Tag: Marseille

  • Une proposition de loi inquiétante

    Une proposition de loi inquiétante

    Par Swane Mas (SAF Marseille)

    Le 7 juillet prochain, l’Assemblée nationale examinera une proposition de loi instaurant une « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre. En 2024, 66 personnes sont mortes à la suite d’une intervention des forces de l’ordre, un funeste record. Les décès liés à l’usage d’armes à feu ont fortement augmenté depuis la loi dite Castaner de 2017, qui a élargi les conditions de recours aux armes par les policiers et les gendarmes. Dans ce contexte, le cadre juridique actuel est déjà largement critiqué, notamment par le Comité contre la torture des Nations unies.

    Aujourd’hui, lorsqu’un policier ou un gendarme fait usage de son arme, les autorités judiciaires doivent vérifier que les conditions prévues à l’article L. 435-1 du Code de la sécurité intérieure sont réunies, en particulier que le tir était strictement nécessaire et proportionné. Il appartient donc à l’État de démontrer que le recours à la force létale était légal.

    La proposition de loi entend renverser cette logique. En instaurant une présomption de légitime défense, elle conduirait à présumer légal tout tir effectué par un policier ou un gendarme, sans qu’il soit nécessaire d’établir d’emblée que les conditions prévues par la loi étaient réunies.

    En pratique, cette réforme déplacerait la charge de la preuve : ce seraient les victimes ou leurs proches qui devraient démontrer que le tir n’était pas justifié. Une telle évolution paraît difficilement conciliable avec la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui impose à l’État de démontrer que le recours à la force létale était absolument nécessaire lorsqu’une personne meurt aux mains de ses agents.

    Cette réforme intervient alors que les obstacles à la manifestation de la vérité sont déjà nombreux et qu’un déséquilibre persiste entre le crédit accordé à la parole des plaignants et celui accordé aux forces de l’ordre. Si le tir est présumé légitime, le policier ne sera plus automatiquement considéré comme suspect. La garde à vue immédiate deviendra moins fréquente, rendant plus difficile la collecte des preuves, notamment l’exploitation des vidéosurveillances, les saisies de téléphones ou d’autres actes d’enquête pourtant essentiels. Le résultat est prévisible : davantage de classements sans suite et de non-lieux, moins de procès et, pour les familles, un accès encore plus limité à un recours effectif.

    Cette réforme enverrait enfin un signal préoccupant aux forces de l’ordre. En laissant entendre que l’usage des armes bénéficie d’une présomption de légalité, elle risque d’être perçue comme un assouplissement du cadre juridique et d’encourager le recours à la force létale, avec des conséquences qui touchent déjà de manière disproportionnée les populations racisées.

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  • La haute-commissaire à l’enfance de passage à Marseille

    La haute-commissaire à l’enfance de passage à Marseille

    « Pour une fois, nous sommes là pour annoncer un nouveau droit, ça fait du bien », s’est jeudi enthousiasmée Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, de passage au pôle parents-enfants de l’hôpital de Saint-Joseph pour promouvoir le « congé supplémentaire de naissance », entré en vigueur mercredi.

    Issue de la loi de financement de la Sécurité sociale, votée dans un contexte de crise démographique, la mesure permet aux nouveaux parents, adoptifs compris, de bénéficier d’un ou de deux mois de congé supplémentaires, en plus des congés maternité ou paternité. Ceux-ci sont indemnisés à hauteur de 70% du salaire le premier mois et 60% le deuxième. Dans le top 10 des maternités françaises, avec 4 800 naissances par an, l’hôpital Saint-Joseph a déjà mis en place une stratégie de communication pour tenir les parents informés. « Un droit n’est effectif que si les personnes en ont la connaissance et peuvent en bénéficier », a souligné Sarah El Haïry.

    Syndrome du bébé oublié

    Au pas de course, l’ex-ministre s’est ensuite rendue dans les locaux du nouveau Samu de Marseille pour rappeler, en cette période caniculaire, les dangers du syndrome du bébé oublié. « Ça peut arriver à tout le monde, pour plein de raisons, parce qu’on est fatigué, parce qu’on subit un changement de rythme… Il faut créer une chaîne de vigilance collective », a-t-elle souligné. Un enfant de 18 mois est mort à Marseille la semaine passée, après avoir été oublié dans une voiture sur le parking de la faculté de médecine.

  • [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    [Entretien] Jean-Marie Battini, NPA : « Jean-Luc Mélenchon est un réformiste radical »

    La Marseillaise : La conférence nationale du NPA a décidé samedi de ne pas présenter de candidat à la présidentielle et de soutenir Jean-Luc Mélenchon. Comment accueillez-vous cette décision ?

    Jean-Marie Battini : Relativement mal. Je ne suis pas du tout d’accord avec cela, nous avons été 20% dans le parti et 50% dans les Bouches-du-Rhône à voter pour une plateforme demandant que le NPA ait une candidature. Nous ne pouvons pas nous rallier à quelqu’un avec qui on sait très bien qu’on ne sera pas d’accord sur certains points. On peut nous dire qu’il faut défendre les candidatures antilibérales, mais je ne me considère pas comment antilibéral, je suis simplement anticapitaliste ! Nous avons un discours à tenir, des propositions à faire que ne fera pas Jean-Luc Mélenchon.

    À quoi aurait servi une candidature ?

    J.-M.B. : Malheureusement, dans le cadre des institutions de la Ve République, on sait que l’élection présidentielle est l’échéance centrale, celle qui mobilise le plus le débat politique. Nous avons réussi à nous faire entendre ces dernières années parce qu’on a présenté Olivier Besancenot puis Philippe Poutou. On ne va pas nous entendre si on est un soutien à Jean-Luc Mélenchon ! Je peux comprendre qu’il y a un risque d’extrême droite. Pourquoi pas une candidature unitaire, mais qui nous dit que celle de Mélenchon serait la meilleure ? On aurait aussi très bien pu présenter une candidature, aller à la recherche des parrainages, et si les sondages montrent que le RN risque d’être élu, se retirer. Mais là, pour moi, c’est une erreur, nous n’aurons aucun poids dans cette campagne. C’est une capitulation en rase campagne.

    Vous en tirez quelles conclusions ?

    J.-M.B. : Pour l’instant je me mets en retrait. Je ne ferai pas cette campagne. Je continuerai à défendre les idées du NPA mais je sais très bien qu’au niveau des grands médias on n’intéressera plus personne. Et je ne vois pas pourquoi on soutiendrait plus Jean-Luc Mélenchon que les autres candidats de la vraie gauche, les organisations que l’on rencontre dans les luttes : j’y vois la France insoumise, mais aussi le PCF, Lutte ouvrière. Le PS n’y est pas. Pourquoi spécialement Jean-Luc Mélenchon ? Pour moi ce n’est pas suffisant. C’est un réformiste radical, mais ce qu’il faut c’est un discours plus révolutionnaire et nettement anticapitaliste. Je reste dans mon parti, je verrai bien à l’issue de l’élection. Il y aura un congrès, on en tirera le bilan. Mais pour le moment je ne me sens pas légitime pour être porte-parole du parti.

  • Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Énergies poétiques au Marseille jazz des cinq continents

    Après avoir fait virevolter jeudi l’Orchestre national de jazz dans le répertoire luxuriant de la cheffe et compositrice américaine Carla Bley, le Marseille jazz des cinq continents met le cap, vendredi 3 juillet, vers l’Égypte. Un pays dans lequel le chanteur et poète Abdullah Miniawy, en concert à la Vieille Charité, a émigré en 2011. Cette année-là, la Révolution égyptienne éclate en réaction notamment à la corruption du pouvoir et à l’incapacité des classes populaires à vivre dignement, se soldant par la démission du président Hosni Moubarak. En 2023, son projet Le Cri du Caire observait les cendres de cette époque.

    Voilà désormais ce « descendant contemporain de la tradition soufi », qualifie le festival, qui entremêle ses scansions à visées universelles aux cuivres rédempteurs de Robinson Khoury, Jules Boittin (trombones) et du trompettiste Erik Truffaz, dans Peacock dreams. Son dernier album en date qu’il fera entendre aux côtés de ces musiciens à Marseille, lors d’un concert dont la première partie sera assurée par Ubaq, trio basse-guitare-batterie à la musique ombrageuse et teintée d’éclats de lumière comme l’ubac d’une vallée, ce versant moins ensoleillé néanmoins sûr.

    Forces « diluviennes »

    Le lendemain, c’est la chanteuse franco-brésilienne Gildaa qui lancera le bal en ces mêmes lieux à 20h. Alternant violon, percussions et kora, cette artiste à la voix indomptable et aux Pensées diluviennes, suggère l’un de ses titres, livrera un spectacle aux accents de théâtre. Gabriel Gosse prendra le relais de la soirée à 21h. L’occasion pour ce chanteur et guitariste de défendre sur scène Mojo, son deuxième album diablement funky.

    Les 3 et 4 juillet à la Vieille Charité, à partir de 20h.
    15 euros pour les moins de 18 ans et 35
     euros en tarif plein. www.marseillejazz.com

  • Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    Première opération « Coup de neuf ! » dans le quartier de la Belle de Mai

    « Tut tut ». Les camions de propreté de la Métropole de Marseille se succèdent dans la rue du Jet d’Eau, dans le quartier de la Belle de Mai, dans le 3e arrondissement de la cité phocéenne. Les agents municipaux et métropolitains mobilisés ce jeudi matin s’activent pour la première opération de « Coup de neuf ! », un dispositif de propreté pensé par la Ville et la Métropole, qui sera déployé dans tous les arrondissements de Marseille.

    « Une forte demande des habitants »

    Pour l’instant, six rues du quartier sont concernées. « Il faut bien commencer par un secteur. Il y avait une forte demande des habitants », déclare Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté dans la ville et désormais conseiller métropolitain.

    Jusqu’à présent, la propreté était une compétence de la métropole. La salubrité de la ville étant au cœur des débats, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, a créé ce poste et nommé Hedi Ramdane, pour « recoudre la ville et la métropole » sur cette compétence. L’idée étant de pouvoir coopérer et de « redonner un cadre de vie aux habitants ».

    Au delà de cette opération, un nettoyage des rues est réalisé quotidiennement dans différents quartiers de la ville. « On met les moyens nécessaires pour rééquilibrer les choses et rattraper toutes ces années où le travail n’a pas été à la hauteur », reconnaît Hedi Ramdane, également ancien adjoint au maire en charge de la jeunesse. Une ambition partagée par Hamza Aftis, adjoint à la mairie du 2e et 3e arrondissement, délégué au cadre de vie. « On se bat pour les habitants. Ils ont eu le sentiment de ne pas être écouté pendant des années. »

    Une colère qui s’exprime

    C’est le cas de cette riveraine, descendue de sa maison pour exprimer sa colère. « On est très énervés. Marseille est dégueulasse. On est à l’abandon ! » Et de ces deux amis âgés d’une quarantaine d’années, qui observent le travail des agents. « Ça fait deux ans qu’ils ne sont pas venus nettoyer », vitupère l’un d’eux. « C’est très bien, mais il faut que ça se poursuive », espère de son côté une habitante de la rue François Barbini.

  • Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Jérémy Bacchi accueille Fadwa Barghouti à Marseille

    Après une liesse populaire l’attendant dès son arrivée gare St Charles, Fadwa Barghouti s’est rendu dans la Maison des communistes jeudi. Sur place, les militants qui manifestent chaque dimanche porte d’Aix déploient une banderole représentant son époux. Sa visite à Marseille a été organisée dans le cadre de la campagne internationale pour la libération du leader palestinien Marwan Barghouti par la fédération PCF des Bouches-du-Rhône. Pour son chef et sénateur Jérémy Bacchi : « Le combat pour la libération de Marwan Barghouti est essentiel, à la fois pour l’homme mais également pour l’espoir de paix en Palestine. De notre point de vue il est le seul à tenir les clés d’une solution à deux États en Palestine, qui pourrait ouvrir la voie à une souveraineté du peuple palestinien sur ses terres », martèle-t-il.

    À ses côtés, l’épouse de celui qui est considéré comme le « Mandela de Palestine », insiste : « Marwan est un symbole de dignité nationale palestinienne. Ce n’est pas qu’un homme politique, c’est un être humain qui croit à la démocratie, aux droits, à la liberté et aux femmes », appuie-t-elle, « la responsabilité qu’il m’a donnée d’être sa représentante c’est un symbole de son respect », tient-elle à souligner. Alors, elle se fait sa porte-parole, partout dans le monde, appelant, depuis près de 25 ans à sa libération. Retenu dans les geôles israéliennes, Marwan Barghouti est constamment l’objet de violences physiques et psychologiques. Si l’on cumule ses périodes d’isolement il y aura passé plus de 10 ans. Sa femme ne l’a pas vu depuis quatre ans, il n’a pas vu grandir ses enfants, ne connaît pas ses petits-enfants. L’air grave, elle l’assure : « Il n’y aura pas de paix sans sanction. »

    Sur les murs de la fédération, l’une des affiches du Parti communiste en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien. Celle-ci a été annoncée par Emmanuel Macron en septembre 2025. « Le combat ne s’arrête pas là pour nous, communistes. Il s’agit d’avoir maintenant une véritable représentation diplomatique de la Palestine en France avec une ambassade à Paris et des consulats en région », assène le sénateur.

    La veille, Marwan Barghouti a été fait citoyen d’honneur de Saint-Denis. Les maires communistes du département en discutent pour faire voter des délibérations en conseils municipaux. « Mais cette figure doit être défendue plus largement », insiste Jérémy Bacchi. C’est ce qui sera fait jusqu’à samedi, date de départ de Fadwa Barghouti. D’ici là, le programme est riche. « Nous sommes arrivés à une situation très difficile pour notre peuple. Cette solidarité que vous manifestez ici à Marseille arrive au bon moment. C’est ce qui prouve aux Palestiniens qu’ils ne sont pas seuls face à l’occupation et au génocide », glisse-t-elle.

    Où la rencontrer

    Fadwa Barghouti sera honorée vendredi matin en mairie des 15-16 puis participera à une conférence de presse avec l’UD CGT 13, à la Bourse du Travail dès 15h30. Elle devrait rencontrer dans la journée Solidaires 13 et les élus insoumis locaux. À 17h, elle sera accueillie par l’association Schebba. À 19h30, la militante palestinienne sera au Gyptis pour la diffusion de Tomorrow’s Freedom, où Sawt Palestine préparera un repas. Enfin, Fadwa Barghouti participera samedi à 14h à Palestine United 2 que le collectif Union pour la Palestine Marseille coorganise sur le Vieux Port.

  • Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    Femmes sans-abri face à des hôpitaux démunis

    « Le moment de la sortie d’hospitalisation est un moment à haut risque de rupture dans les parcours de soins. Mais aussi un risque élevé de rupture dans les parcours d’hébergement », déclare Clélie Nallet, chargée de recherche opérationnelle à l’Observatoire des pauvretés de Marseille. Elle présentait la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille » ce jeudi 2 juillet au palais du Pharo.

    Cette enquête montre notamment le manque de moyens et de dispositifs afin d’accompagner les personnes sans domicile qui quittent l’hôpital sans solution d’hébergement adaptée à leur état de santé. Cela représentait, sur une année, plus de 855 personnes dans les services médecine et chirurgie et 348 femmes au sein des maternités. Si les chiffres sont de 2024, le problème est loin d’être une nouveauté. Clélie Nallet évoque ainsi une problématique à laquelle « les acteurs de terrains sont confrontés depuis longtemps ».

    « L’enjeu est désormais collectif », constate Karim Touche, adjoint au maire de Marseille délégué à l’action sociale. Toutes les institutions présentes telles que les hôpitaux de Marseille (AP-HM) ou l’agence régionale de santé (ARS) s’accordent sur la nécessité de collaborer pour répondre à une problématique à la croisée des domaines d’intervention. Il ne s’agit pas seulement de la sortie d’hôpital mais « du bout du bout du bout du parcours de la personne très précaire ou de la personne sans domicile », souligne ainsi. François Crémieux, directeur général AP-HM.

    « J’avais particulièrement insisté pour qu’on parle des femmes, et notamment des femmes qui venaient d’avoir un enfant », insiste Isabelle Epaillard, préfète à l’égalité des chances. En effet, les difficultés rencontrées par les femmes sans domicile en sortie de maternité se trouvent au centre de l’enquête.

    Femmes en première ligne

    Faute de dispositifs idoines, les femmes sont gardées plus longtemps à l’hôpital et le système sature alerte Halima Benmouis qui travaille au service social de la maternité de l’hôpital de la Conception. « Ça devient un moment d’attente, d’anxiété et d’angoisse pour ces femmes », ajoute-t-elle car les structures ne sont plus adaptées pour des nourrissons de plusieurs mois.

    Des salariées du dispositif de périmaternité du SIAO 93 (service intégré d’acceuil et d’orientation) sont venues présenter les 20 centres dédiés à l’accompagnement autour de la maternité qui existent en Seine-St-Denis. Idem pour l’association France Horizon qui développe des dispositifs similaires au sein des CHU de la région PACA dont la directrice Aurore Philippart plaide pour « des structures intermédiaires ». Un centre dédié doit ouvrir à Marseille en septembre 2026.

  • Jordan Aboudou, première recrue de poids du Marseille Basketball

    Jordan Aboudou, première recrue de poids du Marseille Basketball

    Le projet Marseille Basketball prend encore un peu plus d’ampleur avec une arrivée clinquante. Jordan Aboudou, 35 ans, est la nouvelle recrue des Phocéens. Ce joueur mesuré à 2m01 évolue au poste d’ailier-fort et pourra dépanner en tant que pivot. Il débarque au bord de la Méditerranée avec une riche expérience. Passé par la Pro A et la Pro B, il a longtemps évolué à Chalon ainsi qu’à Fos-sur-Mer. Après des expériences récentes en Islande et en Chine, Jordan Aboudou retrouve donc la France, pour aider un club en devenir.

    « Je suis très heureux de rejoindre Marseille Basketball, un club qui porte un beau projet pour les années à venir. Je suis reconnaissant de la confiance que m’accordent le coach et l’ensemble de la direction. Je suis très motivé pour aider le club à atteindre la Nationale 1 », a-t-il simplement déclaré au moment de sa signature.

    La venue du grand frère de l’un des meilleurs handballeurs du monde, Dika Mem, fait le bonheur du coach marseillais, le Serbe Miroslav Dubrocan. « Alou et moi, on se connaît depuis longtemps. Je suis très heureux de son arrivée. Il va apporter une grande présence dans la raquette et sera un exemple pour les jeunes joueurs. Nous récupérons un combattant, un guerrier. C’est un joueur qui a gagné des championnats et qui sait évoluer au plus haut niveau. Jordan partage pleinement la culture du professionnalisme que nous voulons installer au club. Il connaît l’exigence nécessaire pour réussir et sait exactement ce qu’il peut apporter à cette équipe », indique-t-il sur les réseaux sociaux.

    Un jeune ailier-fort également annoncé

    L’effectif 2026-2027 prend forme, s’étoffe, mais n’est pas encore complet. Marseille Basketball s’apprête à annoncer une nouvelle venue et en officialise, dès ce jeudi, une autre. Tidjane Mammone, 21 ans, est également un ailier fort de plus de deux mètres. Il apportera immédiatement un certain niveau, pour celui qui jouait en espoirs à Fos-sur-Mer avant de s’attaquer au basket 3×3 avec le club de Bordeaux. Un fort potentiel et un profil qui tape dans le mille pour les Marseillais. Jeunesse, progression et ambition sont les objectifs de cette nouvelle structure qui a officiellement vu le jour en mars dernier. La montée immédiate en Nationale 1 reste le principal but pour la saison à venir.

  • L’Écureuil établit son nouveau nid au Vélodrome

    L’Écureuil établit son nouveau nid au Vélodrome

    Dix ans après, Orange va s’estomper de la façade du Vélodrome. Désormais, c’est un autre nom qui sera associé à celui du théâtre des rêves phocéens. Un nom que les Marseillais connaissent bien. Cepac, pour Caisse d’Épargne Provence-Alpes-Corse. Une appellation déjà étroitement liée à l’histoire de l’OM, puisque la société est un partenaire privilégié du club depuis quarante ans.

    « Nous avons convenu d’un mariage volontaire. Qui concrétise une vraie ambition en inscrivant notre nom sur un monument qui sert à la fois l’OM et d’autres activités », justifie Christine Fabresse. La présidente du directoire de la banque régionale voit dans cette alliance bien plus qu’un simple rapprochement économique : « Nous sommes un acteur du territoire depuis plus de deux siècles, nous sommes la banque du milieu sportif et, à l’image de l’OM, nous avons une attractivité qui court au-delà de territoire régional. »

    Visibilité exceptionnelle

    Stéphane Richard, qui lorsqu’il était à la tête d’Orange, a négocié le premier naming de l’histoire olympienne, sait très bien, comme Christine Fabresse, « que pour les gens, le Vélodrome sera toujours le Vélodrome et que très peu vont l’appeler Cepac Vélodrome ». Mais c’est l’image qui compte. « Celle d’un stade en cœur de ville, qui est sans doute le plus photographié de France et donc, pour le nom du partenaire, c’est la perspective d’avoir une visibilité exceptionnelle », souligne le président.

    En renforçant sa présence aux côtés de l’OM, Christine Fabresse ne souhaite pas se limiter à un simple contrat de naming : « Nous allons donner du sens à cette démarche. Ouvrir le stade à un plus grand nombre de personnes. » En dehors des rendez-vous sportifs ou festifs, à l’image du concert de Bad Bunny, des invitations gratuites seront proposées chaque année à divers publics pour qu’ils découvrent l’envers du décor. « Nous comptons proposer des opérations en collaboration avec des associations intervenant auprès d’enfants malades, dans les écoles, ou encore accompagnant les femmes victimes de violences », détaille-t-elle. La Cepac va également relancer une carte de crédit aux couleurs de l’OM.

    Ce partenariat lance une nouvelle dynamique, « dans un Vélodrome qui est l’OM et l’OM qui est le Vélodrome. Nous allons faire vivre un site capital, un élément de force avec de très belles choses qui vont compléter les matches », indique Stéphane Richard.

    Stéphane Richard veut « réinventer l’OM sans renoncer aux ambitions »

    À l’occasion de l’officialisation du partenariat entre le club qu’il préside désormais et la Cepac, Stéphane Richard a tenu à rassurer concernant les finances olympiennes. « Nous avons dû faire face à des échéances qui n’étaient pas faciles, mais elles sont derrière nous », a-t-il déclaré.

    Pour n’avoir pas respecté ses engagements concernant le fair-play financier, l’UEFA a sanctionné l’OM d’une amende de 10 millions d’euros, assortie d’une suspension de participation aux coupes d’Europe avec sursis. De son côté, la DNCG a décidé d’un encadrement de la masse salariale et des recrutements. « La situation est clarifiée », a-t-il poursuivi.

    Avant de détailler quelle sera la politique qu’il compte mener en matière de recrutement : « Nous souhaitons mettre en route un nouveau cycle, en travaillant dans le calme, le sérieux et la discrétion. » Il compte miser sur « la formation et changer de modèle économique, car celui qui a été choisi avant nous n’a pas donné de résultats. Le moment est venu de réinventer l’OM sans renoncer aux ambitions ».

    M.Ga.

  • Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Chez Haribo, des négociations qui ne font pas dans la douceur

    Sifflets, drapeaux… Depuis une bonne semaine, les salariés de l’usine marseillaise Haribo tiennent un piquet de grève et débrayent deux heures par jour. Sur le boulevard Capitaine-Gèze (14e), les klaxons de soutien se multiplient. En cause, des négociations annuelles obligatoires (NAO) qui ne donnent rien, estime Marc Mansano, délégué syndical CGT, syndicat majoritaire. « Depuis 2 ou 3 ans, nous avons des décisions unilatérales de la direction, dénonce-t-il. Ils nous donnent ce qu’ils veulent nous donner. »

    À ses côtés, Thierry Cambola, délégué syndical FO, ne dit pas autre chose : « On n’a que des miettes. » Alors que l’entreprise est florissante, rappelle Marc Mansano. Selon ses comptes 2024, Haribo affiche une croissance de 4,1% de son chiffre d’affaires établi à 388 millions d’euros, pour un résultat net de 32 millions.

    Alors que le Smic a été revalorisé, la CGT réclame une hausse des salaires de 100 euros bruts par mois, une hausse de la tranche d’ancienneté des 3 ans et une revalorisation de prime. Mais, pour l’instant, après une réunion mardi, « nous sommes au point mort », déplore Marc Mansano, qui espère que la baisse de production, estimée à 100 tonnes par jour en temps normal, va porter ses fruits. À Uzès (Gard), l’autre usine du fabricant de bonbons, les salariés sont aussi mobilisés, ajoute-t-il. Ce que craignent aussi les 160 employés marseillais, c’est de voir leur unité de production disparaître dans le cadre d’un projet d’extension du site gardois. « On va réduire le personnel ici, on a une grosse inquiétude », commente le responsable CGT.

    Le soutien de la fédération CGT de l’agroalimentaire

    Fabien Trujillo, animateur régional pour la fédération nationale agroalimentaire et forestière CGT, est venu en soutien. « Depuis le début, nous sommes avec eux dans leur lutte pour de meilleurs salaires, mais aussi pour l’avenir du site », explique-t-il. Il rappelle qu’il y a « une dizaine d’années, quand il y avait un projet de construction d’un gros conditionnement en Allemagne, on avait fait la démonstration, avec le syndicat, que la particularité du marché français du bonbon, c’est que c’est le plus gros d’Europe ». Or, aujourd’hui, assure-t-il, « avec le futur site d’Uzès à sa capacité maximum, plus le site de Marseille, on n’arrive pas à couvrir la totalité de ce marché ». Et de promettre, « avec les syndicats, de faire la démonstration que les deux sites sont nécessaires et qu’il faut maintenir les emplois et les savoir-faire sur une spécificité bien française et aussi pour garantir la qualité des produits ».

    Contacté par La Marseillaise, le directeur général de Haribo, Anthony Deleter, assure que « le bien-être et la fidélité des salariés d’Haribo sont une de nos principales valeurs ». Pour le prouver, il sort la calculette : « En moyenne, un ouvrier Haribo perçoit une rémunération annuelle supérieure de 24% à la moyenne nationale des ouvriers. D’autre part, notre politique salariale garantit à chaque ouvrier une augmentation automatique de +30% sur les 30 premières années de carrière, en plus des augmentations générales ou individuelles ».

    Pour ce qui est des NAO, « Haribo France s’est toujours aligné sur l’inflation voire au-delà » avec, sur les cinq dernières années, « des augmentations qui ont dépassé l’inflation cumulée de 1,3 point ». Et « cette année encore, notre proposition est en lien avec l’inflation de l’année précédente », assure le directeur, mais « les demandes des organisations syndicales étant éloignées de cette proposition, les parties n’ont pas pu aboutir à un accord ». Reste que les syndicats ne comptent pas lâcher…