Tag: Marseille

  • Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Félix Bingui jugé pour trafic de stupéfiants

    Les regards convergeront lundi dans le box vers Félix Bingui, 35 ans, alias « Le chat » ou « Féfé », présenté comme « le chef incontestable » d’un important réseau de stupéfiants du clan Yoda, ce qu’il nie. Le principal point de deal de la Fontaine à La Paternelle (14e) générait autour de 100 000 euros de recettes par jour. 19 autres prévenus répondent aussi à des degrés divers de trafic de stupéfiants, d’association de malfaiteurs, de blanchiment et de non-justification de ressources.

    Le 2e arrondissement a d’abord constitué la matrice de l’équipe dite des Carmes qui s’est ensuite donnée pour nom « Yoda » en se confrontant dès février 2023 à sa puissante rivale la « DZ Mafia » qui l’a depuis supplantée au terme d’une longue série de règlements de comptes se soldant par une effroyable hécatombe.

    Longtemps au vert à l’étranger pour échapper à la guerre qui faisait rage à Marseille et sous le coup d’un mandat d’arrêt international, Félix Bingui a été arrêté en mars 2024 au Maroc puis extradé vers la France en janvier 2025. Estampillé dans le « haut du spectre » du narcobanditisme, il est incarcéré à la prison de haute de sécurité de Vendin-le-Vieil surnommée la « prison des narcos » et mis à l’isolement en cellule ultra-sécurisée.

    Félix Bingui est un franco-camerounais né en 1990 à Alès dans le Gard. Il a grandi à Nîmes avant de s’installer à Marseille à la fin des années 2000, de se mettre au charbon dans le quartier des Carmes puis d’être incarcéré en 2010. Le casier judiciaire de Bingui porte depuis trace de 13 mentions notamment pour vols, association de malfaiteurs, trafics de stupéfiants.

    Les investigations de l’Office antistupéfiants ont conduit au démantèlement de ce réseau d’envergure particulièrement organisé, hiérarchisé, avec des rôles répartis entre les différents acteurs pour les convois, le conditionnement de la cocaïne et du cannabis, la collecte de l’argent, le recours à des appartements « nourrices » disséminés pour le stockage des stupéfiants, de l’argent et des armes, l’utilisation de lignes téléphoniques dédiées et changeantes et de communications cryptées, le recours à des prête-noms, l’équipement en armes et munitions dans l’optique de la confrontation avec le clan adverse.

    Pour les enquêteurs, Félix Bingui se positionne en chef d’équipe, prodigue instructions et conseils. C’est celui à qui chacun rend compte, celui qui règle les conflits, celui qui bénéficie de transferts d’argent internationaux, celui qu’on sollicite parfois pour la fourniture d’armes. II possède deux villas à Dubaï où il jouit du statut de résident et circule en Ferrari. À Dubaï, le cercle des affidés vit grand train dépensant 300 000 euros en un mois en restaurants et boites de nuit, locations de voiture de sport. Aux enquêteurs, il explique son train de vie par ses économies, son activité de revente de véhicules depuis la prison, se disant aussi très doué en paris sportifs.

    Des écoutes rapportent un accident de la route survenu en 2022 à Dubaï ayant causé la mort d’un tiers. Pour protéger Mohamed H dit « Pirate » qui serait l’auteur, décrit comme son bras droit, son collecteur d’argent, son responsable pour l’approvisionnement en résine, le clan désigne un autre membre pour endosser la responsabilité, en échange de quoi « Pirate » lui verse 200 000 euros pour sa caution et ses frais d’avocat, l’entretient à hauteur de 10 000 par mois pendant un an et demi.

    « Le chat » se sait menacé. En novembre dernier, 9 membres présumés de la DZ Mafia ont été interpellés pour avoir tenté de l’assassiner en Espagne. C’était le 17 mai 2023, deux individus cagoulés ouvraient le feu sur Bingui et Zino, un comparse, attablés en terrasse d’une cafétéria près de Marbella, les blessant légèrement.

  • Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Audrey Garino : « Des gens cherchent la rentabilité dans le logement, nous on cherche l’intérêt général »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Adjointe chargée du logement
    Les moyens d’action

    Didier Gesualdi : On vous a confié l’une des délégations les plus délicates, celle du logement. Quels sont vos objectifs ?

    La question du logement est une priorité de l’action municipale depuis 6 ans. Évidemment parce que notre ville a des spécificités lourdes et parce qu’elle est impactée comme l’ensemble des grandes villes de France par des phénomènes qui sont liés à l’augmentation des meublés de tourisme, l’augmentation des loyers, la rareté du foncier… De façon très caricaturale, ma feuille de route a trois axes : premièrement la question du logement abordable avec l’encadrement des loyers, la production de logements sociaux, deuxièmement la question du logement indigne qui est très fort dans notre ville et dont la vacance se nourrit et troisièmement la question du parcours dans le logement. Vous l’avez noté, dans ma délégation il y a la question de l’hébergement d’urgence, ce n’était pas le cas dans la délégation de mon prédécesseur. Pourquoi ? Parce que précisément nous avons souhaité nous inscrire dans une prise en compte transversale du logement qui va de la rue jusqu’au logement privé. Le parcours du logement c’est ça mais aussi à travers les différents âges de la vie, depuis le logement étudiant jusqu’à celui des seniors.

    Léo Purguette : Quel regard portez-vous sur le chemin parcouru depuis 2020. Le logement, c’était l’un des moteurs du vote Printemps marseillais. Est-ce que le compte y est ?

    Nous avons énormément travaillé car nous avons hérité de pas grand-chose. Nous avons structuré un certain nombre de politiques publiques et de services qui n’existaient pas. Je pense notamment à toute la politique d’hébergement d’urgence avec la mise à disposition de 15 sites et de 600 places. Je rappelle aussi l’ensemble des actions menées par mon prédécesseur sur la question du logement indigne avec la mise en place d’équipes dédiées pour traiter les périls, accompagner les ménages évacués, engager des politiques de travaux d’office. On partait de pas grand-chose, ça a été très long à mettre en place. Aujourd’hui nous avons des dispositifs qui fonctionnent, qui demeurent à amplifier bien évidemment, et des équipes efficaces.

    Didier Gesualdi : La semaine dernière sur ce plateau, Romain Simmarano disait que le Printemps marseillais avait désormais l’ensemble des mannettes.

    M. Simmarano a le mérite de faire de la politique et d’en faire plutôt bien mais nous n’avons pas l’ensemble des mannettes. Si c’était le cas, nous aurions l’ensemble des institutions publiques qui concourent aux politiques publiques sur notre territoire et donc le Département, la Région et pourquoi pas l’État ? Ça ne vous aura pas échappé que ce n’est pas le cas. Pour autant, le travail que nous avons engagé avec la Métropole vise à nous délier les mains sur un certain nombre de sujets : propreté, transports en commun, voirie, logement… Cela va permettre des avancées notables pour la vie quotidienne des Marseillais. Toutefois, l’honnêteté me pousse à dire que durant ces six dernières années, ce n’est pas sur le logement que la Ville et la Métropole ont le moins bien travaillé ensemble. Un certain nombre d’outils ont été créés. Le plan local de l’habitat a été voté. La Ville entre enfin dans la Soléma, la Société publique locale d’aménagement d’intérêt national, Provence Métropole Logement… Elle va irriguer la réflexion de ces outils avec ses objectifs municipaux.

    Léo Purguette : Rénovation des copropriétés dégradées, rénovation urbaine… Comment reloger les personnes ?

    Les besoins sont énormes on va avoir besoin de l’ensemble des outils pour reconstituer l’offre. On a relevé la jauge d’agrément des logements sociaux pour y arriver.

    Le logement indigne

    Léo Purguette : La lutte contre le logement indigne semble sans fin. Quand des logements sont réhabilités d’autres entrent dans l’indignité. Comment entendez-vous mener la bataille pour que le nombre de logements indignes soit réduit réellement ?

    Il commence à réduire. Nous avons moins de stock de logements indignes depuis quelques mois, moins de signalements. Preuve que le travail très pro-actif que nous menons depuis 6 ans commence à porter ses fruits mais on part de très très loin. Le travail qui est devant nous est encore énorme, c’est pour ça qu’on avait besoin de la société publique locale SPLAIN à qui nous avons transmis 34 immeubles de centre-ville à réhabiliter intégralement. On avait besoin de la puissance publique parce qu’il s’agit d’opérations lourdes, extrêmement onéreuses et qui nécessitent un volontarisme très fort. On a eu six ans de mise à plat, aujourd’hui on a des outils qui commencent à prendre leur pleine mesure, ça va nous permettre de démultiplier nos actions en maintenant un très haut niveau d’engagement. Nous maintiendrons un très haut niveau de contrainte également, je pense notamment au travail que nous menons contre les marchands de sommeil et qui est concomitant de notre politique de lutte contre le logement indigne. L’enjeu pour nous, c’est d’accompagner l’ensemble des ménages qui souffrent de ce fléau dans notre ville.

    Didier Gesualdi : Le permis de louer, c’est satisfaisant ? C’est suffisant ?

    Non on souhaite très clairement l’étendre pour, a minima, coller à la cartographie de l’indécence des logements dans l’hypercentre ou les quartiers nord. C’est une des réponses à ce problème.

    Le cadre de vie

    Léo Purguette : La précédente ministre du Logement, Juliette Méadel, avait mis la pression sur les bailleurs HLM sur la question de vie quotidienne : poubelles, boîtes aux lettres fracturées, ascenseurs en panne… Est-ce que ça a porté ses fruits ? Que ferez-vous en tant que présidente du bailleur PML ?

    C’est un peu récent pour en tirer un bilan mais l’angle est le bon. Effectivement, les pieds d’immeuble participent de la qualité de vie que l’on doit à nos résidents. Ça fait partie des premiers échanges que j’ai eu avec les équipes de PML et plus généralement avec les équipes de la politique de la ville. Nous avons eu un certain nombre de remontées d’habitants de logements sociaux qui étaient dégradés soit en extérieur soit en intérieur. Et le fait que nous ayons une relation plus apaisée avec la Métropole va notamment permettre d’avancer sur les encombrants…

    Les meublés touristiques

    Léo Purguette : À quoi bon construire des logements privés s’ils sont accaparés par les meublés de tourisme ? Que comptez-vous faire ?

    C’est un vrai enjeu. On estime qu’environ 2 000 logements sont concernés par an, donc si vous rapportez ça au nombre de logements construits par an, ça fait un sur deux qui disparaît. La Ville est quasiment au taquet de ce que la loi permet en matière de contraintes. Nous avons fait baisser le nombre de jours quand on est sur une résidence principale de 120 à 90 jours avec obligation de déclaration et pour les résidences secondaires, il faut une demande de dérogation et reconstituer l’offre c’est-à-dire mettre un bien équivalent dans le marché locatif traditionnel. La dernière option qui reste mais pour l’instant nous ne sommes pas prêts à avancer, c’est de modifier le plan local d’urbanisme pour interdire, comme à Paris, certains arrondissements complètement aux meublés de tourisme. Là on est sur une échéance un peu plus loin. Ce qu’on peut faire tout de suite, c’est contrôler et c’est judiciariser les abus. Il y a des règles, elles doivent être respectées, on n’est pas un el dorado du tourisme mais une ville qui a des besoins de logements.

    Le logement social

    Léo Purguette : Dans le précédent mandat, la Ville a été critiquée pour l’insuffisance de construction de logements sociaux, le tir a ensuite été corrigé. Quels sont vos objectifs en la matière ?

    Nous les avons votés avec le programme local de l’habitat en 2024 : construire chaque année, 4 500 logements en tout dont 2 300 logements sociaux. Oui, nous avons rattrapé le tir puisqu’en 2025, la Ville a autorisé la construction de 2 480 logements sociaux dont les trois quarts sont des logements sociaux ou très sociaux, car vous le savez il existe des nuances au sein de la grande catégorie logement social. Si Marseille avait d’ailleurs un taux de logements sociaux acceptable au regard de la loi avant notre arrivée, c’est qu’il était essentiellement le fait de la construction de logements dits PLS, le plus haut niveau de logements sociaux. Or nous souhaitons que ce soit PLAI et PLUS, les catégories très sociales qui puissent être construites sur tout le territoire. Nous avons une dynamique de rattrapage qui est bonne puisque nous sommes à 103% de réalisation de nos objectifs triennaux. Nous les avons donc atteints et même dépassés.

    Léo Purguette : Allez-vous continuer à faire inclure des logements sociaux dans les programmes de construction ou des bâtiments de logements sociaux vont-ils sortir de terre ?

    L’un et l’autre ne s’excluent pas. On est plutôt dans une logique de maillage et donc de seuil dans chaque construction. Aujourd’hui à partir de 30 logements construits, il y a 30% de logements sociaux dus dans le programme. Je pense que c’est un bon outil pour favoriser la mixité sociale. Ça permet de construire du logement social partout. Il peut, demain, y avoir un objet de promotion unique sur la question sociale mais globalement, on est sur de petits lots qui viennent renforcer l’offre dans l’ensemble des arrondissements.

    Didier Gesualdi : Comment jugez-vous que des maires dans le département, dont le programme était de ne pas faire de logements sociaux, aient été réélus ?

    Leur programme était dans l’illégalité. Je le juge sévèrement parce qu’on a un objectif d’équilibre territorial à atteindre. Aujourd’hui, la Ville de Marseille a considérablement relevé le nombre de permis attribués à des logements sociaux et elle produit à elle seule 55%des logements sociaux de la Métropole alors qu’elle pèse 46% de la population. C’est Marseille la locomotive mais on ne peut pas tout faire à Marseille, j’appelle l’ensemble des maires à l’entendre.

    Didier Gesualdi : Beaucoup disent qu’ils n’ont pas le foncier…

    On peut entendre toutes les limites de l’exercice mais on voit bien qui sont celles et ceux qui ont de vraies contraintes. Quand il y en a, il n’y a pas de constat de carence parce que l’État en tient compte.

    La vacance

    Didier Gesualdi : Des professionnels de l’immobilier disent que les règles anti-meublés touristiques sont telles que les propriétaires préfèrent garder leur logement vide plutôt que de jouer le jeu ?

    Ce n’est pas tout à fait les chiffres dont on dispose. La vacance se nourrit davantage de l’indignité. On est sur un phénomène de marchandisation du logement. Moins d’un tiers des propriétaires de meublés de tourisme sont Marseillais. On voit bien que c’est un investissement locatif avec des gens qui cherchent de la rentabilité. Nous, on cherche l’intérêt général.

    Léo Purguette : Allez-vous réquisitionner les logements vides ?

    J’aimerais beaucoup. La loi ne permet pas aux communes la réquisition. Elle est cassée immédiatement par le tribunal administratif car c’est un outil à la main du préfet. Il en existe d’autres comme le doublement de la taxe sur la vacance après deux ans et l’intermédiation locative qui permet à des propriétaires frileux d’avoir un tiers pour gérer la relation avec un locataire.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Julie : Pourquoi ne pas fixer le taux de logements sociaux par arrondissement ?

    Ce n’est pas le cadre de la loi, pour autant c’est l’objectif qu’on se fixe. L’objectif de mixité, on le pense à l’échelle de la ville. On ne souhaite pas que les logements sociaux soient tous dans les mêmes arrondissements ce qui a été le cas pendant très longtemps. C’est pour ça que nous avons souhaité faire baisser le seuil de construction de logements sociaux aux opérations de 30 logements pour que nous puissions égrener dans toute la ville des logements sociaux à l’inverse de ce qui a été fait par nos prédécesseurs. J’aurais une attention particulière sur les arrondissements très déficitaires. Je pense au 7e ou au 12e arrondissements, qui sont en très grande tension. Pas plus tard que lundi matin, j’étudiais un projet dans le 12e. Sans la baisse du seuil que j’évoquais, ce type de projets n’aurait jamais pu exister. C’est parce qu’on l’impose qu’il arrive dans l’objet de promotion, sinon, le promoteur n’aurait jamais fait cette proposition. C’est donc un dispositif très utile. Sera-t-il suffisant ? Je ne sais pas. À titre personnel je suis favorable à une évolution de la loi pour que l’objectif passe à 25% de logements sociaux par secteur municipal.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Chez Cantini, Hélène Garache, céramiste inclassable

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Chez Cantini, Hélène Garache, céramiste inclassable

    Modelées sans prétention, elles sortirent du four principalement pendant le second XXe siècle. Ces assemblages de terre glaise dotées de très douces patines sont immédiatement attirants, on ne souhaite pas échapper à leur énigme. On voit mal à quel courant artistique on pourrait les rattacher.

    Quand on situera davantage leur inventrice on comprendra à quel point une confiance tranquille, l’humour et l’allégresse les traversent. Les cartels mentionnent qu’il s’agit du regroupement de deux séries d’objets. Ce sont des habitations et en même temps ce sont des corps. Avec en sommet un ciel et des envols d’oiseaux. En guise de toits et de murs, des imbrications de lauzes, des entassements de feuilles. Ou bien, dit un témoin, des « haies d’oreilles » enchevêtrées et touffues, des murets qui ressemblent à des bories. Ensuite, du côté de la Normandie, voici des plages, des sables et des horizons marins. Finalement assez figuratives ou bien faiblement abstraites, ces œuvres étonnamment savoureuses ne sont pas en quête de rupture par rapport à leur époque. Sans trop de mystère ni de symbolisme, leur univers est sobrement « post-surréaliste »: on découvre des formes élémentaires, par exemple l’étrave d’un bateau avec des encoches et une petite boule, ou bien des rouleaux de mer qui ressemblent aux découpes d’un pain de boulanger. Ce sont de simples apparitions, la condensation heureuse d’une mémoire et de plusieurs sensations. Leur meilleur commentateur, Yves Bonnefoy écrivait en 2006, dans un numéro de la revue Conférence, que malgré leur taille réduite et la douceur de leurs teintes argileuses, leurs alignements peuvent évoquer Stonehenge. Pas seulement inclassable, l’œuvre d’Hélène Garache (1928 – 2023) fut longtemps invisible. Programmée au musée d’Art Moderne de Paris, son unique exposition fut inaugurée deux jours après son décès. Conservatrice du musée Cantini, Louise Madinier qui a sollicité ce dépôt espère qu’une donation du Fonds Hélène et Claude Garache sera prochainement homologuée. Des œuvres d’Hélène Garache figurent déjà dans les collections des musées de Tours, Grenoble et Paris.

  • OM : une finale pour l’Europe

    OM : une finale pour l’Europe

    Malgré les matches ratés, les coups durs et autres départs vaudevillesques, l’OM peut toujours prétendre être européen la saison prochaine.

    Certes, s’ils retrouvent les joutes continentales en septembre, ce ne sera pas celles de la Ligue des Champions. Néanmoins, deux options s’offrent encore aux Marseillais. La Ligue Europa et la Conférence européenne, cela en fonction de ce qu’il se passera dimanche au Vélodrome, avec la réception de Rennes, en clôture d’une saison éprouvante.

    « Jouer une Coupe d’Europe, c’est toujours bien », confesse Timothy Weah. Le lauréat 2026 du prix Orange de la presse ne galvaude pas une éventuelle participation à la Ligue Europa. Il voit dans une qualification l’occasion de « finir sur quelque chose de positif ».

    Même son de cloche du côté de son entraîneur. Habib Beye sait ce que représente une belle épopée en Ligue Europa. « J’en ai vécu une avec l’OM, avec une finale, c’est exceptionnel », insiste-t-il. Et même si la Ligue des Champions, qu’il devait aller chercher avec son équipe, se jouera sans l’OM la saison prochaine, l’ancien défenseur reste positif. « Nous avons la chance d’avoir ce dernier match au Vélodrome. Ils seront nombreux à être contents de nous voir gagner contre Rennes et finir cinquième. Ce match, c’est l’occasion d’avoir une belle sortie », continue-t-il.

    Habib Beye est optimiste. La victoire, même poussive, ramenée du Havre a permis de regonfler le moral de ses troupes. « Ce sera une bataille, et nous sommes prêts ! », confirme Timothy Weah. Prêts à couper la route de la Ligue des Champions à des Rennais qui sont revenus dans la course, sous la houlette de Franck Haise et d’un collectif revanchard, après une première moitié de saison ratée.

    Rennes a fait ce que l’OM aurait dû faire depuis le mois de janvier. À présent, c’est l’occasion pour les Phocéens de faire d’une pierre deux coups. Montrer que le groupe mérite d’aller chercher l’Europe. Et se réconcilier avec le Vélodrome.

    Les derniers matches ont montré une fracture profonde entre les joueurs et le peuple olympien. Timothy Weah en a conscience et lui lance un appel. « Les supporters ont le droit d’être exigeants et en colère. Je comprends que c’est dur pour eux de nous soutenir. Mais nous avons besoin d’eux pour aller chercher l’Europe. »

    Pour Habib Beye, la recette est simple. « Nous devons faire un grand match, en étant plus solidaires et meilleurs qu’au Havre. Être moyen ne suffira pas. »

    « Je comprends que c’est dur pour les supporters de nous soutenir »

  • Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Un bar continue d’exploiter un rooftop illégal à Malmousque

    Le bar Pigment au 237, corniche Kennedy (7e) persiste depuis septembre dernier à ouvrir un rooftop non autorisé mais très médiatisé sur les réseaux sociaux à l’approche de la saison estivale. Une dizaine de copropriétaires et riverains ont saisi la justice et les élus sur la persistance de cette exploitation illicite.

    Les plaintes s’amoncellent auprès des élus et des services et jusqu’au procureur de la République. « La clientèle et le personnel empruntent les parties communes, couloir et les escaliers de la copropriété. On a vu des clients pénétrer dans nos cours et jardins. Un week-end, plus de 40 personnes occupaient simultanément le rooftop », dénonce le collectif. Au-delà des nuisances engendrées, les enjeux de sécurité publique sont prégnants : quid de la résistance d’un toit non conçu pour supporter les charges d’un public important, l’absence d’issues de secours signalées, de dispositifs anti-incendie et ce « service de douches » proposé à la clientèle ?

    « On a toutes les autorisations nécessaires de la Ville et de la Préfecture sinon vous vous doutez bien qu’on n’ouvrirait pas », répond crânement Benjamin Honnorat, le gérant joint vendredi. « Je montre tous les documents à la police municipale quand elle est appelée chaque semaine par les voisins et ça se passe très bien. Il n’y a aucun sujet », coupe-t-il.

    « L’accueil de public est strictement interdit »

    L’exploitant, locataire du bar au rez-de-chaussée, n’a en réalité demandé aucune autorisation d’urbanisme pour démolir deux cabanons sur le toit, retirer deux puits de lumière, poser des garde-corps et procéder à un changement d’usage privatif en exploitation commerciale. Dès l’ouverture en septembre, le service de l’urbanisme a dressé un PV d’infraction et saisi le Parquet. Le bar « Pigment » n’a pas davantage d’autorisation de la commission communale de sécurité pour utiliser ce toit en extension du bar. Il a été mis en demeure par la Ville dès le 25 septembre 2025 qui lui a signifié « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». Après un avis défavorable le 9 décembre à sa demande de mise en conformité « en raison d’un défaut d’accessibilité », le bar a déposé une nouvelle demande qui est à l’instruction. « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit », lui a signifié en caractère gras et souligné la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai notifié par la police municipale cette semaine. Il fait suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur Sophie Camard inquiète d’un « effet d’entraînement » sur d’autres exploitants. « L’exploitant engage sa responsabilité pénale en cas d’ouverture au public » a nous a précisé hier la Ville.

    « C’est une terrasse privée d’appartement ouverte au grand public sans autorisation. L’accès se fait par les parties communes d’un immeuble d’habitation bourgeoise. Le règlement de copropriété n’autorise pas d’activités commerciales ou professionnelles dans les étages », résume l’avocate du syndicat des copropriétaires, Me Hinde Kalai qui affute une assignation en référé.

  • La Saison Méditerranée s’ouvre sur un espoir de paix

    La Saison Méditerranée s’ouvre sur un espoir de paix

    Face aux centaines d’officiels et représentants du monde de la culture réunis au Pharo le plasticien marocain Mohamed El Khatib assume : « Il était temps que la France considère les autres rives de la Méditerranée non pas comme une charge, en termes d’immigration, mais comme une chance. » Devant lui, les ministres de la Culture Catherine Pégard et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot. Ce vendredi soir à Marseille, c’est en grand qu’a été inaugurée la Saison Méditerranée. Annoncée en juin 2023 par Emmanuel Macron depuis le Mucem, cette programmation de plus de 200 événements artistiques et culturels pilotée par l’Institut français ambitionne de nourrir les rencontres entre les pays méditerranéens sur tout le territoire national jusqu’au 31 octobre prochain, après dix jours de lancement à Marseille. Avant de se décliner au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Égypte, au Liban.

    Une programmation de concerts, d’expositions, de rencontres entre artistes et chercheurs des pays méditerranéens, dans un contexte de guerres et de crises. « Les fracas des bombes ne doivent pas nous détourner de ce en quoi nous croyons au fond de nos tripes, lançait ainsi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. La Méditerranée ne doit pas devenir le symbole des fractures du monde alors même qu’elle en est le berceau. » Et de célébrer la culture, en appelant les artistes à ne pas taire leurs critiques. « Jamais n’observez le silence, jamais ne baissez les yeux », insiste-t-il.

    « Cette saison constitue un havre, où chacun pourra reprendre des forces loin des tempêtes, un espace de rencontres pour les sociétés civiles », défend aussi le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. « Rapprocher les rives est une nécessité, car l’espace méditerranéen est un espace vulnérable », poursuit le résident du Quai d’Orsay, énumérant les crises climatiques, géopolitiques, humanitaires. Il annonce ainsi une conférence internationale à l’Institut du monde arabe, le 12 juin prochain, « pour que les sociétés civiles israéliennes et palestiniennes puissent faire entendre leurs voix », neuf mois après la reconnaissance tardive de l’État de Palestine.

    Un ministre hué

    Mais alors qu’il dévoilait plus tôt une plaque célébrant le Pharo comme « Patrimoine de la diplomatie », les grandes rencontres internationales attachées au palais de l’impératrice Eugénie – le premier sommet de l’Union pour la Méditerranée en 2008, le sommet des deux rives en 2019 – rappellent surtout les promesses non tenues de la diplomatie française. Et la guerre le rattrape toujours. Des huées l’accueillent quand face à la participation d’Israël en finale de l’Eurovision samedi il défend que « le boycott culturel n’apporte aucune solution ». Malgré cela, le plasticien Mohamed El Khatib célèbre le « modèle de diplomatie » de cette Saison Méditerranée, et son « audace artistique ». Et de rappeler : « Nous vivons dans un temps où plus que jamais les artistes ont à participer aux enjeux sociaux et politiques qui nous traversent. »

    La programmation à Marseille : www.marseille.fr/saisonmed

  • NTO : « Marseille c’est mon histoire, mes racines »

    NTO : « Marseille c’est mon histoire, mes racines »

    La Marseillaise : Pour les personnes qui ne vous connaissent pas encore, pourriez-vous vous présenter ?

    NTO : Je compose de la musique techno mélodique depuis une vingtaine d’années, je suis né et j’ai grandi à Marseille. Une ville que j’aime mais dans laquelle je joue très peu…

    Justement, vous qui êtes originaire de Marseille, qu’est-ce que ça représente pour vous de jouer à domicile pour
    le festival Au Large
     ?

    NTO : Je suis très heureux de me produire pour le festival le 26 juin et qui plus est au Théâtre Silvain qui est un très bel endroit. Cette date est très importante pour moi parce que je sors d’une grosse période de production de musique qui a duré presque deux ans avec un nouvel album qui sortira en octobre et le premier single sort à la fin du mois de mai donc ça va être l’occasion de le faire découvrir au public. Je suis très heureux de partager tout ça à domicile ça a un sens. C’est une ville à laquelle je suis très connecté, c’est mon histoire, mes racines, c’est ici qu’il y a mes inspirations culturelles aussi donc la symbolique est très forte pour moi.

    Que raconte votre album à sortir ? Y a-t-il une thématique particulière ?

    NTO : C’est un album qui est très personnel. Mon premier album Apnea sortait il y a cinq ans, né de la rencontre avec l’apnéiste Arthur Guérin d’ailleurs je continue à tourner avec cet album et j’en suis fier. Il y a un an et demi j’ai sorti un album en collaboration avec le pianiste Sofiane Pamart c’était extraordinaire humainement et musicalement. Là pour le coup c’est un peu différent, ce nouvel album c’est avec moi-même. Il fait suite à une période difficile de ma vie que j’ai vécue il y a deux ans, c’est une musique qui est née de la reconstruction. Il s’est passé beaucoup de choses, j’ai eu envie de raconter beaucoup de choses qui ont donné naissance à de nombreuses musiques. Je suis impatient de le sortir parce que c’est un album introspectif et personnel.

    Vous définissez votre style musical comme étant de la techno mélodique, concrètement c’est quoi ?

    NTO : C’est de la musique électronique avec beaucoup de mélodies pour faire court. C’est une musique très axée sur l’aspect dansant du côté club de la musique mais c’est axé sur l’histoire. Danser pouvoir fermer les yeux et ressentir des choses. C’est un style musical qui permet de se laisser transporter par les émotions et les mélodies. J’écoute personnellement beaucoup de musique acoustique et de styles différents que ce soit de la soul, du rock, du classique, du jazz etc. donc je suis très attaché à la mélodie. Je passe beaucoup de temps à composer les parties harmoniques et mélodiques de mes morceaux.

    Quand on fait de la musique à proprement parler, c’est-à-dire que l’on ne pose pas sa voix dessus, quel est le cheminement de travail pour arriver à transmettre des émotions ?

    NTO : Ce que j’aime là-dedans c’est que dans la vie il y a plein d’émotions que l’on n’arrive pas à verbaliser. On n’arrive pas à les exprimer mais l’art en général je ne parle pas que de la musique, permet de matérialiser des sensations, sentiments, émotions qui sont indescriptibles et mon rapport à la musique c’est celui-ci. Je bouche une case vide dans ma vie avec la musique et c’est quelque chose que je décharge. J’aime raconter des histoires avec des notes de musique où je considère que chaque instrument est un personnage qui évolue dans un morceau de la première à la dernière minute.

    Et d’un point de vue personnel, que ressentez-vous quand vous êtes face à une foule en transe qui ressent votre musique ?

    NTO : C’est génial tout simplement, il n’y a pas d’autres mots qui me viennent ! Au début ce n’était pas quelque chose que j’arrivais à apprivoiser, c’était traumatisant, d’ailleurs je ne pense pas que ce soit naturel pour qui que ce soit d’être seul sur une scène immense face à des milliers de gens. Ce qui est exaltant c’est d’arriver à trouver un langage commun entre toi et le public, il y a quelque chose de très léger qui se crée. Tu es soudainement transcendé par un moment très fédérateur. On finit par être accro à cette sensation.

    Au-delà des émotions que vous cherchez à transmettre, votre musique est-elle un moyen de faire passer un message ?

    NTO : Oui clairement. Ce n’est jamais de manière frontale mais suggérée. Je pense d’ailleurs que quelle que soit la musique il y a toujours un message. Ce n’est pas que de l’émotion c’est aussi un moyen de transmettre son ressenti, le regard que l’on porte sur quelque chose ou raconter un moment particulier. J’ai déjà fait des morceaux avec du texte mais dans l’album qui va sortir il y en a beaucoup. Notamment un que j’ai écrit et que je fais lire par mes enfants et dont la thématique porte sur les mondes imaginaires auxquels j’étais très attaché enfant. C’est un moyen de parler de ce que tu valorises, ce à quoi tu attaches de l’importance ou pas dans ta vie, par exemple. Donc oui la musique est aussi vectrice de messages.

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  • Uber, nouveau pirate

    Uber, nouveau pirate

    Un monde sans foi ni loi où seul le profit compte au prétexte de proposer de nouveaux services. C’est la ligne de conduite de la multinationale Uber. L’ubérisation de la société – comprendre la dérégulation sauvage du travail – s’étend désormais au domaine maritime dans le secteur de la location de bateaux de plaisance en passe de débarquer à Marseille en juin.

    Imaginons le programme type du néotouriste : il loue sur Airbnb un séjour de courte durée, ce qui aggrave la crise du logement ; il commande son repas sur Uber, livré par les nouveaux damnés de la terre ; Il va ou rentre du stade ou du concert en Uber et il pourra bientôt louer un bateau avec skipper grâce à Uber, associé à Marseille à Click&Boat.

    La mer n’est pas un terrain de jeu

    Comment faire face à ce rouleau compresseur ? En premier lieu, en appliquant la loi ! C’est-à-dire en dotant les services publics de moyens pour contrôler les pratiques de cette multinationale.

    Faut-il attendre un accident dramatique pour agir contre cette prédation ? La mer n’est pas un terrain de jeu. Car si ce type de location exige la présence d’une ou d’un skipper, le système est tellement pervers que ces travailleurs sont souvent contraints d’accepter des conditions contraires à la sécurité pour satisfaire les plateformes et leurs clients. Comme les chauffeurs de taxi Uber soumis à des algorithmes et qui ont cru au miroir aux alouettes de l’auto-entreprenariat, les professionnels de la plaisance seront-ils dévorés à leur tour ? La pratique des loisirs nautiques doit relever d’un cadre rigoureux et l’espace maritime doit demeurer un bien commun et résister à Uber, ce nouveau pirate.

  • Uber à l’abordage des bateaux du Vieux-Port

    Uber à l’abordage des bateaux du Vieux-Port

    Loin du système de navettes, Uber choisit de s’associer à l’opérateur Click&Boat, plateforme déjà présente à Marseille, pour se lancer dans la location de bateaux entre particuliers. « 1 500 navires » seront mis à disposition de la plateforme, selon les deux partenaires. Un onglet “Bateau” sera tout simplement ajouté à l’application Uber. « L’idée est de s’appuyer sur Uber pour mettre en avant la démocratisation de la location de bateau mais aussi l’expertise, le professionnalisme et l’offre locale », assure Bastien Rambert, chargé de relation presse Click&Boat.

    Entre loi et laisser-faire

    Mais l’arrivée d’Uber Boat, en plus d’instaurer selon ses détracteurs « une concurrence déloyale » entre loueurs professionnels et particuliers, se heurte au cadre réglementaire souvent méconnu du grand public. « Le particulier n’a pas le droit de louer son bateau sans AOT, sans être agréé », affirme Amine Gharbi, président de LocaBoat, société de location de bateaux implanté sur le Vieux-Port.

    L’article 4.2 du règlement portuaire de la métropole stipule qu’« il est interdit, à tout usager, d’autoriser à un tiers l’usage, à titre gratuit ou contre rémunération, du poste à flot ou à terre qui lui a été attribué ». Pour autant, « sur le port de la pointe rouge ou de l’Estaque, il y a une partie privée où nous pouvons nous amarrer en tant que particulier », observe un propriétaire de bateau qui loue via Click&Boat, souhaitant rester anonyme. « Les ports devraient être à tout le monde. Les places sont réduites pour avoir une AOT. Alors oui, on loue sans. Un bateau, ça coûte cher à entretenir, donc on trouve des solutions », plaide le plaisancier. Il déplore toutefois un manque d’encadrement : « Click&Boat n’a pas assez d’équipes pour réfléchir aux réglementations ici. Il ne s’intéresse pas aux normes de la Métropole… Personne n’est aiguillé », estime-t-il. Car au-delà des règles portuaires locales, un cadre national s’applique : dès qu’un bateau de plaisance est mis en location contre rémunération, il devient un navire de plaisance à utilisation commerciale. Dans ce cas, il doit obligatoirement détenir un permis d’armement, une fiche d’effectif et un statut de gens de mer pour son capitaine, selon le droit maritime français. Quasiment impossible, pour un particulier à cause de son coût et sa complexité administrative de s’y conformer…

    Face à cette pression croissante, Amine Gharbi et d’autres collègues loueurs professionnels ont monté une association : la Nautic Marseille. « Nous voulons solidifier les différentes structures de contrôle. Ce que nous voulons proposer, c’est d’instaurer un code couleur de drapeaux pour les professionnels, qui permettrait aux forces de l’ordre maritime de nous reconnaître et de faire le tri afin de se concentrer sur les particuliers qui n’ont pas été contrôlés en amont. » Par ailleurs, l’association écologique Terre Bleue, exige qu’avant toute autorisation nationale accordée à ce nouveau système de location, les opérateurs fassent preuve d’une totale transparence quant à leurs activités, surtout concernant « un littoral particulièrement fragilisé, confronté au réchauffement de ses eaux et à une forte pression humaine », insiste la structure.

    Les autorités ont déjà commencé à sévir. « Il y en a plein qui se sont fait dégager sur le Vieux-Port », partage Nicolas Petit, directeur commercial de ZeBoat, loueur de bateaux de luxe. Des locations « irrégulières » sont souvent épinglées et condamnées par la justice depuis plusieurs années déjà, avec des peines pouvant aller jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende. Loueurs comme plaisanciers craignent une privatisation des espaces maritimes qui selon eux doivent rester publics. « Ce que nous voulons, ce n’est pas du volume mais de la qualité. La Métropole sait que nous avons des bateaux identifiés et sécurisés, aux normes qui produisent moins de CO2. Sortir des personnes en mer, c’est risqué. Pourquoi ne pas professionnaliser Uber, et se concentrer sur nous, pour régulariser la demande ? », estime Amine Gharbi. Le débat est loin d’être clos.

  • Opération coup de poing contre l’armurier Eurolinks

    Opération coup de poing contre l’armurier Eurolinks

    Le drapeau palestinien qui s’agite devant le site d’Eurolinks (13) ce midi, porte la colère d’une vingtaine de militants marseillais venus protester. Certains haussent leurs pancartes, d’autres secouent leurs bombes de peinture, et le mégaphone passe de main en main. C’est au tour d’Ipiu, d’adresser un mot à la foule : « Aujourd’hui, nous commémorons les 78 ans des déplacements forcés de centaines de milliers de Palestiniens. Depuis ce découpage imposé par les puissances occidentales, les actions génocidaires menées par l’État Israélien n’ont cessé. »

    Cette manifestation, « c’est l’occasion de poursuivre notre combat contre Eurolinks, qui participe à ce génocide », conclut la fervente manifestante. Malgré des appels de l’ONU, plusieurs médias révèlent en 2024, que la société n’a cessé ses activités. Elle est donc aujourd’hui poursuivie suite à deux plaintes de l’association des juristes pour le respect du droit international (Jurdi) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui dénoncent « un risque génocidaire ». Des procédures qui rassurent les militants mais ne « suffiront pas à contraindre l’entreprise à se reconvertir », interpelle Ipiu, qui en appelle aux Marseillais : « Nous avons plus que jamais besoin d’une pression populaire. »

    Un enjeu local

    L’implantation d’Eurolinks dans le quartier avait déjà éveillé la colère d’habitants à son installation en 2019, car jugée « polluante ». Camille, l’un des militants s’en souvient : « Certains riverains se plaignaient de l’odeur. C’est une entreprise familiale, qui ne sert même pas l’économie locale. Elle menace la santé des Marseillais, offre des emplois intérimaires précaires, et s’enrichit sur la mort des autres », dénonce-t-il.