Tag: Marseille

  • Le Petit pavillon condamné pour travaux non autorisés sur la Corniche

    Le Petit pavillon condamné pour travaux non autorisés sur la Corniche

    Trois mois après son passage devant le tribunal correctionnel de Marseille, Georges Jacomino, gérant du restaurant Le Petit pavillon, situé corniche Kennedy (7e), a été condamné à une amende de 30 000 euros, dont 15 000 avec sursis.

    Sa société écope de 70 000 euros d’amende, dont 20 000 avec sursis, assortie d’une obligation de remise en état des lieux dans un délai d’un an sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de l’expiration du délai.

    L’homme était poursuivi pour une série de travaux non autorisés pour partie sur le domaine maritime public, sur un site classé. Parmi eux : création d’un escalier en béton alors qu’il était prévu dans sa déclaration préalable en bois brut et plus petit, construction, sans autorisation, d’une nouvelle terrasse avec percement des fondations dans les rochers, création d’une véranda…

  • Charlie-Camille Flores, directeur de la bibliothèque de l’Alcazar

    Charlie-Camille Flores, directeur de la bibliothèque de l’Alcazar

    Au risque de lasser, on mentionnera les rapides changements de braquet de ce jeune homme qui a vécu son adolescence dans un centre pénitentiaire dont son père était un officier. Il a travaillé à Toulon où il maraudait fréquemment avec la Fondation Agir contre l’exclusion (Face). Son premier poste de directeur de la Lecture publique l’envoya à Digne.

    Dis-moi les livres que tu aimes, je comprendrai qui tu es. Pour mieux saisir les engagements et les curiosités de ce citoyen du XXIe siècle, son tropisme du côté de l’Asie et de la Chine dont il continue d’apprendre la langue et l’écriture, on citera dans le pêle-mêle de ses auteurs préférés Kafka, Le Clezio, Ivo Andric, Haruki Murakami, Sei Shonagon, Michel Foucault et Luc Boltanski. Brassens reste son auteur-compositeur préféré. Quand il fait retour pendant ses fins de semaine à Digne, il retrouve les pensées de deux écrivaines de cet endroit, l’avant-gardiste Nathalie Quintane et la voyageuse Alexandra David-Néel.

    Un métier de contraintes et d’avancées

    Charlie-Camille Flores ne rédigera jamais la thèse de sociologie qu’il avait vaguement rêvée pendant ses études à Strasbourg, une ville qu’il aime parce qu’il rencontrait chez ses bouquinistes de quoi attiser ses appétits de lecteur. Les piles de livres qui s’accumulent sur son bureau de l’Alcazar l’attestent, sa passion pour le support papier ne s’attiédit pas. Le choix qu’il a fait d’une carrière dans les bibliothèques se situe au croisement de plusieurs options : axés sur les services publics, ce sont des lieux où toutes les strates d’une société se croisent, des espaces qui favorisent frictions et remises en question. Digne-les-Bains fut un champ d’expériences bien différent de la BMVR de l’Alcazar qui depuis son premier constructeur-directeur François Larbre, a connu toutes sortes de réussites et de mésaventures. En 2024, dans les Alpes-de-Haute-Provence, il fallait consolider les réseaux de l’intercommunalité Provence-Alpes Agglo, redéfinir le chantier d’un centre culturel en fonction de la diversité de ses usagers et du voisinage d’une bibliothèque, susciter une exposition de photographies autogérée par des demandeurs d’asile, obtenir les validations des élus politiques. À Marseille aussi, Charlie-Camille Flores ne brûle pas les étapes, préfère affiner les rouages de son établissement, les grands événements ne figurent pas dans sa stratégie.

    L’ouverture tellement souhaitable en soirée ou bien le dimanche de l’Alcazar n’est certes pas encore à l’ordre du jour. Du côté des effectifs du personnel, les progrès sont ténus. Les recrutements récents d’Anne-Sophie Lambert, responsable des Fonds patrimoniaux pour l’heure trop mal connus et peu visibles aux yeux du grand public, et de Marie-Noëlle Perrine à la tête du Département enfance et jeunesse, sont de bon augure. En contrepoint du fourmillement des ateliers, rencontres, débats ou projections de films (plus de 500 chaque année) on apprécie la récente rénovation des espaces Enfance et jeunesse : sans moyens nouveaux ni verticalité, l’équipe de ce département a fait preuve de rigueur et de créativité.

    Des projets qui auront besoin de solides financements se dessinent, par exemple, le développement principalement à propos du bassin méditerranéen d’achats de livres en « langues étrangères », une exposition autour des Cahiers du Sud. Des liens renouvelés, des synergies ont développé la programmation avec le CIPM (conférences d’Yves Di Manno et de Marielle Macé) l’Atlas des traducteurs d’Arles, le Festival Allez Savoir de l’Ehess, le musée Cantini, les Philosophes publics, Coudes à Coudes, le Comité du Vieux Marseille (hommage à Henri-Frédéric Blanc) La Marelle (rencontre avec Camille de Toledo et Kourkov), l’Association des Usagers de l’Alcazar de José Rose, les ateliers de parler marseillais de Médéric Gasquet-Cyrus et les colloques d’histoire de l’art de Jean-Noël Bret.

    Du côté des fonds de littérature contemporaine, on se réjouit de l’achat de la correspondance d’un ami de Pagnol, Marcel Gras et des donations effectuées autour de Claude Mc Kay, Jean de Maisonseul et Sébastien Japrisot. On saluera aussi une volonté d’accueil et de dialogue vis-à-vis des SDF qui dorment sous les arcades de l’Alcazar ainsi qu’un convivial couscous offert en soirée, le 1er septembre à 70 habitants de Belsunce. Dans ce registre, on retrouve l’inspiration de Livr’Exil dont Charlie-Camille Flores est l’un des animateurs, une association qui forme des migrants aux métiers d’un bibliothécaire français.

  • Mucem : le plaignant auditionné

    Mucem : le plaignant auditionné

    Six mois après l’ouverture, par le parquet de Marseille, d’une enquête ciblant le président du Mucem, Pierre-Olivier Costa, pour harcèlement sexuel et moral, la victime présumée a été auditionnée par la police, ce jeudi après-midi. Une audition qui a duré jusqu’en soirée.

    En septembre 2025, un agent du Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée avait saisi la cellule anti-harcèlement du ministère de la Culture pour dénoncer les faits, sans déposer plainte dans un premier temps. Un rapport de l’inspection générale des affaires culturelles dévoilé par Le Monde, le 21 août dernier, épinglait « des propos à caractère sexuel, sexistes ou dégradants, des comportements déplacés émanant de la présidence, des intrusions dans la sphère privée », tandis que l’enquête était étendue à des soupçons de favoritisme. Le président de l’institution, ancien directeur de cabinet de Brigitte Macron, contestait de son côté « l’ensemble des accusations » et n’avoir « jamais fait d’avances sexuelles à ses collaborateurs ». Il a déposé plainte pour dénonciation calomnieuse. Au mois de juin dernier, le ministère de la Culture l’avait suspendu de ses fonctions.

  • Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    Dimanche de rentrée gratuit dans les musées

    En ce premier dimanche de rentrée, l’entrée gratuite des expositions temporaires des musées municipaux marseillais* offre l’occasion de s’accorder une parenthèse culturelle… et fraîcheur, en famille, entre amis ou en solitaire. Un moment privilégié pour découvrir une programmation mêlant patrimoine, photographie, art contemporain et questions de société.

    Au Château Borély, l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles » met à l’honneur une période foisonnante de la création artistique et industrielle. Mobilier, céramiques, objets décoratifs, vêtements et pièces rares racontent une ville ouverte aux influences et à l’innovation. Un voyage élégant dans le Marseille du tournant du XXe siècle.

    Direction ensuite le Centre de la Vieille Charité où Adrien Vescovi déploie son exposition « Dormir comme le soleil ». Entre tentures monumentales et jeux de lumière, l’artiste transforme l’espace en paysage poétique. Une expérience immersive qui invite à prendre le temps de regarder et de ressentir.

    Derniers jours pour La vie climatique

    Les amateurs d’art contemporain trouveront leur bonheur au [mac]. La grande exposition « La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées », présentée dans le cadre de la Triennale De leur temps, s’achève bientôt. Elle réunit une centaine d’artistes autour des bouleversements environnementaux et des nouvelles manières d’habiter le monde. Dans un autre registre, « AFRICA » de Louisa Babari propose une immersion sensible où dialoguent héritages antiques, cultures berbères et créations contemporaines.

    Le Musée d’Histoire n’est pas en reste avec « Marseille vue par les Detaille, 164 ans de photos ». À travers plusieurs générations de photographes, c’est toute l’évolution de la cité phocéenne qui y défile. Visages, rues, événements et paysages composent un récit fascinant de la mémoire de Marseille.

    Pour ceux qui préfèrent explorer le vivant, le Muséum d’Histoire naturelle propose « Biodiversité marseillaise, entre mer et collines », un parcours consacré aux richesses naturelles qui entourent la ville. Tandis qu’au MAAOA, « Rendez-vous manqués ? » questionne les regards portés sur les collections africaines, océaniennes et amérindiennes.

  • Un second acte plus ambitieux pour Les Marseillaises

    Un second acte plus ambitieux pour Les Marseillaises

    A contrario de l’équipe masculine, la section féminine de l’Olympique de Marseille – appelée « Les Marseillaises » depuis son accession à l’Arkema Première Ligue la saison passée – a profité du mercato estival pour se refaire une santé. Treize recrues ont été annoncées tout au long de l’intersaison, dont les internationales tricolores Claire Lavogez (35 sélections) et Julie Thibaud (3 sélections).

    Mais l’arrivée la plus marquante dans la cité phocéenne reste celle de Nicolas Chabot. Au terme de sa douzième saison au FC Nantes la saison passée, le technicien de 31 ans a été élu meilleur entraîneur du championnat, après avoir mené « les Canaries » à la quatrième place grâce à un bilan de 12 victoires, 5 nuls et 5 défaites.

    « Nicolas incarne tout ce que l’on veut représenter humainement : le travail, l’humilité et l’ambition », souligne Stefano Petruzzo, directeur général des Marseillaises. « C’est un très jeune entraîneur, mais avec un profil de bâtisseur, comme il l’a prouvé à Nantes », poursuit-il, conscient que son nouvel homme fort était à la recherche d’un nouveau challenge.

    « J’ai fait le meilleur de ce que je pouvais faire à Nantes », estime le natif de Rezé, en Loire-Atlantique, persuadé que le club phocéen « mérite de figurer dans la première moitié de tableau » en Arkema Première Ligue. « On a essayé de construire un effectif pour faire mieux que la saison passée », ajoute Nicolas Chabot, dont la préparation s’est révélée fructueuse avec cinq victoires, dont deux succès en Coupe de la Ligue LFFP.

    De Turcan au Vélodrome

    Leur première journée de championnat aura lieu dès ce samedi à 21h, avec la réception du Havre au stade Francis-Turcan. Comme la saison dernière, l’enceinte martégale reste l’antre des Marseillaises. « On se sent très bien à Martigues. C’est la meilleure option que nous avons à moyen terme, même si on cherche toujours des solutions à Marseille. Mais ce n’est pas évident de trouver le moyen de s’y installer durablement », confie le directeur général.

    L’équipe olympienne délocalisera tout de même l’un de ses rendez-vous au Vélodrome, comme lors de la rencontre face à Montpellier, le 28 mars dernier. « La Prise du Vel’ » avait alors attiré plus de 35 000 spectateurs, établissant le record d’affluence pour une rencontre de football féminin. « On a envie de le refaire, mais les détails restent à définir. Ce ne sera peut-être pas seulement un match au Vélodrome, mais plusieurs. Mais on ne veut pas brûler les étapes », insiste Stéphano Petruzzo.

  • Denise Toros-Marter. « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    Denise Toros-Marter. « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    Témoignage livré en 2008.

    À mes parents, afin que ce livre devienne la sépulture qu’ils n’ont jamais pu recevoir.

    Avant qu’il ne soit trop tard, j’ai décidé d’entreprendre l’écriture de ce douloureux itinéraire que fut celui de ma famille et aussi le mien durant la Shoah.

    Ce sera sans doute un témoignage de plus écrit par une rescapée des camps d’extermination. Cependant, convaincue par ma famille et mes amis surtout, et sans doute aussi par l’âge, je ne voudrais pas achever le voyage de ma vie et le sursis qui m’a été accordé sans, à ma façon, rendre hommage à mes parents et aux six millions de Juifs victimes de la « solution finale ».

    L’histoire ne se répète heureusement pas, mais hélas elle semble bégayer : les événements politiques actuels, tant au Proche-Orient qu’en Europe, interpellent à nouveau sur le fascisme, l’antisémitisme, l’intégrisme et le terrorisme, qui nous menacent chaque jour davantage.

    Nous en sommes à ce stade, soixante-quatre ans après notre arrestation, notre déportation et l’amputation de notre famille par l’assassinat de mes parents et de ma grand-mère, exterminés dans les chambres à gaz de Pologne. Le désespoir nous aurait saisis si nous n’avions été, dès notre retour, des hommes et des femmes convaincus qu’allait s’ouvrir un avenir de paix et de démocratie, une fois que le monde aurait pris connaissance de ce que reçut par la suite le nom de « Shoah ».

    Nous nous sommes battus dans les camps pour rester en vie et nous nous sommes également battus pour relayer notre mémoire afin que plus jamais ne se reproduise le génocide du peuple juif, tout comme celui qui pourrait frapper un autre peuple.

    Mes origines

    Je suis issue par ma mère de la famille Tubiana, qui est originaire d’Algérie.

    Ils étaient cinq frères, dont mon grand-père, André, et mes oncles David, Élie, Léon et Paul, qui décidèrent lors de la poussée antisémite orchestrée par le journaliste Édouard Drumont¹ – qui joua un rôle prépondérant et néfaste dans l’affaire Dreyfus -, de quitter Alger pour s’installer à Marseille. Élie, l’aîné, et André achètent alors des magasins de chaussures rue de l’Académie, dans un quartier commerçant de la cité phocéenne. Ce furent Le Chat Botté et À la Concurrence.

    Celle qui allait devenir ma grand-mère, Clémentine Cohen, était alors une modeste vendeuse de la précédente propriétaire, Mme Bonifay, qui la considérait avec beaucoup d’estime et d’affection. Ce fut le coup de foudre avec André Tubiana, acquéreur du magasin au décès de cette dernière.

    ¹ Édouard Drumont (1844-1917), écrivain antisémite de La France juive, essai d’histoire contemporaine (1886), fondateur du journal antidreyfusard La Libre Parole en 1892, député de 1898 à 1902

    à suivre la semaine prochaine…

  • À Marseille, le feu du restaurant « Le Barjaquet » est maitrisé

    À Marseille, le feu du restaurant « Le Barjaquet » est maitrisé

    Le restaurant « Le Barjaquet » est situé au rez-de-chaussée d’un bâtiment de 4 étages sur le Cours d’Estienne d’Orves. Il comprend commerces et habitations. « Les 30m2 du restaurant ont été entièrement détruits par les flammes. 8 victimes indemnes (6 impliquées évacuées avant notre arrivée et 2 autres évacuées par nos moyens) », indique les marins-pompiers de Marseille. Une phase de déblaiement et noyage des restes d’incendie est en cours dans le restaurant. Les parties communes du bâtiment sont quant à elles ventilées pour dissiper les fumées.

  • Julien Vinh sera en marssur la scène de l’Opéra de Marseille

    Julien Vinh sera en marssur la scène de l’Opéra de Marseille

    Un an après son show à guichets fermés au Cepac Silo, c’est sur la scène de l’Opéra que Julien Vinh, humoriste marseillais, revient le 13 mars. Un show hautement symbolique pour le monde du stand-up tant ses apparitions sont rares sur la prestigieuse scène du grand théâtre, mais aussi pour le jeune artiste, qui croise l’imposant bâtiment quotidiennement depuis l’enfance. « Je crois que je réalise pas vraiment pour l’instant. Ça va être impressionnant, je pense. C’est un endroit qu’en tant que Marseillais, on connaît très bien, mais sans vraiment connaître. Je passe devant tous les jours, sans voir ce qu’il se passe à l’intérieur », reconnaît-il. Et c’est avec une manifestation, armé avec ses équipes de pancartes revendicatrices – « Tié où depuis le Silo ? », « Ça y est tu vas à Paris tu nous oublies ! »- que la nouvelle a été divulguée, mardi, à sa communauté. « Après le Silo, je voulais pas revenir avec une sale plus petite. Je voulais un truc stylé, retrace-t-il. Ça a pris beaucoup de temps de négocier avec la Mairie, parce que c’est pas une salle de spectacle classique, c’est l’Opéra municipal. Maintenant, je suis content de pouvoir dire : on fait l’Opéra ! ». Julien Vinh interprétera donc son spectacle Couronne, qu’il « joue depuis des années » , mais qui « évolue sans cesse ». « J’raconte un peu ma vie, (…) ma réorientation. C’est le message que je veux faire passer : qu’on peut changer de vie, qu’il faut faire confiance à sa vie », conclut-il.

  • Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Des chiens, des policiers et des gendarmes devant les grilles du nouveau bahut. C’est ce qu’ont vécu des élèves de seconde des lycées Nelson-Mandela à Marseille (12e) et Fourcade à Gardanne, mardi, le jour de leur rentrée. Au programme : fouille des sacs des élèves sélectionnés et contrôle des chauffeurs de bus. Une pratique possible depuis la circulaire de mars 2025, conjointement signée par Élisabeth Borne et Bruno Retailleau, alors respectivement ministre (Ren.) de l’Éducation nationale et ministre (LR) de l’Intérieur, qui autorise donc aux forces de l’ordre des fouilles aléatoires et inopinées des sacs et cartables aux abords ou à l’entrée des collèges et lycées.

    Des méthodes déjà dénoncées dans le passé par l’intersyndicale des enseignants du secondaire et que le Snes-FSU juge d’autant plus violentes le jour d’une rentrée. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que ça se fasse le jour de la rentrée des secondes, s’indigne Salima Ouannaï, secrétaire académique adjointe du Snes-FSU Aix-Marseille. Nous avons été contactés par les personnels des établissements en question, qui ont été particulièrement choqués, de même que les élèves. »

    L’opération a en effet fortement mécontenté plusieurs enseignants du lycée Fourcade, prévenus lundi, lors de la pré-rentrée, de la venue des officiers de gendarmerie. Ils parlaient alors, dans un communiqué de presse, d’un déploiement « inadapté » et susceptible de « créer un stress inutile pour les enfants et leurs parents », cités par La Provence. « Voilà donc le message envoyé à la jeunesse pour son premier jour au lycée : bienvenue, vous êtes d’abord considérés comme une menace. (…) Beaucoup de stress, aucun objet découvert et une rentrée transformée en opération de communication sécuritaire. Nous dénonçons fermement ces pratiques. Elles instaurent un climat de suspicion et stigmatisent les élèves », fronde de son côté le Snes-FSU.

    « Masquer un manque

    de moyens »

    Au-delà des méthodes jugées inadéquates, c’est l’utilité même de ce genre d’opération que le Snes-FSU réfute. « On envoie un mauvais message aux jeunes, en leur faisant comprendre que ce sont des fauteurs de troubles, tout en suggérant que l’école est un lieu dangereux, note Salima Ouannaï. Une vision passéiste d’abord, mais aussi totalement inefficace. » Pour elle, comme pour ses camarades du Snes-FSU, c’est de personnels dont a besoin l’Éducation nationale pour lutter contre les violences scolaires, pour que les élèves puissent être accompagnés. « On veut de la prévention et des solutions qui soient éducatives, poursuit-elle. On manque de CPE, d’AED [surveillants], de psychologues et d’assistantes sociales et, à Marseille comme ailleurs, on refuse la création de postes. Cette circulaire est juste une façon de communiquer pour masquer le manque de moyens. »

  • Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Le patronat local inquiet pour 2027 et la ligne haute tension

    Si Jean-Christophe Amarantinis n’est à la tête de l’Union pour les Entreprises des Bouches-du-Rhône (UPE 13) « que depuis 3 mois », il a déjà bien pris le pouls de l’organisation patronale. « Ma marque de fabrique, c’est le collectif », campe le chef d’entreprise lors de son premier point presse, à Marseille ce jeudi. Voilà pour la présentation convenue, place au fond. Lequel est forcément marqué par les élections à venir. « Le message qui ressort systématiquement, c’est une inquiétude extrême sur le futur. Les échéances électorales font que les entrepreneurs n’ont pas envie d’investir, n’arrivent pas à se projeter. Ils sont angoissés face à une incertitude permanente, ce qui freine les investissements », explique-t-il.

    Il s’appuie notamment sur les retours de ses homologues lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (REF), équivalent de l’université d’été du Medef, où ont débattu les candidats à l’élection présidentielle. Concrètement, Jean-Christophe Amarantinis prévient : « Les sondages sont unanimes : au 2nd tour, il y aura deux extrêmes. Et quand on est chef d’entreprise, les extrêmes, ce n’est pas bon. Que ça soit l’un ou l’autre, dans tous les cas, ce n’est pas positif pour nous. » En renvoyant au passage la France Insoumise et le parti d’extrême droite Rassemblement national dos à dos… « Les finances vont déjà très mal, il y a une incertitude depuis 2 ans et la dissolution. Quel que ce soit celui qui prenne les commandes, on est dans un corner avec cette dette qui est tellement haute, l’État est limite en faillite », martèle-t-il. Côté propositions, Jean-Christophe Amarantinis n’innove pas et déroule le discours habituel du grand patronat : flexibilisation du droit du travail, réduction de l’écart entre le salaire brut et net, coupes « dans le train de vie » des collectivités et autres administrations de l’État…

    « Les entreprises ne sont pas des philanthropes »

    Mais ce sont plusieurs dossiers locaux qui préoccupent le patron des patrons locaux. Et en premier lieu, celui de la fameuse ligne Très Haute Tension et ses 400 000 volts qui doit relier le Gard et Fos-sur-Mer, avec la promesse de la décarbonation des industries de l’Étang de Berre. « S’il y a un dossier prioritaire, c’est cette ligne. L’État ne s’est pas engagé clairement, à l’heure où on se parle, il n’y a rien de sanctuarisé. Il est essentiel qu’il y ait des engagements irrévocables. On va même monter à Matignon s’il faut ! », lance-t-il. Avant de se montrer plus offensif : « On est très inquiets : hormis des belles paroles, il n’y a rien. Il ne faut pas que l’État utilise tous les stratagèmes pour reporter cette décision. On va se battre pour obtenir gain de cause. » Quid des projets industriels qui étaient conditionnés à la mise en place de cette ligne ? « Malheureusement, les entreprises ne sont pas des philanthropes. On n’investit pas à perte. » Heureusement, l’État lui est philanthrope.