Tag: Marseille

  • Le narcotrafic rattrape Marseille en grand

    Le narcotrafic rattrape Marseille en grand

    Convaincre, encore et encore, que le plan Marseille en grand se concrétise. Ce mardi, de nouveau, le président de la République se rend à Marseille pour défendre le bilan d’un plan à 15 milliards d’euros – dont un tiers de l’État – pensé pour rattraper le retard de la cité phocéenne en matière de transports, d’éducation, de sécurité. Initialement prévue au début de l’été, cette venue s’inscrit cette fois dans le tour de France initié par l’Élysée et organisé avec les grands éditeurs de la presse quotidienne régionale pour débattre de la démocratie face aux réseaux sociaux, avec une rencontre dans les locaux de La Provence. « Ce sera également l’occasion de faire une revue de chantier » du plan Marseille en grand, explique-t-on à l’Élysée. Emmanuel Macron vient ainsi inaugurer le commissariat des 13e et 14e arrondissements, puis l’extension des Baumettes 3 avant une visite du chantier de la future gare Saint-Charles souterraine.

    « Mains dans les poches »

    De quoi donner le ton. Car un mois après la mort de Mehdi Kessaci, un assassinat d’intimidation comme l’a présenté le ministre de l’Intérieur, la question de la lutte contre le narcotrafic s’est largement imposée. Certes, elle avait déjà été évoquée dans les précédents déplacements. Déjà en visitant le chantier des Baumettes en juin 2023, le chef de l’État promettait de sanctionner plus durement les consommateurs, tandis qu’il avait présenté les premières esquisses de ce qui allait devenir la loi « narcotrafic » lors d’une visite surprise, à la cité de la Castellane (15e), pour lancer les opérations « place nette XXL ».

    Des sillons dans lesquels il s’inscrit toujours. « Il faut nous inspirer de ce que nous avons fait en matière de lutte contre le terrorisme pour lutter contre le narcotrafic », insiste-t-on à l’Élysée. Après une première réunion de crise le 18 novembre, celle qui s’est tenue jeudi dernier a permis d’assurer un suivi des mesures de la loi narcotrafic, et de lancer de nouveaux chantiers. Avec une priorité donnée pour « neutraliser » les têtes de réseau à l’étranger, renforcer les services d’enquête, réprimer la consommation, assurer la sécurité des ports, apporter de nouveaux moyens à la justice, poursuivre l’action sur des quartiers haute sécurité qui expliquent la fébrilité des « cartels », selon l’Élysée. Sur les 500 policiers nationaux supplémentaires, ils sont déjà 350 à être arrivés dans le département, et onze nouveaux magistrats s’ajouteront aux trente déjà installés. Une rallonge de 2 millions d’euros a aussi été décidée, la semaine dernière, pour installer 154 caméras de vidéosurveillance de plus en 2026 et atteindre l’objectif de 500 caméras supplémentaires.

    Cela suffira-t-il ? « Je ne peux pas imaginer un président de la République venir ici les mains dans les poches », déplorait mercredi dernier le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. « J’attends qu’il annonce des choses fortes, qu’il incite son gouvernement à faire revenir des services publics dans toute la ville », appuyait-il encore ce lundi face à la presse, demandant de nouveaux renforts de police spécialisée. « C’est un policier municipal qui a permis à l’enquête sur l’assassinat de Mehdi Kessaci d’avancer de manière extrêmement sensible », insiste-t-il, pour démontrer qu’il a fait sa part du travail en doublant ses effectifs. L’édile plaide aussi, une nouvelle fois, pour installer le parquet national anti-criminalité organisée à Marseille.

    L’infrastructure d’abord

    Dans l’entourage du chef de l’État on refuse de commenter les propos du maire. Mais de nouveau, cette implantation marseillaise est repoussée, pour privilégier le lien avec les autres juridictions nationales et le tout nouvel état-major de lutte contre la criminalité organisée (Emco) à Nanterre. Mais tandis que l’action sociale du plan Marseille en grand se limite à l’entrepreneuriat, la prévention pour agir sur le terrain face aux réseaux reste toujours cantonnée aux dispositifs classiques. « L’État continue à mobiliser très fortement ses moyens financiers », promet l’Élysée, soulignant les 20 millions d’euros à Marseille pour la politique de la ville. Une politique touchée par les coupes budgétaires. Mais on assume : « Marseille en grand s’est concentré sur le rattrapage en termes de structure et d’infrastructure. » Avec des effets qui, enfin, se concrétisent, veut rassurer l’entourage du chef de l’État. « Entre 2024 et 2025, le plan est passé de 31% des crédits engagés à 62% des crédits engagés », annonce-t-on. Un site a même été mis en ligne ce week-end – elysee.fr/marseille-en-grand – pour rendre plus visible cette action. « On a fait ce qu’on a dit qu’on allait faire », disait en son temps Emmanuel Macron. Avec toutes les limites que cela implique.

    Manifestation pour la défense des Spip

    « Il est l’heure de sonner la fin de la partie. » À l’appel du syndicat CGT Insertion Probation, les agents du service pénitentiaire d’insertion et de probation (Spip) de Marseille se rassembleront ce mardi à 12h45 sur le parvis du Palais Monthyon pour défendre les métiers et les missions des Spip et dénoncer les premières orientations du projet de loi présenté par le garde des Sceaux. Magistrats et avocats s’associent à ce rassemblement à l’appel du syndicat de la magistrature. D.C.

  • Marseille : la société des eaux s’engage pour la Banque alimentaire

    Marseille : la société des eaux s’engage pour la Banque alimentaire

    Pour chaque abonné au service de l’eau optant pour la e-facture, la SEM verse une participation de 1 euro. 6 641 abonnés ont accepté, ce qui a permis à Sandrine Motte, DG de la SEM, de remettre un joli chèque vendredi dernier à Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône. Par ailleurs, une vingtaine de salariés se mobilisent tout au long de l’année via la plateforme d’engagement citoyen de la SEM : participation à la préparation de commandes, à la grande collecte annuelle et à une collecte interne de lait.

  • Les minots de l’OM terminent en beauté une semaine rêvée

    Les minots de l’OM terminent en beauté une semaine rêvée

    Les minots olympiens ne chôment pas en cette fin d’année. Après être remontés de deux places en championnat grâce à leur victoire à la dernière seconde sur la pelouse de l’OGC Nice (2-3), puis avoir arraché de manière historique la dernière place qualificative pour les 16e de finale de la Youth League (Ligue des champions juniors) suite à leur victoire mercredi à l’Union Saint-Gilloise (1-4), les pensionnaires de la pouponnière phocéenne ont passé avec brio le premier tour de la Coupe Gambardella, dimanche après-midi à l’OM Campus, en battant Colomiers (4-1). « On savait que l’on avait fait une grosse semaine et il fallait remettre de l’énergie et les bons ingrédients pour passer contre Colomiers », souligne Grégory Auger, l’entraîneur des U19 de l’OM. Ce dernier a fait appel à plusieurs joueurs de la génération 2009, et même quelques-uns nés en 2010, à l’image du prodige Samy Bedja – entré en fin de match – pour compléter l’effectif. « Il y a quelques bons joueurs dans ces générations », confirme le technicien marseillais, en ayant conscience que certains sont déjà parfois conviés par Roberto De Zerbi à participer à des séances d’entraînement avec le groupe professionnel, notamment Antoine Valero et le capitaine Milan Leccese.

    Quatuor de choc

    Face à Colomiers ce dimanche, un adversaire présent dans leur groupe en championnat, les Olympiens ont dû faire face à un bloc bas efficace en début de match, qui a permis aux Haut-Garonnais d’exploiter la moindre contre-attaque éclair. Pourtant en pleine maîtrise de la possession, les coéquipiers de Gianni Calisto ont concédé le premier but de la partie sur une erreur défensive. Derrière, ce petit revers a réveillé les Marseillais : Dan Cohen sur un centre-but inattendu, Saïd Remadnia sur une contre-attaque idéalement lancée, Antoine Valero sur un pénalty parfaitement exécuté et Moctar Guirassy face à un but vide, se sont montrés intransigeants.

    « Quand on est à l’OM, il faut gagner les matches », martèle Grégory Auger, conscient que son équipe n’est plus qu’à sept victoires d’une finale au Stade de France. Avant d’en arriver là, les U19 de l’OM devront se présenter face au grand Real Madrid, au début du mois de février, pour les 16e de finale de la Youth League.

    MARSEILLE 4 (2) COLOMIERS 1 (1)

    1er tour fédéral – Coupe Gambardella

    Stade Paul-le-Cesne, à l’OM Campus (500 spectateurs environ)

    Arbitre : Nolhan Zermane

    Buts : Cohen (26e), Remadnia (40e), Valero (53e), Guirassy (76e) pour Marseille ; Pochot (16e) pour Colomiers

    Avertissements : Remadnia (18) pour Marseille ; Bicakci (23), Danglades (34) pour Colomiers

    MARSEILLE : Badaoui – Cohen, Calisto (Cesarini 69e), Baradji (Camara 79e), Dione – Guirassy, Remadnia (Ahamadi 69e), Levy – Valero, Leccese (Bedja 79e), Ali.

    Entraîneur : Grégory Auger

    COLOMIERS : Bedoui – El Jadidi, Danglades, Mesbah (Diallo, 70e), Chapuis – Bicakci, Rusques – Pochot, Roche, Injiraky (Boateng, 58e), Yao (Anakaba, 64e).

    Entraîneur : Kalifa Kaba

  • Monaco n’a pas fait de cadeau aux Olympiens

    Monaco n’a pas fait de cadeau aux Olympiens

    Avant le coup d’envoi, le système mis en place par Roberto De Zerbi pouvait rappeler l’organisation choisie face à Saint-Gilles en Ligue des Champions.

    Mais rapidement, l’OM a dévoilé ses plans. Avec Timothy Weah appelé à suppléer Igor Paixão dans le couloir gauche de l’attaque. L’États-unien se montrait rapidement à l’aise dans sa zone. Alors que le jeu était confié à Arthur Vermeeren, et que la défense retrouvait Benjamin Pavard, associé à Nayef Aguerd dans l’axe.

    Les Marseillais auraient pu rapidement prendre le score. Mais les deux occasions nettes de Pierre-Emerick Aubameyang n’allaient pas au bout. Des Marseillais qui avaient le contrôle, face à des Monégasques prudents, mais, à l’image d’Alexandr Golovin, prompts à se projeter vers la surface de Gerónimo Rulli.

    Monaco était finalement plus dangereux. Alors que les Olympiens ne mettaient que sporadiquement le nez à la fenêtre. Après deux buts refusés aux Monégasques, l’OM allait enfin au bout de ses intentions, à l’image de Mason Greenwood, buteur prodigue.

  • Papin entre dans le patrimoine provençal

    Papin entre dans le patrimoine provençal

    Dans la multitude de santons possibles et imaginables, il manquait un homme qui a marqué les Marseillais balle au pied. Jean-Pierre Papin, légende de l’OM, fait désormais partie de la liste des personnages représentés sur ces petites figurines en argile. « Ça fait bizarre mais je suis très fier », sourit l’ancien attaquant aux 182 buts sous le maillot olympien. Il était présent entre 14h et 15h samedi après-midi à la Foire aux santons, sur le Vieux-Port, pour dédicacer « le petit Papin ». Des Italiens et des Belges ont rapidement fait la queue pour obtenir le précieux symbole.

    Emily fait des progrès

    Une partie des ventes de ce santon sera reversée à l’Association Neuf de Cœur, fondée par Jean-Pierre Papin lui-même, papa d’une fille qui présente un handicap dû à des lésions cérébrales. « Emily va très bien, elle a fait plein de progrès. On ne sait que ce ne sera jamais comme les autres, mais à chaque progrès, on est content », souligne le n°9 de cœur.

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Les enfants de Saint-Jean et les rafles oubliées à Berlin

    Ils ont pris l’avion dimanche en direction de Berlin pour un rendez-vous qui fera date. Ce lundi une délégation du « Collectif Saint-Jean 24 janvier 1943 » est l’invitée de l’ambassade de France, pour une table ronde intitulée : « Marseille 1943, les rafles oubliées ».

    Face à eux, un auditoire constitué de quelque 120 élèves allemands qui viendront écouter leur histoire d’enfant et celle de leurs familles qui, entre le 22 et le 24 janvier 1943, comptèrent parmi les 20 000 Marseillais raflés, internés au camp de Fréjus puis déportés par centaines dans les camps nazis parce qu’ils étaient juifs, résistants ou habitants d’un lieu jugé « criminogène ».

    « C’est Marseille qui est mise à l’honneur. Se retrouver 80 ans plus tard à l’ambassade de France en Allemagne pour témoigner comme survivant, est un symbole pour les enfants du quartier Saint-Jean », explique l’avocat Pascal Luongo, porte-parole du collectif. « Que les anciens qui sont les enfants d’hier, viennent raconter à ceux d’aujourd’hui, en Allemagne, dans une transmission directe, cette histoire restée longtemps effacée des mémoires, c’est très fort. »

    à ses côtés, ils seront quatre témoins : Antoine Mignemi, président du collectif qui milite pour faire reconnaître les rafles de Marseille et la destruction des quartiers du Vieux-Port comme crime contre l’humanité, Suzanne Fritz, Gérard Agresti dont le père a été déporté à Sachsenhausen d’où il a pu revenir et témoigner, et Claude Arovas dont la famille a été déportée et exterminée à Sobibor.

    Les héritiers retapent

    à la porte du pouvoir

    L’invitation a été lancée par la Commission pour la restitution des biens et l’indemnisation des victimes de spoliations antisémites dont une antenne est rattachée à l’ambassade. Le contact s’est noué en 2024 à Berlin où Pascal Luongo était invité par le Mémorial des juifs assassinés d’Europe, pour l’exposition « Les Indésirables » dans laquelle les rafles de 1943 étaient traitées.

    « Les Allemands travaillent la question de cette catégorie de déportés dans les camps qui n’a pas été jusqu’ici l’objet de nombreux travaux. Ils avaient appris notre existence lors du procès du nazi Schütz, gardien du camp de Sachsenhausen, deux ans auparavant », raconte Me Luongo.

    Cette table ronde sur les rafles oubliées à Marseille sera le point d’orgues du cycle mémoriel des 80 ans de la libération des camps nazis qui a marqué l’année 2025 en Allemagne. Un nouveau cycle s’ouvrira en 2026. Et Marseille y trouvera encore sa place, puisque l’expo « Marseille se souvient » présentée sur le Vieux-Port en 2023, sera montée à Hambourg dans le cadre du jumelage entre les deux villes.

    « Ce symbole très fort d’union des mémoires de nos deux pays, prend tout son sens dans un moment particulièrement troublé où les héritiers de ce qui s’est passé à Marseille, l’extrême droite nazie et l’extrême droite française de Vichy, retapent à la porte du pouvoir », insiste Pascal Luongo. « Ce temps très républicain est aussi important dans notre combat pour la reconnaissance des crimes contre l’humanité commis à Marseille ». La procédure est d’ailleurs observée de près outre-Rhin, et l’enquête du parquet national ouverte en 2019 est sur le point d’aboutir selon l’avocat marseillais qui a bon espoir pour 2026.

    En attendant, le collectif poursuit à Marseille ses conférences auprès des lycéens, collégiens et écoliers, avec la volonté que la Ville inscrive cette mémoire dans l’espace public à travers des lieux de commémoration. « Le quartier Saint-Jean disparu, la gare d’Arenc… Il y a un besoin de faire vivre cette mémoire. On a reçu des signaux très positifs de la municipalité sur un changement de nom de place, un travail sur des lieux de commémoration. Tout le monde doit jouer le jeu. On construit patiemment mais vaillamment », reprend l’avocat qui espère s’appuyer sur ce qui est fait avec les Allemands pour faire avancer les choses.

    La commémoration du 83e anniversaire de ces rafles aura lieu le 24 janvier, une semaine avant les « officielles ». En février, un moment autour de la paix est prévu par le collectif avec la communauté de Sant’Egidio, un mouvement d’éducation populaire italien.

  • À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    À la Métropole, une valse à deux temps pour les transports

    L’avenir de la RTM se décide ce lundi en conseil métropolitain. Du moins pour les huit prochaines années, à travers le nouveau contrat d’obligations de service public dévoilé dans nos colonnes, qui vise à exposer la régie « aux aléas du marché » par un système de bonus-malus. Avec l’exigence de réaliser 25 millions d’euros de recettes supplémentaires dès 2026 (notre édition du 10/12). D’ores et déjà, la CGT de la RTM a interpellé les élus métropolitains, pour leur demander de s’opposer à ce contrat qui « derrière un discours de modernisation, impose en réalité des restrictions budgétaires qui fragilisent le service public ».

    Alors que la municipalité marseillaise monte elle aussi au créneau, la Métropole est finalement sortie du bois à travers un long communiqué qui s’en prend à « la campagne de désinformation menée par certains agitateurs mal intentionnés » en promettant ne pas vouloir privatiser la régie. « La RTM est recentrée sur son cœur de métier : l’exploitation, la qualité de service et la satisfaction des voyageurs », défend-elle en mettant en avant les 1,2 milliard d’investissements qui seront désormais portés par l’intercommunalité sur la période 2026-2033, notamment dans le cadre du plan Marseille en grand. Et de cantonner la concertation des usagers à l’évolution de l’offre « mais non sur les relations contractuelles, qui ne peuvent être rendues publiques ».

    Régie de fret ferroviaire

    Mais de nouvelles missions pourraient être confiées à la régie. Une délibération présentée à l’hémicycle ce lundi met aussi à l’ordre du jour les premiers pas vers la création d’un service de proximité de fret ferroviaire. Une première étude technique et commerciale avait été réalisée en décembre 2019, puis une seconde lancée fin 2023. Désormais, trois corridors sont identifiés, entre Fos et Gardanne, Miramas et Marseille ainsi que Fos et Marseille. « Il y a lieu d’engager la phase de création du service pour une opérationnalité à court terme », indique la délibération, qui en confie l’exploitation à la RTM. Alors que les études pour les deux dernières liaisons doivent être finalisées d’ici la fin de l’année, l’hémicycle devra valider après les municipales leur lancement officiel.

    Enfin, après le conseil régional et la commission permanente du conseil départemental, c’est au tour de la Métropole d’approuver le projet partenarial d’aménagement pour la réindustrialisation du golfe de Fos. Avec une déclinaison concrète, l’approbation des financements pour les études préalables de la liaison Fos-Salon, et ses premiers travaux d’aménagement pour 22,5 millions d’euros, dont 16% pour la Métropole.

  • [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    La Marseillaise : Vous étiez au cœur de l’action lors des grèves de 1995, quel était le contexte et quels souvenirs en gardez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : J’étais secrétaire des cheminots CGT au niveau régional, donc je coordonnais les 30 et quelques syndicats qu’il y a sur la région. Et depuis le congrès de 1993 à Tours, j’avais des responsabilités au bureau fédéral. Au moment de l’annonce de Juppé, le 15 novembre 1995 à l’Assemblée nationale, on était au premier jour d’un conseil national des cheminots CGT. Et comme j’avais en charge de la protection sociale pour la fédération, donc le régime spécial, j’étais directement concerné par la réforme. Au deuxième jour du conseil national, on propose une déclaration de la fédération CGT des cheminots. C’est là qu’on a appelé à la grève, pour le 24. 1995, c’est avant tout le résultat d’un fort mécontentement sur la situation sociale. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein : il y avait eu de nombreuses grèves tout au long de l’année, sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail… La grève est partie chez les cheminots, de manière très forte, déterminée et unitaire, pour deux raisons principales. La première, sur la remise en cause du régime spécial de protection sociale, le régime spécial des cheminots. Et deux, contre le contrat de plan état-SNCF qui visait au démantèlement du réseau ferroviaire. Plus globalement, il y avait un contexte politique ambivalent : avec l’élection de Chirac en mai sur la « fracture sociale » d’un côté, et de l’autre Juppé qui annonce ces attaques contre les retraites et l’instauration d’un régime universel d’assurance maladie.

    Comment expliquez-vous l’ampleur des grèves à l’époque ?

    J-M.C : La clé de l’efficacité de ce mouvement tient en trois éléments. Un, la démocratie : parce qu’on l’a lancée, en connaissant l’état d’esprit des cheminots. Deux, l’unité d’action. Et trois, une convergence avec les usagers et à un niveau interprofessionnel. On était quasiment dix ans après la grève de l’hiver 86-87. Et on en avait tiré des enseignements. Pour qu’une grève soit populaire, il faut qu’elle soit portée aussi par les usagers, la population. Pendant dix ans, on avait travaillé ces liens pour expliquer que lorsque les cheminots revendiquaient un meilleur service public, c’était bien aussi pour les usagers. C’est pour cela que certains parlaient de grève par procuration, mais c’était en fait une convergence. Et le 24 novembre, la grève commence et à Marseille, on a une manifestation de 50 000 travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, sur le slogan « Tous ensemble ». Et je me souviens qu’au bout de trois semaines, on était à 120 000. On était loin d’une grève corporatiste puisqu’elle portait des choix de société, entre la solidarité et l’individualisme.

    Il y a des comparaisons avec le mouvement contre la réforme des retraites en 2023, qu’est ce qui a changé depuis ?

    J-M.C : Depuis, on fait face à un pouvoir qui est très autoritaire. On a une maturité dans le mouvement syndical, avec cette volonté d’unité sur des revendications justes de haut niveau. Mais en même temps, on est dans un contexte où le monde du travail est fragmenté, comme la société d’ailleurs. Il y a de plus en plus de petites et moyennes entreprises, un développement de la sous-traitance, de la précarité, ce qui rend plus compliqués les mobilisations et les actions. La SNCF est très bon exemple de ça : ils ont appliqué le « diviser pour mieux régner ». Ce qui fait la force des chemins de fer, c’est son unité. En les fragmentant, on fragilise le service public et on le rend moins performant. Et en fragmentant, on rend plus compliqué les mobilisations, la convergence. Et ça a été fait dans chaque branche d’activité, télécommunication, énergie, etc… Autant de points qui ont pourtant fait la force de notre pays, des piliers qui ont été créés au lendemain de la guerre avec le Conseil national de la Résistance. Et en 30 ans, il y a eu une grosse financiarisation de l’économie aussi, une mondialisation des pouvoirs économiques. Reste qu’en matière de mobilisation, la comparaison entre 1995 et 2023 est loin d’être excessive, au contraire. Le problème, c’est qu’on a certainement, dans le prolongement du mouvement social et syndical, des leçons à tirer sur l’engagement politique. Quelques années après 95, on avait un nouveau mandat de Chirac et Le Pen au second tour… Il faut qu’on ait, au niveau politique, une gauche qui soit à la hauteur de ces défis.

  • À Marseille, le Secours populaire a offert des repas étoilés aux jeunes

    À Marseille, le Secours populaire a offert des repas étoilés aux jeunes

    Velouté de panais au miel en entrée, cuisse de poulet rôtie accompagnée de polenta, de courge et de crème à la châtaigne et banana bread. C’est le repas que les chefs étoilés Aurore Danthez et Ilane Tinchant, ancien participant de Topchef, ont concocté ce samedi pour 250 étudiants et jeunes marseillais. Organisé par le Secours populaire, le but de l’événement est simple : offrir un repas de fête et un peu de convivialité à ces jeunes qui sont souvent précaires et parfois seuls à ce moment-là de l’année.

    Pour cette 5e édition de distribution de repas de Noël, le Secours populaire a choisi de permettre aux participants de manger sur place, grâce au centre social de Malpassé, qui leur a prêté gratuitement une salle. Avant même que les repas arrivent, ils sont déjà une dizaine à être installés sur de grandes tables, décorées de guirlandes et de boule de Noël avec Mariah Carey en fond musical. Invités par mail, via leur école, le Secours populaire ou la mission locale, ils sont nombreux à avoir fait le déplacement, seuls ou à plusieurs.

    Kamelia, Ouassim, Walid et Abdelkrim, tous en master d’informatique sur le campus de Luminy, sont venus ensemble, pour partager ce moment. C’est Kamelia qui a amené la petite troupe jusqu’ici. « Moi et Abdelkrim, nous sommes inscrits au Secours populaire depuis un an pour avoir accès à l’aide alimentaire, explique la future informaticienne. On l’avait loupé l’année dernière. C’est bien ce qu’ils font, surtout que ce soit halal, ça nous permet d’en profiter aussi », précise-t-elle.

    « Un repas en plus »

    Contrairement au petit groupe, beaucoup ne resteront pas pour manger sur place, par timidité ou par manque de temps. Mais ce repas offert est d’une grande aide pour eux. « ça me fait un repas en plus à la maison, explique Emeline, 24 ans en recherche d’emploi. J’habite seule, et je n’ai que l’aide de la mission locale, donc c’est assez compliqué. Mais je ne reste pas, parce que je ne connais personne ». Amir et Mohammed prennent également le repas à emporter. « On va aller à la bibliothèque, parce qu’on a des examens la semaine prochaine », confient ces étudiants en BTS de conception des processus de réalisation de produits. Mais Amir, qui est également bénévole au Secours populaire tenait à venir. « L’association m’a beaucoup aidé quand je suis arrivé à Marseille, donc j’essaye d’aller à tout ce qu’elle organise, et quand j’ai du temps j’aide aussi. »

    Un moment de rencontre pour les usagers mais aussi pour les bénévoles. Dont Romuald, alternant en éco-énergétique et bénévole depuis 6 mois au sein de l’association. « Ce genre de moment c’est bien pour nous, ça nous permet de rencontrer d’autres jeunes comme nous, et on peut s’amuser ». Une sociabilité importante pour ce Béninois qui ne rentrera pas voir sa famille pendant les fêtes.

    Alors que l’isolement et la précarité augmentent partout, et en particulier chez les 18-30 ans, l’événement a attiré du monde. Jusqu’à 18h, plus de 200 personnes sont venues récupérer leur repas étoilé. À l’occasion des 80 ans du Secours populaire, ils ont tous pu partir avec une carte-cadeau Cultura d’un montant de 20 euros.