Tag: Marseille

  • La Banque alimentaire inaugure un camion itinérant à Marseille

    La Banque alimentaire inaugure un camion itinérant à Marseille

    « L’objectif est (…) d’aller vers les personnes en difficulté qui vivent dans des territoires où l’aide alimentaire est peu accessible », a expliqué, mardi, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire 13, devant une assemblée de bénévoles et de partenaires réunis dans les locaux de l’association à la Pomme (11e) pour un café de rentrée. Le chef de structure a en effet profité de ce « rendez-vous traditionnel » pour présenter et inaugurer le nouveau dispositif « Rayon 13 mobile », une épicerie solidaire itinérante. « Pour la première fois la Banque alimentaire va compléter ses actions auprès des centres communaux d’action sociale par une distribution directe aux bénéficiaires, a-t-il détaillé. Les personnes pourront bénéficier, pendant un temps, de produits à prix très très accessible c’est-à-dire entre 10 et 30% de leur valeur réelle. » Le dispositif, qui devrait permettre d’accompagner 300 personnes par semaine, s’appuiera sur quatre points de distribution hebdomadaires, à Roquevaire, Septèmes-les-Vallons, Saint-Menet (Marseille) et Jouques. Trois communes extérieures à Marseille donc, de quoi, peut-être, commencer à combler un déficit d’aide dans le reste du département. « Le Département [premier partenaire de la Banque alimentaire, Ndlr] compte 119 communes. Pourtant, près de 75 à 80% de l’aide est pour Marseille, note Denis Rossi, conseiller départemental (DVD), délégué au Plan pauvreté et aux associations. C’est terrible d’imaginer qu’à Marseille nous sommes entourés d’une situation de grande précarité. Mais il y a un a priori (…) sur certaines communes des Bouches-du-Rhône, qu’on imagine riches. Pourtant, il existe des points où la précarité augmente. Les gens sont isolés, seuls, et n’arrivent pas à trouver de réponse adaptée ». En 2024, le taux de pauvreté monétaire était de 26% à Marseille, contre 18,5% sur l’ensemble du département, selon un diagnostic produit par l’Agence des nouvelles solidarités actives et le Laboratoire de recherche interdisciplinaire en interventions sociales.

    « Nous avons besoin

    de 3 000 bénévoles »

    Autre point important au menu de ce café de rentrée : l’appel à la mobilisation autour de la Grande collecte annuelle, cette année organisée les 6, 7 et 8 novembre. « C’est un moment important qui nous permet de collecter des tonnages pour ne pas être en rupture, a insisté Joseph Arakel. L’an passé, (…) ça a permis de profiter à 110 000 personnes. C’est colossal. Cette année, nous avons besoin de 3 000 bénévoles pour pouvoir organiser la collecte dans les magasins. » Des bénévoles chaudement remerciés et encouragés par l’ensemble des intervenants, dont Yannick Ohanessian, adjoint au maire de Marseille (PS), délégué à la vie associative.

  • Après la crise, la Métropole face à son mur financier

    Après la crise, la Métropole face à son mur financier

    Cinq jours après le blocage métropolitain sur les coupes dans la dotation de solidarité aux communes et l’adoption d’une modification budgétaire insincère (notre édition du 11/09), les élus se retrouvaient ce mardi matin, à Aix-en-Provence, en plus petit comité, pour un état des lieux des perspectives financières de l’intercommunalité. En plein flou avant la saisine annoncée de la Chambre régionale des comptes, l’institution doit en effet toujours s’accorder sur un pacte financier et fiscal pour les six prochaines années. En clair, tracer une trajectoire sur les dépenses, les recettes, les investissements de la Métropole, ainsi que ses relations financières avec les communes qui la composent.

    Le précédent pacte, déjà, avait été adopté aux forceps le 15 décembre 2022, sous la menace du veto marseillais, et avait alors abouti à la création de cette dotation de solidarité communautaire avec, aujourd’hui, 45 millions d’euros pour Marseille. Un compromis que le dérapage financier de la Métropole fait aujourd’hui voler en éclats. La réunion de ce mardi posait le défi de ce nouveau pacte, présenté par le cabinet de conseil Michel Klopfer. « Ils nous ont montré le mur que nous avons devant nous, raconte l’adjoint marseillais aux finances, Joël Canicave (PS). Dans tous les cas de figure, il y a 500 millions d’euros à trouver sur le mandat. »

    Les débats pour octobre

    Plusieurs grands scénarios sont posés sur la table pour un retour à une trajectoire financière « la plus vertueuse possible » dès 2027 ou davantage vers la fin du mandat, présente l’argentier de la Métropole, David Ytier (LR). De quoi influencer les besoins budgétaires pour l’année à venir, avec une fourchette qui va de 140 millions à 300 millions d’euros à trouver. « Mais il y a encore des inconnues et l’année 2027 est complexe, nous attendons des décisions pas réjouissantes de la loi de finances », pointe David Ytier. Si 26 millions d’impôts sur les entreprises (dont 7 millions d’exonérations supprimées) ont été votés pour l’année à venir par l’hémicycle métropolitain, l’échec du vote sur des coupes de 53 millions d’euros dans les dotations aux communes risque encore de peser, selon les préconisations encore incertaines des magistrats financiers. Ce qui pourrait « rendre une augmentation d’impôts inévitable », reconnaît le vice-président.

    Alors, logiquement, le psychodrame de la séance du 10 septembre s’est discrètement invité dans le huis clos aixois. « Il y avait un peu, dans nos échanges, une séance de psy post-traumatisme », reconnaît David Ytier, avec « une incompréhension forte de part et d’autre ». Des interventions « à fleurets mouchetés », complète Joël Canicave. Mais de chaque côté, on réitère surtout l’envie de travailler ensemble après cette séance essentiellement technique et « austère ». Les débats auront le temps de monter : dix autres rencontres sont prévues avant la présentation du futur pacte au début de l’année. Avec dans deux semaines la question des flux financiers vers les communes, et dans un mois, celle des transports métropolitains.

  • OM : Genesio face à un scénario déjà vécu par Élie Baup

    OM : Genesio face à un scénario déjà vécu par Élie Baup

    Dur, dur d’être un entraîneur ! Encore plus lorsque l’on s’assoit sur le banc de l’OM, où la pression est permanente et les responsabilités, nombreuses. « C’est un métier sous pression », confie Élie Baup, entraîneur de l’Olympique de Marseille du 4 juillet 2012 au 7 décembre 2013.

    À la tête du club phocéen, le technicien haut-garonnais âgé de 71 ans à présent a remporté 34 de ses 74 matches, soit 45,9% de victoires. « Il y a toujours des hauts et des bas, avec une responsabilité conséquente. Mais c’est vrai qu’à Marseille, tout est décuplé, parce qu’il y a une telle passion, une telle ferveur populaire et une telle attente permanente de résultats. Surtout dans le paysage du football français, on a besoin de voir l’OM sur le podium », explique-t-il.

    Contraintes économiques déjà bien présentes

    Derrière les ambitions sportives, les réalités économiques ont rapidement rattrapé le club dès la première saison de Baup sur le banc, lors de l’exercice 2012-2013. « Il y a eu directement des restrictions. Il y avait de bons joueurs et la masse salariale était conséquente », souligne Baup, conscient du poids financier de l’effectif dont il avait hérité. À l’époque, le salaire moyen en Ligue 1 se situait autour de 45 000 euros bruts mensuels. Cinq Olympiens – Lucho González, André-Pierre Gignac, Steve Mandanda, Mathieu Valbuena et Loïc Rémy – percevaient alors plus de 200 000 euros par mois. « L’équipe avait fini dixième la saison passée et il fallait réduire la voilure. Donc, la première des choses, c’était de vendre des joueurs. Et, à l’intersaison déjà, beaucoup étaient partis », poursuit l’ancien entraîneur de Toulouse, Bordeaux, Nantes et Saint-Etienne.

    Alou Diarra, César Azpilicueta, Stéphane Mbia, Charles Kaboré ou encore Loïc Rémy avaient ainsi quitté Marseille pour de nouveaux horizons. Une situation qui présente de nombreuses similitudes avec celle vécue par Bruno Genesio cette saison. Et le parallèle ne s’arrête pas aux seules contraintes économiques.

    Faire avec moins

    et utiliser les jeunes

    « On n’a pas utilisé beaucoup de joueurs. On a rapidement été dans la gestion limitée de l’effectif. Mais on avait choisi de faire confiance à quelques jeunes qui se sont plus ou moins révélés », raconte Élie Baup, conscient que Bruno Genesio s’appuie sur des joueurs récemment formés au club, comme Keyliane Abdallah, Tadjidine Mmadi, Kelyann Bezahaf ou Kamissoko pour compléter son effectif. À l’époque de Baup, plusieurs joueurs issus de la formation olympienne avaient ainsi intégré la rotation, à l’image de Raffidine Abdullah, Wesley Jobello, Baptiste Aloé, Billel Omrani, Larry Azouni ou encore Najib Ammari. « Je m’étais servi des tours préliminaires pour bâtir une équipe avec un noyau fort de joueurs. Et ça avait marché, puisqu’on avait gagné les six premiers matches en championnat. Mais derrière, comme je savais que j’avais un effectif limité, j’ai choisi de considérer les matches de Ligue Europa comme ceux de Coupe de France. Ces matches me permettaient aussi d’élargir le groupe et de donner leur chance aux jeunes joueurs. L’Europe, quelque part, permet d’évacuer toute cette pression du championnat », estime l’ancien gardien de but du Sud-Ouest.

    Une stratégie qui avait finalement porté ses fruits. Malgré les restrictions économiques, les départs de plusieurs cadres et un effectif limité, Élie Baup avait réussi à hisser l’OM jusqu’à la deuxième place du championnat lors de la saison 2012-2013. De quoi nourrir quelques espoirs pour Bruno Genesio et ses Olympiens.

  • [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Pour Fibre Excellence, la bataille n’est pas finie »

    [Entretien] Frédéric Souillot, FO : « Pour Fibre Excellence, la bataille n’est pas finie »

    La Marseillaise : Comment appréciez-vous le niveau de mobilisation de ce 15 septembre ?

    Frédéric Souillot : C’est un excellent niveau de mobilisation dans les IEG (Industries électriques et gazières). Il y avait aussi les retraités. Car le tarif agent qui est remis en cause, c’est leur contrat social. Cet été, quand il y a eu des incendies partout, quand il y a eu la canicule dans les hôpitaux, ils sont venus d’astreinte pour remettre tout en route. Ils remplissent une mission de service public en étant sous convention collective. J’ai entendu le Premier ministre les féliciter, comme dans la santé. C’est une vraie richesse à chaque crise et après, sous l’angle économique, ça devient un coût.

    Ces métiers manquent d’attractivité. Quelle est la solution ?

    F.S. : à chaque fois qu’il y a un concours d’entrée dans la fonction publique, il manque un tiers des candidats. Or, dans la fonction publique c’est un investissement et ça garantit la cohésion sociale de la République. Comment va-t-on chercher les 1,3 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en formation, ni à l’éducation nationale ? C’est une vraie perte pour la nation. Ils sont souvent récupérés par l’économie parallèle. Comment on les ramène ? Comment on leur propose une vraie carrière avec de l’évolution professionnelle ? On travaille dessus avec la négociation d’un accord national interpro. On a remis au goût du jour l’Arpe (Allocation de remplacement pour l’emploi) : le départ de deux anciens pour l’embauche d’un jeune et où on peut accepter des aides publiques. Et parallèlement, une retraite progressive dès 60 ans.

    Pensez-vous qu’il soit encore possible de dialoguer avec le gouvernement ?

    F.S. : Le gouvernement va présenter un budget au Parlement, on verra bien ce qu’il y a dedans. Depuis 2017, il repousse les corps intermédiaires. Mais même les organisations patronales disent qu’il faut redonner sa place à la démocratie sociale et à la négociation collective. C’est pour cela que nous les avons reçues à FO et que nous avons discuté d’un agenda social autonome. Le premier sujet sur lequel on veut discuter, c’est comment on se projette : comment on parle de modèle productif à vingt ans ?

    On parle beaucoup de réindustrialisation, mais des usines ferment. Quels sujets seront abordés lors de la Journée de l’industrie de FO, le 8 octobre ?

    F.S. : Les politiques en parlent comme un slogan juste avant les élections. Maintenant, pour revenir sur les déserts industriels, il faut passer aux actes. Notre projection pour la réindustrialisation, c’est commencer par se demander comment on revoit le Conseil national de l’industrie ? Il y a 20 ans, il a été créé pour mettre en place des filières de branche. Aujourd’hui, il n’est plus au goût du jour. Il faut repenser la politique industrielle, avec la transition énergétique, mais surtout, il faut en discuter avec les travailleurs pour mettre socialement les choses en place. Si on avait fait de la politique écologique dans les années 2000, on aurait peut-être avancé sur ces questions. Aujourd’hui, on nous parle de fermer des sites.

    Quel avenir pour Fibre Excellence à Saint-Gaudens et à Tarascon ?

    F.S. : à Tarascon, la seule organisation syndicale qui avait proposé la nationalisation temporaire le temps qu’on trouve un repreneur, de faire des investissements pour modifier les sites industriels pour faire de la pâte à papier plus valorisée, c’est FO. Aujourd’hui, il y a liquidation. à Saint-Gaudens, la Région Occitanie et d’autres organisations syndicales la demandent. On continue à suivre ce dossier. Ce qu’on dit au ministre de l’Industrie, c’est : trouvez un papetier et nous, avec la Région Paca, la CCI d’Arles, on trouvera des investisseurs. Ce sont 270 familles qui sont concernées. Et à Tarascon, retrouver un emploi… C’est déjà un désert industriel ! Nous sommes toujours dans les starting-blocks. Il n’y a pas plus tard que deux jours, nous avons interpellé le préfet. La bataille ne peut pas être finie. Il y a eu des investissements, si ça s’arrête, c’est de l’argent jeté par les fenêtres.

  • Amine Kessaci prêt à quitter la présidence de Marseille Habitat

    Amine Kessaci prêt à quitter la présidence de Marseille Habitat

    à la sortie de la salle vitrée du conseil d’administration de Marseille Habitat, Amine Kessaci le concède : « Ce n’est pas un moment très joyeux que de voir ses collègues voter contre nous. » Ce mardi après-midi, le très jeune président (EELV) du bailleur social de la Ville a essuyé un double camouflet, avec le refus des cinq autres élus marseillais (parmi les onze administrateurs) qui siègent dans l’instance d’approuver la nomination d’une nouvelle directrice générale, puis, dans la foulée, de laisser Amine Kessaci assurer lui-même l’intérim à cette fonction.

    Deux mois après l’éviction de l’ancien directeur général, Frédéric Pâris, la municipalité n’a en effet découvert que vendredi, au moment de l’envoi de l’ordre du jour du conseil d’administration, le profil de celle qui avait été sélectionnée pour lui succéder : l’ancienne directrice juridique de 13 Habitat. De quoi susciter des inquiétudes au sein de l’hôtel de ville, alors que le bailleur social du Département des Bouches-du-Rhône était pris dans une tourmente judiciaire. Malgré tout, le quatrième adjoint au maire a décidé de maintenir une candidature qu’il savait vouée à l’échec, et pour laquelle il a été le seul à voter favorablement.

    « Ce profil m’a été présenté par un cabinet de recrutement indépendant, qui a mené plus de 89 études sur des candidatures », défend Amine Kessaci, qui indique avoir agi « en conscience ». « Le jury de recrutement que nous avions réuni, la semaine dernière, n’avait soumis aucune alerte sur cette candidate, j’ai moi-même vérifié chacun des points », assure-t-il.

    « Aux côtés du maire »

    Alors, face à la presse présente à l’issue de la séance, il annonce : « Je tire les conséquences de cet échec au conseil d’administration et je présenterai dès ce soir au maire de Marseille ma démission de Marseille Habitat. Ce sera à lui seul de décider s’il l’accepte ou non. » Déclaration qu’il n’avait pas présentée dans le huis clos du conseil. « Je continuerai mon travail à Marseille, aux côtés du maire Benoît Payan », promet-il.

    En début de soirée, la municipalité phocéenne indiquait cependant que ni le maire, ni le conseil d’administration de Marseille Habitat n’avaient reçu « aucune démission formelle ». « Au vu de la situation délicate, des choix et des déclarations d’Amine Kessaci cet après-midi, un entretien avec le maire sera programmé la semaine prochaine pour évoquer sa proposition de démission et l’avenir du bailleur, dont le bon fonctionnement et la poursuite des projets sont la priorité de la municipalité », indique la Ville par communiqué. Tandis que le jeune militant contre le narcotrafic regrettait de ne pouvoir parler de la rénovation de 169 logements à la Paternelle, le bailleur doit aussi mener à bien sa recapitalisation. Quant aux agents, le syndicat CFTC discute d’une possible mobilisation en soutien au président de Marseille Habitat.

  • Les travailleurs crient leur colère sur le pavé

    Les travailleurs crient leur colère sur le pavé

    D’un côté, la communauté de l’enseignement supérieur et les étudiants devant la fac Saint-Charles. D’un autre, des soignants du public et du privé venus de toute la région à la Porte d’Aix. Enfin, des travailleurs de l’énergie, réunis en intersyndicale, qui donnent de la voix devant la préfecture… La première journée de grève et d’actions de cette « rentrée sociale » a tenu toutes ses promesses, ou presque.

    Si la manifestation régionale du secteur de la santé, qui s’est élancée de la Porte d’Aix, n’était pas massive, avec 5 000 manifestants selon l’UD CGT 13 contre 900 selon la préfecture de police, les participants avaient tout de même la fougue des grands jours.

    « On sent que la colère monte, beaucoup de professions ont rejoint l’appel à la mobilisation, qui venait de la santé à l’origine. Il y a quelque chose qui est en train de se passer : les salariés veulent qu’on parle de leurs conditions de travail, de leurs salaires », analyse Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors que le cortège bat le pavé en direction de la préfecture.

    Et quel cortège : rares sont les fois où les drapeaux de la CGT de l’hôpital d’Avignon peuvent s’agiter aux côtés de ceux de l’hôpital Sainte Musse de Toulon, des hôpitaux marseillais ou de leurs homologues alpins. Cortège qui a d’ailleurs été renforcé par une partie des étudiants et enseignants-chercheurs (lire page 5). De quoi contraster avec les conditions de travail dénoncées par les soignants. « Partout le constat est le même : nous sommes au bout du rouleau. La réalité de notre quotidien c’est la maltraitance institutionnelle, celle qu’on fait subir aux usagers et aux patients par manque de moyens, de temps, de personnel », résume Sylvie Berger, secrétaire générale de l’USD 13, organisation rassemble des syndicats d’une multitude de structures de la santé et du médico-social.

    Il fallait aussi compter sur des coupures de courant dans le centre-ville, qui rappelaient étrangement les actions des énergéticiens pendant la dernière réforme des retraites, bien qu’elles ne fussent pas revendiquées par la CGT Énergie cette fois. Les travailleurs des industries électriques et gazières ont d’ailleurs plus que bien répondu à l’appel à la grève. « On a des pourcentages records de grévistes : 100% à Enedis sur Marseille, 90% à 100% de grévistes au niveau national dans les centrales nucléaires. Même pendant la réforme des retraites, on n’avait pas vu ça », se félicite Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, à la sortie d’une rencontre en préfecture.

    En espérant que le gouvernement ait bien reçu ce premier avertissement. « Si le gouvernement et nos directeurs restent sourds à nos légitimes revendications, nous donnerons des suites. Le 29 septembre et au-delà, nous amplifierons les mobilisations en radicalisant nos modalités d’actions », tonne Lionel Zaouati pour la fédération CGT des organismes sociaux.

    Stéphanie Fuentes – Déléguée CGT GMR Provence-Alpes du Sud, Marseille

    « Le tarif agent est un élément fondamental de notre statut et de notre histoire, acquis à la création d’EDF-GDF en tant qu’entreprise nationalisée. Le gouvernement le présente comme un privilège, mais ce n’est pas un cadeau, c’est un acquis social déclaré et on paie des cotisations sociales dessus. Il rappelle que l’électricité n’est pas un bien de consommation, mais un bien de première nécessité que tous les citoyens paient au même prix. Lever le tarif agent ne fera pas baisser la facture des usagers. C’est important de le dire. On ne veut pas que modèle social IEG soit le trophée de Macron. »

    Ch. C.

    Sébastien Cresp – Élu CGT Storengy, Manosque

    « Ce tarif agent a été créé pour compenser le manque à gagner qu’il y avait par rapport au privé. Si ce point-là est attaqué, derrière c’est la porte ouverte à la possibilité de pouvoir modifier le statut, malgré le fait qu’il y a déjà de grosses attaques par rapport au régime des retraites, avec les nouveaux embauchés qui, depuis septembre 2023, ne cotisent plus à la même caisse. On est pour un vrai service public. On laisse des quartiers entiers sans électricité pendant des heures, voire des jours. Avant, ça n’existait pas. Il aurait fallu créer de l’emploi qu’on n’a pas créé. »

    L.D.

    Jems Condaminet – Secrétaire général de CGT Mines-Énergie 05, Gap

    « Perdre le tarif agent, c’est perdre un deal gagnant-gagnant pour les salariés, les entreprises et les usagers. C’est un secteur où, à l’heure de la transition énergétique, on a besoin des salariés, qui sont mis à disposition 24 heures sur 24. C’est un métier à risque, mais il n’y a pas de prime de risque. C’est le tarif agent qui compense. Il garantit aux salariés un certain pouvoir d’achat, et permet aux employeurs de ne pas augmenter leur masse salariale. Ce qui, au bout du compte, allège la facture énergétique des usagers. » A.D.L.

    Loïc Perez – Délégué du personnel IME Folke Bernadotte Croix-Rouge, La Seyne-sur-Mer

    « Ça fait des années qu’on n’est pas reconnu au niveau humain et salarial. La dernière fois que la Croix-Rouge a augmenté la valeur du point, elle est passée de 4,48 à 4,61. Des broutilles… On veut un salaire pour vivre décemment et à la hauteur de nos missions. On accueille des profils de plus en plus complexes, sans moyen supplémentaire : la prise en charge et les conditions de travail en pâtissent. On nous dit qu’on nous entend, mais sur notre dernier débrayage, notre directeur n’est même pas venu à nous. On le vit comme du mépris. » Ad.B.

    Didier Gori – Ingénieur, secrétaire régional du SNTRS CGT, Marseille

    « On se mobilise pour mettre en avant les problématiques budgétaires des établissements universitaires et les organismes pour le financement de la recherche. Au CNRS, on est sur une 3e année de budget déficitaire. C’est-à-dire que la subvention d’état ne couvre pas les dépenses, ce qui oblige le CNRS à utiliser les crédits de fonctionnement des labos et compromet son activité de recherche scientifique. Sur le budget 2027, on parle encore d’un déficit de 200 à 250 millions, qui va s’accompagner d’une réduction de postes d’ingénieurs et techniciens. »

    Ch. C.

    Nathalie Blasco – Co secrétaire de l’USD CGT 83, Var

    « Je travaille dans un Ehpad privé du Var et le problème, c’est qu’on n’arrive plus à respecter les patients et usagers, tant c’est dur. Le manque de moyens provoque une désertification de la profession et une perte de sens des métiers du soin. Ce qui provoque une colère en moi, c’est le mépris et l’absence de considération des politiques mises en œuvre. Le gouvernement avait promis une loi «grand âge» et elle est toujours dans les cartons… Alors qu’elle aurait un vrai impact si elle était faite correctement. »

    A.B.

    Sébastien Saint-Germain – Secrétaire CGT Mines- Énergie 83, Toulon

    « Le gouvernement nous impose un recul social via des recommandations injustifiées de la Cour des comptes. Le pouvoir d’achat diminue de plus en plus et la colère monte. En plus, ça n’impacte pas les usagers, seulement les agents. Il faut retrouver une vraie justice sociale dans ce pays. À la CGT, on reste convaincus que ça passe par la lutte, c’est grâce à ça qu’on a eu tous nos acquis sociaux. Même s’il y a de la négociation, ça reste de l’absurde négociation et ce n’est plus possible. On n’est plus écouté et il va falloir qu’on agisse tous ensemble. »

    Ad.B.

    Cathy Larsson – Secrétaire générale USD 84, Avignon

    « Manque de personnels, des conditions de travail pourries, une canicule intenable cet été, des fermetures de lits… C’est ça, notre quotidien ! Et avec le prochain budget qui s’annonce, on ne peut qu’être dans la rue, car on va encore devoir faire face à des restrictions budgétaires. Mais ce qui m’énerve le plus, c’est la condescendance du gouvernement envers les agents et les travailleurs de la santé et du médico-social. On nous dit qu’on est utiles, tout en nous regardant de haut, mais on ne nous donne pas les moyens pour qu’on travaille correctement. Regardez le point d’indice qui est gelé depuis des années ! Il y a un double discours et une grosse différence entre les paroles et les actes. »

    A.B.

    Anne-Laure Collado- Infirmière, secrétaire CGT à l’hôpital de Digne, Digne-les-Bains

    « On est là pour demander des moyens à travers le vote du budget de la Sécurité sociale. Le gouvernement ne donne aucun moyen aux services publics et, en ce qui me concerne, à l’hôpital public, avec tout ce que cela entraîne de difficultés d’accès aux soins pour les usagers et de conditions de travail très dégradées pour les soignants. On est dans une logique où la santé devrait rapporter de l’argent, sauf que le service public est un service rendu à la population, ce n’est pas une entreprise du CAC 40… On a moins de lits, moins de moyens, notre travail perd du sens, on nous parle de normes médico-économiques, on n’est plus du tout dans le «prendre soin» des gens. On perd le sens de notre métier. »

    Ch. C.

    Greg Fontaine – Infirmier, CGT AP-HM, Marseille

    « Les salariés de la santé et de l’action sociale sont épuisés. Épuisés par le manque de moyens et une politique libérale qui asphyxie nos établissements. Nos hôpitaux se transforment en entreprises et cela dégrade la qualité des soins. On est tellement étranglés par l’austérité que ça devient difficile de savoir ce qui nous met en colère. Je vais prendre un exemple : pendant les crises comme la canicule, on compte des milliers de morts qu’on qualifie, dans le jargon médical, de morts «évitables», c’est-à-dire qu’elles n’auraient pas eu lieu si notre système de santé fonctionnait normalement. C’est en lien avec nos revendications : il y a une urgence absolue à avoir un minimum de moyens pour soigner correctement ».

    A.B.

  • Amine Kessaci va présenter sa démission de la présidence de Marseille Habitat

    Amine Kessaci va présenter sa démission de la présidence de Marseille Habitat

    «Je tire les conséquences de cet échec au conseil d’administration et je présenterai dès ce soir au maire de Marseille ma démission de Marseille Habitat», a annoncé à la presse l’adjoint (EELV) Amine Kessaci, président du bailleur social de la Ville, ce mardi après-midi. Lors de la courte séance, il avait été le seul à voter en faveur de la candidate retenue pour remplacer l’ex-directeur général Frédéric Pâris, révoqué le 7 juillet dernier. Les cinq autres administrateurs de la municipalité ont tous votés contre la candidature de la directrice juridique du bailleur départemental 13 Habitat.

    «Cette candidature m’a été présentée par un cabinet de recrutement indépendant qui a mené plus de 89 études sur des candidatures», défendait le jeune président, balayant toute alerte sur son profil. Il a lui-même proposé sans succès de cumuler les fonctions de directeur général par interim, «ce qui a été fait dans l’histoire de Marseille Habitat à plusieurs reprises et ce qui viendrait faire économiser 100 000 euros de salaires», expliquait-il, ne réclamant ni indemnité ni véhicule de fonction. Et de rappeler le travail réalisé pour rénover les logements de la Paternelle, «prisonniers de ce système de la narcocratie».

    «Les représentants de la Ville ont donné leur position, qui est celle du maire», se bornait à commenter parmi les élus municipaux Patrick Amico (GRS) à l’issue du conseil d’administration, lors duquel Amine Kessaci n’a pas évoqué sa démission. «La Ville prend acte de la demande de démission», indique de son côté la municipalité.

  • (Re)penser notre lien au vivant

    (Re)penser notre lien au vivant

    Attachement… Détachement… Et si l’on repensait notre lien aux animaux ? La problématique posée par le « Festival des Sciences et des arts » explore l’évolution de notre rapport aux animaux et au concept d’animalité de la Préhistoire à nos jours. Des conférences, des déambulations et des spectacles gratuits seront accessibles à tous d’aujourd’hui à vendredi à Marseille, Aubagne, Aix-en-Provence et Arles. Plus de 120 chercheurs issus de 40 disciplines partageront leur réflexion autour de ce thème d’actualité, à l’heure où le traitement animal pose des questions socio-politiques, écologiques et culturelles.

    « L’humain fait partie du monde animal, il n’en est pas le centre »

    « L’objectif est de traiter le sujet de mille manières différentes en faisant dialoguer arts et sciences pour nourrir le débat public », souligne Rémi Baille, chargé de programmation et de communication pour la Mission interdisciplinarité(s) de l’Université Aix-Marseille (AMU). Il rappelle que « penser notre lien au vivant c’est d’abord se rappeler que l’humain fait partie du monde animal et qu’il n’en est pas le centre ».

    Alors que 6 Français sur 10 ont un chien ou un chat, comment expliquer le rapport de domination encore exercé sur les espaces sauvages, le peu d’engouement à protéger les pollinisateurs ou les espèces marines et une augmentation de la consommation de viande (+1,3% en 2025 en France) ? Les politiques relatives aux loups en sont un exemple. Adam Weymouth expose dans son livre Dans les pas du loup, Une marche à travers les derniers espaces sauvages d’Europe la manière dont le loup peut être considéré comme un nuisible sans prendre en considération les bienfaits exercés par cette espèce sur les forêts. L’auteur révèle le cloisonnement fait par certains entre animal domestique et vie sauvage, tissé autour d’un imaginaire nourri de fantasmes et de craintes.

    Dans Décoloniser notre rapport aux animaux, le chercheur en éthologie et en primatologie Cédric Sueur aborde cette question, souhaitant s’extraire de la vision occidentale héritée du philosophe Renée Descartes qui place l’humain au-dessus de tout et conçoit l’animal comme une possession sans penser son environnement comme un écosystème dont il fait partie. À ce sujet, la table ronde « Quand les maladies passent des animaux aux humains » revient sur la transmission de maladies de l’animal à l’Homme liée à la destruction de la biodiversité, à l’élevage intensif et au changement climatique.

    Question animale, question politique

    « Il ne peut y avoir de politique d’émancipation qui n’intègre pas la question animale dans son dispositif », estime Kaoutar Harchi. Pour la sociologue, la question animale est d’abord une question politique. Elle démontre que la frontière entre maltraitance animale et maltraitance exercée sur un autre être humain est très perméable. Dans Ainsi l’animal est en nous, l’autrice fait dialoguer féminisme, écologie et lutte des classes autour de notre rapport de domination sur les animaux. Pour désigner les habitants de Gaza, les responsables politiques et militaires israéliens ont à plusieurs reprises employé le terme « animaux humains » dans une rhétorique de déshumanisation et de hiérarchisation. Le rapport de l’Homme à l’animal est donc autant politique qu’il peut être philosophique ou culturel.

    Lors du festival, une conférence sur « L’animalisation des humains » invitera au MUCEM des historiens pour comprendre la manière dont le langage peut devenir un outil de haine, du racisme à l’antisémitisme.

    Ainsi, la question animale permet de guider notre réflexion sur notre façon d’habiter le monde à une époque où l’on essaye plutôt de s’extraire de la nature.

  • En grève, les facteurs font la tournée des mairies à Marseille

    En grève, les facteurs font la tournée des mairies à Marseille

    Les facteurs de la plateforme des Docks, à Marseille, n’en finissent plus de donner de la voix. Après un premier jour de grève, vendredi (lire notre édition du 12/09), ils ont remis le couvert, ce lundi. Avec la manière puisqu’ils étaient à nouveau en grève « quasiment à l’unanimité », de quoi impacter la distribution sur les 1er, 2e et 3e arrondissements qu’ils couvrent. De quoi surtout prendre le chemin du Village La Poste, à Colbert, lieu du siège de l’entreprise postale à Marseille où ils ont trouvé « portes closes ».

    Serge Reynaud, pour Sud PTT, résume la situation : « Ce matin, on a eu un échange avec le directeur du site qui semblait prêt à discuter d’alternatives. Finalement, il n’était pas prêt à négocier avant vendredi prochain, d’où la reconduction du mouvement. » Qu’à cela ne tienne, à défaut de discussion avec leur direction, la quarantaine de facteurs prend la direction de la mairie de secteur, celle des 2e et 3e arrondissements, où ils ont été reçus par l’équipe du maire, Anthony Krehmeier (PS). Même principe pour la mairie centrale où le cabinet du maire, Benoît Payan (DVG), a fait de même.

    Pour rappel, ils dénoncent une réorganisation à venir sur leur site avec notamment une refonte de leurs tournées actuelles. « Ils parlent de tournées clairsemées, le courrier va être distribué un jour sur deux, voire sur trois. Ça va être une intensification du travail pour les agents », résume Karim Bouzana, pour la CGT. Avant de tonner : « On demande le maintien d’un titulaire de tournée pour permettre de conserver le lien avec les usagers. Et non pas d’une, deux ou trois personnes ! »