Tag: Marseille

  • La 25e édition d’Actoral sous le signe de la métamorphose

    La 25e édition d’Actoral sous le signe de la métamorphose

    Incarnation du credo d’Actoral – télescoper les disciplines artistiques – le musicien pop Julien Perez donnera le ton de la 25e édition du festival lors de son prélude, samedi 13 septembre, avec un live, mais aussi une lecture de son premier roman Hommages. Irriguée par d’autres concerts et DJ sets, une ouverture à voir à La Cômerie, ancien couvent perché en haut de la rue Breteuil dans lequel l’association et centre culturel Montevideo a déménagé, après s’être fait expulser en 2024, par son propriétaire, de l’impasse éponyme où elle était implantée. Cette mouture entrera dans le vif du sujet les 24 et 25 septembre au Théâtre des Calanques avec Puff. Conçu par Alice Ripoll et interprété par Hiltinho Fantastico, un solo qui montre comment une danse de la diaspora africaine au Brésil « peut avancer masquée pour exprimer des revendications », plante Hubert Colas, directeur de la manifestation. « À travers des formes intimes et ancestrales », résume-t-il, « beaucoup d’artistes interrogent le futur, la nécessité d’une liberté d’expression des minorités qui peut craindre des représailles d’un monde où capitalisme et masculinisme pourraient éteindre ces lumières ».

    Le masque et la plume

    Parmi d’innombrables propositions (théâtre, danse, performance, cinéma, lecture, arts visuels), le « diablotin angélique » Alberto Cortès évoquera au Ballet national de Marseille dans Analphabet « la violence intra-genre que le patriarcat lègue aux relations queer ». Avec Good Luck, Amit Noy détourne, lui, dans un solo, « les danses et musiques traditionnelles israéliennes pour mettre en scène une critique de la violence d’État ». Réfugiée en France, la peintre et performeuse afghane Kubra Khademi racontera pour sa part son chemin émancipateur dans La fille et le dragon à La Criée. À l’image de son nouveau départ à La Cômerie, Actoral et sa mouture 2025 seront traversés par la métamorphose. Dans cette veine, le cabaret à la fois tendre et acerbe de Latifa Laâbissi et Antonia Baehr, Cavaliers impurs, à la Friche Belle de Mai, « la figure mutante » de Mercedes Dassy dans Spongebabe in L.A au BNM, ou encore Cherish Menzo qui, dans Frank, « s’attache à l’archétype du monstre, non pas pour l’éloigner ou l’exorciser, mais pour s’en approcher, l’habiter et l’incarner », et « sonder les représentations du corps noir, du féminin et de l’altérité ».

  • Les communistes provençaux investissent la fête

    Les communistes provençaux investissent la fête

    Les militants communistes des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse sont déjà nombreux sur le lieu de la Fête de l’humanité pour participer au montage. Une année particulière pour la fédération des Bouches-du-Rhône puisque c’est au sein du stand national du parti communiste qu’elle prend sa place pour la fête. « C’est la première fois que l’on est sur le stand national, explique Naïma Senanedj, responsable fédérale Bouches-du-Rhône du parti communiste. On va pouvoir apporter notre peps et notre dynamisme, parce que nous sommes une fédération très multigénérationnelle », insiste-t-elle.

    Au programme du stand, des activités « populaires, festives et politiques », détaille la responsable fédérale des Bouches-du-Rhône. « Il y aura beaucoup de débats, notamment avec les cheminots Paca », explique Naïma Senanedj. Le côté festif ne sera pas laissé-pour-compte avec un karaoké géant le samedi soir. Les Bucco-Rhodaniens ne sont pas les seuls à faire vivre leur fédération à travers un stand. Sur 300m2, le Vaucluse aussi fait vivre sa fédération dans la capitale. Les militants varois ne tiendront pas de stand mais seront toutefois présents en Île-de-France pour participer aux festivités.

    La Fête de l’humanité est pour ces militants un moment fort de rencontres et d’échanges. « Cette fête a une place importante dans la vie sociale du pays, surtout cette année entre deux grands mouvements sociaux, le 10 et le 18 septembre », insiste Julien de Benito, secrétaire fédéral du Vaucluse du parti communiste. Un moment fédérateur qui commence 10 jours avant l’ouverture au grand public. « Il y a une première fête, celles des bâtisseurs, explique le cuisinier de profession. Comme nous, les militants arrivent plus tôt. C’est pourquoi notre stand est ouvert dès ce lundi, ça permet aux militants de se rencontrer. »

    Une tradition

    Une fête devenue une tradition pour certains d’entre eux : « depuis 1986, la fédération du Vaucluse monte un stand, c’est un peu une institution, un moment intangible. C’est toujours une fierté d’arriver à monter un restaurant de toutes pièces », explique Julien de Benito.

    Car ces stands sont aussi l’occasion pour les Provençaux de faire découvrir leurs spécialités culinaires et culturelles. Les festivaliers pourront donc goûter le risotto d’épeautre du Vaucluse, les panisses de Marseille ou le pastis du Sud dans les différents stands. Ils pourront également s’initier à la pétanque et découvrir le journal de La Marseillaise au sein du stand des Bouches-du-Rhône. « On peut faire le tour de la France avec les stands des fédérations », sourit Julien de Benito.

  • L’OM à l’heure du rachat avant d’attaquer les étoiles

    L’OM à l’heure du rachat avant d’attaquer les étoiles

    Pour Roberto De Zerbi, la trêve n’a pas été synonyme de repos. Bien au contraire.

    La défaite concédée à Lyon, et le scénario des dernières heures du mercato, ont obligé l’Italien à revoir sa copie en profondeur, afin que son équipe reparte du bon pied, au moment où se profile le retour en Ligue des Champions. Il a ainsi reconnu que « le mois d’août a été très intense, avec douze recrues, dont six dans les derniers jours ».

    Cet emballement de dernière minute l’a contraint à repartir de zéro, avec un effectif totalement chamboulé par rapport au stage initial aux Pays-Bas. « Il m’a fallu tout recommencer, mais je n’ai pas eu peur. Les joueurs sont adaptés pour l’OM. J’ai dû simplement accélérer. Réaliser ce qui prend normalement deux mois en quelques jours », indique-t-il.

    Ainsi, il compte sur l’expérience des derniers arrivés pour assimiler rapidement ses attentes. Ce match face à Lorient, pour la reprise du championnat, doit lui permettre de voir si son message a bien été assimilé, malgré le peu de temps dont il a disposé pour le faire passer.

    Les deux semaines de trêve ont permis à Igor Paixão de retrouver ses capacités. « Il est opérationnel, je dois encore voir s’il peut débuter », confesse l’entraîneur olympien au sujet de sa principale recrue offensive, arrivée blessée de Rotterdam.

    L’Italien, qui va sans doute revoir en profondeur son onze de départ, pas du fait de la suspension de C.J. Egan-Riley, mais parce que Leo Balerdi et Geronimo Rulli sont rentrés tardivement d’Argentine, et que Facundo Medina est rétabli. Il se laisse le temps de la réflexion pour trancher définitivement. En ayant en tête, malgré tout, le match à Madrid, mardi soir.

    Face à Lorient, qui a pris un coup sur la cafetière avant la trêve (défaite 1-7 face à Lille), l’OM se doit de montrer que l’échec à Lyon n’est qu’un incident. Que son OM est capable de prendre la mesure d’un promu qui se cherche encore. « Je voudrais toujours gagner 5-0, mais il faut surtout se concentrer sur le jeu », confesse-t-il. Une victoire, avec la forme, serait un bon signal pour rassurer avant la Ligue des Champions.

    « J’ai dû réaliser ce qui prend deux mois en quelques jours »

  • Benjamin Pavard est comme un poisson dans l’eau à Marseille

    Benjamin Pavard est comme un poisson dans l’eau à Marseille

    Rayonnant. C’est ainsi que Benjamin Pavard est apparu lors de sa première conférence de presse à La Commanderie, jeudi.

    Interrogé sur ses premières impressions, 24 heures après son arrivée à Marseille, le champion du Monde 2018 a été clair. « Cela faisait neuf ans que j’avais quitté la France et elle m’a beaucoup manqué, car j’en suis parti très jeune ». Alors, quand il a su que l’OM s’intéressait à lui, il n’a pas hésité.

    « Le projet m’a plu. De plus, ma femme est marseillaise et c’est un honneur pour moi de porter le maillot de l’OM », a-t-il poursuivi. Ses entretiens avec Medhi Benatia ont eu lieu sur la durée. « Cela s’est débloqué le dernier jour, mais je savais que cela allait se faire, car j’ai tout de suite été séduit par le projet sportif », reconnaît-il.

    Avant de débarquer à La Commanderie, il y a eu la case Clairefontaine, avec les deux matches des Bleus pour la qualification au Mondial 2026. Il a pu ainsi échanger avec Adrien Rabiot qui, malgré ses déboires, « ne m’a dit que du bien de son passage à Marseille ».

    Polyvalence

    Même s’il est arrivé sur le tard, à savoir mercredi, et n’aura que 48 heures d’entraînement collectif avec sa nouvelle équipe, Benjamin Pavard n’est pas inquiet quant à son intégration. « Physiquement, je me sens prêt. J’attends les choix du coach ».

    La suspension de C.J. Egan-Riley et le retour tardif d’Argentine de Leo Balerdi devraient lui permettre d’être titulaire face à Lorient. à Roberto De Zerbi de choisir s’il le fera débuter dans l’axe ou latéral droit de la défense olympienne. « Je suis polyvalent et j’ai même longtemps joué milieu défensif avec Lille », précise-t-il.

    Son retour en France, à Marseille, « dans un club très professionnel où je sens que je vais prendre beaucoup de plaisir », lui rappelle sa découverte du football allemand, à Stuttgart. Le club souabe venait de descendre en 2.Bundesliga et il a été un des acteurs majeurs de sa remontée en élite, avant de partir gagner des trophées avec le Bayern, puis l’Inter.

    Si l’OM n’est pas passé par la case Ligue 2, il est comme Stuttgart, un géant qui cherche à retrouver sa place dans la hiérarchie de son championnat. L’arrivée de Roberto De Zerbi a été la première pierre d’un édifice dont il compte bien être une poutre maîtresse.

    « Je reviens en France pour prouver ma vraie valeur, dans un club où quelque chose de fort est en train de se préparer. Dans un effectif où il y a tout pour réussir de belles choses », confesse-t-il. Benjamin Pavard qui a aussi trouvé en Roberto De Zerbi un entraîneur « dont le style me correspond. Il se donne à fond et cherche avant tout le bien de ses joueurs ». Quant à savoir si les deux caractères peuvent cohabiter, il souligne : « vous n’avez jamais vu Simone Inzaghi à l’Inter ! Au début, je pensais que certains coaches étaient fous, mais en réalité, ce sont des passionnés qui veulent tout donner pour leurs joueurs. C’est peut-être surprenant en France, mais moi, j’adore ça ».

  • Marseille, menaces racistes contre une élue au Conseil départemental

    Marseille, menaces racistes contre une élue au Conseil départemental

    Mort aux Arabes” tagué sur ma porte ce [jeudi] matin, à l’intérieur même du conseil départemental 13 », décrit la conseillère départementale (PCF) Audrey Garino. « Une menace de mort, une de plus. Au-delà de l’attaque personnelle, c’est toute notre ville qui est visée par le racisme et la haine, par les amalgames et ces idées immondes », s’insurge l’élue, également adjointe au maire de Marseille, déléguée à la solidarité. Très choquée et « très inquiète du climat politique actuel », elle devrait porter plainte dans la journée. « Il faut que ça s’arrête ! ».

    De son côté, « c’est avec une profonde indignation que j’ai appris la diffusion de message à caractère raciste, inscrit dans les étages de l’hôtel du Département, stipule Martine Vassal, la présidente (DVD) du Département. Je condamne fermement ces actes. Le racisme n’a pas sa place dans nos murs et nulle part ailleurs », déclare-t-elle. « Je déposerai plainte au nom du Département des Bouches-du-Rhône » et d’assurer les « agents » de sa pleine mobilisation…

    Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille avait essuyé un affront similaire pas plus tard que ce week-end via un message sur les réseaux sociaux illustré d’un pendu, alors qu’il partageait un repas lors du Kouss Kouss festival.

    Celui-ci a vite réagi à cette nouvelle provocation : « Le racisme décomplexé et les menaces de mort arrivent jusqu’à l’intérieur du Département13. Nous n’avons pas peur, nous ne laisserons pas faire. Marseille est unie, fière et plus forte que la haine », lance-t-il dans un message de soutien apporté à son adjointe. « Qu’ils déversent leur haine, nous répondrons par plus de force et de fierté dans nos combats politiques, ajoute la première adjointe écologiste Michèle Rubirola, le racisme ne gagnera jamais ! ».

    « Assez ! », lance l’ancienne sénatrice et élue marseillaise Samia Ghali. « En anonyme sur les réseaux sociaux contre Benoît Payan (…), masqué dans la nuit pour poser une tête de cochon sur une mosquée ou en catimini dans les couloirs d’une collectivité locale, le racisme et la haine des Arabes se répandent. Nous refusons de nous y résigner ! » , assure-t-elle. À l’instar de Jérémy Bacchi, sénateur communiste des Bouches-du-Rhône, Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel a assuré de son « total soutien » l’élue « menacée et insultée au nom de son engagement en faveur de sa ville et de tous les Marseillais et Marseillaises », écrit-il. Le combat continue.

  • Des blocus rapidement réprimés par la police

    Des blocus rapidement réprimés par la police

    Douze blocus étaient annoncés, ce mercredi, dans les Bouches-du-Rhône, dans le cadre du mouvement citoyen « Bloquons tout », né sur les réseaux sociaux. Une opération en partie endiguée par les forces de l’ordre, mobilisées en très grand nombre dans le département et dans le reste du pays, comme l’a souligné très tôt le ministre de l’Intérieur démissionnaire Bruno Retailleau, rappelant que « 80 000 gendarmes et policiers » seraient sur le pont dans la journée.

    À Marseille, en centre-ville, le point de rendez-vous fixé à 6h30 sur la place Castellane s’est très rapidement déporté sur le boulevard Vincent-Delpuech (6e), reliant l’A50 à l’avenue Jules-Cantini, où s’est installé un bref blocus. À 7h15, la police retirait déjà les barricades disposées sur la route, que les manifestants avaient désertée pour rejoindre le boulevard Sakakini (5e), qu’ils bloqueront peu de temps avant que les forces de l’ordre n’interviennent et que la circulation reprenne normalement, aux alentours de 9h. Le même cortège s’est ensuite rendu à l’entrée du tunnel Prado-Carrénage pour tenter de bloquer le rond-point de l’Europe. Un blocus qui sera encore une fois réprimé. En parallèle, les centaines de manifestants rassemblés à la Porte d’Aix dès 6h30, ont également été repoussés et ont ensuite rejoint la passerelle de la Joliette, qu’ils sont parvenus à bloquer un temps, avant d’être de nouveau repoussés par les forces de l’ordre. Les manifestations sauvages, organisées après la manifestation officielle, dans l’après-midi, ont été réprimées par les CRS, qui à plusieurs reprises ont fait usage de gaz lacrymogènes.

    La préfecture se félicite

    « Nous avons mis en place un dispositif très agile, mobile et réactif grâce à plusieurs jours d’anticipation, ce qui permet au mouvement d’être moins virulent que prévu », se félicite la préfecture de police de Marseille en fin de matinée. « Même si nous avons constaté quelques velléités à bloquer des axes routiers importants, tel que l’A 50, l’A 55 et l’A7, les blocus ont échoué grâce à un dispositif adapté », ajoutent les représentants de l’institution. Au total dans les Bouches-du-Rhône, le bilan à 15h était de 9 interpellations, dont 2 à Arles et 7 à Marseille. Les motifs avancés sont : « Violences sur personne dépositaire de l’autorité publique, rébellion, jet de projectiles, vol, incendie de poubelle et dégradations. »

    À Toulon, le préfet annonçait en fin de matinée qu’aucun réel blocage, à La Valette, au lycée Dumont d’Urville et aux Arcs n’a perduré.

  • Production à l’arrêt à l’usine de chimie Arkema de Saint-Menet

    Production à l’arrêt à l’usine de chimie Arkema de Saint-Menet

    Le jour s’est levé. Du site de l’usine clos, on n’aperçoit que des bâtiments, et une structure métallique complexe éclairée par des néons. Ici, le géant de la chimie Arkema produit du monomère, matière première servant à la fabrication des plastiques de haute qualité. 300 salariés travaillent dans l’usine, dont plus de 130 à la production, en horaires décalés.

    « Qu’est-ce qu’on mange ce midi ? », blague Nico, au volant de sa voiture. Depuis l’installation du piquet de grève à 6h du matin, Rémi Thuaire, délégué syndical CGT Arkema, arrête un instant chaque automobiliste qui pénètre sur le site, et l’incite à « venir boire un café et montrer son mécontentement par la grève ». Il embraye : « Cette journée va au-delà de la lutte syndicale. Il faut un changement politique et sociétal. » Il évoque « des dirigeants politiques complètement déconnectés de la réalité, qui n’écoutent pas la volonté du peuple sortie des urnes ». Il insiste : « Mais surtout, le problème, c’est le partage des richesses. Il faut aller chercher l’argent là où il est, plus chez les travailleurs, c’est fini, on paie déjà assez. »

    « On travaille pour payer »

    Quentin, 26 ans, opérateur chimie acquiesce : « On a un salaire pour payer l’électricité, le manger, la vie de tous les jours, et une fois que tout ça est payé, on survit jusqu’à la fin du mois. Le salaire ici est correct, mais l’État prend trop. On travaille pour payer. » Wilfrid Gautier, 44 ans, ouvrier en production, ajoute : « On n’est pas à plaindre ici, sauf que la part du gâteau pour les travailleurs est très maigre. » Rémi Thuaire rappelle qu’Arkema, 13 sites et environ 7 000 salariés en France, groupe largement bénéficiaire, touche une partie de la manne de 211 milliards d’aide aux entreprises donnés par l’État sans conditions. « Moi citoyen, qui paie des impôts en France, je ne suis pas là pour gaver les actionnaires », proteste-t-il.

  • Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Pas de cours pour les lycéens de Montgrand (6e), mercredi matin, dont les deux entrées ont été bloquées très tôt dans la matinée par des étudiants de l’établissement. Installés sur un tas de poubelles et derrière des barrières de sécurité, les jeunes militants tiennent des pancartes aux revendications multiples. « Stop austérité », « 2 214 enfants à la rue, 1,2 million de logements vacants, logique ?? », « Désolé du dérangement, on défend notre avenir », lit-on çà et là sur les cartons contestataires. Les jeunes n’oublient pas le tout nouveau chef du gouvernement : « Lecornu, trou du coup », assène une affiche qui recouvre la plaque du lycée.

    « On est là pour dénoncer le système Parcoursup, qui détermine avec un algorithme qu’on ne connaît pas notre avenir, pour s’opposer aux nouvelles réformes du Bac pro mais aussi en tant que citoyens, pour défendre notre futur de travailleurs », détaille Malo, étudiante du lycée, au micro de l’insoumission. Autour des élèves, quelques professeurs soutiennent le blocus et tentent de discuter avec les forces de l’ordre.

    Aux alentours de 9h30, l’un des cortèges sauvages du centre-ville a pénétré la rue Montgrand, où était installé le blocus. Poursuivie par quelques CRS, la quarantaine de manifestants s’est jointe aux lycéens pour affronter en chanson le groupe de policiers. « Siamo tutti antifascisti », s’exclament en chœur les militants avant d’enchaîner sur plusieurs autres balades revendicatives. Parmi elles : « Macron nous fait la guerre, et sa police aussi, mais on reste déter, pour bloquer le pays », « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers » ou encore « On est jeune, déter, et révolutionnaire ». Le cortège se dissipera progressivement sans que les CRS n’interviennent. Ils resteront cependant proches du blocus.

    « Globalement ils nous ont laissés tranquilles. Il y a beaucoup de camions car ils protègent la préfecture mais sinon ils ne sont pas venus nous embêter », concède une élève du lycée. D’après la préfecture, environ 600 personnes auraient manifesté dans la matinée à Marseille, avant la manifestation unitaire.

  • À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    À la Valentine, les automobilistes sont réceptifs

    Il est 6h30 du matin ce mercredi. Sur le rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet qui mène à l’A50, ils sont une trentaine à ralentir la circulation et à tracter pour faire connaître le mouvement du 10 septembre aux automobilistes. Les profils sont variés : retraités, enseignantes, libraires ou personnes au RSA, tous ont fait le déplacement pour montrer leur ras-le-bol face à la politique actuelle.

    « On se fait traiter n’importe comment par le gouvernement. On travaille comme des acharnés et ils ne veulent même pas nous aider. On est en colère », s’indigne une salariée de la mairie de Marseille. Jean-Marc, photographe, ne mâche pas non plus ses mots contre le gouvernement : « la classe dirigeante est une bourgeoisie boulimique. Plus ils ont d’argent, plus ils en veulent. Et ils continuent à aller chercher l’argent chez les plus pauvres, pendant que les grandes fortunes n’ont jamais fait autant de bénéfices. »

    Un barrage filtrant est plutôt bien accueilli par les automobilistes, dont beaucoup récupèrent le tract et manifestent leur soutien. Certains poids lourds s’arrêtent même pour bloquer la circulation et klaxonner au rythme du chant des militants : « Macron démission ». Un accueil qui s’explique facilement selon l’un des manifestants sur place : « les gens sont super réceptifs. Quand on leur parle de la vie chère, tout le monde se reconnaît ».

    Après quelques heures au rond-point du Lieutenant-Colonel Piollet, le groupe se déplace pour tracter au rond-point d’entrée de l’A50, puis celui devant le centre commercial de la Valentine.

    Une action sans violence tout de même encadrée par la police. Dès le début du barrage, une quinzaine d’agents étaient présents avec casque et bouclier anti-émeute. « Au moins, ils sont bloqués ici et ils ne sont pas dans le centre », plaisante une participante. à partir de 11h30, l’effectif policier diminue, mais ils commencent à menacer de verbaliser les automobilistes qui s’arrêtent trop longtemps pour échanger avec les manifestants. « C’est un moyen pour eux de décourager les gens de faire grève ou de manifester. Un des automobilistes s’est pris une contravention de 640 euros pour entrave à la circulation », se désole l’un des grévistes.

    Vers 12h30, le groupe a décidé, en votant à mains levées, d’aller prêter main-forte au blocus de l’entreprise de vente d’armes Eurolink. Certains sont allés rejoindre les cortèges aux Réformés.

  • La Région réinterroge son soutien à l’insertion

    La Région réinterroge son soutien à l’insertion

    La Région va-t-elle sortir la tronçonneuse pour tailler une fois de plus dans les budgets de l’insertion ? Six mois après avoir approuvé une baisse drastique de 32 % de ses financements aux missions locales, le conseil régional de Provence Alpes-Côte d’Azur vient de lancer, ce lundi, une consultation afin de réaliser, d’ici juillet 2026, une mission d’évaluation de ses politiques d’accompagnement aux jeunes en difficulté d’insertion, dans un contexte « de contraction des finances locales », explique le cahier des charges. En ligne de mire, son soutien aux missions locales, écoles de la deuxième chance et écoles de production. Parmi les objectifs, la Région veut savoir si ces structures pourraient survivre « en cas de retrait partiel ou total de tout ou partie des financeurs publics actuels ».

    « L’exécutif régional avait inscrit ce sujet comme un enjeu de la mandature, proposant l’objectif d’un doublement du nombre de jeunes bénéficiaires d’un accompagnement en cinq ans », rappelle la collectivité. Mais, après avoir taillé dans ses budgets, elle s’appuie sur le dernier rapport annuel de la Cour des comptes dédié à l’emploi des jeunes, qui pointait « un lien de causalité incertain entre l’effort financier et l’amélioration de l’emploi des jeunes » ainsi qu’une « absence de stratégie d’ensemble ».

    Financement « à la prestation réalisée »

    Or, la collectivité finance à hauteur de 11 %, en moyenne, les 28 missions locales de son territoire à travers des subventions globales de fonctionnement. Elle est aussi, à travers un mandat de Services d’intérêt économique général (Sieg), le « dernier financeur » des six écoles de la deuxième chance et de leurs vingt antennes : les crédits régionaux représentent ainsi de 35 à 60 % de leur budget.

    Alors, la Région veut « harmoniser » et mieux cibler son soutien « pour maximiser l’effet de levier du financement régional ». Elle demande ainsi à la mission d’évaluation « de mettre en évidence, le cas échéant, d’éventuels frottements/doublons » entre les dispositifs, de « mettre en lumière la couverture territoriale » face à leur concentration sur Marseille. En particulier, elle réfléchit à faire évoluer le cadre juridique de son soutien aux écoles de la deuxième chance et, après avoir coupé dans les dotations aux missions locales, cherche des « modalités pour “relancer” le partenariat et établir une plus-value renouvelée de la présence régionale dans le pilotage de ce réseau ».

    Le futur modèle est déjà suggéré. « La Région attend, tout particulièrement, une réflexion sur la faisabilité juridique d’un soutien “à la prestation réalisée” », réclame-t-elle au cabinet qui devra réaliser cette évaluation.

    Les reproches de la collectivité sont translucides. « Le coût total d’accompagnement d’un jeune, d’une école à l’autre, et tous financeurs confondus, peut varier du simple au triple », déplore-t-elle. Réclamant d’interroger sur ces écarts les responsables des structures pour expliquer « en quoi ils relèvent d’anomalies ».

    Pas de quoi rassurer les acteurs du secteur, alors que l’union régionale des missions locales craignait, au début de l’année, la disparition de 10 % de leurs emplois, et que même les services de l’État, dans une note confidentielle, regrettaient « un ensemble de marqueurs du désintérêt de la collectivité pour les politiques de l’emploi, malgré le niveau historiquement élevé du chômage dans la région » (notre édition du 25/06).

    « L’ensemble de la stratégie de développement économique de la Région a pour objectif le dynamisme de l’économie locale et ses créations d’emploi, se justifie déjà celle-ci, dans son cahier des charges. Or, il est largement démontré que toute conjoncture favorable a un effet notable sur l’emploi des jeunes. » Tant pis pour ceux qui en sont le plus éloignés.

    « Le coût total d’accompagnement peut varier du simple au triple. »