Tag: Municipales

  • La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    La FI présente les 13 piliers de sa « politique de rupture » à Marseille

    Conscient d’avoir « des défauts, réels, et supposés », le député LFI se présente comme « l’alternative crédible » face à « six ans de cirque », c’est-à-dire : « Martine Vassal qui a déjà le Département et la Métropole et veut être maire » et « Benoît Payan qui veut être maire avec la Métropole en sous main ». Sébastien Delogu veut être « le maire de Marseille, rien que de Marseille, mais de toute la ville », fort d’une candidature « avec un grand collectif ».

    La France insoumise marseillaise présente un programme de 380 mesures pour une ville « plus juste, solidaire et apaisée ». En rupture avec la Métropole comme Benoît Payan, mais en rupture avec la municipalité, Sébastien Delogu veut reprendre la main sur les compétences « voirie, propreté et transports ». Mais de façon radicale : « Supprimer Aix-Marseille-Provence » avec la proposition de loi que le député a déposé le 23 décembre.

    Une gestion de proximité pour « deux fois plus de transports marseillais. En démultipliant les lignes de bus dans les quartiers et des tram au Nord et vers La Valentine », exige Mohamed Bensaada, qui brigue la mairie des 13-14. Pour la sécurité également, souligne Léa Béjoui, en lice pour la mairie des 4-5, « plutôt que de recruter d’avantage, faire en sorte que la police municipale soit plus investie en prévention, en médiation ». Côté logements, l’objectif de « 30 000 offres supplémentaires » s’appuie sur un moratoire sur les démolitions Anru et sur la construction, la rénovation et la réquisition de logements vides. Déceptions aussi sur les piscines. Nord et Luminy, revues en version complexes sportifs, n’ont pas rouverts. « Des kits piscine pour tous et des petits bassins répartis sur l’ensemble de la ville », propose Victoire Diethelm, candidate à la mairie des 6-8.

    Déçus, mais confiants

    De nombreuses propositions étaient déjà portées par le Printemps marseillais. Encore adjoint au maire aujourd’hui, cofondateur de Vaï, Sébastien Barles soutient la liste LFI et précise : « Ce sont les renoncements que nous pointons. Comme l’encadrement des loyers, c’est une grosse déception. » Le programme LFI promet de faire mieux sur « l’opposition au croisièrisme, aux data centers » ou à « Sodexo, dans les cantines, que nous voulons remunicipaliser ». Avec quel budget et comment faire jouer ce rapport de force ? Rien de très chiffré encore. « Nous irons chercher des crédits à l’échelle européenne, on mobilisera les participations citoyennes », annonce le candidat.

    La campagne surfe sur l’électorat de ceux pour qui Vassal en a déjà trop fait contre Marseille et ceux pour qui Payan n’en aurait pas assez fait. Sur le terrain du mécontentement, comment se démarquer face au RN ? « J’ai largement démontré que le RN votait les lois contre la population. Je suis le seul à l’avoir affronté plusieurs fois dans des débats », défend Sébastien Delogu.

  • Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marseille comme une prise de guerre… En faisant « l’amitié » à Franck Allisio, député RN de Marignane et candidat à la mairie, d’assister ce vendredi 17 janvier à ses vœux, transformés du coup en « meeting populaire », c’est un message clair qu’envoie Marine Le Pen pour son premier déplacement dans la campagne des municipales : pour la cheffe de file du Rassemblement national, la ville est gagnable.

    Le sondage La Marseillaise/ Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié ce lundi 12 janvier dans nos colonnes, qui donne à égalité son poulain et le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, avec 30% des intentions de vote au premier tour, ouvre le champ des possibles. Entre opération de dédiabolisation réussie, indifférence et transposition de la politique nationale au local, l’extrême droite fait désormais moins peur aux électeurs marseillais que La France insoumise (LFI), apprend-on dans le second volet de notre enquête exclusive. à propos des personnalités en lice, à la question « diriez-vous que si elle devenait maire, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ? », 32% des sondés estiment que ce serait « une bonne chose » concernant Franck Allisio, avec une part importante qui estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ». L’élection du candidat LFI, Sébastien Delogu, serait jugée comme « une mauvaise chose » par 54%des personnes interrogées. Au sujet du RN, cela « fait une majorité potentielle, analysait Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA, mardi. Clairement, le repoussoir, c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille. »

    S’emparer des villes fait aussi partie de la stratégie du parti d’extrême droite pour s’enraciner durablement dans une région Paca où il sévit depuis longtemps. « Le seul mandat qui permet d’ancrer solidement un territoire, c’est celui de maire », confiait ce jeudi 15 janvier au Figaro, un des cadres locaux du RN.

    À surfer sur l’insécurité, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a bien compris qu’elle risquait de nouveau de boire la tasse. Au lendemain du sondage, son porte-parole, Romain Simmarano (Ren), a tenté de renverser la vapeur : « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. »

    Unis pour résister

    À gauche, conscients que la bataille sera rude, le maire sortant et ses soutiens se posent en rempart. « On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre », déclarait Benoît Payan dans La Marseillaise du 14 janvier. « On a joué un rôle historique pour libérer cette ville de la menace fasciste, on ne les laissera pas venir », assène Anthony Gonçalvez, chef de file PCF aux municipales.

    En mettant la pression sur la deuxième ville de France, Marine Le Pen, si prompte à dénoncer « les magouilles » chez ses adversaires, voit là une occasion de faire oublier ses propres casseroles. Condamnée en première instance, le 31 mars, par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d’inéligibilité, 4 ans d’emprisonnement dont deux ferme et 100 000 euros d’amende dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national, elle joue son avenir politique avec un procès en appel démarré ce mardi. Pour mémoire, son candidat est lui aussi visé par une enquête pour détournement de biens publics…

    Des élus d’extrême droite inquiétés par la justice

    Franck Allisio inquiété pour détournement de biens publics

    Le député fait l’objet d’une enquête du parquet suite à un signalement de la Région Sud, où il préside le groupe RN. Le travail de deux collaborateurs employés par la collectivité n’a pas été déclaré auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Des véhicules de service auraient par ailleurs servi à du tractage et des réunions de la campagne des européennes de juin 2024, puis des élections législatives anticipées.

    Marc-Etienne Lansade condamné

    Après les affaires de gestion du port de plaisance, d’un restaurant de plage et de marchés publics, l’ex-élu d’extrême droite a perdu la mairie de Cogolin, le 1er juillet. Il a été condamné par la cour d’appel d’Aix à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité immédiate de 3 ans pour abus de confiance après avoir fait signer une procuration à un « ami » sur son lit d’hôpital, permettant la vente d’un bien immobilier au profit de son ex-maîtresse.

    Yann Bompard et Marie-France Lorho jugés pour emploi fictif

    Le tribunal correctionnel de Marseille rendra sa décision, le 26 janvier, sur l’affaire d’emploi fictif et détournement de fonds concernant Yann Bompard, maire Ligue du Sud d’Orange, et Marie-France Lorho, députée RN. Deux ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire ont été requis par le parquet pour le premier, 18 mois de prison avec autant d’inéligibilité pour la seconde.

    David Rachline poursuivi pour favoritisme

    Poussé à la démission de son poste de vice-président du parti par Marine Le Pen, début décembre, car mis en cause pour « prise illégale d’intérêt » et « corruption », le maire de Fréjus, David Rachline, poursuivi pour favoritisme, sera jugé le 22 septembre pour avoir favorisé la société de sécurité d’un de ses proches dans l’attribution de marchés publics pour la sécurité de la mairie.

  • Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    Les soutiens pluralistes de Michaël Delafosse à Montpellier

    A deux mois du 1er tour des municipales, dimanche 15 mars, le faux suspense est sur le point de s’achever à Montpellier. Après avoir « pris le temps de la réflexion en famille » durant les fêtes, Michaël Delafosse devrait révéler sa décision dans les tous prochains jours.

    C’est en tout cas le souhait de l’ensemble de ses compagnons de route du mandat qui s’achève ainsi que des nouveaux soutiens fraîchement ralliés. « Nous avons besoin de Michaël Delafosse pour nous mener à bon port. Nous l’appelons à se porter candidat pour un nouveau mandat », déclare, mercredi 14 janvier, l’adjoint Sébastien Cote qui sera son directeur de campagne.

    En réalité, tout est déjà dans les tuyaux. Depuis septembre, pendant que les opposants critiquent une ville en travaux, les partisans du maire distribuent des tracts et peaufinent le futur programme « apaisé » rassurent-ils. Ne manque à l’appel que le capitaine qui devrait s’exprimer en début de semaine.

    D’ici là, tous expliquent pourquoi ils poursuivent l’aventure. Le satisfécit autour du bilan en priorité. 5e ligne de tramway, 50 000 arbres plantés, police des transports et brigade du logement social créées… « Les engagements pris en 2020 ont été tenus », salue la présidente du groupe PS, Julie Frêche. Hervé Martin (PCF) n’oublie pas les mesures du bouclier social : « On a fait la gratuité des transports, la tarification sociale des cantines, le coup de pouces pour les inscriptions sportives et culturelles… C’est la preuve qu’on peut transformer la vie des gens ». Sans oublier la gratuité des 15 premiers m3 d’eau, la création d’une mutuelle communale ou d’une unité mobile pour le dépistage dans les quartiers. « En matière de santé, il y a un avant et un après. Montpellier a encore besoin de Michaël Delafosse », complimente Élodie Brun-Mandon. Issue de la société civile, elle assure que le maire est à l’écoute. « Ça m’horripile d’entendre qu’il déciderait seul ».

    Si les militants Verts ont majoritairement voté pour une liste du député Jean-Louis Roumégas, les élus écolos de la majorité soutiennent toujours Michaël. Delafosse. « Les gens ne veulent pas que les écologistes soient divisés. Ce bilan est une grande fierté. On n’a pas d’ennemi à gauche », affirme Marie Massart. Un temps fâché après le gazage de chauve-souris, Eddine Ariztegui (Parti animaliste) poursuit lui aussi, saluant le financement d’un « hôpital pour la faune sauvage ».

    Une campagne « digne »

    Attaché à la défense de la laïcité et au développement économique, Michel Aslanian (PRG) devrait lui aussi être sur la liste. De même que Radia Tikouk (Génération Écologie) et bien d’autres. Parmi les ralliés récents, Nelly Lacince (GRS) explique avoir été « bluffée par la construction de la ligne 5 en 5 ans ». Membre de l’Engagement d’Arnaud Montebourg, Olivier Andrieu estime que « Michaël Delafosse a une vision pour Montpellier » qui doit être « réindustrialisée ». Quant à Muriel Ressiguier, elle se dit prête à œuvrer pour le logement. L’ex-députée Insoumise, éjectée par Jean-Luc Mélenchon, a tourné la page LFI. « Laissons la haine aux haineux. Dans un monde qui change, essayons de faire de Montpellier une ville qui résiste à l’obscurantisme. On doit résister plutôt que discuter des virgules dans un tract. Je veux parler aux cerveaux et aux cœurs, miser sur l’intelligence et l’humanité ».

    Les listes devant être déposées le vendredi 26 février au plus tard, il reste quelques semaines pour constituer celle de la majorité sortante. « On va trouver un équilibre politique, chacun doit trouver sa juste place », promet Sébastien Cote.

    « On est fort d’un bilan »

    En charge des négociations avec les partenaires, le Christian Assaf se dit enthousiaste. « Cela n’a jamais été aussi simple, on est fort d’un bilan ». L’élu socialiste espère juste ne pas revivre les coups bas de 2020 lors de la campagne « la plus folle » de France. « On voit avec la colère des conchyliculteurs dirigés par le RN que le désordre du monde est aussi à Montpellier. L’heure n’est pas à la revanche ». Et S. Cote de souhaiter une campagne « digne ». « En 2020, Michaël Delafosse avait dû aller voter sous escorte policière. »

  • [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    [Parcours] Robert Ménard, du gauchisme à l’extrême droite

    À moins de trois mois du scrutin, il est nécessaire de dresser le portrait du maire d’extrême droite de Béziers alors que la page Ménard pourrait se tourner en 2026 en dépit d’un sondage très controversé. La gauche s’est partiellement rassemblée au sein du Printemps de Béziers (PCF, PS, EELV, Place publique). Sa tête de liste Thierry Antoine (EELV) lance un appel à l’union au premier tour à LFI et Thierry Mathieu, conseiller régional de la majorité de Carole Delga. Si la droite LR apporte son soutien à Ménard, le RN présente une liste conduite par son secrétaire départemental, Julien Gabarron.

    Né à Oran, fils de pieds-noirs installés depuis un siècle, il est rapatrié en 1962 à l’âge de neuf ans pour aboutir dans un village de l’Aveyron avant de gagner le quartier de la Devèze, devenu l’un des plus chauds de Béziers depuis. Sa mère catholique et son père syndicaliste communiste devenu membre de l’OAS l’inscrivent dans un collège religieux. De quoi faire chavirer les esprits les mieux forgés.

    Il envisage un temps de poursuivre ses études au grand séminaire, avant de basculer à vingt ans dans la mouvance trotskiste de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Il y reste six ans avant de rejoindre le Ceres, le courant le plus à gauche du PS, qu’il quitte peu après l’élection de François Mitterrand en 1981. Nanti d’un CES en philosophie décroché à Montpellier, il se rêve journaliste et lance Radio Pomarède en 1978, à une époque où les radios libres sont pourchassées par le pouvoir giscardien. Au cours des poursuites judiciaires qui s’ensuivent, il trouvera un témoin de moralité : François Mitterrand. Embauché à Radio France Hérault en 1983, il quittera la station six ans plus tard.

    Et Rony Brauman découvre un « petit tyran domestique »

    C’est en 1985 que lui vient l’idée de fonder Reporter Sans Frontières avec trois de ses confrères de la presse locale et le soutien de François Mitterrand. S’y joignent Rony Brauman, figure de proue de Médecins sans frontières et Jean-Claude Guillebaud, grand reporter et prix Albert Londres. Ce qui devait être une agence de vente de reportages échoue et se mue en ONG de défense de la liberté des journalistes dans le monde. Ses deux cautions prestigieuses abandonnent quelques années après la fondation. Guillebaud en 1993 juge RSF trop proche de la presse anti-Chavez et aligné sur les États-Unis. Brauman suit en 1995 et s’en explique : « J’ai vu l’autre Ménard, le petit tyran domestique, sortir de sa chrysalide. Il a un ego exagérément enflé qui le pousse à être excessif. » Cinglant.

    Qu’importe pour Ménard, la marque RSF est lancée et son animateur avec elle. Cela lui vaut d’être appelé en 2008 par Cheikha Moza, épouse de l’émir du Qatar, à monter une structure identique à Doha. Dans un pays classé 80e pour la liberté de la presse, mais les trois millions de dollars (2,7 millions d’euros) alloués à l’organisation font oublier toute pudeur. L’aventure dure un an, jusqu’à ce que Ménard se rend compte que le pouvoir de l’émir al-Thani ne se discute pas.

    I-Télé le « remercie »

    Retour en France, il enchaîne les contrats dans les radios et télévisions avec une émission qui lui est dédiée. I-Télé (devenue CNEWS) le remercie en 2012 après avoir invité Bernard Lugan, un historien africaniste d’extrême droite qui ne fait autorité qu’auprès des militaires. En 2012, il trouve refuge auprès de Sud-Radio, moins regardante sur la nature des invités. L’année même où il est mis un terme à l’existence de la revue Médias qu’il dirige avec Emmanuelle Duverger, son épouse et dont RSF est actionnaire avec Stéphane Courbit, producteur de télévision. Tous deux jettent l’éponge après la perte par la revue de 80% de ses annonceurs après l’ouverture de ses colonnes à Jean-Marie et Marine Le Pen, Alain Soral (antisémite proclamé), Renaud Camus (théoricien du « grand remplacement »), entre autres.

    L’année 2012 est riche pour Ménard. Il rejoint le Comité consultatif de Channel 9, fondé par Bidzina Ivanichvili, oligarque géorgien totalement inféodé à Moscou. En parallèle, il lance avec son épouse le site Boulevard Voltaire, où se retrouve une brochette de collaborateurs de droite extrême, voire conspirationniste.

    Ils sont bel et bien plusieurs dans sa tête. Au premier tour de la présidentielle de 2007, il dit avoir voté Bayrou et Sarkozy au second. En 2012, c’est Dupont-Aignan au premier et Sarkozy (« en se bouchant le nez ») en finale. On note une inflexion en 2022, lorsqu’il appelle à faire bloc derrière Emmanuel Macron. Avec le secret espoir d’entrer au gouvernement ?

    Mais « l’apothéose » de sa carrière tient à la conquête de la mairie de Béziers. Une victoire à la Pyrrhus face à une UMP essoufflée et le manque de légitimité de son candidat, une gauche affaiblie qui a maintenu son candidat dans une élection triangulaire.

    Sacré maire, la veine populiste Robert Ménard se déchaîne par voie d’affiches ou de décrets plus ou moins loufoques. Les murs se couvrent d’appels à vilipender le Midi Libre ou Ginette Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, qui a eu l’outrecuidance de fermer son magasin biterrois. La police municipale, armée, est mise à l’honneur par un pistolet semi-automatique légendé « Désormais la police municipale a un nouvel ami ». Inscrit dans une logique droitière, il abaisse les impôts de 2 millions avant de s’en mordre les doigts : « Si c’était à refaire, je baisserais moins les impôts car ça pénalise la Ville. »

    Le fichage des chiens…

    Les arrêtés municipaux se multiplient. Il en est un qui impose le fichage de l’ADN des chiens de manière à remonter la piste des déjections. Un autre interdit de pendre du linge aux fenêtres ou interdit la floraison des paraboles. Vingt ans plus tard, il y a toujours autant de linge aux fenêtres et de paraboles sur les terrasses. Il en est un aussi pour verbaliser les crachats, qui ne fait que reprendre un décret du gouvernement de Vichy du 1942. Moins folklorique, il annonce en décembre 2015 la création d’une « garde biterroise » composée d’anciens gendarmes, militaires ou pompiers, qui a pour mission de signaler les actes suspects. L’existence de cette milice de bénévoles est retoquée par le tribunal administratif, comme le sont la plupart des arrêtés précédents. Autant d’échecs qui ont un coût pour la collectivité. On chiffre à 880 000 euros (dont 320 000 pour des affaires personnelles) les honoraires payés entre 2014 et 2019 aux très droitiers avocats parisiens Gilles-William Goldnadel et Jean-Marc Florand.

    Ramené sur les bancs de l’église par son épouse, il entreprend une croisade contre « l’islamisation de la France » et le « grand remplacement », chers à Renaud Camus et son épigone Éric Zemmour, qui passe par l’interdiction d’ouverture de nouveaux kebabs dans le centre-ville, accusés de contrevenir à la tradition judéo-chrétienne. Une tradition qui vire à l’obsession lorsqu’il installe une crèche dans l’enceinte de la mairie (contraire aux lois de la République et interdite à huit reprises par le tribunal administratif).

    L’inscription de Ménard dans la ligne de son ami Zemmour trouve pourtant ses limites. Lui qui a chiffré à 69,4% le nombre d’enfants musulmans en se fondant sur les prénoms a, lors d’un dîner parisien en sa compagnie, jugé « stupide » sa proposition d’interdire les prénoms musulmans. La rupture a été consommée lorsqu’il a accordé en 2022 sa signature à Marine Le Pen plutôt qu’à Zemmour.

    De Bayrou à Le Pen, en passant par Dupont-Aignan, Sarkozy et Macron, la girouette Ménard n’a pas fini de tourner au gré des vents venus de droite ou d’extrême droite.

  • Plusieurs membres de la majorité derrière Mansour à La Seyne-sur-Mer

    Plusieurs membres de la majorité derrière Mansour à La Seyne-sur-Mer

    À La Seyne, où l’on recense pas moins de huit candidats à la mairie, l’ex-majorité a explosé, entre le maire sortant Joseph Minniti, le dissident Jean-Pierre Colin – qui n’a pas encore officialisé sa candidature -, et le proche de Nathalie Bicais Cheikh Mansour. Investi par Horizon, ce dernier affiche la volonté de « rassembler avant tout des gens compétents. Sur le plan local, les étiquettes comptent moins ». À cet égard, il revendique une liste qui va « du centre gauche à la droite républicaine », sur laquelle figurent d’anciens membres de la majorité qui se positionnent à gauche (Cassandra Verani-Laï, Stéphane Lancellotta, Basma Bouchkara), d’autres à droite (Christine Cuniberti, Christian Dupla), ainsi que l’ancien président de la fédération varoise de l’UDI, Laurent Dahmani, alors que celle-ci a rejoint le camp Minniti.

    La menace RN à Toulon influence les élections

    S’ils avaient déjà rallié la majorité, le choix des trois élus précités de soutenir un candidat de droite plutôt qu’une des trois listes de gauche réside dans la question des « sensibilités. Ces listes sont beaucoup plus à gauche que nous. On se revendique de centre gauche. Cela dit, il n’y a pas d’entente possible avec ces listes, qui considèrent qu’on est de droite », justifie Stéphane Lancellotta, adjoint de quartier ouest. « Quand on est de gauche, on est centré sur le social. En tant qu’élue au logement, je vois que ce ne sont que des idéologies. Par exemple, la politique de logement menée par l’ancien maire Vuillemot était divagante, avec 600 logements fermés, Terres du Sud Habitat [ancien bailleur social seynois, Ndlr.] en déficit, obligeant l’État à regrouper les logements sociaux avec Toulon Habitat Méditerranée », dénonce Basma Bouchkara.

    Sur le logement, et dans une optique plus large, Cheikh Mansour ne veut plus laisser à Toulon « le monopole de la Métropole. Tout à coup, tout le monde s’intéresse à la Seyne car en cas de victoire du RN à Toulon, la Seyne va devenir une pièce maîtresse de l’échiquier politique métropolitain, puisque ce sont les conseillers métropolitains qui feront basculer la présidence d’un côté ou de l’autre. Je dénonce cette politique politicienne. Avant de porter atteinte à la souveraineté des Seynois, ils feraient mieux de demander aux candidats de droite à Toulon de s’entendre s’ils veulent éviter que le RN prenne la ville », pointe l’adjoint à la sécurité, qui tiendra un meeting le 26 février au casino JOA.

  • À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    À Toulon, Laure Lavalette, le vernis local pour dissimuler l’idéologie

    Certains, en entendant les discours prononcés par Laure Lavalette, mercredi soir, dans un Palais Neptune comble, sans en connaître la locutrice, auraient pu lui donner Toulon – à défaut du bon Dieu – sans confession. Une heure durant, la porte parole du RN, qui se présente sans étiquette pour attirer un maximum d’électeurs réfractaires à son ancrage partisan d’extrême droite, a déroulé le fil parfait des bonnes convenances nécessaires à l’entreprise de dédiabolisation de son parti nationaliste. De celles qu’on attend d’un élu local, dans une ville chahutée par les déboires de ses prédécesseurs, parmi lesquels le frontiste Jean-Marie Le Chevallier, dont le passage à la mairie (1995-2001), a laissé des souvenirs douloureux, sinon des traumatismes.

    Habileté sémantique

    Était-ce nécessaire face à une audience acquise à sa cause ? Qu’importe. Tout y était, sur le fond comme sur la forme. Dans une ville qui attache une importance capitale à l’identité locale, la députée RN, native de Gironde, a commencé par évoquer ses attaches territoriales : « Il y a 28 ans, une toute jeune femme trouva l’amour : il était Toulonnais. À mon arrivée dans la plus belle rade d’Europe, l’accueil si chaleureux des familles toulonnaises m’a aidée à m’y sentir adoptée. Après avoir dit oui à celui qui devint mon mari, c’est ici que nous avons élevé nos cinq enfants. » Une carte postale, point de départ d’un fil rouge familial usité pour présenter ses colistières, dont elle aime à rappeler le nombre d’enfants. Elle omet étrangement de le faire quand il s’agit de colistiers.

    Ils sont 15 à être présents, ou plutôt XV. Une équipe de rugby, corde sensible du terroir sur laquelle la candidate d’extrême droite tire sans modération. En tête de gondole, Sébastien Soulé, policier national dont l’histoire a inspiré le film Bac Nord, désigné comme son « futur adjoint à la sécurité », première thématique évoquée, et qui « sera, en tant que femme et maman, (sa) priorité. » En deuxième ligne – poste qu’il occupait durant sa carrière de rugbyman -, David Gérard, tout droit désigné pour les sports. À chaque personnalité, une thématique. Et rien ne manque, du social à la santé, en passant (ironiquement) par l’environnement, la culture, l’associatif… et le droit, défendu avec vigueur, depuis des mois par « Marine et Jordan », qu’elle n’oublie pas de saluer.

    La copie se veut propre. Sans évoquer la diversité, elle parle de chacun des quartiers toulonnais et le jure : « L’heure de la réconciliation est venue. Nous n’exclurons personne. » Sauf peut-être celles et ceux qui n’ont pas les bonnes grâces de son parti, qu’ils n’aient pas de papiers ou militent en faveur de l’avortement. Nombreux sont ceux qui répètent, à juste titre, qu’il ne faut pas confondre enjeux nationaux et locaux. Mais, si l’échelon municipal est celui de l’action, il peut rapidement s’avérer être celui de l’entrisme idéologique. Méfions-nous, donc, des ambitieux, tant habiles à dissimuler les opportunistes.

  • Le maire de Ventabren Frédéric Vigouroux entre en campagne

    Le maire de Ventabren Frédéric Vigouroux entre en campagne

    Premier adjoint avant de devenir maire en 2022, élu par le conseil municipal après la démission de Claude Filippi, Frédéric Vigouroux se présente pour le scrutin de mars 2026. Le maire sortant, qui se présente comme de centre droit et « libéral », est donc candidat à sa succession en menant pour la première fois une liste dont il est à la tête. Cette dernière est renouvelée à près de 65%. Cette liste, complète, n’a elle pas d’impératif de sensibilité politique. « Mon parti, c’est Ventabren. Si cela convient à mes colistiers, ils sont les bienvenus », précise le candidat.

    Son entrée en campagne, Frédéric Vigouroux, récemment adhérent au label Maires de Provence, l’entame en « confiance ». D’abord parce qu’après ces quatre années de mandat, « il y a une bonne satisfaction sur le mode de fonctionnement général ». Frédéric Vigouroux poursuite : « J’ai quatre ans à mon actif, au cours desquelles les personnes qui se sont intéressées à la vie communale ont pu voir comment je fonctionne, quelles sont mes priorités et où j’ai pu réaliser les projets que nous avions. »

    Ces dernières années, le bilan présente, entre autres, la création de commission « extra-municipales » d’où est née la commission énergie, laquelle a permis de créer un parc solaire permettant d’alimenter 5 000 habitants. Côté sécurité, « entre 2022 et 2024, c’est 72% de baisse des cambriolages », selon l’élu, des patrouilles de nuit instaurées et une trentaine de caméras de vidéosurveillance en plus.

    Pause pour l’urbanisation

    « Je suis très satisfait de notre mode de fonctionnement. On a aussi mené des projets divers, la liste est longue. On est passés en éclairage LED, on a fait des trottoirs, des évacuations d’eau, deux grands parkings, des parcs d’enfants… Et un projet auquel je tenais pour la biodiversité avec la création d’un poste de référent biodiversité, mais aussi lancé un projet de sanctuaire biodiversité qui est en cours de développement [qui permet de protéger 903 espèces, Ndlr.] et j’en suis très content. Dans nos cantines, on a mis le maximum de ce qu’on trouvait en produits bios, on a incité les associations à se développer… Tout ça en maintenant des finances saines avec de bonnes marges de manœuvres. Et sans augmenter les impôts : je reste libéral de mentalité », détaille le candidat.

    Pour l’avenir, l’un des axes de la campagne du maire sortant sera « la biodiversité, je suis catégorique ». Sur Ventabren, estime le candidat, l’urgence est à la préservation du territoire, de ses espaces naturels et de sa faune. Concernant le logement, « sur le prochain mandant, pas de lotissement, ni d’immeubles (…). Il y aura une pause sur l’urbanisation d’ensemble », hormis les projets qui ne suscitent pas de « clivages » entre habitants et en harmonie avec le paysage. Pour la suite du mandat, s’il est élu, Frédéric Vigouroux prévient : « On aura beaucoup moins d’aides donc la possibilité de faire moins de projets. Il va falloir concentrer nos projets pour faire ce que j’appelle le service après-vente pour les 2 000 personnes qui sont arrivées. Ne pas urbaniser davantage la commune pendant 6 ans permet aussi d’absorber ce qui a été fait. Ce sera le gros travail pour le prochain mandat. Il faut mener sa barque pour avoir une commune sur le long terme ou il fait bon vivre, préservée, qui garde ses espaces naturels et ne cède pas à la pression immobilière. »

    Pour développer ses axes de campagne, le candidat tiendra une première réunion publique le 31 janvier à 11h, salle Sainte-Victoire.

  • La gauche organise sa première réunion à Aix-en-Provence

    La gauche organise sa première réunion à Aix-en-Provence

    L’union de gauche, rangée derrière le candidat aux élections Marc Pena (député PS) a tenu, ce mercredi soir, une réunion publique autour de la thématique du logement. Associations, soutiens de listes, mais surtout les chefs de file des partis de gauche (hors LFI) se sont retrouvés au local de campagne dédié aux élections, 13, rue Granet. « Le logement est une question qui touche à la dignité humaine (…), ce n’est pas une variable d’ajustement des politiques publiques », a lancé Marc Pena. Nous reviendrons sur cette rencontre dans nos colonnes, ce vendredi.

  • [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    [Entretien] Benjamin Jarjaval : « On veut un outil citoyen accessible à tous à Tarascon »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir lancé une plateforme citoyenne de participation à Tarascon ?

    Benjamin Jarjaval : C’est un outil citoyen, c’est parti d’un constat. On est un petit collectif d’une quinzaine de personnes, et l’idée, c’était de voir ce qu’on pouvait faire. Il s’agit d’un outil d’ingénierie citoyenne, pour permettre aux gens de parler et de faire des constats sur des choses qui les touchent directement. C’est pour l’habitant qui va être expert de son trottoir, expert de son cadre de vie. Il n’y a pas que ceux qui votent : les jeunes, dès 17 ans, ont besoin d’apporter des précisions sur ce qui leur manque à Tarascon. On veut un outil accessible à tout le monde, de 17 à 97 ans, voire plus.

    Cette plateforme est-elle liée aux municipales ou à un projet politique ?

    B.J. : La plateforme est vraiment apolitique. Le fait qu’elle sorte pendant les municipales peut prêter à confusion, mais la vérité, c’est que le temps de la mettre en place a été long en n’étant pas spécialistes. On ne cherche pas de siège. On a envie que tout le monde participe à cette plateforme, quelle que soit son étiquette, quel que soit son vote. On invite d’ailleurs tous les candidats déclarés à venir participer à la plateforme.

    Quel regard portez-vous sur la situation politique et sociale à Tarascon aujourd’hui, après deux mandats de droite ?

    B.J. : Il y a eu des réussites au niveau des murs, avec la création de la maison multi-accueil qui s’est faite sur Tarascon, le CCAS, une crèche, la rénovation du théâtre… Par contre, la population augmente, et une partie des habitants reste touchée par la précarité : le taux de précarité est proche des 31 voire 33%. Il y a aussi plus de 12,5% de chômage à Tarascon et pas d’agence France Travail. Les habitants sont obligés de se déplacer jusqu’à Arles. Donc, il manque encore des infrastructures pour cette population grandissante. Il y a des actions sociales, mais il y a encore des choses à faire. Ensuite, pour ce qui est de l’offre politique, ma sensibilité est plutôt à gauche et je ne me retrouve pas dans l’offre actuelle à Tarascon. Il n’y a plus de candidat de gauche depuis 2014 : aujourd’hui, ce qui est proposé, c’est la droite ou l’extrême droite. Aux dernières municipales, il y a eu plus de 50% d’abstention , donc je ne crois pas que l’offre politique soit représentative de la population.

  • La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    La candidate Vassal ménage ses jeunes soutiens

    Une salle comble au Rowing club, ce mercredi 14 janvier, et une jeunesse toute acquise à la cause de la candidate DVD à la mairie de Marseille, Martine Vassal, pour une soirée organisée par Une génération pour Marseille, collectif des jeunes de la droite et du centre emmené par Romain Simmarano, par ailleurs directeur de cabinet de Renaud Muselier à la Région Sud. L’occasion pour Martine Vassal de décliner ses propositions.

    De la crèche, dont elle promet de doubler le nombre à Marseille, à l’école avec une sorte de déclinaison du « plan Charlemagne » que celle qui est aussi présidente du Département a mené, histoire de rénover la totalité des 88 écoles municipales. À l’image des maisons du Bel âge départementales qui accueillent les seniors, elle imagine aussi des « maisons de la réussite » dans tous les secteurs de la ville pour proposer aide aux devoirs et autres activités. Aux étudiants, elle qui a pourtant déjà la présidence de la Métropole, autorité compétente en la matière, promet les transports gratuits jusqu’à 26 ans, de quoi leur permettre d’investir un centre-ville propre et sécure. Sur la solidarité, elle évoque une réquisition des logements vides, la création de maisons de santé spécifiques, une plate-forme pour les aider à trouver un stage.

    Sécurité à gogo

    Mathieu, Chiara, Juliette, Bilal… Les jeunes qui soutiennent Martine Vassal sont aussi de fervents défenseurs de la cause animale, qui aura un référent si elle est élue maire. Ils seront aussi en sécurité avec plus de caméras de vidéosurveillance, une BAC municipale, et de la police que toute la salle applaudit fiévreusement. « Sur Marseille, ce sera tolérance zéro » pour que cette jeunesse qui a visiblement les moyens de sortir tard le soir puisse avoir de « la tranquillité publique ».

    Les jeunes soutiens de la candidate de la droite et du centre réclament aussi des grands événements. Ils en auront un, « nous allons le créer », promet-elle. Sur l’emploi, il faudra travailler sur tout le territoire…