Tag: Marseille

  • Audience en référé pour réintégrer les salariés Pamar

    Audience en référé pour réintégrer les salariés Pamar

    Enfin, après deux renvois, l’audience en appel des salariés de la blanchisserie marseillaise Pamar s’est tenue devant la Cour d’Appel des Prud’Hommes. Ce mercredi après deux longues années de procédure, la dizaine d’employés de cette blanchisserie, sous le giron de la GIE Sainte-Marguerite, ont de nouveau emmené leur dossier face à la justice. « On vient chercher la réintégration en référé des salariés parce que les licenciements sont nuls, contextualise Me Steve Doudet, avocat des salariés. Ces licenciements contreviennent à l’exercice du droit d’alerte et de retrait, aux dispositions protégeant les salariés du harcèlement moral, ils contreviennent à l’exercice du droit d’alerte sanitaire et environnement, ainsi qu’au statut du lanceur d’alerte. » Pour cause, en décembre 2023, les salariés de la blanchisserie font valoir leur droit de retrait après que des menaces de mort aient été proférées à leur encontre sur le parking de leur lieu de travail. « Un droit de retrait transformé en conflit social », estime à la barre Me Nicolas François, représentant la blanchisserie. La direction ne réagira pas, avant de les licencier au printemps 2024 : décision rejetée par les Prud’Hommes, qui demandera la réintégration des travailleurs de la blanchisserie. La direction, elle, avait fait appel de cette décision. « Après toutes ces années difficiles, on aurait pu vivre des minima sociaux, accepter les dommages. Mais on se lève tous les matins pour notre dignité, donner un exemple à nos enfants », rappelle Kalathoumi Ibouroi, déléguée syndicale (CGT) du personnel. À ce conflit s’ajoutent des « humiliations régulières » venant de supérieurs, mais aussi des manquements à l’hygiène « graves » selon les salariés, qui ont déjà saisi l’inspection du travail (Dreets) à ce sujet. Me Steve Doudet plaide de son côté pour la confirmation de réintégration du personnel, une augmentation du quantum à 5 000 euros pour la CGT. Le jugement sera rendu le 12 décembre.

  • [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    [Info La Marseillaise] Marc Pietrosino est élu secrétaire général de la CGT 13

    Après 3 jours de débats intenses, l’Union Départementale CGT 13 a élu son nouveau secrétaire général, ce mercredi en début de soirée. C’est Marc Pietrosino, qui prend la tête de l’organisation syndicale et qui succède ainsi à Olivier Mateu.

    Travailleur de la Fnac, Marc Pietrosino est bien connu des salariés des secteurs du commerce et du service. Il a mené plusieurs mouvements de grève, notamment sur les questions de hausse de salaires et de conditions de travail dans son enseigne et sur le magasin de la Valentine à Marseille. Fusion entre Fnac et Darty, fermetures d’enseignes et rapport de force dans un secteur où la syndicalisation est souvent difficile, il a l’habitude de faire face à tous les aspects des politiques néolibérales. En charge des questions de commerce à l’UD CGT 13, il est également secrétaire général de l’Union locale CGT de la Vallée de l’Huveaune, une des UL de la cité phocéenne. « Il faut rester sur le ciment de notre organisation, les idées qui ont fait la gloire de la CGT, et aller les diffuser sur le terrain au plus près des salariés », insiste-t-il.

  • Les écologistes entrent en campagne dans la tourmente

    Les écologistes entrent en campagne dans la tourmente

    Le plus dur ne fait que commencer. « C’est ce que me répètent nos partenaires depuis hier », soufflait Hassen Hammou peu avant midi à l’issue d’un point presse consécutif à sa désignation (55%) comme chef de file Les écologistes pour les municipales 2026 à Marseille. Une triste réalité l’a vite rattrapé. L’homme de 36 ans est convoqué le 13 novembre devant le tribunal correctionnel pour répondre du délit « d’incitation d’un mineur par un majeur utilisant un moyen de communication électronique à commettre un acte de nature sexuelle ».

    L’affaire a été révélée en fin de journée par nos confrères de La Provence. Les faits remontent à juin 2024. Placé en garde à ce moment-là, Hassen Hammou a été de nouveau convoqué en septembre devant le parquet de Marseille où il s’est vu renvoyé devant le tribunal.

    Lui conteste les faits et assure être « victime de cette affaire », assurant être tombé dans un guet-apens après avoir pris contact sur snapchat avec un homme et une femme qu’il pensait majeurs. En septembre 2024, la victime présumée et un autre adolescent ont été condamnés par le tribunal pour enfants de Marseille du chef d’« extorsion par violence, menace ou contrainte de signature, promesse, secrets, fonds valeurs ou bien ».

    « C’est un gros coup derrière la tête, la justice me convoque 18 mois après, alors que les personnes ont été condamnées… Je suis sûr de mon innocence, les choses sont très claires pour moi, et je n’ai pas envie de subir l’humiliation du retrait alors que je me sais innocent, ce serait me condamner d’office », a réagi Hassen Hammou auprès de La Marseillaise, espérant une décision de justice début décembre. La révélation de cette affaire tombe bien mal pour Hassen Hammou et son parti. La veille, en même temps que sa désignation comme chef de file, quelque 300 adhérents avaient acté lors de l’assemblée générale organisée sous la tutelle du bureau national (La Marseillaise du 15 octobre) une stratégie de ralliement au Printemps marseillais. Il y a cinq ans, seuls 74 adhérents s’étaient prononcés pour une candidature autonome.

    Quelle incidence ?

    « ça montre que notre mouvement est vivant et qu’il grandit. C’est une belle dynamique, un message d’ouverture et d’union », appréciait Mirabelle Lamoureux face à la presse. La référente des Jeunes écolos avait obtenu 6% des suffrages lors du scrutin sur la désignation du chef de file. La troisième candidate, Christine Juste, adjointe au maire de Marseille en charge de l’environnement, avait obtenu 35%.

    Soucieux de laisser la justice faire son travail, le sénateur écologiste Guy Benarroche, qui a appris la nouvelle en regardant son smartphone, assure qu’une réunion du parti a été demandée dans la foulée. Elle devrait se tenir rapidement. « Il y aura forcément une incidence sur le processus qui a été enclenché mais je ne peux pas présager des décisions qui seront prises. Au regard du fonctionnement habituel de notre parti, on peut penser qu’il serait logique que le chef de file se mette en retrait le temps que la justice se fasse. La décision pourrait même venir de lui », tente d’analyser le sénateur. Pas de quoi en revanche à ses yeux remettre en question le choix stratégique adopté à plus de 90% des suffrages mardi, celui d’une union dès le 1er tour des municipales avec le Printemps marseillais.

    Après le ralliement du Parti communiste français acté il y a une dizaine de jours, l’union de la gauche, des écologistes et des citoyens, à la tête de la Ville depuis 2020, saluait un peu plus tôt dans la journée « une étape décisive » pour se mettre en ordre de marche « autour d’un projet commun » dans le but de « poursuivre le travail collectif engagé depuis cinq ans avec Benoît Payan ».

  • Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    L’aventure d’ID Logistics dans le 15e arrondissement n’aura duré que trois ans. Préparée depuis un an, la bataille juridique qu’entament les ex-salariés contre la plateforme sera probablement « un combat de longue haleine », a prévenu maître Mathilde Lanté qui a pris leur dossier en main et annonce une « séance de conciliation le 20 janvier ». Mais l’enjeu est d’importance, « il s’agit pour eux de relever la tête, voire de redonner l’espoir aux salariés, le droit du travail doit être respecté ».

    En mettant la clé sous la porte à Saint-Antoine suite à une rupture de contrat avec son client Amazon, ID Logistics donnait un mois à ses 47 salariés pour accepter une mutation à 140 km. Une clause de mobilité prévue dans leur contrat qui permettait de les licencier pour faute grave en cas de refus. ID Logistics économisait ainsi la mise en place d’un plan sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les règles et des indemnisations. Mais la pastille ne passe pas et depuis un an vingt salariés font preuve d’une grande détermination « pour démontrer qu’il y a eu licenciement économique, pour dénoncer les conditions insalubres dans lesquelles on a travaillé sans rechigner, pour non-respect du droit syndical…et parce que se faire jeter comme des kleenex nous a laminés », résume Alex Regnault, qui n’a pas retrouvé de travail depuis et a dû quitter son logement.

    Ce licenciement pèse encore sur leur vie. « C’était impossible de faire déménager toute ma famille à Bollène. Un vrai sale coup, ça m’a coupé les jambes », regrette Zaïr, 62 ans, qui n’est plus en activité et a vu ses ressources tomber de 1 600 euros à 970. « J’ai été cariste, maçon, j’ai travaillé dans la marine, l’aéronautique, mais à mon âge… » Dans la lutte syndicale avec la CGT, « en collectif », il trouve de quoi surmonter les « gros moments de déprime ».

    Viser la jurisprudence

    Leila, 35 ans, qui avait travaillé 6 ans chez Amazon s’est sentie « trahie par ce lâchage d’ID Logistics, qui a joué sur notre conscience professionnelle pour accepter de travailler dans un hangar qui prenait l’eau ». L’ex-chef de service n’a décroché qu’un CDD à temps partiel chez un fabricant de desserts, « en attendant un poste en lien avec mes compétences » et est hébergée chez une amie.

    Robert, 33 ans, père de deux enfants, a repris le volant comme VTC. « Mais ma carte avait expiré. J’ai dû me payer une formation car France Travail ne prend pas en charge l’auto-entrepreneur. » Abdul, 48 ans, qui a obtenu en mai dernier un contrat en Intérim dans le nettoyage, souligne : « J’ai un meilleur salaire et des tickets restos mais je me suis battu pour ça et ça ne change rien au fait qu’ID Logistics nous doit quelque chose. À commencer par le respect. » Mohamed, ex-chef d’équipe, devra accepter d’être déclassé pour trouver un emploi. « On nous a jetés et plombé avec la faute grave », dénonce-t-il en espérant que l’affaire fera jurisprudence.

  • Virés par ID Logistics, ils ont le cran de David contre Goliath

    L’aventure d’ID Logistics dans le 15e arrondissement n’aura duré que trois ans. Préparée depuis un an, la bataille juridique qu’entament les ex-salariés contre la plateforme sera probablement « un combat de longue haleine », a prévenu maître Mathilde Lanté qui a pris leur dossier en main et annonce une « séance de conciliation le 20 janvier ». Mais l’enjeu est d’importance, « il s’agit pour eux de relever la tête, voire de redonner l’espoir aux salariés, le droit du travail doit être respecté ».

    En mettant la clé sous la porte à Saint-Antoine suite à une rupture de contrat avec son client Amazon, ID Logistics donnait un mois à ses 47 salariés pour accepter une mutation à 140 km. Une clause de mobilité prévue dans leur contrat qui permettait de les licencier pour faute grave en cas de refus. ID Logistics économisait ainsi la mise en place d’un plan sauvegarde de l’emploi (PSE) dans les règles et des indemnisations. Mais la pastille ne passe pas et depuis un an vingt salariés font preuve d’une grande détermination « pour démontrer qu’il y a eu licenciement économique, pour dénoncer les conditions insalubres dans lesquelles on a travaillé sans rechigner, pour non-respect du droit syndical…et parce que se faire jeter comme des kleenex nous a laminés », résume Alex Regnault, qui n’a pas retrouvé de travail depuis et a dû quitter son logement.

    Ce licenciement pèse encore sur leur vie. « C’était impossible de faire déménager toute ma famille à Bollène. Un vrai sale coup, ça m’a coupé les jambes », regrette Zaïr, 62 ans, qui n’est plus en activité et a vu ses ressources tomber de 1 600 euros à 970. « J’ai été cariste, maçon, j’ai travaillé dans la marine, l’aéronautique, mais à mon âge… » Dans la lutte syndicale avec la CGT, « en collectif », il trouve de quoi surmonter les « gros moments de déprime ».

    Viser la jurisprudence

    Leila, 35 ans, qui avait travaillé 6 ans chez Amazon s’est sentie « trahie par ce lâchage d’ID Logistics, qui a joué sur notre conscience professionnelle pour accepter de travailler dans un hangar qui prenait l’eau ». L’ex-chef de service n’a décroché qu’un CDD à temps partiel chez un fabricant de desserts, « en attendant un poste en lien avec mes compétences » et est hébergée chez une amie.

    Robert, 33 ans, père de deux enfants, a repris le volant comme VTC. « Mais ma carte avait expiré. J’ai dû me payer une formation car France Travail ne prend pas en charge l’auto-entrepreneur. » Abdul, 48 ans, qui a obtenu en mai dernier un contrat en Intérim dans le nettoyage, souligne : « J’ai un meilleur salaire et des tickets restos mais je me suis battu pour ça et ça ne change rien au fait qu’ID Logistics nous doit quelque chose. À commencer par le respect. » Mohamed, ex-chef d’équipe, devra accepter d’être déclassé pour trouver un emploi. « On nous a jetés et plombé avec la faute grave », dénonce-t-il en espérant que l’affaire fera jurisprudence.

  • Le Marseillais Zouaoui ou l’éloge de la patience

    Le Marseillais Zouaoui ou l’éloge de la patience

    Un nouveau Marseillais va retrouver le stade Vélodrome, ce week-end.

    Parmi les joueurs formés dans les Bouches-du-Rhône, Yanis Zouaoui est plutôt un novice de la Ligue 1. Le Havrais dispute sa seconde saison dans le monde professionnel et affronte l’OM, ce samedi à 21h05. Sa venue, l’an passé, dans l’antre phocéenne, ne s’était pas particulièrement bien déroulée avec un revers (5-1).

    Passé par Septèmes-les-Vallons et les Pennes-Mirabeau, le latéral gauche de 27 ans joue ensuite sept saisons à l’Olympique de Marseille. Jusqu’en 2013, il se trouve au centre de formation. Un minot parmi les Minots. Non conservé, il continue le football au FC Côte Bleue. Christophe Celdran, ex-président du club, se souvient du joueur. « Il est arrivé chez nous en U17. Rapidement, il a montré ses qualités et a fini par monter avec les seniors en Régional 1, avant de partir à Martigues puis Toulon. »

    Yanis Zouaoui n’était pourtant pas destiné à jouer dans le couloir, mais à un poste plus central et plus haut sur le terrain. « Chez nous, il était initialement numéro 10. Il a été replacé latéral gauche un peu plus tard. Je crois que c’est Grégory Poirier [actuel coach du Red Star, Ndlr.] qui l’a mis à ce poste, lorsqu’ils étaient à Martigues » explique Christophe Celdran. Très technique, « il convient parfaitement dans un 3-5-2 et a le physique pour enchaîner les allers-retours » détaille l’ancien président du FC Côte Bleue, club qui a également fait jouer l’international algérien (depuis mardi) Ilan Kebbal ainsi que Gessime Yassine, révélation de la Coupe du monde U20.

    « C’est un latéral gauche moderne, très rapide et très fort techniquement, avec une bonne qualité de centre. Offensivement, il n’y a rien à dire », confirme Samir Belloumou. L’ancien capitaine des Sang et Or a conscience que son ancien coéquipier avait quelques lacunes défensives. Mais le jeune Zouaoui est parvenu à rattraper son retard sur ce point.

    Sa carrière décolle chez les Martégaux

    La voie vers le professionnalisme n’était pas forcément toute tracée pour Yanis Zouaoui. L’arrière gauche a découvert le National 1 avec le voisin du Sporting Club Toulon. Le Covid et les décisions de la fédération sur l’arrêt des championnats ont eu raison des Toulonnais, relégués au quatrième échelon français. Zouaoui va une nouvelle fois subir les foudres du coronavirus. Après le Var, il s’envole pour la Roumanie. Le Foresta Suceava, club de troisième division, l’accueille quelques mois mais l’aventure tourne court. Deux petites rencontres passées sur les prés roumains et retour au bord de l’étang de Berre.

    C’est à Martigues que sa carrière subit un coup de boost. Une nouvelle montée en National, après une saison idyllique, une 4e place de la formation martégale la saison suivante et, enfin, l’accession en Ligue 2. « Je pense qu’il est au niveau où il doit être, mais je pense qu’il aurait pu y être plus tôt », estime Belloumou, conscient que les trajectoires de carrière ne mènent pas toujours droit au but.

    L’état de Gouiri rassurant après son choc avec l’Algérie

    Amine Gouiri a subi un choc violent avec le gardien de l’Ouganda, mardi soir, lors des éliminatoires pour la Coupe du monde 2026. L’international algérien est sorti sur civière après ce lourd contact. Les premières nouvelles sont plutôt rassurantes. Gouiri a eu l’épaule déboîtée, mais le staff médical algérien le lui a remis en place dans la foulée.

    Sa période d’indisponibilité n’est pas encore connue, l’Olympique de Marseille n’a pas communiqué sur le cas de son attaquant, qualifié pour la Coupe du monde avec les Fennecs. Sa présence, ce week-end, est forcément compromise. Pour rappel, les Olympiens accueillent, samedi soir (21h05), Le Havre pour le compte de la 8e journée de Ligue 1.

    P.G.

  • La police aux frontières agit aussi sur le port

    La police aux frontières agit aussi sur le port

    Ouverture de conteneurs à la recherche de clandestins, contrôle de permis de conduire, du poids du chargement des voitures, des passagers qui débarquent… Comme dans 21 autres départements, une vaste opération était menée ce mercredi 15 octobre par la police aux frontières (PAF) sur le port de Marseille, donnant à voir tous les aspects du métier, explique Laurène Capelle, commissaire divisionnaire, cheffe du Service interdépartemental de la police aux frontières (Sipaf).

    Dans la ligne de mire d’une dizaine d’agents, un cargo en provenance de Tunisie chargé de 51 remorques. « Avec le renfort des douanes pour les cibler, nous ouvrons des conteneurs de façon aléatoire, nous contrôlons aussi les membres de l’équipage », explique la commissaire. Une bâche arrachée attire l’attention de l’équipe. Armé d’une grosse pince, un policier coupe le plomb qui enserre la poignée du conteneur. Le signe qu’un « contrôle a été effectué au départ, nous en mettrons un nouveau en refermant », précise-t-il. À travers les palettes bien serrées, avec sa lampe torche, il examine soigneusement l’intérieur. « Elles vont jusqu’au fond, il n’y a personne », annonce-t-il avant de passer à la suivante.

    La Turquie, une voie

    de passage

    Les passagers clandestins qui arrivent par voie maritime ne sont pas légion reconnaît Laurène Capelle. « Il faut bénéficier d’une complicité extérieure, que les gens qui embarquent soient assurés de ne passer que 48 heures maximum entre le Maghreb et la France », quand une étape à Amsterdam serait bien trop risquée, explique Alain Sénès, commissaire divisionnaire, chef du SPAFP, service de police spécialisé dans la lutte contre l’immigration irrégulière à la frontière maritime sur le port de Marseille. Le plus souvent les exilés se cachent dans le bateau, « profitant de l’ouverture du garage pour s’extraire du navire », ajoute-t-il.

    Des filières ont été repérées, notamment en provenance de la Turquie. La PAF se dit particulièrement attentive à la mise en place d’une nouvelle liaison commerciale avec Marseille depuis septembre. « Le port de Sète a été précurseur, il a passé un contrat avec une société turque qui utilise des navires rouliers de ce type, des clandestins se cachaient à bord », précise le chef du SPAFP. De 300 à 400 personnes sont détectées en situation irrégulière par an sur le port de Marseille indique-t-il.

    Mais qu’on ne s’y trompe pas « notre métier c’est l’humain », insiste-t-il. Un agent confirme : les candidats à ce voyage forcé peuvent être dans un piteux état. Pour éviter le pire, des contrôleurs thermiques ne seraient pas de refus conviennent les policiers qui ont bien fait remonter le besoin. Mais ces équipements restent rares…

    Pas le temps de s’attarder, direction l’embarquement passagers où la PAF passe au crible les véhicules prêts à embarquer pour l’Algérie. Parmi eux, les « voitures chameau », savants amoncellements de bagages, sont pesées. « On regarde le poids par essieu puis on additionne pour voir si ça correspond à ce qui est autorisé », détaille un brigadier. Les permis de conduire sont littéralement examinés à la loupe, avec ultraviolet, pour repérer les faux, vendus de « 400 à 500 euros au marché noir ».

    Plus loin, la frontière se matérialise par une série d’aubettes. « Là, je scanne la pièce d’identité, elle est néerlandaise, je n’ai pas besoin de composter son passeport car il n’est pas ressortissant d’un pays tiers », explique Yannick, qui fait partie des gardes-frontières civils recrutés en 2023. Pas moins de 600 000 personnes empruntent les ferries à Marseille chaque année, le trafic étant multiplié par 6 voire 7 en période estivale avec 3 000 ou 4 000 passagers par jour…

  • L’Union départementale CGT 13 se dote d’un nouveau cap

    L’Union départementale CGT 13 se dote d’un nouveau cap

    « Dès demain, on va se retrousser les manches et on va lever les poings. » Marc Pietrosino, nouveau secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône, a donné le ton de sa mandature. Il a été élu, ce mercredi soir à la suite à trois jours de congrès qui se déroulait à la Halle de Martigues et prend donc la succession d’Olivier Mateu. « On a des échéances fortes à venir. Il y a des médias qui expliquent que le RN est fréquentable, le capitalisme est à l’offensive. On ne peut pas se passer d’une Union départementale forte dans ce département », a poursuivi celui qui est également secrétaire général de l’Union locale de la Vallée de l’Huveaune (lire ci-dessous).

    Il entend resserrer les rangs de l’organisation syndicale après un congrès marqué par des débats pour le moins houleux sur la stratégie de l’organisation. Et une ambiance électrique à l’image du dernier congrès confédéral. « On a vécu un congrès original, difficile. Il ne faut jeter la pierre à personne. Il faut prendre nos responsabilités. Personne ne sera exclu de l’Union départementale CGT 13, nous avons besoin de toutes les organisations », a-t-il martelé.

    Avant de lancer un appel à l’unité, toujours lors de son discours de clôture : « Toutes nos victoires sont collectives, toutes nos défaites sont collectives, c’est ça être une organisation syndicale. Nous avons l’habitude de chanter en manifestation qu’il n’y a pas de sauveur suprême, je ne suis pas un sauveur suprême, il n’y en a pas à la CGT. Il n’y a que des camarades, des organisations qui travaillent ensemble pour lutter contre le capitalisme et contre l’extrême droite. » Jessica Jadé, pressentie par la précédente direction pour prendre la relève n’a pas été reconduite comme secrétaire à l’organisation, de même qu’une large part des sortants.

    « Travailler tous ensemble »

    Marc Pietrosino prend donc ses fonctions avec un secrétariat et un bureau largement remaniés. Le nouveau secrétariat de l’organisation, élu en l’absence de vote « contre » de la commission exécutive, est composé de Nadia Mimoun pour l’UL CGT d’Istres, Sabrina Manka de la CGT Activités Postales, François Batista de l’UL Timone-Capelette, François Canu pour l’UL CGT Aix, Djamila Bounekir de l’UL La Rose et Pascal Galéoté, pour la CGT du Grand Port de Marseille. De quoi représenter la diversité géographique et la variété des secteurs d’activité des forces militantes CGT du département.

    « On va travailler tous ensemble, on va se rapprocher de toutes les organisations pour reconstruire cette union départementale », a expliqué Marc Pietrosino. Et autant dire qu’il aura du travail en cette période de crise politique et de successions de gouvernements. « On a, face à nous, des médias dominants qui diffusent les idées du capitalisme à grande échelle. Nous avons une grande force, nos militants, mais il faut qu’on améliore notre communication auprès des salariés. La CGT, sur le fond, a raison mais nous devons faire connaître nos idées au plus près du terrain », a développé le secrétaire général de l’UD CGT 13 en primeur pour La Marseillaise.

  • Nouvelle opération de retrait de boîtiers à clé Airbnb

    Nouvelle opération de retrait de boîtiers à clé Airbnb

    La Ville de Marseille a organisé hier une nouvelle opération médiatisée d’enlèvement de boîtes à clé de location de meublés touristiques, pour ceux en tout cas abusivement accrochés à du mobilier urbain.

    Pour cette 5e édition qui intervient quatre jours après le renvoi du procès civil des quatre premiers multipropriétaires en infraction, la mairie ciblait un secteur particulièrement stratégique. Après deux traques au Panier, une à la Plaine et une autre autour du cours d’Estienne d’Orves, c’est aux Catalans que s’est attaqué un commando d’agents municipaux emmené par l’adjoint au logement Patrick Amico et la maire de secteur Sophie Camard, tenaille à la main. Il faut dire que le secteur balnéaire compris entre les boulevards Pasteur et Charles-Livon, la rue des Catalans et l’avenue de la Corse concentre 208 locations de meublés de courte durée dont 71 de plus 130 jours par an qui, cumulés, ont réalisé 22 256 nuitées l’an dernier. C’est dire l’ampleur de ce business qui s’affranchit des règles.

    Pour préparer l’opération, les agents de la « mission ville » ont repéré ces derniers jours 62 boîtes à clé dans l’espace public sur lesquelles ils ont collé un avertissement avec injonction de retrait. Certains avaient obtempéré. Quelques boîtiers avaient été éventrés à coups de marteau ou englués, signe du seuil d’intolérance franchi pour les habitants du quartier excédé par les nuisances collatérales.

    Sous les objectifs de la presse conviée, la disqueuse municipale crépite d’étincelles à plusieurs angles de rue, sous les regards mi amusés mi interloqués des passants et des automobilistes. « Le but pour nous, c’est de récupérer de la location familiale de longue durée », explique Patrick Amico. « Ça permet de faire de la pression pour remettre sur le marché des logements pour les habitants » complète, ravie, la maire de secteur qui sait que 10% en moyenne des logements dans les 1er et 7e arrondissements sont captés par les plateformes touristiques au détriment des habitants dans une ville où 6 200 et 19 800 meublés saisonniers recensés sont en infraction : pas de numéro d’enregistrement donc pas de taxe de séjour perçue, pas d’autorisation préalable sollicitée pour un changement d’usage qui serait refusé, dépassement du seuil de 120 jours par an qui va d’ailleurs être abaissé à 90 jours au premier janvier prochain.

    « Comme un jet clandestin ! »

    Au standard d’Allo Mairie où l’on se fait passer pour un propriétaire en quête de sa boîte à clé, personne n’est au parfum que les boîtes sont récupérables aux Objets trouvés. « Mais Monsieur, c’est fini les boîtiers dans la rue ! C’est considéré comme un jet clandestin ! Y a eu un décret qui fait qu’on n’a plus le droit. C’était marqué dans les journaux », nous houspille drôlement l’agente qui bascule l’appel. « Non, c’est pas chez nous. Ici c’est le cadastre. Mais c’est vrai qu’on gère la taxe de séjour c’est peut-être pour ça qu’on vous envoie ici. La Ville a été tolérante mais depuis février c’est fini », nous dit une autre avant de basculer à l’urbanisme dont la messagerie est saturée. « On en a de cet été dans des cartons. Des gens viennent », finit par répondre un agent des Objets trouvés, boulevard de Briançon (3e). « On les garde trois mois avant de les envoyer à la fonte. Si vous reconnaissez votre boîtier avec le code c’est bon, on vous le rend. Mais de ce matin, on n’a rien. Voyez avec la police municipale… »

  • Don Quichotte de passage sur le Vieux-Port

    Don Quichotte de passage sur le Vieux-Port

    Renseignement pris, ce serait plutôt son avatar le Centaure Manolo Bez accompagné de son fidèle Sancho Pança (alias Daniel Saïd) amaigri et sans son âne, remplacé par un scooter de livraison. Ayant échappés aux pales de la grande roue de Borely, et les deux comparses se dirigeaient vers le Mucem où l’exposition « Histoire de fou, histoire d’en rire » se tient d’aujourd’hui jusqu’au 30 mars.A noter, deux journées exceptionnelle, du 15 octobre avec visites libres et guidées gratuites, bal, concert et bar sur le toit terrasse. Et celle du 4 décembre avec une projection à l’auditorium du film «Je suis la nuit en plein midi.»

    Plus d’infos sur le site du Mucem