Tag: Marseille

  • Une terre d’images et d’avenir

    Une terre d’images et d’avenir

    Certains symboles qui ne vieillissent pas. Cent trente ans après les frères Lumière et leurs premières projections à La Ciotat, la Provence demeure l’une des terres majeures du cinéma tricolore. D’Antoine Lumière à Marcel Pagnol, des studios de Marseille aux plateaux de Martigues, notre territoire n’a jamais cessé de raconter des histoires au monde. Aujourd’hui encore, les caméras s’y installent pour des longs-métrages ou des séries diffusées sur diverses plateformes en ligne. Preuve que la révolution numérique n’a pas effacé cet héritage, mais lui a donné de nouveaux horizons.

    Des savoir-faire à préserver

    Cette place n’est pas seulement culturelle. Elle est économique, sociale et industrielle.

    Derrière chaque tournage, il y a des techniciens, décorateurs, menuisiers, costumiers, régisseurs, restaurateurs ou encore des hôteliers. Des milliers d’emplois dépendent directement ou indirectement de cette filière. Soutenir la production audiovisuelle française, c’est donc défendre l’exception culturelle, mais aussi préserver des savoir-faire et des emplois non délocalisables.

    À l’heure où l’intelligence artificielle, les plateformes mondiales et la concurrence internationale rebattent les cartes, la France doit continuer à investir dans la création. Car produire des œuvres françaises, ce n’est pas seulement alimenter une industrie. C’est faire vivre une langue, une mémoire et une vision du monde.

    Le Sommet Lumière le rappelle : dans la bataille mondiale des images, la Provence n’a pas seulement un passé glorieux à célébrer.

    Elle a un avenir à construire.

  • L’OM baisse pavillon

    L’OM baisse pavillon

    Ce duel entre l’OM et le PFC, en clôture de la troisième journée de Ligue 1, a d’abord été une histoire de duels.

    Duel à distance entre les deux gardiens. Avec côté marseillais, un Jeffrey de Lange trahi par ses défenseurs. Pour se retrouver deux fois dans l’impossibilité d’empêcher un but parisien. Alors que dans l’autre cage, Kevin Trapp se rappelait aux (mauvais) souvenirs du Vélodrome, donnant le sentiment que rien ne pouvait briser la muraille qu’il avait construite. Cela malgré une première égalisation opportuniste d’Amine Gouiri.

    Duel de buteurs surtout, avec d’un côté l’international Algérien de l’OM qui, à deux reprises, répondait à la vista de Lassine Sinayoko, dont la réussite avait planté la graine du doute dans les têtes marseillaises.

    Après que l’homme fort de l’attaque parisienne ait donné pour la deuxième fois l’avantage au PFC, on a senti un OM proche de l’abdication. Et même de concéder un troisième but qui aurait sans doute enterré les espoirs de retour. La pause aura été la bienvenue pour permettre à Bruno Genesio de remettre son équipe en ordre de bataille.

    Galvanisés par un Vélodrome qui, sans être à guichets fermés, n’avait pas perdu espoir, les Phocéens, après quelques hésitations, retrouvaient leurs esprits. Et Amine Gouiri le chemin du but, pour son second doublé, après l’initial face à Strasbourg.

    L’OM semblait être sur le bon chemin. Malheureusement, les mauvais génies sont revenus hanter la défense au plus mauvais moment. En obtenant un pénalty, après intervention de l’assistance vidéo à l’arbitrage, le Paris FC se voyait offrir la victoire sur un plateau. Et Lassine Sinayoko l’occasion de réussir un triplé.

    Autre Parisien qui aura marqué la soirée, Kevin Trapp a confirmé qu’il était bien la bête noire des Phocéens. Après quatre victoires avec le PSG, quatre autres sous le maillot de Francfort et un nul la saison dernière à Paris, le gardien Allemand s’est offert un dixième match sans défaite, dont neuf victoires. Prolongeant son invincibilité. Et provoquant un nouveau malaise dans le camp olympien.

  • L’OM au révélateur parisien

    L’OM au révélateur parisien

    Une maille à l’endroit, une maille à l’envers. Telle est l’entame marseillaise cette saison.

    Après deux matches, l’équipe de Bruno Genesio a déjà montré un double visage. Rayonnant et implacable face à Strasbourg, à l’occasion de l’inauguration du millésime 2026/2027 de la Ligue 1. Poussif et un peu dépassé par les événements, en clôture de l’acte II, à Monaco.

    Au moment d’accueillir une « des nouvelles bonnes équipes de notre championnat », Bruno Genesio a dû digérer les conséquences de la défaite en Principauté (0 – 2) et surtout la perte sur blessure de deux éléments, Geoffrey Kondogbia et Tochukwu Nnadi. Auxquels s’est ajouté le départ de Quinten Timber.

    L’entraîneur a dû revoir son milieu, privé de deux éléments importants, et même un troisième si l’on considère que Geoffrey Kondogbia est avant tout un milieu. Il a ainsi expliqué le travail effectué avec Ulisses Garcia, « que j’ai voulu voir au cœur du jeu, il en a les capacités ». Bruno Genesio estime, malgré un groupe réduit à son strict minimum, « avoir la chance de disposer de joueurs polyvalents. Ainsi, j’essaie des choses à l’entraînement. Dans ces conditions, je me dois d’être ingénieux afin de mettre tout le monde en confiance ». Une confiance qui habite encore son groupe, malgré la sortie de route monégasque. « Il y a eu du positif, malgré la défaite », souligne Jeffrey de Lange. Pour le Néerlandais, la réception du Paris FC « est l’occasion de montrer que Monaco n’est qu’un faux pas ».

    Celui qui est désormais le numéro 1 dans le but olympien a faim. Faim de jouer, après deux saisons passées dans l’ombre de Gerónimo Rulli. Faim de résultat, « pour montrer que nous sommes capables de faire mieux que l’an dernier ».

    Être désormais titulaire n’a rien changé à sa manière de préparer ses matches. « Je suis juste heureux et cela me booste pour être encore meilleur », confesse-t-il. Lui qui n’a jamais douté qu’il resterait à l’OM, « je me plais, ma compagne se plaît et nous vivons bien ici », a-t-il confié, conscient que le peuple olympien attend beaucoup dans une saison où son équipe se retrouve à la croisée des chemins.

    La belle prestation face à Strasbourg a éteint certains doutes. Celle ratée à Monaco en a réveillé quelques-uns. Face au Paris FC, qui se présente avec des ambitions supérieures à celles d’assurer le maintien la saison dernière, c’est le moment pour ces Olympiens, où les jeunes auront une carte à jouer, de montrer les crocs en passant au révélateur parisien.

    « L’occasion
    de montrer
    que Monaco
    n’est qu’un
    faux pas »

  • L’US Endoume fait peau neuve

    L’US Endoume fait peau neuve

    Entre les seniors qui retrouvent la Régionale 1 et les féminines qui se lancent dans le grand bain, la saison 2026-2027 s’annonce palpitante du côté d’Endoume.

    « Avec le retour en Régionale 1, nous pouvons à nouveau nourrir des ambitions, avec l’idée d’accéder au niveau national d’ici deux ou trois ans. Mais nous n’allons pas brûler les étapes. » Pour Mathias Pétricoul, qui a pris en main la présidence de l’US Endoume au moment de son centenaire, l’idée est simple : « Poursuivre notre croissance, avec humilité et ambitions ».

    Avec la création d’une équipe féminine et les efforts pour développer l’école de football, le club du cœur de Marseille se lance de nouveaux défis. Que le maillot des 101 ans symbolise.

    Maillot iconique

    « Nous avons souhaité rendre hommage à la Bonne Mère, qui nous regarde et nous protège et qui est un peu ce que la Tour Eiffel est à Paris », explique Mathias Pétricoul. Elle figure en bonne place sur le blason du club, cousu côté cœur. « Et si vous regardez bien, sur les bandes rouges, il y a les évocations des céramiques de la basilique », détaille-t-il.

    Sportivement, « nous misons le premier tiers du classement chez les hommes et les femmes vont engranger de l’expérience ».

    Vendredi, anciens et joueurs actuels se sont retrouvés pour fêter la reprise du championnat. Une réception à laquelle a participé Franck Kodjabachian. Le président du district de Provence a salué le travail des dirigeants, « qui permettent à Endoume de retrouver petit à petit son lustre et sa place dans le paysage, en plein cœur de Marseille. Un club atypique qui sait fédérer autour d’un très beau projet sportif. Je leur souhaite une belle réussite ».

    Laurent Lardhit, député (PS) de la deuxième circonscription de Marseille, est venu saluer les joueurs et dirigeants. Tout comme Éric Méry, adjoint en charge de l’urbanisme et du patrimoine municipal.

    Endoume débute en Régionale 1, dimanche (15h), à Saint-Tropez.

  • Violences dans le périscolaire : 13 animateurs suspendus à Marseille

    Violences dans le périscolaire : 13 animateurs suspendus à Marseille

    Après le scandale qui a secoué la capitale, les alertes sur les violences sexuelles dans le périscolaire concernent cette fois Marseille. Dans une enquête diffusée vendredi, la cellule d’investigation de Radio France révèle que 13 animateurs ont été suspendus en 2025 après des violences dans les écoles et centre d’animation de la ville, tandis qu’une vingtaine d’enquêtes internes ont aussi été lancées. Face à cette situation, une pétition a été lancée, avec plus de 500 signatures, appelant à créer un collectif Me Too écoles, alors que les parents déplorent l’absence d’interlocuteur unique face aux situations auxquelles ont été confrontés leurs enfants. « Quand il se passe quelque chose avec un agent, de suite il est mis à pied de manière conservatoire », assure l’adjointe (Place publique) à l’éducation Pascaline Lécorché. Insuffisant, pour l’opposition. À gauche, LFI appelle la municipalité à reprendre en régie le périscolaire pour « garantir un contrôle des équipes ». À droite, le président des LR 13 Ludovic Perney réclame un audit et un délai maximal entre le signalement et la saisie du parquet, tandis que le collectif Une Génération pour Marseille réitère ses revendications formulées à la veille de la rentrée scolaire avec la publication d’un protocole unique de traitement des violences, l’ouverture d’un canal de signalement pour les parents, l’obligation pour les structures du périscolaire de fournir les casiers judiciaires des animateurs et la garantie d’un accompagnement psychologique et une aide juridique pour les victimes. « La Ville de Marseille propose d’ores et déjà un accompagnement psychologique et une aide juridique aux familles », explique la municipalité qui indique qu’après la mise en place de formations depuis 2023 et d’un mail pour les signalements l’année dernière, des « cartes réflexes » ont été diffusées cet été pour aider les professionnels à mieux réagir.

  • Top départ pour les forums des associations

    Top départ pour les forums des associations

    Vivacités est mort, vive Les rendez-vous des associations ! Après 17 éditions réussies, le traditionnel événement qui regroupait plusieurs centaines de structures associatives sur le Vieux-Port de Marseille évolue pour cette année 2026. Une véritable révolution pour les associations, puisque cette grande fête devient, pour la première fois, une myriade de rendez-vous décentralisés dans tous les arrondissements et étalés sur un mois, du 5 au 28 septembre.

    « On est dans une approche beaucoup plus globale qu’auparavant. Après un an de consultation et les États Généraux des associations, nous avons pris des engagements concrets. La mise en place de ces rendez-vous de la vie associative en est la concrétisation », explique Nora Primus, directrice de la vie associative et du lien social à la Ville de Marseille. Et le terme « d’approche plus globale » n’est pas galvaudé. La Ville propose pas moins de huit forums, soit un par secteur (lire encadré ci-contre), mais aussi d’autres rendez-vous à destination des acteurs associatifs directement comme des soirées portes ouvertes des Maisons des Associations.

    De quoi porter l’ensemble des événements à plus d’une quinzaine sur un mois. Et surtout de quoi améliorer « le maillage territorial » et le lien avec les habitants : « En étant directement sur les territoires, on espère que cela va avoir une retombée directe pour les associations et leurs publics, que cela suscite l’envie de plus de bénévolat », développe-t-elle.

    La Ville table d’ailleurs sur plus de 8 000 participants, contre 3 400 auparavant. « On essaie d’imaginer une autre façon de travailler collectivement à l’élaboration d’une vision pour la vie associative. On a besoin de se réinventer, de bousculer nos pratiques », abonde Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire en charge de la vie associative, ce vendredi soir, lors d’une une table ronde intitulée « Coopérer pour transformer les quartiers », qui faisait office de soirée de lancement.

    L’élu entend notamment s’attaquer aux besoins d’engagement des associations : « Comment on tisse du lien social avec nos concitoyens qui ont besoin des associations ? L’engagement, le bénévolat, ce sont des sujets qui doivent nous interpeller. » Justement, une large part des forums sera consacrée à cette problématique : « À chaque forum, les collègues de la division bénévolat animeront ce qu’on appelle la fresque du bénévolat, pour casser les idées reçues, les craintes et les peurs autour du bénévolat », conclut Nora Primus. Top départ, ce samedi pour trois secteurs de Marseille.

    « L’engagement, le bénévolat,
    ce sont
    des sujets qui doivent nous interpeller »

  • Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    Ariane Ascaride : « Il faut remettre Pagnol à la bonne place »

    La Marseillaise : Pourquoi faire cette chronique sur l’œuvre de Marcel Pagnol ?

    Ariane Ascaride : Dans l’année, France Inter m’avait proposé de lire des textes d’auteurs que j’aimais beaucoup, pour une série appelée les Admirations littéraires. J’avais proposé à France Inter de lire les sermons de Pagnol. Et les gens ont adoré. Ils m’ont donc demandé si on pouvait refaire quelque chose sur Pagnol. À partir de là, j’ai réfléchi car on présente beaucoup Marcel Pagnol avec les fifres, les tambourins et les cigales, comme un auteur régional. Alors que c’est un auteur du bassin méditerranéen, universel, avec une grande formation latiniste, helléniste. Et cela me renvoyait, avec beaucoup d’humilité, au travail que l’on fait avec Robert Guédiguian : on parle de lui comme d’un cinéaste marseillais. Alors que c’est un cinéaste ! J’avais envie de travailler sur cet aspect-là, de faire des parallèles entre lui et nous. Je me suis replongée dans son œuvre, en relisant l’ensemble de son travail, ses pièces, ses livres, ses films… Mais il a fait bien plus que cela. C’est bien plus que juste La gloire de mon père et Le château de ma mère, avec tout le respect que j’ai pour ces œuvres. Pour moi, Pagnol est un descendant d’Homère, comme d’autres auteurs du bassin méditerranéen. Bassin qui est une des plus grandes bases de la culture européenne, qu’on le veuille ou non. Son écriture est celle du Sud, mais c’est beaucoup plus que ça, elle est universelle. Marcel a droit à son buste comme le buste d’Homère dans la rue d’Aubagne. J’ai aussi découvert des choses chez lui que je ne connaissais pas bien. On dit souvent que les gens du Sud, de Provence, sont pudiques. La manière dont il parle de cela me plaît beaucoup. Il y a aussi son rapport aux femmes, ses personnages féminins…

    Justement, vous jouez souvent des personnages féminins forts. Quel regard vous portez sur son rapport aux femmes ?

    A.A. : Chez Pagnol, la jeune femme est bien souvent pécheresse, par naïveté, que ce soit Angèle ou Naïs. Il faut sauvegarder son honneur, elles doivent payer car elles laissent déborder leur cœur plein d’amour, se font avoir… Une doit épouser un vieux, une autre doit quitter sa famille… La femme forte chez Pagnol est la mère, la tante, celles qui ne sont plus dans la possibilité de séduction. Ça raconte le regard des hommes sur les femmes à cette époque-là. Et Marcel fait toujours tourner les femmes dont il est amoureux. Dans ses relations amoureuses, il est insensé, c’est un prototype. À un moment de sa vie, il en a deux, il écrit à son père que l’une le fatigue. Il lui explique qu’elle est trop maigre, qu’elle lui fait du souci car il ne sait pas si elle va pouvoir jouer au théâtre dans cet état… Et non pas qu’il a du souci car il lui fait vivre une situation épouvantable. Il n’est pas méchant quand il fait ça, mais c’est une représentation parfaite du machiste. C’est la reproduction d’une époque, mais une époque qui n’est pas complètement finie si vous voyez ce que je veux dire…

    Votre chronique n’est ni une biographie ni une simple lecture de ses textes…

    A.A. : J’ai envie de dire aux gens : il s’appelle Marcel tout simplement. C’est un mec chouette, un grand auteur, un immense dialoguiste. Mais aussi avec des défauts : il est alcoolique. C’est un être humain qui sait aussi se remettre en question, qui s’en pose énormément sur son travail. Il fait des choses formidables pendant la guerre : quand les Allemands veulent travailler avec lui, il vend ses studios, achète un domaine à Monaco et reprend son personnel pour qu’ils plantent des œillets et qu’ils n’aillent pas au STO. Peu de gens connaissent cet épisode, il ne s’en vante pas de le faire. Mais les œillets, on les retrouve dans Manon des sources… Il y a une scène dans La fille du puisatier, où les gens écoutent le discours de Pétain à la radio. Il raconte qu’ils commencent le tournage, qu’il y a l’armistice, que Fernandel est rappelé sous les drapeaux et d’un coup il intègre la réalité à son film. Son film Regain débute par le viol du personnage d’Orane Demazis par 15 charbonniers. Pour l’époque, c’est peu commun. Je n’avais jamais entendu parler de ça quand on présente Regain. Alors qu’on montre toujours Marcel Pagnol avec la partie de cartes, qui est une scène géniale, mais il est bien plus que cela. C’est un grand intellectuel. Il y a un adjectif qui est homérique, qui vient d’Homère. Il y a un adjectif qui est pagnolesque, qui vient de Pagnol. Cela veut dire qu’il a imprégné le langage courant par son œuvre. Il y a peu de gens qui se targuent de ça.

    Vous revenez longuement sur la place du théâtre dans son parcours, le spectacle vivant est en crise. Comment l’expliquez-vous ?

    A.A. : Je vais enfoncer des portes ouvertes mais une société sans théâtre vivant est une société morte. La première chose que les dictatures font, c’est d’empêcher les artistes de s’exprimer. On n’en est pas encore là mais enfin, il y a des actions gravissimes : quand une mairie interdit un spectacle… Mais aussi, balayons devant notre porte. La situation du théâtre vivant est très difficile mais qui s’en préoccupe à part le spectacle vivant lui-même ? Est-ce que le public s’en préoccupe ? Et s’il ne s’en préoccupe pas, pourquoi ? Je pense que tous les acteurs du spectacle vivant devraient relire les cahiers de Jean Vilar. Peut-être que nous nous sommes éloignés un peu du public. Peut-être que nous n’avons pas eu en permanence à l’esprit pourquoi nous faisons ça… Un de mes professeurs disait « l’élitisme pour tous », mais l’élitisme pour tous, ça se réfléchit. Quand Pagnol écrit Marius, c’est en 1928, et la gloire du théâtre français est bourgeoise à ce moment-là. D’un coup, il arrive et raconte ces gens-là. C’est sur cela que l’on doit se questionner.

  • Opération de solidarité avec les étudiants à Emmaüs

    Opération de solidarité avec les étudiants à Emmaüs

    C’est en centaine que se chiffre le nombre d’étudiants qui viennent chez nous. Par éthique parfois, pour le dressing à 1 euro toute l’année, mais par nécessité pour la majorité d’entre eux », explique Nouara Bernou une des trois responsables d’Emmaüs Pointe-Rouge. Alors il est devenu une évidence que ce mois leur serait consacré, ce sera leur mois solidaire. « Moitié prix sur la vaisselle, les meubles, les matelas… » donne-t-elle pour exemple.

    Du côté d’Emmaüs Saint-Marcel, la solidarité est identique. Maxi-remise sur les meubles, les livres, et la vaisselle. « En plus le 1er samedi du mois, nous organisons une vente à thème “Jean et tenue militaire” avec une sorte de vide-grenier géant à tout petits prix dans la cour. Il y aura aussi des matelas neufs, des jeux de société, des petits luminaires, des rideaux, du linge de maison, des coussins… Et on espère aussi beaucoup d’ambiance », lance joyeusement Hami Kahia-Tani responsable à Saint-Marcel.

    La précarité ne cesse d’augmenter et touche désormais de nombreuses couches sociales. « On ne sait jamais ce qu’on va trouver et l’ambiance est toujours super sympa » résume une jeune dame à la Pointe-Rouge, les bras chargés de babioles. Vêtements, linge de maison, ceinture, hommes, femme, enfant, le dressing à 1 euro est clairement incitatif. Le concept fripier a pris un coup de jeune, le linge est propre et en bon état à prix imbattable.

    Suivre la mode

    Du côté de Saint-Marcel, on constate aussi une augmentation du public étudiant. « On les reconnaît, ils arrivent vers 15h, ils ne sont jamais pressés », livre Elizabeth bénévole depuis 15 ans à la communauté du 11e. Spécialisée sur le rayon textile, elle ne chôme pas pour installer au mieux la vente « Jean et tenue militaire ». Les rayons homme et femme sont distincts. Chaque article comporte une étiquette en couleur avec son prix allant de 5 euros jusqu’à 12 euros pour un jean entièrement neuf. Il y a aussi des sweats, des blousons, des tee-shirt et des shorts.

    « En fait je donne un thème pour chaque mois. Je prends soin de trier et de ranger les plus belles pièces toute l’année en prévision de chaque vente », explique Camélia la responsable textile avec un sourire malicieux. Elle a mis en place tout un procès qui permet un tel stock le jour venu. Hami, le responsable répond du tac au tac « je l’avais bien dit, nous sommes la ligue 1 du textile à Saint-Marcel ». Camélia de son côté continue son œuvre : « les saisons changent, nos vêtements aussi. La plus belle récompense est de voir repartir les gens heureux ». Il est vrai qu’ici pour moins de 15 euros, on peut repartir habillé à la mode de pied en cap. Imbattable.

    Emmaüs Pointe-Rouge.
    110 Trav. Parangon, 13008. Samedi : 10h–13h, 15h–17h
    .

    Emmaüs Saint-Marcel.
    46 Bd de la Cartonnerie, 13011. Samedi : 09h–12h, 14h–18h.

  • Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Selon l’Unsa, 48% des profs préoccupés par leur salaire

    Trois chiffres parmi les 45 000 réponses des personnels sondés sont particulièrement révélateurs de l’état d’esprit de cette rentrée : « Ils sont 14% de plus qu’en 2024 à penser d’abord au salaire, 71% ne ressentent ni respect ni reconnaissance de leur travail et seuls 0,3% se disent confiants en l’avenir du système éducatif », relève Franck Delétraz, secrétaire départemental SE-Unsa et Unsa éducation.

    Si le salaire arrive en tête des sujets de préoccupation des enseignants, c’est que leur pouvoir d’achat a terriblement dégringolé. « La moitié des enseignants perçoit moins de 2 000 euros par mois. Dans les années 80 leur revenu moyen était de 2,3 fois le Smic, aujourd’hui il le dépasse à peine ». C’est sans compter la rémunération des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) « qui peinent à en vivre ». Sur les 16 000 élèves nécessitant un accompagnement dans les Bouches-du-Rhône, 7 000 restent en attente. Par ailleurs, « plutôt que fermer des classes, la baisse démographique pourrait être une opportunité pour renforcer la brigade de remplacements ». En somme, « on n’assiste pas à un rejet de l’école, mais à celui des conditions de travail et d’enseignement », résume Franck Delétraz.

    Adresse aux candidats

    Des résultats qui « en disent long sur les politiques menées », estime le syndicat, qui souhaite accompagner « dans le dialogue » la réforme de la formation mais « reste vigilant quant aux moyens de sa mise en œuvre ». Enfin, « après 10 ans de macronie, 91% des personnels considèrent qu’ils n’ont pas été entendus et demandent une vraie méthode de consultation ». C’est, avec l’exigence « d’une revalorisation salariale pour tous par la grille indiciaire et un statut éducation nationale pour les contractuels et AESH », ainsi que d’une « carte scolaire qui ne soit pas prétexte à une baisse budgétaire », un des points sur lesquels L’Unsa interpelle les candidats à la présidentielle, à l’exception de l’extrême droite.