Tag: manifestation

  • Rassemblement en solidarité avec le Venezuela

    Les progressistes marseillais se réunissent une nouvelle fois pour dénoncer l’agression impérialiste des États-Unis sur le Venezuela et le kidnapping de son dirigeant Nicolas Maduro. Le rendez-vous est ainsi donné à 11 heures sous l’ombrière du Vieux-Port ce samedi. « L’impérialisme c’est la guerre (…) du Venezuela à la Palestine, les mêmes logiques d’ingérence et de domination menacent la paix et piétinent le droit international », alerte la fédération PCF des Bouches-du-Rhône dans un tract appelant au rassemblement. « Se féliciter d’un changement de régime imposé par une intervention militaire étrangère, comme l’a fait Emmanuel Macron, c’est légitimer la loi du plus fort », dénoncent les communistes locaux.

    Contre « l’impérialisme des États-Unis de Trump »

    Les insoumis du 13 ont eu aussi confirmé leur participation à cette nouvelle manifestation face à « l’impérialisme des États-Unis de Trump » et en « solidarité avec le peuple vénézuélien ». « Contre la loi du plus fort, défendons la souveraineté des peuples », martèlent ils.

    Cette attaque dirigée par Washington sur Caracas a profondément traumatisé la population et fait plus de 100 morts. Jeudi, le milliardaire républicain qui dirige les États-Unis a évoqué une « tutelle » de plusieurs années sur le pays et tente déjà de s’approprier ses réserves en pétrole. Ainsi, l’association France Cuba Marseille 13 se joint à l’appel à protester pour « dire stop aux agressions guerrières et aux violations du droit international et dire oui au droit à l’autodétermination des peuples ». De même que l’UD CGT des Bouches-du-Rhône, affiliée à la Fédération syndicale mondiale (FSM), dont les militants seront présents en « solidarité avec le peuple vénézuélien » et pour défendre le « respect de la souveraineté des États ».

  • Plusieurs dizaines d’agriculteurs mobilisés à Fos-sur-Mer

    Plusieurs dizaines d’agriculteurs mobilisés à Fos-sur-Mer

    Les agriculteurs manifestants de la Coordination Rurale 13 partent en convoi du rond-point des Bannes qu’ils ont bloqué environ une heure, en direction de Port-Saint-Louis, après un premier blocage à la Fossette (Fos-sur-Mer). Une quinzaine de tracteurs et quelques poids lourds en sont.

    Sur un tracteur est lisible “CR13 – Jordan 2027”.

  • [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    [Rétro 2025] La verrerie de Vergèze à l’arrêt

    « Rien ne justifie cette décision. L’année dernière, on a fini à plus 7% de bénéfices. Ici, nous sommes la quatrième usine sur les neuf de France  », indiquait Yohan Goupille, délégué CGT de la verrerie. Malgré de fortes mobilisations – 1 000 personnes le 1er-Mai, 3 000 en juillet – et le soutien de personnalités (Sophie Binet, François Ruffin, Vincent Bouget), la direction n’a rien voulu entendre et les négociations ont échoué. Le site a alors été bloqué par les grévistes en octobre avant qu’OI n’annonce la fermeture définitive du four, signant la fin d’un autre fleuron industriel gardois. Sans candidat sérieux, les chances d’un repreneur s’amenuisent de jour en jour. Un temps cité, Nestlé pourrait faire l’affaire. Mais empêtré dans ses scandales sanitaires avec Perrier, l’option semble incertaine.

  • [Rétro 2025] Gard : clap de fin pour Solvay et ses 64 salariés

    [Rétro 2025] Gard : clap de fin pour Solvay et ses 64 salariés

    Salindres a été sous le feu des projecteurs en cette année 2025. En effet, l’usine chimique Solvay – qui produit du TFA, le plus petit des per- et polyfluoroalkylées (Pfas) – avait annoncé fin 2024 sa volonté de fermer son site gardois, mettant sur le carreau les 64 salariés dont certains y travaillaient depuis une vingtaine d’années. Un exemple de plus de casse industrielle frappant un département déjà durement touché par la désindustrialisation. Pourtant, les salariés ont lutté tout au long de l’année pour tenter de stopper l’engrenage. Bien que le Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) ait été signé par l’intersyndicale (composée de la CGT, la CFDT et CFE-CGC) – prévoyant entre autres une compensation de 40 000 euros et un congé de reclassement de 15 mois – et validé par la Dreets (Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités) le 21 janvier, la bataille s’est finalement menée sur les terrains sanitaire et environnemental.

    Car beaucoup pointent la dangerosité du TFA. Aussi bien du côté des associations écolos comme Générations Futures ou le collectif Gard-eau-Pfas, qui ont réalisé des prélèvements autour de Salindres montrant une forte contamination de l’eau au TFA aux alentours que de l’ARS, qui a décidé de se saisir de la question en organisant ses propres prélèvements. Des analyses qui ont provoqué la fureur des salariés, se sentant encore plus abandonnés par la direction. À l’instar de Jean-Pierre Tosi, opérateur sur le site depuis 2001 et en arrêt maladie depuis deux ans. « J’ai une maladie auto-immune qui s’attaque à mes reins. (…) Quand la maladie s’est déclenchée, j’ai été hospitalisé un mois à Nîmes. Certains médecins me disaient que c’était à cause des produits chimiques que j’avais respirés et d’autres étaient moins catégoriques », soutient le salarié dans les colonnes de la Marseillaise. D’autant que son cas est loin d’être isolé : son père et son oncle, tous deux travaillant également à Solvay, sont décédés d’un cancer.

    Mais les salariés n’auront jamais réussi à faire flancher une direction refusant de payer des tests médicaux. Après un blocage d’accès au site, celle-ci a finalement accepté de garder une vingtaine de salariés, dont une douzaine du Groupement d’intérêt économique. Le 28 mars, la plus grande vague de départs avait lieu, marquant la fin d’une histoire. Puis les mauvaises nouvelles se sont enchaînées. En juillet, l’Inspection du travail a confirmé le licenciement pour motif économique de salariés protégés, exerçant des fonctions représentatives. « Les derniers salariés sont donc licenciés », soupirait Damien Orly, délégué CGT à Solvay. Pourtant, le TFA est, lui, toujours présent.
    Louis Dupin

  • Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    Près de 200 agriculteurs mobilisés samedi à Aubagne

    D’inhabituels personnages se sont samedi joints aux clients du Auchan des Paluds à Aubagne : 600 brebis et agneaux ont à partir de 13h envahi le parking de l’enseigne, venus, avec leur maîtresse et de nombreux autres agriculteurs et éleveurs, protester contre l’abattage systématique et le Mercosur.

    C’est Hélène Poullin, la propriétaire de ce cheptel de brebis, qui a, mardi, appelé collègues et soutiens à manifester contre l’actuelle gestion gouvernementale de la crise sanitaire bovine, liée à l’apparition de cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Rapidement soutenu par la Confédération paysanne des Bouches-du-Rhône, l’appel de la jeune femme rassemble finalement quelque 200 personnes samedi. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole la bergère. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le Sud-Ouest, ça m’a donné envie d’agir. » Car si les premiers cas de DNC, cette maladie qui ne touche que les bovins, sont apparus cet été en Savoie, c’est en Ariège, le 11 décembre, qu’ont eu lieu les premières contestations agricoles. Militants de la Coordination rurale et de la Confédération paysanne s’étaient alors mobilisés en masse pour s’opposer à l’abattage de 207 bovins, décidé par l’État à la suite de la détection d’un cas dans le troupeau. Aujourd’hui, la réglementation française veut qu’en cas de détection d’un foyer dans un cheptel, l’intégralité des bêtes soit abattue, y compris les saines. Postés sur le rond-point de l’avenue des Caniers, après une courte marche depuis le parking du Auchan, les paysans d’Aubagne et de ses environs, ont établi un barrage filtrant à la sortie de l’autoroute, pour « dénoncer cet abattage systématique ».

    « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte-parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand-chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines… on marche sur la tête. »

    Solidarité paysanne

    Dans une ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Dans les rangs des militants, ils sont très peu à être directement concernés par la crise sanitaire, pour beaucoup maraîchers, apiculteurs ou éleveurs non bovins et donc non inquiétés par la DNC. Présents en soutien donc, mais aussi pour dénoncer la « casse agricole ». « La violence de l’abattage est à l’image de son non-sens sanitaire. Le gouvernement détruit progressivement notre souveraineté alimentaire pour faire de la place au Mercosur », s’indigne Marcel, agriculteur à Meyrargues. En Paca, les premiers menacés par la DNC sont les éleveurs de taureaux en Camargue.

  • Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Dès 13h samedi, le parking du Auchan des Paluds à Aubagne s’est fait envahir par un troupeau de 300 brebis et 300 agneaux venus, aux côtés de quelque 200 personnes, protester contre la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Maladie bovine responsable de l’abattage très contesté de 207 bêtes en Ariège, elle est depuis le 11 décembre au cœur d’une vive contestation agricole. Samedi, c’est dans une foule de drapeaux de la Confédération Paysanne, que militants et brebis se sont rendus jusqu’au rond-point de l’avenue des Caniers, où ils ont pendant plusieurs heures tenu un barrage filtrant pour « sensibiliser à la cause ». « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines…on marche sur la tête ».

    Dans un ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Sur leurs pancartes, leurs revendications sont claires : « Abattre des troupeau = tuer nos éleveurs, déserter nos campagnes », « Pandémie du libre échange » ou encore « Mercosur, droit dans le mur ». Hélène Poullin, propriétaire des 600 bêtes qui se sont joints à la manifestation, est l’une des militantes les plus déterminées à faire entendre sa colère. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole-t-elle. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le sud ouest, ça m’a donné envie d’agir ».

    La signature de l’accord UE-Mercosur, à l’origine prévue vendredi, a été repoussée à janvier. Le protocole sanitaire de lutte contre la DNC demeure, selon la réglementation française actuelle, l’abattage total des troupeaux où sont détectés des foyers, y compris les bêtes saines.

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    La Marseillaise : Vous étiez au cœur de l’action lors des grèves de 1995, quel était le contexte et quels souvenirs en gardez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : J’étais secrétaire des cheminots CGT au niveau régional, donc je coordonnais les 30 et quelques syndicats qu’il y a sur la région. Et depuis le congrès de 1993 à Tours, j’avais des responsabilités au bureau fédéral. Au moment de l’annonce de Juppé, le 15 novembre 1995 à l’Assemblée nationale, on était au premier jour d’un conseil national des cheminots CGT. Et comme j’avais en charge de la protection sociale pour la fédération, donc le régime spécial, j’étais directement concerné par la réforme. Au deuxième jour du conseil national, on propose une déclaration de la fédération CGT des cheminots. C’est là qu’on a appelé à la grève, pour le 24. 1995, c’est avant tout le résultat d’un fort mécontentement sur la situation sociale. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein : il y avait eu de nombreuses grèves tout au long de l’année, sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail… La grève est partie chez les cheminots, de manière très forte, déterminée et unitaire, pour deux raisons principales. La première, sur la remise en cause du régime spécial de protection sociale, le régime spécial des cheminots. Et deux, contre le contrat de plan état-SNCF qui visait au démantèlement du réseau ferroviaire. Plus globalement, il y avait un contexte politique ambivalent : avec l’élection de Chirac en mai sur la « fracture sociale » d’un côté, et de l’autre Juppé qui annonce ces attaques contre les retraites et l’instauration d’un régime universel d’assurance maladie.

    Comment expliquez-vous l’ampleur des grèves à l’époque ?

    J-M.C : La clé de l’efficacité de ce mouvement tient en trois éléments. Un, la démocratie : parce qu’on l’a lancée, en connaissant l’état d’esprit des cheminots. Deux, l’unité d’action. Et trois, une convergence avec les usagers et à un niveau interprofessionnel. On était quasiment dix ans après la grève de l’hiver 86-87. Et on en avait tiré des enseignements. Pour qu’une grève soit populaire, il faut qu’elle soit portée aussi par les usagers, la population. Pendant dix ans, on avait travaillé ces liens pour expliquer que lorsque les cheminots revendiquaient un meilleur service public, c’était bien aussi pour les usagers. C’est pour cela que certains parlaient de grève par procuration, mais c’était en fait une convergence. Et le 24 novembre, la grève commence et à Marseille, on a une manifestation de 50 000 travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, sur le slogan « Tous ensemble ». Et je me souviens qu’au bout de trois semaines, on était à 120 000. On était loin d’une grève corporatiste puisqu’elle portait des choix de société, entre la solidarité et l’individualisme.

    Il y a des comparaisons avec le mouvement contre la réforme des retraites en 2023, qu’est ce qui a changé depuis ?

    J-M.C : Depuis, on fait face à un pouvoir qui est très autoritaire. On a une maturité dans le mouvement syndical, avec cette volonté d’unité sur des revendications justes de haut niveau. Mais en même temps, on est dans un contexte où le monde du travail est fragmenté, comme la société d’ailleurs. Il y a de plus en plus de petites et moyennes entreprises, un développement de la sous-traitance, de la précarité, ce qui rend plus compliqués les mobilisations et les actions. La SNCF est très bon exemple de ça : ils ont appliqué le « diviser pour mieux régner ». Ce qui fait la force des chemins de fer, c’est son unité. En les fragmentant, on fragilise le service public et on le rend moins performant. Et en fragmentant, on rend plus compliqué les mobilisations, la convergence. Et ça a été fait dans chaque branche d’activité, télécommunication, énergie, etc… Autant de points qui ont pourtant fait la force de notre pays, des piliers qui ont été créés au lendemain de la guerre avec le Conseil national de la Résistance. Et en 30 ans, il y a eu une grosse financiarisation de l’économie aussi, une mondialisation des pouvoirs économiques. Reste qu’en matière de mobilisation, la comparaison entre 1995 et 2023 est loin d’être excessive, au contraire. Le problème, c’est qu’on a certainement, dans le prolongement du mouvement social et syndical, des leçons à tirer sur l’engagement politique. Quelques années après 95, on avait un nouveau mandat de Chirac et Le Pen au second tour… Il faut qu’on ait, au niveau politique, une gauche qui soit à la hauteur de ces défis.

  • « Tous ensemble ! »

    « Tous ensemble ! »

    1995 reste gravé dans les mémoires des militants qui ont connu cette bataille. Pour la victoire des forces syndicales. Pour le camouflet infligé à des dirigeants suintant le mépris de classes. Pour les souvenirs d’ambiance incroyable dans les cortèges. Un épisode riche en enseignements, tant sur l’importance de l’unité syndicale que sur l’action interprofessionnelle ou encore le lien avec la société et le soutien de l’opinion publique, sans oublier le relais politique. Si victoire il y a eu avec le beau slogan « Tous ensemble ! », c’est un ouvrage constamment remis sur le métier. Juppé s’attaquait alors aux retraites mais aussi à la sécu, à la casse des grandes entreprises publiques… Il marquait la volonté affichée de rompre avec une société héritée du Conseil national de la résistance et de se tourner résolument vers une politique libérale. Bien d’autres après lui ont continué à creuser le sillon de cette pensée réactionnaire.

    Gangrène libérale

    Bien sûr, la situation a changé et pas en faveur des travailleurs. Les grands services publics ont été explosés, la sous-traitance et la mondialisation ont fracturé le monde du travail, le libéralisme a gangrené les esprits… Mais nulle nostalgie dans cette commémoration. À bien des égards, les grands mouvements contre la dernière réforme des retraites et les actions contre l’austérité budgétaire de la rentrée attestent que l’heure n’est pas à la résignation. Certes, les victoires ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais comme notre une le rappelle quotidiennement avec la citation de Bertold Brecht : « Celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

  • Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Le 13 décembre 1995, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Alain Juppé lâche finalement : « Il faut maintenant sortir de la confrontation. Les conditions sont réunies. » Deux jours plus tard, son gouvernement retire sa réforme des retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux : en trois semaines, le mouvement social le plus important depuis Mai-68 l’a emporté. « Tous ensemble, nous les cheminots, on a gagné », chantaient le lendemain les grévistes de la SNCF dans le cortège marseillais. Une victoire qui fait encore date, trente ans après.

    Alors que le président Jacques Chirac l’avait emporté sept mois plus tôt en faisant campagne sur le thème de la « fracture sociale », la présentation du « Plan Juppé » devant l’Assemblée nationale le 15 novembre fait office de déclencheur. Celui-ci prévoit d’aligner les retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé, dont la durée de cotisation était passée de 37,5 à 40 années en 1993, mais aussi la mise en place d’une loi de financement de la Sécurité sociale avec un objectif de dépenses, un accroissement des frais d’hospitalisation et une baisse des remboursements des soins. C’est que trois semaines plus tôt, le président avait donné la priorité à la réduction des déficits, « ne serait-ce que pour entrer dans la monnaie unique européenne », expliquait-il à Alain Duhamel sur France 2.

    La France paralysée

    Mais cette réforme des retraites arrive dans un contexte social déjà tendu, avec le 10 octobre une grève unitaire des fonctionnaires contre le gel des salaires, une mobilisation à la SNCF deux semaines plus tard, des manifestations contre la réforme de la Sécurité sociale le 14 novembre. « Nous allons réussir ce qu’on n’a pas osé entreprendre depuis 30 ans », n’en fanfaronnait pas moins le Premier ministre devant l’hémicycle, soutenu par une partie du Parti socialiste et de la CFDT. La présentation du contrat de plan état-SNCF deux jours plus tard, avec la suppression de 73 000 postes et la disparition d’un quart du réseau ferré, achève de mettre le feu aux poudres.

    En grève dès le 23 novembre, les cheminots rejoignent la mobilisation des fonctionnaires le 24 novembre, une première journée de mobilisation massive à travers le pays. Le soir même, les assemblées générales votent la reconduction de la grève à la SNCF. Trois jours plus tard, la RATP rejoint le mouvement. Les grands services publics suivent : La Poste, France Télécom, EDF, les hôpitaux, l’Éducation nationale… La France est paralysée, privée de transports. Les divergences entre la CGT et FO sont enterrées, et le 28 novembre, l’unité syndicale est symboliquement scellée : les secrétaires généraux des deux organisateurs, Louis Viannet et Marc Blondel, se serrent la main dans les cortèges.

    Une majorité de médias a beau s’acharner sur la mobilisation dans les premiers jours, l’opinion publique soutient massivement la grève. Et le mouvement va crescendo. Face au durcissement, Alain Juppé annonce à l’Assemblée nationale le 5 décembre qu’il ne retirera pas son projet, et le lendemain tance dans les colonnes de Sud-Ouest : « Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n’y survivra pas. » Moqué par les Guignols de l’Info sur une chaîne pas encore inféodée à Bolloré, il lance involontairement le « Juppéthon ». Le 12 décembre, l’objectif est atteint. Jusqu’à 200 000 personnes manifestent à Marseille, du jamais vu : la queue du cortège n’a pas le temps de s’élancer du Vieux-Port que la tête arrive déjà place Castellane. Pour la première fois depuis 1947, CGT et FO sont côte à côte, avec une forte présence du mouvement associatif. « Ça va être un tremplin formidable pour gagner », annonce sur FR3 Marcel Carbasse, le secrétaire général de l’union départementale CGT. La suite lui donne raison. Quand bien même Alain Juppé maintient sa réforme de la Sécurité sociale.