Tag: Métropole Aix-Marseille

  • Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Le conseil municipal d’Aubagne demande le maintien de la gratuité

    Les places manquent ce mercredi soir dans l’espace des Libertés d’Aubagne. Six jours après l’annonce par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de la suppression de toutes les gratuités des transports, le conseil municipal de la ville a voté un vœu solennel lui demandant de renoncer à ce choix. Un vœu qui « condamne avec la plus grande fermeté la décision unilatérale » et « exige le gel immédiat et le retrait sans condition de ce projet d’assujettissement tarifaire ». Y sont jointes les plus de 10 000 signatures récoltées en seulement quatre jours sur la pétition lancée par la municipalité pour défendre la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, ainsi que la demande d’une table ronde institutionnelle réunissant l’exécutif métropolitain, les douze maires du pays d’Aubagne et de l’Étoile ainsi que les représentants du tissu économique et des usagers.

    « Mandat impératif »

    « Il y a quelques jours à peine, par une déclaration unilatérale, sans le moindre débat avec les exécutifs communaux ni les représentants des usagers, le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence, Nicolas Isnard, a fait savoir qu’il entendait supprimer la gratuité des transports, résume le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari dès l’ouverture du conseil. D’un simple trait de plume, il voulait supprimer dix-huit années d’une conquête sociale, environnementale et humaine qui faisait l’honneur de notre territoire. » Face à cette « menace directe et sans précédent [qui] pèse sur la vie quotidienne de nos 42 000 concitoyens et les 100 000 habitants de notre bassin de vie », l’édile avait démissionné immédiatement de la présidence de la commission métropolitaine des transports, comme il l’annonçait à La Marseillaise. « Ce ne sont pas des tickets de transports que la Métropole veut réintroduire, mais un péage sur la vie quotidienne », dénonce-t-il. Et d’écarter les uns après les autres les arguments du président de la Métropole. Face à un coût estimé inférieur à 2 millions d’euros, « le gain net serait dérisoire », la billettique pesant jusqu’à 40% des recettes. D’autant plus que la gratuité était déjà assumée par le conseil de territoire. Il refuse également qu’un principe d’égalité juridique nivelle vers le bas l’accès aux transports, face à des tarifs déjà hétérogènes. Et pointe la double peine pour les employeurs qui devront payer la moitié des abonnements en perdant l’attractivité apportée par la gratuité. Surtout, il salue la « déferlante » des signatures sur la pétition lancée par la municipalité, « un mandat impératif du peuple d’Aubagne » et tend la main à l’opposition après la lettre écrite par l’ancien maire (LR) de la ville Gérard Gazay au président de la Métropole, refusant la fin de la gratuité.

    Peine perdue. Celui-ci s’emmêle les pinceaux en reprochant au maire d’avoir voté contre le budget métropolitain, quand celui-ci s’opposait aux coupes dans la dotation de solidarité communautaire. Et reproche à son successeur de ne pas avoir été informé plus tôt de la décision du président de la Métropole. « Défendre Aubagne ce n’est pas seulement protester, c’est négocier », lance-t-il sous les huées. En indiquant ne pas prendre part au vote sur le vœu solennel, selon l’habitude de son groupe. « Monsieur Gazay, les Aubagnais jugeront », réplique Jean-Pierre Squillari.

  • [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    [Tribune] Suppression de la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne : l’urgence est à la suspension et à la concertation

    J’ai appris avec colère l’annonce par le président de la Métropole Aix-Marseille-Provence de son intention de mettre fin à la gratuité des transports dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Une décision aussi brutale qu’incompréhensible, sur la forme comme sur le fond.

    Sur la forme d’abord, il est inacceptable que le maire d’Aubagne et les onze autres maires concernés découvrent par voie de presse une décision qui touche directement leurs communes et leurs habitants. Ce mépris du dialogue avec les élus locaux n’est pas acceptable.

    Sur le fond, prétendre réaliser des économies dès 2026 en supprimant la gratuité relève de l’absurde. Installer un système de billetterie, équiper les bus et les tramways, organiser les contrôles et mobiliser les personnels nécessaires aura nécessairement un coût et ne se fera pas en quelques semaines. Cette décision, présentée comme une économie, risque donc de commencer par coûter de l’argent aux habitants et à la collectivité.

    Surtout, elle constitue une attaque contre un acquis social qui a fait ses preuves depuis près de vingt ans dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile. Et elle intervient au pire moment : celui d’une flambée du prix des carburants et d’un pouvoir d’achat toujours plus contraint.

    Quand prendre sa voiture coûte toujours plus cher, supprimer la gratuité des transports est une double peine infligée aux habitants.

    Au regard de la précipitation qui entoure cette annonce et de l’absence d’économie réalisable sur l’exercice 2026, il est urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés. Une décision aux conséquences aussi importantes pour le quotidien de milliers d’habitants ne peut être imposée dans l’urgence et sans dialogue.

    Je resterai pleinement engagé aux côtés des douze maires concernés, des usagers et des associations qui défendent la gratuité pour faire échec, dans les jours et les semaines à venir, à ce projet profondément injuste.

  • Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Cette première intervention, en l’occurrence un point presse samedi matin qui a rapidement tourné à un rassemblement d’une cinquantaine de personnes sur le cours Foch, à Aubagne, « c’est le premier acte de la résistance », lance Maurice Marsiglia, le président de l’association Se déplacer en liberté et l’une des chevilles ouvrières de ce long combat pour la « gratuité des transports en commun ».

    « Pas question de se laisser faire », « il faut s’organiser ! », « aller manifester », « signer la pétition lancée par la mairie ! », « et informer dans vos associations, tout le monde est concerné ! » Les échanges fusent entre les participants. Car l’heure est grave. « Cette gratuité a été mise en place par l’Agglo d’Aubagne, en 2009, c’est une réussite », résume Yves Mesnard, le maire honoraire (DVG) de Roquevaire. Ils sont aussi venus de La Bouilladisse, de Belcodène, d’autres communes environnantes directement touchées par ce séisme, dont l’épicentre est à… Salon-de-Provence. « C’est honteux d’avoir fait une telle déclaration sans même en avertir les élus du territoire », dénonce Maurice Marsiglia. Et sur le fond, rien ne tient. « Les prétendues économies réalisées correspondent à 0,9% des 144 millions d’euros de déficit de la branche transport de la Métropole… », tranche Christine, membre de l’association, armée d’un solide argumentaire. À Rolland Bourglan de pointer les coûts faramineux pour remettre le réseau en payant, ce qui devrait réduire à néant les dites « économies ». « Sur le plan social comme écologique, alors que la moitié des grands réseaux urbains passent ou sont passés à la gratuité, cela ne va pas dans le sens de l’histoire… », conclut-il. Puis l’élu écologiste Denis Grandjean, délégué à la mobilité, apporte le soutien de la Ville aux militants qui s’apprêtent à livrer une dure bataille. Bataille qui s’apparente à une course contre la montre, « il y aura un vote sur cette question en séance, le 15 octobre prochain », pose Maurice Marsiglia.

    « Nous allons aussi nous mobiliser, lance Erwann Bouisseren, de la CGT Métropole, la gratuité concerne l’ensemble des salariés et des entreprises de ce territoire ! » Tous les citoyens, sans exception.

  • Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche conserve ses trois élus, le RN en obtient deux

    Sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône : la gauche conserve ses trois élus, le RN en obtient deux

    La liste d’union de la gauche est arrivée en tête des sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône ce dimanche soir, en obtenant 1008 voix et 27% des suffrages. Dans un scrutin marqué par un nombre record de candidatures et brouillé plus encore par la crise traversée par la Métropole Aix-Marseille, elle conserve ainsi les trois sièges de ses sénateurs sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV). Sans obtenir le quatrième siège qu’elle espérait conquérir, forte de son résultat lors des dernières municipales à Marseille.

    A droite, la liste menée par la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI) et le président de Région, Renaud Muselier (Ren.) obtient 581 voix, soit 16% des suffrages. Elle obtient donc deux sièges, de justesse pour le président de Région. La sénatrice sortante Valérie Boyer (LR) réussit de son côté son pari en conservant son siège avec 395 voix (10%). Quant à maire de Gardanne Hervé Granier (LR), il reçoit 201 voix (5%) et échoue à entrer au palais du Luxembourg.

    La liste d’extrême droite, menée par deux récents ralliés au RN, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, espérait obtenir deux sièges. Elle réussit son pari, avec 685 voix (18%). Le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier, toujours sous le couperet d’une peine d’inéligibilité en attendant la décision de la Cour de Cassation, obtient de son côté 265 voix (7%) et perd son siège.

    L’ancien député (PS) Jean-David Ciot espérait quant à lui capitaliser sur la crise métropolitaine. Un pari perdu, avec 249 voix (6%). La sénatrice guériniste sortante Mireille Jouve perd elle son siège au palais du Luxembourg en n’obtenant que 201 voix (5%).

    Enfin, les Insoumis qui se présentaient pour la première fois dans ce scrutin dans le département reçoivent seulement 77 voix (2%) pour la liste LFI menée par l’élue d’opposition à La Bouilladisse Michelle Blanchard-Svoboda.

    Autant de voix qui privent la gauche de son quatrième siège.

  • [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    [Sénatoriales] Chaque camp compte ses divisions

    Ce dimanche, un nombre record de listes sont soumises au vote des 3 695 grands électeurs des Bouches-du-Rhône, avec neuf bulletins à disposition dans les bureaux de vote installés au sein de la préfecture. De quoi faire baisser le seuil pour obtenir un siège.

    Des huit sénateurs sortants, seul l’ancien maire (LR) de Rognac Stéphane Le Rudulier a jeté l’éponge, nourrissant les spéculations sur son avenir professionnel. Partie sans les centristes en 2020, la droite a vu l’addition de ses nuances exploser rapidement en plein vol, sapée par son effondrement aux municipales à Marseille. Le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, après s’être lancé dans l’arène dès le mois d’avril, avait pourtant concédé la tête de liste à la sénatrice sortante aixoise Brigitte Devésa (UDI) pour laisser une place éligible à Valérie Boyer (LR). Celle-ci a finalement décidé de partir de son côté, et revendique la légitimité dans son camp. Quand la liste d’union de la droite et du centre recevait l’investiture des LR et le soutien du président LR du Sénat Gérard Larcher, elle affichait celui du président des LR lui-même, Bruno Retailleau. D’abord sollicité par la ministre déléguée Sabrina Roubache, brièvement candidate, le maire (LR) de Gardanne lui aussi mène une liste, revendiquant porter la voix des maires. Entre pressions et mots durs, la campagne à droite a connu un dernier éclat ce vendredi, Valérie Boyer annonçant déposer plainte et alerter le préfet, après l’envoi d’un tract « particulièrement agressif » s’en prenant aux listes de droite et du RN.

    Face à la dispersion des voix de droite, le parti lepéniste espère bien élargir ses voix au-delà des communes conquises et de son score élevé à Marseille pour obtenir une représentation. Il mise sur deux transfuges, Marie-Pierre Callet et Fabien Bravi, au risque de brusquer les historiques qui pourront se tourner vers le sénateur sortant (ex-RN) Stéphane Ravier. Menacé d’inéligibilité, il pourrait céder sa place à sa compagne Emmy Font.

    La gauche unie de son côté repart avec les trois sénateurs sortants, menés par Jérémy Bacchi (PCF) et espère obtenir un quatrième pour la Marseillaise Clara Jaboulay, forte d’un score écrasant dans la cité phocéenne aux municipalités et d’une victoire à Aubagne. Il faut certes compter sur la dispersion des voix : LFI présente pour la première fois une liste, la sénatrice guériniste Mireille Jouve se représente tandis que le maire (PS) du Puy-Sainte Réparade Jean-David Ciot a aussi déposé une liste. Mais ces deux dernières candidatures peuvent aussi bien mordre sur les plates-bandes de la droite.

    Surtout, la « mélasse » métropolitaine achève de brouiller les cartes entre blocage marseillais, suppression de la gratuité des transports dans le pays d’Aubagne, main tendue de son président au RN. De quoi faire bouger les positions partisanes.

  • Jérémy Bacchi : « Colère et indignation »

    Jérémy Bacchi : « Colère et indignation »

    Jérémy Bacchi (PCF) est sorti de ses gonds à l’annonce de la volonté du président de la Métropole d’annuler toutes les gratuités dans les transports dont celle de l’ex-Pays d’Aubagne. « Je ressens beaucoup de colère et d’indignation », indique-t-il à La Marseillaise. Scandalisé sur le fond, il l’est aussi sur la forme : « Le maire d’Aubagne apprend cela par voie de presse, c’est totalement inacceptable et irrespectueux. Comment parler de Métropole des maires quand on a cette attitude ? »

    « On nous explique que c’est pour faire des économies sur la fin de l’exercice 2026 puisqu’il faut trouver 53 millions d’économies. Mais comment la Métropole va-t-elle installer toute la billettique et recruter des dizaines de contrôleurs dans ces conditions et à quel coût ? », interroge-t-il.

    Pour le parlementaire, « c’est une mesure purement idéologique prise dans un contexte de flambée des prix du carburant. Mettre fin à la gratuité, c’est un non-sens économique, social et environnemental ».

    Jérémy Bacchi ne veut pas en rester là. « Ce qui a été annoncé peut être défait », affirme-t-il en appelant à la mobilisation des élus toutes couleurs politiques confondues et de la population.

    L.P.

  • [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Nous allons faire entendre la voix d’Aubagne dans la rue »

    [Entretien] Jean-Pierre Squillari : « Nous allons faire entendre la voix d’Aubagne dans la rue »

    La Marseillaise : Nicolas Isnard a annoncé ce matin la fin de la gratuité des transports en commun sur tout le territoire métropolitain. Êtiez-vous au courant de ce projet ?

    Jean-Pierre Squillari : C’est vous qui me l’avez appris.

    Quelle a été votre première réaction?

    J.-P. S. : Il y a le fond et la forme. Je suis maire d’Aubagne et président de la commission des transports. Apprendre par la presse qu’on supprime la gratuité des transports c’est une désinvolture de la part du président.

    Quelles suites comptez-vous donner ?

    J.-P. S. Nous ne sommes pas étonnés qu’il agisse comme cela. Depuis bientôt six mois, Aubagne a toujours été mise de côté. Lors du vote des vice-présidences, le président avait annoncé que les quatre premières villes de la Métropole auraient un poste. Nous sommes la quatrième ville, mais on a mis Istres, dont le maire a la même sensibilité politique que le président de la Métropole. Nous avons aussi été mis dehors de toutes les instances métropolitaines : l’Eau des collines, l’Epage HuCa [le syndicat de l’Huveaune, Ndlr], la Semagora [gestionnaire du centre des congrès d’Aubagne, Ndlr]… Pour masquer cet état de fait, Nicolas Isnard m’a donné la présidence de la commission des transports. Bien entendu, je vais démissionner. Je ne suis pas un homme de paille, je ne subis pas.

    Vous avez aussi annoncé porter ce combat en justice ?

    J.-P. S. : Nous allons étudier toutes les voies de recours. À Aubagne, les transports gratuits sont dans notre ADN. Mes petits-enfants n’ont jamais payé le bus de leur vie ! Et d’un coup on nous dit que l’on va faire payer les transports, au bout de dix-huit ans. Donc nous allons mobiliser. Nous l’avons déjà fait quand il a été question de supprimer la gratuité des transports il y a quelques années, et nous avions fait salle comble et une grande manifestation, avec plus de 600 personnes.

    Le président de la Métropole disait que le préfet avait alerté, qu’il n’était pas possible de maintenir cette gratuité parce qu’elle posait une question d’égalité entre les territoires…

    J.-P. S. : On nous mène en bateau ! Monsieur Isnard m’a dit que c’était la conséquence du rejet du budget de la Métropole [le 10 septembre dernier, Ndlr]. Ce qui veut dire que si j’avais voté pour le budget il n’y aurait pas eu d’inégalités ? Pour qui on nous prend ? Cela fait dix-huit ans que cela existe, et on se réveille juste maintenant ? Ils n’ont pas étudié les conséquences de faire payer les transports. On ne pense qu’aux économies, mais il faut penser aux dépenses. Il faut embaucher des contrôleurs, il faudra équiper tous les bus de distributeurs de billets. Cela a un coût ! Il faut y ajouter la dette grise : ce qu’on ne paie pas immédiatement mais que l’on paiera par les conséquences.

    Quelles conséquences aurait l’abandon de la gratuité ?

    J.-P. S. : Il y a surtout un manque à gagner moral et écologique. Lorsque nous avons mis en place les transports gratuits, nous avons multiplié par trois la fréquentation, on a diminué la circulation automobile. Lorsqu’on décide de faire payer, on multiplie la circulation automobile. Renoncer aux transports en commun gratuits va à l’encontre de ce qu’on entend depuis plusieurs semaines, quand le carburant augmente de façon extraordinaire. On nous dit de favoriser les transports en commun mais on les fait payer, c’est paradoxal ! C’est comme si pendant la canicule, au lieu de rendre gratuite la piscine comme nous l’avons fait on avait doublé les prix !

    Nicolas Isnard invoque la situation financière de la Métropole, vous le comprenez ?

    J.-P. S. : C’est une goutte d’eau dans la piscine de la Métropole les transports en commun à Aubagne. On ne nous a donné aucun chiffre officiel, on lance des chiffres comme ça. Il faut être sérieux.

    Le président Nicolas Isnard n’avait jamais masqué son opposition à la gratuité…

    J.-P. S. : La politique de Monsieur Isnard, c’est de faire payer. Mais peut-être qu’il faut trouver d’autres sources. Il faut se pencher sur le versement mobilité. Peut-être que le patronat n’est pas d’accord, mais l’augmenter permet de desservir correctement les entreprises qui sont enclavées, je pense à Rousset par exemple.

    Comment comptez-vous faire davantage entendre la voix d’Aubagne à la Métropole désormais ?

    J.-P. S. : Dans la rue ! Il n’y a plus que ça puisqu’on a tout essayé ! Je ne vais pas rester les bras croisés, ce n’est plus possible. Le président de la Métropole a franchi le Rubicon et nous allons nous battre avec les maires du pays aubagnais.

    ET LES AUTRES MAIRES

    Roland Giberti, maire (DVD) Gémenos

    « C’est quelque chose qui tombe trop brutalement. C’était peut-être à prévoir mais je ne sais pas si y a eu concertation, si la commission présidée par M. Squillari a débattu. En tout cas ça tombe et ça va faire des dégâts sur le pouvoir d’achat. Je suis quelqu’un qui sait prendre ses responsabilités. Mais même si c’est la seule solution, je pense qu’une telle décision doit être débattue. »

    Michel Lan, maire (DVC) La Destrousse

    « Avec le gasoil à 3 euros, les gens se serrent la ceinture, on tente de mettre le repas des étudiants à 1 euro et nous on supprime la gratuité… Elle a fait ses preuves, on a fait toutes les simulations, elle fonctionne si on met le versement mobilité où il doit aller. Qu’on dise le ticket à 1 euro c’est une chose mais là on est au bord du conflit social et on tape sur les petites économies. Ça ne va pas. »

    Frédéric Gibelot, maire (DVD) Peypin

    « C’est dommage que le budget n’ait pas été voté en juin, on n’en serait pas là. L’exécutif a peut-être une pression de la préfecture, on parle du budget de 2026, le temps est compté. Ça ne fait plaisir à personne mais j’ai cru comprendre qu’il allait y avoir un tarif social et il y aura des débats en conseil métropolitain, c’est une situation que je déplore mais qui ne concerne qu’une quinzaine de communes. J’attends quand même de voir pour l’heure je réserve mon vote »

    Ch. C.

    « Un énorme recul »

    « Cette décision politique est un énorme recul qui arrive au pire moment pour les ménages avec l’inflation des prix des carburants », déplore Yves Mesnard, maire honoraire de Roquevaire. L’apparenté communiste était à l’origine avec son groupe en 2009 de la gratuité en pays aubagnais. « À trois mois de la mise en service du Val’ Tram… Partout on avance et nous on régresse », note celui qui a porté la gratuité partielle (-11 ans et +65 ans) en place depuis 2025 sur la Métropole. Ch. C.

  • Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Fin de campagne sénatoriale très tendue à droite

    Ce devrait être le point d’orgue de la campagne Devésa-Muselier ce jeudi : la réunion publique du président LR du Sénat, Gérard Larcher, à Aix-en-Provence, pour appeler à serrer les rangs autour de cette liste officiellement investie par LR et la majorité sénatoriale. Un temps fort annulé le matin même en raison d’une réunion urgente qui a retenu le 2e personnage de l’État à Paris.

    Il n’en fallait pas plus aux listes concurrentes pour interpréter la nouvelle comme un acte de défiance à l’issue d’une campagne marquée par la désunion à droite où les listes de Valérie Boyer, sortante LR, et d’Hervé Granier, maire LR de Gardanne concurrencent celle conduite par Brigitte Devésa la sortante UDI avec le président de Région en deuxième position.

    « Je crois que le président Larcher n’a guère apprécié les prises de position Facebook de Brigitte Devésa sur les sénatoriales du Var où elle a soutenu en quelques jours la liste UDI puis la liste LR », souffle un proche d’une liste concurrente considérant que « les Bouches-du-Rhône, c’est un terrain miné, surtout depuis que Bruno Retailleau soutient à titre personnel Valérie Boyer. Gérard Larcher n’a pas voulu mettre les pieds dans la boue ».

    Le logo Renaissance est-il un repoussoir ?

    Dans l’entourage de Renaud Muselier on estime que « ces murmures sont de vastes conneries » en brandissant une lettre signée de la main de Gérard Larcher, « adressée à Brigitte Devésa et Renaud Muselier dans laquelle il explique son empêchement et confirme le soutien de la majorité sénatoriale et son soutien personnel à leur liste ».

    Parallèlement, depuis quelques jours, des grands électeurs ont reçu une lettre dans laquelle Valérie Boyer qui fait campagne en tant que « représentante de la vraie droite » est décrite comme plus que complaisante avec le macronisme.

    « Je ne sais pas d’où ça vient, peut-être de l’extrême droite », confie un élu centriste qui regrette, pour sa part, que le président de Région n’affiche pas l’étiquette Renaissance sur son bulletin de vote. « Pour moi ce n’est pas un repoussoir », déplore-t-il.

    Hervé Granier, ostensiblement poussé par la très macroniste Sabrina Roubache, se garde d’afficher toute appartenance partisane sur son matériel de campagne. « Je veux porter la voix des maires », martèle-t-il à l’envi.

    Valérie Boyer, quant à elle, arbore le logo LR alors même que la commission nationale d’investiture de son parti et la fédération LR des Bouches-du-Rhône soutiennent le tandem Devésa-Muselier. Pour ne rien arranger à la confusion, Catherine Pila, la rivale malheureuse de Ludovic Perney lors des élections internes à la présidence de LR 13 figure sur la liste de… Valérie Boyer. « Si Valérie fait son siège, Ludovic Perney devra rendre des comptes », prévient-on dans l’entourage de la sénatrice.

    L’annonce de la suppression de la gratuité des transports dans l’ex-Pays d’Aubagne par Nicolas Isnard le président LR de la Métropole, sans concertation avec les maires concernés, n’aide pas à éclaircir l’horizon. « Je soutiens la liste conduite par Brigitte Devésa et Renaud Muselier. Pour autant, j’ai beaucoup de sympathies pour nombre de candidats qui se présentent à cette élection aussi. Que le meilleur gagne dimanche », déclare-t-il. Sur la liste Devésa-Muselier, Véronique Miquelly, maire d’Auriol, commune touchée par l’abandon de la gratuité figure… en troisième position. « Ce choix aurait pu être évité ou au moins temporisé si chacun avait pris ses responsabilités lors du dernier conseil métropolitain à commencer par MM. Payan et Squillari », rétorque un soutien de la liste en question.

    Quelles conséquences sur les sénatoriales ? Verdict dimanche.

  • AMP Métropole : la gratuité des transports bientôt sabrée

    AMP Métropole : la gratuité des transports bientôt sabrée

    Cette fois, la gratuité des transports ne devrait pas échapper à la hache des coupes budgétaires. Ce jeudi, c’est depuis son fief salonais que le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, a annoncé qu’il allait soumettre au vote le 15 octobre la suppression de la gratuité des transports sur l’ensemble du territoire. Pour qu’elle devienne effective « le plus vite possible ».

    « Si nous n’avions pas été pris à la gorge, nous aurions décalé dans le temps cette mise en œuvre », justifie l’édile. Après avoir échoué à une voix près à tailler dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) lors du dernier conseil le 10 septembre, le président de l’intercommunalité compte en effet présenter une nouvelle modification du budget à l’hémicycle. « Nous avons obtenu que le préfet ne saisisse pas les magistrats de la chambre régionale des comptes si nous votons un budget à l’équilibre le 15 octobre », explique-t-il. Soit la veille de la date butoir de la saisine. Et d’annoncer que dans cette nouvelle copie, les différents versements aux communes ne seront pas touchés. Il reste donc pour la Métropole à trouver 53 millions d’euros d’ici deux semaines.

    Pour cela, la Métropole va encore sabrer dans son fonctionnement, renégocier des emprunts, repousser des investissements. La présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, alertait justement mercredi dans La Provence sur les risques qui pèsent sur le tramway de la Belle de Mai si les études ne sont pas lancées d’ici une semaine. « C’est un sujet en discussion qui n’est pas tranché », répond Nicolas Isnard.

    Promesse enterrée

    « Mais à un moment, la Métropole peut enlever tout ce qu’elle veut, on va arriver à l’os, il faut des recettes supplémentaires », défend-il. De quoi motiver l’accélération pour appliquer la nouvelle tarification de la RTM, qui de toute façon devait être votée ce 15 octobre. « Les tarifs de nos transports n’ont pas bougé depuis 2017 », argumente Nicolas Isnard, qui assume « un système plus juste ». Il espère récupérer au moins 3 millions d’euros d’ici la fin de l’année, sans entrer dans les détails des grilles. Tout juste évoque-t-il un tarif minimum « symbolique ». « Il est inacceptable que des populations ne participent pas à un service public qui est rendu », tempête-t-il. De quoi mettre fin à la gratuité étendue par sa prédécesseure Martine Vassal (DVD) en septembre 2025 aux retraités imposables et aux moins de 11 ans. Un coup porté à la promesse de campagne du Printemps marseillais qui promettait des transports gratuits aux moins de 26 ans, qu’assumait Samia Ghali. « Cela va dans le sens de la justice », estime-t-on aussi dans les couloirs de l’hôtel de ville de Marseille, face à cette nouvelle tarification sociale. Mais dans l’entourage du maire, on n’en déplore pas moins « des annonces brutales et inattendues ». « L’avenir d’un service public local ne peut être décidé puis annoncé de cette manière », appuie le groupe de la gauche métropolitaine.

    Le président de la Métropole assume en effet de mettre un coup d’arrêt à dix-sept ans de gratuité des transports pour les 110 000 habitants du pays d’Aubagne et de l’Étoile. « Nous ne pouvions pas avoir dans un même territoire des tarifications différentes », jure-t-il, se défendant de toute sanction politique contre le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari qui avait voté contre les coupes dans la dotation de solidarité. Il ne l’en a pas moins informé, avec le reste de la gauche métropolitaine, que lors d’une réunion organisée à l’issue de sa conférence de presse. Reste qu’il faudra encore du temps, au moins un an, pour faire payer les Aubagnais : aucune installation de paiement n’est pour l’instant déployée sur le réseau.

  • Zéro pointé

    Zéro pointé

    Abandonner. Renoncer. Supprimer. Ces verbes signent le renoncement, la capitulation. En annonçant, jeudi, son intention d’abandonner la gratuité des transports publics pour les habitants des 12 communes de ce qui fut jusqu’en 2015 la communauté d’agglomération du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, le tout frais président de la Métropole Aix-Marseille Provence, Nicolas Isnard, commet une quadruple faute.

    En premier lieu, la gratuité des transports – celle pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans serait aussi supprimée sur l’ensemble du territoire métropolitain (92 communes) – est désormais une conquête sociale pour un droit au transport effectif. Le retour en arrière est donc une régression totale.

    Zéro pointé.

    Et le respect des maires ?

    Deuxièmement, affirmer que supprimer la gratuité permettrait à la Métropole de réaliser des économies est faux. C’est en effet réintroduire des systèmes de paiement extrêmement coûteux. Laisser croire aussi que les recettes voyageurs supplémentaires sortiront l’intercommunalité de l’ornière financière, est une grossière contre-vérité. Zéro pointé.

    En troisième lieu on peut se demander sur quelle planète vit monsieur Isnard ? Comment peut-il faire cette annonce alors que les Français sont étranglés par la flambée des prix ? Dans le pire, on ne peut faire mieux.

    Zéro Pointé.

    Enfin, est-ce une manière de traiter les élus ? Monsieur Isnard veut une Métropole « des maires. » faudrait-il encore qu’il commence par les respecter.

    Zéro pointé et copie à revoir de fond en comble.