Tag: Marseille

  • Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Missions locales : aides, écoute, suivi… c’est « important » pour la jeunesse

    Entre le moment où Léna, 24 ans, sonne pour monter à la mission locale du Vieux-Port, et celui où la porte s’ouvre, quatre autres jeunes l’ont déjà rejoint et attendent aussi de monter. Ce lundi, ils sont plusieurs dizaines, âgés de 16 à 25 ans, à passer la porte du 19 rue Vacon à Marseille (1er) pour se faire accompagner dans la recherche de travail, de logement ou pour trouver une écoute.

    Une bonne partie de ceux présents viennent pour leur premier rendez-vous. C’est le cas de Léna qui vient surtout pour avoir accès à des aides. « J’ai fait un service civique et j’ai rompu un contrat saisonnier. Comme je n’ai pas 25 ans, je n’ai le droit ni au RSA ni au chômage. ça fait un mois et demi que je n’ai plus de revenu, c’est très compliqué », confie-t-elle. Les aides apportées par la mission locale, sont « importantes pour moi », assure-t-elle. Si les missions locales permettent d’avoir accès à des aides financières avec le contrat d’engagement jeune (CEJ), elles assurent avant tout un suivi personnalisé pour des jeunes qui n’ont pas forcément de réseau familial ou professionnel. C’est le cas de Genta, 19 ans, réfugié en France depuis quelques mois. « J’habite seul et j’avais besoin d’aide pour trouver des formations et des stages. » Redirigé vers la mission locale par son assistance sociale, le jeune homme espère trouver une formation dans la couture grâce aux conseillers de la structure. Aurore, arrivée il y a un mois à Marseille, y cherche quant à elle de l’aide pour trouver un logement. Car l’accompagnement proposé ne se limite pas à la recherche d’emploi mais englobe l’accès « à la santé, au logement, aux droits, à la citoyenneté et à la mobilité », indique le site du ministère du Travail et des solidarités.

    Aide psychologique

    Keyra, 22 ans, vient elle depuis un an. Elle a trouvé entre ces murs une oreille attentive à ses problèmes. « Quand j’ai commencé, je n’étais pas très assidue. Mais mes conseillères m’ont poussée à revenir, se rappelle la jeune femme. Elles ont été très à l’écoute. Au lieu de me fermer les portes, elles ont essayé de me comprendre. » La jeune fille, qui est suivie par un psychiatre, a pu trouver une réponse appropriée au sein de l’institution. « On m’a conseillé des structures plus adaptées à mes soucis. Mes conseillères m’aident beaucoup sur le plan psychologique plutôt qu’à chercher du travail », explique-t-elle. Un psychologue est d’ailleurs présent au sein de la mission locale pour les bénéficiaires du CEJ. Un accompagnement personnalisé et complet qui risque d’être dégradé par la baisse du budget et du nombre d’employés, alors que les jeunes en difficulté ne cessent d’être de plus en plus nombreux, chaque année.

  • Après les obsèques de Mehdi Kessaci, une marche blanche

    Après les obsèques de Mehdi Kessaci, une marche blanche

    « C’est à ce stade la piste privilégiée. » Après l’assassinat de Mehdi Kessaci, 20 ans, abattu en plein après-midi le jeudi 13 novembre, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone a confirmé sur France Inter la forte probabilité du crime d’avertissement. Même si « toutes les hypothèses » restent envisagées à ce stade de l’enquête.

    Totalement inconnu des services de police a rappelé le magistrat, le jeune homme de 20 ans était le frère du militant écologiste, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic. Ce dernier a créé en 2020 l’association Conscience après la mort de son grand frère, Brahim, dont le corps avait été retrouvé calciné dans une voiture.

    Inhumé dans l’intimité

    Il a aussi publié un ouvrage le 2 octobre, intitulé Marseille, essuie tes larmes, vivre et mourir en terre de narcotrafic, dénonçant l’engrenage dans lequel a été pris Brahim, n’hésitant pas à plusieurs reprises à dénoncer haut et fort une « narcocratie ». Depuis plusieurs semaines, Amine Kessaci était sous protection policière après avoir reçu des « menaces et des pressions très fortes » a précisé le procureur de la République qui réclame plus de moyens pour la police judiciaire, en mal d’enquêteurs, pour permettre de démanteler les réseaux.

    Après une cérémonie à la mosquée de Frais Vallon (13e), Mehdi Kessaci sera inhumé « dans l’intimité » ce mardi 18 novembre au cimetière de Saint-Henri (16e). La priorité de la famille étant de « rassembler le plus de monde possible » au cours d’une marche blanche ce week-end, dont les modalités restent encore à préciser indique l’association Conscience.

    Cet assassinat intervient aussi alors que le procès où seront jugés les auteurs présumés du meurtre de Brahim doit avoir lieu prochainement. « Ce sera le procès qui marquera la fin de l’impunité. La justice doit être claire, ceux qui ont du sang sur les mains doivent être traqués sans relâche », avait commenté Amine Kessaci.

  • [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    [Entretien] Claude Fournet : « On fait un travail de formation citoyenne » avec les missions locales

    La Marseillaise : Pourquoi les missions locales se mobilisent aujourd’hui ?

    Claude Fournet : Dès la parution du projet de loi de finances 2026, nous avons vu qu’il était prévu une baisse significative de 13%, qui représente 77 millions d’euros de moins sur l’ensemble des missions locales. C’est énorme, d’autant que l’an dernier nous avions déjà eu une baisse, le tout arrivant à 20%. Les organisations syndicales de la région organisent notamment ce rassemblement à la préfecture. C’est complémentaire avec la mobilisation nationale impulsée par les présidents et conseils d’administration des missions locales notamment pour mobiliser les élus contre cette baisse.

    Quelles conséquences de ces baisses ?

    C.F. : Les premiers touchés seront les jeunes et les salariés des missions locales. On estime à 13 000 jeunes qui seront peu, mal ou pas accompagnés, seulement pour notre région si ce budget passe. Ce sont aussi 120 emplois menacés. Et donc des points d’accueil qui vont fermer ou qui seront moins longtemps ouverts.

    Quelle est votre analyse de cette politique de l’emploi ?

    C.F. : Il y a quelque chose d’antinomique. Il y a trois ans, le Président a fait une loi du plein-emploi et donne des moyens et des mesures pour l’accompagnement des jeunes. Les missions locales ont donc recruté, accueilli beaucoup plus de jeunes. Mais depuis, les financements diminuent ! Alors qu’on est au moment où on en a le plus besoin : le chômage remonte, et c’est celui des jeunes qui remonte le plus fort, avec plus de 20% sur un an.

    Pourtant, vous défendez un modèle d’accompagnement bien spécifique…

    C.F. : Nous sommes un exemple de décentralisation. Nous avons une mission de service public de proximité qui répond aux besoins des jeunes et aux exigences des territoires. Je rappelle qu’on travaille avec 12 000 entreprises dans la région pour les jeunes, nous sommes donc aussi une forme de développement économique. Il faut aussi avoir en tête qu’on propose un accompagnement global. Parfois, avant de parler d’emploi à un jeune, il faut qu’on parle de mobilité, de logement, de santé, de famille. On a une série de dispositifs qui aident à avoir une certaine autonomie, laquelle participe à l’entrée dans le monde du travail. On fait un travail de formation citoyenne, et même plus : culturelle, civique… Nous ne sommes pas une structure d’emploi bis de France Travail. On a une certaine vision de l’emploi pour les jeunes.

    Au niveau du calendrier parlementaire, il y a encore de l’espoir d’amoindrir la baisse prévue ?

    C.F. : Il y a une forte mobilisation des parlementaires, grâce à notre pression, et un certain nombre d’amendements, qui ont été retenus en commission des finances contre cette baisse. Et ça a été relativement transpartisan. Il y a donc des chances.

  • Le stade Vélodrome est en route pour un sacré record

    Le stade Vélodrome est en route pour un sacré record

    Pour accueillir Brest, avant la trêve, ils étaient 66 279 à vivre la victoire de l’OM (3 – 0).

    Il s’agissait de la vingt-deuxième rencontre consécutive à guichets fermés, pour un Vélodrome qui, alors que la Ligue 1 n’est pas encore à la mi-championnat et qu’il reste, a minima, deux matches de Ligue des Champions (Newcastle, Liverpool), le nombre de spectateurs vient de franchir la barre du demi-million.

    Si l’on ajoute les deux rencontres amicales du mois d’août, contre Seville et Aston-Villa, ce sont 650 000 visiteurs qui ont assisté aux diverses prestations de l’OM. Ce qui donne une moyenne de 65 000 spectateurs par match.

    Montpellier, le record

    Trouver un billet pour assister à un match de l’OM est donc devenu une véritable chasse au trésor. Sur les deux dernières saisons, l’affluence a largement dépassé le million, voire le million et demi. Y compris l’exercice 2024/2025 pourtant privé de coupe d’Europe.

    À l’heure actuelle, le record d’affluence, pour un match de football, est un derby. Celui contre Montpellier, la saison dernière. Ils étaient en effet 66 319 à vivre le retour de Jean-Louis Gasset au Vélodrome. Ce dernier était allé au chevet des Héraultais, après avoir aidé l’OM à sauver les apparences sportives, avec une participation à la demi-finale de la Ligue Europa.

    Ces chiffres font du stade Vélodrome une des enceintes les plus fréquentées d’Europe. Sans surprise, elle est numéro 1 en France, car l’OM possède le stade à la plus grande capacité d’accueil. Au niveau européen, le jardin des Olympiens est en bonne position dans le top 10.

    Les cinq stades qui le devancent sont le Westfallenstadion de Dortmund, l’Allianz du Bayern, San Siro, hôte des deux clubs milanais de l’Inter et de l’AC, Santiago Bernabéu du Real Madrid et Old Trafford de Manchester united.

    À quand une finale européenne ?

    Il est surprenant que le stade Vélodrome n’ait pas encore été choisi par l’UEFA pour accueillir une finale de Ligue des Champions, ou de Ligue Europa. Alors qu’il a le label 5 étoiles nécessaires et a accueilli celles de rugby.

    Ainsi, si l’OM tutoie les records d’affluence, ce n’est pas avec le football que l’enceinte du boulevard Michelet a enregistré ses plus fortes affluences. Elle accueille périodiquement des matches de rugby, et ce sont deux « classiques » du Top 14 qui figurent ainsi en tête.

    Il s’agit des deux dernières réceptions de Toulouse par Toulon. Le 10 mai 2025, avec 66 818 personnes, qui devance la finale du championnat de France, le 28 juin 2024, où ils étaient 66 760 à assister au sacre de Toulouse sur l’UBB.

    Retour à la Commanderie pour Nayef Aguerd

    Malgré une blessure, Roberto De Zerbi redoutant une pubalgie, Nayef Aguerd avait été appelé en sélection marocaine par Walid Regragri.

    Le défenseur de l’OM a été laissé au repos lors du premier match du Maroc face au Mozambique et a été libéré par le manager du Maroc avant le second match contre l’Ouganda.

    Nayef Aguerd est donc rentré en France et a retrouvé la Commanderie pour y suivre un protocole de soins. Le défenseur avait dû céder sa place à CJ Egan-Riley au cours du match de championnat contre Brest, avant la trêve, après avoir tiré sur la corde en Ligue des Champions contre l’Atalanta Bergame.

  • « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    À Marseille, les bonnes idées naissent souvent autour d’une bonne « pizze ». Il y a un an « presque jour pour jour », c’est autour d’une ronde à la marseillaise que le beatmaker Excès Zbraa lance à Olivier Gilles, taulier de Galette Records, disquaire implanté dans le quartier du Cours Julien : « ça te brancherait pas de faire un maxi qui s’appellerait Galette and friends, dans lequel on réunirait les rappeurs qu’on connaît ? », se remémore le dernier cité, avant d’embrayer : « Je lui ai répondu oui sur le principe. Mais ça s’appellerait plus Mars & friends car Galette, ça fait trop égocentrique », rappelle avec humour celui qui se retrouve alors propulsé directeur artistique d’un projet prenant rapidement le tour d’un vrai album. En ligne sur les plateformes de streaming, mais aussi et surtout en vente dans son échoppe de la rue des trois frères Barthélémy depuis vendredi 14 novembre.

    Le résultat ? 10 titres qui fleurent bon le hip-hop à l’ancienne, comme on les aime. « Ce que les gens écoutent actuellement, c’est du pop rap, pas du vrai hip-hop », constate Olivier Gilles, du haut de son œil d’expert mais aussi d’après le retour de ses clients. « De plus en plus de gens veulent un retour au hip-hop qu’on a connu dans L’école du micro d’argent [l’opus mythique du groupe IAM, sorti en 1997, Ndlr], à ce qu’on appelle le boom bap ».

    Internationale marseillaise

    « On a demandé à 38 artistes de donner leur vision de Marseille depuis chez eux », situe-t-il à propos de Marseille & friends. De Gino 1313, qui a « grandi entre le Panier et l’Opéra, et traîné jusqu’à l’heure où les requins côtoient les rats » à Nejma Nefertiti, tout droit venue de Brooklynn, qui clame qu’« elle adore New York, mais que Marseille est dans ses rêves », un panel réjouissant qui fait renouer les auditeurs avec les bons vieux rythmes à quatre temps ainsi que les samples chiadés. Que dire encore du Mc américain installé à Marseille, Napoleon Da Legend, qui répand son flow sur Marseille la nuit, ou encore du rappeur Inoki, « l’équivalent d’Akhenaton en Italie », dixit Olivier Gilles, qui triture avec jubilation La langue du rap aux côtés du Mc du Panier, Costello… Le tout, sur des instrus signées par le jazzeux Fred Spider, le plus funky des Marseillais, Mofak, et même Imhotep d’IAM.

    N’en jetez plus, Marseille & friends sonne comme une madeleine de Proust de l’âge d’or d’un hip-hop hélas englouti par une industrie qui l’a dénaturé aux oreilles du grand et jeune public. Mention spéciale pour Ronin de Mars, son tour à tour héroïque et lyrique, ponctué d’un couplet de Faf Larage, déplorant avec verve : « Quand l’amitié devient un mirage cruel, que les promesses sont bafouées et les sourires balafrés, quand la bienveillance de ceux qu’on a aimés s’effrite sous la semelle, la douleur nous plante sa dague affutée et le mode sombre dans le soupçon et l’anxiété ». Autant de titres estimables qui appellent une « release party, en préparation », et même une suite « à laquelle on est déjà en train de réfléchir », confie avec fierté Olivier Gilles. « Il est même possible qu’on y trouve Shurik’n », fait-il déjà languir.

    Vinyle disponible chez tous les bons disquaires, surtout chez Galette Records, et sur www.galette-records.com

  • À Marseille, un autre avenir se dessine sur l’espace du centre Bourse

    À Marseille, un autre avenir se dessine sur l’espace du centre Bourse

    « Si c’est bien animé, que ça crée des flux et que les Marseillais vont se retrouver dans cet espace, pourquoi pas ? » réagit Guillaume Sicard président de la fédération Marseille Centre, à l’annonce de la reprise du site des Galeries Lafayette au centre Bourse par la Ville fermé définitivement depuis samedi. Benoît Payan (DVG) a annoncé dans notre édition de ce week-end qu’il rachète les 22 000 m2 pour créer « une cité des sciences et de la mer, et une partie de la philharmonie. » En attendant que cela se réalise, il veut faire un tiers-lieu afin que le site ne soit pas en friche. « Il faut vraiment que ce soit un lieu dynamique, où l’on puisse se retrouver de manière régulière », insiste le fondateur de Marseille en vacances, Guillaume Sicard.

    Pour Sophie Camard (GRS) maire du 1/7 arrondissement, le bad buzz créé par la droite autour du centre-ville, se referme « comme un piège car ils n’ont rien à proposer ». « Depuis le début, on a affaire à une fausse polémique alimentée par la droite qui n’a rien à dire sur le centre-ville, et qui a fait croire que c’était de notre faute si les Galeries Lafayette disparaissaient. Et de manière plus insidieuse, que le départ du grand magasin était de la faute des pauvres » analyse la maire de secteur.

    Elle revient sur le référendum en ligne lancé par Martine Vassal (DVD) candidate aux municipales. « Lancer une concertation sur un foncier qui n’appartient pas à la ville, pour moi c’est du grand n’importe quoi ! » lâche-t-elle avant de poursuivre : « Moi, je suis très contente de cette décision qui permet de montrer qu’il peut y avoir différents discours économiques sur le centre-ville. On prend l’optique de rééquiper le premier arrondissement d’un lieu tourné vers les arts et les sciences ». Pour elle, parler d’art et de science n’est pas anodin. « La droite et le RN ne savent pas imaginer que quand on remet des arts et sciences, on tire vers le haut la 2e ville de France. ça va être un modèle de développement économique plus solide et beaucoup plus durable que de simplement parler de l’arrivée d’un magasin suédois. » Mais de souligner que « dans le centre Bourse, il y aura toujours des magasins pour tout le monde. Le centre-ville, c’est de la mixité ».

    Si à ce jour, le projet refusé par la ville reste inconnu, Sophie Camard assure que « c’était bel et bien un magasin de mass market, pour faire du chiffre. Mais pas Shein, on n’a jamais eu ça ». Et rappelle que « le centre Bourse, c’est trois copropriétés dont la ville qui a déjà le Musée d’histoire. On est tout à fait légitime à aller plus loin, à développer cette partie-là ».

    À la question du tiers lieu, Sophie Camard répond « une fois acquis, le temps que le projet définitif soit monté, on fera ce que l’on sait faire avec des occupations transitoires ». En guise de conclusion, la maire confie être aux réunions avec la préfecture depuis le début, et que « le plan social des Galeries a toujours été piloté depuis Paris, même l’État local n’était pas saisi du dossier. Mais jamais, il n’a jamais été question de laisser une friche ». Et de protester « On ne peut pas nous reprocher de prendre des décisions sans concertations, ni de rien proposer ».

    Du côté de la droite, le communiqué de Martine Vassal (DVD) arrive dans la foulée de l’annonce. Cinglant. Ire de la candidate de droite à la mairie de Marseille, qui fustige la décision du maire sortant. « Rien n’est préparé… » « argent du contribuable… » « échec flagrant de la politique menée pour le centre-ville… » « vision low-cost de Benoît Payan ». Enfin quant à la question du tiers lieu, l’interprétation est sans appel : « Cela signifie entre les lignes qu’il y aura des périodes de vacances commerciales, et qu’il n’y a en attendant aucune vision concrète et que le risque de voir les Galeries Lafayette se transformer en un squat géant en plein centre-ville existe bel et bien ».

    Parmi les habitants du quartier, l’avis n’est pas tranché. « Il faut trouver l’argent. Mais oui, je suis soulagée par ce projet. S’inspirer de la philharmonie de Paris, peut-être que ce n’est pas complètement idiot » apprécie Marie propriétaire dans les tours Labourdette depuis 13 ans. « Il faudra des projets en collaboration avec le fonds communal de la Ville, le fond Régional, le Mucem avec des lieux de culture. Théoriquement la philharmonie, c’est un lieu de pratique, de concert et d’expo ». Avant de conclure : « Il faudra surtout arriver à mettre en adéquation le quartier avec ce projet ».

  • Ils marchent pour porter un espoir de paix à Gaza

    Ils marchent pour porter un espoir de paix à Gaza

    Au premier rendez-vous organisé par l’association Shebba, elles étaient une poignée à prendre le départ depuis la gare de la cité du 14e arrondissement dès 8 heures samedi. De Saint-Charles, les marcheuses ont rejoint un autre groupe à Noailles pour arriver à une trentaine sur le Vieux-Port et se diriger sur la Joliette, puis embarquer dans un train en gare Saint-Charles, direction Fos-sur-Mer.

    « L’idée de cette marche qui traverse la France, c’est de sensibiliser au respect du droit international, humanitaire et humain, dans tous les espaces possibles », explique Michel, militant de l’Union pour la Palestine à Marseille, en accueillant de nouveaux arrivants devant le Métro Noailles. « C’est une première étape aujourd’hui qui ira jusqu’à Fos-sur-Mer en passant par Martigues. Dimanche la marche repart de Fos pour aller sur Arles. Et chacun peut la prendre et l’arrêter quand il veut, à son rythme, selon ses possibilités », précise-t-il. À chaque pas, le mouvement prend du poids, avec comme objectif de porter un message de paix en partant à la rencontre d’acteurs de tous les domaines pour aborder, avec eux, la question de la Palestine.

    À Marseille, la marche citoyenne pour « l’égalité, la liberté et la justice » du peuple palestinien, et de tous les autres a pris un démarrage modeste, mais l’important est d’agréger en progressant. « Nous avons organisé ce rendez-vous en à peine dix jours, explique Florence, membre de l’Union juive française pour la paix (UJFP). Mais avec le relais des réseaux sociaux, et si les médias s’en font aussi l’écho, nous devrions arriver à une belle convergence à Paris. » C’est en effet aussi un des défis de cette marche « citoyenne, transpartisane, laïque et non-violente », que de « dénoncer le silence médiatique, de faire cesser la complicité avec la politique menée par l’État d’Israël », complète-t-elle. Considérant, qu’un « dialogue est encore possible… sauf avec le Crif, à partir du moment où l’on se contente de factualiser, de sortir de l’émotion ». Depuis les attentats du 7 octobre 2023, plus de 69 000 personnes sont mortes à Gaza, selon le ministère de la Santé local. Un accord de cessez-le-feu n’est entré en vigueur que le 10 octobre 2025.

    Un espace de dialogue

    Les marcheurs portent pour revendications essentielles : le droit des Palestiniens à « l’autodétermination », « la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid », l’exigence de « sanctions pour Israël » et l’application d’un « cessez-le-feu définitif ». Parmi le groupe qui se dirige vers le Vieux-Port au son du slogan « ce n’est pas une guerre, c’est un génocide ! Libérez la Palestine ! », chacun a également une manière singulière de marcher. Danièle, de Shebba, est là « simplement pour que ça s’arrête ». Régine, du collectif Palestine en Résistance et du Mouvement de la Paix « pour faire taire les armes », en comparant « il y a eu quatre fois plus d’explosifs lancés sur Gaza que sur Hiroshima ». Anaïs, de l’Union pour la Palestine, « parce que je crois en la paix ». Ou Mélina, sans étiquette, « parce que je place beaucoup d’espoir dans ce mouvement citoyen de solidarité entre les peuples ».

    Tarascon, Beaucaire, Avignon, Montélimar, Valence, Saint-Etienne puis Lyon, Vaulx-en-Velin, Melun, constituent les prochaines étapes. Pour une arrivée à la capitale, avec des passages et autres départs dans plusieurs banlieues et villes de la région parisienne, pour finir en une manifestation nationale le 29 novembre.

    Inscriptions : marchepalestine2025@gmail.com@marchepalestineparis
    ou 07.46.40.45.05

  • Et tous les petits santons sortent de leur boîte en carton à Marseille

    Et tous les petits santons sortent de leur boîte en carton à Marseille

    « Dans une boîte en carton, sommeillent les petits santons », fredonnait en 1935 le chanteur et librettiste Alibert, dans Le noël des petits santons. Un titre écrit par la figure de l’opérette marseillaise, René Sarvil, répandu dans les foyers du coin pendant un long moment.

    « Le berger, le rémouleur et l’enfant jésus rédempteur », comme l’énumérait cette chanson popularisée plus tard par Tino Rossi, sont tous bien là, exposés sur les étals d’une vingtaine d’artisans de la 223e Foire aux santons, installée sur le quai du Port jusqu’au 4 janvier, que le maire de Marseille a inauguré dimanche 16 novembre. « On pourrait imaginer que c’est du folklore tanqué dans une forme de nostalgie, que c’est quelque chose de suranné, mais pas du tout. Regardez ici les jeunes qui achètent des santons et qui ont envie de les faire entrer dans leur crèche et leur maison », estime Benoît Payan, avant de confier « bien aimer les petits animaux santon » et surtout « le tambourinaïre, celui qui tape sur le tambour ».

    « Moi, je garde encore la crèche de mon arrière-arrière-grand-mère. C’est quelque chose qui se transmet, qu’on chérit, qu’on enrichit. Et un savoir-faire local, des artisans qui travaillent la terre. C’est unique et il faut le protéger », ajoute l’édile, qui s’arrête à chaque cabane de santonniers, multipliant, non pas les pains, mais les serrages de mains.

    « Les moutons sont serrés au fond »

    « Le ravi qui le vit est toujours ravi. Les moutons, en coton, sont serrés au fond », chantait encore Alibert dans Le noël des petits santons. Plus tôt dans la matinée, Benoît Payan assistait à la messe des santonniers, donnée en provençal, dans l’église voisine de Saint-Ferréol les Augustins. Flanquée de nombreux élus de sa majorité, la présidente de la Métropole ainsi que du Département et candidate de la droite aux élections municipales, Martine Vassal, était également présente, tout comme le prétendant RN à la mairie, Franck Allisio. Autant de personnalités politiques qui entendent instrumentaliser les santons, patrimoine culturel provençal, à des fins identitaires. « À l’heure où certains renient nos traditions, j’en serai toujours la protectrice », s’empresse d’écrire Martine Vassal sur ses réseaux sociaux, juste après sa visite sur le marché aux santons. À l’approche de Noël, la fameuse trêve des confiseurs ? Que nenni, pour beaucoup d’entre eux, qui font leur marché électoral, à défaut de faire celui des santons. Alors, la crèche, une allégorie de la campagne des municipales ? « Je ne me permettrais pas d’attribuer à chacun des candidats un santon en particulier », se mord la langue Benoît Payan. « Un soir, alors, paraît l’étoile d’or. Et tous les santons quittent la boîte en carton ».

  • L’hommage des marins à Mehdi Kessaci, qui avait travaillé à bord du Casanova

    L’hommage des marins à Mehdi Kessaci, qui avait travaillé à bord du Casanova

    « Lire dans la presse le nom de Mehdi Kessaci, ça nous a tous fait un choc terrible », lance avec émotion Fabrice Cardelli, maître d’hôtel à la Corsica Linéa. Durant la saison estivale le plus jeune des fils de Wassila avait embarqué dans son service, partageant la vie à bord et le quotidien d’une soixantaine de marins.

    « C’était sa première saison. Mais sa personnalité a fait l’unanimité au sein de l’équipage, il était apprécié de tout le monde », affirme celui qui l’a eu sous sa responsabilité, soulignant « son implication sans faille dans un travail pourtant difficile, exigeant ». Au sein de la compagnie, Mehdi s’était aussi distingué par sa « belle mentalité, sa droiture d’esprit ». Il a formé, le temps de sa mission sur la ligne Marseille-Tunis, « avec son binôme, un duo comme on aimerait en avoir plus souvent », précise ce marin aguerri.

    C’est en effet avec Laurent* qu’il a passé le plus de temps à bord, nouant des liens qui auguraient la naissance d’une sincère amitié. Actuellement en Angleterre pour la poursuite de ses études d’ingénieur dans le secteur industriel, Laurent reste encore abasourdi par l’annonce de l’assassinat de Mehdi. « J’ai d’abord lu rapidement sur les réseaux qu’un nouveau meurtre par balle avait eu lieu à Marseille. Mais je n’ai absolument pas pensé à lui. Il était à mille lieues des trafics. Puis un des marins m’a appelé… j’étais atterré. Et j’ai vu la diffusion sur la BBC », explique le jeune homme.

    Une trop brève traversée

    « On a passé toutes les traversées ensemble, jour et nuit. On a tout de suite accroché, c’était facile, naturel, avec lui, on partageait les mêmes valeurs », continue Laurent avec beaucoup d’émotion dans la voix. « Je n’ai pas besoin d’embellir les choses, c’est une évidence, Mehdi était un garçon droit, honnête, intelligent. Il avait une sacrée éloquence et on pouvait discuter de tout dans le respect de l’opinion de l’autre. De foot, de politique, comme de sa volonté de devenir gardien de la paix ».

    Laurent évoque encore un ami « avec le cœur sur la main, discret, pudique, notamment sur le deuil de son frère. On sentait cette douleur peser. Je ne connaissais pas Amine ni son engagement politique. Quand on s’est présenté, il m’avait simplement dit : tu connais pas mon nom ? Il semblait fier de son frère ». La disparition brutale de son binôme laisse en Laurent une amertume profonde. « On aurait pu devenir de très bons et proches amis. Ceux qui l’ont tué ne nous en ont pas laissés le temps. Maintenant, on pourra faire tout ce qu’on veut… Mehdi n’est plus là ». C’est à ses frères et sœurs que les pensées de l’étudiant vont, leur adressant ses « sincères et tristes condoléances dans ce moment extrêmement douloureux et d’autant plus terrible qu’ils ont déjà eu un drame familial à surmonter quelques années plus tôt ».

    Sa belle mais bien trop brève traversée de l’existence laisse tout un équipage abattu. Les marins souhaitent lui rendre un hommage aussi sensible qu’il l’était et s’associent à l’incommensurable peine de sa famille et ses proches.

    * Le prénom a été changé.

    Le soutien des personnels de la PJJ

    « C’est avec une profonde tristesse », que le syndicat SNPES-PJJ-FSU Paca a accueilli le décès de Mehdi Kessaci, dont le frère Amine « était animé par un noble combat avec son association Conscience ». Un combat qui est « également » celui du syndicat de la protection judiciaire de la jeunesse, « qui dénonce depuis des années l’expansion par la terreur des trafics de stupéfiants et la responsabilité de l’État qui abandonne les quartiers en matière de services publics, de prévention, d’éducation, de protection de l’enfance, de protection judiciaire de la jeunesse, de logement, de transport… », précise le communiqué. Le SNPES-PJJ-FSU Paca apporte son soutien à sa famille. Et rappelle, « contrairement aux idées réactionnaires véhiculées par l’extrême droite et la droite décomplexée, que toutes les vies se valent. Nous ne pouvons banaliser ces morts violentes qui fauchent les jeunes de nos quartiers ». Le syndicat « ne restera pas silencieux face à ces drames » et continuera « à réclamer un réengagement de l’État et une véritable politique de prévention et des moyens à la clé ».

  • Le groupe scolaire Jolie Manon fait la Belle de Mai

    Le groupe scolaire Jolie Manon fait la Belle de Mai

    En ce samedi 15 novembre, une ribambelle de minots et parents ont le sourire jusqu’aux oreilles, à l’heure de participer à un temps festif organisé par la Ville dans la nouvelle école qu’ils ont intégré à la rentrée 2025 et dont les travaux avaient démarré il y a plus de deux ans. Dessinées par les cabinets d’architectes Huit et demi et JSCardone, les façades en brique du groupe scolaire Jolie Manon circonscrivent l’accueil chaleureux des élèves qui participent à son inauguration officielle, à travers des activités de trottinettes, pêche au canard et autres stands de tir à l’arc. Un symbole juvénile et rafraîchissant dans la jungle urbaine de la rue Loubon, cette longue artère qui part du boulevard National jusqu’au cœur du quartier de la Belle de Mai, où la liste des immeubles insalubres et des façades décrépies reflète une soixantaine d’années d’incurie clientéliste des gestions Defferre, puis Gaudin. Jolie Manon devient ainsi la 15e et dernière école de la première phase du « Plan Écoles », programme concernant les 470 écoles de Marseille, dont 188 nouvelles ou totalement rénovées (voir repères ci-dessous).

    Surfer les « vagues »

    « Cette nouvelle école, elle est vraiment bien. C’est beaucoup mieux que l’ancienne. En plus, il y a un bus gratuit spécialement pour les enfants », dit, soulagée, Hayat, mère de deux élèves ayant intégré le groupe scolaire Jolie Manon à la rentrée 2025. Comme eux, ils sont un peu plus de 400 élèves à y suivre leur scolarité, provenant de l’école Bellevue, située à environ 1km de là et qui a fermé ses portes pour de lourds travaux. Cet établissement implanté rue Félix Pyat fait d’ailleurs partie de « la deuxième vague » d’écoles qui seront construites ou totalement rénovées, indique Benoît Payan. « L’une des 33 autres écoles qui seront livrées entre 2026 et 27 », complète de son côté Isabelle Epaillard, nommée préfète déléguée à l’égalité des chances il y a un an. « Le 3e arrondissement compte beaucoup d’écoles, dont plusieurs en travaux. On remplit le vase et on revide l’autre », image Virginie Averous, sous-préfète chargée du plan « Marseille en grand », avant que sa collègue ne réembraye : « Ce sont des effets de jeux de tiroirs. Il ne faut pas perdre de temps ».

    « Les 2e et 3e arrondissements étaient depuis des années hors des radars. Les habitants de ces quartiers n’intéressaient pas les pouvoirs publics et la précédente municipalité », constate le maire de Marseille. « C’est pour eux qu’on fait tout cela, qu’on met les moyens avec l’État, qu’on fait des écoles, que je décide d’y mettre un commissariat de police municipale, que je décide d’y mettre une médiathèque [elle sera installée plus bas dans la rue Loubon, avec une ouverture prévue fin 2026, Ndlr]. On a bénéficié d’un plan dont certains se sont amusés à dire qu’il ne fonctionnait pas. Mais il suffit d’ouvrir les yeux. On ne rattrape pas 40 ans de retard structurel en un claquement de doigts. Par contre, on voit le changement arriver », se satisfait le premier magistrat de la ville.

    EN CHIFFRES

    1,5 milliard

    C’est le montant investi par la Ville et l’État dans le « Plan Écoles », programme qui vise notamment à la construction ou rénovation totale de 188 écoles de Marseille.

    15

    Jolie Manon est la quinzième école qui a été inaugurée depuis le lancement du « Plan Écoles », lancé en 2021.

    4

    Tel est le nombre de phases de ce plan dont la première vient de s’achever. La deuxième comporte 33 écoles, qui doivent être livrées entre 2026 et 27.