Tag: Municipales

  • À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    Certains, en entendant les discours prononcés par Laure Lavalette, mercredi soir, dans un Palais Neptune comble, sans en connaître la locutrice, auraient pu lui donner Toulon – à défaut du bon Dieu – sans confession. Une heure durant, la porte parole du RN, qui se présente sans étiquette pour attirer un maximum d’électeurs réfractaires à son ancrage partisan d’extrême droite, a déroulé le fil parfait des bonnes convenances nécessaires à l’entreprise de dédiabolisation de son parti nationaliste. De celles qu’on attend d’un élu local, dans une ville chahutée par les déboires de ses prédécesseurs, parmi lesquels le frontiste Jean-Marie Le Chevallier, dont le passage à la mairie (1995-2001), a laissé des souvenirs douloureux, sinon des traumatismes.

    Habileté sémantique

    Était-ce nécessaire face à une audience acquise à sa cause ? Qu’importe. Tout y était, sur le fond comme sur la forme. Dans une ville qui attache une importance capitale à l’identité locale, la députée RN, native de Gironde, a commencé par évoquer ses attaches territoriales : « Il y a 28 ans, une toute jeune femme trouva l’amour : il était Toulonnais. À mon arrivée dans la plus belle rade d’Europe, l’accueil si chaleureux des familles toulonnaises m’a aidée à m’y sentir adoptée. Après avoir dit oui à celui qui devint mon mari, c’est ici que nous avons élevé nos cinq enfants. » Une carte postale, point de départ d’un fil rouge familial usité pour présenter ses colistières, dont elle aime à rappeler le nombre d’enfants. Elle omet étrangement de le faire quand il s’agit de colistiers.

    Ils sont 15 à être présents, ou plutôt XV. Une équipe de rugby, corde sensible du terroir sur laquelle la candidate d’extrême droite tire sans modération. En tête de gondole, Sébastien Soulé, policier national dont l’histoire a inspiré le film Bac Nord, désigné comme son « futur adjoint à la sécurité », première thématique évoquée, et qui « sera, en tant que femme et maman, (sa) priorité. » En deuxième ligne – poste qu’il occupait durant sa carrière de rugbyman -, David Gérard, tout droit désigné pour les sports. À chaque personnalité, une thématique. Et rien ne manque, du social à la santé, en passant (ironiquement) par l’environnement, la culture, l’associatif… et le droit, défendu avec vigueur, depuis des mois par « Marine et Jordan », qu’elle n’oublie pas de saluer.

    La copie se veut propre. Sans évoquer la diversité, elle parle de chacun des quartiers toulonnais et le jure : « L’heure de la réconciliation est venue. Nous n’exclurons personne. » Sauf peut-être celles et ceux qui n’ont pas les bonnes grâces de son parti, qu’ils n’aient pas de papiers ou militent en faveur de l’avortement. Nombreux sont ceux qui répètent, à juste titre, qu’il ne faut pas confondre enjeux nationaux et locaux. Mais, si l’échelon municipal est celui de l’action, il peut rapidement s’avérer être celui de l’entrisme idéologique. Méfions-nous, donc, des ambitieux, tant habiles à dissimuler les opportunistes.

  • Le maire de Ventabren Frédéric Vigouroux entre en campagne

    Le maire de Ventabren Frédéric Vigouroux entre en campagne

    Premier adjoint avant de devenir maire en 2022, élu par le conseil municipal après la démission de Claude Filippi, Frédéric Vigouroux se présente pour le scrutin de mars 2026. Le maire sortant, qui se présente comme de centre droit et « libéral », est donc candidat à sa succession en menant pour la première fois une liste dont il est à la tête. Cette dernière est renouvelée à près de 65%. Cette liste, complète, n’a elle pas d’impératif de sensibilité politique. « Mon parti, c’est Ventabren. Si cela convient à mes colistiers, ils sont les bienvenus », précise le candidat.

    Son entrée en campagne, Frédéric Vigouroux, récemment adhérent au label Maires de Provence, l’entame en « confiance ». D’abord parce qu’après ces quatre années de mandat, « il y a une bonne satisfaction sur le mode de fonctionnement général ». Frédéric Vigouroux poursuite : « J’ai quatre ans à mon actif, au cours desquelles les personnes qui se sont intéressées à la vie communale ont pu voir comment je fonctionne, quelles sont mes priorités et où j’ai pu réaliser les projets que nous avions. »

    Ces dernières années, le bilan présente, entre autres, la création de commission « extra-municipales » d’où est née la commission énergie, laquelle a permis de créer un parc solaire permettant d’alimenter 5 000 habitants. Côté sécurité, « entre 2022 et 2024, c’est 72% de baisse des cambriolages », selon l’élu, des patrouilles de nuit instaurées et une trentaine de caméras de vidéosurveillance en plus.

    Pause pour l’urbanisation

    « Je suis très satisfait de notre mode de fonctionnement. On a aussi mené des projets divers, la liste est longue. On est passés en éclairage LED, on a fait des trottoirs, des évacuations d’eau, deux grands parkings, des parcs d’enfants… Et un projet auquel je tenais pour la biodiversité avec la création d’un poste de référent biodiversité, mais aussi lancé un projet de sanctuaire biodiversité qui est en cours de développement [qui permet de protéger 903 espèces, Ndlr.] et j’en suis très content. Dans nos cantines, on a mis le maximum de ce qu’on trouvait en produits bios, on a incité les associations à se développer… Tout ça en maintenant des finances saines avec de bonnes marges de manœuvres. Et sans augmenter les impôts : je reste libéral de mentalité », détaille le candidat.

    Pour l’avenir, l’un des axes de la campagne du maire sortant sera « la biodiversité, je suis catégorique ». Sur Ventabren, estime le candidat, l’urgence est à la préservation du territoire, de ses espaces naturels et de sa faune. Concernant le logement, « sur le prochain mandant, pas de lotissement, ni d’immeubles (…). Il y aura une pause sur l’urbanisation d’ensemble », hormis les projets qui ne suscitent pas de « clivages » entre habitants et en harmonie avec le paysage. Pour la suite du mandat, s’il est élu, Frédéric Vigouroux prévient : « On aura beaucoup moins d’aides donc la possibilité de faire moins de projets. Il va falloir concentrer nos projets pour faire ce que j’appelle le service après-vente pour les 2 000 personnes qui sont arrivées. Ne pas urbaniser davantage la commune pendant 6 ans permet aussi d’absorber ce qui a été fait. Ce sera le gros travail pour le prochain mandat. Il faut mener sa barque pour avoir une commune sur le long terme ou il fait bon vivre, préservée, qui garde ses espaces naturels et ne cède pas à la pression immobilière. »

    Pour développer ses axes de campagne, le candidat tiendra une première réunion publique le 31 janvier à 11h, salle Sainte-Victoire.

  • La gauche organise sa première réunion à Aix-en-Provence

    La gauche organise sa première réunion à Aix-en-Provence

    L’union de gauche, rangée derrière le candidat aux élections Marc Pena (député PS) a tenu, ce mercredi soir, une réunion publique autour de la thématique du logement. Associations, soutiens de listes, mais surtout les chefs de file des partis de gauche (hors LFI) se sont retrouvés au local de campagne dédié aux élections, 13, rue Granet. « Le logement est une question qui touche à la dignité humaine (…), ce n’est pas une variable d’ajustement des politiques publiques », a lancé Marc Pena. Nous reviendrons sur cette rencontre dans nos colonnes, ce vendredi.

  • [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé une plateforme citoyenne de participation à Tarascon ?

    Benjamin Jarjaval : C’est un outil citoyen, c’est parti d’un constat. On est un petit collectif d’une quinzaine de personnes, et l’idée, c’était de voir ce qu’on pouvait faire. Il s’agit d’un outil d’ingénierie citoyenne, pour permettre aux gens de parler et de faire des constats sur des choses qui les touchent directement. C’est pour l’habitant qui va être expert de son trottoir, expert de son cadre de vie. Il n’y a pas que ceux qui votent : les jeunes, dès 17 ans, ont besoin d’apporter des précisions sur ce qui leur manque à Tarascon. On veut un outil accessible à tout le monde, de 17 à 97 ans, voire plus.

    Cette plateforme est-elle liée aux municipales ou à un projet politique ?

    B.J. : La plateforme est vraiment apolitique. Le fait qu’elle sorte pendant les municipales peut prêter à confusion, mais la vérité, c’est que le temps de la mettre en place a été long en n’étant pas spécialistes. On ne cherche pas de siège. On a envie que tout le monde participe à cette plateforme, quelle que soit son étiquette, quel que soit son vote. On invite d’ailleurs tous les candidats déclarés à venir participer à la plateforme.

    Quel regard portez-vous sur la situation politique et sociale à Tarascon aujourd’hui, après deux mandats de droite ?

    B.J. : Il y a eu des réussites au niveau des murs, avec la création de la maison multi-accueil qui s’est faite sur Tarascon, le CCAS, une crèche, la rénovation du théâtre… Par contre, la population augmente, et une partie des habitants reste touchée par la précarité : le taux de précarité est proche des 31 voire 33%. Il y a aussi plus de 12,5% de chômage à Tarascon et pas d’agence France Travail. Les habitants sont obligés de se déplacer jusqu’à Arles. Donc, il manque encore des infrastructures pour cette population grandissante. Il y a des actions sociales, mais il y a encore des choses à faire. Ensuite, pour ce qui est de l’offre politique, ma sensibilité est plutôt à gauche et je ne me retrouve pas dans l’offre actuelle à Tarascon. Il n’y a plus de candidat de gauche depuis 2014 : aujourd’hui, ce qui est proposé, c’est la droite ou l’extrême droite. Aux dernières municipales, il y a eu plus de 50% d’abstention , donc je ne crois pas que l’offre politique soit représentative de la population.

  • La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    Une salle comble au Rowing club, ce mercredi 14 janvier, et une jeunesse toute acquise à la cause de la candidate DVD à la mairie de Marseille, Martine Vassal, pour une soirée organisée par Une génération pour Marseille, collectif des jeunes de la droite et du centre emmené par Romain Simmarano, par ailleurs directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région Sud. L’occasion pour Martine Vassal de décliner ses propositions.

    De la crèche, dont elle promet de doubler le nombre à Marseille, à l’école avec une sorte de déclinaison du « plan Charlemagne » que celle qui est aussi présidente du Département a mené, histoire de rénover la totalité des 88 écoles municipales. À l’image des maisons du Bel âge départementales qui accueillent les seniors, elle imagine aussi des « maisons de la réussite » dans tous les secteurs de la ville pour proposer aide aux devoirs et autres activités. Aux étudiants, elle qui a pourtant déjà la présidence de la Métropole, autorité compétente en la matière, promet les transports gratuits jusqu’à 26 ans, de quoi leur permettre d’investir un centre-ville propre et sécure. Sur la solidarité, elle évoque une réquisition des logements vides, la création de maisons de santé spécifiques, une plate-forme pour les aider à trouver un stage.

    Sécurité à gogo

    Mathieu, Chiara, Juliette, Bilal… Les jeunes qui soutiennent Martine Vassal sont aussi de fervents défenseurs de la cause animale, qui aura un référent si elle est élue maire. Ils seront aussi en sécurité avec plus de caméras de vidéosurveillance, une BAC municipale, et de la police que toute la salle applaudit fiévreusement. « Sur Marseille, ce sera tolérance zéro » pour que cette jeunesse qui a visiblement les moyens de sortir tard le soir puisse avoir de « la tranquillité publique ».

    Les jeunes soutiens de la candidate de la droite et du centre réclament aussi des grands événements. Ils en auront un, « nous allons le créer », promet-elle. Sur l’emploi, il faudra travailler sur tout le territoire…

  • Municipales en Vaucluse : une unité à géométrie variable à gauche selon les villes et profils

    Municipales en Vaucluse : une unité à géométrie variable à gauche selon les villes et profils

    En Vaucluse, les deux principales villes, Avignon et Carpentras, sont actuellement détenues par la gauche avec des maires à la tête de larges majorités. Sans trop de surprises, c’est là que les appétits, et appréciations différentes, sont les plus marqués, ne permettant pas de présenter aux électeurs une seule large et unique liste de rassemblement.

    Dans la ville-centre, le panorama s’éclaircit, près d’un an après l’annonce de Cécile Helle (PS) de ne pas briguer de 3e mandat. Si, au centre gauche, l’adjoint à l’urbanisme Paul-Roger Gontard est toujours en lice, David Fournier (PS), autre adjoint, est aujourd’hui le candidat qui agrège le plus de soutiens et incarne la continuité. Mathilde Louvain, pour La France insoumise (LFI), tentera de lui disputer le leadership à gauche et pourrait se prévaloir aussi de l’appui de Génération.s et d’un collectif Avignon citoyen. Le PCF oscille encore entre les deux options et doit se déterminer définitivement d’ici à la fin de semaine.

    À Carpentras, le maire Serge Andrieu (DVG) repart pour un second mandat sous son nom propre, en bénéficiant des soutiens de partis de gauche, comme le PS ou le PCF, à l’inverse de 2020 pour les communistes. Les Écologistes, sous tutelle, sont dans l’attente alors que l’une de leurs co-référentes, Olivia Adoplhe-Laroubi, est l’épouse de l’ex-maire Francis Adolphe (ex-PS), à nouveau candidat après avoir purgé son inéligibilité. Là aussi, LFI ambitionne de monter une liste.

    Dans le reste du Vaucluse, ce sont les profils des candidats et implantation de la gauche de manière générale qui font ou défont l’unité. Les donnes sont semblables à Orange et Cavaillon, guère propices à la gauche. En 2020, elle n’était même pas représentée dans la cité cavare. Cette fois-ci, Patrick Blanès (PS), candidat pour le NFP aux dernières législatives, portera une liste divers gauche, mais sans soutien de LFI. À Orange, face à la guerre que se livre l’extrême droite version Bompard et le RN, un collectif citoyen « Tous orangeois », incarné par Antoine Boudet (SE), est le plus à même de séduire la gauche. Dans la mairie RN du Pontet, c’est aussi une sorte de front républicain qui s’organise autour de Jean-Firmin Bardisa (DVD), qui balaye du PCF à l’UDI.

    À Bollène, LFI sera bien en soutien de la liste « Bollène à gauche », défendue par Daniel Barrière (PCF). Le candidat sera opposé au maire sortant Anthony Zilio (SE), pourtant issu de la gauche, mais « plus assez aujourd’hui » aux yeux de certains. Les insoumis discutent aussi à Morières avec Annick Dubois (PS), qui porte l’unité de la gauche, pour tenter de reprendre la mairie au RN. Enfin, à l’Isle-sur-la-Sorgue, l’ensemble de la gauche se range derrière un non encarté, Christophe Baudet, autour de la liste Peps (Participatif, écologique populaire et solidaire).

  • [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    La Marseillaise : Vous présentez vos vœux de fin de mandat, de quoi êtes-vous particulièrement fier ?

    Sylvain Souvestre : En partant d’une feuille blanche sur des domaines qui m’intéressent comme le sport, il y la création des premiers paddles municipaux de France, gérés à 100% mairie de secteur, et qui ont un succès monstre. Je suis très fier aussi de l’Académie des sports qui réunit les clubs du secteur sur des tournois, des stages. À côté de la rénovation des équipements, il y a la création de la Maison des abeilles et de la biodiversité, aussi. Je suis fier aussi d’avoir mis fin aux squats de Saint-Marcel, de la Barasse et de St-Jean-du-Désert, et d’avoir pu rénover aussi avec la Métropole et sa présidente, les noyaux villageois de Saint-Barnabé et Saint-Marcel, ou la place de l’église de la Valentine. Quand il y a de la volonté, on réussit de belles choses.

    Il y a des regrets, des choses que vous n’avez pas pu faire ?

    S.So. : Il y a déjà la frustration de ne pas avoir eu, pas un accord, mais rien qu’une réponse du maire de Marseille aux demandes qui le concernaient. J’ai écrit plus de 1 500 courriers sur cinq ans sur des problématiques d’école, j’ai proposé l’installation de 185 caméras de vidéosurveillance… pas une réponse. Je regrette d’avoir vu ce secteur laissé en dehors du plan école. Aucune n’a été entamée sur ce mandat. La première est inscrite dans la prochaine vague et débutera en 2027. C’est La Figonne à Beaumont, une des quatre écoles « Geep » qui auraient dû être terminées depuis trois ans si le partenariat public-privé (PPP) n’avait pas été dénoncé par cette majorité. Pour la première fois de l’histoire, Marseille a de l’argent, c’est inadmissible d’avoir laissé 124 000 habitants au pain sec et à l’eau. J’ai même proposé à l’adjoint à la sécurité d’installer un poste de police municipale dans des bâtiments vides à Saint-Marcel… C’est du mépris.

    Qu’est-ce qui fait la force d’un maire de secteur ?

    S.So. : Ma force en tout cas, c’est mon engagement dans la proximité. Je me lève tous les jours à 4h30, je travaille toute la journée, je vais chaque jeudi matin aux opérations de propreté coups de poing de la Métropole. Cette proximité fait la force des maires de secteur, quel que soit leur bord. Il est dommage que la modification de la loi PLM n’ait pas renforcé ces pouvoirs.

    Votre discours très sécuritaire sur un secteur où le RN est très fort, est-ce nécessaire ?

    S.So. : Notre secteur historiquement à droite, a une identité, des traditions et des marqueurs forts. Je me suis battu contre la sortie de Pagnol de la Buzine, j’ai dénoncé la censure du film Sacré-Cœur. Après, les gens disent qu’ils veulent de la sécurité, même si on est assez protégé ici par rapport d’autres. Nos principaux problèmes, c’est l’incivisme, le jet clandestin, le stationnement illégal, ce qu’on peut résoudre grâce à de la vidéosurveillance et de la police de proximité. Si certains, comme le RN ou LFI, cherchent à nationaliser l’élection, c’est pour compenser leur absence du terrain. Moi, je suis dans l’action de proximité et les résultats. Franck Allisio, candidat du RN sur la ville, était élu du secteur en 2020 avant de démissionner pour aller se faire élire député à Marignane. Aura-t-il le courage d’être à nouveau candidat ici ? Où va-t-il se protéger en l’étant juste sur la ville ?

    Si jamais Franck Allisio venait sur ce secteur, vous seriez prêt ?

    S.So. : Je l’attends, j’espère qu’il viendra. Même si je crois qu’il n’y habite pas, il a été plusieurs fois candidat et a toujours voulu être ici. Si Franck Allisio ne vient pas dans les 11-12, ce serait un manque de courage politique. Le RN cherche à incarner la sécurité, mais c’est un vernis auquel beaucoup de gens ne croient pas. Je peux comprendre leur ras-le-bol, mais je peux vous dire qu’ils font la différence entre le local et le national. Ils parlent d’insécurité, d’immigration, mais savent que ça ne se règle pas à ce niveau. Puis on est identifié, avec mon équipe, avec Valérie Boyer, on a des résultats. Le marqueur de la proximité peut faire la différence. Et la crédibilité aussi. Les gens qui viennent à deux mois du scrutin et n’ont pas été là pendant six ans… Personne n’est naïf.

    Vous êtes référent sur les 11-12. Vous y serez candidat ?

    S.So. : Je suis quelqu’un de très légitimiste, je m’inscris dans un collectif. Tant que notre candidate n’a pas arbitré, je ne vais pas me positionner. Mais j’ai bien entendu la volonté de défendre ce secteur. Je serai là où je suis le plus utile pour les habitants des 11-12.

    En mairie centrale aussi donc ?

    S.So. : Ça peut. Mon souhait parce que je maîtrise moins bien les autres secteurs est de m’engager pour les 11-12.

    Qu’est-ce que vous souhaitez aux habitants pour cette année ?

    S.So. : Je leur souhaite des débats sains et sereins, sur du fond, avec de vraies propositions, pour qu’ils puissent choisir en toute connaissance. Je leur souhaite aussi de continuer à être fier de ce secteur, de cette qualité de vie et de conserver ce dynamisme, cet état d’esprit et cette bienveillance entre nous.

  • Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille

    « Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »

    Faire s’exprimer les quartiers populaires

    Saluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.

    « On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »

    Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.

  • Municipales dans le Var : des équipes soudées à gauche qui avancent pour battre campagne et déjouer certains pronostics

    Municipales dans le Var : des équipes soudées à gauche qui avancent pour battre campagne et déjouer certains pronostics

    Dans un département qui a envoyé sept députés RN sur huit à l’Assemblée, la bataille pour la gauche s’annonce extrêmement difficile, inutile de se le cacher. Mais l’âpreté du combat à venir a conduit les forces progressistes du Var à travailler bien en amont, souvent dans l’unité, pour construire, avec les habitants, une alternative crédible à une droite omnipotente en mal de renouvellement et totalement perdue dans un épais brouillard idéologique. Des ambitions qui, aujourd’hui, se traduisent selon les communes par des stratégies diverses.

    à La Seyne, par exemple, l’ancienne cité industrielle a conservé dans sa mémoire une part de cette culture ouvrière faite de lutte, d’émancipation et de conquête sociale, qui l’immunise contre la résignation. Le mandat inachevé de Nathalie Bicais, maire (Les Républicains) empêchée après sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité en 2025, a alimenté une grande insatisfaction après beaucoup de promesses non tenues et une guerre de succession fratricide à droite. Avec un centre-ville exsangue, toujours pas de cinéma, plus de piscine et un renouvellement urbain en panne.

    Seule ombre au tableau à La Seyne : la division actée par une partie de la gauche alors que tout le monde prétendait, de long mois durant, construire le rassemblement dans l’unité. Au final, le PS s’est obstiné à vouloir conduire la liste, alors qu’il le faisait déjà dans les principales villes de la métropole comme Toulon, La Garde, Le Pradet… Son candidat, Olivier Andrau, faisant fi des décisions prises au niveau fédéral, a déposé sa candidature et rallié à sa cause Les Écologistes. Quant aux Insoumis, ils ont choisi de faire cavalier seul, provoquant le départ d’une dizaine de leurs membres. Deux listes viennent donc, au final, parasiter celle de « Unie à gauche pour La Seyne », menée par Stéphane Sacco, coordonnateur régional de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), et soutenue par GRS, le PCF, L’Alternative pour la république, l’écologie et le socialisme (L’Après) et le Mouvement républicain et citoyen (MRC).

    De l’autre côté de la rade, dans la ville préfecture, la liste « Toulon en Commun », menée par Magali Brunel (PS), compte capitaliser sur la condamnation de l’ex-maire et patron de la droite varoise Hubert Falco (LR puis DVD) et déjouer les pronostics qui donnent l’extrême droite gagnante, grâce à un patient travail mené depuis de longs mois pour créer une dynamique. Même si, là encore, LFI joue contre l’unité.

    Heureusement, la raison l’a emporté dans beaucoup d’autres communes, comme à Hyères, Draguignan ou Fréjus, où la gauche part unie à la bagarre.

  • Compte à rebours

    Compte à rebours

    Dans deux mois exactement, le premier tour des élections municipales aura lieu. Le compte à rebours est lancé pour une campagne qui se déroule dans un contexte inédit à bien des égards.

    Dans les différentes communes, la campagne ne fait que commencer. Écrasé par la crise politique nationale, la menace constante d’une dissolution et l’actualité internationale anxiogène, le débat démocratique local peine à se déployer.

    Et pourtant, les municipales sont un enjeu majeur pour le quotidien que nous allons vivre durant les six et peut-être les sept prochaines années car le grand nombre de scrutins à venir pourrait bien conduire à la prolongation du mandat des maires élus en 2026.

    Expériences positives

    Elles détermineront l’état des services publics, les politiques d’urbanisme et de logement, les actions de solidarité, de protection de la biodiversité et la manière d’associer ou non la population aux choix qui seront faits.

    Dans ce contexte, les gauches, à la peine au niveau national depuis le mandat de François Hollande, font face à un double défi. D’une part, convaincre à nouveau dans les grandes villes qu’elles dirigent malgré la poussée du RN et la stratégie solitaire de LFI, d’autre part reprendre pied dans les petites communes dans lesquelles son influence s’est réduite comme peau de chagrin.

    Pour y parvenir, elles doivent être unies, parler simple et vrai, renouer avec la relation de proximité et les préoccupations quotidiennes des habitants. C’est la condition pour contrer l’extrême droite.

    Dans notre région, où les rapports de forces sont très contrastés, elles ne partent pas de rien, les expériences municipales progressistes qui mettent au cœur de leur action les services publics, la justice sociale, la défense de l’environnement et la démocratie de proximité sont là pour en témoigner.