Tag: Marseille

  • [La recette du Vieux-Port] Seiche au fenouil et à la tomate

    [La recette du Vieux-Port] Seiche au fenouil et à la tomate

    C’est sur l’étal de Sandrine et Kylian, que le choix d’Élisabeth s’arrête ce matin. Ce sera de la seiche ! Explications : « Je sors mon faitout et je fais revenir dans l’huile d’olive des oignons émincés, 2 ou 3 fenouils et une gousse d’ail tout en remuant. Puis j’ajoute un fond d’eau. Je coupe en gros morceaux ma seiche que j’ai nettoyée, délestée de son os et mets à part son encre pour une future recette. Je les dépose dans la marmite avec des tomates fraîches. Sel, poivre et je laisse cuire à feu doux environ 30 mn. Je l’accompagne dans l’assiette de riz de Camargue. »

  • Dix projets innovants primés

    Dix projets innovants primés

    Dix projets portés par des acteurs de la région et financés par l’Union européenne ont été récompensés ce jeudi 7 mai à l’hôtel de Région, à Marseille. C’est le projet de l’ambulance connectée qui a remporté le prix du public lors de cette 4e édition.

  • L’heure du retour a sonné pour le CNM

    L’heure du retour a sonné pour le CNM

    Avec le Cercle des nageurs de Marseille, rien n’est impossible. Mais, afin de rejoindre la finale de l’Euro Cup, ils devront réaliser une performance XXL : battre Radnicki, l’une des meilleures équipes européenne, qui les a déjà battus lors du match aller à Kragujevac, en Serbie (17-14), tout en l’emportant avec trois buts d’écart a minima. En cas d’égalité sur l’ensemble des deux matches, les deux formations se départageront aux tirs-au-but. Au match aller, les Serbes de l’ancien pensionnaire du CNM, Andrija Prlainovic, se sont montrés plus efficaces dans les phases de supériorité et plus solides dans les duels, malgré un bel apport du duo Crousillat-Vernoux.

    Invaincus depuis février

    Les Marseillais ont montré qu’ils étaient capables de faire douter cette équipe de Radnicki, invaincue depuis leur élimination au 1er tour de la Ligue des Champions, au mois de février, toutes compétitions confondues.

    En cas de qualification, les poloïstes phocéens rejoindraient pour la deuxième fois de leur histoire la finale de la deuxième Coupe d’Europe, compétition qu’ils ont remportée en 2019. De quoi espérer ajouter un deuxième trophée européen à côté d’un potentiel 43e titre de champion de France, dans quelques semaines.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au musée Longchamp, Diogène veut qu’on s’écarte de son soleil

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au musée Longchamp, Diogène veut qu’on s’écarte de son soleil

    Autrefois conservateur de ce musée, Philippe Auquier avait rassemblé plusieurs moulages, pour la plupart réalisés en 1901 par François Carli.

    Tout commence par l’arrivée dans le port de Toulon, en 1675, de deux gros blocs d’une riche matière. Le premier suscitera l’apparition de Milon de Crotone ; le second marbre, choisi pour Alexandre et Diogène, fut achevé à Marseille quatorze années plus tard. Colbert et Louvois sont les commanditaires. Pierre Puget aurait passionnément aimé que ses sculptures soient en bonne place au palais de Versailles. Tout en restant singulier et autonome, il lui fallait ne pas déplaire au souverain. Alexandre est un invincible guerrier, un modèle de conduite pour Louis XIV, qui pourrait prendre ombrage si Diogène, dans l’interprétation qu’en donnerait Puget, faisait preuve d’une trop vive insolence.

    Dans ce contexte, la farouche réplique « Ôte-toi de mon soleil » n’est pas seulement la réaction d’un philosophe qui méprise les pouvoirs et l’ordre établi. Tout en réclamant les honneurs et la reconnaissance des puissants, un artiste de l’Ancien Régime persévère, demeure fidèle à ses origines et à son tempérament. Ni dissident ni courtisan, capable, écrivait Baudelaire, de « colères de boxeur », à la fois soumis et plein d’orgueil, Pierre Puget fraye sa voie parmi les embûches et les contraintes de son époque.

    Dans cet étrange péplum, avec casques, cuirasses, boucliers, oriflammes et sons de trompe, l’artiste fait montre d’humour et d’ironie. Les trognes et la brutalité, les gestes des soudards qui dérangent la sérénité du philosophe stoïcien l’ont révolté et scandalisé. Pour sauvegarder les finalités de ce bas-relief, mieux vaut quitter bruit et lourdeur, contempler l’énergie de Diogène, son visage inspiré par le Laocoon, finement relancé par le « mélancolique empereur des forçats ».

    Diogène lève les yeux, fixe pensivement l’horizon, ne regarde pas l’empereur. Sa détresse est à la fois noble et suppliante ; la main qu’il tend demande secours. De son côté, Alexandre est à moitié surpris et ne veut pas se venger du refus de Diogène. Un statu quo se maintient. Chiens, chevaux et soldatesque rejoignent Corinthe.

  • Pierre-Emerick Aubameyang exclu du groupe au Havre

    Pierre-Emerick Aubameyang exclu du groupe au Havre

    C’est sans son attaquant de pointe que Habib Beye va composer son onze de départ pour le match face au Havre, ce dimanche à 21 heures, pour le compte de la 33e journée de Ligue 1.

    Pierre-Emerick Aubameyang n’est pourtant pas blessé. Mais pour avoir voulu divertir ses coéquipiers lors de la mise au vert à la Commanderie, qui a suivi l’humiliation face à Nantes, il se retrouve sanctionné. Son geste, qui rappelle celui d’Adil Rami avec l’équipe de France lors de la Coupe du monde 2018 en Russie, peut prêter à sourire. Mais avoir vidé un extincteur sur les affaires d’un membre du staff n’a pas été du goût de Habib Beye, qui a signifié à son joueur qu’il ne ferait pas le déplacement au Havre.

  • [Chronique des invisibles] Il existe pire que mourir, c’est vivre avec ses morts

    [Chronique des invisibles] Il existe pire que mourir, c’est vivre avec ses morts

    L’extrême solitude de celui où celle qui reste, enfermé dans ses souvenirs, le silence pour ombre, est insoutenable et pourtant le lot quotidien de nombreuses personnes, à force d’être dans les replis sombres de la société, on en vient à les oublier. C’est cette mamie, dont l’âge ne peut être donné, qui promène son chien dans une poussette d’enfant tout en s’en servant comme déambulateur.

    C’est cet homme qui essaie maladroitement d’engager une discussion par une blague et dont on s’écarte comme s’il refoulait du bec. C’est cette veuve taciturne, dont les sorties sont fléchées, au Super U, à sa boîte aux lettres dont la gueule reste toujours vide… Il y a aussi cet homme aux mains tremblantes, assis toujours à la même table du café, devant un demi. Il n’y touche presque pas. Il regarde la porte. On pourrait croire qu’il attend quelqu’un. Mais personne ne vient jamais. Le serveur, par habitude plus que par compassion, lui adresse un signe de tête. C’est leur seul échange. Les âmes esseulées ne font pas de bruit. Elles ne cassent rien, ne revendiquent rien. Elles s’effacent doucement, polies jusqu’à disparaître. Elles apprennent à réduire leur présence, à ne pas déranger, à occuper le moins d’espace possible, comme si exister encore était déjà de trop. On les croise sans les voir. Ou plutôt, on choisit de ne pas les voir. Parce qu’il y a dans leur solitude quelque chose de contagieux, une peur sourde qu’elle nous désigne, nous aussi, comme futurs habitants de ce désert. Alors elles développent des rituels. Des trajectoires immuables. Le même banc, à la même heure. Le même journal acheté sans être lu. Le même pain, parfois durci avant d’être entamé. Le temps, pour elles, n’avance plus vraiment. Il se répète, en boucle, comme une phrase dont on aurait oublié la fin. Et pourtant, il reste, chez certaines, une étincelle presque imperceptible. Un sourire esquissé quand un enfant les regarde sans crainte. Un merci trop appuyé pour une porte tenue. Un mot de trop à la caissière, comme une tentative fragile d’exister encore dans le regard de quelqu’un. C’est peut-être là, dans ces infimes débordements, que la vie résiste encore. Pas dans les grandes déclarations, ni dans les gestes spectaculaires. Mais dans ce presque rien qui refuse de s’éteindre. Parce que vivre avec ses morts, ce n’est pas seulement porter leur absence. C’est continuer, malgré tout, à chercher une présence.

    Mais il faut bien le dire : cette solitude n’est pas un accident. Elle n’est pas une fatalité tombée du ciel comme la pluie ou l’hiver. Elle est organisée, produite, entretenue. On parle de « liens sociaux » comme on parle d’un service public défaillant, avec des mots technocratiques qui masquent mal l’abandon. On ferme les lieux de rencontre, on raréfie les services de proximité, on remplace les visages par des interfaces, les voix par des messages automatiques. Et l’on s’étonne ensuite que certains disparaissent dans les interstices.

  • [Rue de la République] Romain Simmarano: « S’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total »

    [Rue de la République] Romain Simmarano: « S’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total »

    l’Analyse de la défaite

    Didier Gesualdi : Vous avez été l’un des artisans de la campagne de Martine Vassal pour les municipales de Marseille. Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné ?

    On vient de vivre une défaite spectaculaire, à Marseille, avec des scores de premier comme de second tour qui ne sont pas du tout à la hauteur de nos espoirs, pas du tout à la hauteur de ce qu’incarnent la droite, le centre, les écologistes raisonnables, les sociaux-démocrates… Tous ceux qui se retrouvent dans ces appellations n’ont pas voté pour nous, on est donc mécaniquement rentré dans une phase de réflexion. Une phase d’introspection aussi, en essayant de se poser les bonnes questions : qu’est-ce qui fait que les Marseillais n’ont pas choisi ? Qu’est-ce qui fait que collectivement, nous n’avons pas été capables de présenter un visage et un programme qui donne envie ? Comment on fait pour que dans les six à sept années qui viennent, cette école de pensée, cette façon de voir le monde, la ville, la vie, reste une proposition politique pour Marseille ?

    Léo Purguette : Ça fait beaucoup
    de questions. Avez-vous des pistes de réponses personnelles
     ?

    Des pistes de réponses personnelles jamais, de réponses collectives, toujours. Déjà que le score de second tour montre bien la limite de l’exercice, on a la nécessité de se souder avec celles et ceux qui ont encore envie, aujourd’hui, de porter une voix politique digne de Marseille, de notre famille politique, de tous ceux qui nous ont précédés et viendront après nous. Il y a aussi la nécessité de rendre fiers les Marseillais. Ce qui caractérise cette campagne municipale, c’est que de façon assez collective, et pour nous qui avons perdu de façon fracassante, la classe politique marseillaise n’a pas donné envie aux Marseillais de s’impliquer. Il se trouve que la démocratie a parlé, Benoît Payan est le maire le mieux élu de l’histoire de la ville. Nous avons donc la nécessité de réfléchir, ça ne se fait pas en un mois, en six mois. C’est quelque chose qu’il va falloir bien maturer et mettre en place dans les semaines qui viennent pour permettre aux Marseillais qui souhaitent un espace politique qui ne soit ni le RN, ni le Printemps marseillais, de se retrouver dans quelque chose de sérieux.

    L’INCARNATION DE L’OPPOSITION

    Léo Purguette : Vous parlez beaucoup de collectif, c’est singulier à droite. Mais vous, personnellement, quel rôle entendez-vous jouer à l’avenir ?

    De façon hyper factuelle, je suis conseiller municipal de Marseille, d’une équipe de quatre élus. Je suis conseiller métropolitain de l’opposition marseillaise. Nous ne sommes que quatre avec une présidente d’institution, une ancienne présidente du Crif et une personnalité reconnue du monde de la santé. Cette équipe, même si elle est forte et cohérente, elle ne représente pas la totalité de ce que nous sommes. Moi, mon job, dans les mois qui viennent – je n’ai pas plus de prétention que cela – c’est fédérer autour de cette petite équipe qui siège dans l’hémicycle pour montrer que, hors-les-murs, on arrive à peser sur la vie politique municipale avec un mot-clé : l’utilité. L’objectif est de démontrer que cette forme d’opposition a pour unique but de faire réussir Marseille, ce qu’on n’avait peut-être pas réussi à faire dans les années précédentes. On va proposer, critiquer parfois et se rendre utiles.

    Léo Purguette : Aurez-vous un groupe ? La limite actuelle est à cinq élus.

    Nous ne demandons rien. Nous sommes quatre. La règle telle qu’elle est posée, c’est qu’on est un groupe à partir de cinq. C’est le résultat des urnes, de la démocratie. En revanche, je veux remercier le maire de Marseille qui, avec l’accord du président du groupe du Rassemblement national, nous a permis de prendre la parole comme non-inscrits et nous a laissés dérouler notre vision. L’enjeu pour lui comme pour nous, comme pour tous les Marseillais, c’est que la vie politique ne se limite pas à un mano à mano entre la gauche et l’extrême droite. Il y a besoin d’une offre politique centrale, rassembleuse, humaniste, déterminée sur le régalien et la sécurité tout en étant capable de parler d’autre chose.

    MARTINE VASSAL

    Didier Gesualdi : Martine Vassal est-elle la première responsable de ce score ou autant que le reste de votre équipe ?

    Tous ceux qui pensent qu’on résoudra nos problèmes en accablant celle qui a eu le courage d’être notre tête de liste et de tenir dans les épreuves, se trompent. Comme se trompent ceux qui nous ont lâchés en cours de route ou qui continueront de nous lâcher dans les semaines et les mois qui viennent. La vérité, c’est que nous avons mené une campagne collective autour de valeurs fortes et que nous avons été incapables de faire adhérer les Marseillais à cette façon de penser. Il y a mille raisons pour cela. La première d’entre elles, c’est comment dire « Marseille je t’aime » dans notre slogan de campagne et finalement se rendre compte que les Marseillais ne nous aiment pas. Cela nous engage à beaucoup d’humilité, beaucoup de travail. Il faut se remettre au boulot collectivement et que chacune et chacun d’entre nous se replonge les mains dans le cambouis de la vraie vie des Marseillais, pour travailler sur Marseille telle qu’elle est et pas telle qu’on la voudrait.

    2027

    Didier Gesualdi : La présidentielle arrive avec une droite guère mieux lotie au niveau national que local. Il faut de la proximité, des idées ?

    Léo Purguette : Une primaire ?

    D’abord, ce qui s’est passé à Marseille et à Nice fait quand même figure d’exception à l’échelle nationale. La droite, le centre, lorsqu’ils sont unis dans la région comme dans le pays, c’est encore une équation qui gagne dans les trois quarts des cas. Des villes comme Clermont-Ferrand, Bordeaux, Annecy sont revenues dans la besace de la droite et du centre, avec une carte de France globalement gagnante pour nos familles politiques, hors des grandes métropoles. Ici, regardez Robin Prétot à Istres, Alexandre Doriol à La Ciotat, David Gehant et Arnaud Murgia dans les Alpes…

    Léo Purguette : Dans ces communes il n’y avait pas 18 candidats de votre espace politique comme pour la présidentielle.

    Je prêche pour qu’à la fin, il y ait le moins de candidats possibles, mais attention au candidat par défaut, ce qui démobiliserait. Il faut une entente, un projet.

    LA NOUVELLE SITUATION POLITIQUE

    Didier Gesualdi : Vous souhaitez du succès à Benoît Payan ?

    On souhaite du succès à Marseille et donc à Benoît Payan et son équipe qui viennent en fait de récolter tous les pouvoirs. C’est un basculement inédit dans l’histoire politique de Marseille. Vous avez à la fois une majorité pléthorique du Printemps marseillais au conseil municipal et depuis peu, par le biais du travail qu’ils font avec Nicolas Isnard, la totalité des pouvoirs métropolitains. Et donc s’ouvre pour Benoît Payan et ses équipes, une phase de pouvoir total.

    Didier Gesualdi : Il vous reste le Département et la Région quand même !

    Ce ne sont jamais que des co-financeurs. Dans la vie quotidienne des Marseillais : transports, sécurité, propreté, cadre de vie, aménagement… Tous les pouvoirs sont entre les mains du Printemps marseillais. On ne va pas, comme certains, râler, faire des grands discours d’estrade pour commencer tout de suite à les taper et dire qu’ils font mal leur travail. On espère que ça se passe bien. Ce qu’on a dit au moment du budget, qui en fait ressemble aux engagements de campagne de nos adversaires, c’est qu’on jugera aux résultats. Est-ce qu’il y aura, à la fin de cette année, des bibliothèques ouvertes dignement ? Des piscines ouvertes cet été ?

    Léo Purguette : Nicolas Isnard est quand même l’un de vos amis, il siège dans la majorité de Renaud Muselier. Ça ne vous enferme pas dans l’incapacité de critiquer ce qui va se passer à la Métropole ?

    On peut reconnaître à Nicolas Isnard d’être cohérent, il a dit qu’il ferait la Métropole des maires, à la fin, il donne le pouvoir métropolitain au maire de Marseille.

    Léo Purguette : Il y a une tutelle de l’État…

    C’est un autre débat. Vous parlez du budget métropolitain, mais si on prend les vice-présidences thématiques de la vie quotidienne des Marseillais, les satellites comme la RTM, la Soléam, la SPLA-IN… Il ne manque plus rien au Printemps marseillais pour réussir. Notre rôle d’opposition, c’est d’être capable d’apporter des solutions, de donner des idées et, lorsqu’il le faut, de tirer la sonnette d’alarme.

    Léo Purguette : Nicolas Isnard a été quelque peu critique à l’égard du bilan laissé par Martine Vassal. Ça vous a surpris, déçu ?

    Non, je pense qu’il a fait simplement un discours de nouveau président. Mon inquiétude n’est pas sur les questions de personnes ou de bilan. La trajectoire budgétaire était prévisible et prévue, certains maires l’ont dit. J’attends énormément de Nicolas Isnard, que dans cette Métropole des maires, on ne perde pas la dimension stratégique sur l’emploi, les transports, le port…

    LE VERSEMENT MOBILITÉ

    Léo Purguette : Pour ou contre la hausse du versement mobilité ?

    Pardon, mais les impôts ne peuvent pas être l’alpha et l’omega de toutes les réponses politiques aux problèmes budgétaires. Il y a évidemment la nécessité de faire des coupes dans le budget métropolitain.

    Didier Gesualdi : Mais pourquoi Paris ferait payer plus ses entreprises que Marseille ?

    Si, à la fin, c’est la solution retenue, pourquoi pas, mais qu’on ne se focalise pas en permanence sur les impôts. Les Marseillais, les Français, en ont marre de payer autant d’impôts pour ne pas voir le service public correspondant.

    Je soutiens le combat de Nicolas Isnard auprès de l’État pour trouver plus de ressources, mais ça ne peut pas être que par l’augmentation des impôts. Il faut garder à la Métropole sa dimension stratégique. L’émergence massive de l’intelligence artificielle va détruire des centaines de milliers d’emplois dans le pays. Il faut qu’ici, on soit capable de créer des emplois non-délocalisables avec des filières qui nous ressemblent.

    RENAUD MUSELIER

    Léo Purguette : Renaud Muselier a annoncé sa candidature aux sénatoriales et cédera donc la présidence de la Région. Vous qui êtes un très proche, comment avez-vous accueilli la nouvelle ?

    Renaud Muselier a décidé de mettre son expérience au service de tous les maires du département en se présentant aux sénatoriales. Du fond du cœur, comme son directeur de cabinet et désormais élu, il aura mon soutien intégral. S’achèvent 10 ans qui auront été formidables à ses côtés.

    Didier Gesualdi : Ça ne fait pas un peu « courage fuyons » avant les régionales ?

    La décision qu’il prend c’est la préparation d’une victoire pas l’anticipation d’une défaite. Ça force le respect.

    Léo Purguette : La ministre Sabrina Roubache est candidate. Sur la même liste ?

    C’est le côté fantastique de la démocratie, on est tous libres de se présenter à une élection. Il faudra poser la question à elle et à Renaud Muselier.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Grégory Ibanez :

    Tout le monde est contre le tram des Catalans, est-ce que vous êtes toujours pour ?

    On a fait campagne pendant plus d’un an pour le tramway des Catalans et on a perdu les élections. Aujourd’hui, vous avez une équipe qui a fait campagne contre, qui a gagné les élections, qui préside la RTM et qui a tous les outils entre les mains pour mettre fin au projet. Est-ce qu’elle le fera ou pas ? Ce que je dis et que j’ai d’ailleurs rappelé au conseil d’arrondissements, c’est : « Faisons un référendum ou une consultation citoyenne si le préfet n’accepte pas le référendum. » Soyons capables de poser la question aux riverains et aux bénéficiaires de cet équipement qui, qu’on le veuille ou non, représentera une avancée en matière de transports, mais qui peut braquer, qui peut cliver. Je crois que ce n’est jamais mauvais d’aller demander leur avis aux Marseillais. Je répète que ce que nous pensons utile, c’est une consultation qui donne la parole aux Marseillais pour qu’ils puissent réellement s’exprimer sur le sujet.

  • [Recette] Courgettes rôties, ricotta et condiment aux tomates séchées

    [Recette] Courgettes rôties, ricotta et condiment aux tomates séchées

    Il vous faudra :

    – Quelques courgettes, du thym, de l’ail en poudre, des graines de cumin

    – De la ricotta, une échalote, du jus de citron, de l’ail haché

    – 10 pétales de tomates séchées, 1 c. à s. de miso, 200 g de concentré de tomate, 10 gousses d’ail, 1 c. à c. de fleur de sel, 4 c. à c. de cumin, paprika fumé, piment, 150 ml d’huile d’olive et un oignon rouge

    – Du basilic frais, de l’huile neutre, du sel, de l’huile d’olive

    Des courgettes colorées

    Pour commencer, choisissez des courgettes de la couleur qui vous plaira. Lavez-les et découpez-les en tronçons, déposez-les du côté de la peau sur la plaque du four recouverte de papier cuisson. Arrosez avec de l’huile d’olive et parsemez de graines de cumin, de thym et d’ail en poudre. Enfournez à 210° en four sec pendant une quinzaine de minutes. Pendant la cuisson, attelez-vous à la préparation de la ricotta. Commencez par la mixer avec du sel et le jus d’un citron pressé. Une fois que c’est mixé, débarrassez et ajoutez l’échalote ciselée et l’ail hâché. mélangez et réservez au frais. Une fois que les courgettes sont rôties, sortez-les du four et laissez-les refroidir à température ambiante.

    Pendant ce temps, préparez le condiment aux tomates séchées en déposant dans un mixeur les tomates séchées, l’oignon rouge ciselé grossièrement, le concentré de tomate, les gousses d’ail, la fleur de sel, le paprika fumé, le piment et le cumin, viennent ensuite le miso et l’huile d’olive. Mixez le tout jusqu’à obtention d’une crème similaire à un pesto rosso. Réservez.

    Une huile bien verte

    Faites ensuite blanchir quelques belles feuilles de basilic frais quelques secondes dans une eau frémissante et bien salée. Egouttez et plongez les feuilles dans de l’eau glacée pour garder une couleur bien verte. Mixez le basilic avec de l’huile neutre type huile de tournesol et passez au chinois pour avoir une huile colorée et lisse. Si vous n’avez pas de chinois un collant fera parfaitement l’affaire.

    Pour le dressage, déposez une grosse cuillère de ricotta en fond d’assiette, vos tronçons de courgettes, quelques points de condiment et parsemez d’huile de basilic. Bon appétit !

    PORTRAIT

    Lily, de bons mets et du bon vin

    Privilégier les produits frais, de saison et le fait maison de A à Z, tel est le credo du restaurant Lily. Ici, pas de carte interminable mais une ardoise avec pas plus de six propositions pour se restaurer en toute simplicité mais avec raffinement. Quant à la cave à vin, elle est à la vue de tous et chaque bouteille est sélectionnée avec soin.

    4, boulevard Bompard , 13007 Marseille

  • [Grand entretien] « La culture, espace possible de réconciliation »

    [Grand entretien] « La culture, espace possible de réconciliation »

    La Marseillaise : Le gouvernement présente la Saison Méditerranée comme « un temps fort de diplomatie culturelle ». Alors que les États, dont la France, échouent à des relations de paix dans tout le pourtour, ne trouvez-vous pas facile de faire porter ce poids sur les artistes ?

    Mohamed El Khatib : En fait, je pense que c’est une nécessité. il faut arrêter de considérer la culture comme un espace autonome qui ne serait pas relié aux questions diplomatiques, géopolitiques, sociales et économiques. Au contraire, je trouve qu’il était temps que des artistes prennent la parole et se fassent le relais de l’état du monde. Il est temps que les artistes donnent la parole à un certain nombre de pays marginalisés, donnent à entendre des voix libanaises, algériennes, palestiniennes, égyptiennes… Les artistes font leur travail et prennent le relais des empêchements diplomatiques. Regardez par exemple l’état dégradé des relations entre la France et l’Algérie : heureusement que le dialogue persiste à travers la culture. C’est un espace possible de réconciliation.

    Vous avez déclaré lors de la présentation de la saison que, « face à la montée de l’extrême droite, la responsabilité des artistes est d’imaginer des projets qui créent une histoire commune »…

    M.E.K. : Il y a quelques années, j’avais commencé en faisant entrer la Renault 12 au Mucem car c’est un objet du patrimoine industriel français typique que les Français adorent. Et en même temps, un véhicule œcuménique que les Maghrébins se sont notamment réapproprié en en faisant des espèces de tour de Babel roulantes pour rejoindre l’autre côté de la Méditerranée. D’un coup, cette histoire de l’épopée du retour au bled venait s’inscrire dans une histoire plus large de France. J’ai envie de trouver des espaces de dialogue qui, à défaut de resserrer les liens, permettent aux gens d’échanger. Avec Mères Méditerranées, j’ai voulu réunir des mères de chaque pays ayant une façade avec la Méditerranée et de voir ce qu’elles ont en commun. D’abord, car on ne les entend pas ou très peu alors qu’elles prennent en charge la plupart du temps la vie domestique et économique, qu’elles ont parfois à subir les départs d’enfants qui peuvent parfois être avalés par la Méditerranée. Face à cette mer, elles ont à la fois un rapport de fascination et de crainte. J’avais donc envie de créer un parlement des mères en Méditerranée pour voir ce qu’elles veulent léguer à leurs enfants pour un futur désirable. J’aimerais qu’à la fin, on arrive à l’écriture d’un manifeste de ces 23 mères. Aujourd’hui, il est impossible de réunir sur la scène politique la France et l’Algérie par exemple. Nous, on a la liberté de faire des propositions et imaginer de nouvelles façons d’être ensemble.

    Un de leurs autres points communs est qu’elles habitent toutes à Marseille…

    M.E.K. : Déjà, pas sûr de pouvoir retrouver dans beaucoup d’autres villes ces 23 nationalités. Beaucoup me disent que, quel que soit le pays d’où ils viennent, ça ressemble à chez eux. À Marseille, une ville portuaire, ça brasse. C’est une ville où les étrangers arrivent à cohabiter.

    Vous évoquez « Mères Méditerranées » comme un chœur de femmes. C’est-à-dire ?

    M.E.K. : Quand je dis chœur, je ne parle pas de chant, mais de chœur au sens grec : le chœur démocratique. Car on va voir des femmes qu’on n’a pas l’habitude de voir sur scène. On ne les voit pas sur scène et pourtant elles font l’identité de cette ville et sont toujours à l’arrière-plan. Ce sont des femmes qui vont prendre la parole. On a tourné un film avec elles qui sera projeté et qui fait part de leurs préoccupations. Au fur et à mesure, on va aussi donner quelques recettes de cuisine. En repartant, vous saurez par exemple faire le couscous et le houmous. Mais elles donnent aussi des recettes de vie telles que comment mettre votre mari au travail ou que faire pour que votre mari s’occupe aussi des enfants. C’est festif. Il y a aussi une vraie culture du chant. On ne peut par exemple pas faire un spectacle sur la Méditerranée sans l’évocation d’Oum Kalthoum. C’est valable pour tous les pays, y compris la Grèce et Chypre. Et il y a aussi la question de la danse qui revenait dans nos discussions.

    Quelles étaient les autres figures communes et récurrentes ?

    M.E.K. : Il y avait aussi beaucoup Faïrouz. On a également trouvé une série de berceuses communes à l’Espagne et au Maghreb. Tout comme la langue. Le français, l’arabe, l’hébreu… Tout ça part de la même racine. Et la question des Printemps arabes est aussi revenue, notamment la place des femmes dans les dispositifs politiques où elle est la plupart du temps minorée. Or on a retrouvé pas mal d’archives, suite à ce qu’elles nous ont raconté, sur la façon dont les femmes se sont investies dans les mouvements de libération. C’est quelque chose que l’on retrouvait déjà dans les mouvements de libération liés à la décolonisation, et plus récemment, avec les Printemps arabes. Mères Méditerranées est à la fois une ode domestique, affective, militante et politique.

    Samedi 16 et dimanche 17 mai à 20h au Mucem sur la place d’armes du fort Saint-Jean. Gratuit. www.mucem.org

  • Un système de télémédecine à la disposition des habitants du Frioul

    Un système de télémédecine à la disposition des habitants du Frioul

    C’est une innovation qui suscite des débats sur l’île du Frioul. Un système de télémédecine a été présenté aux habitants par les représentants du centre communal d’action sociale de la ville (CCAS), ce mercredi. Le système se présente sous la forme d’une mallette orange où il sera possible de réaliser des consultations en visio avec un médecin traitant en compagnie d’un infirmier qui, sur place, pourra réaliser des soins. Quatre médecins seront en relation avec cette télémédecine, « on considère que le lien avec le médecin traitant est fondamental, c’est pour cela que nous avons créé cette télémédecine afin de répondre aux besoins des habitants du Frioul », déclare Matthieu Pessonnier, directeur général du CCAS. Le besoin principal, c’est d’aider les habitants à avoir une réponse médicale proche de leur domicile puisque, pour rappel, les Frioulais doivent se déplacer en bateau pour consulter leur médecin. « On a recherché une solution qui sert d’interface avec votre médecin traitant », complète Laetitia Benini, responsable du pôle maintien à domicile du CCAS. Bien que l’île du Frioul fasse partie du 7e arrondissement de la ville, les habitants ne peuvent pas toujours se déplacer quand ils le souhaitent en raison des conditions météo qui empêchent les déplacements par bateau.

    Une médecine moderne

    Cette réunion était également l’occasion de faire découvrir aux anciennes générations un dispositif sanitaire aux caractéristiques particulières : mallette mobile pour les personnes en incapacité de se déplacer jusqu’au local, appareil qui nécessite le wifi, un écran avec caméra. Outil qui permet, pour exemple, d’aider les dermatologues à faire un diagnostic, repérer des plaies, etc. Les représentants du CCAS expliquent également que les patients n’auront pas besoin de se connecter puisque c’est le médecin directement qui rejoindra la visio et en cas de problème, un infirmier qui a été formé à cette télémédecine pourrait suppléer. « Notre premier objectif est de répondre aux besoins des Marseillais », insiste Matthieu Pessonnier. Le système commence à s’installer au fur et à mesure, les infirmiers seront disponibles les lundis, mercredis et vendredis La question d’être présent le week-end a été posée, mais les équipes travaillent encore dessus. Certains habitants ont fait part de leur scepticisme lors de la discussion, mais se sont dits prêts à faire l’expérience.