Tag: Municipales

  • Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Il aura fallu la nuit et plus d’une demi-journée pour qu’enfin, Martine Vassal sorte d’un silence assourdissant. Le temps de digérer son score de 12,41%, sa liste étant arrivée loin derrière le Printemps marseillais du maire sortant Benoît Payan (36,69%) et le RN Franck Allisio (35,02%) mais un poil devant l’insoumis Sébastien Delogu (11,94%).

    « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », assène-t-elle dans un long communiqué. « Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain, attaché à l’ordre, à la responsabilité, à l’équilibre et au respect de toutes les sensibilités de notre ville » qu’elle compte bien incarner. Elle met en avant « une équipe rajeunie, renouvelée et compétente, qui représente ces courants de pensée » qui « devra, demain, représenter une opposition claire et constructive au conseil municipal ». Pour Martine Vassal, « il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour ». Et de se poser en « véritable alternative à la gestion actuelle de la ville doit s’incarner dans un projet sérieux, expérimenté et capable de rassembler largement ».

    Des conséquences

    sur la Métropole

    La candidate de la droite et du centre revient sur son avenir au sein de la Métropole, qu’elle préside depuis 2018 et sur laquelle « cette élection aura également des conséquences majeures ». La Métropole « est une institution essentielle, composée d’une assemblée de maires qui travaillent ensemble pour les transports, l’économie, l’aménagement et l’avenir de notre territoire » rappelle-t-elle, « les électeurs qui nous ont fait confiance ne doivent pas être punis une seconde fois, en voyant cette Métropole basculer également à gauche ! Car nos courants sont les seuls à pouvoir maintenir une majorité à la Métropole ».

    Plus tôt dans la journée, Christophe Madrolle, au nom des « écologistes raisonnables » estimait lui aussi indispensable le maintien de Martine Vassal, qu’il qualifie d’« acte de résistance républicaine face à la montée des extrêmes ». « Une ville comme Marseille ne peut pas se résumer à un jeu de ping-pong institutionnel entre la gauche et l’extrême droite, les Marseillais ont besoin d’équilibre de pluralisme et de dialogue », insistait-il. Dans un communiqué, le référent Marseille de l’UDI, Frédéric Guelle, inquiet de la progression du Rassemblement national et de « la perspective de le voir accéder aux responsabilités », saluait l’engagement de Martine Vassal, porteuse d’une « alternative républicaine » et réclamait lui aussi son maintien.

  • À Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto a le champ libre

    À Digne-les-Bains, Julien Di Benedetto a le champ libre

    Le plus à droite des candidats à la mairie de Digne-les-Bains, Jean-Luc Brochier, qui avait récolté 13% des votes, a d’abord annoncé se retirer du second tour pour « faire barrage à la gauche » et à la liste arrivée en tête avec 40% des votes menée par Julien Di Benedetto (SE). Le seul candidat assumant son ancrage à droite avait rassemblé sur sa liste des militants de Reconquête et du RN.

    La maire lâche son premier adjoint

    Francis Kuhn, premier adjoint à la maire sortante qui a amassé 17% des votes, a ensuite lui aussi annoncé se retirer suite à la « véritable trahison » de la maire DVG, qui a contre toute attente soutenu dimanche soir Julien Di Benedetto au lieu de son premier adjoint « pour faire barrage à la droite ». « Je ne veux ni de Chalvet, ni du RN », a-t-elle expliqué à La Marseillaise, appelant à un vote stratégique « vu la tournure des événements », se décrivant comme « une frondeuse du FN ». Selon elle, son premier adjoint « a subi le départ des socialistes » qui ont quitté sa liste à cause de la présence de cadres des Républicains.

    Restent donc en lice Gilles Chalvet qui a fait un score de 22%, et Julien Di Benedetto qui regroupe colistiers de gauche et de droite, mais a été estampillé DVG par la préfecture. « On ne s’attendait pas à faire un tel score », s’est réjoui ce dernier, qui a appris dans la presse lundi le soutien de la maire sortante. Le candidat Benoît de Souza, proche de la droite, avait été éliminé dès le premier tour avec 6% des suffrages exprimés. Reste à voir si les électeurs de Jean-Luc Brochier, Francis Kuhn et Benoît de Souza se reportent vers Julien Di Benedetto ou Gilles Chalvet.

  • Carpentras, Orange, Cavaillon, quelles offres au second tour ?

    Carpentras, Orange, Cavaillon, quelles offres au second tour ?

    Carpentras : la gauche entame des discussions

    Alors que l’extrême droite est aux portes de l’hôtel de ville à l’issue du 1er tour, la stratégie des deux listes de gauche est scrutée de près. Le député RN Hervé de Lépinau est arrivé en tête (26,71%) et va compter sur l’appui de Bertrand de la Chesnais (div. extrême droite, 14,33%) et de Christian Richaud-Simoni (9,51%), le 1er candidat RN désinvesti ensuite suite à la polémique sur ses tweets racistes. En face, le maire sortant DVG Serge Andrieu (25,17%) a devancé de peu son prédécesseur, Francis Adolphe (24,29%). Dimanche, Serge Andrieu demandait le retrait de Francis Adolphe. Fin de non-recevoir ce lundi de ce dernier qui, dans un communiqué, appelle à la fusion. « En se rassemblant nous pouvons convaincre encore plus, la conscience collective est plus forte que les ego », invite Francis Adolphe. En réponse, Serge Andrieu entrouvre la porte : « Je suis prêt à discuter de nos propositions et à échanger pour trouver un consensus », expose-t-il. Un souhait partagé par les agents territoriaux Solidaires qui, dans un communiqué, implorent les deux candidats à s’entendre. Mais ce lundi soir, aucun accord n’était trouvé. Dans le détail cumulé du 1er tour, l’extrême droite a une mini-avance de 100 voix -sur 11 000 exprimées- sur les deux listes de gauche. Les 46% d’abstentionnistes seront aussi une clé.

    Orange : une fusion pour contrer l’extrême droite ?

    Sans surprise, les deux listes d’extrême droite sont arrivées en tête, Jacques Bomaprd (Ligue du sud, 32,87%) devançant le RN Jean-Dominique Artaud (28,15%). Derrière, une fusion est à l’ordre du jour entre Carole Normani (DVC, 17,89%) et Antoine Boudet (DVG, 11,52%). « C’est le seul scénario permettant d’envisager la victoire », assure Patrick Savignan, élu (DVG) sortant d’opposition -comme Carole Normani- et colistier d’Antoine Boudet. Marc Martinet (DVC), 5e et éliminé (9,57%), appelle à l’union entre ces deux candidats et peut aussi prétendre à les rejoindre. Tout comme Fabienne Haloui, élue PCF qui ne se représentait pas. « Dans une triangulaire réussie, il est possible de battre la dynastie Bompard », enjoint-elle.

    Cavaillon : la gauche

    se maintient en arbitre

    Le maire sortant Gérard Daudet (DVD) est en ballottage défavorable contre la députée RN Bénédicte Auzanot. Il doit rattraper un écart de cinq points et 471 voix. Arrivé 3e, loin derrière, le socialiste Patrick Blanès (17,97%), candidat d’union de la gauche a fait le choix de se maintenir après avoir consulté ses colistiers. Gérard Daudet espérait toutefois un échange et des appels au retrait persistaient auprès de la tête de liste.

  • À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    À Toulon, pas de fusion entre Josée Massi et Michel Bonnus

    Au soir du premier tour, Michel Bonnus n’a pas tergiversé : sans attendre les résultats définitifs, sa défaite, qui semblait déjà claire, l’a poussé à prendre ses responsabilités et à annoncer son retrait, tel qu’il l’a « toujours dit si (il) arrivait en troisième position ». « Ce soir, un seul mot d’ordre : éviter l’acte 2 de 95 et du Rassemblement national à Toulon le 22 mars », martelait-il, demandant cependant à celle à qui il avait chipé l’investiture LR de « discuter, pour montrer qu’on a réalisé du travail ».

    Une rencontre qui a eu lieu ce lundi entre les deux camps. Et si on se posait, au sortir du premier tour, la question d’une possible fusion des deux listes, les propos du sénateur Républicain n’excluant pas cette option, le camp de la maire sortante a tranché : « On conserve la même liste pour le second tour », a affirmé son colistier Julien Orlandini.

    Rupture définitive

    avec les Républicains ?

    S’il reconnaît qu’il y a eu « des discussions autour de la question de la fusion » le président de la CAF du Var confirme que « Josée Massi a été très claire. Les Toulonnais ne comprendraient pas qu’après avoir dit qu’on n’était pas une liste partisane, et qu’on n’était pas dans une approche d’appareils, on puisse travailler sur des fusions, sur des combinaisons politiques. Il faut être fidèle au choix qu’ils ont fait, car ils ont été près de 30% à soutenir Josée Massi ».

    Un postulat qui ressemble à une volonté marquée de rompre définitivement avec le clan Républicain, qui lui a tourné le dos il y a quelques mois, et qui aujourd’hui lui apporte, à l’image de Jean-Louis Masson, le président du Département, un soutien contraint et du bout des lèvres : « On accueille les soutiens, on les remercie. (Mais) on parle de projet, de vision pour Toulon, de comment converger et se rassembler pour une ville apaisée, qui ne soit pas divisée, ni gérée par un parti », confirme Julien Orlandini, qui reconnaît toutefois qu’« il y a des histoires communes avec Michel Bonnus. On a des convergences sur le projet, ça a été dit au premier tour. C’est cela qui nous occupe aujourd’hui », sans donner davantage de détails, répétant simplement que des discussions étaient en cours.

    Toulon en commun et Magali Brunel, qui ont aussi apporté leur soutien à la maire sortante dès l’issue du scrutin, lui ont également tendu la main, après la désillusion de ne plus compter d’élu de gauche ou écologiste à la mairie. « Nous souhaitons trouver un chemin avec Josée Massi pour continuer à porter un projet de progrès et à faire échouer le RN », appuyait la tête de liste (PS) ce lundi. Du côté de LFI et Isaline Cornil, pas de soutien formel, mais « une seule consigne : pas une voix ne doit aller à la liste RN de Laure Lavalette ».

  • Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Une autoroute pour le RN se dessine à La Seyne

    Le scénario dont n’osaient même pas rêver le RN et Dorian Munoz, arrivés en tête au premier tour avec 35,3% des suffrages, est en passe de se réaliser. Il n’y aura pas de front républicain pour les empêcher de prendre la deuxième ville du Var, giron communiste puis socialiste sur une période totale de 55 ans, entre 1947 et 2020.

    Les trois autres qualifiés au second tour ont décidé de se maintenir. Stéphane Sacco, tête d’une liste d’union de gauche, considère « impensable qu’il n’y ait pas de voix de gauche audible à La Seyne pendant 7 ans. La droite a fait n’importe quoi pendant son mandat », justifie-t-il, affirmant que ni son parti (GRS), ni le PCF, n’avaient donné de consigne de retrait ou de fusion, y compris avec le PS Olivier Andrau, qui se retire, « ne voulant pas porter la responsabilité de l’arrivée du RN », affirme Stéphane Sacco.

    Passe d’armes à droite

    À droite, le maire sortant Joseph Minniti (LR) et le dissident de la majorité Cheikh Mansour (Hor.) se renvoient la balle. Le premier, qui se dit « prêt à discuter, mais encore faut-il qu’on (lui) demande », martèle que le second avait annoncé qu’en cas de 3e place, il se retirerait. « J’en appelle à une réaction républicaine de chacun », lance-t-il, confirmant que sa liste ne bougerait pas. Quant à Cheikh Mansour, il traite son ancien allié de « menteur. Il fait croire qu’il est ouvert, mais pas du tout », réfutant avoir tenu les propos qu’on lui prête. « Son équipe m’a demandé de me retirer contre une aide pour les législatives », jure-t-il, regrettant le fait que « tout le monde savait que le RN serait en haut, personne n’a pris le soin de s’allier ». Seul point d’accord entre les trois candidats : il reste 20 000 abstentionnistes à mobiliser. En une semaine, cela ressemble à nettoyer les écuries d’Augias.

  • Avantage à la gauche et au centre à Aubagne

    Avantage à la gauche et au centre à Aubagne

    Le second tour aubagnais sera une triangulaire. En choisissant l’union, les listes de Jean-Pierre Squillari et de Giovanni Schipani rebattent les cartes d’un premier tour qui positionnait comme favoris la droite et l’extrême droite. Les listes d’union de la gauche et divers centre ont choisi de s’unir, face à l’arrivée en tête de la candidate RN, Joëlle Mélin, avec 24,9% des voix, suivie de près par le maire sortant Gérard Gazay (LR), à 24,8%. Dès dimanche soir, Jean-Pierre Squillari, à la tête de la liste Aubagne en commun, a affirmé sa volonté d’une union avec les listes « anti-Gazay et anti- RN ». Une union voulue et confirmée ce lundi.

    De la gauche au centre, si « la culture politique n’est pas la même au départ, c’est sur l’urgence pour Aubagne que la convergence s’est faite », confie David Chiousse, directeur de campagne de Jean-Pierre Squillari. Théoriquement, l’addition des votes de la liste Aubagne en commun (DVG), troisième, qui a obtenu 23,35% des suffrages exprimés, et celle d’Aubagne mérite mieux (DVC), arrivée à 16%, les mènerait en pole position dimanche prochain.

    La liste LFI menée par Élodie Malek, qui a obtenu 4% au premier tour, n’a donné aucune consigne de vote à l’heure actuelle, mais la possibilité d’un report de voix reste envisageable. Si Jean-Pierre Squillari avait ouvert, dimanche, le dialogue avec toutes les listes hors celles du RN et de Gérard Gazay, la liste de Mohammed Salem (DVD), « n’a pas souhaité poursuivre les discussions engagées », comme le rapporte David Chiousse. Elle avait obtenu 6,5% des suffrages exprimés… À ses électeurs de faire leur choix dimanche prochain. En tout cas, l’union entre Jean-Pierre Squillari et Giovanni Schipani fait basculer la campagne aubagnaise.

    L’union contre la division

    Si les deux candidats viennent de familles politiques différentes, Jean-Pierre Squillari a insisté sur l’importance du rassemblement, face « au risque, devenu réel, de voir le Rassemblement national diriger notre ville ». Pour le candidat de gauche « le constat est simple : ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Il affirme « partager l’essentiel » avec son nouvel allié : « Refuser le déclin, défendre les valeurs républicaines, protéger l’avenir de notre ville. »

    Giovanni Schipani s’est déclaré « très heureux d’être aux côtés de Jean-Pierre Squillari dans cette liste et prêt à travailler autour de ce projet ». Et à Jean-Pierre Squillari d’insister :
    « Nous refusons de laisser notre ville tomber aux mains de l’extrême droite, nous refusons aussi que rien ne change après douze ans d’immobilisme », assure-t-il. Le second tour est une véritable bataille pour le candidat, qui refuse de le qualifier « d’affrontement classique », et préfère y voir un « moment de vérité, lors duquel, dimanche, chaque voix comptera ».

    Des voix qui laissent, théoriquement, une porte grande ouverte à la nouvelle liste d’union. En pratique, Jean-Pierre Squillari a d’ores et déjà annoncé que la fusion des listes se ferait « sur la base d’une représentation issue des urnes ». Les deux listes seront rebattues à hauteur des voix et présenteront un programme, visiblement consensuel, précise David Chiousse, qui voit dans celui d’Aubagne mérite mieux, « un programme 100% compatible avec celui d’Aubagne en commun ». Plus de temps à perdre pour les deux candidats, qui tiendront leur premier meeting commun mercredi soir, à la salle du Bras d’or.

    Meeting de campagne de Jean-Pierre Squillari et de Giovanni Schipani, le mercredi 18 mars,
    à 18h30, salle du Bras d’or.

  • À Gardanne, une triangulaire et 43% d’abstention à capter

    À Gardanne, une triangulaire et 43% d’abstention à capter

    Dimanche, le maire sortant Hervé Granier (LR), tête de la liste Gardanne-Biver avance, a pris la première place de ce premier tour avec 43,56% des voix devant la liste d’union de la gauche, Ensemble changeons de cap pour Gardanne-Biver conduite de Jean-Marc La Piana (36,48%). En troisième position, le candidat RN Bruno Priouret (RN), Notre ville, notre avenir, est qualifié et se maintient pour le second tour avec 19,96%.

    Dans cette triangulaire pour le second tour, il reste aux candidats et à leur équipe à mener un grand travail de terrain pour aller chercher les voix qui ne se sont pas manifestées.

    Une semaine pour convaincre 665 voix

    Seuls 9 391 Gardannais et Biverrois se sont exprimés dans les urnes dimanche. Avec 7 470 abstentionnistes sur 17 070 inscrits, c’est un large spectre d’électeurs qui ne s’est pas déplacé. « On peut dire que la moitié de la population vote contre Hervé Granier, ce qui prouve que son mandat est loin d’être satisfaisant », estime Jean-Marc La Piana, qui entend continuer le travail de terrain qui a été le fondement de sa campagne.

    Considérant les 665 voix d’écart entre sa liste et celle du maire sortant, « c’est tout à fait récupérable » l’équipe d’Ensemble Changeons de cap pour Gardanne-Biver ne baisse pas les bras pour reprendre la main le 22 mars. D’autant que le candidat bénéficie d’un large éventail à gauche, LFI comprise. Dès lundi matin, les colistiers et leurs soutiens se sont mis en marche pour aiguiser une stratégie de campagne afin « d’aller, partout, tous les jours, à la rencontre des habitants », explique Jean-Marc La Piana. De même que « chacun connaît au moins une personne qui ne s’est pas rendue aux urnes qu’il s’agira de convaincre avec honnêteté contre le clientélisme et le mensonge ».

  • Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Ce dimanche, la tendance a changé à Fos-sur-Mer, habituée à voir un maire de gauche élu dès le premier tour. Philippe Maurizot (EXD) est arrivé en tête avec 34,71% des suffrages exprimés, suivi de Rémi Esnault (DVG) avec 30,70% et de Jean-Michel Leroy (DVG) avec 26,49%. Pour rappel, le candidat en tête est soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio La Provence qu’on aime.

    Une union contre nature

    Jean-Michel Leroy, a fait le choix de fusionner avec Jean Fayolle (DVC), arrivé à la 4e place avec 8,10%. Rémi Esnault, confie qu’il lui a proposé une alliance : « Hier [dimanche] soir, je lui ai tendu la main, ouvrant une discussion et prêt à mettre les égos de côté face à la menace de l’extrême droite, mais il a préféré partir de son côté. » Il poursuit : « En général, ce genre d’alliance contre nature est une fausse bonne idée puisque les deux perdent en fin de compte. » Jean-Michel Leroy affirme vouloir dépasser les étiquettes partisanes pour rassembler autour d’un projet local. Pour rappel, il est secrétaire local du PS mais n’a pas reçu l’investiture de son propre parti, qui a préféré soutenir le successeur de René Raimondi, le maire sortant, face à la menace de l’extrême droite. Pour Rémi Esnault, l’alliance est maintenant impossible : « On ne va pas s’allier avec quelqu’un qui veut sacrifier une partie des agents de la Ville et donc le service public », dénonce-t-il. Rémi Esnault reste toutefois optimiste et explique : « Le réservoir de voix est de notre côté. Je pense que nos électeurs n’ont pas pris la mesure du risque potentiel et se sont certainement moins mobilisés que les autres. »

  • Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Pas d’union des droites pour le second tour à Martigues

    Depuis l’annonce des résultats du 1er tour des élections municipales à Martigues dimanche soir, Jean-Luc Di Maria est silencieux. Arrivé 3e avec 25,34% des voix, derrière le député RN Emmanuel Fouquart à 28%, le LR meneur d’une liste divers droite a depuis refusé, par deux fois, de nous répondre sur son maintien ou non dans le cadre de la triangulaire qui s’annonce au second tour.

    Mais lundi soir, le jeu de négociations en arrière-plan entre les deux candidats a donné lieu à une rupture, selon nos confrères de Maritima. Emmanuel Fouquart (RN) a proposé une alliance à Jean-Luc Di Maria que celui-ci a refusé après plusieurs propositions, selon le candidat d’extrême droite cité par Maritima.

    Plusieurs signaux avaient filtré en ce sens. Les colistiers de Jean-Luc Di Maria et d’Un avenir pour Martigues ne taisent pas leurs convictions, en ce lundi post-premier tour. « Le 22 mars, on fait la différence avec Di Maria ! » écrit par exemple Marie Fernandez, 16e de liste, sur son réseau social après l’annonce des résultats dimanche. « Le 22 mars, on a une occasion historique avec Jean-Luc Di Maria […] le 22 mars, c’est notre moment décisif, on vote Un avenir pour Martigues […] le 22 mars, on se mobilise, on agit », développe la candidate.

    « Jamais le RN »

    D’autres colistiers se sont aussi exprimés comme Patrick Buscail, (25e). « Martigues réveille-toi, fais confiance à Jean-Luc Di Maria […] tends-lui la main et dimanche le rêve deviendra réalité », a-t-il écrit lundi après-midi.

    Le candidat a entretenu le flou durant la campagne autour de sa position vis-à-vis du candidat d’extrême droite et de son parti, le RN. En 2020 le Républicain assénait en meeting électoral qu’il « ne céderait jamais aux alliances d’intérêt ou aux stratégies de calcul au risque de perdre mon âme, à commencer par une alliance avec l’extrême droite ». « Jamais je n’accepterai de rapprochement avec le RN », parti « de la haine, de l’exclusion, de la dictature […] un parti charognard », tançait le candidat. Mi-mars, Jean-Luc Di Maria répondait à Maritima que cette position était « obsolète » ayant « vieilli, grandi » tout en promettant ne pas avoir changé de position : « Jamais, droit dans mes bottes. »

    Mais le bruit des bottes se fait plus que jamais entendre dans la Venise Provençale. Le Républicain, par cette décision, n’a pas amplifié cette marche funeste.

  • « Le Printemps marseillais est la seule liste capable de battre le RN »

    « Le Printemps marseillais est la seule liste capable de battre le RN »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse sur les résultats du premier tour des élections municipales à Marseille ?

    Anthony Gonçalves : Première observation : le niveau inquiétant du Rassemblement national à l’échelle de la ville et tout particulièrement dans certains secteurs. C’est un score à mettre en relation avec l’effondrement de la droite conventionnelle. Il y a un quelque sorte un « grand remplacement », une vampirisation de l’une par l’autre. Deuxième observation : le Printemps marseillais se situe plutôt dans la fourchette haute de ce qui était annoncé dans les enquêtes d’opinion. Le total gauche est supérieur à celui de 2020. Le problème est donc avant tout le haut niveau du RN plutôt que la faiblesse de la gauche. Troisième observation : l’abstention est beaucoup trop importante, en particulier dans les quartiers populaires. Une seule liste est capable de battre le RN. C’est celle du Printemps marseillais, elle doit être le point de rassemblement de toutes celles et de tous ceux qui refusent la victoire de l’extrême droite.

    Avez-vous été surpris par le souhait exprimé par Sébastien Delogu d’une fusion des listes ?

    A.G. : Surpris et pas surpris. Surpris parce que depuis le début de la campagne, il n’a jamais été question de sa part, de discussions, de convergences, de co-construction de projets… Nous les communistes qui avons une vieille habitude de faire des unions avec des partenaires avec lesquels nous avons des désaccords, nous savons ce qu’est faire une campagne qui autorise des rassemblements ultérieurs. Ça n’a jamais été le cas pour cette campagne municipale menée par la France insoumise. Dès le départ cette candidature a été construite en opposition très violente avec le bilan et le programme du Printemps marseillais. La majorité a été taxée de corrompue, de clientéliste. Tout a été fait pour que cette campagne ne conduise en rien à une fusion des listes. Oui donc c’est assez surprenant que cette proposition de fusion technique surgisse quelques jours avant le premier tour. Ensuite je ne suis qu’à moitié surpris car je ne crois pas cette proposition tout à fait sincère. La phrase attribuée à Sébastien Delogu par le Canard enchaîné sur la quadrangulaire qui serait la chance de victoire du RN pour gagner a laissé des traces. Cette fusion n’est donc pas crédible. Le front antifasciste ce n’est pas se réveiller tous les six ans au lendemain d’une élection dont le résultat n’est pas à la hauteur des attentes pour construire de bric et de broc quelque chose qui ressemble à un arrangement électoral. La fusion technique c’est quoi ? Un groupe d’opposition élu sur la liste de la majorité. Ce n’est pas à la hauteur des enjeux. La FI a souhaité être présente au premier tour avec une liste autonome, le résultat n’est pas celui qu’elle espérait, elle a construit sa campagne en opposition totale avec la majorité. L’issue la plus simple et la plus raisonnable, serait de se retirer et d’appeler au rassemblement autour de la seule liste capable de battre le RN.

    Il reste moins d’une semaine pour convaincre. La condamnation morale du RN suffit-elle ? À qui, selon vous, faut-il s’adresser
    en priorité pour l’emporter dimanche
     ?

    A.G. : D’abord, c’est une bataille historique. Selon son résultat, le futur des Marseillaises et des Marseillais ne sera pas le même. Et pas seulement puisque cela aura un retentissement national. On parle de la deuxième ville de France. Il n’existe pas une ville dans laquelle l’enjeu est plus important. Je crois qu’il faut aller chercher les près de 50% de gens qui se sont abstenus, les électeurs progressistes, ceux qui se sont portés sur la liste de la FI et qui, quels que soient leurs désaccords avec le Printemps marseillais, veulent barrer la route au RN. Mais aussi les électeurs qui ne se reconnaissent pas dans la gauche mais qui ont une conception de la démocratie et de la République qui ne peuvent pas imaginer vivre dans une ville gouvernée par l’extrême droite. Il faut passer en mode Conseil national de la Résistance, rassembler, face à ce futur terrible que représenterait une ville RN. Les classes populaires, le monde du travail doivent être à l’avant-garde de cette mobilisation car ils seraient les premières victimes de l’arrivée du RN que ce soit du fait de l’apartheid social annoncé par Allisio qui assume de ne s’intéresser qu’à une partie de la ville, ou du fait de son programme néolibéral. Allisio vote l’austérité à l’Assemblée nationale. Les Marseillaises et les Marseillais doivent voter pour leurs intérêts.