et environnement. » Les deux têtes de liste ont tenu à remercier l’engagement des colistiers des équipes respectives qui n’ont pas figuré sur la nouvelle liste. « On appelle à une mobilisation massive dimanche, tous ceux qui veulent un nouveau souffle pour la ville de Gap sont invités à se mobiliser », a encouragé Elie Cordier.

    Cet accord, il aura fallu une nuit et presque une journée de tractations. Les résultats tombés dimanche ont gratifié la liste d’Union de la gauche d’Élie Cordier de 26,91% des suffrages et la liste citoyenne de Charlotte Kuentz de 18,68%. Le soir même, Elie Cordier a d’abord proposé au mouvement citoyen de Charlotte Kuentz la création d’un « conseil citoyen au sein de la municipalité doté de ses propres moyens et d’agents municipaux dédiés ». Une offre qui n’a pas été retenue. C’est finalement une alliance constituée spécialement pour le second tour qui a été réalisée. Cette nouvelle liste a, en théorie, toutes ses chances pour dépasser la liste Gap en confiance de Roger Didier si elle parvient à rassembler toutes les voix de gauche. Mais le scrutin demeure fort incertain d’autant que le candidat RN Raphaël Leroux, arrivé avec 10,94% des voix, se maintient au second tour.

  • Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    La gauche réalise au profit de Christophe Rivenq ce qu’il a été incapable de faire en 2024. En plein entre-deux tours des élections législatives, quand le RN et l’UDR n’avaient pas encore remporté les six circonscriptions du Gard, le maire d’Alès affirmait en effet qu’il ne choisissait pas entre l’extrême droite et le Nouveau Front populaire. Deux ans plus tard, Socialistes, Écologistes, Communistes et Insoumis, tous qualifiés au second tour, ont décidé de se retirer et d’appeler à voter pour lui face à la menace de l’extrême droite…

    Pourtant, dimanche soir après le premier tour, la liste d’« Alès, c’est vous » de Paul Planque (PCF) recueillait 15,06 % et celle de Basile Imbert (PS) « Alès commun » atteignait le second tour avec 10,79 %. Les états-majors communistes et insoumis d’un côté et socialistes et écologistes de l’autre se sont alors retrouvés au Prolé pour négocier. L’alliance impossible avant le premier tour était désormais possible. Un accord tant programmatique que sur la liste était même trouvé.

    Sauf qu’après une nuit de réflexion, la rumeur d’une alliance entre Marc Infantès (DVD, 13,62 % au premier tour) et Anthony Bordarier (RN, 26,44%) s’est propagée dans la deuxième ville du Gard. La victoire de l’extrême droite devenait alors, non plus possible mais probable. Le maire sortant, Christophe Rivenq (LR, 32,61 %) était donc en grande difficulté. La décision du côté d’« Alès, c’est vous » a été d’attendre l’officialisation de cette alliance.

    Basile Imbert a de son côté convoqué une conférence de presse en début d’après-midi lundi 16 mars pour annoncer son désistement : « Il y a une certaine ironie à se dire que pour une fois qu’on est au second tour, on est obligé de ne pas en être. Car après avoir regardé les résultats, on peut constater que quelles que soient les conditions, le RN a une vraie chance de l’emporter à Alès. Moi, je suis né à Alès, j’ai grandi à Alès, je vis à Alès et je m’y refuse. Il faut donc prendre ses responsabilités. D’autant qu’à Alès, le candidat RN ne connaît rien. Il ne voulait pas être candidat. Quand on discute avec lui, on voit bien qu’il n’a pas la carrure d’être maire. Il a fait son programme le mercredi pour une élection le dimanche ». Le socialiste, allié aux écologistes, a eu des échanges avec Christophe Rivenq mais ne fusionnera pas avec l’édile de droite. Pour autant, il a immédiatement appelé à voter pour le maire sortant alors que la liste de Paul Planque était encore en lice : « Maintenant, nous allons tout faire pour que Christophe Rivenq soit le maire d’Alès », annonçait-il.

    Du côté d’« Alès, c’est vous », une réunion entre les partenaires Insoumis et Communistes s’est déroulée au Prolé lundi soir. Au même moment, Marc Infantès annonçait qu’il se retirait et ne donnait aucune consigne de vote. Mais même sans alliance, ce désistement pouvait également ouvrir la porte au RN tant le discours sécuritaire de Marc Infantès pendant toute la campagne s’approchait de celui du Rassemblement National. Dépitée par la gestion de Christophe Rivenq, une partie de l’électorat d’Infantès ira au RN même si l’ampleur du report est difficilement quantifiable.

    Face à cette décision, un vote s’est déroulé au Prolé. Paul Planque et ses colistiers ont donc pris la décision de se retirer à leur tour. « La décision a été douloureuse. Des larmes ont coulé. Mais aucune voix ne doit désormais aller au Rassemblement National. Il n’y aura pas d’élus de gauche au conseil municipal mais il y a plein d’autres moyens de lutter », a prévenu Paul Planque.

    Si cinq listes étaient qualifiées dimanche soir à Alès, il n’y en aura finalement que deux dimanche 22 mars pour le second tour : celle du RN d’Anthony Bordarier et celle de droite de Christophe Rivenq.

  • A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    Au lendemain du premier tour des élections municipales, la droite nîmoise a choisi de mettre ses rancœurs de côté et de serrer les rangs. Franck Proust et Julien Plantier ont officialisé ce lundi 16 mars la fusion de leurs listes, désormais réunies sous une même bannière pour le second tour du dimanche 22 mars. Baptisée « Nîmes par-dessus tout », la nouvelle liste rassemble les équipes de « Tout Nîmes », conduite par Franck Proust (LR, soutenu par Horizons), et celle de « L’Avenir nîmois », menée par Julien Plantier et Valérie Rouverand (Renaissance). L’accord prévoit que Franck Proust reste tête de liste et devienne maire en cas de victoire, tandis que Julien Plantier serait candidat à la présidence de Nîmes Métropole.

    Cette alliance intervient après un premier tour qui a profondément rebattu les cartes. Julien Sanchez, candidat du Rassemblement national et de l’UDR, est arrivé en tête avec 30,39 % des voix, suivi de Vincent Bouget, chef de file de l’union de la gauche, avec 30,05 %. Derrière, Franck Proust a recueilli 19,55 %, tandis que Julien Plantier a obtenu 15,55 %. Dans ces conditions, la division de la droite apparaissait comme un risque majeur pour la majorité municipale sortante, qui dirige la ville depuis un quart de siècle autour de Jean-Paul Fournier. Dès le soir du scrutin, ce dernier avait d’ailleurs appelé publiquement au rassemblement dans un communiqué, appelant ses héritiers proclamés à « la raison » afin de bâtir une liste d’union.

    « Notre famille était divisée. Nous avons cru, peut-être à tort, que nous pouvions porter nos programmes séparément », a reconnu Franck Proust lors de la conférence de presse organisée à la Grande Bourse. Une manière d’admettre que la stratégie du premier tour s’est retournée contre la droite nîmoise. Julien Plantier, lui, a justifié ce rapprochement par la nécessité de « mettre de côté les intérêts personnels » afin de créer une dynamique capable de peser au second tour. Dans le détail, la liste commune comptera 59 colistiers, avec une répartition annoncée de 60 % issus de la liste de Franck Proust et 40 % de celle de Julien Plantier. Valérie Rouverand occupera la deuxième position, devant Julien Plantier, puis Valentine Wolber et Thierry Procida.

    Des reports de voix loin d’être acquis

    Mais au-delà de la mécanique des places, l’enjeu est d’abord électoral. En additionnant leurs scores du premier tour, Proust et Plantier totalisent un peu plus de 35 % des suffrages, un niveau théoriquement supérieur à celui du RN ou de la gauche. Reste à savoir si les électeurs suivront cette recomposition politique de l’entre-deux-tours. Car les reports de voix sont loin d’être automatiques, notamment après des mois de rivalités entre les deux camps. Plusieurs observateurs soulignent aussi qu’une partie de l’électorat pourrait choisir l’abstention ou se tourner vers d’autres listes. En politique 1+1 ne fait jamais 2.

    Les sondages publiés avant le premier tour suggéraient d’ailleurs une autre dynamique. Une étude publiée le 13 mars et réalisée par l’Ifop-Fiducial pour La Gazette de Nîmes et Sud Radio, auprès de 503 électeurs nîmois, donnait Vincent Bouget en tête au second tour, avec 41 % des intentions de vote dans l’hypothèse d’une triangulaire, contre 31 % pour Franck Proust et 28 % pour Julien Sanchez. Autant dire que l’issue du scrutin reste incertaine.

    La campagne du second tour s’annonce donc intense. Face à une droite désormais réunie, la gauche espère transformer l’essai après son score élevé du premier tour, tandis que le Rassemblement national, arrivé en tête dimanche soir et qui constitue une grande menace, entend capitaliser sur sa maigre avance. À moins d’une semaine du vote, une chose est certaine : la fusion Proust-Plantier ouvre une nouvelle phase de la bataille municipale nîmoise, où chaque voix comptera.

  • À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    À Carpentras, la gauche prête à discuter pour éviter l’extrême droite

    Alors que l’extrême droite est aux portes de l’Hôtel de ville à l’issue du 1er tour, la stratégie des deux listes de gauche est scrutée de près. Pour rappel, le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête (26,71%) et va compter sur l’appui de Bertrand de la Chesnais (div extrême droite, 14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (9,51%), le 1er candidat RN désinvesti ensuite suite à la polémique sur ses tweets racistes. « Toutes les forces patriotes doivent se positionner derrière lui [de Lépinau] », intime ce dernier lundi.

    En face, le maire sortant DVG Serge Andrieu (25,17%) a devancé de peu son prédécesseur, Francis Adolphe (24,29%), qui avait du quitter son poste en 2018 après avoir été condamné pour violences conjugales. Dimanche, Serge Andrieu demandait le retrait de Francis Adolphe. Fin de non recevoir ce lundi de ce dernier qui, dans un communiqué, appelle à la fusion. « En se rassemblant nous pouvons convaincre encore plus, la conscience collective est plus forte que les égos », invite Francis Adolphe, appelant à la discussion.

    En réponse, Serge Andrieu entrouvre la porte : « Je suis prêt à discuter de nos propositions et à échanger pour trouver un consensus capable de rassembler tous les Carpentrassiens qui ne veulent pas voir notre ville tomber entre les mains de l’extrême droite», expose-t-il.

    En ce début d’après-midi, aucune heure de rencontre n’avait été fixée entre les deux hommes. Dans le détail cumulé du 1er tout, l’extrême droite a une mini avance de 100 voix sur les deux listes de gauche sur les 11 000 exprimées. Les 46 % abstentionnistes seront aussi à mobiliser pour faire pencher le scrutin.

  • La vague brune pour l’heure encore contenue à Toulon

    La vague brune pour l’heure encore contenue à Toulon

    Première satisfaction : le pire a été évité ce dimanche. Les prévisions les plus pessimistes il y a encore quelques mois donnaient en effet l’extrême droite gagnante dès le premier tour dans le Port du Levant. Les Toulonnais ont peut-être finalement pas la mémoire si courte que ça et se souviennent du désastre de 1995, à la fois économique et moral dans lequel la ville s’était effondrée. Pour autant vu le score obtenu par la candidate RN Laure Lavalette en remportant près de 40 % des suffrages exprimés, la menace est loin d’être écartée à ce jour. Loin s’en faut même.

    La maire sortante Josée Massi arrivée en deuxième position (30%) va devoir pour commencer faire le plein des voix de gauche. Magali Brunel pour Toulon en commun (qui a l’heure où nous mettons sous presse est à un peu moins de 10%) déclare dès la fermeture des bureaux : « Laure Lavalette et l’extrême droite peuvent conquérir Toulon. C’est un risque réel auquel nous ne pouvons nous résoudre. Face à ce danger pour les valeurs républicaines, pour le vivre-ensemble et pour l’image de Toulon, la responsabilité des forces démocratiques est claire : se rassembler. » Une main tendue à Josée Massi « pour ouvrir sans attendre un dialogue ».

    Michel Bonnus (16%) avait lui de son côté expliqué clairement depuis le début de la campagne, faisant plus qu’espérer pouvoir en bénéficier, que le candidat arrivé 3e devrait purement et simplement se retirer du jeu, se souvenant du scénario fatidique d’il y a 3 décennies avec une triangulaire qui avait installé le Front national à la mairie. Des engagements semble-t-il un peu oubliés dimanche soir. Enfin rien d’aussi tranché. Mais on est persuadé que l’ancien rugbyman sait sortir du stade la tête haute et avec panache même sans l’avoir emporté.

    Sauver l’honneur dimanche prochain

    Tout le monde doit jouer le jeu pour battre Laure Lavalette. pour permettre à Josée Massi de pouvoir dimanche prochain sauver l’honneur des Toulonnais en recueillant toutes les voix de ceux qui ne veulent pas que les valeurs rances de division et de repli du Rassemblement national viennent mettre à mal la concorde et l’avenir de la ville. On jugera sur pièce les révolutionnaires et soi-disant gaullistes… d’opérette.

    La maire sortante sans étiquette ne s’est départie dimanche soir ni de son calme ni de son humilité, et préciser : « Toulon mérite d’être gouvernée dans le rassemblement et dans la dignité et dans l’efficacité. »

    La plus grande prudence est en effet de mise, et ce même si l’arithmétique ce soir plaide en sa faveur, l’ancienne prof de maths est consciente que la semaine qui s’ouvre ne va pas être la plus facile de la campagne mais au contraire concentrer beaucoup de difficultés et être le théâtre d’attaques débridées du Rassemblement national. Comptons sur ses talents d’écoute et le respect de son opposition pour conduire dimanche prochain les Toulonnais à la victoire, ou du moins à sauver leur honneur, ce qui n’est pas rien.

    Rien d’infranchissable au regard de son parcours et de la fibre sociale qui l’a toujours animée. De quoi pour les plus rétifs au front républicain « Oser Josée » sans renier ses idées. À moins d’accepter de contempler sans broncher l’arrivée du parti à la flamme et le laisser dans le Port du Levant présider à nos destinées pendant six ans.

    Le choix est vite fait.

  • Un second tour très incertain dans les grandes villes

    Un second tour très incertain dans les grandes villes

    Face à la droite extrémisée, nous sommes le seul rempart. » La déclaration du candidat de la gauche unie à Paris, le socialiste Emmanuel Grégoire, résume la situation dans de nombreuses communes au lendemain du premier tour des élections municipales où le taux de participation national a été médiocre : 48,90% à 17h contre 38,77% en 2020, scrutin marqué par l’épidémie de Covid.

    La situation a Paris n’est pourtant pas la plus périlleuse pour la gauche unie hors LFI qui a choisi de présenter
    des listes autonomes dans la majorité des communes. Emmanuel Grégoire arrive largement en tête du premier tour avec 36,4% selon les premières estimations et relègue loin derrière la candidate de droite Rachida Dati qui pointe à 24,8% mais aussi l’insoumise Sophia Chikirou, créditée de 13,7%. Si Dati n’a pas ouvertement parlé de fusion avec Pierre-Yves Bournazel (Horizons), en capacité de se maintenir, elle estime que c’est « une nouvelle élection qui commence » appelant à un « rassemblement le plus large possible ». À l’heure où ses lignes sont écrites, on ne savait pas si la candidate d’extrême droite Sarah Knafo (Reconquête) atteignait les 10% des suffrages exprimés, barre obligatoire pour se maintenir au second tour. « Face à la droite extrémisée nous sommes le seul rempart », a déclaré dimanche soir Emmanuel Grégoire. Aucune fusion ne sera réalisée avec LFI dans la capitale. Mais ailleurs ? Les accords seront locaux car le Premier secrétaire du PS a répété qu’il n’y aurait « pas d’accord national entre le PS et LFI au second tour ». Plus ouverte à des alliances, l’écologiste Marine Tondelier a appelé à « éliminer la droite et l’extrême droite ».

    Danger à Marseille

    À Paris, comme à Marseille et à Lyon, les électeurs ont inauguré un nouveau mode de scrutin en votant cette fois directement pour l’équipe municipale et une seconde fois pour les conseillers d’arrondissements. Marseille, capitale du Sud, deuxième ville de France, est sous la menace de l’extrême droite. Son candidat Franck Allisio fait score égal avec le maire sortant Benoît Payan (DVG) avec quelque 35% des suffrages exprimés. La droite classique, représentée par Martine Vassal s’effondre à 12% et LFI et son candidat Sébastien Delogu obtient dans les 12%, en capacité donc de se maintenir. La fusion à gauche aura-t-elle lieu ? Le dépôt des listes est fixé à mardi, 18h. Sébastien Delogu (lire par ailleurs), a tendu la main au Printemps marseillais. C’est aussi le message délivré sur
    le réseau social X par Jean-Luc Mélenchon appelant les « coalitions de la gauche traditionnelle » à saisir « la main tendue », en vue du second tour.

    Quant à Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet et Jean-Michel Aulas, soutenu par la droite, sont au coude à coude autour de 37% et Anaïs Belouassa-Cherifi en troisième position autour de 10%. La candidate mélenchoniste a proposé dès hier soir une « fusion ». « Nous sommes prêts à prendre nos responsabilités, nous sommes prêts à aller discuter et nous sommes prêts bien sûr à garder notre ville à gauche », a déclaré la députée insoumise sur BFM Lyon.

    De fusion, il n’en sera pas question à Montpellier où le maire sortant Michaël Delafosse, à la tête d’une liste de gauche unie, hors LFI, arrive très largement en tête avec 33% des suffrages exprimés, le double du score de la députée LFI, Nathalie Oziol, 16% et loin devant le troisième qualifié, le milliardaire Mohed Altrad 11%.

    Dans le Gard, la droite LR est en difficulté notamment à Nîmes, une des dernières grandes villes (150 000 habitants) qu’elle dirige. La cité romaine est en passe de vivre un tournant historique puisque la liste de gauche unie conduite par le communiste Vincent Bouget obtient 30,05%. Mais le candidat RN, le député européen Julien Sanchez, devance de très peu la gauche avec un score de 30,39% tandis que les deux candidats de droite, Franck Proust (19,55%) et Julien Plantier (15,55%) sont relégués comme le candidat insoumis avec seulement 4,46%. Rien n’est joué dans cette ville dirigée par la droite depuis un quart de siècle. Face au danger RN, Vincent Bouget a lancé dimanche soir un appel au rassemblement mercredi 18 mars.et avant tout dimanche 22 mars, dans les urnes.

    Car l’extrême droite a progressé et menace notamment de reprendre la ville de Toulon dans le Var où sa candidate est arrivée largement en tête (40%). Ses maires ont été réélus à Perpignan, Beaucaire, Fréjus, Hénin-Beaumont.

    Ces municipales sont-elles la répétition avant la présidentielle de 2027 ? Elles dessinent en tout cas les rapports de force politiques avec une droite en recul, vampirisée par l’extrême droite RN, une macronie, déjà peu implantée localement, en perdition et des gauches certes divisées mais en capacité de résister voire de gagner comme à Nîmes, ville symbole à bien des égards. Le maire de Montpellier Michaël Delafosse a décrit à sa manière ce clair-obscur : « Aujourd’hui, à travers les résultats nationaux, le bateau République française tangue et on voit comment les forces de défiance sont à l’œuvre ».

    « J’appelle au rassemblement de tous les Nîmois face
    à l’extrême droite »

    « Face
    à la droite extrémisée nous sommes le seul rempart »

  • À Gap, la gauche rassemblée peut renverser Roger Didier

    À Gap, la gauche rassemblée peut renverser Roger Didier

    À 21h30 à Gap, les résultats partiels (50%) donnaient un trio de tête clair : 40% Roger Didier, le maire sortant secondé par Elie Cordier (Union pour Gap) avec 26.8% des voix et Charlotte Kuentz (Ambitions pour Gap 2026) à 18.79%. Les trois listes ne sont pas les seules à avoir franchi le cap décisif des 10%, puisque le candidat Rassemblement national Raphaël Leroux était crédité de 11,4% des voix à ce stade de la soirée.

    La liste insoumise emmenée par Jacques Patron totalisait, elle, 3% des votes.

    Une victoire à gauche impossible sans alliance

    Le résultat vient confirmer une dynamique attendue : Roger Didier reste en tête et bénéficie d’un socle solide mais pourrait bien être renversé en cas d’union des listes de gauche au second tour. Il réalise son score le plus bas au premier tour depuis son élection en 2007. L’édile, élu dès le premier tour en 2014 (53%) et 2020 (54%), est donc mis pour la première fois en ballotage depuis 2008.

    La liste Union pour Gap, arrivée en deuxième position, se place en tête à gauche et parmi les forces d’opposition. Arrivée troisième, Charlotte Kuentz a néanmoins un poids important pour le second tour et les négociations vont être cruciales pour que la gauche reprenne le fauteuil municipal.

    Une grande part du second tour risque donc de se jouer dans les pourparlers entre les deux listes de gauche. Arrivé devant la liste citoyenne de Charlotte Kuentz, Elie Cordier a dit « ne pas souhaiter contraindre le mouvement à se renier en s’associant aux partis politiques », et a donc proposé la création d’un « conseil citoyen municipal doté de véritables moyens de fonctionnement et d’un pouvoir délibératif », plutôt qu’une fusion de liste.

    Une proposition à laquelle Charlotte Kuentz n’avait pas encore réagi ce dimanche à 22h. Dernier du scrutin, Jacques Patron s’est dit « bien évidemment déçu », mais dit « attendre de savoir ce qu’Elie Cordier va proposer pour que nous puissions mettre un terme à la gouvernance de Monsieur Roger Didier ».

  • Manosque reste à droite avec Galtier, réélu dès le 1er tour

    Manosque reste à droite avec Galtier, réélu dès le 1er tour

    On espérait une victoire, mais pas forcément au premier tour. » Même le maire DVD de Manosque, Camille Galtier, réélu dès le premier tour à 68%, ne s’attendait pas à une telle victoire. « On rêve toujours de gagner au premier tour, c’est le rêve de tout élu. » Des éclats de joie et des fumigènes rouges ont célébré la nouvelle à l’annonce des résultats à l’hôtel de ville de Manosque. Fabrice Durnerin, le candidat RN-UDR, affichait une mine dépitée au premier rang devant l’écran d’affichage, pendant que des dizaines de Manosquins se réjouissaient des résultats. Camille Galtier s’est félicité d’être « le maire le mieux réélu de l’histoire de Manosque ». Il a tout de même salué Patrick Rousset, la tête de la liste d’union de la gauche, le Regain Manosquin, pour qui il a « beaucoup de respect » et qui avait selon lui le meilleur programme parmi ses trois adversaires.

    « On avait parié sur une politique plus sociale, plus axée sur les services publics. C’est raté », a déploré Patrick Rousset, insistant plus particulièrement sur la santé. « J’ai été profondément affecté par plusieurs problèmes de santé de nos concitoyens », a-t-il expliqué, évoquant notamment les urgences régulièrement fermées et le centre de santé Oxance menacé de fermeture. « L’hôpital de Manosque n’est pas en capacité de répondre aux urgences primordiales », a-t-il regretté. Il est notamment très critique de la décision du maire réélu de Manosque Camille Galtier de démissionner du conseil d’administration de l’hôpital en juillet 2024.

    « On n’est pas résolus. Des luttes, on en a perdues », a affirmé Patrick Rousset, déterminé à continuer le combat. Il veut notamment plus de démocratie et de participation pour la ville de Manosque. « Le collectif décidera si on se représente en 2032 », a-t-il ajouté.

    Faire barrage

    Plus tôt dans la soirée, avant l’annonce des résultats définitifs, le Regain Manosquin se disait prêt à discuter avec l’autre candidat DVG Sébastien Aubert d’une potentielle fusion des deux listes pour un deuxième tour, qui ne se tiendra donc pas, pour faire barrage à la droite et à l’extrême droite. La liste d’union de la gauche était très inquiète d’une potentielle victoire du candidat RN-UDR.

    Le maire réélu de Manosque Camille Galtier avait quitté le parti Les Républicains en décembre 2022 suite à l’élection d’Éric Ciotti à la présidence du parti. « Une rouste, une humiliation », ont lancé ses colistiers à l’annonce des résultats. « On a rassemblé tous les Manosquins », a conclu Camille Galtier.