Tag: Municipales

  • Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Ce dimanche, la tendance a changé à Fos-sur-Mer, habituée à voir un maire de gauche élu dès le premier tour. Philippe Maurizot (EXD) est arrivé en tête avec 34,71% des suffrages exprimés, suivi de Rémi Esnault (DVG) avec 30,70% et de Jean-Michel Leroy (DVG) avec 26,49%. Pour rappel, le candidat en tête est soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio La Provence qu’on aime.

    Une union contre nature

    Jean-Michel Leroy, a fait le choix de fusionner avec Jean Fayolle (DVC), arrivé à la 4e place avec 8,10%. Rémi Esnault, confie qu’il lui a proposé une alliance : « Hier [dimanche] soir, je lui ai tendu la main, ouvrant une discussion et prêt à mettre les égos de côté face à la menace de l’extrême droite, mais il a préféré partir de son côté. » Il poursuit : « En général, ce genre d’alliance contre nature est une fausse bonne idée puisque les deux perdent en fin de compte. » Jean-Michel Leroy affirme vouloir dépasser les étiquettes partisanes pour rassembler autour d’un projet local. Pour rappel, il est secrétaire local du PS mais n’a pas reçu l’investiture de son propre parti, qui a préféré soutenir le successeur de René Raimondi, le maire sortant, face à la menace de l’extrême droite. Pour Rémi Esnault, l’alliance est maintenant impossible : « On ne va pas s’allier avec quelqu’un qui veut sacrifier une partie des agents de la Ville et donc le service public », dénonce-t-il. Rémi Esnault reste toutefois optimiste et explique : « Le réservoir de voix est de notre côté. Je pense que nos électeurs n’ont pas pris la mesure du risque potentiel et se sont certainement moins mobilisés que les autres. »

  • Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Martigues dimanche soir, Jean-Luc Di Maria est silencieux. Arrivé 3e avec 25,34% des voix, derrière le député RN Emmanuel Fouquart à 28%, le LR meneur d’une liste divers droite a depuis refusé, par deux fois, de nous répondre sur son maintien ou non dans le cadre de la triangulaire qui s’annonce au second tour.

    Mais lundi soir, le jeu de négociations en arrière-plan entre les deux candidats a donné lieu à une rupture, selon nos confrères de Maritima. Emmanuel Fouquart (RN) a proposé une alliance à Jean-Luc Di Maria que celui-ci a refusé après plusieurs propositions, selon le candidat d’extrême droite cité par Maritima.

    Plusieurs signaux avaient filtré en ce sens. Les colistiers de Jean-Luc Di Maria et d’Un avenir pour Martigues ne taisent pas leurs convictions, en ce lundi post-premier tour. « Le 22 mars, on fait la différence avec Di Maria ! » écrit par exemple Marie Fernandez, 16e de liste, sur son réseau social après l’annonce des résultats dimanche. « Le 22 mars, on a une occasion historique avec Jean-Luc Di Maria […] le 22 mars, c’est notre moment décisif, on vote Un avenir pour Martigues […] le 22 mars, on se mobilise, on agit », développe la candidate.

    « Jamais le RN »

    D’autres colistiers se sont aussi exprimés comme Patrick Buscail, (25e). « Martigues réveille-toi, fais confiance à Jean-Luc Di Maria […] tends-lui la main et dimanche le rêve deviendra réalité », a-t-il écrit lundi après-midi.

    Le candidat a entretenu le flou durant la campagne autour de sa position vis-à-vis du candidat d’extrême droite et de son parti, le RN. En 2020 le Républicain assénait en meeting électoral qu’il « ne céderait jamais aux alliances d’intérêt ou aux stratégies de calcul au risque de perdre mon âme, à commencer par une alliance avec l’extrême droite ». « Jamais je n’accepterai de rapprochement avec le RN », parti « de la haine, de l’exclusion, de la dictature […] un parti charognard », tançait le candidat. Mi-mars, Jean-Luc Di Maria répondait à Maritima que cette position était « obsolète » ayant « vieilli, grandi » tout en promettant ne pas avoir changé de position : « Jamais, droit dans mes bottes. »

    Mais le bruit des bottes se fait plus que jamais entendre dans la Venise Provençale. Le Républicain, par cette décision, n’a pas amplifié cette marche funeste.

  • « Le Printemps marseillais est la seule liste capable de battre le RN »

    « Le Printemps marseillais est la seule liste capable de battre le RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse sur les résultats du premier tour des élections municipales à Marseille ?

    Anthony Gonçalves : Première observation : le niveau inquiétant du Rassemblement national à l’échelle de la ville et tout particulièrement dans certains secteurs. C’est un score à mettre en relation avec l’effondrement de la droite conventionnelle. Il y a un quelque sorte un « grand remplacement », une vampirisation de l’une par l’autre. Deuxième observation : le Printemps marseillais se situe plutôt dans la fourchette haute de ce qui était annoncé dans les enquêtes d’opinion. Le total gauche est supérieur à celui de 2020. Le problème est donc avant tout le haut niveau du RN plutôt que la faiblesse de la gauche. Troisième observation : l’abstention est beaucoup trop importante, en particulier dans les quartiers populaires. Une seule liste est capable de battre le RN. C’est celle du Printemps marseillais, elle doit être le point de rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui refusent la victoire de l’extrême droite.

    Avez-vous été surpris par le souhait exprimé par Sébastien Delogu d’une fusion des listes ?

    A.G. : Surpris et pas surpris. Surpris parce que depuis le début de la campagne, il n’a jamais été question de sa part, de discussions, de convergences, de co-construction de projets… Nous les communistes qui avons une vieille habitude de faire des unions avec des partenaires avec lesquels nous avons des désaccords, nous savons ce qu’est faire une campagne qui autorise des rassemblements ultérieurs. Ça n’a jamais été le cas pour cette campagne municipale menée par la France insoumise. Dès le départ cette candidature a été construite en opposition très violente avec le bilan et le programme du Printemps marseillais. La majorité a été taxée de corrompue, de clientéliste. Tout a été fait pour que cette campagne ne conduise en rien à une fusion des listes. Oui donc c’est assez surprenant que cette proposition de fusion technique surgisse quelques jours avant le premier tour. Ensuite je ne suis qu’à moitié surpris car je ne crois pas cette proposition tout à fait sincère. La phrase attribuée à Sébastien Delogu par le Canard enchaîné sur la quadrangulaire qui serait la chance de victoire du RN pour gagner a laissé des traces. Cette fusion n’est donc pas crédible. Le front antifasciste ce n’est pas se réveiller tous les six ans au lendemain d’une élection dont le résultat n’est pas à la hauteur des attentes pour construire de bric et de broc quelque chose qui ressemble à un arrangement électoral. La fusion technique c’est quoi ? Un groupe d’opposition élu sur la liste de la majorité. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux. La FI a souhaité être présente au premier tour avec une liste autonome, le résultat n’est pas celui qu’elle espérait, elle a construit sa campagne en opposition totale avec la majorité. L’issue la plus simple et la plus raisonnable, serait de se retirer et d’appeler au rassemblement autour de la seule liste capable de battre le RN.

    Il reste moins d’une semaine pour convaincre. La condamnation morale du RN suffit-elle ? À qui, selon vous, faut-il s’adresser
    en priorité pour l’emporter dimanche
     ?

    A.G. : D’abord, c’est une bataille historique. Selon son résultat, le futur des Marseillaises et des Marseillais ne sera pas le même. Et pas seulement puisque cela aura un retentissement national. On parle de la deuxième ville de France. Il n’existe pas une ville dans laquelle l’enjeu est plus important. Je crois qu’il faut aller chercher les près de 50% de gens qui se sont abstenus, les électeurs progressistes, ceux qui se sont portés sur la liste de la FI et qui, quels que soient leurs désaccords avec le Printemps marseillais, veulent barrer la route au RN. Mais aussi les électeurs qui ne se reconnaissent pas dans la gauche mais qui ont une conception de la démocratie et de la République qui ne peuvent pas imaginer vivre dans une ville gouvernée par l’extrême droite. Il faut passer en mode Conseil national de la Résistance, rassembler, face à ce futur terrible que représenterait une ville RN. Les classes populaires, le monde du travail doivent être à l’avant-garde de cette mobilisation car ils seraient les premières victimes de l’arrivée du RN que ce soit du fait de l’apartheid social annoncé par Allisio qui assume de ne s’intéresser qu’à une partie de la ville, ou du fait de son programme néolibéral. Allisio vote l’austérité à l’Assemblée nationale. Les Marseillaises et les Marseillais doivent voter pour leurs intérêts.

  • Dégager l’horizon

    Dégager l’horizon

    La poussière du 1er tour retombe peu à peu. Dans notre région, l’extrême droite n’aura jamais été à un tel niveau d’influence dans des municipales. Pour autant, en comparaison des législatives anticipées provoquées par la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron, il n’y a pas de raz-de-marée brun qui emporte tout sur son passage.

    Dans nombre de communes des digues existent encore ou peuvent être dressées d’ici dimanche.

    C’est le cas à Toulon, où il est possible d’infliger une défaite à Laure Lavalette qui croyait sa victoire inéluctable avant les résultats du premier tour. C’est le cas aussi à Martigues, où la municipalité communiste sortante fait la course en tête. C’est encore le cas à Aubagne, où le rassemblement des progressistes peut être en mesure d’inverser le résultat de dimanche.

    Une vie meilleure

    Et c’est bien sûr le cas à Marseille. Dans la deuxième ville de France, les scores du premier tour révèlent une évidence : seules les listes du Printemps marseillais sont en mesure de battre l’extrême droite.

    Cela implique que tous les progressistes, tous les démocrates sincères prennent leurs responsabilités.

    Après une campagne très dure à gauche, le Printemps marseillais a fait le choix de faire bloc pour gagner en déposant ses listes à l’identique du premier tour.

    Il y a bien sûr les égos meurtris, les plans de carrière qui ne se déroulent pas comme prévu, les inimitiés, les désaccords mais rien ne justifie, lorsque l’on se dit antifasciste, de s’en prendre à la permanence de campagne d’une liste de gauche, qui plus est, la seule à pouvoir tenir tête à l’extrême droite.

    Dimanche, il faudra voter pour dégager l’horizon. Et donner à Marseille comme ailleurs, la perspective d’une vie meilleure.

  • Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Les insoumis veulent encore croire à la fusion à gauche

    Après avoir déjà émaillé la campagne du premier tour, les appels à se désister ou à fusionner entre les deux listes de gauche face au risque RN prennent cette fois une tournure concrète. Dès le dimanche soir, au moment où tombaient les premiers résultats, Sébastien Delogu a ainsi adressé un texto au maire (DVG) sortant de Marseille pour le féliciter de son score et prendre attache en vue d’une fusion, avant d’échanger avec un membre de son entourage. Avec une fin de non-recevoir. « C’est une position irresponsable qui pourrait donner les clés de Marseille au Rassemblement national », déplorait immédiatement dans la nuit le député LFI.

    Alors quand pour abréger le débat Benoît Payan déposait dès ce lundi midi sa liste en préfecture pour le second tour, le parlementaire s’empressait d’appeler ses électeurs à aller manifester le soir même devant la mairie. « Nous appelons le peuple de Marseille à faire entendre sa voix pour créer les conditions d’un rassemblement et battre définitivement l’extrême droite », lançait-il. Message entendu par environ un millier de manifestants selon la préfecture de police qui se sont rassemblés devant l’hôtel de ville, en l’absence du candidat. « C’est un appel citoyen pour dénoncer l’attitude irresponsable du maire de Marseille, défendait sur place l’adjoint en dissidence Sébastien Barles (Vaï!). 80% du peuple de gauche souhaite l’union, le RN est aux portes du pouvoir, il y a nécessité ! » En ligne de mire, l’espoir d’un retrait de la liste déposée le midi même pour en présenter une nouvelle fusionnée avant la date butoir ce mardi soir. Un espoir d’autant moins probable quand le rassemblement est parti en cortège pour rallier la permanence de campagne du Printemps marseillais, dégradant au passage ses murs, avec des slogans et des pancartes ciblant directement Benoît Payan. Au même moment se tenait une réunion de la coordination de campagne pour trancher sur la décision à prendre. « Si Martine Vassal s’était retirée, nous aurions dû le faire, mais son maintien change tout », confiait un cadre de Vaï. Le choix final n’avait pas encore été diffusé à l’heure où nous écrivons ces lignes.

  • Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Benoît Payan dépose sa liste sans les insoumis

    Après quarante minutes dans le huis clos de la préfecture de région ce lundi midi, Benoît Payan pouvait annoncer à la presse qu’il avait déposé sa liste pour le second tour « dans les formes, telle que nous l’avions déposée au premier tour, dans les huit secteurs et à la mairie centrale ». Au lendemain d’un premier tour qui donne le maire (DVG) sortant de Marseille talonné par le Rassemblement national avec seulement 4 746 voix d’avance (36,70% contre 35,02%), celui-ci n’a pas voulu faire durer le suspense et a immédiatement fermé la porte à une fusion avec la liste menée par le député LFI Sébastien Delogu.

    Campagne brutalisée

    « Moi je n’appelle pas les gens à se retirer, je veux que les choses soient claires, insiste Benoît Payan. Chacun prend ses responsabilités, chacun est devant son destin. Certains auraient pu sortir par le haut en disant je me retire, et c’est grâce à moi que le Rassemblement national ne va pas gagner. Je ne leur ferai pas le plaisir de leur demander quoi que ce soit. »

    Il tourne ainsi le dos aux voix à gauche qui appelaient à la fusion des deux listes, à l’image du député (l’Après) Hendrik Davi qui estimait dans la matinée que « c’est absolument indispensable si nous ne voulons prendre aucun risque d’une victoire du RN », appelant à un rassemblement dans la soirée devant l’hôtel de ville. Une possibilité qui avait servi d’argument à la droite dans la campagne pour dissuader les électeurs centristes de porter leurs voix sur le maire sortant.

    « Il ne peut pas y avoir de magouille, le combat contre le Rassemblement national ne se monnaie pas, argumentait Benoît Payan avant d’entrer en préfecture. Il m’est arrivé dans ma vie d’être dans cette situation : à trois reprises, je me suis désisté. » Une décision qui a l’avantage d’éviter de diviser une majorité qui pourrait ne tenir qu’à quelques sièges, mais qui vient solder aussi une campagne de premier tour « brutalisée », dans laquelle le candidat insoumis a joué la carte du dégagisme en ciblant particulièrement la municipalité, qualifiée de « système clientélaire corrompu ». « Sébastien Delogu disait que son ambition c’est que Benoît Payan ne soit plus maire, il est devant ses propres contradictions », souffle l’édile à la fin de sa conférence de presse. Une stratégie perdante : le parlementaire n’a réalisé qu’à peine plus d’un tiers des voix de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle. Alors si Benoît Payan ne l’appelle pas à se retirer, il n’hésite pas à affirmer qu’il l’aurait fait à sa place, et met la pression : « S’il se maintient, il a tout perdu. » « ça c’est sûr », acquiesce largement Samia Ghali (DVG), menaçant ouvertement de se présenter contre lui pour les législatives. « Pendant six mois nous avons été le seul adversaire, chacun doit prendre ses responsabilités », soupire l’adjointe sortante (PCF) Audrey Garino. « Nous sommes à un moment charnière de l’histoire et de notre ville, et de notre pays, le message qu’enverra Marseille aura des résonances bien plus larges », s’inquiète-t-elle.

    « Cette ville doit rester fraternelle »

    « Il faut aussi aller chercher les abstentionnistes, beaucoup ne sont pas allés voter, pointe la première adjointe (EELV) Michèle Rubirola. Il faut leur dire que le RN ce n’est pas n’importe quoi, avec le RN il n’y a plus de subventions aux associations, qui sont le ciment de notre ville. »

    « Dimanche prochain nous allons montrer que cette ville doit rester fraternelle et qu’elle appartient à tous ses enfants », promet pour sa part Benoît Payan.

    « À trois reprises, je me suis désisté »

  • À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    Certains diront que c’était cousu de fil blanc. Voir, ce lundi soir, David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) sceller un accord en vue du second tour ne relève pas de la surprise tant les candidats, à l’inverse des anathèmes nationaux entre leurs partis respectifs ou de la situation voisine à Marseille, ne se sont jamais invectivés. À gauche depuis deux mandats, une fusion des listes était impérative pour prendre la relève de Cécile Helle (PS), qui ne se représentait pas. Car dimanche, David Fournier (19,89%) a devancé Mathilde Louvain (19,03%) d’un cheveu (234 voix). Mais le binôme est assez en retrait du duo de tête, Olivier Galzi (DVD, 27,04%) et Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%).

    « On a tremblé jusqu’au bout mais ces tremblements seront utiles aux forces de gauche », se satisfait David Fournier, ce lundi soir lors d’un point presse commun. L’adjoint PS reste tête de liste qui garde son nom, Ensemble et solidaires, quand Mathilde Louvain en sera 4e. Rémy Blanc, conseiller départemental PCF, second de liste initial avec LFI, sera 3e. « Nous avons fonctionné équitablement », assure David Fournier, qui a eu quitus d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, pour cet accord. Mathilde Louvain, à sa demande, ne sera pas adjointe en cas de victoire comme l’ensemble des colistiers insoumis. « Nous voulons avoir un groupe autonome dans une majorité qui soit fonctionnelle et garder une cohérence de vote en toute loyauté », défend-elle.

    Place publique

    et le PRG en retrait

    Avec une acuité sur les marqueurs de son programme, comme le logement social, le contrôle des locations saisonnières ou délégation élargie sur l’action sociale. « Nous faisons front commun contre la droite extrême et l’extrême droite pour plus de justice sociale », souligne l’insoumise.

    Si côté Mathilde Louvain, soutenue aussi par Génération.s membre actuel de la majorité, la volonté de tendre la main à l’autre liste de gauche a toujours été claire pendant la campagne, David Fournier renvoyait la question à « une décision collégiale » au soir du second tour. Seuls une dizaine de colistiers se sont désolidarisés de l’alliance. Fidèles à la ligne rouge récusant tout accord avec LFI, Place publique et le PRG ont respectivement rapidement acté lundi leur retrait. Sympathisant de Place publique, Claude Nahoum, 1er adjoint sortant, un temps maintenu sort finalement bien de la liste.

    Cette fusion promet en tout cas de chaudes retrouvailles entre plusieurs candidats. « L’enjeu et l’intérêt politique sont tels que chacun avalera des couleuvres », sait bien Jean-Pierre Cervantès, élu écologiste d’opposition, retiré de la liste de David Fournier. Son parti va retrouver Sabah Badji, ex-cheffe de file écologiste puis suspendue pour avoir soutenu Mathilde Louvain. Farid Faryssy, ex-insoumis désavoué par le national pour les municipales au profit de Mathilde Louvain, est aussi maintenu (13e), malgré son départ fracassant de LFI. Dans l’autre sens, David Fournier retrouvera Zinèbe Haddaoui, cheville ouvrière du mouvement Avignon collectif. L’adjointe aux sports a été une encartée éphémère au PS, battue il y a près d’un an lors d’un vote interne qui avait mis sur orbite David Fournier pour les municipales. « On a travaillé ensemble pendant deux mandats, ce n’est pas parce qu’on prend une orientation différente que nous perdons les mêmes valeurs », estime la tête de liste. Il assure n’avoir mis aucun veto de noms et inversement. « Au-delà des personnes, ce qui compte c’est les devoirs que nous devons à la population », prévient David Fournier. « On sera là pour le rappeler », embraye Mathilde Louvain dans un sourire. « Il n’y en aura pas besoin », conclut David Fournier.

  • Les deux listes de gauche s’unissent pour remporter Gap

    Les deux listes de gauche s’unissent pour remporter Gap

    Ce n’est pas un accord entre deux personnes mais entre deux dynamiques collectives, deux équipes », a annoncé Elie Cordier devant la préfecture de Gap ce lundi après-midi. Agir ensemble pour Gap, tel sera le nom de cette liste créée par un accord entre Union pour Gap d’Elie Cordier et Ambitions pour Gap 2026, le mouvement citoyen mené par Charlotte Kuentz. Les deux têtes de liste ont annoncé le dépôt de cette nouvelle liste côte à côte après des discussions entamées la veille au soir, à la suite des résultats du premier tour. « Quand il y a une possibilité de victoire, on n’a pas le droit de décevoir les Gapençaises et Gapençais », a rappelé Elie Cordier.

    Un exécutif issu des deux listes

    L’équipe d’Ambitions pour Gap a obtenu trois postes éligibles d’adjoints à la Ville de Gap et deux postes de vice-président à la Communauté d’agglomération Gap-Tallard-Durance. « Les trois adjoints seront affectés à l’urbanisme et au logement, à l’éducation, et au volet solidarité et participation citoyenne, a précisé Charlotte Kuentz. Les deux vice-présidences seront chargées de l’attractivité du territoire et du traitement des déchets et environnement. » Les deux têtes de liste ont tenu à remercier l’engagement des colistiers des équipes respectives qui n’ont pas figuré sur la nouvelle liste. « On appelle à une mobilisation massive dimanche, tous ceux qui veulent un nouveau souffle pour la ville de Gap sont invités à se mobiliser », a encouragé Elie Cordier.

    Cet accord, il aura fallu une nuit et presque une journée de tractations. Les résultats tombés dimanche ont gratifié la liste d’Union de la gauche d’Élie Cordier de 26,91% des suffrages et la liste citoyenne de Charlotte Kuentz de 18,68%. Le soir même, Elie Cordier a d’abord proposé au mouvement citoyen de Charlotte Kuentz la création d’un « conseil citoyen au sein de la municipalité doté de ses propres moyens et d’agents municipaux dédiés ». Une offre qui n’a pas été retenue. C’est finalement une alliance constituée spécialement pour le second tour qui a été réalisée. Cette nouvelle liste a, en théorie, toutes ses chances pour dépasser la liste Gap en confiance de Roger Didier si elle parvient à rassembler toutes les voix de gauche. Mais le scrutin demeure fort incertain d’autant que le candidat RN Raphaël Leroux, arrivé avec 10,94% des voix, se maintient au second tour.

  • Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    Les gauches se retirent à Alès pour assurer un front républicain

    La gauche réalise au profit de Christophe Rivenq ce qu’il a été incapable de faire en 2024. En plein entre-deux tours des élections législatives, quand le RN et l’UDR n’avaient pas encore remporté les six circonscriptions du Gard, le maire d’Alès affirmait en effet qu’il ne choisissait pas entre l’extrême droite et le Nouveau Front populaire. Deux ans plus tard, Socialistes, Écologistes, Communistes et Insoumis, tous qualifiés au second tour, ont décidé de se retirer et d’appeler à voter pour lui face à la menace de l’extrême droite…

    Pourtant, dimanche soir après le premier tour, la liste d’« Alès, c’est vous » de Paul Planque (PCF) recueillait 15,06 % et celle de Basile Imbert (PS) « Alès commun » atteignait le second tour avec 10,79 %. Les états-majors communistes et insoumis d’un côté et socialistes et écologistes de l’autre se sont alors retrouvés au Prolé pour négocier. L’alliance impossible avant le premier tour était désormais possible. Un accord tant programmatique que sur la liste était même trouvé.

    Sauf qu’après une nuit de réflexion, la rumeur d’une alliance entre Marc Infantès (DVD, 13,62 % au premier tour) et Anthony Bordarier (RN, 26,44%) s’est propagée dans la deuxième ville du Gard. La victoire de l’extrême droite devenait alors, non plus possible mais probable. Le maire sortant, Christophe Rivenq (LR, 32,61 %) était donc en grande difficulté. La décision du côté d’« Alès, c’est vous » a été d’attendre l’officialisation de cette alliance.

    Basile Imbert a de son côté convoqué une conférence de presse en début d’après-midi lundi 16 mars pour annoncer son désistement : « Il y a une certaine ironie à se dire que pour une fois qu’on est au second tour, on est obligé de ne pas en être. Car après avoir regardé les résultats, on peut constater que quelles que soient les conditions, le RN a une vraie chance de l’emporter à Alès. Moi, je suis né à Alès, j’ai grandi à Alès, je vis à Alès et je m’y refuse. Il faut donc prendre ses responsabilités. D’autant qu’à Alès, le candidat RN ne connaît rien. Il ne voulait pas être candidat. Quand on discute avec lui, on voit bien qu’il n’a pas la carrure d’être maire. Il a fait son programme le mercredi pour une élection le dimanche ». Le socialiste, allié aux écologistes, a eu des échanges avec Christophe Rivenq mais ne fusionnera pas avec l’édile de droite. Pour autant, il a immédiatement appelé à voter pour le maire sortant alors que la liste de Paul Planque était encore en lice : « Maintenant, nous allons tout faire pour que Christophe Rivenq soit le maire d’Alès », annonçait-il.

    Du côté d’« Alès, c’est vous », une réunion entre les partenaires Insoumis et Communistes s’est déroulée au Prolé lundi soir. Au même moment, Marc Infantès annonçait qu’il se retirait et ne donnait aucune consigne de vote. Mais même sans alliance, ce désistement pouvait également ouvrir la porte au RN tant le discours sécuritaire de Marc Infantès pendant toute la campagne s’approchait de celui du Rassemblement National. Dépitée par la gestion de Christophe Rivenq, une partie de l’électorat d’Infantès ira au RN même si l’ampleur du report est difficilement quantifiable.

    Face à cette décision, un vote s’est déroulé au Prolé. Paul Planque et ses colistiers ont donc pris la décision de se retirer à leur tour. « La décision a été douloureuse. Des larmes ont coulé. Mais aucune voix ne doit désormais aller au Rassemblement National. Il n’y aura pas d’élus de gauche au conseil municipal mais il y a plein d’autres moyens de lutter », a prévenu Paul Planque.

    Si cinq listes étaient qualifiées dimanche soir à Alès, il n’y en aura finalement que deux dimanche 22 mars pour le second tour : celle du RN d’Anthony Bordarier et celle de droite de Christophe Rivenq.

  • A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    A Nîmes, Proust, Plantier et Rouverand forcent l’union de la droite

    Au lendemain du premier tour des élections municipales, la droite nîmoise a choisi de mettre ses rancœurs de côté et de serrer les rangs. Franck Proust et Julien Plantier ont officialisé ce lundi 16 mars la fusion de leurs listes, désormais réunies sous une même bannière pour le second tour du dimanche 22 mars. Baptisée « Nîmes par-dessus tout », la nouvelle liste rassemble les équipes de « Tout Nîmes », conduite par Franck Proust (LR, soutenu par Horizons), et celle de « L’Avenir nîmois », menée par Julien Plantier et Valérie Rouverand (Renaissance). L’accord prévoit que Franck Proust reste tête de liste et devienne maire en cas de victoire, tandis que Julien Plantier serait candidat à la présidence de Nîmes Métropole.

    Cette alliance intervient après un premier tour qui a profondément rebattu les cartes. Julien Sanchez, candidat du Rassemblement national et de l’UDR, est arrivé en tête avec 30,39 % des voix, suivi de Vincent Bouget, chef de file de l’union de la gauche, avec 30,05 %. Derrière, Franck Proust a recueilli 19,55 %, tandis que Julien Plantier a obtenu 15,55 %. Dans ces conditions, la division de la droite apparaissait comme un risque majeur pour la majorité municipale sortante, qui dirige la ville depuis un quart de siècle autour de Jean-Paul Fournier. Dès le soir du scrutin, ce dernier avait d’ailleurs appelé publiquement au rassemblement dans un communiqué, appelant ses héritiers proclamés à « la raison » afin de bâtir une liste d’union.

    « Notre famille était divisée. Nous avons cru, peut-être à tort, que nous pouvions porter nos programmes séparément », a reconnu Franck Proust lors de la conférence de presse organisée à la Grande Bourse. Une manière d’admettre que la stratégie du premier tour s’est retournée contre la droite nîmoise. Julien Plantier, lui, a justifié ce rapprochement par la nécessité de « mettre de côté les intérêts personnels » afin de créer une dynamique capable de peser au second tour. Dans le détail, la liste commune comptera 59 colistiers, avec une répartition annoncée de 60 % issus de la liste de Franck Proust et 40 % de celle de Julien Plantier. Valérie Rouverand occupera la deuxième position, devant Julien Plantier, puis Valentine Wolber et Thierry Procida.

    Des reports de voix loin d’être acquis

    Mais au-delà de la mécanique des places, l’enjeu est d’abord électoral. En additionnant leurs scores du premier tour, Proust et Plantier totalisent un peu plus de 35 % des suffrages, un niveau théoriquement supérieur à celui du RN ou de la gauche. Reste à savoir si les électeurs suivront cette recomposition politique de l’entre-deux-tours. Car les reports de voix sont loin d’être automatiques, notamment après des mois de rivalités entre les deux camps. Plusieurs observateurs soulignent aussi qu’une partie de l’électorat pourrait choisir l’abstention ou se tourner vers d’autres listes. En politique 1+1 ne fait jamais 2.

    Les sondages publiés avant le premier tour suggéraient d’ailleurs une autre dynamique. Une étude publiée le 13 mars et réalisée par l’Ifop-Fiducial pour La Gazette de Nîmes et Sud Radio, auprès de 503 électeurs nîmois, donnait Vincent Bouget en tête au second tour, avec 41 % des intentions de vote dans l’hypothèse d’une triangulaire, contre 31 % pour Franck Proust et 28 % pour Julien Sanchez. Autant dire que l’issue du scrutin reste incertaine.

    La campagne du second tour s’annonce donc intense. Face à une droite désormais réunie, la gauche espère transformer l’essai après son score élevé du premier tour, tandis que le Rassemblement national, arrivé en tête dimanche soir et qui constitue une grande menace, entend capitaliser sur sa maigre avance. À moins d’une semaine du vote, une chose est certaine : la fusion Proust-Plantier ouvre une nouvelle phase de la bataille municipale nîmoise, où chaque voix comptera.