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  • [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    Ce week-end, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence et candidat à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    Sa Candidature

    Didier Gesualdi : Avant le vote de mardi pour choisir le futur président de la Métropole, vous avez construit votre candidature depuis longtemps. Pourquoi souhaitez-vous que ça change ?

    Avant d’être candidat, il faut savoir si la candidature que l’on veut porter a du sens. Je voulais être, j’espère être, je veux être, le candidat des 92 maires de cette Métropole. L’idée était de savoir ce qu’ils voulaient, s’ils avaient la même vision de ce qu’ils espèrent pour la Métropole. Donc, oui, j’ai essayé de voir le maximum de mes collègues sur ces dernières semaines, ces derniers mois, et j’ai même envie de dire, ces dernières années. J’ai pu échanger, j’ai senti qu’il y avait l’espérance d’une autre Métropole. C’est cette candidature que je veux porter, celle d’une Métropole des maires.

    Didier Gesualdi : La Métropole ça a l’air compliqué mais c’est le quotidien des habitants.

    Aujourd’hui, la Métropole est souvent pointée pour ses dysfonctionnements, j’espère qu’un jour elle sera pointée pour ses réussites. La Métropole s’occupe de beaucoup de choses qui font notre qualité de vie au quotidien, le meilleur exemple étant la propreté de nos rues, mais il y a aussi la voirie, l’environnement, les transports… C’est pour ça qu’il faut améliorer le service qu’elle rend. Pourquoi ça doit être la Métropole des maires ? Parce que lorsque vous êtes maire vous voulez que vos concitoyens vivent bien, qu’ils vous disent que la ville est propre, entretenue, qu’on circule bien… On veut le meilleur pour nos habitants.

    Léo Purguette : Si on vous entend bien, vous êtes porteur d’une rupture. Martine Vassal était pourtant de votre famille politique. Vous en avez parlé avec elle ?

    Oui, on a parlé de cela avec Martine à plusieurs reprises et avec Jean-Claude Gaudin avant elle. Il faut remettre en perspective ce qu’ils ont eu à faire : installer la Métropole que personne ne voulait, moi le premier. Fusionner de force les six intercommunalités, nous n’en voulions pas. Nous avions un fonctionnement en bassins de vie qui était optimal. On nous a imposé un changement. Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont eu à gérer cette installation, ils ont fait ce qu’ils ont pu dans les conditions que je viens d’énoncer. On ne va pas refaire l’histoire mais ils ont eu le mérite d’installer cette Métropole. Maintenant qu’elle est là et que nous allons la garder, il faut la transformer pour qu’elle soit plus efficace, à notre service.

    la Métropole « des maires »

    Léo Purguette : Vous défendez un fonctionnement réellement intercommunal, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires. La Métropole, demain, sera un outil. C’est-à-dire, par exemple, que lorsqu’un camion-poubelle va passer dans une rue, il va passer à la demande d’un maire, à l’horaire que souhaite le maire…

    Léo Purguette : C’est possible sans évolution de la loi ?

    Bien sûr. Prenons la propreté. Les décharges, le traitement des déchets, les incinérateurs, ça restera une compétence métropolitaine, et nous devrons le décider ensemble mais le passage des cantonniers dans nos rues, certaines villes comme la mienne ont la chance de l’avoir en gestion directe, d’autres ne l’ont pas. Demain, les villes qui voudront récupérer la gestion de ces hommes et de ces femmes méritants, qui nettoient nos rues au quotidien, auront la possibilité de le faire. En gestion directe, ils pourront décider des jours et des heures où passeront les cantonniers. Il n’y a pas besoin de révolution législative pour cela.

    Didier Gesualdi : Vous avez vu les maires de Marseille ? Aix ? Martigues ?

    J’ai vu tous les gros, tous les grands mais aussi le maire de La Barben, d’Aurons, de Saint-Paul-lès-Durance. J’ai vu ceux qui sont là depuis 30 ans et ceux qui viennent d’arriver. J’ai vu tous ceux que je pouvais, mille excuses à ceux que je n’ai pas encore rencontrés. Dans une Métropole des maires, tout le monde sera considéré. Il n’y a pas les uns contre les autres. Les ruraux contre les urbains, l’ouest contre l’est, Marseille contre le département… Tout ça, c’est fini. On est 92 ensemble, condamnés à réussir et à avancer dans un pack, un front commun.

    Didier Gesualdi : Les gens ont voté et élu des majorités différentes selon les communes. Il faudra quand même faire des choix, ce n’est pas pareil quand on est de droite ou de gauche ?

    Je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des sujets sur lesquels la droite et la gauche, ça compte. Par exemple, l’âge de départ à la retraite, on a des visions différentes. Mais pardon, quand il s’agit de circuler, tout le monde veut la même chose : qu’on aille le plus vite, le plus sereinement, le plus respectueusement possible d’un point à un autre. Qui dit aujourd’hui qu’il trouve très bien de mettre 2h30 en partant de Salon pour aller voir un match de foot au stade Vélodrome ? Et à l’intérieur des villes, les maires élus décideront comment on circule dans leur commune. Ce sont des sujets ni de droite ni de gauche.

    Léo Purguette : Quid de la gratuité en Pays d’Aubagne ? C’est un débat droite-gauche.

    C’est un débat à 92 maires. La gratuité, sur le papier c’est bien mais derrière il y a quelqu’un qui paye, donc il faut voir les avantages et les inconvénients. Je n’ai surtout pas à dire « ça va être comme ça », la Métropole des maires, c’est 92 qui décident œcuméniquement, dans l’intérêt général.

    le RN

    Didier Gesualdi : Que ferez-vous avec le RN qui pèse dans l’assemblée métropolitaine comme il a pesé dans ces élections ?

    Le RN et ceux qui le représentent dans cet hémicycle seront respectés. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu : moi président de la Métropole, on ne va pas arrêter de ramasser les poubelles à Rognac ou d’y faire passer des bus. Les Rognacais seront traités comme les autres. Pour autant, la participation du RN dans l’exécutif n’est pas possible. Tout le monde en convient. D’ailleurs ils ne l’ont pas demandé. Le RN a choisi lors des dernières élections de faire le maximum de listes dans le maximum d’endroits pour s’opposer au maximum à ceux qui sont maires aujourd’hui. On ne peut pas essayer de changer les maires en place et puis leur dire ensuite « on vient travailler avec vous ». Il faut être dans la cohérence, ils ne peuvent bien évidemment pas participer à l’exécutif.

    le Logement

    Léo Purguette : Le logement était attribué à David Ytier, un Salonnais, à qui reviendra-t-il ? Pour mener quelle politique ?

    Comme dans tous les autres domaines, c’est un expert qui s’en occupera. Je suis président de l’établissement public foncier, dans cette région il faudra construire 30 000 logements par an pour satisfaire les demandes locales, on n’en produit que 18 000. Nous n’avons même plus de quoi loger nos enfants, il faut produire du logement, c’est mon avis. Pas n’importe comment. Des logements, oui. Dans le respect des maires, oui.

    Léo Purguette : On vous accuse d’avoir freiné la rénovation des copropriétés dégradées.

    L’établissement public foncier marche très bien, c’est une de mes fiertés personnelles. Cela fait 10 ans que j’en suis aux commandes. On travaillait avec 150 villes, c’est maintenant 300. On avait 1,4 milliard de budget, c’est 2,5 aujourd’hui. C’est un outil utile mais on l’a chargé. Au début on lui a dit de faire du logement social, puis du logement tout court, puis du développement économique et maintenant les copropriétés dégradées. Attention à ne pas charger la mule. On a trouvé un compromis avec l’État pour éviter de tirer vers le bas cet établissement avec une mission trop lourde pour lui.

    Salon-de-Provence

    Didier Gesualdi : Ce vendredi vous avez annoncé l’arrivée d’une grande enseigne à Salon, qu’est-ce que cela dit de votre ville ?

    C’est extraordinaire. C’est le reflet d’une ville qui avance et qui réussit. Decathlon qui ouvre un magasin en cœur de ville, c’est une reconnaissance pour le dynamisme de Salon. Nous avions déjà eu des locomotives remarquables comme la Fnac, Nature & Découvertes, et désormais parmi les 600 commerces de cœur de ville, nous compterons Decathlon, qui figure parmi les deux enseignes préférées des Français. Avoir un tel aspirateur à clients, ça va être énorme. Pour moi, le commerce de proximité est un bien sacré. Salon ne sera pas ce qu’elle est sans lui, c’est un art de vivre, un vivre ensemble. J’en suis très fier.

    le rapport à Marseille

    Didier Gesualdi : Benoît Payan s’estimait maltraité par la Métropole. Vous en pensez quoi ?

    Chacun interprétera ce mot comme il l’entend. Effectivement, on peut se demander s’il est bien légitime qu’un maire – quel qu’il soit – n’ait pas la possibilité de décider de la surface des terrasses dans sa ville. Dans la mienne, je les gère et j’entends bien continuer à le faire. Il n’est peut être pas normal que dans sa ville, le maire ne puisse pas décider des heures auxquelles passent le métro ou le tramway… On va remettre l’église au centre du village. Ce sont désormais les maires qui décideront chez eux ce qui est bon pour leur commune, parce qu’ils sont légitimes. Derrière les maires, il y a les habitants qui les ont choisi. Ceux qui portent la voix du peuple seront respectés, nous suivrons leur desiderata, avec le plus d’efficacité et de loyauté possibles.

    Léo Purguette : Il faut tout de même construire un exécutif métropolitain. Y aura-t-il des Marseillais ?

    Oui, il y aura des Marseillais parce que Marseille, c’est une grande ville et qu’elle mérite d’être respectée. L’idée c’est qu’il y ait des représentants de tous les territoires à l’origine de la création de la Métropole. Il y aura des petits, des gros, des gens de l’ouest, de l’est, des sans étiquette, des sensibilités différentes mais il y aura surtout, ce sera le maître-mot, des compétences. Personne ne peut avoir la prétention de maîtriser tous les domaines, mais les élus qui vont s’occuper de chaque domaine auront toutes les compétences pour le faire. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que personne n’a dit « je veux X place » mais que tout le monde se demande qui est la meilleure candidature dans chaque domaine. Il y a beaucoup de talents vous verrez.

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le maire de Marseille lui-même participe à l’exécutif ?

    C’est à lui que revient la réponse à cette question mais pour que les choses soient clairement dites, oui je le souhaite. Pour autant, il a beaucoup de responsabilités, la deuxième ville de France à gérer. S’il est avec moi, comme le maire d’Aix et les grands maires du territoire, je crois que ce serait un joli signal. Après je comprends que les responsabilités quotidiennes ne sont pas les mêmes à Marseille ou Aix qu’à Lamanon, sans faire offense à quiconque.

    Didier Gesualdi : La présidence de la RTM reviendra-t-elle à un Marseillais ?

    C’est réglé. La question ne se pose même pas. Il y aura dans le conseil d’administration des représentants d’autres communes mais la RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. Elle s’est posée par le passé, elle ne se posera plus parce que ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin. Idem pour le centre de formation des apprentis d’Aix. Idem pour les conseils de surveillance de chaque hôpital. Trouveriez-vous normal qu’à celui de Salon, les deux représentants de la Métropole soient le maire de Cadolive et celui de Peynier ? Moi je ne me mêlerai pas de la gestion de l’hôpital d’Aubagne ou de Martigues. C’est du bon sens. On va remettre tout ça en ordre.

    Didier Gesualdi : Toucherez-vous aux « attributions de compensation », utiles aux maires mais parfois au détriment de l’intérêt métropolitain ?

    On ne touchera jamais un euro des attributions de compensation. C’est l’intérêt d’avoir un maire qui soit président de la Métropole. Nous avons bâti nos budgets sur cette recette, si on nous l’enlève, ce sont des services publics en moins. Ce n’est pas possible.

    Léo Purguette : Et l’État ?

    Même s’il les a regretté, je pense qu’il a profité des fameuses chicayas dénoncées par le président de la République pour dire « on versera de l’argent quand vous vous serez mis d’accord ». Ça tombe bien : nous sommes d’accord. L’État va venir nous aider, aider ce territoire. Le nerf de la guerre c’est la mobilité, l’habitat, l’environnement, le développement économique. Nous avons deux millions d’habitants c’est autant que la Slovénie, c’est un pays ici !

    la question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Diane :

    Bonjour, Monsieur Isnard, si vous êtes élu à la présidence de la Métropole, qui vous remplacera à votre fonction de Maire de Salon-de-Provence ?

    Personne, parce que c’est le plus beau mandat que je puisse avoir, être maire de sa ville c’est vraiment le mandat suprême que l’on puisse espérer. D’ailleurs, si je suis intéressé pour piloter la Métropole c’est parce que ce mandat est compatible avec la continuité de mon mandat de maire.

    Je pense d’ailleurs qu’il est essentiel que ce soit un maire, qui vit le quotidien de la Métropole, qui puisse la piloter. Je pense que c’est particulièrement complémentaire. Je resterai maire de Salon-de-Provence, cette ville à qui je dois tout, qui m’a fait. J’essaye au quotidien de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Je pense qu’en étant président de la Métropole, je pourrai faire bénéficier cette institution de la vie quotidienne d’un maire pour en améliorer le fonctionnement au jour le jour.

  • Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Nicolas Isnard en marche vers la Métropole

    Déjà en campagne en coulisse depuis plusieurs mois (notre édition du 24/03), le maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, a profité de la conférence des Maires de Provence, ce lundi soir à Saint-Victoret, pour officialiser sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille, à mi-chemin entre le second tour des municipales et la réunion du premier conseil métropolitain de la mandature, le 7 avril.

    « L’occasion est belle de prendre une nouvelle orientation et de faire de ce que l’une d’entre nous [l’ex-maire LR d’Aix-en-Provence Maryse Joissains, Ndlr] appelait la “Monstropole” un outil au service de chacun d’entre nous », défendait-il face aux 83 maires du département présents, en s’engageant « pour une Métropole des maires, au service des maires, œcuménique, transpartisane ». Et d’annoncer : « Si vous le souhaitez, j’aspire modestement à porter cette voix, non pas d’un maire, non pas d’un territoire, mais de 92 maires. »

    Des promesses qui viennent répondre à l’aspiration de la plupart d’entre eux, souvent exprimée dans la campagne des municipales. « Quand la Métropole s’occupe de ses compétences, elle travaille bien. Par contre, c’est dans la proximité qu’il y a un problème », partageait le président (DVD) du groupe métropolitain des Maires de Provence, Jean-Pascal Gournès. Avant d’assumer : « Une Métropole à la carte, ce n’est pas un gros mot ! »

    Pas de RN dans l’exécutif

    « L’action publique en circuit court, nous savons produire et faire. Mais là, il y a souvent un écran dans nos compétences de proximité », opine aussi le président (SE) des Maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, qui a cependant pris le soin de faire applaudir la présidente sortante de la Métropole, Martine Vassal, et son « courage presque sacrificiel » pour avoir tenu l’institution.

    Alors Nicolas Isnard promet « une Métropole au service des maires et pas au-dessus des maires, aux mains des maires et pas aux mains d’une technostructure », un établissement public de coopération intercommunale « ramassé sur ses compétences régaliennes et laissant les compétences de proximité au service des communes qui voudront s’en emparer ». Et ébauche la création d’antennes métropolitaines dans chacun des anciens conseils de territoire.

    Surtout, la majorité marseillaise devrait faire son retour dans l’exécutif. « Le soutien du maire de Marseille est indispensable », souligne Nicolas Isnard. Dans la matinée, il a ainsi échangé pendant plusieurs heures avec Benoît Payan (DVG). « Les échanges ont été plutôt constructifs, avec un alignement global sur ce que doit être la Métropole », apprécie-t-on dans l’entourage du maire marseillais. « Mettre en place les mesures que l’on préconise à Marseille coûtera de l’argent », reconnaît-on cependant dans les couloirs de l’hôtel de ville, tout en assurant ne pas réclamer plus que « sa part du gâteau ». Surtout, si l’heure de la répartition des postes et des outils métropolitains n’est pas encore venue, « si dans l’exécutif métropolitain, il y a des personnes d’extrême droite, ce ne sera pas pareil », avertit-on. Une option écartée par le candidat à la présidence : « Ils n’en ont pas fait la demande. Mais il est compliqué de dire comme l’extrême droite nous présentons des listes contre vous tous et une fois que vous êtes élus, nous voulons travailler avec vous ! » Même si, promet-il, chaque commune sera traitée de façon équitable.

    « Le soutien
    du maire
    de Marseille est indispensable »

  • Nicolas Isnard officialise sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille

    Nicolas Isnard officialise sa candidature à la présidence de la Métropole Aix-Marseille

    Attendue depuis un moment, la candidature du maire (LR) de Salon-de-Provence, Nicolas Isnard, à la présidence de la Métropole Aix-Marseille a été officialisée, ce lundi soir, lors des rencontres des Maires de Provence, à une semaine de la première réunion du conseil métropolitain, prévue le mardi 7 avril prochain.

    Devant les élus adhérents au label qui rassemble 100 communes des Bouches-du-Rhône, celui-ci a partagé son attente d’une «Métropole au service des maires, et pas au dessus des maires, aux mains des maires et pas aux mains d’une technostructure».

    «L’occasion est belle de prendre une nouvelle orientation et de faire de ce que l’une d’entre nous appelait la “Monstropole” un outil au service de chacun d’entre nous pour une Métropole des maires, au service des maires, œcuménique», a-t-il décrit. Et d’annoncer : «Si vous le souhaitez, j’aspire modestement à porter cette voix, non pas d’un maire, non pas d’un territoire, mais de 92 maires.»

  • Sophie Joissains n’est pas candidate à la Métropole

    Sophie Joissains n’est pas candidate à la Métropole

    Point presse, à l’issue du conseil municipal d’installation, ce vendredi 27 mars, en Salle des Etats de Provence. Sophie Joissains, maire sortante (UDI) réélue au second tour dimanche, puis par son conseil municipal ce jour, a enfilé l’écharpe. Depuis plusieurs jours, son nom circulait pour la présidence de la Métropole Aix-Marseille, alors que Martine Vassal (DVD) a annoncé ne pas se représenter pour ce poste. « Je n’étais pas candidate, je regardais ce qu’il se passait. La voix d’Aix compte tout de même pour la Métropole », rectifie Sophie Joissains, ce vendredi face à la presse. « J’ai rencontré le maire de Salon-de-Provence (Nicolas Isnard) hier et je dois dire que ce qu’il m’a présenté correspond à ce que je souhaite comme réforme interne de cette Métropole.» Soit « faire en sorte que ce soit une métropole au service des communes et en même temps des bassins de vie, bien sur. » Pour rappel, Aix dispose de 17 sièges au Conseil métropolitain, et se place en deuxième position derrière Marseille, qui compte 101 sièges. «Je suis en réflexion mais je pense qu’il sera mon candidat», ajoute enfin l’édile aixoise.

  • L’option de la Métropole des maires avance

    L’option de la Métropole des maires avance

    Jouer le bras de fer politique au sein de l’hémicycle avec un clivage entre la gauche et la droite ou faire de la Métropole une instance dépolitisée, en visant le consensus entre les maires. Si les deux hypothèses sont encore aujourd’hui sur la table, alors que doit être désigné le 7 avril le successeur de son actuelle présidente Martine Vassal, la deuxième option prend au fil des jours de plus en plus de poids.

    Après le courrier adressé le 25 février par le maire (DVD) de La Ciotat Alexandre Doriol réclamant une réforme de l’institution métropolitaine, après la campagne très active menée en coulisses par le maire (LR) de Salon-de-Provence Nicolas Isnard pour aller en ce sens, c’est le maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade qui, dans un courrier ce mercredi, appelle à un « pacte de gouvernance autour des maires ». « La Métropole Aix-Marseille-Provence ne s’est pas construite avec les communes. Elle s’est décidée sans elles, souvent contre elles », y déplore-t-il. Et de poser une alternative entre « un fonctionnement centralisé, technocratique » et « un outil au service des communes et d’un développement territorial équilibré ».

    « La gestion des compétences de proximité doit être rendue aux maires, en dehors des clivages politiques », plaide-t-il, en réclamant aussi à travers son pacte en cinq points une décentralisation tant économique que dans les transports. « Une organisation en bloc, fondée sur les clivages partisans ferait basculer la Métropole d’un espace de coopération vers un lieu d’affrontement stérile », avertit-il encore.

    Ce refus du clivage partisan est partagé du côté de la majorité marseillaise, qui apporte le plus gros contingent d’élus (67 conseillers sur 238). « Le total à gauche est plus fort que la dernière fois, mais pas assez pour arriver à la majorité, partage un élu influent. Si on présentait un candidat, rien n’exclut que le RN ne soutienne pas la droite. » Alors en attendant, le Printemps marseillais regarde le positionnement des candidats, décidé cette fois à participer à la gouvernance métropolitaine. « Celui qui nous fera les propositions les plus sérieuses concernant la ville de Marseille, on ira sur ce chemin-là », précise l’élu.

    Soutiens à droite

    Pour porter cette vision de ce que tous appellent la « Métropole des maires », « Nicolas Isnard ferait un très bon candidat » estimait le maire (LR) d’Allauch sur BFM Marseille, même s’il reconnaît que la maire (UDI) d’Aix-en-Provence Sophie Joissains « à toute sa légitimité ». « Nicolas Isnard est à l’instant où je vous parle le candidat qui semble convenir à l’ensemble des maires des Bouches-du-Rhône », défendait aussi leur président (SE) Georges Cristiani sur France 3 ce mardi soir, précisant lui-même ne pas être candidat. Le même jour selon nos informations, le groupe des maires de Provence et le groupe écologiste et centriste se sont chacun réunis, et apporté leur soutien au maire de Salon-de-Provence. La réunion lundi prochain à Saint-Victoret de l’ensemble des membres du collectif des Maires de Provence – ils étaient 100 à y adhérer dans le département en décembre – devrait permettre d’éclaircir les positionnements de chacun.

  • Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Les tractations pour la Métropole s’accélèrent en coulisses

    Au moment de la publication des premiers résultats ce dimanche soir, le président (Ren.) de Région Renaud Muselier estimait qu’il « n’y a pas de bouleversement majeur » à Marseille. « Benoît Payan reste maire, et la Métropole restera vraisemblablement dans notre sensibilité politique », expliquait-il. Avec le second tour des municipales ont en effet été aussi désignés les conseillers siégeant à la Métropole Aix-Marseille-Provence. Mais si l’intercommunalité reste inclinée à droite, les équilibres y sont bouleversés par l’effondrement de sa présidente (DVD) Martine Vassal. Balayée aux municipales avec à peine plus de 5% des suffrages à Marseille, elle n’a plus que quatre sièges dans son propre hémicycle, et a finalement reconnu dimanche soir qu’elle ne pourrait conserver son siège. « J’ai fait un choix de responsabilité. En politique, il faut rester fidèle à ses convictions », expliquait-elle à la presse. De quoi rebattre toutes les cartes. Et faire chauffer les téléphones.

    Une Métropole des maires

    Avec la très large victoire de Benoît Payan, Marseille amène en effet quatorze élus de gauche supplémentaires (67 au total), ce qui porte les rangs de la gauche métropolitaine à 93 élus, selon l’étiquetage préfectoral. De leur côté, les centristes comptent dans leurs rangs 18 conseillers, la droite 71. Il faut encore ajouter treize maires de petites communes, sans étiquette. Et surtout les 36 élus classés à l’extrême droite, dont 30 Marseillais portés par les scores du député RN Franck Allisio. Un hémicycle éclaté d’où il est difficile de sortir la moindre majorité.

    « La question des équilibres politiques n’est pas le sujet n°1, tempère le vice-président salonais sortant David Ytier (LR). C’est est-ce qu’il y a une vision commune partagée par l’ensemble des maires. » Chacun répète ainsi qu’il faut faire sortir la Métropole des chicayas politiques marseillo-marseillais dans lesquels elle s’était embourbée, pour qu’elle remplisse pleinement son rôle d’établissement public de coopération intercommunale (EPCI). « Dans la mesure où le législateur n’a pas pris de mesures, il faut qu’elle soit réformée de l’intérieur, avec une gouvernance plus partagée, qui soit plus respectueuse des maires », plaide ainsi la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains. « Il faut qu’on trouve les moyens pour que chaque sujet soit travaillé avec les communes concernées », explique ainsi le maire (PS) de Vitrolles, Loïc Gachon. Beaucoup plaident ainsi pour reprendre la main sur les compétences qui touchent à leur territoire, même indirectement, à l’image du « New Deal » proposé par le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan. « Il suffit qu’on ait la main sur les outils métropolitains qui concernent la ville de Marseille », expliquait-il au moment de présenter son programme, ne demandant qu’à « vivre notre vie de commune dans un cadre intercommunal, comme toutes les communes ».

    Cette « Métropole des maires » préservée des débats politiques, l’édile salonais Nicolas Isnard (LR) s’en est fait le promoteur, faisant campagne en coulisses pour prendre la tête de l’intercommunalité lors d’une première séance prévue le 7 avril prochain. « Il échange avec tous les maires, pour voir si tout le monde et prêt à passer à une nouvelle étape », explique David Ytier qui le présente comme « l’homme du consensus, qui fait le lien avec tout le monde ». « Le retrait très digne et immédiat de Martine Vassal permet de dépolitiser tout ça », pointe-t-il.

    Sophie Joissains

    ne s’interdit rien

    Mais le maire de Salon-de-Provence ne fait pas l’unanimité à droite, où le vide laissé à Marseille nourrit les appétits. D’autres noms circulent, à l’image du président de maire des Bouches-du-Rhône Georges Cristiani (SE), auquel on prête surtout des ambitions sénatoriales. Sollicité, celui-ci n’a pas donné suite. Le nom de la maire UDI d’Aix-en-Provence revient aussi. « Je suis plutôt attentive à tous les programmes qui pourraient se dessiner de la part des candidats potentiels », explique-t-elle. Peut-elle ambitionner de présider la Métropole ? « Je fais partie de ceux qui ne s’interdisent jamais rien, mais je n’ai absolument pas décidé quoi que ce soit », répond-elle. Rappelant malgré tout que le conseil de territoire du Pays d’Aix avait su rassembler des municipalités très différentes.

    Reste aussi le risque de voir une majorité obtenue grâce aux voix de l’extrême droite, Franck Allisio proposant fin février « un contrat de gouvernance avec des maires qui partagent nos valeurs ». Après avoir joué du chantage auprès des maires sortants, agitant la menace de listes RN face à eux s’ils ne signaient pas son label « La Provence qu’on aime ».

    S’ajoute aussi des dossiers très politiques au menu de l’intercommunalité pour les années à venir, à l’image de l’arrivée à terme des grandes délégations de service public, depuis celle de l’eau jusqu’à celle de l’incinérateur de Fos, en passant par le tunnel Prado Carénage. Un exemple parmi les nombreux dossiers qui peuvent rester clivants.

    Candidature à gauche ?

    Tandis que le maire de Marseille doit rencontrer ceux de Salon et Aix, l’hypothèse d’une candidature unique à gauche n’est pas écartée, à l’image de celle de Gaby Charroux (PCF) en 2020. Avec l’espoir de « chercher la première place même avec une majorité relative », glisse un connaisseur. « Le futur président doit être un maire, et si possible d’une ville », pointe Loïc Gachon, qui écarte les nouveaux venus comme Robin Pretot et Jean-Pierre Squillari, le temps qu’ils s’installent. « J’ai un rôle à jouer dans cette institution, je suis disponible pour le jouer », assure l’édile vitrollais. Mais il faudrait pour cela avoir le soutien de la gauche marseillaise.

    Quoi qu’il en soit, le futur président aura fort à faire entre les enjeux de la réindustrialisation et les murs budgétaires qui menacent les finances des transports et déchets. Avec des compétences au cœur du quotidien des habitants des 92 communes de la Métropole.

    Des satellites à remettre en orbite

    Derrière la Métropole se pose l’enjeu de la présidence des nombreux organismes qui gravitent autour d’elle. C’est ainsi le cas pour la Soleam, l’aménageur métropolitain, aujourd’hui présidé par Gérard Gazay (LR), battu dans les urnes dimanche à Aubagne. Avec des finances à redresser, qui ont pu pousser à accélérer certains projets comme les 1 000 logements de Vallon Régny dans le 9e. Le bailleur social Provence Métropole Logement est quant à lui aujourd’hui présidé par Solange Biaggi (LR), qui n’a pas réussi à se qualifier au second tour dans les 2e et 3e arrondissements de Marseille. Avec un parc de logements dégradé, sous le feu des critiques durant la campagne des municipales. À la RTM, l’ancienne présidente du groupe d’opposition de droite Catherine Pila (LR) ne siège plus en conseil municipal. Son successeur devra mener à bien la refonte du réseau et la « révolution des transports » amenée à se poursuivre.

    Y.S.

  • [Entretien] Martine Vassal : « On a créé un duel qui n’existe pas, nous sommes trois au second tour »

    [Entretien] Martine Vassal : « On a créé un duel qui n’existe pas, nous sommes trois au second tour »

    La Marseillaise : Quelle est votre analyse des rapports de force du premier tour ? Pourquoi, dans ces conditions avoir décidé de vous maintenir ?

    Martine Vassal : Vous dire qu’on est ravi des résultats, non. On est déçu du résultat, on ne pensait pas faire ce score-là. Je prends les résultats avec beaucoup de recul. Il y a maintenant un second tour et les cartes sont rebattues. Marseille est à la croisée des chemins. Il faut que les Marseillaises et les Marseillais prennent leur destin en main. Ils ont trois choix dimanche. On repart à zéro. Le rassemblement n’arrivera pas à gagner Marseille, je l’ai déjà dit. Benoît Payan reçoit le soutien de l’extrême gauche après avoir pris des candidats issus de la France insoumise sur sa liste dès le premier tour. Nous, nous sommes au milieu. Plus de 35 000 personnes ont voté pour nous, on veut les représenter.

    Vous avez été silencieuse au soir du second tour. Avez-vous examiné la possibilité de vous retirer ?

    M.V. : J’ai attendu parce qu’en réalité, c’est mon caractère. Moi, j’y crois jusqu’au bout. À minuit, sur les 497 bureaux de vote, j’en avais 150. Et puis l’équipe m’a dit qu’il y avait un gros écart, et qu’il fallait savoir si les troisièmes c’étaient nous ou la France insoumise. Je ne voulais pas parler sans savoir en quelle position j’étais. On est rentré, c’était 3h du matin… J’avoue que je ne me sentais pas de faire une déclaration. Le lendemain, comme c’était prévu j’ai réuni mes têtes de listes pour qu’on puisse discuter de la position à tenir.

    Étaient-elles unanimes ?

    M.V. : Non, elles ne l’étaient pas. Mais c’est normal quand on rassemble depuis l’écologie raisonnable jusqu’à la droite affirmée. Chacun a exprimé son point de vue, c’est la démocratie et nous nous sommes exprimés dès lundi.

    Donc vous n’avez pas songé à arrêter là ?

    M.V. : J’avais dit avant le premier tour que même satellisée sur la Lune, je me maintiendrai. Je suis une femme de parole, je dis ce que je fais et je fais ce que je dis. Le costume est trop grand pour M. Allisio, il panique, il appelle Bruno Retailleau et Gabriel Attal – Gabriel Attal ! – pour que je me retire. J’espère que les gens se diront qu’il y a une femme qui est sérieuse, avec un programme, une équipe cohérente, contrairement à celle de M. Payan, et qu’ils voteront pour moi. Je prends le risque de faire moins mais aussi de faire plus. Je veux rassembler.

    Il y a des disparités entre secteurs. Il y en a un qui est particulièrement regardé par les électeurs de gauche, puisqu’elle s’y était retirée en 2020 pour battre le RN, c’est les 13-14. N’y avait-il pas une forme de renvoi d’ascenseur nécessaire à produire en retirant votre liste de ce secteur ?

    M.V. : On n’est plus en 2020, on est en 2026. Les temps ont changé. Je pense que quand on est en capacité de se maintenir, il faut se maintenir. Sinon le législateur doit changer la loi et dire qu’on ne garde que les deux premiers.

    Quelle est votre réaction au désistement de Sébastien Delogu ?

    M.V. : Je ne suis pas là pour commenter. Ce qui est un peu bizarre c’est qu’il se retire en centrale et reste en secteurs, alors que le danger RN existe en secteurs aussi. Je pense que cela signifie qu’il y a des accords.

    Comment envisagez-vous la campagne éclair du second tour ? Allez-vous tenir meeting ?

    M.V. : J’étais de retour sur le terrain dès aujourd’hui [mercredi], je le serai jusqu’à vendredi. J’ai bloqué mon agenda pour permettre un débat. Au moment où je vous parle, j’ai appris que France Télévisions, donc un média public, envisageait un débat sans moi. Peut-être est-ce parce que je suis une femme ? Nous sommes trois au second tour, les électeurs ont le droit de savoir pour qui ils mettent un bulletin de vote. Je n’ai jamais refusé un débat. C’est un moment important de la démocratie.

    Qu’allez-vous dire aux Marseillais pour être comprise ?

    M.V. : Je martèle une chose simple : ressaisissez-vous les Marseillaises et les Marseillais, vous jouez votre avenir. Ils se sont fait voler l’élection du premier tour. On a créé au niveau national un duel Payan-Allisio. Il n’existait pas. La preuve on a fini à quatre qualifiés.

    N’y a-t-il pas des causes plus profondes à ce duel ?

    M.V. : Les sondages ont pesé. Beaucoup d’électeurs de droite se sont dit « la candidate est loin, alors je vote Allisio ». Benoît Payan a aussi créé les conditions de ce duel, les gens nous parlaient beaucoup de la dégradation de la sécurité à Marseille. Et puis c’est très souvent aussi un vote de colère, de mécontentement, de saturation. Un vote national. On n’a pas pu parler de fond, de l’avenir de Marseille.

    Ces municipales permettent d’élire les conseillers métropolitains. Comment sera gérée la Métropole demain ?

    M.V. : D’abord je suis assez satisfaite du bilan métropolitain mais surtout satisfaite que 73% des maires sur les 92 aient été élus au premier tour. Pour moi c’est le signe de la réussite du travail fait au niveau de la Métropole et du Département. On les a aidés, on a refait les piscines, les stades, la population est contente des maires. Donc il n’y aura pas de modification fondamentale, la Métropole restera dans la même configuration de possibilité de gouvernance.

    Si je comprends bien, vous avez aidé les maires et donc ils vous aideront à rester présidente ?

    M.V. : Franchement, ce n’est pas ma personne qui compte. L’important c’est de stabiliser cette Métropole. Elle est née difficilement, il y a eu l’acte II avec la suppression des conseils de territoires. Et je plaide pour un acte III, avec la proximité qui retourne aux communes et les compétences stratégiques qui restent à la Métropole.

    Quoi qu’il arrive le centre de gravité de la Métropole reste à droite ?

    M.V. : Oui, et au centre. C’est la même configuration qu’aujourd’hui.

    Vous vous dites satisfaite du bilan métropolitain mais beaucoup de critiques s’expriment sur la propreté. Ça n’a pas pesé sur votre résultat ?

    M.V. : Je pense que ce qui a pesé, c’est le fait pour Benoît Payan de dire « c’est pas moi, c’est l’autre ». Il a fait du bashing systématique en disant que tout ce qui était mal, c’était moi et que tout ce qui était bien, c’était lui. Ainsi va la vie. Mais on ne peut pas taper des pieds pour avoir la propreté et une fois qu’on va pour signer le pacte, dire qu’on ne la veut plus. Sur la propreté, j’ai mis fin au fini-parti mais on peut toujours mieux faire, ce qui a manqué à la Métropole, c’est d’avoir la compétence de A à Z. La responsabilité de la verbalisation, c’est la mairie.

    Vos anciens amis sont très critiques. Lionel Royer-Perreaut vous demande de vous désister. L’entourage de Sabrina Agresti-Roubache vous étrille. Avez-vous mené une campagne trop à droite ?

    M.V. : Quand vous ne menez pas le combat, vous êtes sûr de ne pas le perdre. Eux, ils savent ce que c’est que perdre. Vous savez, moi je connais tous les numéros du loto une fois que le tirage est fait. Je pense que la sociologie de la ville a changé et que le niveau du débat n’a pas permis d’intéresser suffisamment. Le niveau d’abstention est très haut.

    Quel avenir pour la droite et le centre à Marseille ?

    M.V. : Nous voulons faire exister notre courant de pensée et évitez la reproduction de ce qu’il se passe à l’Assemblée nationale avec des invectives permanentes entre extrême gauche et extrême droite. J’ai des convictions, du courage, je suis une femme d’honneur.

  • À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    Une permanence fermée aux médias. Voilà qui donnait déjà le ton ce dimanche du côté de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. Restait à savoir quelle était l’étendue de la catastrophe. Les premières estimations tombent, la créditant de 11 à 13% des voix. Mais de commentaires point. Toute la soirée, la candidate aura joué au chat et à la souris avec la presse rassemblée devant sa permanence du 42, cours Pierre Puget (6e), rideau tiré, lumières éteintes. La prise de parole prévue pour 22h30 est reportée d’une heure.

    Une de ses co-listières, Sandra Blanchard, avocate en droit public, finit par débarquer en voiture, chargée de sacs de courses. « On est allé acheter à manger pour les militants », répond-t-elle, un peu embarrassée, à la foule de micros qui se dressent devant elle. « On n’a pas encore les résultats, dès qu’on en saura plus, on vous tiendra au courant, je ne sais pas quand elle va arriver », promet-elle. Quand on lui demande si elle a prévu les mouchoirs, elle convient qu’elle est déçue. « Mais c’est le jeu démocratique, parfois on gagne, parfois on perd, les Marseillais ont décidé, évidemment qu’on aurait voulu faire beaucoup plus ». Et de se dire surtout « déçue qu’il y ait autant de Marseillais qui ont voté pour le Rassemblement national, pour le reste… »

    Un second tour décisif

    Même si elle n’a eu de cesse de le marteler, « le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir », au cours de la campagne, de projections en projections, la liste de Martine Vassal a lentement dégringolé. Elle n’aura rien lâché, jusqu’à son dernier meeting ce mercredi. « Ne vous laissez pas voler cette élection, on va gagner » exhortait-elle alors sur la scène du Florida Palace. Mais les électeurs ont tranché, réalisant le pire des scénarios.

    Reste à savoir quelle attitude elle va désormais adopter pour le deuxième tour. « Même satellisée sur la lune, je ne me retirerai pas » avait-elle promis lors d’un dernier débat avant le vote sur le plateau de nos confrères de La Provence. Une quadrangulaire permettrait d’éviter le naufrage total et d’éviter la fuite vers l’extrême droite.

    Pour mémoire, au second tour des municipales de 2020, Martine Vassal avait déjà vu lui échapper le 4e secteur (6e et 8e arrondissements), fief de la droite depuis 25 ans, au profit de la candidate du Printemps marseillais, Olivia Fortin, réunissant 39,16 % contre 41,78% pour l’actuelle maire de secteur. Elle avait dû affronter au 1er tour la liste dissidente de Bruno Gilles (DVD) avant de finalement faire alliance au second. Et la droite avait été mise hors-jeu par le Printemps marseillais dans une large partie de la ville.

    Une certitude désormais : Martine Vassal va devoir batailler pour conserver la tête de la métropole Aix-Marseille-Provence où elle a pris la suite de son mentor, Jean-Claude Gaudin en 2018. Au mieux, Martine Vassal peut espérer une dizaine d’élus et si elle se dépasse. Ce qui risque d’être un peu léger pour peser dans l’hémicycle du Palais du Pharo. À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est finalement le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano qui devait s’exprimer, sans certitude.

  • Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Franck Bergamini réélu à la tête de l’UD FO 13

    Un 32e congrès sans accroc pour l’Union départementale Force ouvrière des Bouches-du-Rhône. Présidé par le secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, au sein du Palais du Pharo à Marseille, il a pris fin, ce vendredi, après une journée de débats. Plus de 700 délégués et 130 syndicats représentés ont réélu à sa tête Franck Bergamini, le sortant.

    « Le rapport d’activité, ce qui permet de jauger si l’on est dans la bonne ligne, a été voté à l’unanimité, comme celui de la trésorerie et toutes les autres instances », explique-t-il. Avant de se féliciter : « On est sur une bonne dynamique, on va la maintenir, on prend ça comme une confirmation de ce qui a été fait durant le mandat. » Celui qui est arrivé à la tête de FO à la fin 2015 pour prendre le relais de son oncle décédé, Gérard Dossetto, figure du syndicat avec sept mandats, puis élu en 2018 et réélu 2022, entend « renforcer et développer l’organisation ». Avec notamment de « nouveaux entrants au bureau : par exemple les syndicats de la Seramm et la Sem [Service d’assainissement de Marseille Métropole et Société des eaux de Marseille, Ndlr] ».

    Autre signal : l’entrée du nouveau syndicat FO de la Métropole Aix-Marseille, dissident de l’historique dirigé par Patrick Rué, au bureau de l’UD. « Le syndicat de la Ville de Marseille a fait des modifications statutaires qui les amènent à être en dehors des statuts confédéraux, on ne pouvait pas les inviter pour la régularité du congrès », précise Franck Bergamini, sans polémiquer.

  • Trouver le chemin de la coopération

    Trouver le chemin de la coopération

    Scrutin dans le scrutin, les élections métropolitaines et communautaires sont absentes du débat public sur les municipales.

    Pourtant, les Métropoles et les communautés d’agglomération concentrent de nombreux pouvoirs essentiels dans la vie quotidienne : transports, ramassage des déchets, le développement économique, l’aménagement du territoire et l’urbanisme, l’habitat, la préservation de l’environnement…

    Dans notre région, les métropoles n’ont pas toutes été imposées par l’État avec autant de verticalité que celle d’Aix Marseille Provence, mais elles fonctionnent bien souvent de manière centralisée.

    Mini-Unions européennes

    Un peu à l’image de mini-Unions européennes qui supplanteraient ses États-membres sur des sujets majeurs, les métropoles et intercommunalités s’érigent en lieu de décision et vont parfois à l’encontre de la volonté des communes qui les composent.

    Il faut le rappeler : dans la loi, ces entités sont des établissements publics de coopération intercommunale. Autrement dit, elles sont des regroupements de communes qui s’associent pour remplir des missions difficiles à assumer lorsqu’elles sont seules.

    Les métropoles et intercommunalités ne sont donc pas des collectivités et les élus qui y siègent représentent avant tout leur commune.

    L’enjeu des prochaines élections réside donc dans la conception portée par chaque liste du fonctionnement métropolitain ou intercommunale. Il ne peut être mis au service exclusif de la ville centre, pas plus qu’il ne peut se faire au détriment de celle-ci.

    Il doit être fondé sur le bien commun et donc trouver le chemin de la coopération.