Tag: Métropole Aix-Marseille

  • [Exclusif] Le maire d’Aubagne va démissionner de la présidence de la commission des transports

    [Exclusif] Le maire d’Aubagne va démissionner de la présidence de la commission des transports

    Dans un entretien à paraître dans La Marseillaise ce vendredi, le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari annonce qu’il va démissionner de la présidence de la commission des transports de la Métropole. Une décision prise après avoir appris, par voie de presse, que le président (LR) de l’intercommunalité, Nicolas Isnard, allait soumettre au vote le 15 octobre prochain la suppression de la gratuité des transports sur l’ensemble du territoire métropolitain. De quoi mettre fin à dix-sept ans de gratuité pour les 110 000 habitants du pays d’Aubagne.

    « Je ne suis pas un homme de paille, je ne subis pas », tacle le maire d’Aubagne, pour qui le président de la Métropole « a franchi le Rubicon ». La municipalité aubagnaise va étudier « toutes les voies de recours » et compte mobiliser sa population, ainsi que les autres maires concernés, pour défendre cette gratuité.

  • Le président de la Métropole Aix-Marseille veut supprimer la gratuité des transports « le plus vite possible »

    Le président de la Métropole Aix-Marseille veut supprimer la gratuité des transports « le plus vite possible »

    A la veille du salon des maires des Bouches-du-Rhône, c’est depuis son fief salonais que le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, a annoncé qu’il souhaitait supprimer « le plus vite possible » les gratuités des transports s’appliquant dans sur le territoire métropolitain. « Nous allons passer à la tarification social au détriment de la gratuité, ce qui laissera la place à un système plus juste », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. La délibération sera soumise au vote lors du prochain conseil métropolitain, le 15 octobre.

    Au-delà de l’extension de la gratuité pour les retraités imposables et les moins de 11 ans, instaurée par l’ancienne présidente (DVD) de l’intercommunalité Martine Vassal avant les municipales, cette suppression concerne également le pays d’Aubagne, où elle avait été mise en place en 2009. « Nous ne pouvions pas avoir dans un même territoire des tarifications différentes », défend Nicolas Isnard. L’application des nouveaux tarifs risque cependant d’être retardée, le temps d’équiper en bornes le réseau du pays d’Aubagne.

    Budget à l’équilibre

    « Si nous n’avions pas été pris à la gorge, nous aurions décalé dans le temps cette mise en œuvre », justifiait face à la presse le président de la Métropole, qui espère gagner au moins 3 millions d’euros de recettes supplémentaires d’ici la fin de l’année, avec ces mesures.

    Après son échec à sabrer 53 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire (DSC), le 10 septembre dernier, face à la minorité de blocage marseillaise, il ambitionne de présenter au vote un budget 2026 à l’équilibre lors de la prochaine séance plénière, sans toucher aux différents versements aux communes. « Les magistrats de la chambre régionale des comptes ne reviendront pas », promet-il. Au prix de 53 millions de coupes supplémentaires dans les dépenses métropolitaines.

  • [Entretien exclusif] Martine Vassal : « Je veux rétablir mon honneur et la vérité sur la Métropole »

    [Entretien exclusif] Martine Vassal : « Je veux rétablir mon honneur et la vérité sur la Métropole »

    La Marseillaise : Vous êtes restée dans une forme de réserve sur la Métropole depuis que vous en avez quitté la présidence. La situation financière de l’institution fait couler beaucoup d’encre. Pourquoi prendre la parole aujourd’hui ?

    Martine Vassal : Après l’avis de la Chambre régionale des comptes sur les finances de la Métropole, la publication de l’audit financier de la RTM m’autorise aujourd’hui à une petite mise au point après six mois de silence. Quand j’ai quitté la présidence de l’institution, le budget était prêt, il restait à faire des arbitrages pour répondre aux besoins de financement. Il n’y a jamais eu de « trou » dans les finances de la Métropole. Il y avait un pacte financier et fiscal qui avait été établi et qui se terminait en 2026. Il fallait effectivement le renouveler. Le besoin de financement sur les transports était annoncé depuis 2022. Le préfet lui-même a indiqué que la Métropole était loin d’être en faillite. Lors des dernières séances, Nicolas Isnard mais aussi Benoît Payan et Sophie Joissains ont dit haut et fort qu’il n’y avait pas de problématiques financières de l’ancienne gouvernance. Le déséquilibre financier de 144 millions, ramené à 118 millions, cela représente une somme conséquente mais sur un budget de 5 milliards ce sont des arbitrages que l’on doit faire. Il ne faut pas oublier que pendant deux années, nous avons désendetté la Métropole de 208 millions quand même. Je revendique d’avoir laissé un outil solide, parfaitement en capacité d’agir sur la totalité du territoire métropolitain. C’est à l’exécutif actuel qu’incombe de prendre désormais les bonnes décisions. Je suis en soutien de Nicolas Isnard depuis que j’ai déclaré que je ne voulais plus être présidente de la Métropole. Je suis à ses côtés. On est chacun dans nos compétences et nos responsabilités. Le Département sera au côté de la Métropole comme il l’a toujours été. Que certains tentent de faire de la politique politicienne pour essayer de mettre des coins entre lui et moi et entre nos institutions, c’est peine perdue. Au début il y a eu un problème Gaudin-Joissains, après ça a été un problème Vassal-Payan maintenant ce serait Isnard-Payan. Il ne faut pas de problèmes de personnes, rester sur les projets et l’intérêt des habitants.

    Qu’avez-vous justement à dire
    à la population qui est un peu sidérée que la Métropole n’arrive pas à voter un budget
     ? Comment expliquez-vous la situation ?

    M.V. : J’ai laissé un outil en état de fonctionnement, la bonne preuve c’est qu’à la fois la Chambre régionale des comptes, le préfet et les différents maires le disent. Ce n’est pas mon style de partir en claquant la porte et en ayant cramé la caisse. Je ne suis plus responsable des décisions prises à la Métropole. Je le redis : ce n’est pas un problème de personnes mais d’institution. Je sais que rien n’est facile parce que je suis passée par là. C’est une jeune institution, née dans la douleur. Aujourd’hui on paye les difficultés rencontrées à sa naissance. On a intérêt à trouver des solutions, il y a des enjeux d’emploi, d’attractivité, de proximité. Ceux qui trinquent ce sont les habitants et le territoire. C’est pour cela que, bien avant les municipales, j’avais dit mon souhait d’aller vers un acte III de la Métropole.

    Benoît Payan prédit une année 2027 apocalyptique pour
    la Métropole. Craignez-vous
    son explosion
     ? Avez-vous une recommandation pour l’éviter ?

    M.V. : Non. Je tourne une page, je suis en soutien. J’assumerai mon rôle en tant que présidente du Département mais je n’ai de leçons à donner à personne. Les choses ne sont jamais faciles. Ce que je dis aujourd’hui, c’est pour rétablir mon honneur et la vérité. Je suis fière de tout ce que nous avons accompli. Quand je suis partie la Métropole fonctionnait, il y avait ce besoin de financement connu de tous dès 2022. Il n’y a pas de surprise. Il y a maintenant des décisions politiques à prendre. Ensuite, il faut une loi pour modifier le périmètre métropolitain. Ça n’arrivera pas avant mars 2027.

    Faut-il augmenter la fiscalité pour trouver les ressources manquantes ?

    M.V. : Je ne veux pas que la population ou les entreprises trinquent au niveau des impôts. C’est la raison pour laquelle je me suis abstenue sur l’augmentation de la cotisation foncière des entreprises (CFE) et la suppression de l’exonération pour les nouvelles entreprises. Certains ont peut-être interprété mon vote différemment. Au lieu de faire de la politique politicienne à deux balles, ils feraient mieux de faire des propositions concrètes dans toutes les institutions où ils sont élus. Les gens ont des difficultés de fin de mois, le prix de l’essence explose, le prix du chariot est devenu monstrueux. Au niveau de l’État, on nous dit qu’on va faire des sacrifices sur les retraités mais derrière, on ne nous parle pas de faire des économies sur les dépenses pour arrêter le tonneau des Danaïdes.

    La fusion Métropole-Département pourrait-elle apporter une solution ?

    M.V. : Non, nous avons des compétences complètement différentes. L’acte III de la Métropole tel que je l’imagine, c’est une simplification des dispositifs, le retour de la proximité au plus près de l’habitant. Toute modification nécessite une évolution législative. Les élections de 2027 vont changer le paysage. J’ai hâte de voir ce que les différents candidats vont proposer pour que les élus locaux soient enfin respectés. On reçoit des directives d’en haut, de Paris, parfois plus fortes que celles que l’Europe nous impose et nos propositions restent lettres mortes. Nous ne sommes ni écoutés, ni entendus. Ce n’est plus acceptable.

    Vous aviez annoncé une révolution des transports mais Samia Ghali, nouvelle présidente de la RTM, met en garde contre le possible abandon du tram de la Belle de Mai pourtant structurant pour Marseille. Quelle est votre réaction ?

    M.V. : C’est bien dommage. Je pense que la mobilité est une des compétences de la Métropole sur laquelle il faut le plus miser. L’audit de la RTM montre qu’elle fonctionne normalement, comparativement à tout ce que j’ai pu entendre. Quand on voit les problématiques de déplacements des personnes, quand on s’aperçoit qu’aujourd’hui certains restent à la maison parce que la sauce leur coûte plus cher que le poisson, je pense que ce n’est pas sur ce sujet qu’il faut faire des économies. Il faut le temps de le mettre en place, mais je prône depuis longtemps l’idée de créer une société à part pour les transports où chacun prendrait sa part un peu comme la RATP. Cela permettrait de gérer mais aussi d’étendre l’offre de transports. La Belle de Mai c’est le quartier le plus pauvre d’Europe, ce projet de tramway permettrait de le requalifier. Les études sont dans les cartons, il faut acter le cheminement définitif et continuer le développement des transports sur tout le territoire. Le BHNS d’Aix les Milles est indispensable par exemple. Il y avait 7 milliards d’euros de projet, on en a fait que 3, il y a de la marge. L’argent qui nous a été donné par l’État, ce serait dommage de ne pas l’utiliser.

    Est-ce que c’est possible dans le cadre de la gouvernance actuelle ?

    M.V. : Je ne sais pas. Je ne suis pas dans l’exécutif. Il faut que chacun soit autour de la table pour prendre des décisions. Le pacte financier et fiscal, c’est le premier rapport du dernier conseil, je ne l’ai pas voté parce que je ne peux pas donner mon avis sur une chose à laquelle je n’ai pas participé. Ce que je sais c’est que les habitants ont besoin de mobilité, de pouvoir d’achat, d’accès aux soins et de sécurité. Nous, élus de la République, nous devons leur répondre. C’est ma feuille de route. Je souhaite que la gouvernance réussisse, que Nicolas Isnard réussisse, que Samia Ghali réussisse, sinon c’est tout le territoire qui en pâtira.

  • La douloureuse facture des carburants pour la RTM

    La douloureuse facture des carburants pour la RTM

    La RTM elle aussi doit grimacer en arrivant à la pompe à essence. La régie des transports métropolitains a publié ce mercredi l’avis d’attribution du marché de fourniture de carburant pour son parc de véhicules, avec un volume maximum de 300 000 m3 sur 4 ans. Trois contrats ont en effet été signés le 20 juillet dernier, auprès des groupes Total, Eni et F3C, afin de permettre à la régie et ses différentes filiales de faire le plein. Résultat : l’offre retenue pour le groupe Total est estimée à 105 millions d’euros sur la totalité du périmètre métropolitain pour quatre ans, celle de son concurrent italien, à 104 millions, quand celle du troisième groupe se chiffre à 107 millions.

    « Le prix des carburants dépend de multiples facteurs de marché et est susceptible d’évoluer quotidiennement, à la hausse comme à la baisse, pendant toute la durée d’exécution du marché et dans les conditions définies au marché », précise cependant la RTM auprès de La Marseillaise. Mais les estimations sont déjà en hausse : les précédents contrats en 2022 étaient chiffrés à 103 millions d’euros pour la société F3C, 101 millions pour la société Worex. L’addition est d’autant plus lourde que si la RTM vise à électrifier son parc d’ici 2030, 85% de ses véhicules avaient encore un moteur thermique au 31 décembre 2025. Et émettaient plus de 40 000 tonnes de CO2 selon le dernier rapport d’activité.

  • Face à une baisse de moyens, l’Atelier de la langue française appelle aux dons

    Face à une baisse de moyens, l’Atelier de la langue française appelle aux dons

    Parmi les structures impactées par le non-vote du budget de la Métropole, l’Atelier de la langue française. Sur le territoire, l’association, montée il y a treize ans par une équipe de six étudiants, est notamment connue pour l’organisation du prestigieux Festival de l’éloquence, tenu aux alentours du mois de mai. L’annonce, pour elle, est abrupte : plus aucune subvention de la part de la Métropole cette année 2026, soit une coupe de 110 000 euros, au total, pour l’Atelier. Précisément, moins 80 000 euros versés par la Métropole et, par « rebond », moins 30 000 euros normalement versés par la Ville. Les équipes de l’Atelier s’attendent aussi à ce qu’aucune subvention ne leur soit versée pour l’année 2027. « Pour assumer une telle baisse alors qu’on est en fin d’année, c’est très compliqué. On freine tout. On va passer une partie des équipes en chômage partiel, on se débrouille comme on peut pour que ça ne coule pas mais on n’est pas magiciens », se désole Gislain Prades, secrétaire général de l’Atelier de la langue française. L’association est aussi contrainte de déménager, dans les mois à venir et de réduire ses déplacements. Pour poursuivre leurs diverses missions sociales, qui s’étendent au-delà du festival, l’Atelier de la langue française lance également un appel aux dons. Pour ce faire, un lien est accessible via le site de l’Atelier.

  • La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    La majorité istréenne prépare un budget 2027 marqué par les économies

    Après un premier « travail de sobriété » entamé dès son élection, le maire (LR) Robin Prétot veut commencer à dessiner le budget 2027 dès cet automne. Le maître mot sera : économies. « Il n’y avait pas de discipline dans l’administration, de culture de budget par direction, on faisait le budget en janvier pour la date limite de vote en avril », dénonce-t-il. Exit les anciennes méthodes, la nouvelle majorité lance un cycle de conférences budgétaires auprès des élus et des services.

    Alors que les résultats de l’audit des finances et des ressources humaines de la ville seront présentés lundi prochain au grand public, Robin Prétot en livre les premiers éléments : « On est une commune riche, mais qui va trop loin dans son niveau de dépenses. On a une épargne négative cette année, et qui est deux fois moins élevée que pour la plupart des communes de notre strate. On a 51 millions d’euros de dette, soit trois fois celle de Salon-de-Provence pour le même nombre d’habitants, mais on n’est pas en capacité de rembourser en fonds propres. »

    Au regard de cette situation, cumulée aux difficultés de la Métropole qui pourraient amputer le budget de la Ville de 4,7 millions d’euros, la majorité cherche à faire des économies plutôt que chercher des recettes, Istres ayant déjà « la plus grande taxe foncière de la région avec un taux communal de 54% ». Dans le viseur de la majorité, notamment : les dépenses de personnel, qui représentent 63% du budget de fonctionnement. « L’audit nous confirme qu’on a une politique RH très généreuse, parfois irrégulière dans certaines promotions. »

  • L’inquiétude des Maires de Provence

    L’inquiétude des Maires de Provence

    Tandis que le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan rappelait, dans nos colonnes ce vendredi, qu’il était « inacceptable » que sa ville porte « 70% des économies de cette Métropole », c’est à travers un communiqué, ce jeudi, que le groupe des Maires de Provence, le deuxième en taille dans l’hémicycle, a déclaré qu’il n’est pas question de toucher à l’argent reversé à ses municipalités.

    « Au nom des 42 communes que nous représentons, nous réaffirmons notre demande de maintien des attributions de compensation » (l’argent reversé par la Métropole sur la base de l’ancienne taxe professionnelle) écrit le président du groupe et maire (DVD) de Meyreuil Jean-Pascal Gournès, une semaine après le dernier conseil métropolitain. Il rappelle qu’il soutenait le choix du président (LR) de l’intercommunalité, Nicolas Isnard, de réduire de 53 millions la dotation de solidarité versée aux communes, dont 36 millions pour la seule ville de Marseille. Mais, avec l’échec de ce vote, puis l’adoption d’une modification du budget insincère, la chambre régionale des comptes doit reprendre la main. En attendant, l’arrêté initialement pris par le préfet, qui coupe dans les attributions de compensation, doit s’appliquer.

    « La remise en cause du versement des attributions de compensation entraînerait un déséquilibre immédiat des budgets municipaux et mettrait les communes concernées en danger », alerte donc le communiqué, qui soutient l’action du maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade Jean-David Ciot de contester la copie préfectorale en justice.

    Aix veut sortir

    De son côté, dans un entretien accordé à La Provence ce vendredi, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, assume « sincèrement » que sa ville a intérêt à quitter la Métropole et qu’elle le ferait si elle le pouvait, « avec bien d’autres communes ». Pour réformer l’institution, il faut « s’autoriser tous les scénarios possibles, que ce soit sur le périmètre, sur le nombre de compétences… », explique-t-elle.

  • [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    La Marseillaise : Le refus par le conseil métropolitain de voter la baisse des dotations de solidarité aux communes – à une voix près – a été un séisme pour l’institution. Où en est-on aujourd’hui ?

    Benoît Payan : Le rôle du maire de Marseille, c’est d’abord de protéger les Marseillais et les Marseillaises. On s’acheminait vers un choix inacceptable pour moi, parce que je suis maire, Marseillais et que je dois défendre cette ville, qui consiste à nous faire perdre 36 millions d’euros. Marseille seule aurait porté 70% des économies de cette Métropole. J’avais prévenu : c’était inacceptable. Je crois à la solidarité métropolitaine, je pense qu’il faut être attentif à d’autres communes et j’avais proposé un chemin qui permettait aux 92 communes de ne rien perdre. Ma proposition a été balayée d’un revers de main. En le faisant j’ai prévenu que ceux qui la balayaient se mettraient dans une situation difficile car je me battrai pour ma ville. C’est ce que j’ai fait. On a réussi a gardé 36 millions d’euros.

    L’histoire n’est pas terminée… Marseille fait-elle toujours partie de cette « gouvernance des maires » ?

    B.P. : Ça a toujours été très particulier la relation de Marseille avec sa Métropole. Quels que soient les maires et les présidents, cette relation a toujours été très difficile parce que Marseille est une grande ville. Elle est tellement plus grande que toutes les autres villes qu’elle fait presque, à elle toute seule, la moitié de cette Métropole. Longtemps elle a été vue comme l’ogre qui allait se servir sur la bête. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Ce sont les Marseillais qui paient le plus d’impôts métropolitains, pas seulement en millions d’euros mais en pourcentage. Ce sont les Marseillais qui paient la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus chère. Et pourtant on n’a aucun équipement métropolitain, les politiques métropolitaines sont beaucoup trop absentes de la ville. Pourquoi j’ai souhaité entrer dans la gouvernance de la Métropole ? Parce que cette ville ne peut pas être sans cesse le bouc émissaire des uns et des autres. On n’a jamais revendiqué une hégémonie mais on revendique d’être respectés comme n’importe quelle autre commune. C’est un message qui doit passer.

    Ce message, estimez-vous qu’il est passé auprès de Nicolas Isnard ? La gouvernance de la Métropole restera-t-elle dans un statu quo ?

    B.P. : Il appartient désormais au président de dire ce qu’il veut faire de cette gouvernance, s’il désire en changer, j’ai toujours dit que j’étais prêt à l’accompagner et que je serai là si les choses doivent évoluer. Non pas parce que je serai candidat à la présidence, je ne le suis pas, je ne le serai pas. Quand je dis quelque chose je m’y tiens, je sais qu’en politique ce n’est pas commun. Je n’étais pas candidat il y a un an, six mois, je ne serai pas candidat demain, mais s’il doit y avoir des changements, je les accompagnerai.

    La Métropole a donc un budget élaboré hors des élus. Est-ce supportable ?

    B.P. : C’est un budget qui va peser sur les communes. Je suis allé rencontrer le président, notamment avec Gaby Charroux, pour lui dire « ne commets pas l’erreur de monter les communes les unes contre les autres ». Ce n’est pas parce que la Chambre régionale des comptes ou que le préfet disent quelque chose que nous, élus, sommes dépossédés de notre pouvoir de décision. Nous avons été choisis pour cela. Il y avait des moyens d’économiser ces 50 millions d’euros, de les lisser. Un budget en déséquilibre aurait ouvert un dialogue avec la chambre régionale des comptes. Ses magistrats sont des gens intelligents, ils comprennent qu’on est presque au bout de l’année budgétaire et que ces 50 millions sont lissables sur plusieurs années. C’est ce qu’il fallait faire, cela aurait évité une crise politique et budgétaire, or, là, nous les avons.

    La Métropole a-t-elle un avenir financier et fiscal ? N’est-elle pas déjà enterrée ?

    B.P. : Il ne faut pas se mentir : cette Métropole est mal née, elle est née en siège, dans la douleur et elle ne s’en sort pas. Structurellement, systémiquement, elle est malade. Sa capacité a développer des politiques publiques est inexistante par ce que sa construction, financière, fiscale, budgétaire, l’en empêche. Il m’est arrivé de le dire, Martine Vassal, elle-même, n’était pas en mesure de changer les choses. On ne peut pas faire avec cet outil, ce à quoi il devrait servir. Quand on voit l’état des équipements à Marseille, l’état de la voirie, ce sont des dizaines de millions d’euros qu’il faudrait investir. Il n’y a pas 40 solutions : soit une augmentation massive de la fiscalité mais les habitants sont-ils aujourd’hui en mesure de perdre du pouvoir d’achat ? Soit il faudrait renoncer à l’effet redistributif et contre-péréquateur de cette Métropole qui a sans cesse été pointé par les magistrats de la chambre. On en arrive à une situation insolvable. On ne pourra pas longtemps faire croire que cette Métropole est vivable. Elle ne l’est plus. J’appelle solennellement le gouvernement à se pencher sur cette Métropole. 2026 a été difficile mais 2027 sera apocalyptique. Toutes les circonvolutions, toutes les belles paroles du monde ne suffiront pas à remplir les caisses de la Métropole. Qui va-t-on faire payer ? Les entreprises avec le versement mobilité ? Vous croyez qu’elles sont prêtes à payer pour combler des trous ? Et les particuliers ? Il faut un consentement à l’impôt. L’impôt, c’est un effort pour vivre en collectivité parce qu’il permet de fabriquer des politiques publiques. On ne paye pas d’impôts pour les intérêts de la dette…

    Quelle alternative ?

    B.P. : Tout refaire ! Il faut tout repenser. Il ne peut y avoir ni totem ni tabou. Une Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui est vouée à l’échec. À la fin ce sont les Marseillais qui vont trinquer. Je l’ai dit sur tous les tons pendant 6 ans : nous n’avons jamais réussi à faire Métropole, il n’y a que des intérêts particuliers, chacun défendant sa commune. Il ne peut pas y avoir de projet métropolitain dans un ensemble institutionnel sans argent. C’est comme si on jetait quelques subsides dans un cirque romain et qu’on demandait à des gladiateurs de se battre pour les récupérer. Ça ne fonctionne pas ! Les gens sont des adultes, ils se sont choisi des maires dans lesquels ils ont confiance. L’État ne peut pas nous laisser dans cette situation.

    Ça peut vouloir dire une fusion avec le Département ?

    B.P. : Ça peut vouloir dire beaucoup de choses mais je ne pense pas que le bloc communal soit fongible dans le Département, on a vu ce que ça a donné à Lyon. C’est voué à l’échec. On recommencerait à faire un gros machin qui ne fonctionnerait pas. Je crois aux compétences de proximité. Mais cette Métropole ne fonctionne pas. Non pas que Martine Vassal ait vidé les caisses, mais on apprend les choses au compte-goutte. Un établissement de coopération intercommunal doit d’abord être fondé sur la confiance. Ce n’est pas une collectivité, nous sommes les représentants de nos communes, nous sommes les élus de leurs habitants. Cet ensemble institutionnel n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Je vis dans une ville qui fait 5 fois Lyon, 2,5 fois Paris et où le dernier métro a été inauguré avant ma naissance, il y a 48 ans ! Tout ça parce que l’argent a été servi à d’autres. Les attributions de compensation ont été calculées il y a 30 ans, à l’époque Marseille perdait des habitants, des emplois, les entreprises fermaient. Aujourd’hui j’ai des fleurons internationaux à Marseille, une ville qui attire des millions de touristes, qui produit énormément de richesses et nous ne bénéficions pas de tout cela. On me dit « c’est le fruit de l’histoire » mais je préfère regarder l’avenir que d’être tanqué dans un passé qui ne correspond plus à la réalité.

    En participant à la gouvernance métropolitaine dans ces conditions, notamment avec Samia Ghali, l’une de vos adjointes à la présidence de la RTM, n’est-ce pas un piège qui se referme sur vous ?

    B.P. : Elle travaille le plus possible pour améliorer les conditions de transports des usagers, elle fabrique de la tarification sociale, elle essaye de réfléchir à une nouvelle répartition des lignes aériennes, aux cadences des transports. On est en train d’avancer sur ces sujets mais on va se heurter à une réalité financière dans les années qui viennent. La RTM, à mon sens, doit peut-être devenir un établissement public autonome.

    Sur le modèle de la RATP ?

    B.P. : Pourquoi pas ? Il ne faut rien s’interdire. Le modèle tel qu’on l’a connu est éculé, terminé.

    Sentez-vous en cette rentrée, l’exaspération qui monte sur le pouvoir d’achat ?

    B.P. : J’aimerais bien fixer le prix de l’essence ou le niveau des salaires. Ce n’est pas la compétence d’un maire. En revanche, sur la question de la rentrée scolaire, je me suis mobilisé pour que les familles marseillaises aient des conditions meilleures qu’ailleurs avec un kit de rentrée scolaire, avec des grilles tarifaires de la restauration scolaire qui permette à 15 000 petits Marseillais de manger gratuitement, soit 5 000 de plus qu’avant. De la même manière on va augmenter le nombre de petits-déjeuners gratuits pour ne plus jamais avoir des petits qui ont le ventre vide à l’école. On ne peut pas tout, mais tout ce qu’on peut, il faut le faire. Un petit Marseillais, quel que soit son quartier, son histoire, sa religion, sa couleur de peau, il doit avoir les mêmes chances que les autres. L’école c’est fondamental pour moi, c’est là qu’on devient une femme, un homme, émancipés. Nos décisions sont prises avec une seule boussole : qu’est-ce qui est juste ?

    Qu’avez-vous envie de dire au gouvernement qui craint de voir renaître les Gilets jaunes et constate un calendrier syndical qui se remplit un peu plus chaque jour ?

    B.P. : Il est entre des feux contradictoires. Choisir c’est renoncer. Je crois profondément que la fiscalité dans ce pays est injuste. Celles et ceux qui gagnent le plus d’argent ne sont pas des ennemis mais ils ont des devoirs envers leur patrie. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est un honneur. Je ne dis pas de tout prendre mais que chacun contribue à sa juste mesure. On nous explique que les gens vont partir, ce sont des histoires à dormir debout, des berceuses des années 1980. Je crois que quoi qu’il en coûte, il faut aider les Français sur le pouvoir d’achat.

    Amine Kessaci, mécontent de ne pas pouvoir choisir la directrice de Marseille habitat dont il est le président vous a présenté sa démission. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?

    B.P. : D’abord je comprends qu’il puisse être affecté par ce vote. Ce ne doit pas être simple de se retrouver seul, mis en minorité par l’ensemble des administratrices et administrateurs d’un bailleur que l’on préside. Je le recevrai dans les prochains jours pour discuter de ce qu’il s’est passé. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a poussé à faire ce choix. Aujourd’hui encore je ne comprends pas. J’ai entendu que c’était « le bureau de recrutement » que je ne connais pas qui avait motivé son choix. À partir du moment où il a souhaité mettre fin au contrat du directeur général qui a donné toute satisfaction jusqu’à présent, en tant que nouveau président, après tout pourquoi pas, je lui ai dit : « le choix devra se faire dans la plus grande transparence et qu’il n’y ait aucun doute sur la personne choisie ». Je pense que ni l’une, ni l’autre des conditions posées n’ont été remplies.

    Vous lui en voulez ?

    B.P. : La question n’est pas de savoir si je lui en veux ou pas. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a amené à faire un choix aussi baroque. Il semble qu’il n’ait pas été convaincu par les multiples alertes données sur cette personne.

    Des alertes données par qui ? La mairie ?

    B.P. : Des alertes données par pas mal de personnes dont moi-même.

    Quand le verrez-vous ? Il a même proposé d’assumer lui-même le rôle de directeur général et, dit-il, à faire économiser de l’argent au bailleur.

    B.P. : Dans les prochains jours. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire. Amine Kessaci est quelqu’un de très intelligent, mais le dernier conseil que je lui donnerais c’est d’être président-directeur général. Cela l’exposerait juridiquement. Quand je vois la fougue et l’emportement qui sont les siens, je lui conseille de savoir raison garder. Je suis maire de Marseille, pas directeur général des services de la Ville. Il ne faut pas tout confondre.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait ne plus être votre adjoint ?

    B.P. : Je crois qu’il faut décorréler la situation à Marseille Habitat que j’ai besoin de comprendre et la confiance que je peux lui accorder par ailleurs. Si demain il devait démissionner de son poste d’adjoint, il faudrait qu’il m’en explique la raison.

    Dans notre région, ce sont dans les Bouches-du-Rhône que la gauche est dans la meilleure posture pour les sénatoriales. Quel est votre pronostic et où se porte votre soutien ?

    B.P. : Vous m’avez demandé 27 fois mon pronostic sur les municipales et 27 fois je vous ai répondu que je n’en faisais pas. C’est pareil pour ces sénatoriales. J’espère que cette liste d’union, solide, qui représente les territoires, les sensibilités, avec des histoires différentes, des horizons et des enracinements différents, arrivera en tête. Ce serait un très beau signal pour la gauche dans le pays, pour tout ce à quoi je crois. Le rôle des sénateurs va s’accroître dans un pays instable qui peut connaître le pire. Le rôle du Sénat doit être celui de garant de l’État de droit et de la continuité républicain, celui d’une vigie. Pour cela, il faut des sénateurs qui ont la conviction profonde que la République est une et indivisible, que sa devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », que ses racines plongent dans la Révolution française, dans les forces de la lumière contre celle de l’obscurité. J’y crois avec force. Les listes de gauche qui n’ont aucune chance de faire un siège, vont prendre des voix à la liste d’union et à la fin c’est quoi ? Un siège en plus pour l’extrême droite. Je leur dis les yeux dans les yeux.

    Votre famille politique d’origine organise une primaire, vous intéresse ? Vous positionnerez-vous ?

    B.P. : Non.

    Pourquoi ?

    B.P. : Mon travail est d’être maire de Marseille. Je reste un homme de convictions. J’entrerai dans la danse si je sens un danger arriver. Je ne m’occupe pas des partis. Ça ne m’intéresse pas. Je dis simplement une chose : vous n’avez pas le droit de vous diviser. Je n’aurais pas l’outrecuidance ni la vacuité de penser que c’est duplicable. Mais c’est un exemple comme un autre. On nous a expliqué que le Printemps marseillais c’était des rigolos. Il se trouve qu’on a été élus en 2020 et réélus en 2026 sur un totem, celui de l’union. Les divisions permanentes pour savoir qui est le plus à gauche, qui est le moins gauchiste, le plus écologiste, le plus raisonnable, le plus révolutionnaire… Ce sont des débats de chambre. Les gens veulent une seule proposition. Je dis : ne partez pas en ordre dispersé parce qu’à la fin c’est l’échec.

    À Marseille, votre conception du rassemblement c’était sans LFI. Quand vous parlez d’une seule candidature, c’est avec ou sans LFI ?

    B.P. : C’est Jean-Luc Mélenchon qui a déjà répondu à cette question. Il est parti, il croit en son destin, l’ambition de sa vie n’est rien d’autre que d’occuper le fauteuil de François Mitterrand. Il se fout pas mal de ce qui se passera à la fin, il espère être président de la République quel qu’en soit le coût. C’est triste.

    Renaud Muselier a confié à « La Marseillaise » que vous lui aviez donné votre accord pour travailler à une cérémonie de clôture des JO 2030 à Marseille. Vous n’étiez pas en si bons termes auparavant ?

    B.P. : Le président Muselier est un pragmatique. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour que ça se passe à Marseille. J’ai lui ai naturellement répondu oui parce qu’on sait faire, on sait organiser des événements internationaux. Renaud Muselier sait que ça sera réussi si c’est à Marseille. Mieux qu’ailleurs !

  • Après la crise, la Métropole face à son mur financier

    Après la crise, la Métropole face à son mur financier

    Cinq jours après le blocage métropolitain sur les coupes dans la dotation de solidarité aux communes et l’adoption d’une modification budgétaire insincère (notre édition du 11/09), les élus se retrouvaient ce mardi matin, à Aix-en-Provence, en plus petit comité, pour un état des lieux des perspectives financières de l’intercommunalité. En plein flou avant la saisine annoncée de la Chambre régionale des comptes, l’institution doit en effet toujours s’accorder sur un pacte financier et fiscal pour les six prochaines années. En clair, tracer une trajectoire sur les dépenses, les recettes, les investissements de la Métropole, ainsi que ses relations financières avec les communes qui la composent.

    Le précédent pacte, déjà, avait été adopté aux forceps le 15 décembre 2022, sous la menace du veto marseillais, et avait alors abouti à la création de cette dotation de solidarité communautaire avec, aujourd’hui, 45 millions d’euros pour Marseille. Un compromis que le dérapage financier de la Métropole fait aujourd’hui voler en éclats. La réunion de ce mardi posait le défi de ce nouveau pacte, présenté par le cabinet de conseil Michel Klopfer. « Ils nous ont montré le mur que nous avons devant nous, raconte l’adjoint marseillais aux finances, Joël Canicave (PS). Dans tous les cas de figure, il y a 500 millions d’euros à trouver sur le mandat. »

    Les débats pour octobre

    Plusieurs grands scénarios sont posés sur la table pour un retour à une trajectoire financière « la plus vertueuse possible » dès 2027 ou davantage vers la fin du mandat, présente l’argentier de la Métropole, David Ytier (LR). De quoi influencer les besoins budgétaires pour l’année à venir, avec une fourchette qui va de 140 millions à 300 millions d’euros à trouver. « Mais il y a encore des inconnues et l’année 2027 est complexe, nous attendons des décisions pas réjouissantes de la loi de finances », pointe David Ytier. Si 26 millions d’impôts sur les entreprises (dont 7 millions d’exonérations supprimées) ont été votés pour l’année à venir par l’hémicycle métropolitain, l’échec du vote sur des coupes de 53 millions d’euros dans les dotations aux communes risque encore de peser, selon les préconisations encore incertaines des magistrats financiers. Ce qui pourrait « rendre une augmentation d’impôts inévitable », reconnaît le vice-président.

    Alors, logiquement, le psychodrame de la séance du 10 septembre s’est discrètement invité dans le huis clos aixois. « Il y avait un peu, dans nos échanges, une séance de psy post-traumatisme », reconnaît David Ytier, avec « une incompréhension forte de part et d’autre ». Des interventions « à fleurets mouchetés », complète Joël Canicave. Mais de chaque côté, on réitère surtout l’envie de travailler ensemble après cette séance essentiellement technique et « austère ». Les débats auront le temps de monter : dix autres rencontres sont prévues avant la présentation du futur pacte au début de l’année. Avec dans deux semaines la question des flux financiers vers les communes, et dans un mois, celle des transports métropolitains.

  • Métropole Aix-Marseille : la CGT appelle à la raison, le patronat inquiet

    Métropole Aix-Marseille : la CGT appelle à la raison, le patronat inquiet

    Une nouvelle fois, la Métropole Aix-Marseille se retrouve dans une impasse, suite à l’échec du vote pour imposer 53 millions d’euros de coupes dans sa dotation de solidarité aux communes, lors du conseil du 10 septembre dernier. Tandis que le budget modifié par l’assemblée doit retourner devant la chambre régionale des comptes, la CGT des agents métropolitains appelle les élus, dans une lettre ouverte qui leur est adressée ce lundi, « à revenir à la raison et aux responsabilités pour lesquelles vous avez sollicité le suffrage des habitants de notre territoire ».

    « Depuis des mois, les agents métropolitains survivent sans budget, sans perspectives, sans réponses, sans missions, dans une insécurité permanente et avec un grand sentiment d’être méprisés », dénonce le syndicat, qui s’indigne de voir les fonctionnaires territoriaux faire les frais de cette crise métropolitaine.

    Tandis que la « Métropole des maires » promise par son président (LR) Nicolas Isnard se perd dans l’arbitrage entre les communes de ses coupes budgétaires, « la Métropole cesse progressivement d’être un projet collectif pour devenir un lieu de négociation entre intérêts particuliers », s’inquiète la CGT.

    L’UPE 13 contre les impôts

    Alors le syndicat répète son aspiration à « l’élaboration d’un projet commun digne des services publics » et lance un appel à « tourner la page des divisions stériles ». « Les agents métropolitains, qui œuvrent chaque jour pour faire vivre nos services publics, méritent mieux que l’incertitude », partage la lettre ouverte.

    De son côté, c’est à travers un communiqué publié également ce lundi que l’Union pour les entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13), la branche locale du Medef, dénonce les hausses de 26 millions d’euros d’impôts votées pour 2027. « Les entreprises contribuent déjà à la fiscalité économique à la Métropole. Elles prennent leur part, et largement, écrit son président Jean-Christophe Amarantinis. Nous comprenons les contraintes budgétaires, mais leur réponse ne peut pas être de solliciter toujours davantage ceux à qui nous demandons parallèlement d’investir, de recruter et de décarboner. » L’organisation patronale rappelle le refus explicite du préfet d’augmenter les taux de cotisation foncière au moment d’arrêter le budget de l’intercommunalité, le 16 juin, et souligne que la fiscalité économique contribue déjà à hauteur de 900 millions d’euros aux finances métropolitaines.

    Si l’UPE 13 réclame une stabilité des taux et une maîtrise des dépenses, elle n’en demande pas moins de préserver les investissements structurants de la Métropole. Ceux-là même dont le fonctionnement pèse aujourd’hui sur les budgets de l’institution. Et de demander à son président « de la visibilité et des réponses concrètes » lors de sa venue au Forum des entrepreneurs, le 8 octobre.