Le tunnel du Prado-Carénage ne connaît pas la crise. Après avoir été sous le feu des projecteurs lors des dernières municipales à Marseille, la société gestionnaire du péage urbain le plus cher de France va proposer à l’assemblée de ses actionnaires, le 12 juin prochain, d’augmenter encore de 10 centimes le dividende par action, comme l’indique son rapport d’activité publié le 24 avril dernier. Au total, ce sont ainsi 13,4 millions d’euros de dividendes qui devraient donc être versés cette année. Les groupes Vinci et Eiffage seront les premiers à en bénéficier, qui détiennent chacun 34,15% du capital.
Au mois d’avril 2025, la Chambre régionale des comptes avait déjà pointé que « les activités concédées dégagent une forte rentabilité ». Sur la période contrôlée, de 2016 à 2022, les résultats de la Société marseillaise du tunnel Prado-Carénage avaient permis de verser chaque année (sauf en 2019) quelque 11 millions d’euros de dividendes (notre édition du 07/04/2025). Depuis, le montant n’a eu de cesse d’augmenter, en même temps que le péage payé par les automobilistes marseillais. Après avoir versé 11,1 millions d’euros de dividendes au titre des résultats de 2022, ce sont 12,3 millions qui ont été versés pour les résultats de 2023, et 12,8 millions pour l’année suivante. Et donc 13,4 millions pour les résultats de l’année passée, une augmentation de 20% en quatre ans.
Concessionnaire de la Métropole Aix-Marseille, la société peut se le permettre. En 2025, son résultat net a bondi de 11,4% pour atteindre 10,1 millions d’euros (notre édition du 01/04). Et cela même si le nombre de véhicules qui l’ont emprunté a légèrement diminué
(-0,8%), avec plus de 39 000 passages quotidiens. Mais la baisse des taux d’intérêt et la hausse des tarifs, 10 centimes de plus à payer depuis le 1er janvier 2025, ont nourri les bénéfices de la société. Quand bien même celle-ci rappelle dans son rapport que pour 2026, le tarif « est resté inchangé par rapport au tarif pratiqué en 2025 », à hauteur de 3,30 euros pour le péage de base pour le seul tunnel Prado-Carénage.
Si l’assemblée des actionnaires valide la proposition de dividende, cela pourra donner de l’eau au moulin municipal. Lors de la campagne, le maire (DVG) Benoît Payan s’en était pris aux tarifs pratiqués par la société, évoquant « du pseudo-vol, du pseudo-racket ». « Je n’ai pas envie que les Marseillais soient les vaches à lait de ces actionnaires », insistait-il en proposant de mettre en place un abonnement pour que chaque passage quotidien revienne à 1 euro pour ceux qui choisiraient cette formule. Avant que la question d’un retour dans le giron public ne se pose, à la fin de la concession, en 2033.





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