L’union de gauche, rangée derrière le candidat aux élections Marc Pena (député PS) a tenu, ce mercredi soir, une réunion publique autour de la thématique du logement. Associations, soutiens de listes, mais surtout les chefs de file des partis de gauche (hors LFI) se sont retrouvés au local de campagne dédié aux élections, 13, rue Granet. « Le logement est une question qui touche à la dignité humaine (…), ce n’est pas une variable d’ajustement des politiques publiques », a lancé Marc Pena. Nous reviendrons sur cette rencontre dans nos colonnes, ce vendredi.
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![[Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/10361f43b84bdf4eba22448fcf09c7e0.png)
[Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »
La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé une plateforme citoyenne de participation à Tarascon ?
Benjamin Jarjaval : C’est un outil citoyen, c’est parti d’un constat. On est un petit collectif d’une quinzaine de personnes, et l’idée, c’était de voir ce qu’on pouvait faire. Il s’agit d’un outil d’ingénierie citoyenne, pour permettre aux gens de parler et de faire des constats sur des choses qui les touchent directement. C’est pour l’habitant qui va être expert de son trottoir, expert de son cadre de vie. Il n’y a pas que ceux qui votent : les jeunes, dès 17 ans, ont besoin d’apporter des précisions sur ce qui leur manque à Tarascon. On veut un outil accessible à tout le monde, de 17 à 97 ans, voire plus.
Cette plateforme est-elle liée aux municipales ou à un projet politique ?
B.J. : La plateforme est vraiment apolitique. Le fait qu’elle sorte pendant les municipales peut prêter à confusion, mais la vérité, c’est que le temps de la mettre en place a été long en n’étant pas spécialistes. On ne cherche pas de siège. On a envie que tout le monde participe à cette plateforme, quelle que soit son étiquette, quel que soit son vote. On invite d’ailleurs tous les candidats déclarés à venir participer à la plateforme.
Quel regard portez-vous sur la situation politique et sociale à Tarascon aujourd’hui, après deux mandats de droite ?
B.J. : Il y a eu des réussites au niveau des murs, avec la création de la maison multi-accueil qui s’est faite sur Tarascon, le CCAS, une crèche, la rénovation du théâtre… Par contre, la population augmente, et une partie des habitants reste touchée par la précarité : le taux de précarité est proche des 31 voire 33%. Il y a aussi plus de 12,5% de chômage à Tarascon et pas d’agence France Travail. Les habitants sont obligés de se déplacer jusqu’à Arles. Donc, il manque encore des infrastructures pour cette population grandissante. Il y a des actions sociales, mais il y a encore des choses à faire. Ensuite, pour ce qui est de l’offre politique, ma sensibilité est plutôt à gauche et je ne me retrouve pas dans l’offre actuelle à Tarascon. Il n’y a plus de candidat de gauche depuis 2014 : aujourd’hui, ce qui est proposé, c’est la droite ou l’extrême droite. Aux dernières municipales, il y a eu plus de 50% d’abstention , donc je ne crois pas que l’offre politique soit représentative de la population.
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La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens
Une salle comble au Rowing club, ce mercredi 14 janvier, et une jeunesse toute acquise à la cause de la candidate DVD à la mairie de Marseille, Martine Vassal, pour une soirée organisée par Une génération pour Marseille, collectif des jeunes de la droite et du centre emmené par Romain Simmarano, par ailleurs directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région Sud. L’occasion pour Martine Vassal de décliner ses propositions.
De la crèche, dont elle promet de doubler le nombre à Marseille, à l’école avec une sorte de déclinaison du « plan Charlemagne » que celle qui est aussi présidente du Département a mené, histoire de rénover la totalité des 88 écoles municipales. À l’image des maisons du Bel âge départementales qui accueillent les seniors, elle imagine aussi des « maisons de la réussite » dans tous les secteurs de la ville pour proposer aide aux devoirs et autres activités. Aux étudiants, elle qui a pourtant déjà la présidence de la Métropole, autorité compétente en la matière, promet les transports gratuits jusqu’à 26 ans, de quoi leur permettre d’investir un centre-ville propre et sécure. Sur la solidarité, elle évoque une réquisition des logements vides, la création de maisons de santé spécifiques, une plate-forme pour les aider à trouver un stage.
Sécurité à gogoMathieu, Chiara, Juliette, Bilal… Les jeunes qui soutiennent Martine Vassal sont aussi de fervents défenseurs de la cause animale, qui aura un référent si elle est élue maire. Ils seront aussi en sécurité avec plus de caméras de vidéosurveillance, une BAC municipale, et de la police que toute la salle applaudit fiévreusement. « Sur Marseille, ce sera tolérance zéro » pour que cette jeunesse qui a visiblement les moyens de sortir tard le soir puisse avoir de « la tranquillité publique ».
Les jeunes soutiens de la candidate de la droite et du centre réclament aussi des grands événements. Ils en auront un, « nous allons le créer », promet-elle. Sur l’emploi, il faudra travailler sur tout le territoire…
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Municipales en Vaucluse : une unité à géométrie variable à gauche selon les villes et profils
En Vaucluse, les deux principales villes, Avignon et Carpentras, sont actuellement détenues par la gauche avec des maires à la tête de larges majorités. Sans trop de surprises, c’est là que les appétits, et appréciations différentes, sont les plus marqués, ne permettant pas de présenter aux électeurs une seule large et unique liste de rassemblement.
Dans la ville-centre, le panorama s’éclaircit, près d’un an après l’annonce de Cécile Helle (PS) de ne pas briguer de 3e mandat. Si, au centre gauche, l’adjoint à l’urbanisme Paul-Roger Gontard est toujours en lice, David Fournier (PS), autre adjoint, est aujourd’hui le candidat qui agrège le plus de soutiens et incarne la continuité. Mathilde Louvain, pour La France insoumise (LFI), tentera de lui disputer le leadership à gauche et pourrait se prévaloir aussi de l’appui de Génération.s et d’un collectif Avignon citoyen. Le PCF oscille encore entre les deux options et doit se déterminer définitivement d’ici à la fin de semaine.
À Carpentras, le maire Serge Andrieu (DVG) repart pour un second mandat sous son nom propre, en bénéficiant des soutiens de partis de gauche, comme le PS ou le PCF, à l’inverse de 2020 pour les communistes. Les Écologistes, sous tutelle, sont dans l’attente alors que l’une de leurs co-référentes, Olivia Adoplhe-Laroubi, est l’épouse de l’ex-maire Francis Adolphe (ex-PS), à nouveau candidat après avoir purgé son inéligibilité. Là aussi, LFI ambitionne de monter une liste.
Dans le reste du Vaucluse, ce sont les profils des candidats et implantation de la gauche de manière générale qui font ou défont l’unité. Les donnes sont semblables à Orange et Cavaillon, guère propices à la gauche. En 2020, elle n’était même pas représentée dans la cité cavare. Cette fois-ci, Patrick Blanès (PS), candidat pour le NFP aux dernières législatives, portera une liste divers gauche, mais sans soutien de LFI. À Orange, face à la guerre que se livre l’extrême droite version Bompard et le RN, un collectif citoyen « Tous orangeois », incarné par Antoine Boudet (SE), est le plus à même de séduire la gauche. Dans la mairie RN du Pontet, c’est aussi une sorte de front républicain qui s’organise autour de Jean-Firmin Bardisa (DVD), qui balaye du PCF à l’UDI.
À Bollène, LFI sera bien en soutien de la liste « Bollène à gauche », défendue par Daniel Barrière (PCF). Le candidat sera opposé au maire sortant Anthony Zilio (SE), pourtant issu de la gauche, mais « plus assez aujourd’hui » aux yeux de certains. Les insoumis discutent aussi à Morières avec Annick Dubois (PS), qui porte l’unité de la gauche, pour tenter de reprendre la mairie au RN. Enfin, à l’Isle-sur-la-Sorgue, l’ensemble de la gauche se range derrière un non encarté, Christophe Baudet, autour de la liste Peps (Participatif, écologique populaire et solidaire).
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![[Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/7ab9d4ba78a8057e7e0806c9294d349a.jpg)
[Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »
La Marseillaise : Vous présentez vos vœux de fin de mandat, de quoi êtes-vous particulièrement fier ?
Sylvain Souvestre : En partant d’une feuille blanche sur des domaines qui m’intéressent comme le sport, il y la création des premiers paddles municipaux de France, gérés à 100% mairie de secteur, et qui ont un succès monstre. Je suis très fier aussi de l’Académie des sports qui réunit les clubs du secteur sur des tournois, des stages. À côté de la rénovation des équipements, il y a la création de la Maison des abeilles et de la biodiversité, aussi. Je suis fier aussi d’avoir mis fin aux squats de Saint-Marcel, de la Barasse et de St-Jean-du-Désert, et d’avoir pu rénover aussi avec la Métropole et sa présidente, les noyaux villageois de Saint-Barnabé et Saint-Marcel, ou la place de l’église de la Valentine. Quand il y a de la volonté, on réussit de belles choses.
Il y a des regrets, des choses que vous n’avez pas pu faire ?
S.So. : Il y a déjà la frustration de ne pas avoir eu, pas un accord, mais rien qu’une réponse du maire de Marseille aux demandes qui le concernaient. J’ai écrit plus de 1 500 courriers sur cinq ans sur des problématiques d’école, j’ai proposé l’installation de 185 caméras de vidéosurveillance… pas une réponse. Je regrette d’avoir vu ce secteur laissé en dehors du plan école. Aucune n’a été entamée sur ce mandat. La première est inscrite dans la prochaine vague et débutera en 2027. C’est La Figonne à Beaumont, une des quatre écoles « Geep » qui auraient dû être terminées depuis trois ans si le partenariat public-privé (PPP) n’avait pas été dénoncé par cette majorité. Pour la première fois de l’histoire, Marseille a de l’argent, c’est inadmissible d’avoir laissé 124 000 habitants au pain sec et à l’eau. J’ai même proposé à l’adjoint à la sécurité d’installer un poste de police municipale dans des bâtiments vides à Saint-Marcel… C’est du mépris.
Qu’est-ce qui fait la force d’un maire de secteur ?
S.So. : Ma force en tout cas, c’est mon engagement dans la proximité. Je me lève tous les jours à 4h30, je travaille toute la journée, je vais chaque jeudi matin aux opérations de propreté coups de poing de la Métropole. Cette proximité fait la force des maires de secteur, quel que soit leur bord. Il est dommage que la modification de la loi PLM n’ait pas renforcé ces pouvoirs.
Votre discours très sécuritaire sur un secteur où le RN est très fort, est-ce nécessaire ?
S.So. : Notre secteur historiquement à droite, a une identité, des traditions et des marqueurs forts. Je me suis battu contre la sortie de Pagnol de la Buzine, j’ai dénoncé la censure du film Sacré-Cœur. Après, les gens disent qu’ils veulent de la sécurité, même si on est assez protégé ici par rapport d’autres. Nos principaux problèmes, c’est l’incivisme, le jet clandestin, le stationnement illégal, ce qu’on peut résoudre grâce à de la vidéosurveillance et de la police de proximité. Si certains, comme le RN ou LFI, cherchent à nationaliser l’élection, c’est pour compenser leur absence du terrain. Moi, je suis dans l’action de proximité et les résultats. Franck Allisio, candidat du RN sur la ville, était élu du secteur en 2020 avant de démissionner pour aller se faire élire député à Marignane. Aura-t-il le courage d’être à nouveau candidat ici ? Où va-t-il se protéger en l’étant juste sur la ville ?
Si jamais Franck Allisio venait sur ce secteur, vous seriez prêt ?
S.So. : Je l’attends, j’espère qu’il viendra. Même si je crois qu’il n’y habite pas, il a été plusieurs fois candidat et a toujours voulu être ici. Si Franck Allisio ne vient pas dans les 11-12, ce serait un manque de courage politique. Le RN cherche à incarner la sécurité, mais c’est un vernis auquel beaucoup de gens ne croient pas. Je peux comprendre leur ras-le-bol, mais je peux vous dire qu’ils font la différence entre le local et le national. Ils parlent d’insécurité, d’immigration, mais savent que ça ne se règle pas à ce niveau. Puis on est identifié, avec mon équipe, avec Valérie Boyer, on a des résultats. Le marqueur de la proximité peut faire la différence. Et la crédibilité aussi. Les gens qui viennent à deux mois du scrutin et n’ont pas été là pendant six ans… Personne n’est naïf.
Vous êtes référent sur les 11-12. Vous y serez candidat ?
S.So. : Je suis quelqu’un de très légitimiste, je m’inscris dans un collectif. Tant que notre candidate n’a pas arbitré, je ne vais pas me positionner. Mais j’ai bien entendu la volonté de défendre ce secteur. Je serai là où je suis le plus utile pour les habitants des 11-12.
En mairie centrale aussi donc ?
S.So. : Ça peut. Mon souhait parce que je maîtrise moins bien les autres secteurs est de m’engager pour les 11-12.
Qu’est-ce que vous souhaitez aux habitants pour cette année ?
S.So. : Je leur souhaite des débats sains et sereins, sur du fond, avec de vraies propositions, pour qu’ils puissent choisir en toute connaissance. Je leur souhaite aussi de continuer à être fier de ce secteur, de cette qualité de vie et de conserver ce dynamisme, cet état d’esprit et cette bienveillance entre nous.
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Les communistes engagés dans le rassemblement à Marseille
« Dans ce combat, les communistes doivent être en première ligne. » L’opération de tractage a été décidée voilà quelques jours dans toutes les sections communistes marseillaises. Pour Anthony Gonçalves, chef de file PCF aux municipales, le sondage La Marseillaise /Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié dans nos colonnes ce 13 janvier, qui met à égalité au premier tour le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat du RN avec 30% d’intentions de vote, a renforcé la nécessité de s’engager dans la bataille. À l’aune de l’histoire des communistes dans la ville, « acteurs majeurs de la Libération, les armes à la main », il s’agit pour lui d’un « coup de tonnerre » : « On est saisi par l’effroi que cette dynamique RN fait peser sur la ville. »
Faire s’exprimer les quartiers populairesSaluant l’entrée en campagne de Benoît Payan, il ajoute que cette opération va permettre de « rappeler que le rassemblement à gauche, des citoyens, des écologistes, du monde du travail autour de [cette] liste doit se faire maintenant, de la façon la plus large possible et dès le premier tour ». Un rassemblement où le PCF a son rôle à jouer.
« On doit être à l’avant-garde du dialogue avec les quartiers populaires, celles et ceux qui ne veulent pas revenir à cette ville de classes construite pendant 25 ans de gestion de droite », assène Anthony Gonçalves. Pour convaincre là où, souvent, on ne va plus aux urnes, les communistes comptent sur leurs propositions qui ont « infusé » le programme, mais aussi sur leur bilan au sein du Printemps marseillais : « Je pense au combat pour l’accès aux soins, le logement, l’égalité homme-femme. Il y a aussi ce qui a été fait par nos adjoints, Audrey Garino dans le domaine de la solidarité, Jean-Marc Coppola à la culture. »
Et d’insister aussi sur le développement du port, inquiet de ce que « certains veulent en faire, y compris d’où on ne l’attendrait pas »… En clair, des insoumis. « Nous sommes partisans de lier de façon indissoluble développement économique et exigences écologiques. Ce n’est pas en les opposant qu’on va avancer », estime-t-il.
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Municipales dans le Var : des équipes soudées à gauche qui avancent pour battre campagne et déjouer certains pronostics
Dans un département qui a envoyé sept députés RN sur huit à l’Assemblée, la bataille pour la gauche s’annonce extrêmement difficile, inutile de se le cacher. Mais l’âpreté du combat à venir a conduit les forces progressistes du Var à travailler bien en amont, souvent dans l’unité, pour construire, avec les habitants, une alternative crédible à une droite omnipotente en mal de renouvellement et totalement perdue dans un épais brouillard idéologique. Des ambitions qui, aujourd’hui, se traduisent selon les communes par des stratégies diverses.
à La Seyne, par exemple, l’ancienne cité industrielle a conservé dans sa mémoire une part de cette culture ouvrière faite de lutte, d’émancipation et de conquête sociale, qui l’immunise contre la résignation. Le mandat inachevé de Nathalie Bicais, maire (Les Républicains) empêchée après sa condamnation à cinq ans d’inéligibilité en 2025, a alimenté une grande insatisfaction après beaucoup de promesses non tenues et une guerre de succession fratricide à droite. Avec un centre-ville exsangue, toujours pas de cinéma, plus de piscine et un renouvellement urbain en panne.
Seule ombre au tableau à La Seyne : la division actée par une partie de la gauche alors que tout le monde prétendait, de long mois durant, construire le rassemblement dans l’unité. Au final, le PS s’est obstiné à vouloir conduire la liste, alors qu’il le faisait déjà dans les principales villes de la métropole comme Toulon, La Garde, Le Pradet… Son candidat, Olivier Andrau, faisant fi des décisions prises au niveau fédéral, a déposé sa candidature et rallié à sa cause Les Écologistes. Quant aux Insoumis, ils ont choisi de faire cavalier seul, provoquant le départ d’une dizaine de leurs membres. Deux listes viennent donc, au final, parasiter celle de « Unie à gauche pour La Seyne », menée par Stéphane Sacco, coordonnateur régional de la Gauche républicaine et socialiste (GRS), et soutenue par GRS, le PCF, L’Alternative pour la république, l’écologie et le socialisme (L’Après) et le Mouvement républicain et citoyen (MRC).
De l’autre côté de la rade, dans la ville préfecture, la liste « Toulon en Commun », menée par Magali Brunel (PS), compte capitaliser sur la condamnation de l’ex-maire et patron de la droite varoise Hubert Falco (LR puis DVD) et déjouer les pronostics qui donnent l’extrême droite gagnante, grâce à un patient travail mené depuis de longs mois pour créer une dynamique. Même si, là encore, LFI joue contre l’unité.
Heureusement, la raison l’a emporté dans beaucoup d’autres communes, comme à Hyères, Draguignan ou Fréjus, où la gauche part unie à la bagarre.
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Compte à rebours
Dans deux mois exactement, le premier tour des élections municipales aura lieu. Le compte à rebours est lancé pour une campagne qui se déroule dans un contexte inédit à bien des égards.
Dans les différentes communes, la campagne ne fait que commencer. Écrasé par la crise politique nationale, la menace constante d’une dissolution et l’actualité internationale anxiogène, le débat démocratique local peine à se déployer.
Et pourtant, les municipales sont un enjeu majeur pour le quotidien que nous allons vivre durant les six et peut-être les sept prochaines années car le grand nombre de scrutins à venir pourrait bien conduire à la prolongation du mandat des maires élus en 2026.
Expériences positives
Elles détermineront l’état des services publics, les politiques d’urbanisme et de logement, les actions de solidarité, de protection de la biodiversité et la manière d’associer ou non la population aux choix qui seront faits.
Dans ce contexte, les gauches, à la peine au niveau national depuis le mandat de François Hollande, font face à un double défi. D’une part, convaincre à nouveau dans les grandes villes qu’elles dirigent malgré la poussée du RN et la stratégie solitaire de LFI, d’autre part reprendre pied dans les petites communes dans lesquelles son influence s’est réduite comme peau de chagrin.
Pour y parvenir, elles doivent être unies, parler simple et vrai, renouer avec la relation de proximité et les préoccupations quotidiennes des habitants. C’est la condition pour contrer l’extrême droite.
Dans notre région, où les rapports de forces sont très contrastés, elles ne partent pas de rien, les expériences municipales progressistes qui mettent au cœur de leur action les services publics, la justice sociale, la défense de l’environnement et la démocratie de proximité sont là pour en témoigner.
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Municipales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche rassemblée hors LFI dans 60 communes
Une première depuis des décennies. Les partis traditionnels de gauche ont scellé, en fin d’année dernière, un accord départemental pour les municipales 2026. PS, PCF, EELV, Génération écologie, Gauche républicaine et sociale, Debout ! et Mouvement des progressistes se sont unis dans plus de soixante communes des Bouches-du-Rhône. « Un accord historique par son ampleur », saluait le sénateur communiste Jérémy Bacchi, tandis que Yannick Ohanessian, premier fédéral du PS, rappelait qu’en 2020, « la gauche était absente des trois quarts des communes ».
L’objectif est double. Peser face à la poussée de l’extrême droite, d’abord. Même si la comparaison avec des scrutins nationaux mérite nuance, aux législatives de 2024, la coalition RN et alliés a frôlé les 41%. Un mois plus tôt, aux européennes, la liste Bardella avait recueilli près de 37% des suffrages. Se donner les moyens de reconquérir des bastions perdus, ensuite. Depuis 2020, la gauche municipale est à la tête d’une vingtaine de communes seulement, sur les 119 que compte le département. Cet accord vise à en gagner plus d’une soixantaine. Un cap qui pourrait permettre aux progressistes du territoire de prendre les rênes du conseil métropolitain.
Vitrolles et Marignane font exceptionLa France insoumise, elle, est restée en marge, refusant l’union départementale pour privilégier des alliances locales à géométrie variable. Un pari risqué qui pourrait peser lourd dans la bataille de Marseille, où le Printemps marseillais de Benoît Payan (DVG) devra défendre son bilan de mandat face à une extrême droite qui toque avec insistance à la porte de l’Hôtel de ville et une droite en perte de vitesse. Mais pas que.
Sept des dix plus grosses communes des Bouches-du-Rhône sont confrontées à ce départ en ordre dispersé. On pense à Martigues, où Gaby Charroux, le maire (PCF) sortant, repart en campagne, comme à Aix, Arles, Salon, Aubagne et La Ciotat, toutes dirigées par la droite, mais où une gauche unie pourrait nourrir des ambitions de reconquête. à Istres, le doute plane encore autour d’une liste citoyenne. Vitrolles et Marignane, tombées dans les mains de l’extrême droite (FN, ex-RN) dans les années 90, semblent épargnées. à Rognac, seule commune du territoire dirigée à ce jour par le RN, une liste citoyenne est annoncée à gauche.
Sans réel ancrage territorial, LFI se tient pour l’heure en retrait sur les plus petites communes comme Septèmes-les-Vallons, Port-de-Bouc, Le Rove, où les maires communistes sortant André Molino, Laurent Belsola et Paul Sabatino, qui a pris la succession de Gerges Rosso, brigueront un nouveau mandat. à Allauch, LFI vient même en soutien de la liste « citoyenne écologiste, sociale et solidaire » menée par Frédéric Dutoit. à Fos, Rémi Esnault, désigné pour succéder à René Raimondi (PS), trouve face à lui une candidature dissidente socialiste. à Port-Saint‑Louis, une liste de gauche autour d’Aurélie Grache est pour l’heure déclarée.
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![[Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/01/8268d454f39087fd309ce766c80766ea.jpg)
[Grand entretien] Benoît Payan : « La bataille de Marseille pour 2026 sera contre le RN »
La Marseillaise : Quelle est votre réaction à notre sondage qui vous place à égalité avec le RN au niveau des intentions de vote ?
Benoît Payan : Quand il y a quelques mois, vous me posiez la question du RN, je vous disais que je le sentais très haut. Le sondage que vous avez publié acte un socle très haut du RN, ce qui fait que l’on va être dans le plus grand combat de l’histoire municipale. La bataille de Marseille pour 2026 va être une bataille contre le RN. Le rassemblement de toute la gauche, des écologistes, des humanistes, des citoyens d’un côté et le RN de l’autre. On est en train de vivre une période anxiogène, où les conflits, les guerres, où l’illibéralisme est en train de dominer dans de trop nombreux pays. Dans une ville comme Marseille, qui par essence, n’est pas une ville comme les autres mais une cité-État qui s’est stratifiée année après année par l’apport de gens venus d’ailleurs et qui ont systématiquement vécu le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, certains veulent encore et toujours trouver des boucs émissaires. On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre. Nous le Printemps marseillais, on a fait un travail considérable, on nous prédisait l’explosion en 6 mois et nous disposons aujourd’hui d’un socle avant d’entrer en campagne.
Quels sont vos premiers retours des déploiements militants qui ont eu lieu à l’occasion de votre déclaration de candidature ?
B.P. : Je vois beaucoup d’enthousiasme dans les rues, chez les gens et chez les militants. Il y a des gens qui viennent de beaucoup de partis, qui ont voté pour pleins de candidats différents dans d’autres élections, des gens qui n’ont jamais été encartés et des gens qui viennent spontanément pousser la porte du local pour demander comment aider : collage, réunion d’appartement, idée sur le programme… C’est quelque chose que l’on avait pas connu en 2020. Il a de l’espoir et de l’enthousiasme qui accompagne se lancement de candidature. L’exercice du pouvoir m’a appris l’humilité mais je sais que c’est un moment crucial parce qu’il dit quelque chose de nous. On est sortants, on a un bilan qui parle pour nous. Je suis fier que 10 000 petits Marseillais mangent gratuitement à la cantine, c’est parfois le seul repas chaud de la journée. Nous ferons passer ce chiffre à 15 000. Le kit de rentrée scolaire va passer à 150 euros. Je suis fier de dire qu’il y aura un commissariat de police municipale dans chaque arrondissement. Notre police municipale ressemble à la ville, elle est de proximité, regardez ce qui se passe à Noailles : elle a créé un contact humain, elle rassure, elle accompagne les gens aide les personnes âgées… On va la doubler. Nous avons fait du CCAS un lieu où on ne fait pas que des lotos. C’est bien mais aujourd’hui on porte pour plusieurs centaines de personnes âgées un repas chaud chaque jour. Là aussi on va faire plus. Dans cette campagne, on va développer une vision du quotidien et poser la question : comment sera Marseille dans 50 ans. Un maire a deux responsabilité : s’occuper de ses concitoyens au jour le jour et dire où il veut emmener la ville.
Le deuxième volet de notre enquête d’opinion vous place en tête dans la réponse à la question « qui ferait un bon maire ? », Martine Vassal est deuxième et Franck Allisio, loin derrière.
Comment analysez-vous ces chiffres ?
B.P. : Un sondage reste un sondage même si je préfère être qu’en quatrième ou troisième. Je l’analyse avec beaucoup d’humilité comme un travail qu’on a fait correctement avec sérieux et enthousiasme au services des Marseillais. On a permis à des gens de vivre mieux de retrouver de la dignité même si je n’ai pas les pouvoirs que l’État peut avoir. Dans une ville aussi difficile que Marseille, avoir plus d’appréciations positives que négatives avant même qu’on entre en campagne, c’est encourageant. D’autant que nous avons été la cible de tirs croisés, et de nombreux mensonges. Je crains une campagne de caniveau. Je ne m’y abaisserai pas. Les Marseillais sont intelligents, quand on leur dit que les écoles, les policiers, les politiques sociales n’existent pas, ils restent insensibles à ce genre de mensonges.
Ces chiffres mettent-ils un terme, pour vous, au procès en illégitimité dont vous êtes l’objet ?
B.P. : Ça fait huit sondages que je suis devant eux. Pour quelqu’un d’illégitime ils devraient s’inquiéter pour leur propre légitimité. J’ajoute qu’en 2020, à la différence de M. Allisio ou de Mme Vassal, moi j’ai gagné les élections.
Alors que 30% des personnes interrogées ont l’intention de voter Franck Allisio, il est 18 points plus bas que vous quand il s’agit de dire « qui ferait un bon maire ». Diriez-vous que c’est un vote dicté par des considérations nationales qui se porte sur lui ?
B.P. : On est tôt dans la campagne et en effet les gens répondent aussi en fonction de l’actualité nationale. Plus on va approcher du scrutin, plus les gens répondront à la question « qui voulez-vous voir comme maire et comme équipe municipale ». Il y a aussi le fait que le candidat a décidé de quitter Marseille pour aller se faire élire ailleurs. Cela ne résume pas Franck Allisio mais cela dit des choses de lui.
Quelle stratégie pour contrer la poussée du RN ?
B.P. : D’abord, j’ai été et je serai le maire de toutes les Marseillaises et de tous les Marseillais. Je me mets à la place de quelqu’un qui regarde toute la journée des chaînes d’information en continu, qui prend peur, qui cherche un bouc émissaire, qui tombe dans la facilité du « le Rassemblement national, on n’a jamais essayé ». C’est vrai qu’on a jamais essayé de se jeter dans le feu mais je suis persuadé que si on le fait, on brûle. Je ne dirais jamais que les électeurs du RN sont des pestiférés. Il est bien de rappeler l’histoire, de se souvenir de qui a fondé ce parti, de son ADN. C’est l’anti-France de la Résistance. Je suis triste quand je vois que certains, se réclamant du gaullisme courent derrière ceux qui étaient de l’autre côté. Moi je crois qu’il faut parler à ces électeurs, les rassurer, on peut vivre bien dans cette ville qui nous appartient à tous, où nous avons chacun notre place. Si je suis né à Marseille, c’est le fruit de l’immigration parce que j’ai des arrière-grands parents qui ont fuit la misère, d’autres le fascisme, d’autres la guerre. Marseille a été pour nous tous un sanctuaire. J’ai envie de leur dire « n’ayez pas peur, bien sûr que tout ne va pas bien mais regardez votre ville comme elle s’est redressée, comme elle fait envie dans toute la France ». Bien sûr, jouer sur les peurs est facile or moi, j’ai envie de parler à l’intelligence des Marseillais.
Peut-on répondre au problème du narcotrafic comme maire ?
B.P. : Si demain un attentat se produisait à Marseille, j’ai des adversaires politiques qui me l’imputeraient. J’espère du plus profond de mon âme que ça n’arrivera jamais mais des villes ont connu ces tragédies. Je pense à Paris et à Nice, c’était une maire de gauche et un maire de droite. Leurs opposants ont eu la décence de ne pas confondre ce qui relève de l’État et de la municipalité. Néanmoins face au narcotrafic, il y a des réponses multiples à apporter. Nous avons un des meilleur procureur en France, une police judiciaire qui fait un travail exceptionnel, mais il faut plus de moyens. Il ne faut pas seulement couper les tentacules de la pieuvre mais sa tête. Aujourd’hui, les chefs ne sont plus à Marseille mais dans des pays où il n’y a pas d’extradition, ils continuent à commanditer des assassinats. D’autres l’on fait depuis les prisons françaises. Certain expliquent que c’est de la faute du maire de Marseille si une prison dans le Cher, le Loiret ou le Nord a laissé passer ses appels. Si mes adversaire en sont là, je préfère les laisser où ils sont. Ensuite, il y a eu une longue période qui a probablement commencé avant Jean-Claude Gaudin et qui s’est accéléré avec son équipe qui est encore là pour réclamer le pouvoir, durant laquelle on a fracturé la ville. Pas de transports, des écoles dans un état chaotique, pas d’accompagnement social… On connaît le résultat. Il faut marcher sur nos deux jambes. Il faut des services publics et du lien. Regardons le nombre d’associations abandonnées par le Département, la Métropole ou la Région. Pour faire quoi ? Un huitième rond-point dans un ville de 10 000 habitants ? L’humain il est où dans tout ça ? Quand j’ai vu les milliers d’enfants qu’on a envoyé en colo, ça m’a donné le sourire, ça doit être ça faire de la politique.
Vous avez dit que votre objectif était « d’emporter la Métropole ». Êtes-vous candidats à sa présidence ?
B.P. : Non, il ne faut pas être boulimique de pouvoir. Il faut beaucoup d’humilité. Quand on est maire de Marseille, il faut se consacrer à sa ville. Il y aurait là une forme d’absurdité et de trahison des Marseillais. Non, je ne peux pas m’occuper de Puyloubier, de Gemenos, de Saint-Mitre-les-Remparts, d’Aix-en-Provence. Ça n’est physiquement et intellectuellement ni possible ni souhaitable. Mais je ferais des propositions relevant des compétences métropolitaines. Par exemple, sur la propreté, je présenterai 10 points pour que les choses changent en un an. Pourquoi ? Parce que personne ne gagnera plus la Métropole sans Marseille. Celle ou celui qui sera à la présidence ne le sera que parce qu’on se sera entendu ensemble. La Métropole doit redevenir ce qu’elle n’aura jamais dû cessé d’être, c’est-à-dire une boîte à outils de services publics. Elle a été accaparée par un camp et par un clan qui avaient perdu les élections et pour déployer un programme que les Marseillais avaient désavoué.
Cette présidence sera-t-elle issue de Marseille dans votre esprit ?
B.P. : Il faudra regarder, personne ne peut prédire les résultats dans 92 communes. Mécaniquement, avec la réforme PLM, plus personne ne fera sans Marseille. Il n’y aura pas de président qui voudra faire un tramway sur la corniche ou pour aller au Frioul ou je ne sais quelle absurdité ressemblant plus à un poisson d’avril qu’à un travail sérieux.
Allez-vous renouveler votre équipe ?
B.P. : Oui, il y aura un vrai renouvellement. Il y a des gens qui veulent s’arrêter, d’autres veulent continuer, ils ont bien travaillé. Quand je regarde les collectivités autour de moi, elles sont dans le rouge. Nous avons redressé les comptes. Fitch ou Standard & Poor’s qui ne sont pas des succursales du Parti communiste français ont amélioré nos notes. Ça me permet d’emprunter moins cher, c’est plus d’argent pour le service public.
Après la publication de notre sondage, Sébastien Delogu a appelé à faire front commun au second tour face à l’extrême droite. C’est trop tard ?
B.P. : Dans la situation que nous vivons, son aventure personnelle, solitaire, pour ramener je ne sais quelle place au conseil municipal pour faire plaisir à Jean-Luc Mélenchon, n’a aucun sens. S’en prendre toute la journée à moi, me comparer à la droite, avoir dit que j’étais corrompu – même si dans sa bouche ces mots ne m’inquiètent pas – pour dire ensuite « je veux venir avec vous au second tour », il y a quelque chose qui ne colle pas dans cette affaire-là. Il a vite oublié qu’il avait été élu grâce au Nouveau front populaire. Je l’ai déjà dit, c’est au premier tour que tout ce joue. Quand on est candidat à devenir le maire de Marseille, on prend ses responsabilités. Il les a prises au premier tour, il devra les prendre au deuxième.
Marine Le Pen est à Marseille vendredi pour soutenir son candidat, seulement trois jours après l’ouverture de son procès en appel. Ça vous étonne que les affaires n’aient plus d’incidence sur les intentions de vote ?
B.P. : On vit dans un pays où l’état de droit est remis en cause par ceux qui sont censés le défendre. Quand un ministre de l’Intérieur dit qu’on peut remettre en cause l’état de droit. Ils n’est pas étonnant que les gens se disent qu’on peut ne pas tenir compte de la Justice. Quand des élus sont capables, toute honte bue, de frapper, d’insulter, de voler, que leurs actes, leur vocabulaire n’est pas en adéquation avec leurs fonctions qui exige de l’honneur, de la dignité et de l’humilité, quel exemple est envoyé ? Ça ne m’empêchera pas de faire signer à mes candidats une charte de probité.
Vous dites ne pas croire à une dissolution, pourquoi ?
B.P. : Non, les motions de censure RN ou LFI contre le Mercosur, contre un gouvernement qui a voté contre le Mercosur, relève de la schizophrénie donc elles ne seront pas votées. C’est une farce. Il n’y aura pas dissolution.
Même sans budget ?
B.P. : C’est une autre question. Même s’il y a eu des avancées, le budget présenté ne me convient pas. La justice sociale passe par la justice fiscale. Quand quelqu’un gagne plusieurs millions d’euros par an, comment s’offusquer de le mettre à contribution.
Quand on est maire c’est difficile de bâtir un budget sans connaître les moyens alloués par l’État, quand on est candidat est-ce possible de bâtir un programme ?
B.P. : Je trouve particulièrement injuste de faire des économies sur le dos des collectivités parce que c’est nous qui investissons et créons de l’emploi. Les logiques d’austérité doivent être remises en cause. Un étudiant en première année d’économie pourrait le constater.
Le monde est secoué par les conflits. Depuis l’agression du Venezuela décidée par Donald Trump, y a-t-il encore un droit international ?
B.P. : D’abord, je suis fondamentalement attaché au droit international, à ce qui a constitué, après la Seconde Guerre Mondiale, un socle qui nous a amené à une paix durable entre des puissances qui n’avaient rien à voir. Même au moment de la guerre froide, les institutions internationales permettaient une forme de régulation où l’intelligence, l’à-propos, le respect de la vie humaine prévalait. Depuis la guerre en Ukraine et le 7 octobre, nous vivons une accélération de l’histoire comme notre génération n’en a jamais connu. Nous avons des démocraties qui fonctionnaient qui deviennent illibérales, où des présidents, notamment le président américain, ne respectent plus rien sinon la force. Donald Trump s’est permis des interventions en dehors de tout cadre légal, il s’érige en président par intérim du Venezuela, il menace un pays de l’Otan, dans un silence que je trouve particulièrement assourdissant. Nous la France, qui avons un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU, nous devrions jouer notre rôle. Nous ne sommes pas un grand pays en matière de démographie mais un grand pays sur le plan de diplomatie, des idées et de la morale. Nous sommes le pays des Lumières, des Droits, de la Révolution sociale et de la diplomatie et nous voilà aphones. Souvenons-nous de Jacques Chirac à Jérusalem, de François Mitterrand à Sarajevo, de Dominique de Villepin à l’ONU, du général de Gaulle… La voix de la France comptait. Les peuples aspirent à la liberté, regardons ce qu’il se passe en République islamique d’Iran. Depuis 1979, les Mollah pillent le peuple, asservissent les femmes. Ils sont en train de tuer des jeunes par centaines, peut-être par milliers. Que dit-on ? Rien. On fait des mauvais communiqués. Le président américain dit qu’il veut prendre le Groenland par la force ou par l’argent. Que dit-on ? Rien. Vladimir Poutine qui est nostalgique de l’empire tsariste veut négocier des morceaux de l’Ukraine, ce sera quoi après ? La Pologne ? Qu’est-ce qu’on dira ?
Qu’attendez-vous d’Emmanuel Macron qui vient présenter ses vœux aux armées à Istres ce jeudi ?
B.P. : Je suis pro-européen. Je trouve que l’Europe est en train de se déconstruire. Et j’ai toujours été, c’est ma spécificité, défavorable à notre appartenance à l’Otan. La France, c’est la France. Elle a un siège permanent au conseil de sécurité de l’ONU. Elle a la dissuasion nucléaire, elle est pacifiste. En se mettant sous parapluie américain, nous nous sommes liés à un régime qui aujourd’hui nous met dans une position de ne pas pouvoir imposer la paix. Quand on est pacifiste et européen, on n’a rien à faire dans l’Otan. Je pense que Nicolas Sarkozy et tous les présidents derrière lui ont commis une faute majeure en nous faisant entrer dans le commandement intégré de l’Otan.
Dans ce contexte quel rôle peut jouer Marseille à l’international ?
B.P. : Que font les villes à leur niveau ? Elle continuent à discuter entre elle. Je continue à parler avec San Diego, notre ville jumelle, parce que beaucoup d’américains sont comme nous, inquiets de la dérive illibérale de leur président mais je ne veux pas les abandonner. Les israéliens, à Haïfa, sont pour beaucoup inquiets de la dérive de Netanyahu, mais je ne veux pas les abandonner non plus. C’est la même chose, partout. Je suis fier du jumelage avec Odessa, nous avons ce que nous avons pu, les Ukrainiens avaient besoin d’ambulances, de médicaments… Pareil pour les petits de Gaza.
