Tag: Marseille

  • Narcotrafic : le Printemps marseillais cible Delogu

    Narcotrafic : le Printemps marseillais cible Delogu

    À travers un communiqué ce mercredi soir, le Printemps marseillais « exige des explications immédiates de Sébastien Delogu » après la publication d’un article du Canard enchaîné, de « nouvelles révélations d’une extrême violence », estime la majorité municipale sortante. L’hebdomadaire satyrique révèle en effet que, selon plusieurs sources judiciaires, le nom du député insoumis apparaît dans une enquête ouverte le mois dernier à Aix-en-Provence. Alors que deux personnes avaient été interpellées lors d’une intervention pour démanteler un point de deal, l’examen du téléphone d’un des suspects a dévoilé des échanges très réguliers avec le candidat Insoumis avec l’évocation à plusieurs reprises de livraisons de « colis », expliquent nos confrères.

    « Manœuvre électorale »

    « Il n’y a absolument rien de concret ou matériel dans ce qui est dit, c’est de la rumeur pour déstabiliser à l’approche d’une élection ! » s’indigne auprès de La Marseillaise l’entourage du parlementaire, qui estime qu’il s’agit là d’une nouvelle offensive médiatique contre les Insoumis. Et d’ajouter que « le Printemps marseillais se déshonore à suivre les manœuvres de Franck Allisio [le candidat du RN, Ndlr.] ». L’extrême droite dès la matinée avait bondi sur la nouvelle pour réclamer des tests de dépistage pour tous les candidats.

    « Dans notre ville ensanglantée par le narcotrafic et alors que la Commission nationale des comptes de campagne et des formations politiques alerte sur le risque d’ingérence des narcotrafiquants dans la campagne des municipales, toute forme de lien avec eux doit être combattue et condamnée avec la plus grande fermeté », insiste de son côté le Printemps marseillais.

  • [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    [Entretien] Alain Soultanian : « Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance »

    La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur l’Olympique de Marseille, cinq ans après avoir quitté le club ?

    Alain Soultanian : Les temps ont changé. Aujourd’hui c’est une autre époque à laquelle je ne me suis pas adapté. Pourquoi ? Parce que mon travail je l’ai toujours fait de la même façon, mais j’ai toujours travaillé dans une certaine forme d’affect. Aujourd’hui tout est scindé. Il y a l’administratif, la direction, les joueurs, l’entraîneur, et une institution qui s’appelle le médical, mais qui est totalement à part et qui n’est pas mélangée à tout le reste. Alors qu’avant, nous étions une grande famille, où tout le monde se connaissait, tout le monde se côtoyait, on faisait des grands repas ensemble, pour que ceux qui ne se connaissent pas fassent connaissance, et ça facilitait les rapports, ce qui fait que le bateau allait toujours dans la même direction. Aujourd’hui c’est quelque chose que je ne reconnais plus, qui existe peut-être encore, mais que moi je ne reconnais plus. Et je répète, ce n’est pas péjoratif, c’est un constat personnel. Mais aujourd’hui avec l’OM j’ai mal et je souffre. Je souffre parce que je vois mon club, notre club, en souffrance, parce que c’est le club de tout Marseille. Je regarde beaucoup de matches à la télé, et sur deux heures de match, je passe la dernière demi-heure debout, et je fais le tour du canapé, les yeux fixés sur la télé, parce que je ne tiens pas en place, parce que j’ai peur, parce que je sais qu’on a l’habitude de prendre des buts en fin de match, et qu’un match n’est jamais terminé. On n’a pas de tranquillité.

    Même si vous ne faites plus partie de la maison olympienne désormais, comment analysez-vous la gestion des joueurs du point de vue médical ? Est-ce que les entraîneurs sont vigilants sur le côté prévention ?

    A.S. : S’il n’y a pas une étroite collaboration entre le chef d’un service médical et le chef d’un service technique, c’est compliqué d’arriver à un résultat positif. Il faut se parler, il faut expliquer et il faut argumenter pourquoi je pense que tel joueur ne devrait pas jouer ce match-là parce que nous, on sait peut-être qu’il a des problèmes familiaux qu’on ne va pas dévoiler, mais on va faire comprendre que ça serait bien qu’il ne joue pas parce qu’il n’est pas bien dans sa tête. Je prends le cas de Rulli. Tout le monde voit que Rulli qu’aujourd’hui n’est pas le même qu’avant la trêve. Ce garçon, il a peut-être des problèmes internes qu’on ne connaît pas. Il se confie certainement à certaines personnes qui savent. Mais ces personnes-là ont peut-être peur de dire à l’entraîneur ou au directeur sportif qu’il a des problèmes et qu’il faudrait peut-être le mettre sur la touche pendant deux ou trois matches pour qu’il se refasse une santé, mentale surtout. Parce que je pense que son problème est plutôt mental qu’autre chose. Je sais qu’il y a des joueurs qui vous disent je ne suis pas bien, ça ne va pas avec ma femme, ou j’ai le bébé qui est malade, il doit rentrer à l’hôpital. Ce joueur-là ne va pas forcément s’étaler devant tout le monde. Je ne suis ni entraîneur, ni préparateur physique, mais mon expérience me fait dire que nous sommes des confidents. C’est-à-dire qu’on enregistre certains messages que les joueurs nous font passer, on essaie de les récupérer mentalement comme on peut, mais il faudrait pouvoir avoir aussi la possibilité d’avoir un dialogue direct avec l’entraîneur. Et non pas simplement bonjour, au revoir, alors son genou, comment il va ? Son dos, comment va-t-il ? Son épaule, ça en est où ? Il faut une cohésion. Je ne sais pas comment ça se passe aujourd’hui. Moi, ce que je sais, c’est que quand il y a la cohésion, il y a un dialogue, il y a des échanges, et de ça ressort quelque chose de positif. Vous constaterez que dans tous les sports, que ce soit la natation, le cyclisme ou le tennis, ils ont tous un suivi psychologique. Demandez à Djokovic s’il n’a pas un préparateur mental.

    Tout le monde n’a donc pas le bagage mental nécessaire pour s’imposer à l’OM, selon vous ?

    A.S. : Il y a des joueurs qui dans leur tête peuvent jouer à Marseille, peuvent jouer à Naples, peuvent jouer à Liverpool, peuvent jouer à Manchester, peuvent jouer au Bayern Munich. Dans leur tête, ils sont prêts. Il y a des joueurs qui sont faits pour jouer à Toulouse, qui sont faits pour jouer à Nantes, qui sont faits pour jouer à Bordeaux ou à Lille, mais pas pour Marseille. Quand vous avez les Carlos Mozer, quand vous avez des Basile Boli, Eric Di Méco, Manuel Amoros, Franck Sauzée, Bernard Pardo, Jean-Pierre Papin, Klaus Aloffs, Karl-Heinz Forster dans l’équipe, mais vous craignez quoi ? Ils ne vont rien lâcher les mecs. Ils ne vont rien lâcher.

    Vous citez principalement des joueurs qui ont connu les grandes années olympiennes. L’un des grands moments reste cette malheureuse finale européenne perdue à Bari face à Belgrade…

    A.S. : Dans le vestiaire, tout le monde est en pleurs, moi y compris, parce que moi je suis une pleureuse, je suis très émotif, et la déception l’emporte, mais tout le monde était en pleurs. Et je vais voir Franz Beckenbauer, qui était un peu à l’écart avec son adjoint, Holger Osieck, et je lui dis, mais Franz, comment on fait pour perdre ce match ? Et la réponse c’est, on perd ce match, parce qu’on ne joue pas pour le gagner, on joue pour ne pas le perdre, justement. On a joué petit bras. On était tellement sûr de la gagner, que je pense que les joueurs se sont dit, la veille déjà, ils se voyaient en train de soulever la coupe, et au moment du match, ils ont dû avoir quelque part une réflexion, en se disant, pourvu qu’on ne prenne pas un but, ça va tout foutre en l’air. Donc, ça les a inhibés quelque part. Et on est allé jusqu’aux tirs au but, et on connaît la suite, on perd ce final aux tirs au but. Mais, cette défaite nous rend plus forts. Chaque défaite rend plus forts. L’année d’après, 92, c’est l’année où on digère la déception de l’année précédente, et puis arrive 93. Et là, en 93, les joueurs n’ont plus la même attitude. Ils n’ont plus du tout la même attitude. Ce sont des monstres qui ont déjà l’expérience de la défaite, et ils se disent, là, on n’a plus rien à perdre, on va tout donner. Et on va jouer. Et on a gagné. Contre l’équipe la plus forte, peut-être, du monde à cette époque-là. Comme quoi, le football, c’est aussi dans la tête.

    Cette époque est notamment marquée par la présidence de Bernard Tapie. Quel homme était-il à vos yeux ?

    A.S. : Je me félicite d’avoir connu un tel personnage. C’est quelque chose qu’on rencontre une fois dans sa vie. Le charisme, ce n’est même pas la peine d’en parler, parce que c’est reconnu de partout. Mais c’était quelqu’un, je pense, qui savait y faire. Et pour ce qui est, je parle de mon cas, j’ai toujours gardé mes distances avec lui. Je ne l’ai jamais tutoyé, contrairement à d’autres qui l’appelaient Bernard. Moi c’était bonjour Président, au revoir Président. Et quand il arrivait souvent, comme je me souviens d’une fois à Moscou, je suis en train de fumer ma clope sur le parvis de l’hôtel où nous étions à Moscou, et on venait de finir le repas, et il monte les escaliers, il me voit, il vient, il me donne un coup d’épaule, il me dit ça va ma poule, comment ils sont ? Et je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit tu crois qu’il faut que je leur parle ? Je le regarde et je lui fais la moue. Il me dit ça va j’ai compris. Il a fait ce qu’il fallait, il les a ouverts en deux. Et après il savait aussi les remercier. Mais c’était un patron, un vrai patron. Quelqu’un à qui on ne peut pas manquer de respect. Pendant toute cette période où il était à l’OM, il nous a régalés à tous, les supporters, le staff, on était tous heureux de travailler. C’est quelqu’un d’unique, j’en ai pas connu deux comme lui. Quelquefois, dans une discussion, vous sentez qu’il est en train de vous mener en bateau. Et vous dites toi tu es en train de me mener en bateau, mais surtout continue parce que tu es en train de me régaler.

  • Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Médina, le soldat fidèle (re)devenu incontournable

    Avec Facundo Médina, c’est blanc ou noir. Soit on adore sa grinta, soit on déplore son excès d’engagement parfois agaçant. Mais peu importe dans quel camp on se trouve, on ne peut que reconnaître sa très bonne prestation face au Stade Rennais. Présent au rendez-vous comme dernier rempart défensif, en réalisant un marquage très efficace sur l’avant-centre breton Esteban Lepaul – soit dit en passant le troisième meilleur buteur de Ligue 1 cette saison avec neuf buts – le défenseur central international argentin a également apporté sa pierre à l’édifice offensivement en relançant proprement et sans trembler.

    Lieutenant de choix du capitaine Balerdi

    Pour sa sixième titularisation de suite, lui qui a longtemps été blessé à la cheville dans la première partie de saison, « Facu » trouve enfin de la régularité dans ses performances. Avant d’être indisponible pendant un peu plus de deux mois, l’ancien lensois affichait une réelle volonté de s’imposer dans cette charnière centrale olympienne, avec des matches plus que cohérents lors des victoires à Strasbourg (1-2) et face à l’Ajax (4-0).

  • Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    Un espace mobile pour dépister le cancer dans les Bouches-du-Rhône

    La camionnette « Au fil de la Ligue », garée sous le soleil de la place Jules Guesdes, à Marseille, a été inaugurée ce mardi, à la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer. Les représentants du projet ont coupé le ruban, ouvrant les routes des Bouches-du-Rhône à ce véhicule décoré à l’effigie de la Ligue contre le cancer.

    En ralliant trois communes par semaine, dans « les marchés, sur les plages ou dans les entreprises », la camionnette est un « nouvel outil pour aller là où sont les gens, les rencontrer dans leur lieu de vie » notamment « ceux qui manquent d’information, isolés », détaille Magali Maugeri, directrice générale de la Ligue contre le cancer des Bouches-du-Rhône.

    En commençant par le marché de Gardanne le vendredi 6 mars, cet espace mobile de prévention parcourra le département, avec des missions de prévention et de dépistage. Avec une psychologue, une onco-esthéticienne et une médecin interne à son bord, les habitants pourront être sensibilisés à l’importance du dépistage, dans une région où le cancer est la première cause de mortalité. Pour Michelle Philip, retraitée et bénévole depuis 4 ans au sein de la Ligue, la camionnette « est magnifique, et va permettre d’aller au plus près des gens, partout », chose importante car « le cancer touche toutes les familles, tous les environnements possibles ».

    « Au plus près du dépistage »

    Le dépistage précoce d’un cancer permet très souvent un meilleur traitement, moins lourd et avec plus de chances de guérison. Or, sur les traitements des cancers du colon ou de la prostate, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur constate un retard de 20 à 25 points par rapport aux autres régions, en raison d’un « manque de prévention sur le dépistage, sur lequel il nous reste encore des choses à faire », insiste Renaud Muselier, président du conseil régional PACA. Ambition régionale donc que de travailler à une meilleure prévention, « faire en sorte d’être au plus près du dépistage ».

    Mais pour se faire dépister, il faut oser. La peur de connaître le diagnostic freine : un sondage réalisé par l’IFOP pour Biogroup à l’occasion d’octobre rose en 2025 montre qu’une personne sur deux interrogées redoute le dépistage, quand 12% renoncent à la démarche. Justement, Charlotte Douchet, responsable de la prévention au sein de la Ligue, affirme qu’il s’agit bien « d’être disponible, d’aller contre les peurs des personnes ». En se rendant dans « des lieux retirés ou populaires, pour aussi aller vers des personnes qui ont moins accès à l’information », la camionnette est une tentative de généraliser le dépistage dans le département.

    Ainsi, c’est avec le soutien de la première région française à avoir adopté un « Plan cancer » que la Ligue souhaite rendre accessible sa connaissance de la maladie. Déjà pionnière, la branche des Bouches-du-Rhône, qui accueille entre 650 et 700 personnes par mois dans ses centres, lutte notamment contre les déserts médicaux. La camionnette « Au fil de la ligue » rejoindra donc des communes isolées, dans lesquelles les rendez-vous médicaux sont parfois longs à obtenir.

    Rendre la santé mobile est une manière de généraliser l’accès au soin et à l’information. Si la camionnette n’a pas encore entamé son périple, Renaud Muselier est confiant : en 2020, la région avait développé une camionnette de vaccination et de tests Covid, qui avait « très bien fonctionné ». Selon lui, « pour un développement harmonieux de la région, il est nécessaire de lutter contre les déserts médicaux, d’aller vers les habitants dans les lieux où il y a moins de médecins ».

  • Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Quand les mécènes soutiennent l’action sociale

    Cinq structures sont soutenues financièrement par le Fonds de dotation de Marseille, initié par des entrepreneurs pour mettre en œuvre des actions destinées à réduire la frature sociale sur le territoire. La 3e édition de leur gala « à jamais solidaires ! » se déroule le 30 mars pour récolter des fonds.

    A chacun son domaine pour favoriser l’égalité des chances : la cuisine du bouillon de Noailles, le Rugby club marseillais côté sport, Castelife pour l’entreprenariat, l’accès à la culture par Action Bomaye reliant l’éducation et la réinsertion, deux vecteurs aussi soutenus par Ambition 360.

    Vecteur de cohésion

    Certains représentants d’associations ont été poussés par leur histoire personnelle, à l’image d’Ismaël Cousin, le directeur d’Action Bomaye. Déscolarisé à 17 ans, placé en foyer, il sert aujourd’hui d’exemple aux minots tout en dressant un constat alarmant : « des jeunes de 7 à 10 ans souhaitaient être livreur plus tard », se désole-t-il… Il faut « casser le plafond de verre », lance-t-il, pour favoriser l’égalité des chances et que ces jeunes développent des ambitions.

    Le Fonds de dotation de Marseille, créé en 2019, a déjà soutenu une cinquantaine de projets grâce à plus de 600 000 euros collectés. Ce collectif d’entrepreneurs appelle à les rejoindre, comme l’a fait, fin 2025, Cécilia Barontini, ancienne cadre de l’OM : « j’avais coutume de dire, à tort, que l’OM était le seul vecteur de cohésion sociale », avant de découvrir ce projet. Sa participation présage l’arrivée « d’anciens bleu et blanc », comme celle de l’ancien défenseur de l’OM Eric Di Meco déjà annoncée. Cet invité d’honneur présidera d’ailleurs le Gala 2026.

    Plus de 100 mécènes, 10 000 euros défiscalisables par table, et un menu en 6 actes présenté par les Toques Françaises. Le Gala 2026 s’ouvrira le 30 mars. Avec pour principal enjeu de donner de la visibilité aux cinq associations et de la montée des « enchères » pour les investissements des mécènes et de leurs invités.

  • Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Face aux trafics, Benoît Payan en tribun au tribunal

    Dans la salle d’audience du palais Monthyon, la publication du sénateur (LR) des Bouches-du-Rhône Stéphane Le Rudulier est lue, répétée de nombreuses fois. « Il y a un sentiment d’impunité à Marseille, son maire de gauche est du côté des trafiquants et refus de froisser son électorat communautaire. Il rend la ville otage du communautarisme, de la racaille du foot et des trafiquants », écrivait l’ex-maire de Rognac le 4 novembre 2023 sur le réseau social X pour relayer son entretien auprès du Figaro. Des propos qui avaient conduit le maire (DVG) de Marseille à déposer plainte contre lui, tandis que le parlementaire promettait par communiqué d’en faire autant. Sans aller jusqu’au bout.

    Deux ans et demi plus tard, le sénateur ne s’est pas rendu à l’audience. Mais Benoît Payan, lui, est bien là. « Dans les fonctions que j’exerce, il m’arrive chaque jour de lire des choses plus ou moins diffamantes, difficiles. J’ai reçu un certain nombre de menaces de mort. Mais c’est la première fois que je dépose plainte pour injure et diffamation », témoigne-t-il à la barre. Il rappelle le contexte de cette année 2023, marqué par un triste record de « narchomicides », plus de cinquante au total. « J’ai toujours eu une attitude féroce face à ces hommes qui tuent et assassinent », assure l’édile. Avant d’interpeller : « On peut faire de la politique, on peut ergoter, je peux répondre. Là, nous avons dépassé tout ça. Ce n’est pas de la politique, c’est de l’injure. Je n’ai pas le sang des Marseillais sur les mains ! Même au-delà de l’injure, c’est insupportable : vous imaginez ce que c’est, de devoir annoncer à une mère que son fils a été tué par un trafiquant, et deux jours après lire ça ? Cela, je l’ai vécu. J’ai des limites, elles ont été allègrement franchies. » En face, le conseil du sénateur LR avance un contre-feu, face à l’enquête ouverte par le parquet après un signalement de l’ancien préfet de région concernant la Société publique des écoles de Marseille. « Ils m’ont dit hier qu’ils venaient, ça n’a aucun rapport », interrompt la procureure.

    « Écriture vipérine »

    L’avocat du maire, Me Pezet, en profite pour dresser le portrait du sénateur, ciblé dans une enquête préliminaire du parquet d’Aix pour sa gestion à Rognac, dénonce son « écriture vipérine », réclamant 10 000 euros de réparations. Stéphane Le Rudulier voulait dénoncer des « salles de shoot » inexistantes ? « La halte soins addictions doit se faire, elle se fera, j’en suis sûr », rétorque le ténor du barreau, après que le maire a rappelé que « Marseille a besoin d’avoir des “salles de shoot” ». En face, le conseil du sénateur souligne que « quand un tweet renvoie à un article, il doit être lu à la lumière de l’article ». Lequel dénonçait une responsabilité indirecte et ciblait surtout le moratoire sur la vidéosurveillance et l’implantation de haltes soins addictions. Il plaide l’erreur de qualification et la polémique politique, et donc la relaxe. La procureure de son côté s’en rapporte « à la sagesse du tribunal ». Délibéré le 7 avril.

  • [Entretien] Lionel Royer-Perreaut : « La droite et le centre sont trop faibles pour se payer le luxe d’une division »

    [Entretien] Lionel Royer-Perreaut : « La droite et le centre sont trop faibles pour se payer le luxe d’une division »

    La Marseillaise : Vous avez annoncé vous retirer de la vie publique, mais l’on vous voit très actif pour commenter la campagne. Vous comptez peser dans le scrutin ?

    Lionel Royer-Perreaut : J’ai annoncé mon retrait de la vie publique, mais siégeant au conseil municipal marseillais jusqu’au 22 mars, je considère avoir des responsabilités et des comptes à rendre jusqu’au terme de mon mandat. Et se retirer de la vie publique ne veut pas dire perdre sa capacité à penser, analyser, exprimer. Je me vois plus comme une sorte de vigie pour mes détracteurs : quand je dis que rien ne se passe à deux mois du scrutin, c’est un peu pour pousser les candidats à réagir.

    Martine Vassal est allée vous chercher pour faire sa campagne dans les 9-10, pourquoi avoir refusé ?

    L. R.-P. : Je n’ai pas fermé la porte de facto. Son directeur de cabinet m’a appelé un week-end, nous nous sommes vus le lundi, et nous avons parlé de façon très apaisée. Nous n’avons pas parlé du passé, mais de l’avenir, ce qui nous changeait des échanges antécédents. Mais je ne vais pas m’engager pour sept ans sur un programme avec lequel je serai en porte-à-faux : je suis contre la gratuité des transports, contre le tramway aux Catalans, contre le boulevard urbain sud / vert… Et sur la forme, sur les équipes, je sens que des choses peuvent ne pas me convenir. J’avais la possibilité de revenir, je ne le fais pas puisque je considère que la division n’est jamais une solution. La droite et le centre sont trop faibles pour se payer le luxe d’une division.

    Martine Vassal se disait être la seule en capacité de battre Benoît Payan, vous y croyez ?

    L. R.-P. : Elle est la seule dans le champ républicain à pouvoir battre Benoît Payan. Cette élection est atypique, il y a une forme de ras-le-bol. Mais des élections où le Rassemblement national était annoncé très haut, il y en a eues, et pourtant ça ne s’est jamais concrétisé. Il faut être relativement prudent, d’autant plus que beaucoup de choses sont proposées par le RN qui ne sont pas applicables. Quand Franck Allisio propose de décréter l’état d’urgence pour lutter contre le narcotrafic, c’est juste impossible puisqu’il est nécessairement limité dans le temps et l’espace. Laisser croire qu’on peut démanteler en profondeur le narcotrafic en limitant les déplacements pendant deux à trois semaines, c’est une gageure. Laisser croire que seules les personnes âgées pourraient avoir accès aux plages sur certains créneaux, pas un seul tribunal administratif ne le laisserait passer, c’est attentatoire aux libertés individuelles.

    Vous avez justement reproché à Martine Vassal de trop pencher vers cette extrême droite…

    L. R.-P. : Le discours a beaucoup oscillé, mais j’ai cru comprendre qu’elle ferait tout pour faire en sorte que le RN n’accède pas au pouvoir. Qu’il y ait un besoin d’ordre, c’est une évidence. Mais l’ordre, ce n’est pas le RN.

    Renaissance n’obtient à droite que deux têtes de liste, pas dans les secteurs les plus faciles. Comment l’observez-vous ?

    L. R.-P. : Il est certain que si j’avais été candidat, le sujet ne se serait pas posé. Je ne suis pas le négociateur, c’est compliqué quand vous avez une farandole de partis politiques qui ont tous leurs attentes. Je pense qu’une tête de liste dans un secteur réputé gagnable aurait été un gage de confiance supplémentaire. Attendons de voir la composition de la liste centrale, peut-être que le rééquilibrage se fera.

    Le Printemps marseillais se montre ambitieux dans les 9-10, Pierre Huguet peut l’emporter ?

    L.R.-P. : C‘est un secteur avec un socle de droite très affirmée, cela supposerait des triangulaires pour y arriver. Mais il y a une rupture générationnelle et dans le personnel politique. Quand vous observez le sort réservé à la droite en général, soit vous avez un maire qui est là depuis longtemps, qui fait bien le boulot, soit vous avez eu ce changement de génération, ou alors vous n’avez pas été en capacité de vous régénérer et vous subissez une fin de cycle politique et institutionnel. Cela avait été senti par la droite avec Une Génération pour Marseille. J’ai l’impression que cette ambition s’est perdue en cours de route. Ce qui me fait un peu mal, c’est de voir que c’est le RN qui a le vent en poupe, alors que ça a été mon combat de tous les moments.

  • La droite veut des explications sur la Société des écoles

    La droite veut des explications sur la Société des écoles

    Alors que la campagne de Martine Vassal (DVD) patine, Romain Simmarano, son porte-parole (Ren.) est venu, mardi, devant la presse dénoncer des « manœuvres et pratiques présumées illégales » à la Société publique des écoles de Marseille (Spem). L’enquête publiée la veille par Blast « change le visage de la campagne », estime celui-ci. Elle signale l’ouverture d’une enquête préliminaire, confirmée à La Marseillaise par le parquet sans en préciser le chef, suite à un signalement de Georges-François Leclerc, l’ex-préfet de région parti à l’Élysée, après l’achat sans mise en concurrence de bâtiments modulaires pour l’école Saint-André – la Castellane.

    Derrière la table où est soigneusement posé Le système Guérini, ouvrage signé Renaud Muselier (Ren.), Romain Simmarano demande au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan qui préside la Spem, de « prendre ses responsabilités » : « Il a déclaré qu’il exclurait tout colistier condamné, mis en examen ou faisant l’objet d’une enquête préliminaire. S’appliquera-t-il la règle ? »

    Une question « démocratique essentielle » à ses yeux, même si Benoît Payan n’est pas directement ciblé, contrairement à sa candidate visée par une enquête pour « détournements de fonds publics », « trafic d’influence » et « corruption » au Département dont elle a la présidence. À ses côtés, Catherine Pila (LR) fustige « l’incompétence » et « l’amateurisme » de la majorité, quand Gérard Blanc, candidat (Ren.) sur les 15-16, déplore que des alertes internes sur un risque de favoritisme aient pu être ignorées. S’il assure ne demander « le retrait de personne », Romain Simmarano exige des explications rapides.

    Un coup de pression sur la justice à peine voilé : « Nous avons confiance en la justice, et nous souhaitons que ce soit par le biais de la justice, des médias ou quels que soient les moyens, avoir un maximum d’informations avant le premier tour. »

  • L’ancien préfet de région dans le viseur du maire de Marseille

    L’ancien préfet de région dans le viseur du maire de Marseille

    Des oreilles devaient siffler à l’Élysée ce mardi après-midi. Désormais directeur de cabinet du président de la République, l’ancien préfet de région Georges-François Leclerc a en effet été ciblé dans sa plaidoirie par Me Michel Pezet, défendant le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan que le sénateur (LR) Stéphane Le Rudulier accusait d’être « du côté des trafiquants ». « Les narcotrafiquants à Marseille, tout le monde le sait, c’est une hydre dont il faut se débarrasser. Nous avons eu un préfet de police qui a toujours fait son travail. Mais un jour, un préfet est venu, qui a dit : je supprime le préfet de police », attaquait l’avocat.

    Cette ligne est toujours suivie par le maire sortant de Marseille à l’issue de l’audience. « Il a eu le caprice de dire qu’il ne vient que s’il récupère la préfecture de police », déplore Benoît Payan. Et d’appuyer : « Sa seule obsession, ça a été de faire des OQTF [obligations de quitter le territoire français, Ndlr]. » Avec plus de 7 500 lancées au total, un travail chronophage pour les fonctionnaires de police quand le centre de rétention administrative n’a que 134 places. « Pour quel résultat ? Ce n’est pas le travail de la police et de la BAC ! », s’indigne l’édile marseillais. Le directeur de cabinet de l’Élysée devrait aussi être rattrapé par la demande de commission d’enquête parlementaire pour sa gestion des incendies de l’Estaque en juillet dernier, tandis que le maire lui a demandé des comptes sur son signalement concernant la Société publique des écoles de Marseille, qui n’a été transmis à aucun membre du conseil d’administration.

  • L’OM évite la crise de nerfs

    L’OM évite la crise de nerfs

    « Après la honte et le dégoût, Coupe de France obligatoire ! », pouvait-on lire tout au long de la banderole déployée dans le virage nord du stade Vélodrome, mardi soir lors de l’entrée des joueurs, à l’occasion du 8e de finale entre l’Olympique de Marseille et le Stade Rennais. Éliminés en Ligue des Champions, puis coupables d’un pathétique match nul sur la pelouse du Paris FC en championnat, les protégés de Roberto De Zerbi vivent depuis plusieurs jours sous une tension palpable et constante.

    Celle-ci a atteint son paroxysme à la veille de cette rencontre, où une réunion entre les supporters marseillais et les acteurs du club phocéen s’est tenue à La Commanderie pour mettre les choses au clair. Une rencontre qui semble avoir porté ses fruits, compte tenu de la prestation des Olympiens.

    D’entrée de jeu, les héros du Vélodrome, poussés par la ferveur de leurs fidèles passionnés, ont pris le jeu à leur compte. Doté d’une endurance assez impressionnante, le piston droit américain Timothy Weah a vu son tacle très audacieux être récompensé, tout en distribuant par la suite un caviar à Amine Gouiri afin d’ouvrir le score dès la deuxième minute de jeu.

    De quoi enflammer les tribunes et donner un avant-goût d’une soirée animée. Sur le terrain, le retour d’Emerson – sanctionné de trois matches de suspension ferme par la Commission de discipline de la LFP après son expulsion face à Lens – dans le couloir gauche a apporté plus de stabilité au secteur défensif. Dans sa ligne de mire, la titularisation surprise d’Igor Paixão a également fait son effet, permettant d’être autant dangereux sur l’aile droite que sur l’aile gauche.

    Avec l’installation d’un faux rythme, les Marseillais ont été moins tranchants jusqu’à la mi-temps. Au retour des vestiaires, l’ailier britannique Mason Greenwood – fer de lance olympien et meilleur buteur de Ligue 1 – a conclu une contre-attaque éclair avec brio. De quoi mettre l’OM à l’abri, et de manière définitive a contrario du scénario survenu il y a quelques jours au stade Jean Bouin, avant qu’Aubameyang n’apporte la touche finale.

    MARSEILLE 3 (1)

    RENNES 0 (0)

    8e de finale de la Coupe de France

    Stade Vélodrome (61 783 spectateurs)

    Arbitre : Thomas Léonard

    Buts : Gouiri (2’), Greenwood (46’), Aubameyang (83’) pour Marseille

    Avertissements : Nwaneri (22’), Højbjerg (45+3’), De Zerbi (88’), Kondogbia, Balerdi (90’)pour Marseille ; Seidu (41’), Merlin (67’), Ait Boudlal (74’), Embolo (90+1’) pour Rennes

    MARSEILLE : De Lange – Weah, Balerdi (cap), Medina, Emerson (Pavard, 83’) – Timber (Kondogbia, 70’), Højbjerg – Nwaneri (Nadir, 46’), Greenwood, Paixão (Traoré, 77’) – Gouiri (Aubameyang, 77’).

    Entraîneur : Roberto De Zerbi

    RENNES : Samba (cap) – Seidu (Blas, 58’), Jacquet, Rouault, Ait Boudlal (Brassier, 79’), Merlin (Legendre, 79’) – Szymanski, Kamara (Nagida, 30’), Camara, Al Tamari – Lepaul (Embolo, 46’).

    Entraîneur : Habib Beye

    Le rêve s’arrête

    Les U19 de l’OM n’ont pas réussi à créer la surprise, mardi après-midi sur la pelouse du Real Madrid, à l’occasion des 16e de finale de la Youth League (5-2), l’équivalent de la Ligue des Champions. Les jeunes phocéens avaient pourtant rejoint les vestiaires à la mi-temps sur un score de parité (2-2), grâce à des buts signés Mohamed Baradji (25’) et Tadjidine Mmadi (42’, sp).