Tag: Marseille

  • Le jour d’après pour la Métropole Aix-Marseille

    Le jour d’après pour la Métropole Aix-Marseille

    Retour à la case départ. Au lendemain de l’approbation d’une modification budgétaire assumée comme insincère par l’hémicycle métropolitain, les services de l’État confirment que le préfet saisira logiquement la chambre régionale des comptes, dès lors que la délibération lui sera notifiée. Une décision sans surprise. Le vote qui modifiait le budget arrêté par la préfecture au mois de juin ignorait délibérément la disparition de 53 millions de recettes issues des coupes prévues dans la dotation de solidarité versée aux communes. À une voix près ce jeudi, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan a imposé une minorité de blocage, échappant à une perte sèche de 36 millions d’euros pour sa ville.

    « Benoît Payan et les élus du Printemps marseillais se sont battus pour défendre Marseille, les Marseillaises et les Marseillais », rappelle encore ce jeudi la majorité marseillaise, qui reproche à la droite et l’extrême droite d’avoir « marqué contre Marseille » en approuvant cette délibération. Le RN et ses alliés de leur côté remercient encore le président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard « qui a très clairement annoncé lors de cette séance budgétaire sa volonté de travailler avec nous » sur un nouveau plan de coupes sombres de 100 millions d’euros.

    Trois options

    « Le Département continuera d’accompagner les communes, de soutenir la Métropole lorsqu’elle agit dans l’intérêt général », réagit sa présidente Martine Vassal (DVD) face à ce « blocage institutionnel ». Et d’insister sur son vote en faveur de la délibération coupant dans la dotation de solidarité, appelant le président à « prendre ses responsabilités ». « Nous voulons faire une délibération en octobre sur des aides complémentaires aux structures et communes en très grande difficulté », annonçait lui aussi le président (Ren.) de la Région Renaud Muselier, en campagne pour les sénatoriales, sur BFM Marseille jeudi soir. Il promet d’ores et déjà de modifier la loi spéciale qui a créé la Métropole, ce « truc en plomb qui ne peut pas avancer ». Les Insoumis de leur côté rappellent qu’ils veulent la supprimer.

    Reste à savoir ce qui va advenir dans l’immédiat à cette Métropole. Dès lors que la chambre régionale des comptes sera saisie, c’est le budget arrêté par le préfet au mois de juin qui de nouveau s’applique, avec ses coupes dans les attributions de compensation versées aux communes. Les magistrats financiers ne pourront que constater l’insincérité assumée du budget, qui présente des recettes inexistantes, et donc son déséquilibre réel. « À partir de là, l’incertitude est totale », reconnaît le vice-président (LR) aux finances David Ytier. Trois options se profilent déjà dans la copie qui doit être rendue un mois après la saisine : les magistrats pourraient réitérer leur proposition initiale ou reprendre le budget arrêté par le préfet. Mais la municipalité marseillaise espère aussi qu’ils proposeront une trajectoire pluriannuelle pour résorber ce déficit, comme cela a été le cas pour le Département de Gironde. Des propositions qui devront être soumises au vote. « On regrette d’en être arrivés là », souffle-t-on dans l’entourage du maire, face à « un défi lancé à des institutions qui ne nous feront pas de cadeau ». Si un départ de l’exécutif n’est pas à l’ordre du jour, « nous avons été déçus par l’absence de dialogue et de considération de Nicolas Isnard », reproche-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. « Cela va ajouter beaucoup de complexité à l’exercice de 2027 », craint de son côté l’argentier de l’institution. « On décale le problème, on ne le fait pas disparaître », pointe David Ytier, en rappelant que chaque commune peut saisir aussi les magistrats financiers pour solliciter des dépenses obligatoires. Mais la réunion du pacte financier et fiscal prévue ce mardi à Aix-en-Provence reste maintenue. « Nous continuons à travailler », insiste-t-il, et en bonne entente avec Marseille. Le même jour, Nicolas Isnard présentera l’édition 2027 de son marathon. Une épreuve que la Métropole doit désormais courir.

    « Nous décalons
    le problème. »

  • Graffiti, DJ et breakdance pour les minots de la Gavotte-Peyret

    Graffiti, DJ et breakdance pour les minots de la Gavotte-Peyret

    Les premiers pas sur le lino, posé en plein cœur de la résidence de la Gavotte-Peyret à Septèmes-les-Vallons, sont un peu timides. Installé ce vendredi après-midi, l’objectif est de faire découvrir aux enfants mais aussi aux plus grands, la culture hip-hop. Au programme : initiations gratuites aux tags, au mixage et à la breakdance.

    Et pour chauffer tous les habitants, c’est Mofak, breaker, compositeur et directeur artistique de la Breaking Cup, qui est au micro. L’artiste participe à l’événement depuis 3 ans. Pour cet enfant de Marseille « c’est important de transmettre ce que l’on nous a appris. Ça fait partie des valeurs de ce milieu ». Alors, il n’hésite pas à motiver les plus timides à venir apprendre les bases de la danse avec Lina Félicité, danseuse de l’association Ac2n.

    Mais au début, le lino impressionne un peu, laissant la piste à la danseuse qui en profite pour faire une petite démonstration. C’est vers les bombes de peinture que les minots se précipitent d’abord. Organisés par le graffeur Ozas, les petits apprennent « les bases : comment utiliser la bombe, à quelle distance et avec quelle pression », explique le taggeur. Ce qu’ils testent en remplissant les lettres du nom de leur quartier, dessinées par Ozas. Une petite victoire pour Aziza, qui avec deux amies observe toute cette effervescence. « Je suis contente, mon petit-fils est là-bas, alors que normalement, il n’y a que le foot qui compte. »

    Passées les premières réticences, des petits groupes de curieux s’aventurent sur la scène centrale. Si les premiers gestes sont hésitants, les conseils de Lina semblent porter leurs fruits : Iden et ses amis s’essaient même à quelques figures. Des tentatives encouragées par Mofak au micro : « je vois que ça break un max ».

    Samia et Jasmine ont elles aussi, osé s’aventurer sur le lino. Après avoir appris quelques mouvements, elles se lancent dans une battle. Si Jasmine fait déjà de la danse, en étant pom-pom girl, c’est une première pour Samia : « j’ai trop aimé quand on a appris certains mouvements. Après la figure c’était un peu difficile », ajoute-t-elle.

    Une histoire

    de transmission

    Un savoir-faire que Lina Félicité est heureuse de transmettre. Si elle n’a fait que deux ans de cours de breaking, elle a déjà bien assimilé ses valeurs. « Je trouve ça cool de faire en sorte que les enfants s’intéressent à cet univers. Moi c’est à l’école primaire que je l’ai découvert, et j’ai tout de suite adoré », se rappelle-t-elle.

    Derrière DJ D.D, il y a foule aussi, curieux de voir comment l’artiste fait ses transitions et le fameux scratching [toucher les vinyles pour faire un effet éraflé et rythmé]. Parmi les bambins qui s’essayent aux platines, il y a le petit-fils de Shérazade, celle-ci félicite ce genre d’initiative : « c’est vraiment super ce genre d’événement, ça permet aux petits de découvrir plein d’activités et ça nous fait sortir », sourit-elle.

  • Bboys et bgirls fin prêts pour les battles… que le meilleur gagne !

    Bboys et bgirls fin prêts pour les battles… que le meilleur gagne !

    La Marseillaise Breaking Cup se déroule tout au long de la journée de dimanche, mais comment va se dérouler la compétition ? La discipline se dispute en battle, des face-à-face entre deux breakers. B-boy Wesna figurera dans le jury (toujours d’un chiffre impair) de cette 5e édition, il explique en détail le fonctionnement : « Dans un 1 contre 1, c’est tout simplement que les danseurs se mettent face à face, et ils vont donner leurs meilleurs moves pour pouvoir gagner », explique-t-il simplement. Tony Badman, le speaker de l’épreuve, détaille la meilleure manière de gagner. « La musicalité, le style, l’originalité, il y a énormément de choses qui sont prises en compte. On a aussi la propreté, l’exécution, la prise de risque aussi. Il y a une chose aussi qu’il ne faut pas faire, c’est ce qu’on appelle dans le jargon du hip-hop : “pomper“. C’est le fait de recopier le move d’un danseur. »

    La musique prend une place énorme dans la gestion d’une battle. Wesna dira que « sans musique, on ne peut pas danser, tout simplement ». L’adaptation au DJ est aussi importante pour les danseurs, peu importe la discipline, alors que le speaker, le « MC », pose un cadre pour que spectacle se fasse. « Il doit connaître l’univers du danseur, le milieu du break, pour pouvoir le présenter au mieux », renchérit Tony. Au final, deux passages doivent départager et désigner le vainqueur de chaque battle.

  • [Entretien] Mofak : « On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit »

    [Entretien] Mofak : « On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit »

    La Marseillaise : Pourquoi vous tient-il à cœur de vous investir au plus près des quartiers avec La Marseillaise Breaking cup ?

    Mofak : Ça peut être l’occasion de donner une étincelle à un jeune, de lui transmettre une passion, de lui donner envie de prendre des cours de danse, de DJing, de graff. Et parfois, tout simplement, cette rencontre peut déclencher quelque chose chez un jeune. Pour moi, c’est donc essentiel de pouvoir aller dans les quartiers et transmettre ce qu’on a nous-mêmes reçu des grands, qui étaient là avant nous. Ils nous ont donné leur temps, leur énergie, leur savoir et leur passion. Aujourd’hui, c’est à notre tour de redonner.

    Vous disiez avoir beaucoup reçu
    de vos aînés. Pouvez-vous nous raconter comment vous avez vécu votre enfance au quartier du Clos-la-Rose, dans le 13
    e arrondissement ?

    M. : Nous, on était peut-être un peu plus autonomes, mais on a surtout eu la chance d’avoir des grands autour de nous. Des personnes comme DJ Djel de la Fonky Family, qui m’a un peu initié, ou Didier Dazoyam du groupe IAM, qui a pris le temps de me montrer, de transmettre. Je suis vraiment reconnaissant de tout ce que j’ai pu recevoir de ces grands-là. Et aujourd’hui, je pense que c’est à nous de donner à notre tour, notamment aux jeunes qui sont curieux, qui ont envie d’apprendre et qui veulent s’investir. Ça me fait plaisir de pouvoir le faire, parce que le temps passe et, à un moment, il faut aussi savoir laisser la place. Pour moi, c’est ça, l’héritage du hip-hop. C’est une culture de transmission, de partage et d’héritage. C’est important de ne pas garder pour soi ce qu’on a appris.

    Qu’apportent les cultures urbaines à la jeunesse ?

    M. : Les jeunes écoutent certaines musiques, mais ils ne connaissent pas forcément leur origine, ni toute l’histoire qui se trouve derrière. Les danseurs étaient avec les rappeurs, les rappeurs avec les DJs, les DJs avec les graffeurs… Tout le monde faisait partie du même mouvement. C’est l’histoire qui a fait qu’avec le temps, les disciplines se sont davantage séparées, mais à l’origine, elles étaient profondément liées. C’est un petit moment d’histoire qu’on leur transmet.

    Cela permet également aux jeunes de se détacher des écrans, devenus omniprésents dans notre société…

    M. : Beaucoup de personnes sont devenues esclaves des écrans, il faut le dire. C’est un véritable fléau et ça touche aussi bien les enfants que les adultes. C’est important de pouvoir préserver les jeunes le plus longtemps possible, de leur permettre de rester concentrés sur une activité, de leur donner quelque chose qui les passionne et qui les éloigne de certaines choses. Cette activité, ce n’est pas forcément le hip-hop. Ça peut être le foot, le basket, la danse, la musique… Peu importe. L’essentiel est de leur donner un cadre, une passion, quelque chose dans lequel ils peuvent s’investir et s’épanouir.

    Quel message souhaitez-vous faire passer aux Marseillais ?

    M. : Rendez-vous dimanche à l’Opéra de Marseille ! On va célébrer ça ensemble, parce que c’est historique : c’est la première fois qu’on est programmés à l’Opéra. On va fêter ça comme il se doit, parce qu’on marque une page de l’histoire. Je suis vraiment content et fier de pouvoir vivre ce moment avec La Marseillaise. Et en plus, c’est gratuit ! On s’est battus pour que cet événement soit accessible à tout le monde. Alors vraiment, il ne faut pas rater ça. On va célébrer les cultures urbaines comme il se doit.

  • La Breaking cup franchit les portes l’Opéra

    La Breaking cup franchit les portes l’Opéra

    L’heure est venue d’entrer pleinement dans le vif du sujet. Après six jours de démonstrations et d’animations autour de la culture urbaine à Marseille et dans ses environs, La Marseillaise Breaking cup propose, ce dimanche, une compétition internationale. La discipline prendra ses quartiers toute la journée devant et à l’intérieur de l’Opéra. Une première qui s’annonce remarquable, avec des activités proposées sur le parvis du matin au soir.

    L’événement débutera justement au cœur de la matinée. Le fronton de l’Opéra accueillera les qualifications de la Breaking Cup. À l’issue d’un mini-tournoi, seuls les meilleurs accéderont à la scène principale dans l’après-midi. Entre 14h et 18h30, les phases finales se dérouleront sur le parquet de l’édifice. Une épreuve longue durée avec trois catégories du breaking qui sont représentés : le popping, le breakdance et le hip-hop. Des styles et des façons de danser différents qui mettront en appétit les 600 spectateurs attendus pour assister à la compétition. L’entrée est totalement gratuite, mais la réservation est conseillée, puisqu’une majorité des places a déjà été réservée.

    Un jury international

    pour les battles

    Pour désigner les vainqueurs, un jury de choix a été constitué. Neuf personnalités issues du monde du breaking départageront les concurrents des trois disciplines. En breakdance, les Français Lil’Kev et Babyson, ainsi que le Brésilien Samuka, jugeront les performances. Pour le popping, Ness, Sonya et le Canadien Hya ont été invités. Le hip-hop sera quant à lui évalué par Dykens, Sam Yudat et le Marseillais Pakdjeen.

    Parmi les danseurs stars conviés (voir par ailleurs), figure notamment la B-Girl Pita. Enfant de Marseille, Pita Auffan participera aux « battles », avant de se rendre aux championnats du monde de breakdance, début décembre, à Paris. Cinq DJ rythmeront la journée. Un pour chaque discipline, tandis que DJ Cali animera le roller-disco prévu sur le parvis à partir de 15h. Asli s’occupera du warm-up et des entractes. Kmeleon et Tony Badman seront, eux, les speakers officiels de la compétition.

    La Marseillaise Breaking Cup clôturera la saison événementielle du journal et fera entrer ce type de danse dans une nouvelle dimension grâce à sa présence dans ce cadre unique. « On est très heureux de pousser les portes de l’Opéra de Marseille. Toute la communauté du hip-hop marseillais est “choquée” de ce qui arrive », lance Tony Badman.

  • L’histoire continue de s’écrire

    L’histoire continue de s’écrire

    La culture hip-hop franchira, dimanche,
    une étape symbolique à Marseille en investissant pour la première fois l’Opéra municipal. Pendant longtemps,
    les cultures urbaines ont dû conquérir leur place, d’abord dans la rue,
    puis sur les scènes,
    avant d’obtenir la reconnaissance qu’elles méritent, notamment
    lors des Jeux Olympiques de 2024.

    Voir aujourd’hui le breaking, le hip-hop, le popping et l’ensemble de cet univers franchir les portes d’un lieu aussi emblématique constitue bien plus qu’un simple changement de décor. Cette journée est d’abord une célébration du talent. Celui de danseurs venus de divers horizons pour partager leur passion et repousser leurs limites. Mais elle est aussi la reconnaissance d’une culture qui rassemble, crée du lien et transmet des valeurs fortes.
    Le hip-hop n’est pas seulement une pratique artistique. C’est une école de respect, de créativité, de persévérance et de dépassement de soi.

    Transmission

    La Marseillaise Breaking cup s’est imposée comme un rendez-vous incontournable. Elle affiche surtout une ambition chevillée au corps de La Marseillaise : aller à la rencontre des habitants, notamment des plus jeunes. Comme le rappelle Mofak, directeur artistique, dans nos colonnes, une passion transmise au bon moment peut changer une trajectoire, éveiller une vocation ou simplement offrir un cadre et des repères. Des moments de partage qui rappellent que la culture se vit et se transmet. Au-delà des performances et des résultats des « battles », la journée de dimanche rappellera surtout le parcours d’une culture née dans la rue et qui continue d’écrire son histoire, sans renier ses origines.

  • Une déflagration politique pour la Métropole

    Une déflagration politique pour la Métropole

    Les résultats ne sont pas encore proclamés dans l’hémicycle métropolitain, que le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan lance à la cantonade : « ça s’appelle à la honte et le déshonneur ! » Ce jeudi après-midi, il n’a fallu qu’une seule voix pour que la minorité de blocage fasse échouer les coupes prévues dans la dotation de solidarité communautaire. La délibération à l’ordre du jour pour modifier le budget arrêté par le préfet nécessitait en effet une majorité des deux tiers pour retirer 53 millions d’euros – dont 36 millions pour la seule ville de Marseille – dans ces fonds versés aux communes depuis l’accord de 2022. Les services de l’État avaient eux préconisé de les retirer dans les attributions de compensations versées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle, dont bénéficient surtout les communes industrielles. Mais au moment où les résultats du scrutin à bulletins secrets tombent, le verdict est sans appel : face aux 79 voix contre et 2 abstentions, les 156 suffrages qui se prononcent en faveur de la délibération n’ont pu être obtenus qu’avec le soutien de l’extrême droite. Sans que cela ne suffise.

    « Pas en danger »

    Cette même extrême droite assurait que jamais elle ne soutiendrait les délibérations budgétaires quand la Métropole s’apprête à augmenter la cotisation foncière des entreprises pour 2027. « Nous avons pris nos responsabilités pour les Provençaux et les Marseillais », justifiait le député RN Franck Allisio, satisfait de voir « un exécutif prêt à travailler avec nous ». Le président de son groupe Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) nie tout lien avec les sénatoriales. « Nous sommes bien au-delà de tout ça », balaie-t-il.

    En plein hémicycle, alors que se prolongeait le débat sur la révision du pacte fiscal et financier métropolitain, Nicolas Isnard partageait son envie de tourner la page de l’année écoulée pour traiter le budget de l’année à venir. « Écoutons toutes les propositions, celles du RN, celles de Sophie Joissains, de Jean-Pascal Gournès, de Georges Cristiani », énumérait-il. « En ce qui me concerne, les convictions sont moins malléables que l’adoption ou non d’un budget », lance Benoît Payan en réponse.

    Mais avec l’échec du vote sur la dotation de solidarité, c’est tout le château de cartes de la modification du budget qui menace de s’effondrer. Sans les 53 millions de coupes prévues, « nous sommes en train de présenter un budget insincère », alerte Benoît Payan. « Si nous ne votons pas aujourd’hui, nous ne rajoutons pas les crédits dont nous avons besoin », répond le vice-président (LR) aux finances, David Ytier. Reconnaissant « un doute juridique ». Bravache, Nicolas Isnard veut prendre le risque, et l’hémicycle, sans le vote de la gauche métropolitaine, accepte de modifier un budget qu’il sait insincère.

    Pour les maires, la calculatrice tourne dans les esprits, qui comptent combien ils peuvent perdre dans les attributions de compensations qui leur sont versées. « J’avais proposé d’actionner le levier fiscal dès le mois d’avril », déplore le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, pointant le pari « pas gagnant » d’avoir confié le budget à la chambre régionale des comptes et refusant de répéter l’opération. « Notre Métropole ne peut se construire ni contre les communes, ni sans elles, et particulièrement contre Marseille. Mais l’addition des intérêts communaux ne fait pas à elle seule l’intérêt métropolitain », avertit-il face aux enjeux du territoire.

    « Je suis en train de regarder mon budget communal, j’ai un trou de 2,4 millions dans ma section de fonctionnement, cette logique m’empêche de réfléchir à chaud », réagit les nerfs à vif le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, au milieu du débat juridique qui se lance sur les conséquences des votes successifs. De quoi exprimer l’émotion de nombreux maires. « L’avenir de la Métropole n’est pas en danger », se rassure Nicolas Isnard à l’issue des échanges en se vantant d’avoir le soutien « massif » de près de deux tiers de l’hémicycle. Qui n’a pas suffi ce jeudi. « Il n’y avait rien à négocier », assure-t-il face au soutien de l’extrême droite dont il refusait les voix pour son élection. Seul compte le fait de n’avoir pas augmenté cette année les impôts, peu importe la fracture dans son exécutif. « Ce n’est pas ma préoccupation », lâche-t-il. « J’ai toujours considéré que les communes n’avaient pas à faire les frais des turpitudes métropolitaines », défendait pour sa part Benoît Payan à la sortie de l’hémicycle.

  • Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Un livre blanc pour un projet citoyen des transports publics métropolitains

    Partir de l’Estaque pour aller se balader à la Pointe Rouge en tram ? Un RER direct reliant Aix-en-Provence et Toulon en passant par le nord de Marseille ? Heddy Aouad, un Marseillais de 37 ans travaillant dans les relations publiques a lancé un projet qui vise à révolutionner le réseau des transports actuel mis en place par la métropole. Marseille Mobilité 2040 représente un livre blanc de 113 pages, accessible en ligne, qui explore en long et en large une vision futuriste et, selon son créateur « réaliste », de ce à quoi pourrait ressembler le paysage urbain autour et au cœur de la cité phocéenne.

    « Le but c’est de lancer une réflexion collective et de mettre les élus face à leurs responsabilités pour qu’ils comprennent que Marseille n’est pas condamnée », explique l’auteur de ce livre blanc. « On ne peut pas laisser la 2e ville de France gérée par des gens incompétents qui font n’importe quoi de l’argent public. »

    Une vision qui a pour but de restructurer les transports métropolitains tout en dénonçant un certain laxisme. Et de promouvoir un fort développement du réseau du métro et du tramway. Avec, par exemple, le prolongement de la ligne M1 en passant par La Valentine, Les Olives et La Croix-Rouge. Concernant la M2, elle serait également prolongée jusqu’à Saint-Antoine. Pour les tramways, le plan vise l’extension des lignes T1 et T3. De plus 3 lignes seraient ajoutées dont la « T6 », reliant la gare de l’Estaque à la Pointe Rouge. Pour le réseau ferroviaire, trois lignes de RER feraient leur apparition. Elles ne nécessiteraient aucune construction d’infrastructure. Une fiction qui pourrait peut-être donner des idées à la métropole.

  • Les Sages censurent la « pseudonymisation » des enquêteurs : de quoi parle-t-on ?

    Les Sages censurent la « pseudonymisation » des enquêteurs : de quoi parle-t-on ?

    Par Le SAF Marseille

    Chaque semaine, retrouvez « Robes noires », une chronique dédiée au monde de la justice, proposée par des avocats du SAF, issus des barreaux d’Aix-en-Provence, de Marseille et de Montpellier.

    Pseudonymisation. Derrière ce mot, une chose simple : le policier qui interpelle, fouille et place en garde à vue ne signe plus le procès-verbal de son nom, mais d’un numéro. Ce n’est pas nouveau. Depuis 2017, la loi le prévoyait déjà, à trois conditions : un danger réel pour la vie de l’agent ou celle de ses proches, une autorisation nominative et motivée de sa hiérarchie transmise au procureur, et des affaires d’une certaine gravité. L’anonymat était l’exception et devait se justifier. La loi promulguée le 18 août dernier faisait sauter les trois verrous : tout agent, toute procédure, aucune autorisation. Le Conseil constitutionnel l’a censurée, et la justification mérite d’être suivie pas à pas. Aujourd’hui, quand l’avocat de la défense demande au juge le nom réel d’un agent, celui-ci doit peser deux choses : le danger que la révélation ferait courir à l’agent et la nécessité de ce nom pour la défense. Il peut trancher dans un sens comme dans l’autre. Le texte censuré supprimait cette pesée : dès lors que le magistrat retenait une menace, au vu des observations de l’agent, le nom ne pouvait plus être communiqué, y compris lorsqu’il était indispensable à la défense. La menace l’emportait par principe. Rien n’interdisait donc de condamner sur des preuves dont la personne poursuivie n’avait pas pu discuter les conditions de recueil. Le jour de la publication de la décision du Conseil, le ministre de l’Intérieur annonçait déjà une réécriture, contrarié par la neutralisation de l’une des mesures organisant clairement l’irresponsabilité policière.

    Irresponsabilité organisée

    Pour rappel, la même loi supprime l’enregistrement de la vidéosurveillance des cellules de garde à vue. Le commissariat filmera toujours, en direct, mais ne conservera rien. Les avocats ne verront plus les vidéos. Le Défenseur des droits non plus. Cette disposition, elle, a été validée. Dans un local fermé, sans témoin, ces images étaient souvent le seul moyen d’établir la réalité des faits. Pourtant, elles protégeaient en théorie autant la personne potentiellement violentée que l’agent injustement inquiété. Comme quoi, l’argument « si vous n’avez rien à vous reprocher, pourquoi refuser d’être filmé ? » est à géométrie très variable. Chacun a en tête, enfin, le texte voté cet été par les députés, désormais devant le Sénat, qui présumerait les tirs policiers par arme à feu réguliers. La Défenseure des droits avait prévenu : le cadre actuel est déjà dérogatoire et protecteur pour la police. Il semble qu’il en faille toujours plus, assurer la disparition de toutes les preuves et rendre l’office du juge impossible.

    Identifier, filmer, prouver. Trois verrous retirés l’un après l’autre. Pris isolément, chacun se plaide. Leurs absences cumulées dessinent une irresponsabilité organisée.

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  • La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    La Fiesta des Suds prête à illuminer l’automne

    Comme le rappelle d’emblée Nathalie Solia, « la fabrique de la Fiesta des Suds s’est faite dans un contexte pas forcément favorable, avec des échéances électorales, des problématiques climatiques, l’inquiétude du secteur, le repli sur soi, les conflits mondiaux… ». Selon la directrice de cet événement qui sonne les trois coups de l’automne culturel marseillais, « une ambiance devenue hélas structurelle au milieu de laquelle nous voulons maintenir la lumière de notre étoile, celle du meilleur festival au monde ». Des étoiles, il y en aura toute une constellation, du 8 au 11 octobre sur l’esplanade du J4, à l’instar de Véronique Sanson, tête d’affiche de la soirée inaugurale de la Fiesta des Suds. « Une icône de la chanson », qualifie Frédéric André, programmateur de l’événement, un demi-siècle de carrière dans le rétroviseur et des tubes en pagaille, de Besoin de personne en 1972 à Chanson sur ma drôle de vie en passant par Vancouver ou Bahia.

    « J’ai lu une étude de l’université de Londres selon laquelle, quand on regarde un concert, on ne fait pas que regarder un concert. Les rythmes cardiaques des spectateurs se synchronisent tous ensemble. N’est-ce pas cela la Fiesta ? », s’adresse Frédéric André qui, fidèle à l’ADN du festival, veut aller à rebours de « la culture capitaliste. On essaye toujours de mettre de l’humain, des émotions, tout ce qui n’est pas monétisable ». Parmi les astres musicaux programmés cet automne, Imany. Une évidence au sujet de cette chanteuse « née à Martigues, qui a grandi à Istres, d’origine comorienne. Son nouvel album [Women deserve rage, ndlr] parle d’une relation toxique, qui lui a valu de la colère mais aussi de la guérison qui infuse dedans », développe celui qui a aussi programmé pour cette édition le « dandy rock » Bertrand Belin et Stephan Eicher. L’occasion de découvrir l’éventail musical étonnant de ce guitariste-baroudeur, surtout connu du grand public pour des titres tels que Déjeuner en paix ou Combien de temps dans les années 1990, mais qui vient de sortir son 18e album Poussière d’or. Au menu également, le groupe le plus moustachu et funky d’Aix, Deluxe, ou encore Selah Sue. La soulwoman belge sera accompagnée par The Gallands, duo du batteur virtuose Stéphane Galland et son fils Elvin. « La Fiesta, c’est s’ouvrir à d’autres cultures, aux autres. Ici, le public n’est pas considéré comme des consommateurs mais des citoyens », estime Nathalie Solia.

    Soirées et jours heureux

    Conseiller artistique du festival, Olivier Rey fait quant à lui part de sa volonté de « perpétuer l’héritage de nos pères fondateurs. Dans une société plus fragmentée que jamais, la Fiesta, cet espace de dialogue et parenthèse enchantée automnale, semble plus que jamais essentielle ». Autant d’horizons et de brèches également esquissés sur la « Scène Major » de la Fiesta, où se produiront de 19h à 2h du matin des groupes ouverts aux rythmes mondiaux. Au programme notamment, HabibiSly, franco-syrien qui « mélange disco, électro et musique orientale », le rock d’inspiration sahraoui du trio Sidiaz, ou encore la transe afro-colombienne luxuriante du groupe Ghetto Kumbé. « Le J4, c’est l’entrée du port et de notre ville, là où tout arrive et tout part. Ici, nous accueillons tout le monde dans une Fiesta engagée », résume Nathalie Solia. Illustration supplémentaire avec la désormais traditionnelle Fiesta du dimanche, entièrement gratuite, le 11 octobre. Davantage tournée vers les « familles », une journée de « découvertes, rencontres et musiques », jalonnée par de nombreuses animations telles que des ateliers culinaires, des parties de pétanque et des battles de danse hip-hop. Et des temps forts artistiques comme La Fiesta des jours heureux, comédie musicale de Christina Rosmini autour des « airs populaires des années 1930 », indique la coordinatrice de la journée, Marion Bergé-Lefranc, dans le but de célébrer « les 90 ans du Front populaire ».