Tag: Marseille

  • L’expertise « risques psychosociaux » reprend pour les salariés de Pamar

    L’expertise « risques psychosociaux » reprend pour les salariés de Pamar

    Plus de deux ans de lutte, et de piquets de grèves, des victoires, et un combat qui continue pour les Pamar. Depuis le début du mois, une expertise risques psychosociaux réclamée par l’inspection du travail a été lancée dans l’entreprise. Une réponse à la « dégradation continue de leurs conditions de travail », dénoncée par les salariés de la blanchisserie qui appartenait jusqu’en février au groupe Sainte-Marguerite.

    Ce vendredi, ces derniers vont être auditionnés par une psychologue sur site. Un moment clé de ce conflit social pour la section CGT de l’entreprise.

    Le combat a démarré en décembre 2023 après que des salariés aient reçu des menaces de morts de leur cheffe d’équipe, pour avoir alerté l’inspection du travail sur des manquements en termes d’hygiène et de sécurité. Faisant valoir leur droit de retrait, ils ont été licenciés en mai 2024. Mais une partie a tenu bon. La décision a été annulée aux prud’hommes, puis en cour d’appel en décembre 2025, et leur réintégration imposée.

    « Nous entendre, c’est très bien parce qu’il n’y a jamais eu d’écoute de la direction, nous n’avions pas notre mot à dire », glisse Kalathoumi Ibouroi, l’ex-responsable CGT Pamar, rappelant qu’une première expertise n’était pas allée à terme. Il aura fallu une mise en demeure, un signalement au procureur et une obligation sous astreinte pour que le processus reparte de zéro.

    La reprise de la blanchisserie par le groupe Almaviva en février, n’y est pas étrangère. Mais le « dialogue » et la « bienveillance » affichés ne se traduisent pas « en actes ». L’inquiétude demeure avec cette sensation que « la nouvelle direction, comme l’ancienne, protège cette personne qui nous a menacés de mort », reprend Kalathoumi Ibouroi, pas convaincue par la mise en place d’un vigile et d’une caméra.

    « Nous avons été attaqués devant le portail par la famille de la cheffe d’équipe qui est venue à sa demande. Elle est à l’origine des menaces de mort, c’est à cause d’elle s’il y a eu ces licenciements, ces abandons de travail », reprend celle qui a passé le flambeau à Sonia Ouessou. « Almaviva nous dit que pour trouver une solution, il faut que chaque partie fasse un pas. On ne devrait pas nous le demander mais on le fait. Nous sommes prêts à aller travailler avec une responsable méprisante et agressive qui a été complice de cet acte. C’est plus qu’un pas, c’est une marche ! Mais pas avec la cheffe. Nos vies valent plus qu’un salaire.»

  • Photo Kegham, une archive incomplète d’histoires palestiniennes

    Photo Kegham, une archive incomplète d’histoires palestiniennes

    Parmi les propositions de la Saison Méditerranée, le Centre photographique de Marseille reçoit Photo Kegham : une archive inachevable, une exposition conçue par Kegham Djeghalian Jr qui retrace les transformations et les ruptures que traverse la ville de Gaza. Son grand-père, Kegham Djeghalian Sr avait fondé le premier studio photographique professionnel de Gaza, Photo Kegham, en 1944 et devient une figure majeure de la photographie à Gaza au milieu du XXe siècle.

    Kegham Djeghalian Sr est un rescapé du génocide arménien. Pendant les années 1920, sa famille fuit vers la Syrie. Il traverse alors les villes de Jérusalem, puis de Jaffa et atterrit à Gaza où il ouvre le studio Photo Kegham en 1944. Ce studio devient une institution incontournable à Gaza. L’archive de Kegham Sr s’étale sur quatre décennies, une période qui connaît de nombreux changements : du mandat britannique, au règne égyptien, l’occupation israélienne ou le déplacement forcé des Palestiniens suite à la Nakba de 1948. Son œuvre comprend des portraits, des photos en studio, mais également des photographies prises dans son temps libre. « Il a documenté la vie quotidienne, et au-delà, de la ville de Gaza. C’était un chroniqueur », résume Kegham Jr. Il dira : « Le regard qu’il mène à Gaza est radicalement différent de l’archive britannique » que l’on trouve au British Library.

    Artiste, c’est en 2007 que Kegham Djeghalian Jr essaie de trouver l’archive de son grand-père : « J’ai grandi avec ses récits, avec les anecdotes sur mon grand-père », mais il ne connaissait pas son œuvre, explique-t-il. Il souhaite par là dresser le portrait de Kegham Sr. En 2018, « mon père a trouvé, dans son armoire au Caire, ces trois boîtes rouges qui sont la source de l’exposition. C’est là que le vrai travail a commencé », précise l’artiste. Ces boîtes contiennent une petite partie de l’archive mais « ce sont des négatifs assez détruits, avec le temps, avec les matières chimiques, avec la chaleur : c’est un travail fragile », poursuit-il.

    Une archive non-linéaire

    Malheureusement près de 90% de l’archive a disparu. À la mort de Kegham Sr, c’est Maurice Al-Tarazi, son assistant, qui avait repris le studio ensuite légué à son frère, Marwan. Marwan meurt tragiquement en 2023 lors de bombardements à Gaza, le 19 octobre, une partie de l’archive part avec lui. Kegham conserve des captures d’écran d’une conversation Zoom qu’il avait eu avec Marwan en 2021 mais la construction d’une archive formelle devient impossible. Il se rend alors compte que son projet n’est pas de construire l’opus de Kegham, mais que « les histoires interrompues sont un dénominateur commun dans l’histoire de Kegham et de toutes ses photos », dit-il.

    Kegham Jr se souvient : « Pour moi Gaza, c’est une terre toujours en guerre, toujours ravagée, c’est une géographie qui est saturée par l’image de destruction. Et je voulais déconnecter cette association, et être fidèle à ce que j’ai trouvé dans les trois boîtes qui montraient une vie quotidienne, une vie de joie, une vie à laquelle on peut s’identifier. (…) Je voulais montrer la contre-image. »

    Cela devient alors un choix : le choix de l’unmade archive. Pour Kegham Jr, la notion d’archive est une notion coloniale, de posséder, enfermer. « L’unmade archive c’est une résistance à cette histoire solide (…) c’est une manière de proposer des récits alternatifs qui invitent à une historiographie collective et participative », développe l’artiste. Après une première exposition en 2021 lors de la Cairo Photo Week, Kegham Jr commence à recevoir des images de photographies prises par son grand-père, accompagnées de récits personnels ou d’anecdotes. Ces images prises par des caméras mobiles sont souvent floues avec une perspective étrange. « Ce n’est pas la photo qui compte mais les récits qu’elle tient en elle. Elle devient une cartographie du déplacement de cette famille, de la diaspora ou l’immigration des Gazaouis », conclut Kegham Jr.

    Exposition visible jusqu’au 12 septembre au Centre Photographique Marseille.

  • La Saison Méditerranée s’amarre à Marseille

    La Saison Méditerranée s’amarre à Marseille

    Un cycle culturel imposé par Emmanuel Macron en 2023 dans le but de « célébrer l’identité profondément méditerranéenne de la France et la richesse des liens exceptionnels qui unissent les populations », écrit le président de la République. « Un temps fort de diplomatie culturelle », se laisse même aller la déléguée interministérielle à la Méditerranée, Nadia Hai. Parmi les membres du gouvernement annoncés au Pharo, lors de la cérémonie officielle de lancement, vendredi, le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot ou celle de la culture Catherine Pégard. Au menu de cette soirée, le vernissage de Mar Nostro – Notre mer, œuvre du collectif franco-syrien UV LAB, avant un concert, à 19h30, du chanteur de raï Sofiane Saidi qui invite Camélia Jordana pour une création rendant « hommage à l’Algérie, aux femmes et à la musique comme voie de résistance ». Intitulée « Arriver, partir, revenir » et constituée de nombreuses expositions, concerts et autres spectacles, la séquence d’ouverture marseillaise s’étendra dans la ville comme une grande fête culturelle, trouvant son point d’orgue le 23 mai par une immense Symphonie portuaire rassemblant musiciens amateurs et professionnels marseillais et méditerranéens sous la direction de Raphaël Imbert, sur l’esplanade du J1 et le site du Grand port maritime de Marseille.

    Œuvres diasporiques

    « Mettre en lumière les jeunesses méditerranéennes des diasporas de France » : tel est, selon Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, le leitmotiv de la Saison Méditerranée qui trouvera sa traduction dans « une programmation polyphonique illustrant la pluralité de ses voix », complète Julie Kretzschmar, commissaire générale de l’événement. Majoritairement irriguée par les guerres comme les exils, l’histoire comme le présent, la Saison Méditerranée tisse essentiellement ses récits en lien avec l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Égypte, le Liban et la Palestine. Premières illustrations prévues dès le 15 et 16 mai, avec l’ouverture au public d’une dizaine d’expositions.

  • Le collectif MAAN for Gaza Artists refuse l’effacement

    Le collectif MAAN for Gaza Artists refuse l’effacement

    Pensée par la curatrice Rasha Salti, Déplacer le silence, Artistes et poète·sses de Gaza réunit une quarantaine d’artistes soutenus par le collectif MAAN for Gaza Artists. « L’idée est de créer une exposition avec des artistes qui ont pu arriver [en France] et des artistes qui sont encore bloqués à Gaza », précise Anna Breton, assistante de la commissaire Rasha Salti.

    L’exposition se structure autour de reproductions, de manière à montrer des œuvres qui n’ont plus de matérialité physique – détruites, réimprimées ou devenues inaccessibles en raison de la fermeture des frontières à Gaza. Déplacer le silence exploite de multiples médiums, faisant dialoguer poésie et arts visuels à travers la sculpture, la peinture, le dessin ou encore la vidéo. L’objectif est de « montrer qu’il y a une résistance à la déshumanisation, qu’il y a profondément de la vie et de la poésie qui persistent malgré l’anéantissement », explique Anna Breton, également membre du collectif MAAN.

    « Une réponse au culturicide »

    Le collectif MAAN for Gaza Artists « c’est une réponse au culturicide », atteste Anna Breton. Fondé en 2023 par un ensemble de chercheurs et chercheuses et travailleurs de l’art et la culture, aujourd’hui le collectif rassemble près de 25 bénévoles entre Paris et Marseille. Soutenus financièrement grâce au crowfunding, ils sont marrainés par Agnès B. un soutien « à la fois économique, symbolique et en accueillant des expositions à la Fondation Agnès B. », précise la coordinatrice.

    Elle poursuit : « MAAN existe aussi pour pallier une absence institutionnelle concernant l’accueil des personnes gazaouies qui demandent à quitter le territoire. » La démarche se fait grâce à la constitution de dossiers, ou de portfolios, que le collectif transmet à différentes institutions culturelles qui peuvent accueillir ces artistes ou leur permettent d’intégrer divers programmes, comme le programme Pause du Collège de France. Anna Breton précise : « Quand ils arrivent, le collectif aide aussi dans toute la vie quotidienne : scolarisation des enfants, logement, ouverture des droits sociaux, CAF, banque, etc. L’idée est de permettre une mise à l’abri temporaire dans des conditions dignes, pour qu’ils puissent reconstruire la Palestine demain. »

    Exposition visible jusqu’au 5 juin
    aux ateliers Jeanne Barret (15
    e).

  • Les Marseillaises : départ de Corinne Diacre

    Les Marseillaises : départ de Corinne Diacre

    « Un commun accord » est évoqué dans le communiqué rédigé par le club. « Arrivée à la tête de l’équipe avec l’ambition d’accompagner le projet sportif du club, Corinne Diacre a contribué, avec son staff, à atteindre les objectifs fixés cette saison, notamment le maintien des Marseillaises en Arkema Première Ligue », écrit l’OM.

    Sous la houlette de Corinne Diacre, le promu marseillais a terminé 9e, cette saison, en Arkema Première Ligue. Comme dit précédemment, l’objectif du maintien a été validé, avant même la dernière journée, une réussite pour le club phocéen. « L’OM tient à remercier sincèrement Corinne Diacre pour son investissement, son professionnalisme et le travail accompli tout au long de son passage au sein du club », ajoute l’OM, à la recherche d’un nouveau coach pour l’exercice 2026-2027.

  • L’OM réunit sur le thème des métiers du sport professionnel

    L’OM réunit sur le thème des métiers du sport professionnel

    Le décor intimiste de l’hospitalité du stade Vélodrome était l’hôte, ce mercredi, du forum Avenir olympien. Concrètement, cette journée était consacrée aux métiers liés au sport de haut niveau. Une rencontre mise sur pied par le programme « Treizième homme », l’association OM et la Région Sud. Devant un parterre de lycéens et jeunes adultes, deux tables rondes se sont déroulées. En amont, Lucie Venet, déléguée générale du « Treizième homme », Eugène Caselli, président de l’association OM et Ludovic Perney, vice-président à la Région, ont présenté l’événement.

    « C’est un projet né d’une question simple : comment l’OM peut être utile en dehors du terrain ? », explique Lucie Venet. « Avant tout, l’objectif est d’offrir aux jeunes une porte vers les métiers d’un grand club comme l’OM. Montrer une voie vers ces métiers du football mais aussi du sport de haut niveau », décrit, dans un second temps, Eugène Caselli.

    Partage d’expérience

    et discussions

    La matinée était coupée en deux parties avec l’intervention de trois membres du personnel administratif de l’OM puis ensuite de trois membres s’occupant directement du sportif. Tous ont pu partager leurs expériences, leurs parcours et montrer que les portes sont nombreuses. Même si les témoignages étaient différents, chaque route a montré son lot d’opportunités pour ces personnes ayant tout de même un bon niveau d’études et des compétences élevées.

    Plusieurs mots ressortent de ces échanges : la passion, la compétence, la persévérance et la polyvalence. Les six intervenants ont également mis en avant leurs difficultés avant d’obtenir ce qui ressemble pour chacun à un job de rêve. Des dizaines, voire des centaines de candidatures, beaucoup de refus et finalement le Graal. Les jeunes invités dans les loges du Vélodrome ce jour ont pu directement recevoir des conseils de la part de ces personnes puisque plusieurs stands étaient installés sur le lieu de l’événement. Environ 400 personnes travaillent à l’OM en ce moment et le catalogue de métiers est donc immense. Cette 2e édition de l’Avenir Olympien en appelle sûrement d’autres.

  • À bord d’un trimaran de course en mer Méditerranée

    À bord d’un trimaran de course en mer Méditerranée

    Ressentir ce que vivent les navigateurs sur les courses au large, c’est ce que l’écurie Sodebo a proposé à des clients privilégiés et aux médias. Leur trimaran de 15 mètres de long et de large est actuellement à Marseille pour quelques entraînements en Méditerranée, afin de préparer au mieux la Route du Rhum. L’attente est encore longue jusqu’au 1er novembre, mais cette mer du sud offre des conditions nouvelles. « On est hyper contents, parce que c’est une autre manière de naviguer. Les modèles météo sont différents, l’état de la mer est différent… Ce n’est pas de la houle longue comme on a en Atlantique, c’est une mer assez haute, assez courte, qui n’est pas toujours facile à naviguer, du coup, ça rend le truc intéressant », détaille Léonard Legrand, le skipper qui réalisera en solitaire la Route du Rhum 2026.

    Le multicoque étant déjà en mer depuis le petit matin, c’est en zodiac que les invités le rejoignent. Sur le bateau, ils sont quatre membres d’équipage. Outre Léonard Legrand, toujours la main sur le gouvernail, Philippe Legros est le routeur de l’équipe – « le monsieur météo » – et s’occupe aussi des voiles. Charles Defontaine est en quelque sorte le capitaine et Elie Canivenc est le directeur technique, l’homme à tout faire.

    C’est ce dernier qui s’occupe des invités à bord et explique le fonctionnement d’un navire comme celui-ci. En quittant le Vieux-Port, le moteur se coupe et les multiples voiles débutent leur travail. Le temps est gris, ce jeudi, le mistral souffle plus qu’à l’accoutumée. Après quelques instants, le cadran placé au pied du mât affiche déjà près de 20 nœuds. Le bolide fonce vers les îles du Frioul, et l’équipage prévient que les secousses vont arriver. Elles ne se sont pas fait attendre. Le Sodebo Ocean Fifty floqué du numéro 73 transperce à merveille les vagues, mais l’eau vient percuter les visages. Le sel se dépose rapidement sur les joues de chacun, un vent d’ouest aigu siffle dans les oreilles. Léo, lui, porte un masque de ski sur les yeux, accessoire idéal pour contrer l’eau de mer. « Sur la Route du Rhum, c’est comme ça pendant 10 jours ! », lâche ensuite Elie Canivenc.

    Léger comme un 3 tonnes

    Cette machine véloce atteindra, ce jour, 27 nœuds au maximum. Multipliez ce nombre par 1,8 et cela équivaut à une vitesse de 50 km/h. À cette allure, il est difficile de communiquer et de se déplacer. La marche en crabe est conseillée, alors que tous ont un casque sur les oreilles, pour échanger correctement. « Les journées comme aujourd’hui, on fait des allers-retours de travers au vent. Donc on a toujours quelqu’un qui regarde la mer devant et qui annonce les potentielles rafales qu’on va recevoir. C’est beaucoup ce genre d’informations là pour qu’on soit prêt à réagir. C’est quand même des bateaux un peu légers, un peu volages », décrit Léonard Legrand.

    En effet, difficile de croire que l’engin pèse trois tonnes, tant sa sensibilité est forte. Assis sur les trampolines placés de chaque côté de la coque, ressentir la mer est naturel. Cette mouvementée découverte se termine, Sodebo va retourner à Lorient dès lundi prochain, à cinq mois du départ de la Route du Rhum.

    La Route du Rhum, objectif de l’année 2026

    S’il est accompagné lors de ses entraînements en Méditerranée, Léonard Legrand va rapidement se retrouver seul sur ce grand trimaran. Au cœur de l’été, il participera à la Dream Cup, une compétition en solitaire au départ de Cherbourg, allant en Irlande et revenant vers Lorient. Elle est qualificative pour la Route du Rhum et il suffit de la terminer pour obtenir son ticket pour l’événement.

    Léonard Legrand l’attend avec impatience puisque ce sera sa première transatlantique en solo. « C’est tous les 4 ans, c’est un peu notre Coupe du monde ! » Surtout que la course part, comme d’habitude, de Saint-Malo, sa ville de naissance. Un moment « spécial » qui l’attend.

  • La Villa M veut remettre les Marseillais en mouvement

    La Villa M veut remettre les Marseillais en mouvement

    Faire du sport pour être en meilleure santé. La formule n’est, certes, pas révolutionnaire, mais davantage devraient la prendre au pied de la lettre. Selon une étude de l’Anses en 2022, 95% des adultes sont exposés à un risque pour la santé du fait d’un manque d’activité physique ou d’un temps trop long passé assis.

    Ainsi, la Villa M, en étroite collaboration avec la SCO Sainte-Marguerite, veut combattre ce fléau en sensibilisant les Marseillais à ces pathologies chroniques. « Le mouvement, c’est la santé », lance Pascal Chamassian, porte-parole de la Villa M et célèbre organisateur de la course pour la mémoire, en citant le slogan de la première édition de la Villa M Run Santé Marseille. Cet événement se tiendra le samedi 23 mai au parc Borély, au travers de trois courses : une populaire de 5 km, qui pourrait dès l’année prochaine être labellisée par la Fédération française d’athlétisme et qualificative pour les championnats de France, une accessible de 2,5 km adressée aux marcheurs ou aux patients qui souhaitent courir aux côtés de leurs soignants, puis une petite d’un kilomètre à destination des enfants.

    Prémices d’une maison sport-santé ?

    « Le sport santé, ça n’a rien à voir avec la performance. C’est surtout pouvoir faire du sport, se faire plaisir, chacun son rythme, et puis aussi trouver du lien social à travers tout ça. Et je pense que c’est important, surtout malheureusement quand on arrive à nos âges certains », souligne Claude Ravel, président de la SCO Sainte-Marguerite, sous le regard d’André Giraud, ancien président de la Fédération française d’athlétisme et créateur du très prisé semi-marathon Marseille-Cassis.

    Cinq euros par inscription seront reversés au Fonds de dotation de Villa M, qui accompagne et promeut « des actions de sport-santé auprès de soignants en difficulté », comme l’a expliqué le Dr Bertrand Mas-Fraissinet, président du Groupe Pasteur Mutualité. Ce dernier verrait d’un bon œil la création d’une maison sport-santé au sein de la Villa M dans un avenir proche. « Je vais essayer de porter ce projet », promet Jean-Michel Leclercq, délégué régional de la Drajes de la région Sud-Paca, conscient qu’il pourra mettre en avant ce lieu « hybride », avec la présence d’un partenaire privé, pour lequel la mission d’intérêt général est « évidente ».

    Tarifs : 1 km enfants : gratuit – 2,5 km : 12 euros / 10 euros pour les inscriptions en groupe – 5 km : 19 euros / 17 euros pour les groupes

  • La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    La Métropole exige la libération de l’espace public privatisé

    Avec le printemps, c’est un plaisir évident de boire un verre en terrasse au soleil. Pour autant certains commerçants poussent tables et chaises sans autorisation obstruant les trottoirs pour leur business. Un phénomène chronique que les collectivités qui se partagent les secteurs, peinent à juguler en dépit d’une « charte des terrasses » visant à harmoniser l’esthétique et garantir un cheminement piéton minimal. L’association nationale Sites et Monuments alerte depuis des mois les autorités sur ces violations frontales en site patrimonial remarquable (SPR) et sur le site classé du Vieux-Port.

    À l’angle de la Canebière et du quai des Belges où le flux touristique est particulièrement intense, l’établissement Cappuccino a ouvert il y a six mois dans les anciens locaux des Eaux de Marseille. « Il a progressivement colonisé les arcades du Club Pernod. On ne peut plus circuler », proteste Josiane une riveraine. « Et là regardez toutes ces tables et ces chaises qui débordent maintenant devant les arcades. Ils privatisent le trottoir. Ils en ont mis tout le long et depuis quelques jours, ils ont monté des palissades en bois pour leur crêperie. C’est parfaitement intolérable. Un automobiliste se prend 135 euros s’il monte sur un trottoir et ici c’est Marseille bébé ! » Contacté, l’exploitant n’a pas donné suite.

    La Ville de Marseille, déjà saisie de la reconstruction sans permis de la terrasse couverte de la Samaritaine, nous répond que « ce commerce est titulaire d’un arrêté uniquement côté Canebière » autorisant une terrasse de 30 m² (7,5mx4m) détachée du commerce et délimitée hermétiquement par des jardinières contre la piste cyclable. « Pour la partie sous les arches, nous n’avons pas autorité. Le pourtour du Vieux-Port est à ce jour sous l’égide de la Métropole. »

    « Une occupation illégale »

    La Métropole reconnaît la situation. « L’absence d’AOT pour cet établissement est parfaitement identifiée par nos services. Une facturation majorée pour occupation sans droit ni titre a d’ores et déjà été émise à l’encontre de l’exploitant. Cette mesure financière marque la détermination de la Métropole à ne tolérer aucune forme de régularisation tacite de cette situation », explique la collectivité décidée à aller au contentieux. « Face au maintien de l’occupation illégale, la Métropole prépare actuellement la saisine du tribunal administratif afin d’obtenir la libération de l’espace public. La Métropole réaffirme sa volonté absolue de faire respecter les règles d’occupation du domaine public dans ce secteur. »

    La Ville se borne souvent à des signalements au parquet, sans plus. Les contraventions de 5e classe à 1 500 euros sont indolores au regard des profits tirés. D’où cette culture ancrée à Marseille de privatiser la rue. C’est d’ailleurs le cas du portique à arcades du Club Pernod : il a été édifié en 1970 non seulement sans permis mais en empiétant sur le domaine public qui doit rester inaliénable et imprescriptible car à l’usage de tous.

  • Au MAC Marseille, « AFRICA », théâtre antique de l’Algérie

    Au MAC Marseille, « AFRICA », théâtre antique de l’Algérie

    Sitôt franchi le seuil de la [Macroom], l’espace expérimental du Musée d’art contemporain de Marseille, trois pièces provenant du Musée d’archéologie méditerranéenne. Parmi celles-ci, une stèle du IIe siècle qui représente le dieu Saturne. « Mais a-t-il la même morphologie que le dieu romain ? Et qui l’a réalisée ? Un Romain berbérisé ou Berbère romanisé ? », interroge Louisa Babari. L’une des amorces d’« AFRICA », du nom d’une déesse berbère ayant donné son nom au continent, grande œuvre sonore et plastique accessible au public dès vendredi.

    « Temps immémoriaux »

    Dans une pénombre délimitée au loin par un rideau façon « scène de théâtre », situe Stéphanie Airaud, directrice du MAC Marseille, tintements d’épées, chevaux au galop et « flûtes qui embrassent le vent des Aurès » rythment la plongée dans cette Algérie antique. Réalisée par les élèves de la classe d’électroacoustique du Conservatoire de Marseille, une bande-son qui accompagne une décolonisation des esprits, illustrée notamment par huit impressions sur bâches qui réunissent influences romaines et berbères. Un cheval, des chaouis, des drapés, une statue romaine qui semble caresser des équidés… Montages, collages et photographies viennent rappeler des « temps immémoriaux » dont Louisa Babari stimule « intuitions et imaginaires ». L’interpénétration de deux civilisations subtilement balisée par des colonnes en marbre, avant qu’un diaporama d’objets issus de l’Antiquité algérienne nous enveloppe dans une « rêverie », imagine la plasticienne et photographe. De la statuette du Cavalier de Canosa, « parmi les seules représentations d’un Numide retrouvée en Sicile » jusqu’à des bustes d’empereurs, un souffle épique et méconnu. « C’est aussi cela, l’histoire de l’Algérie », commente-t-elle.

    Gratuit. Ouvert du mardi
    au dimanche entre 9h et 18h.