Tag: Marseille

  • Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une classe d’initiation à la mer ouvre au collège Vieux-Port

    Une heure de cours en plus par semaine pour apprendre à lire des cartes maritimes, les vents ou découvrir les métiers de la mer. C’est ce à quoi se sont engagés les élèves de troisième de cette première classe baptisée Bimer, au collège Vieux-Port. Créé en 2018 au sein de l’académie de Nice, ce Brevet d’initiation à la mer (Bimer) veut faire découvrir aux collégiens les métiers de la navigation, ainsi que la base scientifique et technique maritime.

    Cette année, c’est au collège Vieux-Port qu’a ouvert la 28e classe Bimer de l’académie Aix-Marseille. Cette classe « est aussi le moyen de montrer que sur notre territoire, à 500 mètres du collège, il y a le Grand Port maritime (GPMM) qui propose un vaste panel de métiers inconnus, explique Patrick Maddalone, directeur des ressources humaines du GPMM. L’idée est aussi de leur montrer toutes les opportunités qu’ils pourraient avoir sur leur projet professionnel et leur vie future. » Ainsi, à la fin de l’année, les collégiens passeront un examen sur les connaissances acquises au cours de l’année autour de la construction des navires, la météo, les réglementations maritimes et enfin les enjeux géopolitiques.

    « Ce type de brevet vous différenciera par rapport aux autres élèves », insiste le recteur de l’académie Aix-Marseille, Benoit Delaunay, devant une vingtaine d’élèves. Le brevet peut d’ailleurs être repassé plusieurs fois pour avoir des qualifications différentes : débutant, maîtrise, avancé et expert. Des élèves qui ne semblent pourtant pas novices : quand le recteur présente des questions types, ils sont deux ou trois à lever le doigt pour répondre.

    Des activités ludiques

    C’est grâce à une classe ouverte, en avril dernier, que les élèves ont pu découvrir la classe Bimer. Ils ont notamment pu voir le Port center, lancé en septembre 2024 par le port. Un moyen pour le Grand port de faire connaître aux scolaires et au grand public le travail qui est fait chaque jour. « On a pu découvrir la carte du port, un conteneur et les différents postes qui existent », explique Sarah, élève dans la classe. C’est lors de cette visite, que le Port Center a pu fêter sa 10 000e visiteuse, Mélissa, maintenant inscrite pour passer son Brevet d’initiation à la mer.

    C’est cette journée découverte et la diversité des activités proposées qui ont motivé la plupart des élèves. « Je suis venu pour les sorties bateaux et le voyage à Barcelone », s’amuse Mamadou. Une raison partagée par Sarah et Yannis. Un moyen de faire connaître de façon ludique un univers qu’ils et elles ne connaissent pas encore.

  • La municipalité veut une table ronde pour la marina

    La municipalité veut une table ronde pour la marina

    Si les surcoûts étaient connus de longue date, la présentation programmée d’un rapport de la chambre régionale des comptes, alertant sur un manque de 11 millions pour financer la marina olympique du Roucas blanc, a de nouveau semé l’agitation. Alors l’adjoint (PS) aux finances Joël Canicave a voulu poser les choses, rappelant qu’aucune recommandation n’a été faite à la Ville. « Nous avons un dépassement de 8 millions d’euros qu’il va falloir payer », résume-t-il, rappelant l’impact de l’inflation et les demandes supplémentaires des organisateurs des Jeux. Ainsi que 3 millions espérés de l’Europe via la Région, finalement inéligibles.

    « Lors des échanges qui se sont tenus à l’été 2023, nos services techniques ont conjointement constaté la non-éligibilité », regrette l’élu (EELV) chargé des fonds européens, Fabien Perez. C’est que le programme opérationnel régional qui permet d’attribuer les aides européennes, adopté le 17 novembre 2022, a vu la ligne dédiée à la submersion marine disparaître. Malgré les demandes adressées au mois de décembre, la Région ne veut pas accorder elle-même ces fonds. « Aucun dossier n’a été déposé, nous en avons informé le préfet en novembre 2023 », assure de son côté l’élue régionale (Hor.) Isabelle Campagnola-Savon. Et d’assumer : « La facture, on vous la laisse. »

    « Dans tous les cas, la Ville assumera ses responsabilités », indique Joël Canicave. Mais il rappelle : « La logique, c’est que chaque partenaire abonde. Nous proposons que le préfet réunisse un nouveau comité des financeurs. » D’autant plus que l’État a formalisé, dans un arrêté public la veille, une rallonge supplémentaire de 1,5 million d’euros au titre de la dotation de soutien à l’investissement local. « On leur demande un petit peu plus, ce n’est pas fermé », confie l’argentier municipal.

  • Il y a 20 ans, une rude bataille pour l’unicité de la RTM

    Il y a 20 ans, une rude bataille pour l’unicité de la RTM

    Réquisition, attaque en justice… On leur aura tout fait. Mais ils auront tenu bon. Lorsque la communauté urbaine de Marseille, alors sous la présidence de Jean-Claude Gaudin (UMP, ex-LR), vote le 24 mars 2005 une procédure de délégation de service public (DSP) pour la gestion du tramway à venir et la modification du règlement intérieur, brisant l’unité de la RTM, les traminots voient rouge.

    Le maire de Marseille voit là une occasion de se débarrasser d’une régie qu’il se plaît à qualifier de « tonneau des Danaïdes ». Autre argument selon lui béton : l’Europe exigerait la mise en concurrence pour débloquer les emprunts nécessaires à la construction du tram. Bien qu’aucune directive ne le stipule… Pour « aider » la régie à répondre à la DSP, Connex, filiale de Veolia, est choisie. Moyennant trois cadres cher payés, le groupe réclame 850 000 euros par an sur 8 ans et le partage des recettes s’engageant à assurer 49% des risques financiers, soit pas grand-chose sur un tram flambant neuf.

    Soudés en intersyndicale, les traminots se mobilisent le 4 octobre. Le mouvement sera très suivi, soutenu par les salariés lors d’un vote à bulletin secret, et même les Marseillais pourtant privés de transports, les bus restant au dépôt. Quand Jean-Claude Gaudin réclame au préfet la réquisition, le 28 octobre, après une entrevue infructueuse la semaine précédente (ce sera la seule), ce dernier refuse de sortir « l’artillerie lourde » et envoie un médiateur. Bernard Bruhnes témoignera plus tard n’avoir pas compris l’attitude d’un certain nombre de gens autour du maire qui « n’avaient qu’une envie : tirer dans le tas ».

    S’ils sont obligés de suspendre leur grève, un juge des référés dans une décision politique, déclarant le préavis illégal, ils repartent le 15 novembre. Ils tiendront encore dix jours. L’avenir leur donnera raison. Contestée en justice par le sénateur PCF et membre du conseil d’administration, Robert Bret, et Michel Illac, élu communautaire, la délibération sur la DSP sera annulée le 6 juillet 2007.

  • La daube s’invite dans les rues de la ville

    La daube s’invite dans les rues de la ville

    Mars à table est de retour à Marseille pour une nouvelle édition marquée cette fois-ci par la daube. Ode à la terre avec la traditionnelle daube de bœuf, ou à la mer avec la daube de poulpe, c’est ce plat savoureux empreint du patrimoine gastronomique provençal qui est à l’honneur lors de ce festival qui débute ce samedi, à l’Estaque, avec un grand banquet ouvert à tous.

    « La cuisine se partage, c’est un moment convivial où ceux qui cuisinent prennent plaisir à régaler ceux qui en profitent », souligne Rébecca Bernardi, adjointe au maire en charge du commerce et de l’artisanat. Pour débuter les festivités, c’est le restaurant Sage, mené par Loris de Vaucelles, qui est aux commandes. Un « honneur » pour ce jeune restaurant implanté rue Sainte. Daube de poulpe, daube de bœuf… Le client, ce samedi, est roi et profite des différents mets préparés par ces premiers hôtes. « C’est un événement que nous voulons accessible à tous et populaire. Pour que le plus grand nombre puisse venir profiter de ce moment de convivialité, nous avons mis en place des prix attractifs », confie le cofondateur de Sage.

    Sur place, pas de chichi, les premiers arrivés seront les premiers servis et ce jusqu’à épuisement des stocks. Mais, si vous n’avez pas la chance de vous attabler ce jour-là, les commerces et restaurateurs aux alentours se feront un plaisir de vous accueillir. « Nous n’avons pas pour objectif de mettre en concurrence les professionnels, au contraire, c’est une journée qui fait rayonner un quartier et souvent, les terrasses aux alentours du banquet sont elles aussi pleines », précise Jean-Pierre Cochet, président de l’office de tourisme.

    Tout au long de cette journée, vous aurez également la possibilité de profiter de visites guidées du quartier dispensées par l’office de tourisme de la ville. Il y aura de nombreuses animations musicales et les enfants y trouveront aussi leur compte avec des jeux installés pour eux.

    Prochaines sessions du grand banquet prévues le 11 octobre à l’Escale Borély et le 18 sur la place Bargemon. Et s’il vous est impossible d’y assister, plus de 70 restaurants sont partenaires de l’événement et mettent, eux aussi, à l’honneur les daubes sur leur carte.

    A.Lh.

  • L’OM doit éteindre Metz

    L’OM doit éteindre Metz

    Real, PSG, Strasbourg et Ajax. Leurs quatre dernières sorties ont permis aux Marseillais de flirter avec les étoiles.

    Ils ont même rejoint la voie lactée européenne, en tenant tête au premier, en faisant voler en éclats le dernier. Quant aux deux pensionnaires du haut de tableau de la Ligue 1, ils ont dû s’avouer vaincus face à la redoutable machine mise en branle par Roberto De Zerbi.

    Une machine qui, malgré les changements de rouages dictés par les pépins physiques, a montré qu’elle était, à l’heure actuelle, un véritable véhicule tous terrains, capable d’aborder le moindre obstacle sans souci, quelle que soit sa difficulté.

    L’Ajax a été la dernière victime de cette efficacité. Avec des joueurs qui, à l’image d’Arthur Vermeeren, ont montré qu’ils pouvaient prendre le relais, sans que n’en souffre l’organisation imaginée par Roberto De Zerbi. « L’Ajax n’a pas été si mauvais. C’est plutôt nous qui avons su être décisifs et fait ce qu’il fallait, quand il le fallait », souligne Arthur Vermeeren.

    Le Belge a été la révélation de la deuxième sortie olympienne en Ligue des Champions, dans un match « où nous avons exécuté le plan et nous sentions bien », enchaîne-t-il. Il retient de cette soirée « que nous avons démontré que, dans ce groupe, tout le monde peut s’entendre avec tout le monde ».

    L’écueil néerlandais passé, l’OM en aborde un nouveau. Avec un voyage à Metz dont se méfie tout particulièrement Roberto De Zerbi. « C’est encore un gros match qui nous attend », note-t-il. L’Italien ne tient pas compte du classement des Lorrains. « Ce sera très compliqué et nous devrons bien jouer, éviter les risques inutiles et marquer quand ce sera possible », insiste-t-il.

    Ce sera pour son équipe un troisième duel face à un promu. Dans les deux premiers, face au Paris FC et Lorient, l’OM avait su gérer et s’offrir des victoires importantes au Vélodrome. Cette fois, c’est en Moselle que son équipe entame un mois d’octobre que l’entraîneur marseillais qualifie « de charnière de notre saison, avec des matches difficiles qui nous attendent, et Metz en fait partie ».

    Des retouches sont à nouveau prévues par rapport au onze face à l’Ajax, face à un adversaire qui ne facilitera pas la tâche de ses ouailles. « Nous nous sommes préparés avec sérieux et personne ne pense que ce sera facile », indique Arthur Vermeeren. Tandis que Roberto De Zerbi rappelle « qu’un match se gagne aussi avec les remplaçants ». Comme ce fut le cas à Strasbourg, lors de la précédente journée.

    Metz veut enfin réveiller le Graoully

    Remontés en Ligue 1 au printemps dernier, les Lorrains aimeraient sortir de l’ascenseur.

    Lors des quatre dernières saisons, ils ont fait le yo-yo. Une saison en Ligue 2, une autre en Ligue 1. De quoi agacer leurs supporters et fragiliser un club qui court après son passé, avec notamment son exploit en Coupe des coupes, lorsque Metz avait éliminé Barcelone, en allant s’imposer 4-1 au Camp Nou, il y a 41 ans, à un jour près.

    Les Grenats, qui s’apprêtent à affronter l’OM, ce samedi après-midi, espèrent avant tout surfer sur le nul arraché contre Le Havre, lors de la précédente journée. Avec seulement 2 points, les Mosellans occupent actuellement la dernière place de la Ligue 1 et commencent à voir s’éloigner les équipes qui les devancent, car Nantes, Angers et Le Havre en comptent 5.

    Leur objectif sera de raviver la flamme d’un Graoully, emblème du FC Metz, qui semble encore profondément assoupi dans sa tanière, quelque part sous la gare SNCF.

  • « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    « Je peux quitter le conseil, le raviérisme n’est pas mort »

    Benoît Payan pouvait bien se placer au-dessus de la mêlée, en ouverture du conseil municipal de Marseille ce vendredi matin. « Les mots, les actes nous engagent, parce que nous sommes des élus de la République », invitait l’édile depuis la tribune, rappelant aussi bien la période de réserve électorale que les menaces de mort dont il avait fait l’objet, pour avoir simplement mangé un couscous à Noailles.

    Un vœu pieux dans un hémicycle recomposé. À droite, l’ex-maire (Ren.) des 9-10 Lionel Royer-Perreaut est absent, après avoir annoncé son départ de la vie publique et la dissolution de son groupe, dont les élues siègent maintenant avec les troupes de la candidate Martine Vassal. Sans Hayat Atia et Aurélie Falek, qui ont claqué la porte en dénonçant une dérive « vers l’idéologie de l’extrême droite ». Stéphane Ravier (ex-RN) en revanche est bien présent, après avoir annoncé la veille qu’il ne serait pas candidat aux prochaines municipales, ouvrant la voie au RN qui saluait « un geste extrêmement fort ».

    Complotisme antisémite

    Pas de quoi l’inciter au silence. Après les premières escarmouches de la droite sur le coût de l’Été marseillais, le château de la Buzine ou l’état du centre-ville, il n’aura fallu qu’à peine une demi-heure pour que le sénateur vienne mettre les pieds dans le plat. Une de ses diatribes habituelles, au gré d’une attribution de subventions, pour s’attaquer à une supposée « xénophilie suicidaire qui envoie un message aux candidats à l’immigration ». Mais en virant jusqu’au complotisme antisémite cette fois, désignant l’ONG SOS Méditerranée comme « Soros Méditerranée ». Il est rapidement interrompu. « Beaucoup de fake news existent contre Monsieur Soros en raison de sa religion, notamment celle que vous venez dire », le reprend vertement Benoît Payan, après avoir exigé son départ de l’hémicycle. Cette fois, Stéphane Ravier reconnaît son erreur.

    Mais la porte est ouverte. Vingt délibérations plus tard, le RN est fidèle à lui-même en accusant la majorité de « subventionner la submersion migratoire ». Mais dans la foulée, c’est la sénatrice (LR) Valérie Boyer qui accuse la municipalité d’avoir fait de Marseille « la capitale de l’immigration illégale ». Refusant une subvention de 130 000 euros à SOS Méditerranée, « cette organisation par laquelle arrivent dans nos rues la misère et l’errance ». Et s’opposant avec l’extrême droite au contrat territorial d’accueil et d’intégration à 630 000 euros pourtant signé avec l’État. Au fond de la salle, Stéphane Ravier jubile. Et crucifie la droite : « Je peux quitter le conseil municipal, le raviérisme n’est pas mort. »

    En tribune, Benoît Payan proteste. « Est-ce que vous savez combien de personnes ont été débarquées par SOS Méditerranée à Marseille ? Zéro. » « Nous avons entendu les représentants de la droite et de l’extrême droite dire que notre humanisme était mauvais parce qu’il permettait de vivre dans une forme de misère, ajoute l’adjointe (PCF) aux solidarités, Audrey Garino. Mais lorsque nous contractualisons avec l’État pour leur intégration, ils votent contre ! »

    Peu importe : la porte désormais ouverte dans les 9-10, le risque de la dispersion des voix écarté, le RN n’a qu’à dérouler, pendant que la droite surenchérit pour espérer reprendre leur électorat. « Arrêtez de les singer, les gens préféreront toujours l’original à la copie », avertit Benoît Payan. Au fond de la salle, le lepéniste de la première heure Bernard Marendat applaudit des deux mains.

  • La science en fête autour des intelligences

    La science en fête autour des intelligences

    « En 2024, la Fête de la science Paca a accueilli plus de 122 000 personnes. Cette progression continue de la fréquentation, lors des événements organisés au fil des années, démontre un intérêt croissant pour les enjeux scientifiques », présente Khaled Bouabdallah, recteur délégué pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, lors de la conférence de presse.

    Il poursuit : « cette belle réussite est le fruit du travail des acteurs du territoire, avec une gouvernance partagée entre l’état et la Région. Depuis 2022, 75 projets ont été soutenus, avec un budget de 830 000 euros. La programmation a été élaborée par l’ensemble des universités, des grandes écoles, des organismes de recherche et des acteurs du réseau culture scientifique, sous le pilotage régional des Petits débrouillards Paca. »

    Cette année, la Fête de la science invite à douter et à redéfinir ce que signifie être intelligent, au-delà des frontières humaines. Comment repenser notre regard ? Pour Jean-Luc Parrain, délégué régional académique à la recherche et à l’innovation, plus de doute : « L’intelligence, qui semblait réservée à l’humain pendant longtemps, se manifeste aujourd’hui de multiples manières et défie notre pensée. Les dernières avancées montrent qu’elle existe sous des formes aussi variées que nuancées : du comportement des cellules aux prouesses cognitives des animaux, jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle (IA). »

    Ce vendredi 3 octobre, un nouveau format, la Nuit de la science, a été proposée en nocturne dans plusieurs villes comme Marseille (13), Valbonne (06) et Avignon (84). Et ce n’est qu’un début : plusieurs formats de grande envergure suivront.

    Tout au long de l’année, les sciences sont mises en avant dans les classes, grâce à des rencontres entre scientifiques et élèves de la région. Des interventions dans les classes mises en place dès ce 3 octobre. L’immunologie, qu’est-ce que c’est ? C’est quoi le métier d’un chercheur ? Et si les matériaux pouvaient penser et réagir ? Que sait-on de la lumière ?Autant de questions dont les élèves pourront découvrir les réponses grâce aux interventions préparées par les chercheurs participants.

    Depuis 5 ans, les Visites insolites du CNRS (Centre national de la recherche scientifique) en Provence et Corse proposent, chaque année, des expériences uniques, en groupe restreint, au cœur des laboratoires. En 2025, neuf d’entre eux ouvrent leurs portes. L’occasion d’en savoir plus sur les recherches, comme avec le Labo des minots, qui propose de découvrir le Babylab, à travers des ateliers ludiques sur les capacités cognitives, motrices et cérébrales du bébé. D’autres visites permettront d’explorer les défenses immunitaires du corps humain face aux agressions extérieures.

    Enfin, les Villages des sciences seront présents dans chaque département de la région, avec des animations et des découvertes pour tous les publics.

    Pour plus d’informations consultez fetedelascience.fr

    SÉLECTION POUR CE WEEK-END

    Les 1 001 fresques à Marseille

    Fresque géante, les 1 001 fresques, réalisée sur la place Bargemon, samedi lors de deux sessions, à 10h puis 14h30. Un atelier scientifique et collaboratif qui permet de comprendre les causes et les conséquences du dérèglement climatique.

    Des sciences naturelles à Aix

    Y a-t-il de la vie ailleurs ? Une des propositions du Muséum d’histoire naturelle qui orchestre le village, dans le parc Saint-Mitre, ouvert au grand public samedi et dimanche, de 10h à 18h.

    L’eau dans l’univers à Martigues

    La fameuse molécule H2O est présente partout dans l’Univers. Quand et comment s’est-elle formée, quel a été le rôle des étoiles dans son apparition ? Les réponses dans une conférence de Martial Aude, ce samedi à 15h, à la médiathèque Louis-Aragon.

    L’intelligence des animaux à La Seyne-sur-Mer

    Escape game sur l’intelligence des animaux de la mer : à faire par groupe de 10 et à partir de 6 ans au village des sciences, qui se déroule samedi et dimanche de 10h à 17h, au parc de la Navale. Parmi une foule d’autres propositions.

    L’adaptation des plantes à Carpentras

    Comment les plantes se sont adaptées au fil de l’évolution pour attirer plus d’insectes et mieux disséminer leurs graines : une conférence samedi de 14h à 16h, à l’office du tourisme de Carpentras.

    L’astronomie à Avignon

    Diaporamas, photos, quiz, maquettes, puzzles… tout pour découvrir de façon ludique les principaux éléments de l’astronomie. Un atelier proposé par Pesco Luno au village des sciences, installé place de l’Horloge et dans le péristyle de l’Hôtel de ville, ce samedi 4 octobre. Au total, 30 stands sont proposés.

    L’intelligence collective des mineurs à Tourves

    De quelle manière un mineur peut se repérer au fond d’une mine ? à découvrir au travers des yeux des scientifiques dans un atelier proposé par le musée des Gueules rouges, ce samedi à 14h.

  • Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Des parlementaires en prise avec la réalité carcérale

    Une visite inopinée. Comme leur fonction de sénateur les y autorise, Jérémy Bacchi (PCF) et Marie-Arlette Carlotti (PS) se sont rendus ce vendredi 3 octobre aux Baumettes à Marseille (9e). « Il y a une grogne sociale y compris des agents pénitentiaires, qui alerte sur la surpopulation carcérale, et les conditions d’accueil des détenus, d’hygiène, il me semblait important en tant que parlementaires de venir constater par nous-mêmes », explique Jérémy Bacchi. À ses côtés, Marie-Arlette Carlotti rappelle combien ses visites ont apporté dans le travail de la commission narcotrafic dont elle a fait partie.

    Avec une capacité de 710 places, Baumettes 2 accueille actuellement 1 185 personnes leur indique le directeur de l’établissement, Jean-Marie Landais, qui compte sur les 740 places supplémentaires que devrait débloquer la construction de Baumettes 3 prévue pour la fin de l’année. « Le taux d’occupation, à 166% en moyenne, est très haut partout, il atteint ici 195 à 200% », précise-t-il, 40 détenus hommes dormant sur un matelas.

    À 3 dans 10m2

    Devant un tableau fourmillant de fiches de couleurs, le capitaine pénitentiaire du « quartier hommes 2 » raconte le jonglage au quotidien pour répartir au mieux les occupants : 324 personnes pour 150 places. « Il faut trouver un équilibre, isoler ceux qui ont des troubles du comportement, les gens dangereux, séparer condamnés et prévenus », explique-t-il. Parce que « 9 mètres carrés, ce n’est pas fait pour trois personnes », estime-t-il, « on essaie de gérer la frustration, je reçois beaucoup de monde, on discute, on essaie de trouver des solutions ».

    Parmi eux, trois grands gaillards témoignent volontiers depuis leur cellule impeccablement rangée : « On s’entend bien heureusement » et « on est organisé, on tire le matelas le soir pour dormir. » L’un travaille à la cantine, distribuant les achats des détenus. « Cela m’a changé la peine » confie-t-il. Un autre, embauché à la lingerie, acquiesce. Il va « bientôt sortir ». À Jérémy Bacchi, qui leur demande comment ils vivent la promiscuité, ils répondent « faire avec », résignés.

    À l’étage, les sénateurs découvrent l’hôpital de jour ou le centre médico-psychologique, où consultent 40% des détenus dont « un bon gros tiers sont atteints de maladies psychotiques », confirme la responsable de service. Au sein de cette équipe soudée, de soignants expérimentés, on constate combien « les soins psychiatriques ont beaucoup augmenté ».

    De quoi conforter le sénateur communiste dans son analyse. « La réalité fait froid dans le dos », conclut-il, « l’ouverture des Baumettes 3 doit être entre guillemets, un signe d’espoir, espérant que cela dure ».

  • Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    Le souvenir de la guillotine vit au Mucem

    « Quand je l’ai vue dans la cour de la prison de la Santé, sous le dais noir, avec ses grands bras maigres, dressée vers ce dais, elle avait l’air d’une espèce d’idole, sanglante, qui attendait sa ration de mort. Maintenant, c’est une pièce de musée. Tout est dit ». Inscrite sur un cartel de l’exposition permanente du Mucem, « Populaire ? », cette déclaration de Robert Badinter, en 2010, porte sur une guillotine construite en 1872 par Alphonse-Léon Berger pour remplacer un modèle détruit pendant la Commune de Paris, et qui sommeillait dans les réserves du Mucem.

    Voilà désormais le monstre froid installé au sein du parcours, à l’occasion de la panthéonisation de Robert Badinter – l’ancien Garde des Sceaux ayant porté la loi de l’abolition de la peine de mort en 1981 – qui doit avoir lieu le 9 octobre. La guillotine n’avait auparavant été montrée qu’à trois reprises : en 2010 au musée d’Orsay, en 2013 à l’ouverture du Mucem et en 2019 aux Baumettes. L’espace sera ouvert ce jour-là au public gratuitement.

    « Cette guillotine témoigne à la fois de ce qu’était la peine capitale, mais surtout du combat pour l’abolition », rappelle Pierre-Olivier Costa. Le président du Mucem développe : « Robert Badinter a choisi de la donner en 1982 au Musée des arts et traditions populaires, dont le Mucem est l’héritier, pour la faire entrer dans le patrimoine commun comme un objet qui n’a plus d’usage et qui n’en aura plus. Avec la condition de ne pas la montrer au public avant 20 ans, car il connaissait la charge émotionnelle liée à ce débat. À l’époque, une majorité de Français était encore pour la peine de mort ».

    4,50 m et 900 kg

    Armature glaçante faite de bois et de métal, le couperet de la guillotine exposée semble prêt à tomber à tout moment. Mais, fort heureusement, figé en l’air pour un long moment grâce à l’action de Robert Badinter. Elle convoque le souvenir selon lequel son arrêt a été le fruit d’une lutte, comme le suggère la séquence dans laquelle elle est exposée, intitulée « Peuples en mouvement ». Une section qui souligne les « avancées sociales et sociétales » dans l’hexagone, parmi lesquelles « la grève et la réduction du temps de travail » entre 1936 et 38, ou la promulgation de la loi autorisant le mariage pour tous en 2013.

    Au centre de cette pièce, trône la bête à la lame, 4,50 m de hauteur et 800 kg. « Cette guillotine a été beaucoup utilisée pendant la Deuxième Guerre mondiale, notamment pour mettre à mort des résistants », souligne Pierre-Olivier Costa, tout en précisant : « A priori, elle n’a pas été utilisée pour la dernière exécution en France, en 1977 » [celle d’Hamida Djandoubi, exécuté aux Baumettes, Ndlr]. Mais une deuxième guillotine, « itinérante pour aller en Province », indique la directrice scientifique et des collections du Mucem, Marie-Charlotte Calafat, « est toujours dans nos réserves. Elle n’a jamais été montée, car il lui manque des pièces, notamment des écrous et boulons. C’est certainement celle qui a été utilisée pour Christian Ranucci », lui aussi condamné à la peine capitale aux Baumettes.

  • Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Tournée militante de syndicalistes équatoriens

    Qui mangent des bananes ? ». Dans la salle du Manifesten à Marseille, toutes les mains se lèvent après la question posée par José Barahona, membre de l’Association syndicale des travailleurs agricoles et des paysans (Astac) de la banane. « 30% des bananes vendues viennent d’équateur, donc il y a de fortes chances pour que vous en consommiez », continue-t-il. Une production qui cache des conditions de travail terribles pour les ouvriers agricoles que sont venus dénoncer José Barahona et Diana Montoya Ramos, deux syndicalistes d’Astac, à Marseille, mercredi, et à Aubagne, ce vendredi à 18h30 au cercle d’harmonie.

    S’ils sont en Europe, ce n’est pas un hasard. La semaine passée, leur syndicat, l’ONG Action Aid et la fédération internationale des droits humains ont déposé une plainte contre l’État équatorien auprès de la Commission européenne. En jouant sur un accord commercial passé entre le pays et l’UE, ils dénoncent le non-respect des droits des travailleurs, pourtant imposé par l’un des articles de l’accord. « Le but c’est d’utiliser tous les outils possibles pour faire pression sur l’État équatorien », explique Chloé Rousset, chargée de campagne Dignité au travail & Régulation des multinationales à Action Aid.

    « L’ami des entreprises »

    « En équateur, on a essayé tous les mécanismes législatifs possibles, mais aucun gouvernement ne veut aider les travailleurs », se désole Diana Montoya Ramos, membres d’Astac. Son camarade, avocat de profession, rappelle que l’actuel président, Daniel Noboa, est le fils d’un magnat de la banane. « Le ministère du travail est l’ami des entreprises », insiste-t-il. Ils sont 2 millions à travailler autour de l’industrie de la banane, sur les 18 millions d’habitants.

    Les conditions de travail dans la branche y sont pourtant terribles. La plupart des travailleurs dans les champs n’ont pas de contrat de travail. Une situation qui les rend précaires, avec des salaires très bas pour des horaires importants, détaillent les syndicalistes. L’absence de contrat rend également difficile l’accès à la retraite ou à un avocat en cas d’abus de la part des employeurs. L’utilisation du mancozèbe comme pesticide, qui est interdit au sein de l’Union européenne à cause de sa toxicité, aggrave également la santé des travailleurs. « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides », s’alarme l’avocat. La fumigation de pesticide, c’est-à-dire le largage de pesticides par avion, est autorisée en équateur.

    Droits syndicaux piétinés

    Face à ces conditions difficiles, l’organisation en syndicat des travailleurs, pourtant protégée par la constitution équatorienne, est presque impossible. Diana Montoya Ramos en a fait les frais. Ancienne comptable dans une exploitation de bananes, elle a été virée après avoir essayé de monter une branche d’Astac au sein de son entreprise. Les contrats informels rendent également compliquée la syndicalisation car il faut au moins 30 salariés sous contrat pour monter une organisation. Une situation devant laquelle le ministère du travail ferme les yeux. « Il avait refusé la création d’un syndicat dans une entreprise qui exploite 160 hectares, car seules 4 personnes étaient déclarées… Ils ne peuvent pas ne pas savoir. »

    Face à ces conditions, le syndicat souhaite la création d’un label avec un cahier des charges décidé par les travailleurs, assurant que les bananes consommées ont été produites en respectant les droits humains.

    « Ils se prennent littéralement des bains de pesticides »