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  • [Rue de la République] Pierre Huguet : « Là où la République plante son drapeau, le narcobanditisme recule.  »

    [Rue de la République] Pierre Huguet : « Là où la République plante son drapeau, le narcobanditisme recule.  »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque dimanche à 12h30 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies. « Rue de la République » accueille chaque semaine une personnalité marquante de la vie du territoire. Ce week-end, Pierre Huguet (G.s), président du groupe Printemps marseillais et candidat dans les 9-10 à Marseille.

    Les écoles

    Didier Gesualdi : L’ancien préfet Georges-François Leclerc a signalé une éventuelle irrégularité dans la passation de marchés publics dans le cadre du plan Marseille en grand pour la rénovation d’une école. Ça fait un peu désordre ?

    Nous l’avons appris par voie de presse avec grand étonnement. Il s’agit de l’utilisation de préfabriqués d’une école. Nous avions rencontré des difficultés avec l’entreprise qui construisait l’école de la Castellane, qui a fait faillite, et il fallait que l’on trouve une solution pour avoir des salles de classe et une cantine pour les élèves. Nous avons alors fait le choix, à l’unanimité – État et Ville de Marseille – de recourir aux préfabriqués utilisés pour l’école de Vayssière dont on avait fini les travaux. Si les choses n’ont pas été bien faites juridiquement tout le monde prendra ses responsabilités mais je veux rappeler que le plan écoles est une chance pour notre ville.

    Léo Purguette : Vous êtes aujourd’hui attaqué sur cette question, mais pouvez-vous dresser le bilan de votre action sur les écoles ?

    Certains candidats font circuler des rumeurs sur le sujet mais le débat politique mérite mieux que cela. Aujourd’hui, après six ans, ce sont 27 écoles qui ont été livrées et des dizaines de chantiers sont lancées.

    Didier Gesualdi : C’est fini « la honte de la République » puisque vous aviez fait campagne sur ce thème ? On vous accuse de ne pas aller suffisamment vite et même d’avoir fait des erreurs – administratives, l’enquête le dira s’il y en a une – en allant trop vite pour rattraper le retard.

    Nous faisons les choses avec humilité. Nous n’avons pas tout fait, tout bien fait. Par contre, nous pouvons dresser un bilan. Ce sont même les parents d’élèves, les familles qui le font, qui voient les travaux dans les écoles, les enseignants qui aujourd’hui peuvent accomplir leur mission de service public. Donc je laisse les familles, les enseignants, la communauté éducative répondre à ces attaques qui sont indignes car le débat public mérite mieux que des fake news.

    Bilan de mandature

    Léo Purguette : Au-delà des écoles, qu’est-ce qui vous a rendu fier dans ce mandat et que n’avez-vous pas réussi à faire par rapport aux engagements de 2020 ?

    Ce qui m’a rendu fier est de pouvoir rétablir la dignité. La dignité concernant les écoles, concernant les seniors car nous avons mené une politique active en leur direction, c’est aussi la politique de solidarité envers les personnes les plus vulnérables et je tiens à rappeler ici le bilan de ma collègue Audrey Garino, exemplaire dans la lutte contre la pauvreté. C’est aussi de pouvoir assurer la tranquillité publique, avec la police municipale qui a fait l’objet d’une attention particulière avec le doublement des policiers municipaux et une présence de police équipée dans tous les quartiers de la ville.

    Didier Gesualdi : C’est suffisant ce doublement ? Dans votre programme vous voulez encore multiplier par deux à terme… C’est un des sujets forts des critiques de la droite et du RN.

    Ce que nous voulons, c’est une police de proximité et personne ici ne va imaginer que la police municipale va remplacer les missions de la police nationale.

    Didier Gesualdi : Mais la police nationale n’y est plus ?

    C’est la raison pour laquelle nous avons misé sur la tranquillité publique. Le maire a annoncé récemment que nous allions mettre des postes de police municipale dans chaque arrondissement, Ce qui signifie pour les 9e et 10e arrondissements que nous allons pouvoir installer une police de proximité.

    Narcotrafic

    Léo Purguette : La campagne est dure. La semaine dernière, Renaud Muselier, très offensif sur ce plateau a parlé de syndrome de Stockholm au sujet d’Amine Kessaci mais aussi Michèle Rubirola. Votre réaction ?

    Je pense surtout à la famille d’Amine qui a très mal vécu les propos qui ont été tenus et qui attend des excuses pour les propos abjects que monsieur Muselier a tenu sur ce plateau. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir si madame Vassal cautionne ces propos. Je l’invite à méditer la phrase de Jean-Claude Gaudin : la politique est dans tout mais la politique n’est pas tout.

    Didier Gesualdi : Derrière la petite phrase, il y a la question du narcotrafic. Avez-vous fait suffisamment ?

    Tout le monde comprend bien que ce n’est pas la police municipale qui va lutter contre le narcotrafic qui est à l’échelle internationale. Pour autant nous avons pris nos responsabilités car c’est une question à 360°. Il y a la question de la sécurité mais il y a aussi le volet social et notamment le retour des services publics. C’est par exemple l’enjeu du plan Écoles, des mairies mobiles… Parce que là où la République plante son drapeau le narcobanditisme recule.

    lFI

    Léo Purguette : Pensez-vous qu’il faudra au 2nd tour se rassembler avec Sébastien Delogu, qui a, lui aussi, tenu sur ce plateau des propos qui ont fait réagir jusqu’au maire de Marseille ?

    Monsieur Delogu a fait le choix, il y a plus d’un an, de la division. Il a encore dit il y a peu que Benoît Payan ne serait plus le maire de Marseille. Cela signifie quoi ? Que c’est l’extrême droite qui va diriger cette ville ? Le sujet est là. Donc on ne peut pas jouer aux apprentis sorciers et je ne suis pas sûr que les électeurs de la France insoumise, de cette partie de la gauche partagent cet objectif. Le danger est présent. L’important est le rassemblement le plus large derrière le Printemps marseillais et Benoît Payan pour vaincre l’extrême droite.

    Didier Gesualdi : Ce n’est pas un désaccord de façade avec LFI pour se retrouver au 2nd tour derrière l’excuse de battre le RN ou la droite ?

    La politique, ce n’est pas de la façade. Ce sont des convictions et des valeurs.

    Les 9-10

    Léo Purguette : Vous êtes candidat dans les 9-10 qui n’est pas votre secteur d’origine. Pourquoi ?

    C’est un secteur que je connais, où j’ai travaillé pendant plus de 10 ans comme enseignant à la Capelette. On sait que l’extrême droite peut remporter ce secteur. Le fait d’avoir le président du groupe Printemps marseillais qui se présente est un message envoyé : il n’y a pas de fatalité et l’espoir est incarné par le Printemps marseillais. Prenons les transports, les habitants des 9-10 vivent un enfer avec cette inauguration du tramway dans la précipitation par Martine Vassal qui a créé le chaos. Une politique publique des transports se construit de manière sérieuse et comme l’a dit Lionel Royer-Perreaut, le précédent maire de secteur, on ne livre pas un tramway sans parking relais.

    Léo Purguette : Vous citez Lionel Royer-Perreaut. Vous êtes d’accord avec lui ou lui est d’accord avec vous ?

    Il n’appartient pas à la même famille politique que moi, nous n’avons pas le même parcours, pour autant je dois reconnaître que c’est un maire de secteur qui a été très apprécié des habitants car il leur a consacré une grande partie de sa vie.

    Le rassemblement national

    Léo Purguette : Le contexte difficile avec les questions de sécurité et de narcotrafic a tendance à mettre du vent dans les voiles du Rassemblement national qui se présente comme la solution. Les sondages où on vous voit à égalité avec le RN vous inquiètent-ils ?

    Le RN se nourrit des colères, des peurs, des appréhensions des transformations que notre monde connaît. Les Marseillais ne sont pas étanches à ces inquiétudes profondes. Face au RN, le Printemps marseillais, et Benoît Payan, est le seul rempart. C’est aussi le sens de ma candidature dans les 9e et 10e arrondissements : empêcher le RN de s’y implanter.

    Didier Gesualdi : Comment comprenez-vous que des habitants, malgré tous ces propos, disent « on n’a jamais tenté… »

    Mais le Rassemblement national a déjà été tenté dans d’autres villes. Regardez Fréjus, Béziers, Perpignan. On ne peut pas dire que dans ces villes les choses se passent bien pour les habitants. Donc l’enjeu est de montrer qu’il y a une alternative. Et cette alternative, c’est le Printemps marseillais, c’est Benoît Payan et ce sont les politiques publiques que nous menons depuis 6 ans et qui feront reculer l’extrême droite.

    Didier Gesualdi : Est-ce que Benoît Payan a raison quand il fait du RN le seul adversaire. On vous accuse d’avoir confisqué le débat. Est-ce que la droite n’a pas sa place ?

    Ce ne sont pas les politiques qui confisquent le débat. Il y a des intentions de vote et elles sont claires. Un sondage n’est pas une élection mais aujourd’hui les intentions de vote sont en train de se cristalliser et on voit bien que l’élection va se jouer entre le RN et le Printemps marseillais. C’est un fait. Que la droite le vive mal, je le comprends, mais il faut voir aussi quel est leur bilan sur cette ville. La droite a favorisé les fractures entre les habitants, opposé les habitants. Le bilan de la présidente de la Métropole sur la question des transports en commun notamment, est une catastrophe. Cela fait 6 ans que les Marseillais sont punis d’une certaine manière. On récolte aussi ce qu’on a semé et la droite récolte ce qu’elle a fait dans cette ville, qu’elle a abîmée.

    Didier Gesualdi : Un bastion de la droite. Vous ne partez pas favori…

    Tout est possible en politique. Dans cet arrondissement, la droite est divisée, affaiblie et vidée d’une partie de ses cadres qui sont allés au RN. Et aujourd’hui, l’élection va se jouer entre le Printemps marseillais et l’extrême droite. Il y a une très forte mobilisation derrière moi, je ne me présente pas seul. C’est un collectif qui est bien déterminé à ne pas laisser passer l’extrême droite dans ce secteur.

    Propreté et métropole

    Didier Gesualdi : Sur la compétence propreté. Quelle est la proposition du Printemps marseillais ? Que tout le monde comprenne bien : vous voulez la compétence pour la mairie ?

    Tout le monde a compris aujourd’hui que la propreté c’est la compétence de la Métropole. Il faut mettre des moyens pour faire en sorte que la ville soit propre. La proposition qui a été faite est celle de la présence d’un cantonnier par quartier. Aujourd’hui, personne ne comprend qui fait quoi. Quand les gens élisent quelqu’un, ce n’est pas pour entendre, ce n’est pas moi, c’est l’autre. Il y a quelque temps, il y avait la possibilité de récupérer la compétence de la propreté, sauf que la présidente de la Métropole ne nous donnait pas les moyens de la récupérer. Avec cette élection des 15 et 22 mars, l’objectif est bien de se donner les moyens de récupérer la gouvernance de la propreté dans de bonnes conditions.

    Léo Purguette : Changer la majorité de la Métropole fait partie de vos objectifs pour ces municipales ?

    Une Métropole n’est pas une collectivité locale. Aujourd’hui, la légitimité est issue des élections municipales. La Métropole, c’est un établissement public de coopération intercommunale. Elle doit être au service des villes, des maires et des habitants et non être utilisée comme cela a pu être fait les six dernières années contre les habitants de Marseille.

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Ahmed :

    Êtes-vous favorable à une réouverture de la piscine municipale de Luminy ?

    La piscine municipale de Luminy est à l’image de ce dont on a hérité en 2020. Une piscine abandonnée, qui s’est délabrée alors que c’était un équipement extrêmement apprécié par les habitants du quartier comme par tous les Marseillais qui allaient y apprendre à nager. C’était un peu le symbole de la dégradation des services publics dans cette ville. La question de la natation est fondamentale dans notre ville. Il faut que les enfants apprennent à nager. C’est ce qu’on a fait dans le cadre du plan sport à l’école. On a mis en place des activités dont la natation.

    Durant ce mandat on a travaillé le dossier, une procédure est en cours avec des éléments déjà votés en conseil municipal comme le lancement de la réhabilitation de cette piscine et de celle des quartiers Nord. D’ici la fin du prochain mandat la piscine de Luminy sera donc rouverte pour le bénéfice des habitants de notre ville.

  • Le carnaval de Martigues ou la fête en partage

    Le carnaval de Martigues ou la fête en partage

    Le carnaval de Martigues est de retour ce samedi dans les rues de la ville avec un programme riche et varié placé sous le signe de l’extraordinaire. Une journée de tous les records également attend petits et grands.

    Rendez-vous dès 14h sur la place des Martyrs pour le grand lancement des festivités qui se préparent depuis déjà quelques semaines dans la ville avec l’appel à la participation de tous les habitants. Entrez ainsi dans l’aventure qui se concrétise dès la rue de la transformation, rebaptisée pour l’occasion. Cette rue de la transformation est destinée à tous les participants sans costume et qui ne savent pas comment faire… C’est le lieu idéal où l’on s’occupe de tout, pour vous. Costumes de dernière minute, accessoires ou encore maquillage, une fois sorti de là vous serez transformés pour cette belle parade.

    Stands de défis, épreuves en tous genres ou encore jeux pour découvrir et explorer le champi(gn)on que vous êtes dans votre fort lointain vous attendent au départ de ce temps fort. Les petits becs sucrés auront aussi de quoi se faire plaisir dès le début avec de petites et grandes surprises qui vous attendent. Sans oublier de la sérigraphie pour celles et ceux qui auront envie de faire entendre leur voix tout au long du défilé.

    La fête encore et toujours

    Ce n’est qu’à 15h30 que la Carnavalcade s’élancera pour déambuler dans les rues et terminer cette belle journée avec une arrivée à 18h sur la place Mirabeau où, là encore, crêpes, bugnes, frites, vin ou encore jus de pomme chaud et musique joyeuses accueilleront les festivaliers pour terminer cette journée avec… une grande fête à partager tous ensemble !

    Jusqu’au 6 mars, des carnavals de quartiers sont organisés avec les scolaires, associations et habitants.

  • L’État et EDF attaqués en justice pour préjudice écologique

    L’État et EDF attaqués en justice pour préjudice écologique

    La dégradation de l’état écologique de l’étang de Berre est-elle imputable à l’État et son concessionnaire EDF ? C’est la question à laquelle le tribunal administratif de Marseille, saisi par l’Étang nouveau, va devoir répondre, à la suite de l’audience qui s’est tenue ce jeudi 5 février.

    L’association, créée en 1988 à Saint-Chamas, dénonce le préjudice subi par la plus grande lagune salée de France (15 500 hectares) dans laquelle la centrale EDF déverse 1,2 milliard de mètres cubes d’eau douce en moyenne chaque année, et la supposée « inaction » de l’État, déjà condamné pour carence fautive en 2006 par la Cour européenne de justice.

    À partir de 1966, l’eau de la Durance, qui « fournit 75% de l’eau consommée en région
    Paca
     », est détournée dans un canal usinier EDF équipé de 22 centrales pour assurer « 35% de la production électrique » du territoire, explique Jean-Luc Platon, administrateur de l’Étang nouveau. En bout de chaîne, l’usine de Saint-Chamas rejette dans l’étang de Berre une eau douce et limoneuse, mortifère pour l’écosystème de la lagune.

    Une situation dégradée depuis 1966

    Un rapport de la Commission parlementaire du développement durable et de l’aménagement du territoire, publié le 23 septembre 2020, retient ces déversements comme principal « facteur de déstabilisation de la masse d’eau ». Ce document pointe une « salinité constante avant 1966 à environ 32% » et une oxygénation « excellente jusque dans les couches profondes », qui se sont ensuite dégradées à l’apparition de la centrale hydroélectrique, avec une salinité variant entre 11 et 30% une augmentation de la stratification des eaux de l’étang, créant « des conditions anoxiques structurelles ».

    L’été 2018 a été le point d’orgue de cette détérioration, avec un épisode de malaïgue (un phénomène entraîne une chute du taux d’oxygène dans l’eau) qui a décimé la faune et la flore de l’étang. En cause : un « effet cocktail », selon le rapporteur public, dû à des températures élevées, une pluviométrie soutenue et des déversements massifs d’EDF qui a été autorisé cette année-là à procéder à des rejets exceptionnels en raison de travaux menés sur la Durance.

    L’avocat de l’association l’Étang nouveau Florian Tizot explique : « Pour que l’étang soit résilient, capable d’absorber les chocs thermiques et anthropiques, il lui faut un taux de zostères [des plantes aquatiques, Ndlr] suffisant pour se réoxygéner et se rétablir. Ce seuil, pour l’étang de Berre, est unanimement fixé à 1 500 ha. Avant l’ouverture de la centrale, il y en avait 6 500 ha. Aujourd’hui, à date, on est à 77 ha. »

    L’association réclame 200 000 euros au titre de réparation pour le préjudice moral et écologique à l’État et EDF. Une somme qu’elle souhaite allouer aux acteurs du territoire en capacité de multiplier la présence de ces herbiers.

    Un canal de dérivation

    Les conclusions du rapporteur public dans ce dossier risquent cependant de pousser le tribunal à rejeter la demande de l’Étang nouveau. Le magistrat plaide notamment des atteintes qui « s’inscrivent dans un cycle long et évolutif puisque l’état général de l’étang et les modalités d’exploitation de la centrale sont changeantes d’une année sur l’autre » et met en avant un protocole d’accord conclu le 16 septembre 2024 entre EDF et le Groupement d’intérêt public pour la réhabilitation de l’étang de Berre, suite à une médiation pénale engagée après la crise d’anoxie de 2018, qui prévoit la saisonnalité des rejets de la centrale. Une avancée insuffisante, pour l’association, qui défend l’arrêt total des déversements en misant sur une solution de dérivation qui permettrait de faire cesser le « gaspillage » et d’irriguer les plaines agricoles.

    Le tribunal administratif de Marseille rendra sa décision entre le 27 février et le 5 mars.

  • Le transport fluvial entre Fos et Lyon se renforce

    Le transport fluvial entre Fos et Lyon se renforce

    Axe majeur pour le développement du Grand Port maritime de Marseille, la liaison MeRS (Méditerranée-Rhône-Saône) bénéficie de plusieurs annonces d’investissements inédits, ce vendredi. Et ce, à la suite d’un déplacement du ministre des Transports, Philippe Tabarot, et du président-directeur général, de la CMA CGM, Rodolphe Saadé, à Lyon, la veille. Et son entreprise montre les muscles avec « le lancement d’un projet de barge fluviale électrique et hybride sur l’axe Fos-Lyon ». Un navire « durable » de 185 mètres de long et d’une capacité de 156 EVP [équivalent vingt pieds, unité de mesure de volume de conteneurs]. La mise en service de la barge est « prévue à l’horizon 2028 » et implique « la création de stations de recharge dédiées le long du Rhône ».

    40 millions pour

    un terminal

    L’entreprise annonce aussi « investissement de 40 millions d’euros » pour moderniser les installations du Lyon Rhône Terminal (LRT). Si les travaux « seront lancés dès cette année », l’horizon est fixé à 2030 cette fois et dans l’objectif de « doubler les volumes fluviaux et ferroviaires ».

    D’un autre côté, le port de Marseille-Fos, la compagnie nationale du Rhône (CNR) et les voies navigables de France (VNF) s’associent pour le lancement d’un « nouveau dispositif d’aide pour soutenir le transport fluvial de conteneurs entre Fos et Lyon ». Le tout, afin de participer à la régularité des flux sur le fleuve puisque les financements entendent « aider les opérateurs fluviaux à maintenir leurs services même en cas d’aléas ». Le port et la CNR participent à hauteur de 100 000 euros chacun quand les VNF mettent 50 000 euros sur la table. Concrètement, le dispositif « repose sur une aide forfaitaire et un suivi mensuel ».

  • La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    La CGT Marins obtient des garanties et suspend la grève

    On a voté à l’unanimité la reprise du travail suite aux réponses obtenues », annonce Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, ce vendredi soir à la sortie de l’assemblée générale des travailleurs. L’organisation « suspend le mouvement social » entamé lundi 2 février, notamment suite à plusieurs réunions en préfecture et avec les directions des deux compagnies des marins, La Méridionale et Corsica Linea. « On a un calendrier très précis pour un cycle de réunions de travail sur le programme commun des deux compagnies par rapport à la concurrence déloyale », développe Frédéric Alpozzo, évoquant un « document complet ».

    Le tout, en parallèle « d’une médiation », annoncée la veille par le ministère des Transports. « Il y a toutes les parties prenantes dans les différents cycles de réunions, on a des avancées », commente le syndicaliste. Avant de prévenir : « Ce n’est qu’une suspension, si les discussions se passent mal, on retourne au combat ! ». Pour rappel, ils dénoncent un « dumping social » de certaines compagnies maritimes usant de pavillons internationaux « sur les lignes territoriales françaises à passagers ». « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois », rappelait la CGT Marins, qui défend le pavillon français et son socle de droits sociaux.

    Il faut dire que leur mouvement avait provoqué des remous. Ce vendredi, à l’usine d’Airbus Helicopters de Marignane, Philippe Tabarot, le ministre des Transports, jouait la carte du dialogue social. « Je souhaite que l’apaisement revienne. Je comprends l’émoi d’un certain nombre de salariés par rapport à cette concurrence qu’ils jugent déloyale », assure-t-il. Si les marins réclament des garanties pour l’emploi au pavillon français depuis des mois, le ministre semble aller dans leur sens en affirmant qu’il « lutte contre le dumping social » notamment sur les liaisons transmanche.

    Des « conséquences économiques ravageuses »

    « Nous sanctionnerons sévèrement ceux qui ne respectent pas les règles. Mais tout n’est pas entre les mains de l’État », justifie Philippe Tabarot, citant les « difficultés liées au port de Sète, de compétence régionale ». De quoi renvoyer à la fameuse « médiation » lancée par son ministère. Laquelle doit « produire des conclusions rapides, dans un délai de six à huit semaines ». Il faut dire que même la Corsica Linea a dénoncé, dans un communiqué de presse diffusé vendredi matin, « les conséquences économiques ravageuses de l’expansion du dumping social ». Et a pointé directement des « compagnies maritimes opérant sous pavillons internationaux moins-disant, en dehors de tout respect du socle social minimal imposé par la loi française ». Philippe Tabarot s’est félicité de « la levée du mouvement de grève (…) les deux médiateurs désignés sont à l’œuvre pour parvenir à un apaisement durable avec tous les acteurs », précisait-il vendredi soir.

  • Avec Retailleau, la droite rejoue la carte de la sécurité

    Avec Retailleau, la droite rejoue la carte de la sécurité

    La permanence de campagne de Martine Vassal est comble ce vendredi matin pour la venue du président des Républicains, Bruno Retailleau. « Nous faisons un constat : la sécurité est la thématique qui interpelle le plus les Marseillais parce que cette violence que l’on ressent est montante », attaque d’emblée la candidate de la droite et du centre face à la presse. Alors tandis que le président et la secrétaire générale du collectif Une Génération pour Marseille signaient la veille une tribune pour demander à amender la loi sur la police municipale, adoptée au Sénat, afin de permettre le déploiement de drones équipés de vidéosurveillance algorithmique, elle met sur la table de nouvelles propositions. « Dès qu’un jeune arrive à l’hôpital blessé par balle, il faut le récupérer immédiatement », explique Martine Vassal. Alors elle propose un groupement d’intérêt public (GIP) dédié, coprésidé par la ville et la préfecture, qui réunit tous les acteurs concernés « pour repérer les signaux faibles dès qu’ils apparaissent ». Baptisé Argos, ce groupement s’appuierait sur des agents, les « argonautes », « qui vont repérer des enfants qui ne viennent plus en cours, qui pourraient être tentés de rentrer dans les réseaux ». Avec un budget de 15 millions d’euros. À ses côtés, Bruno Retailleau applaudit, appelle à l’union des droites « dans les urnes » face à la gauche. « Pour moi, LFI ce sont les pires, je me réjouis que le ministère classe la France insoumise à l’extrême gauche », glisse-t-il. Et félicite l’ancien préfet Georges-François Leclerc pour son bilan, assumant la suppression de la préfecture de police. Quitte à trancher avec le panorama sécuritaire dressé par Martine Vassal. « J’adore les chiffres, mais à un moment il faut regarder les faits », balaie-t-elle.

  • Le Printemps marseillais célèbre ses nouveaux militants

    Le Printemps marseillais célèbre ses nouveaux militants

    Dans le sous-sol du local de campagne du Printemps marseillais, quelques téléphones sortent timidement pour accueillir Benoît Payan. Ce vendredi soir, le maire et candidat a mis de côté pour quelques moments son agenda pour aller à la rencontre des nouveaux militants qui ont rejoint sa campagne. « C’est la première fois que je vois ça, que des militants entrent spontanément dans un local pour dire je veux aider, je veux faire quelque chose », partage-t-il, face aux quelque 80 personnes rassemblées là. Avant de présenter sa vision du scrutin à venir : « Ce qui se joue ce n’est pas de savoir si Marseille va être une ville de droite ou de gauche, c’est de savoir si elle va basculer au Rassemblement national ou si elle va garder ce qu’elle a toujours été. »

    Devant lui, des militants de tous âges, de tous secteurs. Pour certains, c’est la première fois qu’ils pourront voter, à l’image d’Ulysse Basset, étudiant en première année de Sciences politiques à Marseille. « Je viens de Sausset-les-Pins, témoigne-t-il. Là-bas, le député, c’est le candidat du RN, il n’a rien fait et là j’apprends qu’il se présente à Marseille… » Alors il a poussé la porte, et lui qui n’avait milité dans aucune organisation a franchi le pas. « L’élection risque d’être serrée, c’est pour ça que je veux participer », appuie-t-il. Éducatrice à la Ddass, Anouchka Lahreche a elle poussé la porte à l’occasion de l’inauguration du local. « Le RN à Marseille, ce n’est pas possible, ici on est de toutes les origines, au Vélodrome, on voit de tout… C’est pour ça que je viens », explique la quinquagénaire. Persuadée de la victoire. « On va tout faire, je vais aller partout », sourit-elle.

    Unir la gauche

    Certains ont déjà fait d’autres campagnes, comme Ahmed Mansessour, engagé dans l’association CLCV qui a hésité à rejoindre Nora Preziosi. « Dans les 13-14, on a eu l’extrême droite, on a eu la droite, il n’y a eu aucun changement », souffle-t-il. Sur scène, les cadres socialistes se succèdent. « Cette élection va être très serrée, cela va se jouer à quelques voix, c’est vous qui ferez la différence », assure le directeur de campagne Arnaud Drouot. Après lui, le responsable à la mobilisation Thomas Roller remonte le fil de la campagne, avant la présentation de l’application qui servira à militer. « On n’est pas dans une primaire de la gauche dans laquelle on peut se donner le luxe de ne pas donner le maximum de forces au candidat le mieux placé », insiste-t-il. En face, les militants sont déjà convaincus.

  • L’OM recevra Toulouse pour son quart de Coupe

    L’OM recevra Toulouse pour son quart de Coupe

    L’OM affrontera Toulouse en quart de finale de la Coupe de France.

    Vu les clubs encore en lice, les chances de tirer un « petit » étaient impossibles, car, sur les sept rescapés, un seul club, Reims, n’évolue pas en Ligue 1. Et encore, les Champenois y étaient encore la saison dernière. Depuis l’entrée dans le XXIe siècle, c’est la troisième fois que l’on retrouve autant d’équipes du premier niveau du championnat de France encore en lice dans l’épreuve reine du football.

    Les fois précédentes remontent aux éditions 2010 et 2013. Pour celles en cours, seuls cinq ont été éliminés depuis les 32e de finale, et trois par des clubs d’une division inférieure. À savoir Avranches (N2) qui a sorti Brest, alors que Le Havre et Metz ont été éliminés par Amiens et Montpellier, clubs de Ligue 2. Il s’agit du plus faible total des cinquante dernières années.

    Trois ans après

    Côté OM, depuis l’entrée en lice, les hommes de Roberto De Zerbi ont réussi un sans-faute. Avec deux qualifications faciles face à Bourg-en-Bresse (N1) et Bayeux (R1), obtenues en déplacement. Plus une qualification plutôt tranquille aux dépens de Rennes au Vélodrome.

    Au total, les Olympiens ont inscrit 18 buts et n’en ont concédé aucun. Ce qui tranche par rapport aux difficultés qu’ils éprouvent en championnat. Trois ans après, ils sont à nouveau en quart de finale.

    Comme en 2023, les Marseillais auront l’avantage, théorique, de recevoir. Le sort leur a réservé Toulouse. Un adversaire du ventre mou de la Ligue 1. Mais qui, lors de sa venue pour le championnat, était parvenue à faire déjouer les Olympiens, arrachant le nul (2-2) dans le temps additionnel. 2-2, c’était aussi le score final du quart de finale contre Annecy, que les Haut-Savoyards avaient finalement gagné après les tirs au but.

    Cette fois, les Phocéens n’auront pas le droit de décevoir. Car la route vers la finale, et une éventuelle onzième levée, s’est dégagée avec l’élimination du PSG en seizième de finale. Alors que Lyon et Lens, les rivaux les plus dangereux, seront opposés dans un quart de finale qui s’annonce explosif au stade des Lumières.

    Lorient-Nice est le troisième face-à-face entre clubs de Ligue 1. Un duel indécis entre deux équipes qui cherchent à éviter la descente en Ligue 2.

    Ligue 2 dont Reims, dernier représentant, défendra ses chances face au vainqueur de Strasbourg-Monaco, disputé hier soir.

    Quarts de finale

    – Strasbourg/Monaco – Reims (L2)

    – Lorient – Nice

    – OM – Toulouse

    – Lyon – Lens

    Matches entre les 3 et 5 mars.

  • Le Nomad’ va se sédentariser dans le quartier des Crottes

    Le Nomad’ va se sédentariser dans le quartier des Crottes

    Une nouvelle page s’écrit pour le Nomad’. Après avoir été chassé il y a plus de deux ans par les projets d’Euroméditerranée du boulevard de Briançon, à Arenc, où il était implanté depuis 1999, « le premier lieu dédié à la création musique et jeune public retrouvera un lieu fixe en janvier 2027 », annonce Julian Crozat, son chargé de projet. « Nous allons intégrer le futur campus de la Plateforme », indique-t-il pour parler de ce qui est actuellement un chantier de 25 000 m² dans le quartier des Crottes, censé également accueillir une école du numérique ou encore la future antenne de la Cinémathèque française. Créé il y a 25 ans par les frères Haddjeri, le Nomad’ disposera ainsi d’un auditorium de plus de 1 000 places « avec gradin télescopique et balcon, d’un foyer, d’un espace d’accueil ainsi que d’un bar-café dédié à de plus petits événements », se réjouissent ses équipes actuellement hébergées dans la salle de concert du Moulin, à Saint-Just, que la Ville de Marseille a acheté en 2024 et qui doit voir un appel à projet pour sa prochaine gestion, lancé ce mois-ci. Au sein de la Plateforme, « épicentre » de ses activités, le Nomad’ « proposera une programmation jeune public d’ampleur mais aussi une programmation de musiques actuelles ». Il aura aussi à sa disposition « un jardin d’expérimentation » et un second espace de 140 m² où seront déployés « des ateliers d’éveil musical, des spectacles avec petite jauge ». Un « trait d’union » avec le quartier et ses habitants qui sera « ouvert aux crèches, écoles, familles, structures médico-sociales avec des créneaux réservés », précise Julian Crozat.

    La paix

    D’ici là, les équipes du Nomad’ ne chôment pas et se préparent à lancer la 12e édition de Babel Minots. Un festival musical dédié à la jeunesse qui investira une quinzaine de structures culturelles marseillaises. Avec une mouture axée autour de la paix, comme l’illustre son affiche détournant la pochette d’album du groupe U2, War. « À l’heure où il faudrait préparer les enfants à la guerre », explique son programmateur Julien Villatte, Babel Minots leur « apporte des clés d’émancipation et un capital culturel en défendant la création musicale jeune public, toutes esthétiques confondues ». Illustrations avec une trentaine de représentations, parmi lesquelles celles de Zola… pas comme Emile!. Visible gratuitement au Théâtre de l’Odéon, le 11 mars, et incarné par Forbon N’Zakimuena, « le récit autobiographique et rappé d’une personne qui a perdu son nom en arrivant en France », qui va retracer « le parcours administratif pour retrouver son nom d’origine ».

    Programme complet du festival sur www.babelminots.com

  • La préfète de police lance des assises de la prévention

    La préfète de police lance des assises de la prévention

    « La lutte contre les stupéfiants ne fonctionne que si on a deux jambes, le répressif et la prévention » pose la préfète de police déléguée, Corinne Simon, à la veille du lancement d’assises sur le sujet. « Il se passe plein de choses mais chacun fait ça dans son silo », poursuit-elle. L’idée : « mettre en place un plan départemental de lutte contre l’entrée des jeunes dans la délinquance et le trafic de stupéfiants » en favorisant « l’échange d’informations avec les acteurs qui se trouvent autour de l’enfant, pour anticiper et agir ».

    « On a besoin d’avoir des signaux faibles » détaille la préfète, « un jeune qui a un taux d’absentéisme à l’école, ne va plus à son club de sport, change de copains, en rupture avec ses parents… Tout ça mis bout à bout, ce sont des alertes ». Pas de « grand raout » mais du « pratico-pratique », promet-elle avec une première réunion pour faire « un état des lieux ». Les objectifs seront définis « ensemble ».

    Autour de la table ce vendredi 6 février, 25 coordinateurs des CLSPD (Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance), obligatoire pour toutes les villes de plus de 5 000 habitants, soit 51 dans le département, des représentants de l’Éducation nationale, de la PJJ, de la Mildeca (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives), les trois procureurs de la zone, le responsable du centre loisirs jeunes de la police nationale 13 (CLJ), des délégués du préfet pour la politique de la Ville. Dans le cadre d’un appel à projets de la Mildeca, « Limits », deux communes des Bouches-du-Rhône sur les 30 retenues en France, viendront aussi partager leur expérience. Pas d’élus pour cause de municipales, ni d’associations, en période de subventions.

    Une cellule d’appui

    Quand on objecte que ces assises arrivent bien tard, au regard des appels à l’aide des acteurs de terrain, la réponse tombe. « On n’a pas attendu pour faire des actions » balance Jean-Christophe Roux, chef du bureau de la prévention de la délinquance, à la manœuvre avec Pierre Gilardeau, directeur de cabinet adjoint de la préfète. « Chaque année, au Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, je présente ce que l’on fait avec le CLJ. On est passé de modules de lutte contre l’addiction à un module basé sur la notion de dette [qui fait que] le jeune ne peut plus sortir du réseau, basé aussi sur l’expérience des jeunes ciblés sur des collèges », précise-t-il.

    En « lien avec la Mildeca », précise Pierre Gilardeau, la préfète et son équipe réfléchissent aussi à la création d’une cellule administrative départementale « qui pourrait apporter un appui au travail fait par les communes qui a peut-être ses limites » explique Jean-Christophe Roux, à l’image de la Cepraf, cellule de prévention de la radicalisation et d’accompagnement des familles. Prochaine étape avec une seconde réunion à l’été.