Tag: Municipales

  • [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    Point presse sous pression au QG de campagne de Martine Vassal, cours Pierre-Puget (6e), ce mardi. Le thème initial a été ajourné pour un rendez-vous « plus politique », et l’heure avancée pour permettre à la très droitière sénatrice (LR), Valérie Boyer, d’y prendre part. à deux mois du scrutin, le sondage égrainé depuis lundi dans La Marseillaise, a bousculé la campagne en plaçant le candidat d’extrême droite (30%), largement devant la candidate de la droite dite républicaine (23%). Deux courbes qui se croisent.

    « Il y a beaucoup d’agitation, tout le monde commente en jouant le second tour avant le premier, mais la plupart des candidats confondent des échéances nationales avec ces municipales », tempère Romain Simmarano (Ren). Le porte-parole de Martine Vassal essaie de recentrer le débat, appelle à parler « projet », « visions », à la « confrontation des idées » et s’évertue à replacer sa candidate dans « un duel à deux », s’appuyant sur le second volet du sondage, sorti le matin-même.

    à la question « qui ferait un bon maire ? », 47% des Marseillais interrogés répondent Benoît Payan (DVG), 44% Martine Vassal (DVD) et 29% Franck Allisio (RN). « On a pour la première fois un chiffre intéressant, avec la seule question qu’on devrait se poser. Et là, les choses s’inversent et créent un duel de fait », argue Simmarano.

    « Mais qui sont-ils ? »

    Pour l’équipe de campagne, ce chiffre souligne la fragilité du maire. « Un sortant n’a pas un taux de satisfaction de moins d’une personne sur deux », glisse Valérie Boyer, quand son partenaire met en avant sa candidate qui « n’a jamais été maire, se présente avec son expérience et une équipe forte de son renouvellement et de son savoir-faire ». L’offensive contre Payan, accusé de « nier les problèmes » et « recycler 85% du programme de 2020  », est ciblée : « Il a eu six ans et les pleins pouvoirs municipaux et son bilan est famélique », assène le porte-parole.

    Et si on observe que les 46% de Marseillais estimant que « Martine Vassal ne serait pas une bonne maire », jugent peut-être aussi son bilan à la tête de la Métropole sur les transports, la propreté ou la voirie, les deux balaient. « Elle n’est pas maire », objecte Valérie Boyer. « C’est une élection municipale », répond Simmarano, oubliant que les conseillers métropolitains seront aussi désignés en mars. « Le maire a un statut particulier avec la clause de compétence générale. Donc, quand on regarde l’état d’une ville, on ne peut regarder que le bilan de la municipalité ».

    Mais le discours est vite parasité par un point presse tenu une heure plus tôt par le RN (lire ci-contre). Se basant sur le sondage, il y a appelé au retrait de Martine Vassal. Si Valérie Boyer juge la manœuvre « paresseuse », Romain Simmarano s’énerve presque : « Mais qui sont-ils ? La démocratie, ce n’est pas demander à son adversaire de se retirer avant l’élection ! La campagne de Franck Allisio est motivée par la peur, la trouille des autres, de la confrontation et du terrain (…). Le RN n’a aucune proposition. Il se complaît dans le rôle d’assurance vie de Benoît Payan. »

    La droite, qui a surfé sur les thèmes sécuritaire, jusqu’à assumer un partage des valeurs avec le RN, revendique désormais une ligne claire. « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Ça c’est nous, cette droite et ce centre, cet humanisme. On n’est pas de la même famille. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Il est le candidat de l’extrême droite, il faudra le courage de le dire », martèle le proche de Renaud Muselier, pointant l’absurdité de l’état d’urgence proposé par Allisio pour lutter contre le narcotrafic et la surenchère fiscale du RN à Paris.

    Acculée à deux mois du scrutin, la droite se cherche un récit. Celui d’une candidate « capable de rassembler » face à un maire sortant fragilisé et un RN « fébrile ». « Bien sûr que nous ne nous retirerons pas. Nous avons uni la droite et le centre pour changer Marseille sans céder aux extrêmes. On ira projet contre projet, vision contre vision », promet Simmarano. « Et nous allons gagner ».

  • [Sondage La Marseillaise] Samia Ghali : « Je serai la représentante de l’union de la gauche dans les 15-16 »

    [Sondage La Marseillaise] Samia Ghali : « Je serai la représentante de l’union de la gauche dans les 15-16 »

    La Marseillaise : En 2020, vous étiez partie seule aux municipales. Cette fois, vous vous rangez derrière Benoît Payan. Qu’est-ce qui vous a décidé dans ce choix ?

    Samia Ghali : En 2020, nous avons fait le choix de rejoindre le Printemps marseillais pour qu’il puisse gérer la ville de Marseille. Je suis en gestion avec la majorité municipale depuis, il était tout à fait normal d’être encore dans cette majorité pour poursuivre ce que nous avons fait depuis six ans.

    Avant que vous ne rejoigniez la majorité, il y a eu une campagne, avec des mots durs vis-à-vis du Printemps marseillais. Cette page est tournée ?

    S. G. : Elle est tournée d’un côté et de l’autre. Je ne regrette absolument rien de ce qui s’est passé en 2020, j’ai mené une campagne parce que j’ai considéré que les quartiers populaires n’étaient pas représentés. Les électeurs m’ont choisie, j’ai permis à la majorité municipale de gérer la ville. D’autres étaient avec le Printemps marseillais au second tour, ils ne le sont plus.

    Le changement de mode de scrutin a pesé dans votre choix ?

    S. G. : Pas du tout. Si j’avais envie d’aller dans une élection, si je ne retrouvais pas mes convictions au sein de la majorité municipale, rien ne m’aurait retenu. Mais on ne peut pas être dans une majorité pendant six ans et en sortir trois mois avant la campagne pour faire autre chose. Je ne vais pas faire semblant d’être dans un camp pendant six ans et ensuite dire que j’ai changé, je vais ailleurs. Ce n’est pas ma façon de faire de la politique.

    Vous confirmez que vous serez bien tête de liste dans les 15-16 ?

    S. G. : Je n’ai jamais lâché les 15e et 16e arrondissements. J’y ai commencé ma vie politique et je la finirai là. Oui, je serai représentante dans les 15e et 16e arrondissements pour l’union de la gauche, pour qu’ils soient plus forts avec le Printemps marseillais.

    Vous parliez de la place des quartiers populaires, des associations pointent leur manque de représentation…

    S. G. : Dans le cadre de la rénovation urbaine, j’ai fait beaucoup de réunions publiques où j’ai rencontré beaucoup de Marseillais que ce soit à Air Bel, à Corot, Frais Vallon, la Busserine, la Savine, la Bricarde, la Castellane… Il n’y a pas un quartier où je n’ai pas été présente. Défendre les quartiers populaires, cela ne se décrète pas deux mois avant l’élection, cela se fait dans l’action, au quotidien. Quand on fait la HCup, les réunions publiques de la rénovation urbaine, l’Eté marseillais, la flamme olympique… Ce n’est pas pour les quartiers populaires ?

    Certains élus qui étaient autour de vous ont dû arrêter. Quelles forces apportez-vous au Printemps marseillais ?

    S. G. : Ce sont des élus pour lesquels j’ai beaucoup d’affection et d’amitié. Je suis quelqu’un de fidèle. La force que j’apporte maintenant, c’est celle que j’ai apporté depuis six ans.

    En face de vous, Sébastien Delogu avait obtenu 60% des voix dès le premier tour aux législatives…

    S. G. : Il n’est pas face à moi. A l’heure où on se parle, je ne sais pas où il sera, il est candidat à la ville de Marseille, on verra. Chacun fera ce qu’il a à faire dans cette campagne.

    Une extrême droite créditée de 30% d’intentions de vote au premier tour, cela vous alerte ?

    S. G. : Il faut que chacun réfléchisse bien, notamment les électeurs de gauche dont ce n’est pas la culture de permettre au Rassemblement national de gagner. La candidature de la France insoumise est le marche pied du Rassemblement national. Si demain si le Rassemblement national gagnait Marseille, ce serait une catastrophe pour la France. Ceux qui pensent qu’il amènerait l’ordre à Marseille se trompent, ce serait le chaos et le désordre.

    Vous vous présentez sous une étiquette particulière ?

    S. G. Ca reste Marseille avant tout. Mais encore une fois, nous sommes dans le Printemps marseillais. Personne ne m’empêchera de dire ce que je pense, encore moins aujourd’hui que hier. En tant que maire adjointe de la deuxième ville de France, j’ai pu mener toutes les actions que j’ai voulu mener à bien, avec les moyens que le maire m’a laissé avoir. Si quelque chose ne m’allait pas, je serais partie, je n’étais pas en concubinage ! Ce qui m’a animé, c’est qu’on réussisse ensemble, sinon cela aurait été un échec collectif. En six ans, ce n’est pas notre groupe qui a posé des problèmes au Printemps marseillais, moi je n’ai pas trahi.

    Vous comptez rester maire adjointe ?

    S. G. : C’est le maire de Marseille qui décidera de la place qu’il accordera aux uns et aux autres, il faut lui laisser ce soin.

    Propos recueillis par Yves Souben

  • Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Saint-Jean-de-Védas : une ville endeuillée et à l’arrêt qui cherche sa boussole

    Depuis le 5 janvier, Saint-Jean-de-Védas a un nouveau maire. Et contrairement à ce que l’impasse politique laissait présager, ce ne sont pas les divisions au sein de la majorité qui en sont la cause. À 42 ans, l’ex-édile François Rio a perdu la vie le 20 décembre dans un accident domestique. Tragique.

    Les hommages ont été unanimes et si la campagne a été mise en pause, elle reprend peu à peu. Dans la 4e commune de la métropole de Montpellier, l’incertitude est à son comble. Le 5 janvier, lors d’un conseil municipal tendu, l’élue Mireille Passerat de la Chapelle a été préférée à l’ancien 1er adjoint Christophe Van Leynseele pour assurer l’intérim. La retraitée de 78 ans ne devrait pas aller plus loin. Ce qu’il reste de la majorité sortante devenue minoritaire (le budget 2025 avait dû être préparé par la Chambre régionale des comptes), sera-t-elle seulement en mesure de monter une liste ?

    Dans l’opposition de l’ancien maire, ils sont potentiellement six dans les starting-blocks. Deux sont des anciens de l’équipe de feu François Rio. S’il n’est pas encore déclaré, Patrick Hivin, qui se revendique de l’ancien premier ministre de droite Edouard Philippe, pourrait en être en tant qu’« apolitique ». De son côté, Richard Plautin est décidé avec sa liste sans étiquette « Ensemble pour les Védasiens ». Fâché avec le maire défunt depuis l’automne 2024, c’est un ancien compagnon de route de l’ex-édile Jacques Atlan (PS). Richard Plautin veut plus de policiers municipaux, soutenir sport et culture, mieux gérer les finances et « redonner à Saint-Jean sa place à la Métropole ». Il est le seul favorable à l’actuel projet de Contournement ouest de Montpellier (COM) pour « fluidifier la circulation ».

    Cheffe de file du groupe d’opposition « Aimer Saint-Jean », Emmanuelle Mysona mènera une liste « sans étiquette hors des extrêmes ». La professeure des écoles soutenue par des membres de l’équipe de l’ancienne maire Isabelle Guiraud (DVD) veut agir face à la carence de médecins, pour lutter contre les accidents routiers et rénover les maisons vétustes. De son côté, Michel Masson n’est autre que l’ex-mandataire de l’extrémiste de droite Éric Zemmour à la dernière élection présidentielle. Accusé d’avoir construit son mas dans la garrigue en toute illégalité, l’ancien garagiste devenu ciottiste constitue une menace pour l’avenir de la commune aux yeux de la gauche.

    Quelle offre à gauche ?

    Avec le collectif « Pour Saint-Jean », le socialiste Florian Depret mènera une liste « transpartisane, sans extrêmes d’où qu’ils viennent ». Suspendu 6 mois pour sa dissidence aux législatives 2022, celui qui ne portait pas la Nupes (coalition des gauches) dans son cœur insiste sur le collectif. « On n’élit pas un maire mais une liste. On voit que sans majorité, un maire n’est rien. » L’ingénieur informaticien promet « d’apaiser le climat » en impliquant l’opposition et les citoyens. Il entend recréer un cœur de ville (rambla place de l’Ortet), créer un pôle médical védasien et une voie rapide vélos vers Montpellier via la route 613. Florian Depret veut rénover les « passoires thermiques » dans les écoles et créer un « hub solidaire » pour les associations. Comme lui, Philippe Hippert est contre le projet de COM de Vinci mais pour un « boulevard urbain ». À la différence que le président de l’association « Saint-Jean Environnement » revendique une « liste de gauche plurielle dans l’esprit du Nouveau front populaire ». En pourparlers avec Place publique et Génération.s, l’ancien principal de collège a le soutien de l’Engagement et des Écologistes. « On ne se cache pas derrière notre petit doigt », précise-t-il face aux listes dites « apolitiques ». Avec le Collectif védasien, l’ex-élu sous Jacques Atlan veut « sortir de la gouvernance verticale » et une vice-présidente pour Saint-Jean à la Métropole. Philippe Hippert assume son opposition ferme au projet de chaufferie CSR traitant les déchets. « On peut les trier déchets et travailler avec Lunel et Sète. » Il souhaite construire des logements sociaux dans la « mixité » des quartiers et « arrêter d’urbaniser les terres agricoles ». Comme Florian Depret, il veut mieux isoler les écoles et imagine une maison médicalisée pour attirer des médecins. Un accord de 2nd tour serait-il possible ?

  • [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    À deux mois des élections, la course à l’hôtel de ville s’annonce disputée. Le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié lundi, place Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN) en tête du 1er tour avec 30% des intentions de vote chacun. Martine Vassal, la candidate (DVD) de l’alliance de la droite, en recueille 23%. Sébastien Delogu (LFI) est lui crédité de 14%.

    Dynamiques croisées

    La réaction de l’équipe de campagne de Martine Vassal n’a pas tardé. Dans un communiqué, elle appuie sur la volatilité de l’électorat. « Les sondages se suivent et ne se ressemblent absolument pas. En deux mois, on a eu trois candidats différents en tête, on voit bien que c’est une élection très incertaine qui sera sûrement la plus serrée de l’histoire », appuie Romain Simmarano (Ren), porte-parole de la candidate. Sur les réseaux, ce dernier poste un tableau faisant la moyenne des sondages précédents. Une façon d’atténuer l’impact. Mais le document met en valeur deux dynamiques qui se croisent : celle de sa candidate qui perd six points depuis son entrée en campagne en septembre et celle de Franck Allisio qui en gagne autant sur la période.

    « Il faut se souvenir que notre liste était à 21% il y a un an. Cette élection n’est pas jouée, tout est très ouvert, voilà ce que disent ces sondages », répond Romain Simmarano. Pris en étau entre une extrême droite dont Martine Vassal a admis partager des valeurs, et une gauche sortante dont le socle est plus large qu’en 2020, la droite essaie de s’ouvrir une voie pour être dans « le match » de cette élection.

    « Le grand fantasme de Benoît Payan d’installer un match avec le RN se met en place. En 2020, il a utilisé Michèle Rubirola en bouée de sauvetage, en 2026, ce sera Allisio », note Maxime Boudet, porte-parole de Renaissance Marseille. « Il a bien compris que c’est pour lui une assurance-vie, car le RN ne peut pas gagner », renchérit Romain Simmarano, pour qui l’alliance des macronistes aux LR reste « la seule voie médiane, raisonnable et ambitieuse ».

    L’entourage de Martine Vassal appelle aussi à recentrer le débat. « Ne nous trompons pas d’élection », écrit son équipe, plaidant pour une confrontation des « idées » autour de Marseille, de sa sécurité et de son rayonnement. « La campagne commence, on va pouvoir parler projet et vision. La propreté, la RTM, ce n’est plus l’enjeu », estime Maxime Boudet, souhaitant voir le centre macroniste prendre toute sa part. « Les résultats de Berland en 2020 montrent que sont les voix qui manquent aujourd’hui à Martine Vassal. On doit aller chercher les électeurs du centre. Renaissance peut rapporter ces voix à Martine Vassal ». Ces mêmes voix qui s’étaient déjà refusées en 2020 ?

  • [Sondage La Marseillaise] La France insoumise veut un « front commun »

    [Sondage La Marseillaise] La France insoumise veut un « front commun »

    Crédité de 14% des intentions de vote au premier tour dans le sondage La Marseillaise – Experts et territoires – Ipsos-BVA publié ce lundi, le candidat de la France insoumise oscille toujours autour de la barre des 15% au fil des différentes enquêtes d’opinion. Sans décoller depuis le meeting qui a lancé sa campagne le 7 décembre. « On ne commente pas les sondages, balaie d’emblée son directeur de campagne, Hedi Bounouar. Les élections, ce sont le jour du vote et ce sont les électeurs qui décident des élus, pas les sondeurs. »

    En face, l’annonce d’un RN à égalité avec le maire (DVG) sortant Benoît Payan, au premier tour, amène le Printemps marseillais a pousser pour un vote utile. « Le plus important, ce n’est pas de voter utile, c’est de voter pour ses convictions, notamment au premier tour, réplique le porte-parole du député des quartiers Nord. Pour moi, voter utile à gauche, si le RN est aussi haut, c’est voter pour ceux qui ont annoncé vouloir faire un front commun contre l’extrême droite. » Tandis que Benoît Payan espère l’emporter sans le soutien des Insoumis. C’est que les attaques contre le Printemps marseillais passent mal dans la majorité municipale. « La musique selon laquelle la campagne des Insoumis est orientée contre Benoît Payan, c’est quelque chose que l’on réfute », jure Hedi Bounouar. Lui reprochant malgré tout de ne pas s’être « extrait du système Gaudin-Guérini ».

  • [Sondage La Marseillaise] Un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN

    [Sondage La Marseillaise] Un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN

    Pour chacune des personnalités suivantes, diriez-vous que si elle devenait Maire de Marseille en mars prochain, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ?

    C’est la question à laquelle l’échantillon représentatif de Marseillais a répondu. À nouveau, le maire de Marseille fait la course en tête (44% de oui), devant Martine Vassal (40%de oui), Franck Allisio (32%de oui) et Sébastien Delogu (22% de oui).

    Indifférence croissante vis-à-vis de l’extrême droite

    L’enquête révèle un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN. Ainsi, l’élection du candidat insoumis serait jugée comme « une mauvaise chose » pour l’avenir de Marseille par 54%des personnes interrogées. « Clairement le repoussoir c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille », analyse Stéphane Zumsteeg le directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA.

    Les conséquences d’une élection de Benoît Payan comme de Martine Vassal seraient perçues comme négatives par 36% des personnes interrogées.

    Quant au candidat RN, s’il y a plus de Marseillais qui verrait son élection comme « une mauvaise chose » (39%) que comme « une bonne chose » (32%), une part importante des personnes interrogées estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ».

    « C’est le symptôme d’une institutionnalisation du RN qui fait de moins en moins peur y compris au plan local. 20+32 ça fait 52% donc oui, si on ajoute ceux qui y sont favorables et ceux qui y sont indifférents cela fait une majorité potentielle », souligne Stéphane Zumsteeg.

  • [Entretien] Antoine Boudet : « Apporter de la sérénité dans le débat à Orange »

    [Entretien] Antoine Boudet : « Apporter de la sérénité dans le débat à Orange »

    La Marseillaise : Comment s’est déroulée votre désignation et comment appréhendez-vous cette mission ?

    Antoine Boudet : Avant les fêtes, on a fait un processus de vote. Chaque membre du collectif désignait la personne qu’il estimait être plus représentative pour la liste. Deux noms sont sortis [outre le sien, celui de Gilles Taillardas]. Cela a donné lieu à un second tour pour nous départager. Être tête de liste est une responsabilité que j’ai acceptée sans hésitation. Je suis aussi entouré de personnes d’expérience, comme Anne-Marie Hautant, qui a été vice-présidente de la Région [sous Michel Vauzelle] et conseillère municipale lors du précédent mandat. De nouveaux colistiers nous ont rejoints aussi, comme Pénélope Nardo, infirmière à la retraite, Fabienne Fauré, directrice financière à la retraite ou Aziz Yahyouy, chef d’entreprise employant 15 personnes à Orange. La liste, qui n’est pas encore figée, se veut riche d’expériences et d’ancrages dans tous les secteurs de la vie orangeoise : associatif, sportif, économique, social, environnemental, culturel et celui de la santé.

    Vous êtes à la tête d’un collectif qui se veut hors des partis. Comment vous présentez-vous à la population ?

    A.B. : Les gens ne nous questionnent pas réellement sur si on est de gauche ou de droite. Notre liste sera composée majoritairement de personnes qui ne sont pas encartées, comme moi qui n’ai jamais adhéré à un parti. Évidemment, il y a des gens qui vont être très identifiés à gauche, d’autres qui vont être plutôt au centre ou un peu plus à droite. On a nos fibres qui caractérisent et qui sont diverses. On a tous nos combats qu’on essaie de rassembler pour construire le programme qui ira avec. De par mon engagement associatif et sportif, et puis ma qualité d’ostéopathe, je suis très attaché à redonner de l’accès aux soins et au sport-santé.

    Alors que le 26 janvier, la justice se prononcera sur une possible inéligibilité du maire d’extrême droite Yann Bompard, sentez-vous un dégagisme ambiant ?

    A.B. : En toute honnêteté, c’est ce qu’on aimerait entendre, mais ce n’est pas toujours le cas. L’effet Bompard a encore un petit peu de crédit, mais il en perd beaucoup. À l’heure où la confiance en la politique n’est pas très élevée, ça les décrédibilise, mais presque aussi tous les politiques. On ne se présente pas comme des politiciens de métier et essayons d’apporter de la fraîcheur et d’apparaître comme la liste qui va redonner de la sérénité dans le débat public. J’ai un caractère assez apaisé, j’aime bien dialoguer, je tends des perches. Il faut redonner plus de vie démocratique et démontrer aux gens qu’on n’est là pas pour des intérêts personnels mais pour défendre des intérêts communs. Le tumulte actuel au conseil municipal avec les départs, les changements [démission au sein de la majorité Bompard pour rejoindre l’opposition RN et son candidat], est un mauvais spectacle.

    Outre une éventuelle condamnation du maire, quels éléments sont susceptibles de faire basculer la campagne ?

    A.B. : On suit attentivement ce qui se passe et ça va impacter forcément la manière dont l’élection va se dérouler. On continue notre chemin comme on l’a toujours fait. On va présenter rapidement quelques grands axes de programme pour, ensuite, à la fin du mois exposer un programme complet. On entend ramener de la fraîcheur dans les personnes qui vont s’impliquer dans la vie communale. Notre force, c’est la variété de contacts.

  • Un soutien de plus à droite pour Olivier Galzi à Avignon

    Un soutien de plus à droite pour Olivier Galzi à Avignon

    En fin de semaine dernière, Serge Perramond, secrétaire d’Avignon passion, nous indiquait que le collectif créé par Julien Aubert pour les municipales déciderait mi-janvier de son orientation en vue du scrutin des 15 et 22 mars (notre édition du week-end). « Finalement, la décision a été prise plus vite que prévu », livre ce lundi Serge Perramond. Réunis en visioconférence samedi matin, les membres d’Avignon passion ont décidé de soutenir Olivier Galzi (DVD) pour « construire une alternative crédible, rassembleuse et porteuse d’espoir », estime Avignon passion dans un communiqué.

    Le mouvement trouve en l’ex-journaliste TV « de nombreuses convergences de fond et de forme, à travers un ton politique assumé, alliant pragmatisme, autorité, empathie et ambition ». « Avec l’objectif que l’alternance puisse se faire pour ne pas reconduire une équipe sortante au bilan calamiteux, le bon sens l’a emporté », précise Serge Perramond, reprenant le mantra de campagne d’Olivier Galzi. Avignon passion avait le choix aussi de se « retirer sans participer, mais cela aurait mis à bas tout le travail fait », note Serge Perramond. De brefs et vains échanges ont eu lieu aussi avec Stéphan Fiori, autre candidat DVD pourtant membre fondateur d’Avignon passion.

    Mobilité, sécurité, attractivité économique… Avignon passion doit encore échanger dans les prochains jours avec Olivier Galzi pour affiner ou amender des axes programmatiques, alors que le candidat présentera son projet le 29 janvier. « Je prends acte du soutien d’Avignon Passion et remercie ses membres de leur confiance », réagit Olivier Galzi, sollicité par La Marseillaise. « On a un gage de confiance mutuelle », pose Serge Perramond qui, à titre personnel, postule sur la liste. Il devrait aussi représenter le parti LR, dont il est chef de file depuis le renoncement de Julien Aubert. « On verra plus tard, il reste du temps pour en discuter, il faut être deux pour s’accorder », temporise celui qui est aussi président du pôle des entreprises de la zone de Fontcouverte. Surtout qu’Olivier Galzi martèle « qu’Avignon doit tourner une page pour écrire un nouveau chapitre de son histoire, et nous avons la conviction que cela ne sera possible qu’en laissant de côté les étiquettes partisanes ». Mais il a déjà l’assentiment de l’UDI et Horizons. Cela paraîtrait incongru que celui de LR ne suive pas.

  • Le PCF plus si enclin finalement à soutenir la liste insoumise à Avignon

    Le PCF plus si enclin finalement à soutenir la liste insoumise à Avignon

    À deux mois du premier tour des municipales (15-22 mars), les ultimes accords et orientations s’achèvent avant de mener campagne. À gauche, deux blocs semblent se dessiner : l’un, conduit par David Fournier (PS), réunissant de nombreux partis de gauche qu’ils soient dans la majorité sortante de Cécile Helle ou non, et l’autre, mené par Mathilde Louvain (LFI). Cette dernière a également les faveurs du collectif Avignon citoyen, dans lequel sont parties prenantes Génération.s et le PCF.

    Après une réunion vendredi soir, le collectif se réunissait encore, ce lundi soir, pour tenter de finaliser un accord avec LFI, dont une délégation était présente. Une réunion qui se tenait au sein de la fédération du Parti communiste. Pourtant, il se pourrait que le PCF revienne sur son choix initial de se tourner vers la liste insoumise, décidé le 3 janvier. « Depuis, des points de blocage sont apparus », confie Julien De Benito, secrétaire départemental et co-chef de file pour les municipales à Avignon. Les militants sont même conviés à un nouveau vote, mercredi soir. La possibilité cette fois de soutenir David Fournier semble crédible.

    Qu’est-ce qui explique ce revirement ? Deux éléments principalement, liés au contexte national. Le 24 janvier, Mathilde Louvain doit lancer sa campagne par un meeting, en présence des députés LFI, Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, et Aly Diouara. La venue de ce dernier est un casus belli. Le député, qui n’a jamais caché son aversion à l’égard du PCF, est candidat aux municipales à La Courneuve, fief communiste depuis 1959, contre Nadia Chahboune investie par le PCF. « Au-delà des discussions de fond, ce choix pour lancer la campagne nous interroge », souligne Julien De Benito. Difficile en effet de demander aux militants communistes d’aller applaudir un tel soutien.

    Génération.s également dans l’attente

    Réuni samedi, le conseil national du PCF a laissé aussi la situation avignonnaise en suspens. « Il y a eu des remontées qui font état de contradictions entre Avignon et ce qu’il se fait généralement par ailleurs », fait valoir Julien De Benito. Les cas des villes voisines d’Arles et Nîmes, où les têtes de liste d’union de la gauche [respectivement Nicolas Koukas et Vincent Bouget] sont communistes et soutenues par le PS, ont été évoqués. Que ce soit donc Mathilde Louvain ou David Fournier, « avec qui les échanges n’ont jamais été interrompus, dans tous les cas, les deux listes auront à se retrouver au second tour », projette Julien De Benito.

    Du côté de Génération.s, présent dans Avignon collectif et dans la majorité sortante, 85% des militants ont acté un soutien à Mathilde Louvain. Mais, comme pour le PCF, « cette orientation reste suspendue à la décision de nos instances nationales », précise Éric Deshayes, référent G.s 84 et adjoint au maire.

  • [Sondage La Marseillaise] Qui ferait un bon maire ? Benoît Payan en tête

    [Sondage La Marseillaise] Qui ferait un bon maire ? Benoît Payan en tête

    La deuxième partie de l’enquête exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA est riche en enseignements. Elle démontre notamment que les intentions de vote diffèrent de la perception de tel ou tel candidat susceptible d’être aux yeux des Marseillaises et des Marseillais « un bon maire ».

    En effet, Benoît Payan, le candidat du Printemps marseillais, donné au coude à coude avec le RN plie le match lorsqu’il s’agit d’incarner de savoir s’il ferait un bon maire pour Marseille. Il enregistre 47% de oui et il est le seul candidat à pouvoir se prévaloir d’une proportion de oui supérieur à celle de non. Il se paye le luxe d’être perçu comme un futur « bon maire » par 73% de l’électorat insoumis, devant le candidat LFI, Sébastien Delogu à 70% parmi ses sympathisants.

    Martine Vassal (DVD), profitant sans doute de sa stature de présidente du Département et de la Métropole arrive deuxième à 44%, devançant Franck Allisio du RN alors que celui-ci la précède en matière d’intentions de vote. Logiquement, elle plaît à son camp et un tiers de l’électorat de gauche lui concède qu’elle ferait « une bonne maire ».

    Franck Allisio, député de la circonscription de Marignane-Vitrolles, pâtit de son manque de notoriété avec 17% qui ne le connaissent pas et 21% qui ne sont pas en mesure de se présenter. Il ferait un bon maire pour 29% des Marseillais, 18 points derrière le sortant.

    Sébastien Delogu suscite le plus net rejet avec 56% de non. Quant à Erwan Davoux, que l’on imaginait en concurrence avec Martine Vassal, fait son meilleur score chez les sympathisants insoumis. 14% d’entre eux le voient comme un « bon maire » potentiel.

    Fiche technique

    Institut

    Ipsos / BVA

    Échantillon

    801 habitants de Marseille, constituant un échantillon représentatif de la population marseillaise âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales à Marseille.

    Date de l’enquête

    Du 2 au 8 janvier 2026

    Méthodologie

    Échantillon interrogé par téléphone sur système CATI (Computer assisted téléphone interviews). Représentativité assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la profession, l’arrondissement de résidence.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.