Tag: manifestation

  • Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    « Les revendications lycéennes sont légitimes, nous les soutenons et les partageons, le gouvernement doit y répondre ! ». Voilà le message limpide délivré par l’intersyndicale des personnels de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône, dans un communiqué de presse diffusé ce week-end. Une large intersyndicale (CGT, CNT, FO, FSU, Unsa et Sud) qui appelle même à la grève et « à participer aux rassemblements et manifestations aux côtés des lycéens », ce mardi en partageant le rendez-vous marseillais : 10h aux Réformés. « L’ensemble des syndicats éducation de la FSU 13 appelle à la grève mardi 6 octobre, et sera présent dans la manifestation pour encadrer et protéger la jeunesse », développe de son côté la FSU des Bouches-du-Rhône, principale organisation syndicale chez les enseignants. Même principe en Vaucluse où l’Union Départementale CGT « met à disposition des lycéens toute sa logistique ».

    « Journée noire »

    Autant d’échos locaux à la multitude d’appels lancés au niveau national par différentes organisations syndicales de travailleurs (lire notre article du 03/10). Des appels qui se sont multipliés dans le week-end avec une dimension interprofessionnelle puisque plusieurs fédérations CGT appellent désormais à la grève ce mardi 6 octobre, comme celle de l’énergie ou encore des industries chimiques. De quoi surtout appuyer sur le terrain les mobilisations lycéennes puisque dans le Var, comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, les syndicats prévoient concrètement d’être présents sur les blocus et actions prévues. Car le Mouvement national lycéen (MNL) prévoit bien une « journée noire dans les lycées ». Et même les parents d’élèves s’y mettent puisque le Mouvement des Parents d’Élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) a également apporté son soutien au mouvement social des jeunes : « En tant que représentants de parents d’élèves, nous considérons que les préoccupations exprimées par les lycéennes et les lycéens sont légitimes et doivent être entendues ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 7h. Lycée Paul Eluard.

  • À Avignon, une manifestation encadrée

    À Avignon, une manifestation encadrée

    Au milieu de la manifestation de lycéens à Avignon ce vendredi 2 octobre, quelques personnes détonnaient par leurs gilets jaunes sur les épaules. Ce sont des parents d’élèves venus pour « soutenir et encadrer les jeunes », explique Sabine, dont la fille est scolarisée à Avignon et qui a pris un jour de congé pour l’occasion.

    Lors de la longue déambulation d’un peu moins de 200 élèves, qui sont partis du lycée Mistral avant d’aller successivement devant l’Hôtel de Ville et les lycées Aubanel, Saint-Joseph et Louis-Pasteur, ils ont notamment calmé les ardeurs de certains, aidés par les médiateurs sociaux de la ville. « On est là pour dire qu’on est derrière eux et qu’on partage leurs revendications » indique Sabine. Le lycée Philipe-de-Girard était lui fermé, théâtre de heurts ces derniers jours. Le préfet avait interdit les rassemblements aux abords de l’établissement ce vendredi 2 octobre. La préfecture de Vaucluse fait état ce vendredi de 32 interpellations. La veille, le parquet annonçait 60 interpellations, dont 51 mineurs ce jeudi. 22 personnes ont été déférées au parquet jeudi.

    Huile sur le feu

    Nino, en terminale au lycée Mistral, se réjouit de cette présence. Et assure qu’il restera mobilisé « tant qu’il n’y a pas d’annonces concrètes » car « on est tous épuisés par la situation ». Une assemblée générale est prévue ce lundi et une mobilisation ce mardi 6 octobre. « Cette explosion n’arrive pas comme ça. Les dernières annonces du gouvernement, c’est de la provocation, donc on est aux côtés de la jeunesse » confie Marie-Antoinette Mosca pour FO collèges lycées. Dans un communiqué, la CGT Éduc’action 84 demande comme réponse politique de « l’écoute, du dialogue et de la prise en compte des revendications exprimées ».

  • À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    « Financez l’école, pas l’armée », « on voit + nos profs que nos parents », « désolé du dérangement, on essaye de sauver notre avenir », « un lycée en ruine et des profs sous payés, mais pour eux le problème c’est le voile »… Plus de 400 lycéens se sont rassemblés devant les lycées de Manosque, munis de pancartes, jeudi matin.

    « Nos emplois du temps sont trop chargés, il n’y a pas de clim dans les classes, il fait trop chaud, on ne peut pas travailler », déplore Eden, en classe de seconde au lycée Esclangon. « Les classes sont en ruines, les profs sont sous-payés. Déjà, en troisième, il y avait un manque de moyens dans notre établissement au collège de Forcalquier. Dès qu’il pleuvait, un escalier entier était condamné », ajoute Lucie, sa camarade.

    « On est trop nombreux par classe, on a très froid l’hiver et très chaud l’été », regrette Zoé, 17 ans, élève au lycée Esclangon. Si plusieurs lycéens faisaient brûler des poubelles, des meubles, des sommiers et lançaient des projectiles, des bouteilles en verre et des explosifs en direction des policiers et de leurs camarades, la plupart d’entre eux condamnaient ces actes et regrettaient l’image que cela donne de leur mobilisation. « On va pas nous prendre au sérieux si on fait tout brûler et exploser des choses, c’est énervant ! », lance Laura, 17 ans, lycéenne à Esclangon. « C’est violent, ça décrédibilise la cause, c’est dommage », abonde Meryl, elle aussi élève de 17 ans à Esclangon. Un manifestant a été blessé à l’œil par le tesson d’une bouteille de gaz lancée dans un feu et a été évacué par les pompiers. Une journaliste de BFM DICI a été prise à partie, menacée, agressée et exfiltrée par les forces de l’ordre. Un artifice lancé dans la mairie a cassé une vitre et enflammé la moquette.

    « Un mouvement qui fait suite à l’austérité »

    « Comme nous, les enseignants, ils souffrent du manque de moyens chronique. On comprend ce mouvement qui fait suite à des années de politique d’austérité dans l’éducation », regrette éric Gauthier du Snes FSU, présent en début de matinée pour assurer la sécurité des lycéens.

    D’autres lycéens des Iscles, comme Assia, dénonçaient « la pression de Parcoursup ». « Il y a beaucoup de suppressions de postes, c’est ingérable pour les profs. Ceux qui arrivent en retard n’ont même pas de table ou de chaise où s’asseoir. On doit faire cours dans le couloir tellement il fait chaud », a déploré Léon, 15 ans, lycéen à Esclangon.

    Sept lycéens ont été placés en garde à vue et trois ont été interpellés et seront convoqués ultérieurement.

    Jeudi soir, la préfète, Isabelle Tomatis, a dénoncé « des exactions » et une « radicalisation du mouvement ». Elle a regretté « le mouvement d’aller vers les forces de l’ordre, qui étaient en retrait, pour jeter des mortiers, des aérosols dans les flammes pour provoquer des explosions et des boules de feu ».

    Au total, 950 lycéens étaient mobilisés sur le département jeudi : 800 à Manosque et Digne, et 150 à Barcelonnette.

    Lisa Défossez

    Des blocus annoncés à Gap

    Aucun lycée de Gap n’était bloqué ce jeudi, mais des appels au blocus sont relayés sur les réseaux sociaux.

    Un blocus au lycée professionnel Sévigné est annoncé ce vendredi 2 octobre. Un autre est prévu le jeudi 8 octobre au lycée Dominique-Villars. Un appel à étendre la mobilisation aux autres établissements a été lancé, même s’il est peu relayé : « Parcoursup, le 8h-18h, notre santé mentale ou une volonté de rébellion : rejoignez-nous. »

    Agathe Di Lenardo

    400 lycéens mobilisés à Digne

    400 lycéens des établissements Beau de Rochas et Alexandra David-Néel se sont mobilisés à Digne, jeudi. Un incendie a été allumé entre les deux lycées et des tirs de projectiles ont visé des policiers. Quatre interpellations ont eu lieu dans la ville préfecture.

    L.D.

    RÉACTIONS

    Fédération PCF des Hautes-Alpes

    « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications. La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

    Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF 04

    « Ce mouvement appartient aux lycéens. Il ne doit devenir ni le marchepied d’une récupération au service d’un agenda politique, ni l’épouvantail agité par d’autres pour instrumentaliser les peurs et transformer quelques incidents en procès de toute une génération. »

    Camille Galtier, maire (DVD) de Manosque

    « Bloquer les lycées, dégrader le mobilier urbain, enflammer les espaces publics : c’est de la bêtise, voire de l’inconscience. Des interpellations ont eu lieu et les identifications sont en cours : ces actes ne resteront pas impunis. »

  • À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    À Marseille, les lycéens sommés de rester chez eux

    Pas de cours en présentiel dans 47 lycées des Bouches-du-Rhône, ce vendredi. À cela s’ajoutent quatre arrêtés préfectoraux interdisant « toute manifestation revendicative non déclarée dans les communes de plus de 10 000 habitants », « la vente de carburant au détail », « le port d’équipements de protection individuelle » ainsi que « la détention et le transport d’objets susceptibles de constituer une arme ». Une série de mesures prises en réaction à l’ampleur qu’a prise, jeudi, le mouvement social des lycéens.

    À Marseille, la mobilisation s’est en effet emparée de toute la ville, avec des blocus organisés notamment, devant les lycées Victor-Hugo (3e), Saint-Exupéry (15e), Thiers (1er), Montgrand (6e), Marseilleveyre (8e), Diderot (13e) ou encore Artaud (13e). Lancé par la mobilisation nationale de mardi centrée sur la défense des services publics, le mouvement a poursuivi sa course toute la journée de jeudi, porté par des élèves qui exigent plus de moyens dans l’éducation.

    Ils étaient, selon la préfecture, plus de 1 000 à camper devant les grilles de leur lycée pour être entendus. « Nos lycées sont en ruines. Les conditions ne sont plus acceptables. Au lycée Marie-Curie, il y a de l’amiante dans les murs, s’est indignée Rose, élève au lycée Montgrand. On a juste envie d’avoir des conditions de travail qui soient stables ».

    Au-delà de l’état des locaux, c’est aussi le manque de personnel qui est pointé du doigt, « avec des classes de 35 élèves » et des spécialités « surchargées depuis que des classes ont été supprimées » déplorent les jeunes. Les lycéens, qui n’ont de cesse de répéter qu’ils « ne veulent pas faire la guerre », dénoncent également l’augmentation du budget alloué à la défense.

    Dégradations et violence

    Les mobilisations ont donné lieu à plusieurs dégradations et débordements, notamment l’incendie d’un bus RTM et d’un véhicule des marins-pompiers devant les lycées La Floride (14e) et Saint-Exupéry (15e). Deux proviseurs, une journaliste violemment agressée, un marin-pompier et dix policiers ont été blessés dans le département, d’après la préfecture. 29 manifestants ont par ailleurs été interpellés à Marseille.

    « Vous savez quelle est la pire violence ? 120 000 lycéens n’ont eu aucune affectation Parcoursup cette année, s’est révolté Eustache, élève au lycée Montgrand et militant au Poing levé. Ça fait 10 ans que ce gouvernement mène une politique contre la jeunesse, contre les enseignants, contre l’ensemble de la population. (…) On se mobilise pour que nos services publics soient en meilleur état, et la seule réponse du gouvernement, c’est d’envoyer la police pour nous taper ».

    Lundi, dans le Val-d’Oise, un lycéen a perdu des dents à la suite d’un tir d’un policier en direction de son visage. Mercredi, à Tours, un élève a été blessé à l’œil, probablement par un tir de LBD. L’IGPN a été saisie.

  • Avant leur départ, les pompiers soutenus en gare d’Aix-TGV

    Avant leur départ, les pompiers soutenus en gare d’Aix-TGV

    Mobilisés pour obtenir davantage de moyens humains et matériels, notamment à la suite des incendies qui ont touché le pays cet été, ils ont rejoint les mobilisations de la fonction publique. Avant leur départ, ils ont reçu le soutien de la CGT, dont les banderoles ont été déployées. Ils ont également été rejoints par des militants du PCF 13. Sur place, des tracts appelant à soutenir les pompiers ont été distribués.

  • L’éducation défend ses missions à Gap

    L’éducation défend ses missions à Gap

    « De la naissance à la mort, les fonctionnaires sont présents dans notre quotidien, et l’école représente un bon nombre d’années que l’on doit au service public », lance Mario Brenna, animateur territorial à la Ville de Gap et syndiqué CGT. L’éducation était justement l’un des sujets au cœur de la manifestation intersyndicale (CGT, CFDT, Unsa, Solidaires, FO et FSU) de la fonction publique qui a rassemblé, selon la CGT, près de 500 personnes à Gap.

    Yvan Tessier, représentant départemental de Snuipp-FSU, dénonce les suppressions de postes : « On reconnaît qu’il y a une baisse démographique, mais on ne doit pas en profiter pour fermer des classes. Il y a en plus, dans les Hautes-Alpes, plusieurs classes multiniveaux : il faut prendre en compte cette spécificité. » Au niveau du département, tous les postes ont été pourvus à la rentrée. « Mais en ce qui concerne les réseaux d’aides aux élèves en difficulté, il y a eu des suppressions de postes. Et quand un des collègues est absent, il n’y a personne pour le remplacer. »

    Autre sujet, le manque de place dans les centres médico-sociaux. « Il y a des enfants qui reçoivent une notification pour y être orienté, mais ils ne peuvent pas y aller », se désole Yvan Tessier. « Quand j’ai commencé mon métier, on était considéré comme des concepteurs, maintenant, on est juste des exécutants de ce qui vient d’en haut. Et les différentes réformes tendent à prolétariser les enseignants », conclut-il.

    Comme dans les autres corps de la fonction publique, les professionnels de l’éducation dénoncent les salaires trop bas et la crise de vocation qui en découle. « Les professeurs français ont les salaires parmi les plus bas des pays de l’OCDE, et on a des classes parmi les plus chargées, explique Pierre Spitalier, professeur en collège et syndiqué Solidaires. Et on touche près de 900 euros par mois de moins que les autres fonctionnaires de catégorie A ». À ses côtés, une professeure des écoles évoque la dégradation du bâti scolaire. « Il faut aussi penser aux agents d’entretien, de la maintenance, des cantines… On voit qu’ils sont aussi à bout », lance Thierry de la CGT éduc’action, qui trouve normal que certains lycéens bloquent leur établissement. Léo et Evan, 15 ans, ont séché une partie de leur matinée pour se rendre dans le cortège. Un blocus de leur lycée était prévu, mais la présence de la police devant l’établissement a dissuadé les élèves. « On demande plus de temps pour manger à la cantine », dit l’un. « Il y a aussi toujours des profs absents qui ne sont pas remplacés, donc on a des gros trous dans la journée », assure l’autre.

    Agathe Di Lenardo

  • À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    Derrière leurs grandes banderoles, les salariés de l’hôpital psychiatrique de Montfavet ne se sont pas arrêtés, défilant d’abord en centre-ville avant de filer tout de suite 7 km plus loin, devant leur établissement, afin d’alerter sur leurs conditions de travail.

    « Aujourd’hui, on se heurte à une dichotomie entre les directives qui nous arrivent de la direction par manque de moyens et la réalité du terrain et les besoins qu’on a pour pouvoir prendre soin dans de bonnes conditions », résume ainsi Claire Moreno, secrétaire CGT de la structure hospitalière.

    Le tout en lien avec le « manque de reconnaissance » à l’égard des agents du service public de la fonction hospitalière. « En fait, on se bat pour la qualité de vie parce qu’on a tous besoin de se soigner, on a tous besoin des services publics, mais aussi de nos conditions de travail », poursuit la responsable syndicale. Tout en regrettant que si les budgets sont débloqués pour divers projets, « aujourd’hui, on nous retire des postes, on met à la porte des contractuels alors qu’on en a besoin. Et on pêche toujours sur la masse salariale alors que nous, pour prendre soin, on a besoin de moyens humains et de qualifications ».

    Elle appelle à rendre le métier plus attractif pour maintenir à flot le bateau des soins psychiatriques, secteur particulièrement fragile. Elle rappelle également que nombreux sont les établissements qui sont des « passoires thermiques ».

  • La CGT Éduc’action revendique des moyens pour les AESH

    La CGT Éduc’action revendique des moyens pour les AESH

    Une cinquantaine de personnels et syndicalistes issus de divers lycées étaient présents, mardi matin, pour porter deux réclamations : une augmentation des moyens pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap, et la reconnaissance d’un statut pour les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), qui possèdent encore un statut de contractuel.

    Le personnel du lycée Diderot (13e) veut fédérer face à ce problème systémique dans l’académie. « On a une forte culture de l’unité des personnels à Diderot », précise Anne, ancienne professeure à la retraite. Assia, AESH au lycée Diderot, décrit la flexibilisation et la précarisation de son métier : « J’ai été recrutée pour accompagner un élève 32 heures par semaine. Maintenant, on doit suivre parfois jusqu’à dix élèves différents dans la semaine. En plus, pour faire 32 heures, c’est difficile désormais ». Les élèves concernés pâtissent, eux aussi, de cette situation, avec des suivis jugés insuffisants. « À Diderot, avant, on était cinq, aujourd’hui, plus que trois, pour 1 500 élèves », poursuit Assia.

    « On n’est pas satisfait »

    Après une entrevue de plus d’1h30 avec la DSDEN, les syndicalistes se disent peu convaincus par les réponses apportées. « On n’est pas satisfait. On n’a pas réussi à se comprendre et à s’entendre, même leurs chiffres ne sont pas les bons », estime Françoise Laura, professeure au lycée Diderot en sortant de la réunion. « C’est ça la réalité du terrain », conclut Assia.

  • FO dans la rue pour un vrai pouvoir d’achat

    FO dans la rue pour un vrai pouvoir d’achat

    « L’inquiétude est générale, elle va au-delà des fonctionnaires. Quand le prix du carburant en fait un produit de luxe et que les services publics se dégradent, et que plus localement, on ne sait pas où on va à la Métropole, car si des économies sont faites, elles vont l’être sur le dos des fonctionnaires… ça fait beaucoup ! », lance Patrick Rué, secrétaire général des Territoriaux FO 13.

    Dans les rangs du syndicat, la colère et les difficultés à vivre s’expriment : « Avec un point d’indice bloqué depuis 10 ans dans la fonction publique, on règle juste nos factures, des agents se cotisent pour payer l’essence afin de venir travailler et on a de plus en plus de demande de mutation », explique Thierry, agent technique. Crèches, écoles, éboueurs, déchetteries : les agents des services municipaux et métropolitains, nombreux derrière leur secrétaire général, sont descendus vers la préfecture, où l’UD FO 13 s’était rassemblée. « Des soignants n’arrivent plus à se soigner », témoigne encore Nicolas, FO AP-HM. Dans la police, le manque d’attractivité amène aussi à des difficultés de recrutement : « La nuit on est 40 pour tout Marseille », déplore Arnaud Blaise, délégué du syndical Un1té. « 1 million de fonctionnaires sont sous le Smic, soit les onze échelons en dessous de la catégorie C », rappelle Franck Bergamini, secrétaire général UD FO 13, avant de rejoindre l’intersyndicale pour y être reçu.

  • Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Coup de colère en mer également du côté de la CGT des Marins de Marseille et de la CGT Corsica Linea. Le syndicat a appelé à la mobilisation dans le cadre d’un appel national et c’est sur le pont des navires de la compagnie maritime corse que la tempête fait particulièrement rage.

    Le Jean Nicoli est resté à quai, rejoint par le Vizzavona, qui ne bougera pas non plus durant 48 heures. Une grève reconductible, dont le secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, Frédéric Alpozzo, est déjà convaincu, « sauf surprise » qu’elle sera reconduite après l’assemblée générale. Il appelle d’ores et déjà « tous les personnels navigants à la grève ». En cause : « Nous refusons que le Vizzavona sorte de la flotte de la compagnie. Cela représenterait la perte de 90 emplois marins français en CDI », précise le syndicaliste.

    Cette décision attise d’autant plus la colère des équipages que « les actionnaires des deux compagnies, les dirigeants, ont signé un accord d’affrètement sans avoir l’aval, ni même avoir consulté les élus des personnels dans le CSE (comité social économique) ».

    Par ailleurs cette décision arrive en contradiction d’un accord d’entreprise « où la règle prévue est un départ pour une embauche ». Deux motifs qui ont conduit le CSE à déclencher une procédure devant le tribunal.

    Quelle stratégie ?

    Ce mardi, après la mobilisation, un CSE extraordinaire a été convoqué à la demande des représentants des personnels. Quel est le projet des deux compagnies, La Méridionale (groupe CMA-CGM) et Corsica Linea, qui jusqu’alors étaient partenaires dans la délégation de service public sur la desserte de la Corse ? « Depuis des mois, on se bat pour que la Méridionale et Corsica se repositionnent sur l’Algérie dans une stratégie commune depuis Sète pour faire barrage à la compagnie low-cost GNV, qui use de dumping social », indique Frédéric Alpozzo. Cette décision va à l’inverse de ce qui avait été annoncé par les compagnies.

    De même, interpellé sur cette question, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait rassuré, dans un courrier du 28 juillet dernier à la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, sur l’organisation d’une réunion de suivi « allant dans le sens du renforcement de la compétitivité du pavillon, du suivi des contrôles opérés, de la coopération des ports de la façade, de la transition énergétique, de la formation et de l’emploi des marins français, de la continuité territoriale et de nos relations avec l’Algérie sur le maritime ».

    La réunion est très attendue sur le port de Marseille. Car le risque d’un sabordage est toujours bien identifié du côté des marins, craint Pierre Maury, élu CGT au CSE. La grève se poursuit ce mercredi chez Corsica Linea.