Tag: Marseille

  • Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de 1943, appelle à la paix

    Antoine Mignemi, rescapé de la rafle de 1943, appelle à la paix

    Antoine Mignemi est l’un des derniers survivants de la rafle de Marseille, qui s’est déroulée entre les 22 et 24 janvier 1943, dans le quartier Saint-Jean. Aujourd’hui président du Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, il témoigne de cette tragédie, un épisode terrible, souvent occulté, dans l’histoire de la ville et qui a vu le dynamitage de tout le quartier par les nazis : 1 500 immeubles, 838 commerces et 82 rues ont disparu.

    Le survivant de cette rafle, âgé de 88 ans, se souvient : « C’était un quartier très populaire, cosmopolite, il y avait beaucoup de nationalités qui vivaient ensemble, qui s’entendaient bien, quelle que soit leur religion. C’était une population de travailleurs ». Repère de la Résistance, les nazis voulaient la destruction ce qu’ils appelaient « la verrue de l’Europe » en représailles à une série d’attentats.

    Antoine Mignemi est né à Marseille en 1937 de parents immigrés d’origines siciliennes. Sa famille fait partie des 20 000 Marseillais arrachés de leur foyer, début 1943. Sous prétexte de « nettoyage du quartier », la police française participe à cette rafle dont les documents décrivent une « évacuation volontaire ». Antoine Mignemi précise : « Ils laissaient entendre qu’on allait revenir rapidement ». Emmené de force au camp de Fréjus, ancien site militaire abandonné, il y passe une quinzaine de jours : « La faim nous a tenaillés les tripes. » Parmi les raflés, 500 Marseillais sont déportés au camp de rétention de Compiègne, avant d’être envoyés dans les camps de concentration de Sachsenhausen, Mauthausen et sur l’île d’Aurigny. Ils sont choisis à partir d’une liste. Le rescapé explique que « sur cette liste, il y avait les gens “indésirables”, notamment des communistes, socialistes, antifascistes ».

    À leur retour à Marseille après leur passage à Fréjus, les membres de la famille d’Antoine Mignemi ont l’interdiction de rentrer chez eux. Du 1er au 17 février 1943, le quartier de Saint-Jean est dynamité. Pour Antoine Mignemi, « le drame se poursuit » : « Nous sommes tombés dans une misère complète, en perdant notre logement et notre lieu de travail, un salon de coiffure situé 140 quai du port. Cette misère a duré des années. »

    « Soyons vigilants »

    Il précise : « Il a fallu attendre la plainte déposée par Me Pascal Luongo pour que cette histoire ressurgisse. » C’est en 2019 que la plainte est déposée dans le but d’inscrire cette rafle comme « crimes contre l’humanité ». La même année, le Collectif Saint-Jean est né, avec l’objectif de faire reconnaître cet épisode tragique.

    L’exposition « La part visible des camps », proposée jusqu’au 8 mai aux Rotatives de La Marseillaise, présente un panneau dédié au souvenir de cette rafle (notre édition du 5/05). Lors du vernissage, lundi, Antoine Mignemi a pris la parole : « Ce témoignage est pour moi un devoir de transmettre la mémoire et, en même temps, prononcer un message de paix et d’espoir, en particulier pour toutes les jeunes générations. Je déclare que le racisme et l’antisémitisme sont des délits majeurs, que les guerres ne sont pas une fatalité, que les hommes et les femmes ont le droit à la paix et au bonheur. Soyons vigilants, aujourd’hui et pour l’avenir […]. Un peuple qui oublie son passé est condamné à le revivre. »

  • Passage de l’art nouveau à l’art déco au Château Borély

    Passage de l’art nouveau à l’art déco au Château Borély

    Sitôt l’escalier monumental d’honneur du Château Borély gravi, deux portraits majestueux s’offrent à la vue des visiteurs. 11 années seulement les séparent mais ils témoignent pourtant de la transition de l’art nouveau à l’art déco. Peint par Antonio de La Gandara en 1901, l’un figure Madame Salvador, alanguie dans sa robe noire et dentelée aux courbes sinueuses. Imaginé en 1912, l’autre représente l’immense chanteuse de music-hall marseillaise Gaby Deslys, « pleine face, une coupe à la garçonne et des lignes beaucoup plus géométriques », détaille Marie-Josée Linou, directrice du Musée des arts décoratifs, de la faïence et de la mode, théâtre du 8 mai au 25 avril de l’exposition « Art nouveau – Art déco. Marseille au cœur des styles ». Marseille, justement, une ville qui « n’est pas un foyer des plus actifs du style art nouveau, mais où l’art déco prend ensuite plus d’importance », rappelle-t-elle, pointant entre autres un paravent « aux lignes très stylisées » issu du studio photo de Félix Nadar, installé sur la Canebière en 1897, ou encore une balustrade provenant d’un hôtel particulier marseillais marquée par des motifs d’ombelles. Une douce et lente transition de l’art nouveau à l’art déco, certaines œuvres de l’affichiste David Dellepiane en étant des exemples éloquents.

    Correspondances

    Impossible également de passer à côté de l’école de Nancy, « foyer d’art nouveau en France », indique Elise Vanriest, commissaire de l’exposition, « alliance provinciale des industries d’art qui se sont associées pour la production d’objets ». 300 œuvres jalonnent ce parcours dans lequel, fidèle aux styles concernés, « céramique, verrerie, mode et mobilier se répondent ». Illustration suprême dans la chambre d’apparat des Borély, datant du XVIIIe, où le mobilier réalisé par la manufacture des Gobelins et décoré par Jules Chéret fait correspondre les époques.

  • À l’Opéra de Marseille, une saison en attendant

    À l’Opéra de Marseille, une saison en attendant

    La nouvelle saison 2026/2027 de l’Opéra de Marseille a été officiellement annoncée mercredi 6 mai en conférence de presse par Maurice Xiberras, le directeur général de la maison, Michele Spotti, son directeur musical et Gwénaël Richerolle, délégué au patrimoine municipal et aux équipements culturels. Maurice Xiberras se félicite des sept productions d’opéras et cinq d’opérettes proposées pour la saison prochaine. Elle s’ouvrira le 2 octobre avec Don Giovanni de Mozart mis en scène par la comédienne Agnès Jaoui. La basse Nicolas Courjal sera le séducteur et la distribution alignera des valeurs à suivre. Lawrence Foster reviendra pour l’occasion dans la fosse.

    Très intéressant aussi, Le Villi (titre en italien) en novembre. C’est le premier opéra de Puccini. Les « Villi » sont des esprits rancuniers qui se vengent d’amants infidèles. Paolo Arrivabeni en assure la direction. L’œuvre très brève, mise en scène par Stefano Poda rassemblera Alexandra Marcellier, Thomas Bettinger et Marc Scoffoni.

    Les fêtes de fin d’année résonneront des couplets d’une Périchole prometteuse. Eléonore Pancrazi y fera une prise de rôle aux côtés de Marc Barrard et Kaëlig Boché. Février verra la reprise du Don Carlo de Verdi dans la production signée Charles Roubaud de 2022 avec Nino Machaidze, Elisabeth de Valois et Enea Scala, Carlo. Michele Spotti à la baguette laisse présager de grands moments lyriques.

    Aussi bien des valeurs sûres que des trouvailles

    Il en sera de même avec la version concertante de Maria Stuarda de Donizetti. En invitée de marque Jessica Pratt chantera la Reine d’Écosse aux côtés du ténor John Osborn. Mireille de Gounod apportera, en avril, sa touche de couleur locale. Charlotte Bonnet sera Mireille et Julien Dran, Vincent. Le ténor est aujourd’hui l’une des valeurs les plus sûres du chant français. Fin de saison en majesté avec la reprise de Turandot de 2019, mise en scène par l’incontournable Charles Roubaud. Csilla Boross chantera sous la baguette de Fedrico Tibone, pour la première fois la reine frigide et Vicenzo Costanzo sera son Calaf.

    Pour ce qui est du Théâtre de l’Odéon, outre quelques titres alléchants, comme La fille de madame Angot de Lecocq, La Vie Parisienne ou le Prince de Madrid de Lopez, on pourra s’attarder sur Toi c’est moi. Une œuvre de 1934 de Moisés Simon, dont l’air le plus fameux invite à nous prélasser sous les « palétuviers roses ».

    C’est un retour à l’original que proposera « La vie de bohème » en rapprochant le roman de Murger et la partition de Puccini, mise en scène par Olivier Desbordes. Une saison qui aligne donc trouvailles et valeurs sûres.

    Programme complet dévoilé au public samedi 9 mai et visites des lieux entre 9h15 et 17h.

    Travaux en suspens

    Si la nouvelle équipe municipale ne mégote pas son soutien à l’Opéra, Benoît Payan étant un vrai lyricomane, il reste que les travaux de restauration du bâtiment, devenus nécessaires, voire urgents, ne sont toujours pas actés à ce jour. Le temps presse car il faut ajouter au temps des travaux celui des prises de décisions administratives. Le classement du bâtiment aux monuments historiques oblige à la circonspection. « On ne peut pas changer un clou sans en référer à la Drac », ironise Maurice Xiberras. Le choix d’un lieu de repli n’est toujours pas envisagé. Quid de l’Opéra hors-les-murs ? Une salle pérenne ou un lieu provisoire ? Comment s’assurer que le public sera fidélisé avec un lieu éloigné du centre-ville. Et surtout faudra-t-il pour Maurice Xiberras surmonter les obstacles que présentent la constitution des coproductions à venir et l’engagement des artistes. Une saison se prépare trois ans à l’avance et la saison 27/28 est toujours dans les limbes. Il n’est donc pas envisageable de laisser la deuxième ville de France sans salle d’opéra, quel qu’en soit le délai. Dont acte !

  • Symphonique et danse au programme de l’Opéra de Marseille

    Symphonique et danse au programme de l’Opéra de Marseille

    Même si les chiffres sont froids, le fait que l’Opéra de Marseille, la plus grande salle d’opéra en région, affiche complet – voire refuse du monde – pour les concerts symphoniques est un très bon indice de satisfaction. Tout comme les chanteurs lyriques, les solistes et interprètes viennent et reviennent avec plaisir et sont impressionnés par la qualité de l’orchestre. Un beau résultat dû au travail patient et acharné de chefs comme Patrick Davin, Lawrence Foster et maintenant Michele Spotti.

    Cette saison, une trentaine de concerts symphoniques, récitals divers, musiques de chambre se partageront l’affiche avec des partenaires comme Marseille Concerts, Musicatreize ou le Gmem. Si les programmes font naturellement la part belle à Beethoven – bi centenaire oblige – Brahms (parfois programmé à l’Odéon pour retrouver une certaine tradition d’époque avec moins de musiciens), Schumann, Strauss, Mahler ou Haydn et Dukas ont leur place. Seuls les compositeurs Français sont oubliés (sans parler des compositrices…), mais ils se trouvent souvent dans les programmes de Musique de Chambre.

    Ouvertures

    Entre le 18 octobre et le 25 juin, Michele Spotti, largement plébiscité par le public, cédera aussi la baguette à des nouveaux venus, qu’ils soient chevronnés ou prometteurs. Ainsi on pourra découvrir Alpesh Chauhan, Satoshi Yoneda, Daniel Cohen ou notre talentueux Da-Min Kim dans la double performance de chef et violoniste. La danse aussi est à retrouver avec l’École nationale de danse de Marseille, surtout à l’occasion du centenaire de la naissance de Maurice Béjart et les 40 ans du Béjart Ballet Lausanne avec un extraordinaire programme Ravel et Stravinsky (Boléro – Oiseau de feu). L’Opéra municipal de Marseille, poursuivant sa politique d’ouverture aux plus larges publics, mène toujours des actions vers les jeunes, les publics empêchés ou les personnes en situation de handicap. Côté tarifaire, il ne change pas le prix des places tant pour les opéras que pour les concerts. Ouverture des abonnements dans quelques jours. L’Opéra de Marseille, s’il est parfois objet d’inquiétude, peut aussi être objet de fierté des Marseillais, tout comme le maire de Marseille.

  • Noa Nsonsa-Kitala à la découverte de l’Amérique

    Noa Nsonsa-Kitala à la découverte de l’Amérique

    De Marseille à l’Iowa, il n’y a finalement qu’un pas. Spartiate depuis deux années, Noa Nsonsa-Kitala, tout juste 19 piges, sera un aigle noir la saison prochaine. L’attaquant a été choisi, mardi soir, par les Waterloo Black Hawks, équipe concourant en USHL, une ligue américaine réservée aux moins de 21 ans. Le jeune Français a été « drafté » en 67e position par cette formation neuf fois championne. Il s’est montré heureux de ce nouveau palier dans sa carrière : « Je regardais la draft et je me suis dit que j’allais être drafté à peu près à ce moment. J’ai été très content dès que j’ai vu mon nom, ça m’a vraiment fait plaisir. »

    « L’intérêt de Noa était prioritaire »

    Noa Nsonsa-Kitala va donc découvrir un nouveau continent, une nouvelle équipe et une ligue qui a vu passer des joueurs talentueux. « C’est une très bonne ligue, beaucoup de joueurs NHL sont passés par là. Le plus récent, c’est Macklin Celebrini, un jeune de 19 ans, qui est l’un des meilleurs en NHL maintenant. Il jouait en USHL il y a deux ans », explique le futur élément de Waterloo.

    Son aventure américaine se dessinait déjà alors qu’il n’était encore qu’un lycéen. Ce championnat s’était déjà intéressé à lui lors des deux dernières années. « Oui, ça fait deux ans que l’on me demande. On parle avec les équipes, c’est aussi mon agent qui gère ça. J’ai fait une visio avec cette équipe, ça s’est super bien passé, les coaches étaient sympas, le manager général également. Franchement, je sentais une bonne alchimie », décrit-il.

    L’attaquant passé par les Brûleurs de Loups de Grenoble n’a désormais plus qu’un mot à la bouche : développement. Partir dans une ligue aussi compétitive doit lui permettre de passer plusieurs marches dans sa jeune carrière. Choisir les États-Unis était une suite logique, après avoir découvert le monde pro à Marseille. « Noa, c’est un super jeune, très facile à coacher, qui a envie d’apprendre. Il est assez mature pour son âge. C’est un super choix de partir maintenant. Nous on l’a même orienté vers ce choix, même si ce n’était pas dans notre intérêt. Mais c’était bien l’intérêt de Noa qui était prioritaire », souffle Luc Tardif, son entraîneur lors de son passage aux Spartiates.

    Noa Nsonsa-Kitala remercie grandement le club phocéen de l’écoute et des conseils prodigués. « Marseille, c’est une famille, c’est un club avec un grand cœur. Je leur ai direct expliqué. Ils ont pu m’aider, m’aiguiller sur ce que je devais faire. Ils ont pensé à mon développement et c’est quelque chose qui m’a beaucoup plu. » Son départ dans l’Iowa se fera en août avant d’attaquer une saison à rallonge. Un nouveau défi, mais une continuité pour cet espoir du hockey tricolore.

  • « Renouveler l’engagement auprès des jeunes »

    « Renouveler l’engagement auprès des jeunes »

    La Marseillaise : Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le dispositif Place engagée ?

    Estelle Bodo : Place engagée est un dispositif solidaire qui permet de donner du sens à l’accès à des événements populaires. L’idée est de transformer une invitation en une opportunité sociale, humaine et inclusive. Concrètement, la Solimut propose aux jeunes de participer à une action de solidarité. Ça peut être un atelier cuisine, une maraude, des concerts solidaires, de la prévention santé, des manifestations. On était notamment présents à la manifestation du 8 mars. En échange de leur participation à une de ces actions solidaires, les volontaires obtiennent la possibilité de participer à des événements organisés par des partenaires. Il y a, par exemple, des places pour le Delta Festival, La Marseillaise à pétanque, le festival Jazz des cinq continents ou encore Marsatac, cette année. L’idée est donc d’ouvrir les portes de la culture à des jeunes qui n’en ont pas forcément les moyens ou qui sont souvent exclus des événements dont nous sommes partenaires. Il y a aussi, bien sûr, une volonté de créer du lien social et solidaire.

    À quels types de profils s’adresse le dispositif ?

    Estelle Bodo : C’est ouvert à tout le monde. On avait commencé avec l’idée de travailler surtout avec des jeunes, mais en fait, il n’y a pas vraiment de limite d’âge sur ce dispositif. Actuellement, on est en partenariat avec la Ligue de l’enseignement. C’est avec eux qu’on a commencé le dispositif. C’est là qu’on a découvert Jeunesse Place, une association qui existe à l’intérieur de la ligue, dont Sherazade est la fondatrice. Puis, après, ça s’est étendu. Aujourd’hui, on travaille avec le Grep (Gémenos rugby Est Provence), mais aussi avec des adhérents de l’association ES 13, qui ont plus de 55 ans donc. Il n’y a pas besoin d’être partenaire de Solimut pour participer au dispositif. N’importe qui peut nous solliciter. Il n’est même pas nécessaire d’appartenir à une association. Il n’y a pas de critères de sélection, sauf si les événements refusent les moins de 16 ans, par exemple.

    Yanis Guille. : L’objectif, c’est de faire un vrai maillage des cultures, de rassembler tout le monde à des endroits où l’accès est plus compliqué pour certains. C’est l’occasion de créer des échanges, des opportunités. On travaille avec tous les publics, avec des jeunes comme avec des personnes âgées, issus des quartiers populaires, mais aussi de secteurs plus aisés.

    Les participants ont-ils tendance à revenir ?

    Estelle Bodo : Oh oui ! On a créé un groupe WhatsApp avec les anciens participants pour les tenir au courant des actions qu’on mène et on a toujours des volontaires pour venir aider. Je pense par exemple au concert solidaire que Solimut a porté au Dôme, en fin d’année dernière, [Solimut était en octobre partenaire du « Concert pour sauver des vies en mer » , dont l’intégralité des bénéfices a été reversée à des associations qui œuvrent pour le sauvetage en mer ou l’accueil des exilés, Ndlr]. Beaucoup de jeunes ont souhaité être présents. C’était aussi l’occasion d’accéder aux coulisses…

    Pourquoi vous associer à des événements festifs ?

    Estelle Bodo : Le festif, on le sait tous, donne envie. C’est donc une bonne façon d’inciter les jeunes à participer. Mais on se rend compte, au bout d’un certain temps, que les jeunes ne viennent pas que pour la récompense. Bien sûr, le Delta festival attire, car les places sont en temps normal au tarif de 80 euros, mais parfois, certains ne demandent même pas leur contrepartie après leur action. Mais le principe reste : une action, une invitation.

    Y a-t-il aussi la volonté, de la part de Solimut, de présenter à un public plus large le concept d’une mutuelle ?

    Estelle Bodo. : Oui, bien sûr. Quand on a rencontré les jeunes de la Ligue de l’enseignement par exemple, la première chose qu’on a faite a été de présenter la mutuelle. On fait toujours des micros formations. On commence par demander ce qu’est qu’une mutuelle pour eux. On a des réponses du type : « c’est comme telle ou telle prétendue mutuelle ». C’est là qu’on leur explique qu’on n’a pas d’actionnaire, qu’on ne fait pas de profit, que tous nos bénéfices sont reversés à nos adhérents. On met en avant notre ligne politique, qui s’oppose à tout type de discrimination.

    Pourquoi est-il important de faire connaître la mutuelle auprès des jeunes ?

    Estelle Bodo : La mutuelle, c’est quelque chose de très large pour eux. On le voit lorsqu’on intervient sur des événements comme le Delta Festival, où on rencontre les 18-30 ans. Souvent, ce sont les parents qui gèrent. Ils ne savent pas bien de quoi il s’agit. Ils ont besoin de connaître ces valeurs-là, de savoir qu’une mutuelle, c’est indispensable. On les informe aussi sur l’avenir des remboursements santé, l’avenir des mutuelles. Aussi, une mutuelle vit parce qu’il y a des élus et des gens qui s’investissent quotidiennement. Il faut renouveler cet engagement. Je pense que les jeunes peuvent à leur tour diffuser ce genre de valeurs et les incarner.

    Sherazade Mlili : Moi, par exemple, je ne savais pas à quoi correspondait vraiment une mutuelle. Aujourd’hui, je sais que c’est indispensable pour se protéger. C’est ce qui te permet de te soigner, de rembourser tes soins quand tu vas à l’hôpital, chez le docteur, à la pharmacie… Je sais aussi que Solimut ne propose pas de t’accompagner exclusivement sur le plan santé. J’ai appris qu’il proposait aussi des formations, des maraudes…

    Riad Zedal : C’est ça, et ça permet aussi d’avoir un regard différent, parce que nous, quand on pense à mutuelle, on pense surtout à quelque chose de mécanique, c’est-à-dire simplement à quelque chose qui permet de rembourser ta consultation chez le médecin. On n’a jamais accès aux personnes qui travaillent derrière, comme Estelle et plein d’autres personnes qui ont aussi l’air tout aussi géniales.

    Estelle Bodo : On essaie de leur montrer que la mutuelle, ce n’est pas qu’un parcours de soins. Nous, avec notre service de gestion des partenariats qui a été créé il y a un an, un rôle de prévention santé, d’actions solidaires et d’engagement territorial. Mais aussi dans d’autres cadres, avec la possibilité de s’engager en sécurité, sans discrimination et pour faire de très belles choses.

    Faites-vous désormais la différence avec une assurance classique ?

    Sherazade Mlili : Oui, je vois la différence. Mais ça m’a aussi appris des choses sur l’engagement. Je peux solliciter Estelle pour savoir s’il y a une action qui se prépare. Ça me permet d’être plus là, pour ma ville.

    Cela vous donne-t-il envie d’adhérer plus tard ?

    Sherazade Mlili : Oui, bien sûr, maintenant qu’on sait ce qu’est la mutualité et, plus précisément, leur mutualité [Solimut], ça donne envie. D’autant que, maintenant que je connais les gens qui y travaillent, je suis beaucoup plus en confiance. Je sais que ce n’est pas de l’arnaque, qu’ils ne vont pas m’escroquer. Je sais que les personnes qui sont derrières ont envie de bien faire leur métier, qu’ils ont vraiment beaucoup de volonté.

    Le fait que Solimut ne fasse pas de profit et s’oppose à tout type de discrimination vous touche-t-il ?

    Riad Zedal : Bien sûr. Une mutuelle n’a pas pour objectif de faire du profit, ça donne plus confiance.

    Sherazade Mlili : On a la sensation que la démarche est plus sincère. D’autant qu’en choisissant de ne faire aucune discrimination, ils prennent des risques que les certaines assurances ne prennent pas. Et pour nous, les jeunes, ça nous permet de nous sentir plus écoutés. Ça montre que tout ce qui est raconté n’est pas faux : ce qui arrive aux jeunes, mineurs comme majeurs, n’est pas un mensonge. Il y a bien de la discrimination, il y a bien du racisme et il y a des gens qui le voient et qui ont envie de nous aider.

    Estelle Bodo : Je pense qu’ils se sont rendu compte qu’on avait les mêmes valeurs qu’eux. Eux ont créé une association pour lutter contre les discriminations. Et ils se sont rendu compte qu’en fait, la mutuelle a fait ce même choix de dire : tu es malade, on te couvre, tu es de nationalité x ou y, on te couvre, t’as tel âge, on te couvre… Ils se sont rendu compte, avec Place engagée, qu’on avait envie de leur ouvrir des barrières en leur permettant d’être présents là où ils ont envie d’être. Cela rejoint la volonté de l’association Jeunesse place qu’ils ont fondée.

    Jeunesse place est une association que vous évoquez souvent. Sherazade, vous êtes l’une des fondatrices. De quoi s’agit-il ?

    Sherazade Mlili : C’est une association que nous avons créée entre jeunes. Je suis l’une des fondatrices, mais au total, nous étions quatre, tous adhérents de la Ligue de l’enseignement. On a voulu créer notre propre organe associatif parce qu’on s’est rendu compte que lorsqu’on participait à des événements, notamment lors des séjours comme le Summer camp [voyage au cours duquel des personnalités sont invitées pour parler aux jeunes de leur métier et de leurs engagements, Ndlr], beaucoup de portes nous étaient fermées. Pour la réservation des lieux par exemple, nous étions souvent refusés par les enseignes, parce qu’on était des jeunes, en majorité issus des quartiers nord. Nous avons aussi reçu des insultes, moi en tant que jeune fille voilée, et un ami parce qu’il est noir. On a donc eu la volonté de montrer qu’on était capables, en tant que jeunes des quartiers nord, de faire tout ce qu’on souhaitait sans les gens qui voulaient nous mettre à l’écart. C’est donc nous qui avons repris l’organisation du Summer Camp. On participe à plein d’actions, avec la Ligue, avec Solimut, mais aussi avec d’autres organismes.

    En quoi l’association vous permet de dépasser les barrières auxquelles vous étiez auparavant confrontées ?

    Sherazade Mlili : La Ligue est une grande association, qui opère dans toute la France. On n’était donc pas vraiment décideurs dans les actions qui étaient menées. Grâce à Jeunesse place, on est maintenant en contact direct avec les gens avec qui on travaille, ça nous permet de confronter directement les personnes. Disons qu’on porte notre propre voix, en montant nos propres projets.

    Au-delà de votre engagement dans l’association, avez-vous parlé autour de vous du dispositif Place engagée et, plus largement, de la mutuelle ?

    Sherazade Mlili : De mon côté, oui, surtout dans mon cercle familial. Quand je dis à ma sœur que je vais au Delta Festival, elle me demande tout de suite comment j’ai réussi à me payer une place. Donc, je lui explique que je peux y aller grâce à Solimut, parce que j’ai participé à une maraude ou autre chose. Donc, elle me demande si elle peut venir participer à la prochaine. Et c’est le même schéma avec mes amis. Ils demandent ce que j’ai fait pour aller à tel endroit. Je leur explique et ça les motive.

    Estelle Bodo : On a commencé, vous étiez cinq je crois, et sur le groupe WhatsApp, on est presque 40 maintenant.

  • Les séances de yoga à 2 euros font le plein

    Les séances de yoga à 2 euros font le plein

    Les tapis de yoga sont étendus au sol. Au-dessus, un ciel bleu sans nuages est traversé par les gabians et les chants d’oiseaux. L’atelier n’avait encore jamais accueilli autant de monde : 17 personnes ce mercredi. « Cela fait deux semaines que j’essaye de m’inscrire. L’atelier est souvent complet », confie Lana, retraitée pratiquant déjà le yoga dans le Centre senior de la Ville. « Je pratique une fois par semaine le yoga mais ce n’est pas suffisant, alors je me suis inscrite en supplément aux cours proposés par le programme Coach bien-être », explique-t-elle.

    Anne, également présente, profitait déjà des ateliers de pilate dans le cadre du programme de la mairie de Marseille. Elle a souhaité bénéficier des cours de yoga « pour les prix plus qu’avantageux et la possibilité de faire de l’exercice en extérieur. C’est bien plus agréable que d’être enfermé dans une salle de sport », sourit-elle. Sandrine, sexagénaire elle aussi, se rend aux ateliers une à deux fois par semaine surtout « pour l’entretien physique ».

    Une musique douce accompagne les paroles de Selma. « Pensez à l’énergie qui circule dans votre corps, relâchez vos épaules et étendez la colonne vertébrale », indique-t-elle. « Pas de performance ici, on ne se juge pas », rappelle Selma.

    « On est tellement déconnectés de nos corps »

    Selma, 27 ans, est à l’origine juriste en droit de la mer. Elle s’est reconvertie en 2020, suivant une formation en Inde pour devenir enseignante de yoga. Elle a quitté, il y a un an, la Nouvelle-Calédonie pour s’installer à Marseille où elle donne des cours de yoga dans un studio loué dans le centre-ville. Elle y accueille une majorité de jeunes femmes.

    Ici, le public est différent, essentiellement féminin mais plus âgé. « Aujourd’hui, dans nos vies, on est tellement déconnectés de nos corps », explique la jeune femme. « Mon objectif est de reconnecter les personnes à leur corps et à leurs émotions. » Rémy, seul homme de l’atelier, est venu accompagné de sa fille. Ses douleurs à l’épaule l’ont poussé à s’inscrire pour pratiquer des étirements et s’assouplir. Marie-Thérèse, septuagénaire, recherche elle aussi un aspect thérapeutique dans ces ateliers. « Une fois à la retraite et les enfants partis de la maison, je me suis demandé quel était mon rôle », partage-t-elle. « Et ma psy m’a répondu que je devais vivre pour moi. Alors j’essaye », conclut-elle, un large sourire aux lèvres.

    Retrouvez en ligne l’intégralité du programme Coach bien-être, sur le site de la ville de Marseille. L’édition 2026 se déroule jusqu’au 30 septembre.

  • La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    La Ville attaque le Airbnb illicite d’un « faux Marseillais »

    Vivant au Mexique, le propriétaire domicilié à Paris d’un appartement exploité illicitement depuis 2022 en locations saisonnières était assigné hier en référé par la Ville de Marseille. Les deux premières condamnations en février obtenues par la commune pour réguler le marché, portaient sur des fraudes en résidences secondaires. La présente affaire instruite par la brigade de contrôle du logement est « un premier cas de fausse déclaration en résidence principale pour échapper à l’autorisation de changement d’usage ».

    Placé sur les sites Airbnb et Booking à 400 euros la nuit, l’appartement de 145 m² au 4e étage du 118 rue Dragon (6e) proposait six chambres, plus une chambre de bonne de 16 m2 soit 14 couchages. Les deux plateformes rapportent 127 nuitées en 2022, 192 en 2023, 200 en 2024, soit un chiffre d’affaires de 207 600 euros, hors nuitées louées en direct. « Ces chiffres sont incompatibles avec la définition légale de la résidence principale. Le propriétaire a quatre appartements à Marseille, des sociétés à Paris et il travaille au Mexique », déroule Jorge Mendes l’avocat de la Ville. À considérer même que ce fut sa résidence principale, elle ne pouvait être louée en Airbnb plus de 120 jours par an, seuil abaissé en début d’année à 90 jours.

    « Il faut que ce commerce illégal cesse »

    « Les photos de cet appartement impersonnel parlent d’elles-mêmes. Pas d’effet personnel, pas de nom à l’interphone, c’est juste une résidence touristique », poursuit Me Mendes. « Ce business illégal aggrave la crise du logement pour les familles marseillaises. Sans compter les nuisances des groupes de visiteurs rapportées par les voisins, le syndic. Il faut que ce commerce illégal cesse. Il n’y a pas de “c’est Marseille bébé”, mais l’application de la loi nationale. 12 000 appartements sont enlevés aux Marseillais par des gens de passage », conclut l’avocat qui réclame 200 000 euros d’amende et une astreinte de 3 000 euros par jour pour le retour en bail classique.

    En défense, Me Victor Steinberg dénonce la « tonalité très politique et sans nuances d’un maire qui veut “faire la guerre aux Airbnb”, mais qui pour faire un exemple s’est trompé de cible ». Il décrit son client, Paul C., 37 ans, comme un « jeune travailleur ultra-connecté qui voyage beaucoup, fait de l’accompagnement au management de transition à l’international. Imaginer qu’il ait vécu chez ses parents à Paris est une thèse loufoque de la Ville qui vient traquer quelques incohérences administratives pour y voir une fraude organisée ». De produire une déclaration fiscale, des factures d’électricité et cent pages de factures de trottinettes comme preuve de son « ancrage marseillais ». Selon Me Steinberg, Paul C. aurait perçu « juste 6 900 euros de recettes » une fois retranchés les charges et travaux. L’appartement est depuis loué en bail mobilité à 4 étudiants colocataires à 680 euros mensuels chacun. Paul C. est désormais titulaire d’une carte de résident au Mexique. Il n’est pas rapporté que le Pastis lui manque.

    Décision le 30 juin.

  • La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    La Région Sud signe avec la SNCF un nouveau contrat

    Ce contrat entérine notamment un renouvellement des rames et des infrastructures ainsi que l’amélioration de la desserte. Aujourd’hui dégradé, le réseau des Alpes du Sud sera modernisé, notamment pour accueillir les Jeux olympiques de 2030. Un des grands objectifs de la Région.

  • L’impérieux devoir de mémoire du 8-Mai

    L’impérieux devoir de mémoire du 8-Mai

    Le 8 mai 1945 marque « la capitulation sans concession de l’Allemagne nazie » et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. « Notre combat est celui pour la paix, la guerre à la guerre, et contre les idées de l’extrême droite », insiste Patrick Saintenoy, président de l’Association républicaine des anciens combattants (Arac) des Bouches-du-Rhône. Elle fut « la seule association d’anciens combattants à dire non à Pétain ». Tous ses dirigeants furent arrêtés et fusillés.

    Ce 8-Mai inscrit dans la mémoire collective comme la date de la victoire sur le fascisme et la barbarie reste « une date fragile », note Jean-Marie Guillon. Supprimé en 1959, redevenu férié en 1982, « ce jour est concurrencé dès 1945 par le 11 novembre, il y a le 18 juin pour les Gaullistes, les fêtes de la Libération dans les communes, et cet éclatement du souvenir de la Seconde Guerre mondiale entre diverses mémoires », poursuit le professeur d’histoire honoraire d’Aix-Marseille Université. « Perdus dans les fériés de mai, beaucoup ne savent plus ce qu’il représente, or une commémoration ne tient que s’il y a une adhésion populaire mais le 8 mai n’a jamais joué le rôle rassembleur du 11 novembre ».

    Quatre-vingts ans plus tard, cette commémoration ne relève pourtant pas que du souvenir. Ce repère historique et républicain interroge le présent. La défaite militaire du nazisme n’a pas été celle des idéologies autoritaires. Les résistants en avaient conscience et ont accompagné la Libération d’un projet politique et social ambitieux, celui du Conseil national de la Résistance. Le programme des Jours heureux a posé les bases de l’État social français avec un objectif clair : tarir les sources économiques, sociales et politiques ayant permis la montée du fascisme dans les années 1930.

    Un héritage détricoté depuis des décennies, désormais au cœur d’une autre bataille. Résistance, peuple, patriotes, souveraineté, liberté, ces mots et notions forgés dans le combat contre l’occupant nazi sont aujourd’hui employés à rebours de leur sens originel. Là où la Résistance portait un projet d’émancipation collective, l’extrême droite s’en sert pour légitimer le repli, l’exclusion ou la contestation de l’État de droit.

    « Ils captent cet héritage de façon complètement indue. Ce vol a commencé dans les années 90 et n’a fait que se renforcer au fur et à mesure que l’extrême droite a prospéré et cherché à se donner une image respectable. Le père Le Pen disait qu’il était pour la Résistance. C’était celle à l’immigration, il jouait déjà sur les mots », rappelle Jean-Marie Guillon. Une inversion sémantique qui affaiblit les repères et brouille la mémoire.

    Ne pas se laisser voler

    le 8-Mai

    Aujourd’hui, les représentants d’un courant dont le principal parti, le Rassemblement national, a été fondé par ses adversaires, vont jusqu’à se ranger derrière la figure de De Gaulle. En nombre et en première ligne lors des commémorations. « Il faut se rappeler l’histoire, ils l’ont condamné à mort quand il était colonel », reprend Patrick Saintenoy. « On parle de ça dans nos commémorations patriotiques où tout le monde est représenté. Ils sont élus, ils n’ont pas fait un coup d’État. Il ne faut rien renier de nos valeurs républicaines mais avec diplomatie. »

    L’an dernier lors d’un hommage à la Résistance du maquis de Sainte Anne sur le plateau de Manivert, des anciens combattants ont tourné le dos au dépôt de gerbe du député d’extrême droite. À Marseille, où la mairie des 9e et 10e arrondissements est passée aux mains du RN, les communistes des 9-10, « fidèles à l’esprit de la Résistance » ont choisi de se détourner cette année de la cérémonie. « C’est une insulte que les héritiers du fascisme d’hier puissent rendre hommage à celles et ceux qui les ont combattus. Nous refusons de nous tenir aux côtés des représentants de nos ennemis historiques », justifie le PCF du 10e dans un communiqué listant les noms de rue donnés aux communistes tombés « face aux nazis et à leurs collaborateurs ».

    Les « héritiers du parti des fusillés comme il était appelé à la Libération, ne se laisseront pas voler le 8-Mai » et déposeront des gerbes, hors du cadre imposé par le RN. « La gauche a laissé partir le patriote du côté de la droite et de l’extrême droite, laissant une confusion entre nationalisme et patriotisme. Or le patriotisme était intimement lié à l’idée de République », assure Jean-Marie Guillon.

    Une bataille idéologique inscrite dans un contexte international marqué par la montée des droites autoritaires poussées par Donald Trump. Dans leur sillage, avec l’invasion russe en Ukraine et l’escalade en Iran signe de l’effondrement progressif du droit international hérité de l’après-guerre, ce
    8-Mai ne peut être réduit à un rituel figé. Le Conseil national de la Résistance portait une intuition toujours actuelle : sans justice sociale, sans droits garantis, sans coopération, les idéologies de haine trouvent un terrain favorable.

    LES RENDEZ-VOUS

    Bouches-du-Rhône

    Marseille. 11h, cérémonie commémorative à l’Arc de Triomphe, 19 place Jules-Guesde.

    Aix-en-Provence. 17h, Défilé patriotique sur le cours Mirabeau suivi par une cérémonie place du Général de Gaulle.

    Lyunes. 10h, cérémonie au monument aux morts, Espace Decastille.Allocution de Sophie Joissains, maire d’Aix.

    Les Milles. 11h45, cérémonie devant le monument aux morts, avenue Durbec.

    Martigues. 9h30, au monument aux morts de la Couronne, 10h45 à Saint-Julien-les-Martigues avec un dépôt de gerbe ; à 11h30 au monument aux morts 39/45, place du 8-Mai, 11h30 à Saint-Pierre-les-Martigues.

    Miramas. 9h, messe devant l’église Saint-Louis puis devant l’hôtel de ville, 10h, cérémonie au cimetière de Miramas-le-Vieux, 11h, départ du défilé.

    Châteauneuf-les-Martigues. 14h, bal d’époque, parc municipal François-Mitterrand avec exposition et défilé de véhicules militaires d’époque.

    Port-de-Bouc. 11h, cérémonie au monument aux morts de la Lèque.

    Entressen. 10h, cérémonie devant la mairie annexe. Départ du cortège vers le Monument aux morts.

    Istres : 10h30, cérémonie devant le Portail d’Arles, puis à 11h, devant la stèle de la Paix, esplanade Bernardin-Laugier.

    Aubagne. 9h30, rassemblement à l’entrée du cimetière des Passons,

    10h, rassemblement devant l’hôtel de ville.

    La Ciotat. 9h30, rassemblement au cimetière de Sainte-Croix à La Ciotat et à 11h, place des Héros à Ceyreste.

    Var

    Toulon. 9h40, cérémonie sur la Place d’Armes, déambulation de l’avenue Jean-Moulin à la place Gabriel-Péri, de 13h30 à 17h30 : ouverture à la visite du Fort Saint-Antoine avec exposition de véhicules et matériels militaires historiques.

    La Seyne. 9h, cérémonie au monument de la Victoire, esplanade du Souvenir Français.

    Fréjus. 9h45, cérémonie au Monument aux Morts, place Agricola.

    Hyères. 10 h, place Théodore-Lefèvre, à 10h, à Porquerolles, 12h à Giens.

    Draguignan. 8h45, cimetière Américain Rhône, 9h15, monument de la Résistance, 11h30, monument aux Morts, cour d’Honneur de l’Hôtel de Ville, 11h45, monument aux Morts, Jardin Anglès.

    Brignoles. 10h, cérémonie place Clemenceau et monument aux morts.

    Vaucluse

    Avignon. 9h, cérémonie au monument aux morts place de l’armée d’Afrique, 10h15, monument aux morts de Montfavet, 11h15, prise d’armes sur la place du Palais des Papes, 12h, monument aux morts du Rocher des Doms.

    Apt. 11h30, cérémonie au monument aux morts.

    Carpentras. 12h, cérémonie au monument de la Victoire.

    Orange. 10h cérémonie cours Pourtoules.

    Alpes-de-Haute-Provence

    Manosque. 16h, cérémonie au monument des martyrs de la résistance des Basses Alpes, boulevard Elemir-Bourges.

    Digne-les-Bains. 10h30, cérémonie au rond-point du monument aux morts.

    Sisteron. 9h15, départ du cortège depuis la mairie pour la cathédrale, 11h, rassemblements au monument de la résistance et à 11h40 au monument aux morts.

    Les Mées. 9h30, cérémonie au Monument aux morts du cimetière des Petits Camps, 11h, départ du cortège, Fontaine de la République, 11h30, cérémonie au Monument aux morts, square de la Paix.

    Oraison. 10h30, cérémonie sous la mairie.

    La Brillanne. 10h30, cérémonie devant la mairie.

    Reillanne. 11h15, cérémonie monument aux morts.

    Hautes-Alpes

    Briançon. 11h, au monument aux morts.

    Gap. 11h, au monument aux morts.

    Embrun. 11h15, messe à la Cathédrale Notre Dame du Réal, 12h30, cérémonie au monument aux morts.

    L’autre 8-Mai, hommages aux victimes des massacres de Sétif

    Plusieurs cérémonies et manifestations auront lieu ce vendredi 8 mai, à Marseille, Martigues et Aix-en-Provence, pour commémorer le massacre de milliers d’Algériens en 1945, à Sétif, mais aussi Guelma et Kherrata, dans le Constantinois. Le jour de la capitulation de l’Allemagne nazie, un défilé est organisé dans plusieurs villes d’Algérie. La situation dégénère rapidement et les rassemblements sont très férocement réprimés, répression qui aurait fait de 10 000 à 30 000 morts, selon les historiens. La Ville de Marseille organise vendredi 8 mai, une cérémonie au parc de la Porte d’Aix à 15h avec le dévoilement d’une plaque commémorative, la Ville de Martigues est à l’initiative d’un hommage au cimetière de Réveilla, à partir de 10h30 tandis que la France insoumise commémorera les victimes de ces massacres à Aix-en-Provence, place des Martyrs, à partir de 10h30.

    Carmen Vollenweider