Tag: manifestation

  • Une manifestation en soutien au peuple palestinien, samedi à Marseille

    Une manifestation en soutien au peuple palestinien, samedi à Marseille

    À l’occasion de la Journée de la Terre, des manifestations sont prévues dans dix-sept régions, le samedi 28 mars, pour la défense des droits du peuple palestinien. Un événement à l’initiative de l’association France Palestine Solidarité (AFPS). À Marseille, la mobilisation s’ancre, selon les organisateurs, « contre l’armement et la complicité locale des entreprises avec le génocide », à l’appel de la coalition Guerre à la Guerre, mais aussi de nombreux collectifs mobilisés. Le départ sera donné à 14h, place de la Joliette (2e). « Il ne suffit pas d’être en solidarité avec la Palestine, il faut aussi être en opposition face à la guerre et l’impérialisme », affirme Anti, membre de la coalition Guerre à la Guerre.

    Convergence

    Leur but : faire converger les dynamiques. Parmi elles, la mobilisation contre l’usine d’armement Eurolinks, le soutien à la flottille mouvement Thousand Madleens to Gaza qui s’élancera le 4 avril depuis l’Estaque (lire notre édition du 9 mars et ci-dessus), ou encore « la campagne BDS » contre la compagnie israélienne de transport ZIM.

    Plus largement, au niveau national, des rendez-vous sont organisés à l’appel de 90 organisations syndicales, associatives et politiques. Avec des revendications identiques : « L’autodétermination du peuple palestinien ; la fin de l’occupation, de la colonisation et de l’apartheid ; la prise de sanctions contre Israël. » En région Paca, des départs collectifs sont prévus depuis Nice ou Aix-en-Provence, par exemple, pour rejoindre la mobilisation marseillaise.

    Le lundi 30 mars marque les 50 ans de la Journée de la Terre palestinienne, en mémoire d’une grève, réprimée par Israël, contre la confiscation de terres qui a conduit à la mort de six Palestiniens, en 1976.

  • À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    Quelques minutes après la sonnerie de la pause méridienne au lycée Frédéric-Mistral d’Avignon, alors que les derniers élèves se dépêchent de sortir de l’établissement pour aller manger chez eux ou dans un snack des alentours, ce sont une trentaine d’enseignants qui se sont regroupés devant les grilles pour protester contre « la baisse des moyens horaires prévue par le rectorat ».

    Panneaux en main, les messages sont divers. « Faire avec moins, c’est faire moins bien », « Plus de DHG [dotation horaire globale, c’est-à-dire le nombre d’heures d’enseignement dans l’établissement, Ndlr] pour mieux enseigner » ou encore « Rendez les heures au lycée Mistral » peut-on notamment lire sur les pancartes. Ce serait au total pas moins de 120 heures de la dotation horaire globale (DHG) qui seraient amputées à l’établissement sur décision du rectorat d’Aix-Marseille. Ce qui entraîne la suppression d’une classe de seconde et de terminale ainsi qu’un poste d’enseignant en français. Résultat, en seconde par exemple, les élèves seront dispatchés en huit classes à 35 apprenants et deux classes à 24. « Cette nouvelle augmentation d’élèves par classe est un non-sens pédagogique », regrettent les manifestants. Mais aussi des dédoublements de classes supprimés « en spécialité anglais, en physique-chimie, en sciences numériques… un peu partout en fin de compte », liste Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la Snes-FSU en Vaucluse et enseignant dans l’établissement. Une baisse que le rectorat justifie « par une baisse démographique ». Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

    Une suppression d’heures beaucoup trop élevée pour le responsable syndical. La DHG est calculée à hauteur de 1,1 heure par élève par les services de l’État. « On aurait dû perdre 80 ou 90 heures, ce qui était déjà beaucoup trop. Mais là, c’est un vrai coup de rabot », déplore Sylvain Bartet. Dans une pétition réclamant l’abandon de cette décision, il est revendiqué « un retour au dispositif de classes de seconde à effectifs réduits tendant à 25 élèves par classe ». Celle-ci a été signée par 70 enseignants de l’établissement scolaire. Une nouvelle manifestation est prévue ce mardi 31 mars devant la direction académique.

    Meilleures conditions

    de travail

    Des effectifs moins fournis qui permettraient « d’aider au mieux les élèves de ce niveau à réussir leur entrée au lycée et leur orientation », insiste-t-on dans cette même pétition. Marie*, représentante des parents d’élèves et mère d’une élève de terminale, abonde en assurant que cette décision « aura une conséquence directe sur les enfants ». En évoquant par exemple « le non-dédoublement pour les matières scientifiques, ce qui empêche les organisations de travaux dirigés ou d’expériences », qui sont pour elle « des moments où on développe notamment son expression orale, ce qui est essentiel pour le grand oral » ou encore « des heures où ils peuvent exprimer leurs idées plus librement ».

    Un recul qui serait le plus marqué de ces six dernières années. « En 2020, on fonctionnait encore avec 26 élèves par classe en seconde. Là, ce serait presque un luxe », assure Sylvain Bartet. « Si on laisse passer sans rien dire cette baisse, cela ne ferait qu’empirer ces prochaines années », insiste Marie.

    L’an dernier, au mois de mai, une manifestation similaire s’était tenue face à une baisse de DHG de 56 heures dans le même lycée. « Au bout d’un moment, on s’inquiète aussi de la réputation de Mistral. Car moins d’heures, cela veut dire aussi moins de résultats aux examens. Certains élèves viennent de très loin pour les options proposées ici. Ce serait bête que cela s’arrête pour des calculs comptables », insiste la parent d’élève.

    *Prénom modifié

  • À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    Contre les suppressions d’heures, de classes et de postes, la contestation s’est étendue des lycéens aux collégiens, personnels enseignants, assistants d’éducation, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et parents d’élèves. Ils étaient 900 selon la police, plus de 3 000 pour d’autres observateurs, à manifester, ce jeudi, des Réformés jusqu’à l’Inspection académique, pour exiger un budget digne de l’éducation nationale. Une mobilisation aux côtés des syndicats MNL, FSU-SNUipp, Snes-FSU, FO, CGT, SUD, CFDT, et de militants de LFI, de la JC ou de Révolution permanente.

    « Déjà, on n’arrive pas à remplacer un prof absent, déplore une maman derrière la banderole FCPE 13. Ces nouvelles suppressions sont inadmissibles, injustifiables. » C’est le cas au collège de l’Estaque, dans le 15e arrondissement, où quatre classes n’ont plus cours de français depuis janvier. « Nous, c’est une classe de 3e qu’on perd et on sera à 30 au lieu de 25 par classe », ajoute Noa, 13 ans, en 4e à Jean-Malrieu, interrompu par l’arrivée en fanfare des « lycées des quartiers nord ».

    Ce jeudi, les collégiens et les parents sont venus rejoindre le mouvement des lycéens, initié il y a près d’un mois. Ensemble, ils protestent contre la baisse des dotations aux établissements, la suppression de 3 256 postes d’enseignants dans le pays, dont 2 200 dans le premier degré, annoncée en janvier par l’éducation nationale pour la rentrée 2026-2027.

    « Ouvrez les écoles, vous fermerez des prisons », affiche une pancarte. « La logique gouvernementale est absente, comme mon père », dénonce une autre, tendue par Femida et Sacha. Élèves à Diderot, ils précisent : « On nous enlève tout ce qui était mis en place pour permettre plus d’égalité. » Les jeunes venus des lycées Montgrand, Monticelli ou Diderot réclament davantage d’heures de cours. « Ce ne sont pas juste des heures, c’est des possibilités d’enseignements différents, de l’aide aux devoirs, du travail en demi-groupe », insiste Nina, militante MNL. « C’est notre avenir, notre formation qui sont en jeu, on perd deux heures par spécialité et toutes nos options », complète Andréas, élève de terminale à Nelson-Mandela. Des chiffres couperet tombent, lâchés par un militant syndical de la FSU : « 147 heures pour le lycée Marie-Curie, 100 heures pour Montgrand, 72 heures pour Victor-Hugo, 64 heures pour Diderot… »

    Touchés, dès le 1er degré

    Venues des écoles élémentaires Grenier et Lauriers de Malpassé (13e arrondissement), des enseignantes s’alarment également. « Nos groupes scolaires sont aussi touchés par les restrictions budgétaires. On a eu une année de CP à 15 élèves, et puis gros retour en arrière. Maintenant, on nous annonce une classe en moins, avec des niveaux en insertion bien chargés, on saborde les conditions d’enseignement », dénoncent Alicia et Sarah, alors que le cortège s’engage sur le boulevard Charles-Nédelec en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ».

    Parmi les drapeaux secoués par le Mistral, celui de la Palestine et celui de Cuba rappellent que « le mouvement est parti contre la guerre, souligne Inès. On demande que ce budget ne soit pas utilisé pour des armes, mais pour l’éducation nationale, pour des conditions d’études décentes, des classes où l’eau ne coule pas du plafond comme à Marie-Curie, ou pour que les étudiants en photo aient accès à du matériel à Blaise-Pascal ». Des jeunes déterminés à construire un avenir fait de solidarités.

    Devant le bâtiment de l’éducation nationale bardé de CRS, les syndicats appellent à une nouvelle journée nationale de grève et mobilisation, le 31 mars. Un nouveau comité social d’administration (CSA) se tiendra le 2 avril, au cours duquel l’administration doit annoncer ses décisions avant validation en préfecture.

  • Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Boycott de Zim pour la Palestine : les militants au port

    Avec le mistral qui se lève, les drapeaux palestiniens flottent et sont visibles de loin. Ce mercredi 25 mars, des militants issus de différents collectifs se postent sur le rond-point de la départementale 268 qui donne accès au terminal conteneurs du Grand Port maritime de Marseille-Fos entre midi et deux. L’objectif : sensibiliser les routiers à la chaîne logistique qui permet à Israël de s’armer, et appeler au boycott de Zim. Une membre de BDS France explique : « C’est un armateur israélien qui est très important dans le maillon logistique de la guerre qui est menée à Gaza. Dès octobre 2023, il a mis à disposition sa flotte à l’armée, et il continue d’envoyer des armes actuellement. »

    Malgré la conclusion d’un accord de cessez-le-feu à Gaza, les civils continuent de mourir. Depuis, selon les chiffres relayés par l’ONU, plus de 600 Palestiniens ont été tués et plus de 1 600 blessés. « Beaucoup d’ONG humanitaires sont interdites d’exercer » rappelle la militante, qui souligne par ailleurs que le passage des malades est « empêché à Rafah ».

    Les collectifs annoncent par ailleurs deux dates : samedi 28 mars, une manifestation aura lieu à la Joliette « contre l’armement et la complicité locale des entreprises avec le génocide ». La veille, une projection du film Portuali est programmée au cinéma le Méliès de Port-de-Bouc à 20h30, suivi d’un débat en présence de dockers Génois.

  • Marseille, lève-toi contre la barbarie à Gaza !

    Marseille, lève-toi contre la barbarie à Gaza !

    Au début du mois d’avril 2026, une flottille partira du port de Marseille en direction de Gaza. Elle ne porte pas seulement du matériel médical mais également du matériel pour tenter de reconstruire des moyens de subsistance (pêche, agriculture…) et d’éducation ; elle est un acte de rupture face à l’innommable et un moyen pacifique de dénoncer la barbarie qui s’exerce contre le peuple palestinien.

    Briser le silence et les complicités À Gaza, des enfants meurent de faim et des familles entières sont exterminées. Face à ce génocide, nous refusons le silence des « gouvernements complices ». Nous dénonçons

    • La responsabilité directe de nos dirigeants qui, par leur connivence avec l’état israélien cautionnent l’horreur.

    • Le silence des grands médias dans leur devoir d’informer sur la réalité du massacre.

    • La complicité active de grandes entreprises françaises, telles que Carrefour ou la BNP, qui participent au maintien d’un système d’oppression.

    Nous exigeons la levée immédiate et totale du blocus imposé par l’État israélien, un siège illégal et génocidaire.

    Marseille : Port de résistance et de dignité Marseille, ville d’exil et de solidarité, ne peut rester complice par son inaction. C’est pourquoi nous, habitants de l’Estaque et citoyens de tous les quartiers de Marseille, appelons à une mobilisation massive autour de la Flottille pour Gaza. Nous interpellons les élus de notre ville : l’heure est aux actes politiques clairs pour placer Marseille du côté de la dignité humaine.

    Nous demandons que le prochain conseil municipal vote le jumelage officiel de Marseille avec Gaza, un jumelage de résistance et de solidarité pour signifier à sa population qu’elle n’est pas seule

    Rejoignez le mouvement.

    La flottille ne transportera pas des armes, mais l’exigence que le droit à la vie et aux soins ne soit plus négociable. Ceux qui monteront à bord risquent leur sécurité pour porter notre message. Nous devons leur assurer un départ digne et une ville unie derrière eux.

    Signataires :

    La liste des signataires personnalités et organisations en soutien à la Tribune : Imotep pour les membres de IAM. Gari Greu du Massalia Sound System. Mousse et Hakim de Zebda ; Sanseverino Stephane ; Eric Antoine humoriste ; Mourad Musset de la rue ketanou ; Hazem pour le Molotof ; Toma Feterman de la Caravane Passe ; Hakim Hamadouche de Rachid Taha ; Gérard Meylan et Malek Hamzaoui de l’équipe de Robert Guediguian; Karim Dridi cinéaste ; Pierre Stambul de l’UJFP.

    Organisations déjà signataires : collectif 13 droit des femmes ; ATTAC Marseille ; Mrap ; Ufjp ; MassalaVox  ; «Éclosion 13» (avec les femmes artistes de Gaza) ; CQFD ; L’harmonie (estaque) ; Le donut ; FCP (festival Ciné Palestine) ; Association Rizoma ; MAGPAL (Marseille Gaza Palestinne)  ; Palestine 13 ( AFPS locale) ; Didac’Ressources.

    Les habitants de l’Estaque et de Marseille membres du collectif de soutien à la Flottille : Agnès Mazzocco, Ambrine Brik, Aminda Huille, Anne Bonnaire, Anne Boluda, Anne Keller, Arianna Cecconi, Badra Delhoum, Cathy Chatzopoulos, Chadia Tachouaf, Christine Verniere, Claude Hirsh, Corinne Lefort, Daniella Failla, Djamel Khenouf, Djazaïr Yacoubi, Elisabeth Stephanus, Elise Meouchy, Emilie Ribaute, Fathi Bouaroua, Florencia Carlin, Florian Lando, Héloïse Roydiy, Henry Saint-Jean, Jean-Charles Mathieu, Kader Atia, Kevin Vacher, Léa Bouaroua, Luci Lando, Margo Chou, Michel Teule, Michèle Bitton, Mireille Lando, Myriam Guiral, Pierre Ciaravela, Philippe Stephanus, Raïb Setita, Régine Fiorani, Sarah Righl, Sophie Etienne, Sébastien Barles, Thierry Lando, Thierry Louchon, Thomas Figuera, Valentina Corro, Valerie Bournet, Youssef Khafif, Christophe Oudelin, Mohamed Bensaada, Manuel Bompard (député), Sébastien Delogu (député), Vincent Geisser, Aicha Sif, Nouriati Djambaé, Aicha Guedjali, Nicolas Memain, Philippe Foulquié, Cyrille Hanappe, Isabelle Bourboulon, Hubert Colas, Charles Hoarau, Samy Joshua, Sébastien Thierry, Samuel Wahl, Frédéric Michel, Laurent Mucchielli, Marc Mercier, Sophie Epstein, Jérôme Mazas, Soizic Beaumier

  • Nouvelle mobilisation dans l’éducation annoncée jeudi

    Nouvelle mobilisation dans l’éducation annoncée jeudi

    Non au budget d’austérité ! Des moyens pour l’école ! » Ce sont les mots d’ordre de l’appel à la grève générale pour ce jeudi 26 mars par l’intersyndicale des Bouches-du-Rhône, qui rassemble la CGT Educ’Action, la FSU, la Fnec FP-FO et SUD éducation.

    « Nos revendications portent sur les moyens humains. Les personnels sont impactés par la loi de finances avec les suppressions de postes qui se matérialisent par la fermeture de classes dans le premier degré et la perte d’heures dans les lycées généraux, professionnels et polyvalents », explique Magali Hidalgo, membre de la CGT Educ’Action. Assistantes sociales, enseignants et lycéens devraient suivre l’appel à la grève et se mobiliser ce jeudi.

    Écoles et collèges concernés

    Le premier degré est également touché. Les préoccupations concernent le manque d’enseignants et les remplacements. Des collèges et écoles primaires commencent à rejoindre la mobilisation des lycées dans le département. Le lycée Diderot (13e) créé un mouvement de jonction avec l’école élémentaire Malpassé (13e) avec une réunion publique, ce mardi 24 mars à 18h, pour préparer la journée d’action de jeudi.

    Un rassemblement est organisé par les parents d’élèves de l’école élémentaire Gilles-Vigneault (5e), ce mardi à 16h30, devant l’annexe Pardigon, contre la potentielle fermeture de deux classes. Un appel à la grève nationale est prévu le 31 mars. Il sera un « rebond pour la mobilisation », pour Magali Hidalgo.

    Jeudi 26 mars, le rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille

  • Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    « Aujourd’hui, si on est aussi nombreux et nombreuses, c’est parce que, pour une fois, on a décidé de ne pas se laisser faire face à ce rouleau compresseur qui nous écrase depuis des années. » Au mégaphone, Marthe Bonifay, professeur de lettres et histoire au lycée professionnel Denis-Diderot à Marseille (13e). Une grève du secteur de l’éducation est organisée ce mardi 17 mars, à l’appel de l’intersyndicale, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression d’heures d’enseignement à la rentrée 2026 dans plusieurs lycées du département. Une foule a commencé à se réunir dès 11h près du kiosque des Réformés pour une manifestation. Un cortège d’élèves de différents établissements s’y est joint, sous des acclamations, en brandissant des pancartes « Le fric pour la santé et l’éducation, pas pour les flics et les prisons ».

    Élèves et enseignants main dans la main

    Au total, plus de 700 personnes, selon la préfecture de police, se sont réunies à Marseille pour la mobilisation. Le cortège était à l’image du mouvement de protestation, représenté pour moitié par des élèves. « Il prend de l’ampleur tous les jours » depuis le 5 mars, selon Françoise Julia, secrétaire académique CGT Educ-action13 et enseignante. Elle raconte que dans le département, et surtout à Marseille où des lycées sont sévèrement touchés par la baisse des moyens, « des grèves des personnels éducatifs et des blocus lycéens se sont relayés pour faire entendre le ras-le-bol ».

    Si certains établissements ont vécu plusieurs jours de blocages successifs, comme les lycées Montgrand (6e), Victor-Hugo (3e), Artaud (13e) ou Diderot (13e), trois lycéennes en classe de seconde confient avoir « participé au premier blocus de leur vie ce matin » au lycée Nelson-Mandela (12e). Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? « On a peur de se retrouver trop nombreux en classe et que ça creuse les inégalités entre les élèves », expliquent-elles. Même chose à la Cité scolaire internationale (CSI) Jacques-Chirac (2e), où les élèves ont organisé un blocus pour la première fois mardi matin. Un professeur de mathématiques de la CSI rapporte être « impressionné » par « la maturité et l’organisation des élèves ».

    Dans certains établissements, les blocages ont pourtant conduit à des tensions, notamment avec les forces de l’ordre. Après un premier lycéen interpellé au lycée Thiers le 10 mars, deux élèves du lycée Artaud ont été placés en garde-à-vue le 13 mars. Des lycéens du lycée Diderot témoignent avoir « reçu des pressions et des menaces d’exclusion de la part de la direction » du fait de leur participation aux blocus. Contacté à ce sujet, le rectorat indique ne pas souhaiter communiquer « en raison du devoir de réserve lié à la période électorale actuelle ».

    Élargir le mouvement

    Une délégation d’enseignants, de lycéens et de parents d’élèves a été reçue en audience par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), mardi. Une assemblée générale s’est ensuite tenue à la Bourse du travail « pour décider de la suite des actions ». Pour Caroline Roux, professeure d’histoire-géographie à Montgrand, l’enjeu est de « construire un mouvement très fort, qui part de la base, pour un service public de l’éducation de qualité ». Reste donc pour eux à étendre la mobilisation aux établissements qui ne sont pas encore entrés dans la danse, y compris les collèges, en vue de la journée de grève nationale annoncée pour le 26 mars.

  • A Marseille, le front se veut antiraciste

    A Marseille, le front se veut antiraciste

    Les drapeaux palestiniens et libanais flottent sous l’imposante silhouette de la Porte d’Aix à 14h, samedi 14 mars. Slogans et batterie résonnent : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ». À la veille du premier tour des élections municipales, 8 000 personnes ont marché selon les organisateurs et 2450 personnes selon la préfecture de police, contre le fascisme, le racisme, l’islamophobie et les violences d’État. Plus de 60 collectifs, syndicats et organisations politiques marseillais avaient signé l’appel national de La Marche des Solidarités, plateforme de collectifs de personnes sans papiers. Des manifestations étaient organisées dans 102 villes, dont Avignon, Toulon, Gap…

    « Il faut montrer qu’on est nombreux et qu’on fait corps », confie Michel, 75 ans, « antifasciste de toujours ». Inès, 20 ans et Rose, 21 ans sont venues pour « se faire entendre ». « On ne va pas se laisser faire », expriment-elles face à la montée de l’extrême droite et des discriminations.

    Isabelle, du Réseau Universitaire Sans Frontières (RUSF), elle, dénonce les « lois liberticides contre les migrants » et s’inquiète pour le devenir des étudiants étrangers. « La connaissance n’a pas de frontière », martèle-t-elle, fustigeant la suppression des APL et l’augmentation des frais d’inscription différenciés.

    Le cortège a marqué un temps fort devant le commissariat de Noailles. Les visages de ceux « tombés sous les mains de la police » s’affichent sur de grandes banderoles. Le père de Souheil, tué en 2021 par un policier, prend la parole : « Ni oubli, ni pardon ».

    «Sardine antifa»

    Malgré la gravité des revendications, la joie infuse dans la marche. Face aux cordons de police, des clowns, vêtus de rose, imitent les policiers et brandissent des frites de piscine, comme des matraques. Au milieu des drapeaux, une autre touche d’humour attire l’œil : des sardines bleus en carton, portées à bout de bras ou piquées dans les cheveux. C’est l’œuvre de Léna Turist, artiste de 24 ans. « La sardine , c’est le symbole de Marseille. J’ai recyclé mes cartons de la manif du 8 mars pour unir les gens et amener de la joie », explique-t-elle. Ses poissons affichent : « sardine antifa » ou « sardine mangeuse de mascu ».

    De la Porte d’Aix au Vieux-Port, le cortège a affiché un front uni et a rappelé que Marseille est « antifasciste ».

  • Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    « La mobilisation du 14 mars aura une force particulière à Marseille avec la montée du Rassemblement national. On va leur dire que leurs idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans notre ville », affirme un membre de Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes 13 (VISA).

    Sur le Vieux-Port, mardi 10 mars, plusieurs collectifs ont appelé à une mobilisation antiraciste et antifasciste massive le samedi 14 mars au départ de la Porte d’Aix à 14h, veille du premier tour des municipales. Plus de 60 collectifs, associations, syndicats et organisations politiques marseillaises ont signé le texte de la Marche des solidarités, pour manifester de manière unitaire, et construire un rapport de force dans la rue contre le racisme, le fascisme, l’islamophobie et les violences d’État. « Nous prenons la rue pour affirmer un rapport de force. Nous prenons notre place, face à l’extrême droite et à toutes les politiques qui nourrissent la domination », martèle Dalila, membre d’Union pour la Palestine Marseille. Des manifestations auront lieu dans de nombreuses villes en France.

    « Le vote ne suffira pas »

    Pour Mathilde du collectif Marseille contre la loi Darmanin : « Cette date est importante à Marseille avec la séquence des municipales. On le voit depuis plusieurs années, le RN a fait de la ville une priorité stratégique dans sa course vers la présidentielle. » L’extrême droite représente le « danger d’un saut répressif massif vis-à-vis des organisations syndicales, politiques, des associations et des acteurs culturels ». Elle rappelle que le vote ne suffira pas et que le RN « n’a pas le monopole des politiques racistes et sécuritaires ».

    Mobilisations antifascistes samedi

    Plusieurs rassemblements et manifestations sont organisés contre l’extrême droite dans notre région : Aix-en-Provence, 16h, à la Rotonde

    La Ciotat, 11h, devant les marches de l’église du vieux port, quai ganteaume.

    Toulon, à 16h30, place Louis Blanc.

    Brignoles, à 10h, Berges du Caramy, face au Auchan.

    Draguignan, à 10h30, devant la sous-préfecture.

    Avignon, à 14h, cours Jean Jaures.

    Gap, 10h30, sur la place de la République.

  • Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    « On va parler d’une seule voix féministe et antiraciste. C’est ça le plus important », glisse, en ouverture d’une conférence de présentation de la manifestation du dimanche 8 mars à Avignon, Karine Malabal, militante du mouvement Le Nid et membre du Collectif Droits des Femmes 84. Une manifestation qui partira à 15h symboliquement du tribunal d’Avignon, théâtre du procès Pelicot, en direction de la place de l’Horloge.

    Un mouvement de convergence des luttes qui se cristallise dans un slogan fort, choisi par la multitude d’associations vauclusiennes constituant le collectif : « Nos corps ne sont pas un champ de bataille. » Une référence, d’une part, aux violences sexuelles. « Quand on regarde les chiffres de 2025, il y a eu 132 000 victimes de violences sexuelles, dont 76 000 mineurs. Le corps est vu par les hommes comme un champ de bataille, dans le sens où c’est quelque chose qu’ils veulent s’approprier », précise Nellie Bertrand, militante au collectif Nous Toutes, à la chorale Chant des Déferlantes et au pôle LGBT d’Avignon.

    Mais ce slogan renvoie aussi aux violences faites au corps à travers les conditions de travail. D’où un appel à la grève générale des femmes ce jour-là. « Nous sommes en première ligne quand on voit, par exemple, les infirmières à domicile, avec des travails difficiles, des horaires hachés et des déplacements très mal payés », insiste Karine Malabal.

    L’événement se veut également festif. Une batucada animera le cortège, avec un arrêt musical sur la place Pie. Et pour celles et ceux que le bruit pourrait gêner, un cortège calme est également prévu à l’écart.

    Peu d’évolution

    Ce que constatent les représentantes associatives, c’est également le manque d’évolution malgré le retentissement énorme du procès des viols de Mazan. « On attendait de grands changements sociétaux, mais ils ne sont jamais arrivés », regrette Malika Bakhti de la LDH. « Il n’y a pas eu de gros changements », confirme Karine Malabal, qui constate même « une baisse des subventions ».

    Les luttes convergent avec d’autres combats. « On a toutes et tous des valeurs communes. On ne s’estimait pas légitimes dans la lutte féministe, mais on s’est rendu compte que l’on doit être tous ensemble, car on subit tous des agressions. Si on est autocentrés, on ne peut pas s’en sortir », confie Sabah Boutahar, membre de l’association Résilientes. De son côté, Nellie Bertrand rappelle les deux tags de groupuscules d’extrême droite inscrits sur les locaux du Pôle LGBT de la Cité des Papes ces derniers mois. « Depuis six ans, les réflexions aux relents racistes vont crescendo », témoigne Zem-Zem, bénévole pour Ubuntu Sorores.