Tag: manifestation

  • Les opposants au data center durcissent le ton

    Les opposants au data center durcissent le ton

    « Les riverains n’ont plus confiance », résume Philippe Chabeaudy, membre du CIQ des Pallières. Depuis la signature du permis de construire par l’ancien maire Michel Amiel, le 18 février dernier, les CIQ des Pallières, des Sibylles et d’Amphoux ont multiplié les recours, avec l’aide du MNLE. Après une visite du terrain, son président, Christian Pellicani, est catégorique : « Le site n’est pas adapté, ils ont simplement contourné les difficultés de procédure. Pour l’heure, ni la justice ni la préfecture n’ont répondu au recours. » Philippe Chabeaudy veut toujours croire que le Data center, projet porté par la société Telehouse, ne verra pas le jour : « Nous pensons que nos recours ont de très bonnes chances d’aboutir ».

    À l’issue de la réunion de jeudi avec les membres des CIQ, le MNLE annonce « de nouveaux moyens pour aller plus loin », avec l’aide de son avocate. Une réunion publique est annoncée pour septembre.

    « Il y a une accumulation de raisons inadmissibles, aussi bien du point de vue humain que technique ou environnemental », juge Philippe Chabeaudy. Les opposants dénoncent la présence de produits chimiques, de fluides réfrigérants et d’une quantité importante de carburant pour faire fonctionner la structure. Ils évoquent un « contournement du PPRIF », Plan de prévention des risques d’incendie de forêt, qui interdit « en principe ce type d’installation classée sur ce terrain ». La chaleur produite par le data center, dite chaleur fatale, marque un autre point de crispation. Le site évacuerait 70 mégawatts, « l’équivalent de 70 000 radiateurs de 1 000 watts, selon Philippe Chabeaudy. À proximité immédiate de la pinède, produire une chaleur aussi importante est criminel ».

    « Redistribuer la chaleur »

    Lors du dernier conseil municipal, le 6 juillet, le maire des Pennes-Mirabeau, Romain Amaro, promettait de « redistribuer la chaleur fatale de l’infrastructure » aux habitants, évoquant une étude lancée en ce sens. Initiative « utopique » selon Philippe Chabeaudy. Dans un communiqué, le 10 avril, Romain Amaro se disait par ailleurs « victime de la signature précipitée » de l’ancienne majorité, ajoutant avoir « signifié à Telehouse une intransigeance totale. Si le projet devait avancer, il devra impérativement se plier aux attentes légitimes de la population. »

    Le président du MNLE dénonce aussi le « mythe des data centers créateurs d’emplois ». Selon lui, ces infrastructures serviraient avant tout « aux géants des GAFAM à nourrir leurs actionnaires de bénéfices ». Une manifestation est prévue à la rentrée. Contactée, la société Telehouse n’a pas donné suite.

  • À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    À Manosque, des surveillants « remerciés » à cause de leur engagement

    « Pour nous, il est clair qu’on est sur une sanction, une répression syndicale », avance Florence Tibouville, co-secrétaire départementale du syndicat Sud Education. Trois surveillants du lycée Martin Bret à Manosque ont été informés lundi du non-renouvellement de leurs contrats, qui prennent fin le 31 août. « On a attendu que le non-renouvellement soit réellement posé pour actionner le préavis de grève, et cela a été le cas lundi. Les AED ont été convoqués par le proviseur et on leur a notifié leur non-renouvellement », explique Florence Tibouville. « Les arguments avancés lors de ces entretiens laissent penser qu’ils n’ont pas grand-chose à leur reprocher », selon elle.

    Un danger « grave et imminent » signalé

    Pour les deux syndicats Sud et FSU et les surveillants concernés, cela ne fait donc aucun doute : la fin de leur contrat est liée à leur rôle de « lanceurs d’alerte » et leur engagement syndical. Ils avaient notamment alerté les syndicats sur des odeurs nauséabondes causant d’importants problèmes de santé au sein de l’établissement. Cette alerte a donné lieu à un signalement de danger grave et imminent, selon Florence Tibouville. Des investigations sont en cours et n’ont pas encore pu déterminer l’origine de cette odeur et de ces désagréments. « Ce qui est inacceptable, c’est que ces lanceurs d’alerte ont permis de dévoiler de nombreux problèmes au sein de l’établissement, et au lieu de les protéger, on les remercie », estime la syndicaliste.

    Florence Tibouville explique qu’il a notamment été reproché à l’un des surveillants d’utiliser son téléphone pendant des réunions, alors qu’il l’utilisait pour prendre des notes.

    Une trentaine de personnes se sont rassemblées mardi pour soutenir les trois surveillants dont les postes sont menacés. « La moitié des personnes venues nous soutenir à la manifestation étaient des élèves », se réjouit Anthony Diaz, l’un des trois surveillants concernés. Les syndicats FSU et Sud avaient appelé à la grève et à la mobilisation.

    Contactée, la direction de l’établissement n’était pas joignable dans l’immédiat.

  • À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    À Avignon, la CGT mobilisée pour le pôle solidarité et le RSA

    Les rassemblements de la CGT en amont des séances plénières du Conseil départemental de Vaucluse font désormais presque partie du déroulé, avec des manifestations à plusieurs reprises ces dernières années. Et un nouveau est prévu ce vendredi 26 juin contre la réorganisation du pôle Solidarité sous sa forme prévue ainsi que pour dénoncer la politique de la collectivité autour du RSA.

    Dans un tract, le syndicat regrette ainsi une « réorganisation trop floue » du service. Et assure que les agents n’ont pas encore été informés des futurs organigrammes, des missions exactes qui leur seront attribuées, des impacts sur les différents postes ou encore des « conditions d’exercice ». Avec une interrogation également sur la non-réintégration de la direction Insertion-Emploi au pôle Solidarités, estimant que « tout est lié » entre insertion, accompagnement social ou encore parcours vers l’emploi. Et demande « une réponse claire et une réponse approfondie sur ce choix d’organisation ».

    Contacté par La Marseillaise, le Département n’a pas répondu dans les délais impartis pour la publication de cet article sur le sujet.

    Réaction demandée

    La question de la politique de gestion du RSA va également être remise sur la table. Le Vaucluse étant le département où le versement a le plus reculé ces dernières années. Dans une lettre ouverte publiée le 13 juin dernier est pointé le « durcissement progressif de la gestion du RSA ». En citant la chute de 32% du nombre de bénéficiaires entre 2022 et 2025. « Sous couvert de contrôle, d’”accompagnement renforcé” et d’économies budgétaires, votre collectivité multiplie les dispositifs de sanctions, de suspensions et de radiations qui frappent directement les personnes les plus précaires de notre département », poursuit le syndicat. Qui, « à défaut de réponse et de mesures concrètes », prendra « toutes les initiatives nécessaires pour dénoncer publiquement cette situation ». Sans préciser si des poursuites vont éventuellement être engagées contre la collectivité, comme cela a été le cas dans le Finistère il y a une semaine, où la CGT et six allocataires ont porté plainte contre le Département du nord-ouest de la France.

    « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », se justifiait la présidente en sortie d’hémicycle le lundi 31 mars dernier.

  • Pour un autre regard sur les consommateurs de drogue

    Pour un autre regard sur les consommateurs de drogue

    Dans les locaux du Bus 31/32, quelques flyers sont posés sur les tables autour desquelles s’assoient les habitués du lieu. Dessus, les informations relatives à la marche qui aura lieu ce vendredi au départ de la gare Saint-Charles figurent aux côtés de la phrase « Soutenez. Ne punissez pas ».

    Au programme : des prises de parole d’associations, un « hommage aux victimes de la politique répressive », et des concerts. Mais surtout, la présence de consommateurs dans la foule. « Il y a Radio Galère qui nous accompagne et qui va faire un micro-trottoir, avec les usagers, pendant la marche », détaille Amandine Alix, directrice de l’association Autosupport des usagers de drogues (ASUD).

    « L’idée pour les consommateurs, c’est de pouvoir se montrer et de montrer qu’ils ont des avis militants, politiques, qu’ils veulent défendre leurs droits », ajoute Max De Laverny, chef de service d’ASUD.

    Réduire les risques

    La structure, qui est un Centre d’accueil et d’accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) a été fondée par et pour les usagers. Elle défend l’idée d’une politique axée sur le soin plutôt que la répression, et d’une législation plus souple. « Les salles de soin sont indispensables, mais derrière, on défend aussi une politique de réduction des risques », insiste-t-il. Et cela passe par la distribution de matériel, un accompagnement et des maraudes pour sensibiliser. « On n’est pas dans une idée de les faire arrêter, mais de dire “D’accord, tu consommes, et on va t’accompagner pour le faire bien” », vulgarise Amandine Alix.

    À Marseille, les associations constatent une hausse du nombre de consommateurs. « L’année dernière, ASUD était à 600 personnes, là on en a plus de 1000 », affirme Amandine Alix. Dans le même temps, les dispositifs de répression du trafic se renforcent, sans résultats visibles. « Après les opérations Place Nette, les points de deal se sont déplacés, ce qui a dispersé aussi les usagers, qu’on pouvait moins accompagner », constate-t-elle. Les associations tentent de convaincre les différentes institutions de l’importance de la réduction des risques. « Ces personnes trouveront dans tous les cas un moyen de consommer », martèle Max De Laverny, « La réduction des risques, ce n’est pas du militantisme, c’est de la science. » Pour l’heure, l’État n’a expérimenté que deux salles de consommation en France, à Paris et à Strasbourg. Marseille attend…

  • La famille Fadas s’agrandit pour six jours de fête à Tholon

    La famille Fadas s’agrandit pour six jours de fête à Tholon

    « Les Fadas, c’est un anti-festival », selon l’adjoint (PCF) à la culture, Florian Salazar-Martin. Et ce n’est pas pour dénigrer l’événement, qui s’agrandit encore cette année et va accueillir plusieurs nouveautés présentées lors d’une conférence de presse, lundi matin, à l’ombre de la Cour de l’île.

    Cette huitième édition s’élargit dans l’espace et dans le temps. Pas d’histoire de science-fiction ici, mais bel et bien un village des Fadas implanté pendant six jours, du mardi 7 au dimanche 12 juillet, sur une base nautique de Tholon complètement dédiée à l’événement. Cet anti-festival s’étendra du Tétrodon jusqu’au parking le long du boulevard Touret-de-Vallier, qui ne sera plus disponible pour son véhicule, mais pour un invité un peu spécial.

    Car, à l’honneur de cette édition 2026 figure le centre culturel embarqué de la Flotille pour Gaza, hébergé sur le voilier Hétérotope armé par le journaliste et militant Emilien Urbach. « Toute l’année, nous sommes citoyens du monde. L’Hétérotope est chargé de la mémoire des flottilles », détaille Florian Salazar-Martin, qui parle des Fadas comme avant tout d’un « espace de parole et d’échange » loin de « la surenchère » programmatique.

    « Un échange culturel loin de la culture bourgeoise »

    Car l’idée, pour l’élu, est avant tout de « transmettre le virus fada », celui qui veut qu’« on puisse passer sa journée à se prélasser sans que personne ne dise rien », celui « de l’échange culturel et pas que de la culture bourgeoise et ses grands hommes : plus il y a de diversité, mieux c’est ! », insiste l’adjoint.

    Cette idée trouve son écho dès le mardi 7 juillet, avec la compagnie des Josianes, qui propose un spectacle de danse et de cirque autour de la notion de résistance féministe. Le même jour, la chanteuse et multi-instrumentiste féministe et antiraciste Bia Ferreira sera en concert, suivie de la marseillaise Carlala, qui proposera un DJ-set entre reggaeton, flamenco, brasilian funk ou encore DnB. L’ensemble de la programmation est à retrouver sur le site internet Martigues Bouge.

    Le village des Fadas a aussi pour ambition d’être « une éco-manifestation », selon Florian Salazar-Martin, avec notamment l’utilisation de la « dînette en plastique » lavable inaugurée l’année dernière. « On a lavé 7 500 couverts l’année dernière, avec seulement 50 litres d’eau et sept objets cassés. L’enjeu est de tendre vers le zéro-déchets », indique l’adjoint.

    Autre nouveauté, le déploiement du dispositif Safer, dédié à la prévention et à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. En clair, le public aura à sa disposition un stand de prévention, une application d’alerte et des équipes de maraude.

    Être fadas, faire la fête, oui. En respectant tout le monde, c’est encore mieux.

  • Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Manifestation contre le racisme et l’impérialisme

    Des drapeaux palestiniens, cubains et iraniens flottent sous l’arche de la porte d’Aix. Bravant la chaleur, des militants viennent grossir les rangs, répondant à un appel national à manifester contre toutes les formes de racisme et l’extrême droite. C’est ici, que chaque dimanche depuis le début de la guerre à Gaza, les militants propalestiniens se rassemblent. « De Marseille à Gaza, résistance, résistance », entonnent-ils en descendant la rue d’Aix vers le cours Belsunce. « De Marseille à Cuba, résistance, résistance », ajoutent-ils aujourd’hui.

    Quelques mètres plus loin, est garée la caravane « Let Cuba Breathe » (« Laissez Cuba respirer »), du nom de la campagne européenne pour lever le blocus sur l’île. Giorgia et Alice, deux activistes italiennes, sont présentes pour sensibiliser les citoyens : « Les sanctions américaines asphyxient le pays. Nous voulons mettre la pression sur nos gouvernements. C’est un peu triste de les voir se coucher devant Trump », raillent-elles.

    Pour Mike des Syndicalistes pour la Palestine, « la lutte contre le blocus à Cuba, c’est la lutte pour la libération de la Palestine », affirme celui qui participe à la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti, qu’il qualifie de « Mandela palestinien ». « Nous avons un ennemi en commun c’est le colonialisme », pousse Nicole Giraudi de l’association France Cuba Marseille. Et la foule chante : « El pueblo unido jamás será vencido » (« Le peuple uni jamais ne sera vaincu »).

    Sur la Canebière, Dounia, d’Union pour la Palestine Marseille, prend le micro : « Ils veulent nous diviser (…) Nous ne confondrons jamais les oppresseurs et les opprimés. »

  • Les travailleurs sociaux dénoncent la réforme des diplômes

    Les travailleurs sociaux dénoncent la réforme des diplômes

    C’est pour s’opposer à cette réforme concernant les formations aux métiers du secteur social que plusieurs travailleurs sociaux se sont rassemblés, mardi à Marseille, à l’appel de la CGT et de la FSU. Cette réforme doit entrer en vigueur à la rentrée universitaire prochaine. Elle concerne notamment cinq diplômes d’État, de niveau licence, qui se retrouvent fusionnés : ceux d’assistant de service social, d’éducateur spécialisé, d’éducateur de jeunes enfants, d’éducateur technique spécialisé et de conseiller en économie sociale et familiale.

    Présentée par le gouvernement comme un moyen de favoriser le recrutement et l’attractivité des métiers du social, cette réforme suscite une vive inquiétude. « On demande à la fois un moratoire pour que la réforme ne passe pas à la rentrée et son abrogation. Elle rabaisse le niveau de formation, c’est une catastrophe », déplore Valérie Marque, secrétaire générale du syndicat CGT du Département des Bouches-du-Rhône.

    Devant la préfecture, les avis sont unanimes. Evelyne (son prénom a été modifié), assistante en prévention sociale depuis plus de 25 ans, compare son parcours à la situation actuelle : « J’ai bénéficié d’une formation de qualité avec suffisamment de moyens humains et financiers. Aujourd’hui, il est question de complètement déconstruire ce diplôme, probablement pour une question de coût. »

    Des inquiétudes pour

    le secteur

    Selon la CGT, les prérequis pour accéder aux formations ont été fortement abaissés, avec la suppression du concours en 2020 et son remplacement par une sélection via Parcoursup. Depuis ce changement, Gaëlle, éducatrice spécialisée, constate une baisse de motivation chez des étudiants : « Je reçois des stagiaires qui ont pu accéder aux formations par Parcoursup sans avoir connaissance de ce qu’est le métier. Parfois, c’est un choix qui est fait par défaut. »

    Au-delà de la réforme, Valérie Marque souhaite alerter sur l’absence de réponse concrète à la crise du secteur social. « On manque cruellement de moyens, et cela se répercute sur nos salaires. À 60 ans, avec 37 ans de carrière en tant qu’assistante sociale, je gagne 2 800 euros brut par mois. »

  • À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    À Toulon, une mobilisation le 16 juin pour que le 1er mai reste sanctuarisé

    Voilà 137 ans que la IIe internationale socialiste, réunie à Paris le 20 juillet 1889, a décidé de faire du 1er mai une journée de manifestation dédiée aux droits des travailleurs. Sanctuarisée au fil du temps, elle devint un jour férié et chômé en France en 1946, et est célébrée dans le monde entier en tant que Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs.

    Une loi « au nom du profit »

    Sauf que cet acquis est aujourd’hui remis en cause. Il l’a d’abord été de manière diffuse par François Bayrou, qui, alors Premier ministre, proposait en juillet 2025 de supprimer deux jours fériés, sans les cibler précisément, pour générer des recettes supplémentaires dans le cadre du projet de budget 2026. En avril, son successeur, Sébastien Lecornu, a remis l’idée sur la table en autorisant « les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans (à) ouvrir ce 1er-Mai ». De quoi ouvrir une brèche, après avoir repoussé, sous la pression syndicale, un projet de loi. C’est une proposition de loi qui sera examinée par le Sénat ce 16 juin examinera. Si elle se limite aux boulangers et fleuristes, le danger de la généralisation est réel.

    De quoi susciter la colère de l’intersyndicale Unsa-CGT-Solidaires-FSU dans le Var. « Après les retraites, les droits sociaux et les services publics, le gouvernement veut banaliser le travail le 1er-Mai au nom du profit et des lobbies économiques », dénonce-t-elle, appelant à se mobiliser ce même jour, à 12h, devant les locaux de l’Union patronale du Var.

    « Faire travailler davantage celles et ceux qui peinent à boucler les fins de mois ne répond en rien à l’explosion des prix [..], aux salaires qui stagnent et à la précarité qui gagne du terrain », pointent les syndicats, qui dénoncent également les manœuvres de « l’extrême droite, [qui] tente de détourner la colère sociale en désignant des boucs émissaires et en essayant de se mettre dans la poche du patronat. Elle vote contre les intérêts des salariés, les droits syndicaux, les solidarités ». Avant de conclure : « Le progrès social se construit par l’unité des travailleurs, pas par la division ! »

  • Le Mondial 2026 approche et les tensions géopolitiques persistent

    Le Mondial 2026 approche et les tensions géopolitiques persistent

    Lundi soir, la Fifa a annoncé qu’un arbitre somalien, Omar Abdulkadir Artan, refoulé par la police américaine des frontières samedi à son entrée à Miami (Floride) en provenance d’Istanbul, n’officierait finalement pas durant la Coupe du monde. Un premier gros couac pour la Fédération internationale, qui a expliqué dans un communiqué qu’elle « n’intervient pas dans les procédures d’immigration du pays hôte, y compris dans l’octroi des visas ».

    Omar Abdulkadir Artan disposait pourtant d’un visa en règle, selon un haut conseiller auprès du ministère de la Jeunesse et des Sports de la Somalie, dont les citoyens sont frappés d’une interdiction de voyage aux États-Unis par l’administration de Donald Trump.

    L’Irak a également connu des tracas administratifs à son arrivée aux États-Unis. Selon le Guardian, l’attaquant vedette des Lions de la Mésopotamie Aymen Hussein a été retenu près de sept heures samedi à l’aéroport de Chicago, tandis que le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, s’est vu refuser l’entrée sur le territoire malgré un visa valide.

    Quant à l’Iran, il fait toujours l’objet d’une attention particulière, dans le contexte de la guerre déclenchée le 28 février par des attaques américano-israéliennes.

    Le flou règne toujours sur les conditions d’accès aux États-Unis de la Team Melli, qui a pris ses quartiers dimanche à Tijuana (Mexique) au lieu de Tucson (Arizona) comme initialement prévu, en raison du refus des autorités américaines de délivrer des visas de longue durée.

    Manifestations prévues

    à Mexico

    L’équipe iranienne doit disputer ses trois matches du premier tour aux États-Unis (Los Angeles et Seattle). Or, si les joueurs et l’encadrement ont bien reçu leurs visas, une quinzaine d’accompagnants n’ont pas obtenu le précieux sésame, dont le président de la fédération Mehdi Taj, qui a servi au sein des Gardiens de la révolution, une organisation considérée comme terroriste par Washington.

    En attendant, les regards sont tournés vers Mexico, où aura lieu jeudi le match d’ouverture de cette 23e édition, entre le Mexique et l’Afrique du Sud, au mythique stade Aztèque de Mexico.

    « Nous allons garantir (…) que la célébration de l’inauguration de la Coupe du monde se passe bien, dans la paix et la tranquillité », alors que des manifestations massives d’enseignants sont prévues dans la capitale, a déclaré lundi la présidente mexicaine Sheinbaum.

  • À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    À Marseille, les AESH mobilisés pour obtenir un statut

    « Un vrai statut, un vrai salaire, une reconnaissance, sortir de la galère », scandent plusieurs dizaines d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) – très majoritairement des femmes – devant la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale des Bouches-du-Rhône (DSDEN 13), ce mardi 9 juin. Réunies à l’appel des syndicats FSU-SNUipp 13, Snes-FSU Aix-Marseille, CGT Educ’action 13 et Sud Éducation 13, elles participent à un mouvement de grève national destiné à faire entendre les revendications d’une profession qui réclame avant tout une reconnaissance institutionnelle.

    En France, les AESH sont près de 140 000, dont 17 000 dans les Bouches-du-Rhône. Au cœur de leur mobilisation : l’obtention d’un véritable statut. « On se bat pour être reconnu comme un corps de métier de l’Éducation nationale. Reconnaître notre métier, c’est aussi reconnaître la loi de 2005 sur l’égalité des chances pour tous », affirme Laurence Casandri, représentante académique des AESH au sein de la CGT Éduc’Action. Pour les organisations syndicales, cette reconnaissance passe notamment par l’intégration de cette profession dans la fonction publique de catégorie B. « Obtenir un vrai statut leur permettrait ensuite une progression de carrière, ce qu’ils n’ont pas actuellement », explique Franck Neff, secrétaire départemental du syndicat FO 13.

    Un métier précaire

    Au-delà du statut, la question salariale cristallise la colère. « Entre un début de carrière et une fin de carrière, il y a 111 euros de gain », souligne Didier Jau, maire (EELV) des 4e et 5e arrondissements de Marseille. France Masselot, AESH au collège des Caillols, accompagne aujourd’hui 14 enfants. Elle décrit un quotidien marqué par la précarité : « On n’est pas considéré et on n’a pas d’avantages : pas de cartes tarif réduit, pas de tickets-restaurants, pas de vacances », déplore-t-elle, « sans oublier que 90% des AESH sont des femmes, souvent des mères seules, et que les trois quarts des contrats sont à 62% ». Selon elle, ce temps partiel n’est pas choisi mais « imposé », avec des conséquences directes sur le niveau de vie. Franck Neff pointe lui aussi la faiblesse des rémunérations : « C’est une aberration de voir du personnel de l’Éducation avec un salaire aussi bas. » Le salaire moyen est inférieur à 1 000 euros nets par mois, indique-t-il.

    Les manifestants alertent également sur le manque de moyens humains et sur une dégradation continue de leur environnement de travail. « Les conditions se détériorent d’année en année et on voit qu’il y a de plus en plus de licenciements pour inaptitude physique, précise Laurence Casandri, à la suite de burn-out par exemple. »

    Des mesures insuffisantes

    Cette mobilisation intervient alors que l’État a annoncé la mise en place progressive des Pôles d’appui à la scolarité (PAS), pour remplacer les Pôles inclusifs d’accompagnement localisé (Pial). Une évolution qui ne convainc pas les manifestants. « Avec ce système, ils veulent titulariser 10 à 20% d’AESH seulement. Ce n’est pas normal de trier », estime Zahra. « On fait toutes le même métier », renchérit Florence. Pour les syndicats mobilisés, les mesures actuellement envisagées relèvent davantage d’ajustements marginaux que d’une véritable réponse aux attentes de la profession. Une audience intersyndicale s’est tenue ce mardi à la DSDEN 13 afin de faire remonter les revendications auprès de l’administration.