Tag: Marseille

  • Le CNM se prépare à défier Hanovre

    Le CNM se prépare à défier Hanovre

    À trois jours d’un premier match de Ligue des Champions, il est difficile de penser à autre chose. Même quand un derby provençal face au Pays d’Aix Natation se trouve sur le chemin.

    Bien qu’ils soient repartis avec la victoire (21-9), samedi soir au bassin Pierre-Garsau, les poloïstes du Cercle des nageurs de Marseille ont pris leur temps avant d’allumer le moteur et laisser la machine marseillaise prendre vie. « On a beaucoup travaillé ces derniers temps. Je pense que l’état d’esprit y était, mais le corps n’a pas suivi. On aurait dit que c’était mou. Avec tout le respect que j’ai pour Aix, on a quand même le match de Ligue des Champions en tête », reconnaît Ugo Crousillat.

    L’international français, passé par le club aixois lors de la saison 2017-2018, retient quand même des points positifs dans ce derby provençal. « Même si on a mal commencé en défense, on a réussi à se mettre dans le bain. On encaisse que neuf buts finalement. C’est encourageant », ajoute l’ancien lauréat du Graal européen avec l’écurie hongroise de Szolnok, en 2017.

    Lui et ses coéquipiers se tournent désormais vers leur prochaine rencontre : la réception de Hanovre, mardi (20h30). Le récent champion d’Allemagne reste sur une victoire de choix (14-10), samedi, en finale de la Supercoupe d’Allemagne face à son rival de Spandau 04.

  • Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Les socialistes veulent faire de Marseille un exemple national

    Comment répondre à la crise provoquée par Emmanuel Macron ? « Avec l’union évidemment et dans les Bouches-du-Rhône, on sait faire ! » À la Fête de la Rose, ce samedi 11 octobre, le premier secrétaire de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, Yannick Ohanessian, annonce la couleur, du rose à l’arc-en-ciel. Il ne s’agit pas là d’une réunion de militants, mais d’un « rendez-vous avec l’histoire ». Où le contexte national s’entrechoque avec les enjeux des municipales. Et d’ériger Marseille en exemple, un « terrain d’union, témoin d’une gauche rassemblée et responsable » qui « redonne de la dignité » quand, à droite, la candidate Martine Vassal (DVD) lorgne sur l’extrême. « Elle veut se servir de Marseille, pas servir Marseille », balance Yannick Ohanessian, pour qui elle représente « toujours la même droite rigide et rance ».

    Dans la salle des Tables de la Friche, on retrouve presque toutes les composantes de la gauche, du sénateur PCF Jérémy Bacchi à l’écologiste Didier Jau, en passant par l’Après 13 avec Katia Yacoubi, des syndicalistes aussi.

    « Revenir à ce que

    nous sommes »

    Les maires PS d’Avignon, Cécile Helle, et de Vitrolles, Loïc Gachon, celle des 1-7 à Marseille, Sophie Camard (GRS), rappellent, lors d’une table ronde, combien ils sont en prise directe avec les citoyens. Loin de « l’ego trip de la présidentielle », commente cette dernière.

    Kamel Guemari, pilier de l’Après M, McDo devenu resto solidaire à Sainte-Marthe (14e), insiste : « il ne faut pas reproduire ce que l’on a déjà subi, les échéances sont courtes. »

    Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, lui, martèle : « Faites de Marseille un exemple national, nous devons gagner les municipales avec la gauche rassemblée », avant de laisser la place à celui qui l’incarne : le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG). « Il est temps de revenir à la genèse de qui nous sommes », s’enflamme l’élu, rappelant l’histoire du congé maternité, de l’abolition du travail des enfants ou de la réduction du temps de travail, des « conquêtes sociales », dont les « mêmes toujours nous disaient que ça allait être une catastrophe ». Il n’oublie pas de tirer sur LFI, affirmant sa « honte » quand il entend « certains députés pointer du doigt les communistes, oubliant que le parti des fusillés s’est levé avec les socialistes, les gaullistes, pour défendre nos libertés ». Vient le tour de la droite, avec sa honte « pour ceux qui oublient leur passé qui, se réclamant de l’héritage du général de Gaulle, sombrent et rampent devant les héritiers de Vichy ». Avant d’asséner, solennel : « nous n’avons pas été élus pour faire des compromissions mais pour changer la vie des gens. »

  • Soleil, bord de mer et daube au menu à l’Escale Borély

    Soleil, bord de mer et daube au menu à l’Escale Borély

    Ils sont plusieurs restaurateurs à s’être regroupés, samedi 11 octobre à l’escale Borély, à l’occasion du grand banquet proposé dans le cadre de la deuxième édition du festival Mars à table, organisé par la Ville et l’office de tourisme.

    Alors que les tables sont installées, que le DJ assure l’ambiance musicale suivi de près par une fanfare et que les enfants s’affairent autour de la pêche aux canards, du stand de maquillage et du terrain de pétanque, les organisateurs eux se pressent, parasols à la main, pour que les participants déjà nombreux à midi, ne crament pas sous un soleil au zénith.

    Le cadre est idéal et la météo l’est encore plus pour déguster la traditionnelle daube de bœuf ou de poulpe, plus méditerranéenne, réalisée par l’Équinoxe, le Sport Beach, le Greenwich et les Mouettes. Des institutions. « C’est un vrai bonheur d’être ici, il fait un temps magnifique, le soleil brille et on vient profiter d’une délicieuse daube qui nous est proposée par Monsieur le maire. C’est chaleureux, tout est parfait », sourit Odile 76 ans, attablée avec son amie Annie.

    Un événement fédérateur

    Un événement festif, convivial et familial qui met à l’honneur les spécialités locales. Que demander de plus ? « C’est la curiosité qui nous a attirés ici et, en tant que Marseillaises, on est sensible à ce qui se passe dans notre ville », poursuit Annie. Sans oublier que les grandes tables de repas font partie d’une coutume méditerranéenne vieille comme le monde, qui veut que l’on se rassemble sur de grandes tablées et que l’on partage un repas, tous ensemble. Peu importe qui on est et d’où l’on vient.

    « C’est la convivialité, on partage la table et ça fait toujours plaisir », note la septuagénaire. Mathieu, 42 ans, venu avec sa compagne et sa fille de 3 ans, est ravi de cette initiative : « Le repas proposé et la thématique nous ont vraiment donné envie, car ce n’est pas un plat qu’on a l’habitude de manger. »

    Le lieu occupe aussi une place de choix dans l’envie pour la famille de découvrir Mars à table. « Il faut garder ce lieu, on est vraiment bien ici. C’est bien que des choses s’y passent et qu’on ne fasse pas tout sur le Vieux-Port. Les grandes tablées sont un véritable atout pour l’événement. C’est souvent un truc d’anciens de se mettre les uns à côté des autres alors que là, il y a beaucoup de jeunes et de familles », s’enthousiasme Audrey.

  • Le petit « rocher » De Reviers, jeune pierre précieuse à polir

    Le petit « rocher » De Reviers, jeune pierre précieuse à polir

    D’un naturel discret, presque timide, Audoin De Reviers (19 ans) est un travailleur de l’ombre. Fidèle à son caractère, il agit dans l’eau sans faire d’esclandre.

    Surnommé « rocher » par ses coéquipiers, en raison de son côté « costaud avec un petit manque de mobilité » comme le narre son modèle Mickaël Bodegas, cet enfant du Cercle des nageurs de Marseille s’est fait une place au sein de l’équipe professionnelle dès ses 17 ans. « Je me sens vraiment très bien, j’ai été bien intégré au groupe. Même si c’est dur physiquement, et parfois mentalement, parce que c’est quand même un autre niveau que les jeunes, je vis vraiment une belle expérience. Il y a beaucoup de choses à apprendre que j’essaie d’assimiler au maximum », raconte l’étudiant à l’école d’ingénieurs de Polytech Marseille. Il doit quotidiennement jongler entre ses heures de cours et ses séances d’entraînement. Un véritable numéro d’équilibriste. « Le matin, je vais dans l’eau, après je vais en cours de 13h30 à 17h30, puis je suis de nouveau dans l’eau entre 18h et 21h. Les journées sont longues, mais j’arrive quand même à bien dormir », s’amuse Audoin, encore indécis sur son avenir. « Pour l’instant, je n’ai pas encore fait mon choix », révèle-t-il.

    Prêt pour un long voyage ?

    « On espère qu’il va progresser et qu’il va s’accrocher à fond à ce projet, mais on veut ce qu’il y a de mieux pour lui », insiste l’entraîneur du CNM Milos Scepanovic, conscient du choix cornélien qui s’offrira bientôt au jeune Marseillais : la poursuite de ses études pour assurer ses arrières ou le sacrifice pour se consacrer à une carrière professionnelle dans le water-polo ? « Est-ce qu’il est prêt pour partir dans ce long voyage ? », s’interroge l’ancien gardien international du Monténégro, persuadé que « sa combativité, son esprit, sa solidité dans l’eau et dans les duels » sont des qualités pour faire de lui un grand poloïste. Avant d’aspirer à devenir le prochain Thomas Vernoux, le petit De Reviers doit gagner en expérience. « Mon objectif est d’avoir plus de temps de jeu et planter plus de buts que l’année passée », souligne celui qui n’a pas été retenu pour le derby provençal, samedi (18h), face au Pays d’Aix. Une petite frustration pour Audoin, déterminé à l’idée de prouver sa valeur.

  • [Portrait] Michel Potoudis, débatteur et metteur en liens

    [Portrait] Michel Potoudis, débatteur et metteur en liens

    Un récit de vie s’articule souvent autour des impressions de l’enfance et de l’adolescence. Rien ne prédisposait Michel Potoudis pour qu’il devienne un militant de l’éducation populaire, un enseignant d’économie des classes de Prépa du lycée militaire d’Aix-en-Provence. Proportions gardées et sans légende, son itinéraire ressemble au parcours de la chorégraphe Pina Bausch qui se souvenait pour ses spectacles des prolétaires et des prostituées qu’elle rencontrait au café Müller de ses parents.

    Son père était en Turquie un grec de Smyrne. Chassé par la guerre, il apprend le français à Oran avant de faire sa place à Marseille comme ouvrier métallurgiste et porteur de sacs de charbon. Notis Potoudis (1923-2005) épouse une jeune femme venue de la Nièvre, de 17 ans moins âgée que lui. Leur fils est né en 1956. Sa mère tient un bar rue d’Endoume avant de gérer une baraque proche des Docks et d’Arenc. Ensuite, avec sa clientèle d’ouvriers et de routiers, le Bar de l’Indépendance, 234 boulevard de Paris fut pour Michel un lieu d’amitiés et d’interrogations à propos de l’injustice sociale.

    Un instituteur conseille ses parents. Michel Potoudis apprend le latin et le grec à l’École de Provence, boulevard Sicard ; les jésuites sont des pédagogues qui ouvrent des chemins pour donner des cours d’alphabétisation à la Cimade, rue d’Aix. Non pas parce qu’il se perçoit comme un leader, mais comme souvent, parce qu’il se sent « poussé par les autres », Michel accepte d’être élu délégué de classe, forge ses convictions. Autre lieu de clarté pour un adolescent, les années lumineuses de Bourseiller du Théâtre du Gymnase : il découvre les mises en scène de Jean-Pierre Vincent et Patrice Chereau, Jean-Louis Barrault dans un solo de deux heures pour un texte de Jean Vauthier. Après son Bac, plutôt que devenir un philosophe à l’Université, il cherche des armes pour « transformer le monde » : il choisit d’étudier les sciences économiques et sociales, représente l’UNEF dans plusieurs instances et milite à l’UEC. Sa thèse concerne les conflits du monde du travail : il mène des enquêtes auprès des syndicalistes à propos des luttes chez Ugine-Acier.

    Une retraite active et inventive
    Sa carrière d’enseignant entre Aix et Marseille qui s’achève en juillet 2023 au lycée Saint Charles le confirme pleinement, Michel Poutoudis est un personnage cultivé et discret, à l’aise dans tous les milieux, un esprit critique soucieux de partager avec autrui les expériences de sa vie. Quoiqu’à la retraite, il conserve un pied au lycée St Charles, informe par voie de mail les lycéens pour les emmener dans des débats avec le festival Allez savoir autour de la désinformation ou bien via le pass cuturel dans des spectacles au théâtre Joliette ou à la Criée : sous sa houlette une trentaine de lycéens rencontrent une dirigeante de Mediapart, réfléchissent à propos de l’actualité d’Antigone, assisteront prochainement à une représentation de « 65 rue d’Aubagne ».Il est temps d’évoquer les intenses activités orchestrées depuis plus de deux ans par son association Coudes à Coudes à l’intérieur de l’espace public marseillais. Sans subventions, loin des grandes machines des Festivals, grâce aux relais de ses nombreux amis, pour la joie des partenaires qui lui font confiance (entre autres la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, la Bibliothèque de l’Alcazar, des éditeurs, les librairies de l’Hydre, Maupetit et Transit, les mairies du 1-7 et du 4-5, la Compagnie Manifeste Rien, le cinéma Pathé Madeleine et la Baleine) Coudes à Coudes échafaude avec des universitaires et des militants des débats publics dans des lieux étonnamment diversifiés (Hyperion aux Cinq Avenues, l’auditorium de l’Alcazar, un micro-lieu comme Hang’Art). Chaque fois l’objectif, c’est autour d’un livre ou d’un thème (le racisme, le travail, le logement, le service public, l’inceste et la transphobie, les Biens Communs ou la décolonisation) d’inviter des personnes capables de susciter « horizontalement » des prises de paroles citoyennes.

    Cette passionnante démarche mérite clairement des aides ponctuelles des collectivités locales, un maximum de canaux d’informations. On croise les doigts pour que l’aventure de Coudes à Coudes ne dépende pas seulement de l’ingéniosité et de la ténacité de son programmateur. Par les temps qui courent, sa combativité est une merveilleuse antidote !

    Pour news-letter, écrire à michelpotoudis@gmail.com

  • « Avec les neutrinos, nous espérons avancer vers une nouvelle physique »

    « Avec les neutrinos, nous espérons avancer vers une nouvelle physique »

    La Marseillaise : Le détecteur Juno (en Chine) et Orca (au large de Toulon, dans le cadre du projet KM3NeT) visent à étudier les propriétés fondamentales du neutrino, notamment sa masse. En quoi sont-ils différents ?

    L’idée de ces deux détecteurs n’est donc pas de faire naître une nouvelle astrophysique exploitant
    les neutrinos pour observer des phénomènes cataclysmiques à l’autre bout de l’Univers
    ?

    J.B. : Non, ça c’est le rôle d’Arca, l’autre détecteur de KM3NeT au large de la Sicile (Italie) qui traque les neutrinos de plus haute énergie. Orca et Juno ont une portée plus fondamentale. Nous espérons qu’ils nous permettront d’avancer vers une nouvelle physique et de nouvelles théories car il existe des questions auxquelles le modèle standard de la physique des particules ne permet pas de répondre.

    Par exemple ?

    J.B. : Une des grandes questions est de savoir pourquoi il y a plus de matière que d’anti-matière dans l’Univers. La théorie dit qu’il devrait exister autant de l’une que de l’autre. La physique du neutrino pourrait apporter des réponses.

  • Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Juno : un nouveau détecteur géant pour la chasse aux neutrinos

    Alors que deux détecteurs de neutrinos sont en cours de déploiement au fond de la mer Méditerranée avec le projet KM3NeT, un troisième est entré en service en Chine : Juno. « Un projet XXL », insiste José Busto, chercheur au Centre de physique des particules de Marseille (CPPM) et impliqué dans le projet depuis une dizaine d’années. Le détecteur est composé d’une sphère de 35 mètres de diamètre plongée dans une piscine enfouie à 700 mètres sous terre. Et il est complémentaire aux deux autres : « Ils observent des neutrinos différents », ajoute le chercheur. Ceux produits sur Terre par des centrales nucléaires pour Juno. Ceux venus de l’atmosphère ou du cosmos pour KM3NeT. Pendant dix ans, Juno étudiera les propriétés fondamentales de cette particule élémentaire –une brique de base, indivisible, de la matière– encore très méconnue.

    Théorisé en 1930 et découvert en 1956, le neutrino n’interagit avec presque rien –ce qui le rend difficile à détecter- et a une masse presque nulle. « Si faible qu’on a longtemps pensé qu’il n’en avait pas, souligne José Busto. Jusque dans les années 2000… » Aujourd’hui, les physiciens veulent étudier cette masse et notamment la hiérarchie des masses. Car il existe trois types de neutrinos : le neutrino-électronique, le neutrino-muonique et le neutrino-tauique. Lequel est le plus lourd ? Le plus léger ? « Nous avons des indices, mais c’est encore incertain », admet José Busto. Pour y voir clair, ils souhaitent étudier le phénomène d’oscillation -c’est-à-dire le passage des neutrinos d’un type à l’autre.

    Physique fondamentale

    Juno est positionné entre deux centrales nucléaires chinoises : celles de Yangjian et de Taishan. « Les centrales nucléaires produisent beaucoup de neutrinos », souligne José Busto. Mais il s’agit de neutrinos-électroniques à basse énergie. « Placer un détecteur à proximité est bien pratique pour les étudier », ajoute-t-il. Très précisément, Juno se situe à 53 kilomètres de chacune des centrales. « Selon les calculs, c’est là que se produira le plus d’oscillations », explique le chercheur. Quand un neutrino-électronique interagit avec le liquide contenu dans la sphère du détecteur, cela produit une réaction qui émet une lumière caractéristique. Ce signal permet de détecter l’interaction du neutrino, sa position, son énergie… « Le détecteur doit être ultra-sensible et s’affranchir des effets de la radioactivité ambiante », insiste José Busto. C’est là qu’a résidé la principale contribution du CPPM.

    À travers cette étude de la masse des neutrinos et du phénomène d’oscillation, les scientifiques espèrent répondre à des questions de physique fondamentale (voir interview). « Des premiers événements ont déjà été observés », glisse José Busto. Mais ils servent pour l’instant à calibrer le détecteur. Il faudra être patient avant d’obtenir les premiers résultats réellement utiles.

  • [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    [Le Grand Entretien] Sinclair : « Quand on reste sincère, on ne meurt pas »

    La Marseillaise : Peut-on le voir votre « Best of studio » comme un retour aux sources ou bien une renaissance ?

    Sinclair : Des deux manières. C’est un moyen de faire partager aux gens qui m’ont un peu oublié, ou qui ne savaient plus trop ce que j’étais, ce que j’avais fait auparavant. Quand on a décidé de repartir sur les routes faire des concerts, je me suis dit que le moyen le plus sain et évident était de sortir un best of. J’ai rajouté des inédits, des versions démo de certains titres emblématiques. Il faut savoir que moi, je suis producteur et éditeur de ma musique. C’est de l’artisanat.

    Vous retrouvez l’ADN du funk français qui vous a caractérisé. Quelle est la différence avec le funk américain, si ce n’est la langue ?

    Sinclair : Le funk reste un style difficile à définir en France, car il est rarement arrivé ici, hormis des choses très commerciales, mais malgré tout superbes, comme Earth Wind & Fire, Kool & the gang ou Prince. Le funk, à la base, est un mélange de rock, de jazz, de soul…. c’est une fusion. Le funk français, c’est ce mélange de musiques avec des paroles et une façon de chanter en français. Avec, parfois, d’autres influences : certains de mes titres comportent, par exemple, de l’accordéon.

    L’époque qui vous a vu cartonner, celle des années 1990-2000, a été le climax, puis le déclin du disque. Avez-vous eu, à l’époque, le sentiment d’être avalé par l’industrie musicale et les majors, qui ne voient les musiciens que comme un produit de consommation ?

    Sinclair : Ce qui est sûr, c’est que cela n’a pas changé. C’est même devenu encore pire avec les plateformes. Après, en ce qui me concerne, j’ai eu la chance que mon père soit ingénieur du son et baigne dans ce milieu. J’ai donc pu faire un premier album de manière artisanale. Beaucoup de gens à l’époque m’ont dit : « reste producteur et éditeur, ça te sauvera la vie un jour. » Si je n’avais pas été artiste indépendant, je ne serai pas là depuis longtemps. La vie, c’est une bataille. Si vous ne vous battez pas, quelqu’un le fera pour vous. Mais du coup, il mangera aussi à votre place. De nos jours, on ne gagne pas bien sa vie en vendant des albums ou en passant sur des plateformes. Mais, à mes yeux, ce qui a été le nerf de la guerre n’a jamais été l’argent, mais plutôt la liberté artistique. C’est comme ça qu’on devient indépendant.

    Après votre apogée, le public vous a connu dans des émissions de télécrochet ou téléréalité. Regrettez-vous certains choix ?

    Sinclair : Mon choix de faire La nouvelle star était intéressant à l’époque, car j’avais besoin de faire une pause dans mes concerts. Je ne regrette absolument rien. ça a surtout témoigné de la possibilité de faire d’autres choses après de gros passages à vide. Dans l’ensemble, je suis quand même content d’avoir eu ce parcours et d’être encore là aujourd’hui, de savoir que des gens m’attendent encore dans les salles. Une espèce de cycle vient de passer. J’ai l’impression d’avoir traversé l’épreuve du temps. Je me dis que, quand on reste sincère, qu’on bosse ce qu’on aime, on ne meurt pas.

    Après votre traversée du désert, le public est de retour dans vos concerts. Une reconnaissance de votre authenticité ?

    Sinclair : Il y a de ça. Le monde dans lequel on vit est devenu tellement fou qu’on ne peut pas distinguer, si on n’a pas l’œil averti, une vidéo en intelligence artificielle d’un discours de haine déguisé en discours populiste. On est envahi par les réseaux sociaux. Il faut être sincère et humble. Et c’est ce que le public a envie d’entendre sur scène, de la musique. Il y a bien sûr un côté nostalgique, mais je propose de la musique au présent avant tout. ça peut paraître bizarre de dire ça mais, dans mon concert, tout est joué en direct. Il n’y a aucun playback et de l’humain partout.

    Vous êtes aussi installé à Arles depuis 7 ans, où vous avez monté le label Rocket records. Une ville qui a aussi joué un rôle dans votre renaissance ?

    Sinclair : Je me suis toujours dit qu’un jour, j’y habiterai. au premier regard. Cette ville m’a permis de me reconstruire car elle est à taille humaine, avec une énergie particulière. On y a monté un petit collectif pour faire des soirées DJ. Grâce à cela, j’ai repris confiance et j’ai produit un artiste, Aissa Malouk, qui va partager la scène avec moi lors de la tournée. J’ai trouvé à Arles quelque chose de rassurant.

    Dans votre tube « Tranquille », sorti en 1994 et que vous reprenez dans votre « Best of studio », vous chantez : « on ne choisit pas sa mentalité, c’est pourquoi je trouve bien troublant que des gens se fassent insulter pour des questions d’identité. » Des paroles qui trouvent hélas toujours un écho dans la société actuelle, avec l’extrême droite plus que jamais aux portes du pouvoir…

    Sinclair : Ce qui est étrange, c’est qu’il y a 30 ans, je chantais la liberté et la tolérance en imaginant que les choses allaient bien évoluer. Malheureusement, c’est quelque chose qui décline. Aujourd’hui, les gens ne pensent qu’à l’argent. ça ne peut pas marcher comme ça. Ils s’accrochent à des idées reçues et à leur téléphone, où ils ne reçoivent que de la merde. Moi, avec mes concerts, je veux leur donner la possibilité de kiffer l’instant présent pendant une heure et demie.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • [Recette] Filet de rouget en portefeuille, seiche et purée de fenouil

    [Recette] Filet de rouget en portefeuille, seiche et purée de fenouil

    – 2 rougets entiers

    – 1 seiche

    – 2 fenouils

    – Un peu d’encre de seiche

    – De quoi faire une mayonnaise

    – De l’huile d’olive, de l’huile neutre et du sel fin

    – un brin de thym frais

    Pour débuter, coupez les nageoires des rougets à l’aide d’une pince, puis écaillez-les à la main en partant de la queue. Coupez la tête et réservez, videz les entrailles et coupez de chaque côté dans le sens de la longueur en suivant l’arrête. Attention, n’allez pas jusqu’au bout de la queue pour avoir une coupe que l’on appelle en portefeuille. Arrivé à la queue, cassez tout simplement au couteau l’arrête que vous réservez pour la sauce. Enlevez les quelques arêtes restantes à l’intérieur avec une pince et découpez légèrement le ventre restant. Faites désormais de petites incisions du côté de la peau, sans traverser la chair du poisson. C’est une technique qui empêche le filet de se rétracter à la cuisson. Faites la même chose des deux côtés.

    Un poisson frais et nacré

    Videz ensuite la seiche à la main au-dessus d’un saladier, avec de l’eau pour ne pas vous tacher avec l’encre. ouvrez-la en deux sur un côté et nettoyer ce qu’il reste. Passez votre doigt entre le blanc de la seiche et la peau pour l’enlever complètement, il ne vous restera plus que le blanc de seiche que vous quadrillerez légèrement avec un couteau en biseau, puis taillez de petits morceaux.

    Émincez ensuite le fenouil le plus finement possible. Au préalable, enlevez les petites pousses vertes et gardez-les pour le dressage. Faites-le cuire à feu doux dans une casserole avec un fond d’huile d’olive et laissez compoter. Quand il est tendre, mixez le fenouil pour faire une purée et assaisonnez.

    Faites cuire le rouget à feu doux avec un filet d’huile dans une poêle, un petit papier sulfurisé et déposez dessus le filet. Faites la même chose quand vous le retournez. Pour la seiche, faites bien chauffer une poêle avec de l’huile. Quand ça fume, déposez la seiche avec un brin de thym frais, pas plus de deux minutes à feu vif.

    Pour le dressage dans l’assiette, déposez le rouget, la purée et parsemez de morceaux de seiche. Ajoutez la sauce faite avec les restes de poisson et mise en réduction longue. Ajoutez les pousses de fenouil, une chips de fenouil et servez.

  • La culture provençale prend le large au Château de la Buzine

    La culture provençale prend le large au Château de la Buzine

    Fifres et tambourins résonnent dans la cour du Château de la Buzine, en ce samedi 11 octobre. Tandis que certains se laissent aller à une volte toute provençale, poissonnières en coiffes blanches et pêcheurs avec leurs bas de forçats pour éviter de se blesser avec leurs filets de pêche, typiques du début du XXe siècle, ont fière allure pour le vernissage de l’exposition « Marsiho e la mar ».

    Une partie des troupes des associations de transmission de la culture provençale, telles que l’Escolo de la mar, fondée en 1877, Roudelet Felibren de Château-Gombert ou encore Trésors Patrimoine, ayant toutes œuvré à ce parcours, qui se déploie jusqu’au 8 mars 2026. Avec un angle ethnographique pour aborder la relation entre Marseille et la mer. « celui de la relation intime et poétique nouée entre les Marseillais. Pas comme un horizon commercial ou des rêves, mais plutôt comme un espace de travail, et même un emblème », résume Alexandre Mahue, commissaire d’une exposition qui démarre par une séquence aimantée par L’intérieur du Port de Marseille, vu du Pavillon de l’horloge du Parc, peint par Joseph Vernet en 1754. Autour de cet instantané portuaire, où les marchandises issues du bassin méditerranéen affluent sur les quais, s’esquisse un tableau vivant et ethnographique où s’agrègent objets issus des siècles derniers : des cordages aux musettes en osier, en passant par des jarres à huile et un coffre de marin du XVIIIe, paré d’attributs nuptiaux.

    Humaniser des emblèmes

    Clichée, mais non moins emblématique, une deuxième séquence ravive le souvenir des poissonnières. D’abord à travers leurs textiles, qui illustrent le fait qu’elles « n’étaient pas que des femmes modestes. Certaines étaient propriétaires de bancs qu’elles se transmettaient de mère en fille », éclaire Alexandre Mahue. Et, « en contrepoint de ces silhouettes qui dénotent déjà d’une folklorisation du costume de poissonnière », indique celui qui est aussi conservateur du Musée provençal de Château-Gombert, s’affiche leur « postérité iconographique », avec des gravures et céramiques indiquant « leur goût pour la parure ».

    Les « gens de mer », comme le suggère le nom d’une autre section, sont aussi à l’honneur. à travers leurs outils de travail comme des filets à épervier en cordage ou des paniers à palangrotte, mais aussi leurs habits de travail, de leur chemise en toile jusqu’à leur braïo retroussé. Autant d’évocations et mémoires d’une culture vivace dans les imaginaires, mais presque disparue, ou réservé aujourd’hui à de petits cercles, en ce qui concerne ses usages. Illustration supplémentaire de ces « arts de vivre » avec les thèmes de la bouillabaisse ou du cabanon, que de splendides services à poisson ou des photographies de l’excursionniste Édouard Cornet, revigorent respectivement dans l’histoire commune des Marseillais.

    Du mardi au dimanche de 10 à 13h et de 14 à 18h. Tarif plein : 5 euros, gratuit le 1er dimanche du mois.