Tag: manifestation

  • Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Colère agricole : 200 personnes mobilisées à Aubagne

    Dès 13h samedi, le parking du Auchan des Paluds à Aubagne s’est fait envahir par un troupeau de 300 brebis et 300 agneaux venus, aux côtés de quelque 200 personnes, protester contre la gestion sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC). Maladie bovine responsable de l’abattage très contesté de 207 bêtes en Ariège, elle est depuis le 11 décembre au cœur d’une vive contestation agricole. Samedi, c’est dans une foule de drapeaux de la Confédération Paysanne, que militants et brebis se sont rendus jusqu’au rond-point de l’avenue des Caniers, où ils ont pendant plusieurs heures tenu un barrage filtrant pour « sensibiliser à la cause ». « Nous sommes ici pour dénoncer les méthodes du gouvernement dans sa gestion de la DNC mais aussi pour nous opposer au Mercosur, qui ne peut qu’aggraver la situation des paysans français, détaille Roger Roux, porte parole de la Confédération paysanne 13 et maraîcher à Peyrolles-en-Provence. L’abattage total n’aboutit pas à grand chose, on demande une vaccination généralisée et une mise à l’écart des bêtes. Abattre des vaches saines…on marche sur la tête ».

    Dans un ambiance plutôt festive, possible notamment grâce à une police coopérante, les manifestants sont parvenus à maintenir leur barrage dans le calme. Sur leurs pancartes, leurs revendications sont claires : « Abattre des troupeau = tuer nos éleveurs, déserter nos campagnes », « Pandémie du libre échange » ou encore « Mercosur, droit dans le mur ». Hélène Poullin, propriétaire des 600 bêtes qui se sont joints à la manifestation, est l’une des militantes les plus déterminées à faire entendre sa colère. « Je suis très préoccupée par cette crise sanitaire depuis qu’elle a commencé, cet été. Cela m’empêche même de dormir, se désole-t-elle. Je sais que si on venait à abattre mon troupeau, je ne me relèverais jamais. Mes brebis sont toute ma vie, elles sont mon moteur. Voir qu’autant d’éleveurs se mobilisaient dans le sud ouest, ça m’a donné envie d’agir ».

    La signature de l’accord UE-Mercosur, à l’origine prévue vendredi, a été repoussée à janvier. Le protocole sanitaire de lutte contre la DNC demeure, selon la réglementation française actuelle, l’abattage total des troupeaux où sont détectés des foyers, y compris les bêtes saines.

  • L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    L’église Saint-Martin d’Arenc : un scénario à l’horizon 2033

    « C’est encore lent et encore long mais de l’argent public est mis sur la table pour que ce quartier un peu endormi vive. C’est vrai qu’il faudra encore trouver un porteur de projet » a reconnu la conseillère métropolitaine Solange Biaggi (LR), vendredi, lors de la réunion publique présentant les jalons d’une renaissance de l’église Saint-Martin d’Arenc en péril rachetée en 2018 au diocèse.

    « Le Département a pris l’engagement de réhabiliter ce bâtiment, de conforter sa structure et ses fondations avec des micropieux. En parallèle des marchés de travaux, on lancera un appel à manifestation d’intérêt avec un cahier des charges qui aura été écrit en fonction de ce que vous, riverains, CIQ, élus, Euromed et le Département, souhaitez pour ce bâtiment et son jardin » a ajouté la conseillère départementale déléguée à l’aménagement du territoire, aux équipements structurants, Laure-Agnès Caradec (LR) qui évalue à 10 millions d’euros la seule phase de confortement.

    Les études des besoins pilotées par PR’Optim, l’agence de programmation architecturale et urbaine, convergent pour un aménagement de l’église en 4 unités fonctionnelles, une visibilité de la nef jusqu’au chœur. La concertation est unanime « pour conserver ce patrimoine, en faire un lieu fédérateur, une forme de cœur de village avec une mixité d’usages ». Une fois l’édifice consolidé, ce ne sera pas un équipement public. Il s’agit après validation de créer un lieu ouvert 7 jours sur 7, sur le quartier valorisant le jardin, confié à un gestionnaire privé avec plusieurs exploitants.

    Le calendrier prévisionnel livre les jalons d’une opération de longue haleine : lancement en 2026 d’un marché de maîtrise d’œuvre pour des travaux de confortement et sur le clos et couvert en 2028 et 2029, une longue phase d’observations de la stabilité de l’ouvrage et de son clocher avant le choix, en 2030, d’un porteur privé. Un marché de restauration finale serait alors lancé en 2031 pour une livraison en 2033. On l’a compris, l’impatience n’est pas permise.

  • [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    [Entretien] Jean-Marc Coppola : « Une grève qui portait des choix de société »

    La Marseillaise : Vous étiez au cœur de l’action lors des grèves de 1995, quel était le contexte et quels souvenirs en gardez-vous ?

    Jean-Marc Coppola : J’étais secrétaire des cheminots CGT au niveau régional, donc je coordonnais les 30 et quelques syndicats qu’il y a sur la région. Et depuis le congrès de 1993 à Tours, j’avais des responsabilités au bureau fédéral. Au moment de l’annonce de Juppé, le 15 novembre 1995 à l’Assemblée nationale, on était au premier jour d’un conseil national des cheminots CGT. Et comme j’avais en charge de la protection sociale pour la fédération, donc le régime spécial, j’étais directement concerné par la réforme. Au deuxième jour du conseil national, on propose une déclaration de la fédération CGT des cheminots. C’est là qu’on a appelé à la grève, pour le 24. 1995, c’est avant tout le résultat d’un fort mécontentement sur la situation sociale. Ce n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein : il y avait eu de nombreuses grèves tout au long de l’année, sur l’emploi, les salaires, les conditions de travail… La grève est partie chez les cheminots, de manière très forte, déterminée et unitaire, pour deux raisons principales. La première, sur la remise en cause du régime spécial de protection sociale, le régime spécial des cheminots. Et deux, contre le contrat de plan état-SNCF qui visait au démantèlement du réseau ferroviaire. Plus globalement, il y avait un contexte politique ambivalent : avec l’élection de Chirac en mai sur la « fracture sociale » d’un côté, et de l’autre Juppé qui annonce ces attaques contre les retraites et l’instauration d’un régime universel d’assurance maladie.

    Comment expliquez-vous l’ampleur des grèves à l’époque ?

    J-M.C : La clé de l’efficacité de ce mouvement tient en trois éléments. Un, la démocratie : parce qu’on l’a lancée, en connaissant l’état d’esprit des cheminots. Deux, l’unité d’action. Et trois, une convergence avec les usagers et à un niveau interprofessionnel. On était quasiment dix ans après la grève de l’hiver 86-87. Et on en avait tiré des enseignements. Pour qu’une grève soit populaire, il faut qu’elle soit portée aussi par les usagers, la population. Pendant dix ans, on avait travaillé ces liens pour expliquer que lorsque les cheminots revendiquaient un meilleur service public, c’était bien aussi pour les usagers. C’est pour cela que certains parlaient de grève par procuration, mais c’était en fait une convergence. Et le 24 novembre, la grève commence et à Marseille, on a une manifestation de 50 000 travailleurs, chômeurs, retraités, étudiants, sur le slogan « Tous ensemble ». Et je me souviens qu’au bout de trois semaines, on était à 120 000. On était loin d’une grève corporatiste puisqu’elle portait des choix de société, entre la solidarité et l’individualisme.

    Il y a des comparaisons avec le mouvement contre la réforme des retraites en 2023, qu’est ce qui a changé depuis ?

    J-M.C : Depuis, on fait face à un pouvoir qui est très autoritaire. On a une maturité dans le mouvement syndical, avec cette volonté d’unité sur des revendications justes de haut niveau. Mais en même temps, on est dans un contexte où le monde du travail est fragmenté, comme la société d’ailleurs. Il y a de plus en plus de petites et moyennes entreprises, un développement de la sous-traitance, de la précarité, ce qui rend plus compliqués les mobilisations et les actions. La SNCF est très bon exemple de ça : ils ont appliqué le « diviser pour mieux régner ». Ce qui fait la force des chemins de fer, c’est son unité. En les fragmentant, on fragilise le service public et on le rend moins performant. Et en fragmentant, on rend plus compliqué les mobilisations, la convergence. Et ça a été fait dans chaque branche d’activité, télécommunication, énergie, etc… Autant de points qui ont pourtant fait la force de notre pays, des piliers qui ont été créés au lendemain de la guerre avec le Conseil national de la Résistance. Et en 30 ans, il y a eu une grosse financiarisation de l’économie aussi, une mondialisation des pouvoirs économiques. Reste qu’en matière de mobilisation, la comparaison entre 1995 et 2023 est loin d’être excessive, au contraire. Le problème, c’est qu’on a certainement, dans le prolongement du mouvement social et syndical, des leçons à tirer sur l’engagement politique. Quelques années après 95, on avait un nouveau mandat de Chirac et Le Pen au second tour… Il faut qu’on ait, au niveau politique, une gauche qui soit à la hauteur de ces défis.

  • « Tous ensemble ! »

    « Tous ensemble ! »

    1995 reste gravé dans les mémoires des militants qui ont connu cette bataille. Pour la victoire des forces syndicales. Pour le camouflet infligé à des dirigeants suintant le mépris de classes. Pour les souvenirs d’ambiance incroyable dans les cortèges. Un épisode riche en enseignements, tant sur l’importance de l’unité syndicale que sur l’action interprofessionnelle ou encore le lien avec la société et le soutien de l’opinion publique, sans oublier le relais politique. Si victoire il y a eu avec le beau slogan « Tous ensemble ! », c’est un ouvrage constamment remis sur le métier. Juppé s’attaquait alors aux retraites mais aussi à la sécu, à la casse des grandes entreprises publiques… Il marquait la volonté affichée de rompre avec une société héritée du Conseil national de la résistance et de se tourner résolument vers une politique libérale. Bien d’autres après lui ont continué à creuser le sillon de cette pensée réactionnaire.

    Gangrène libérale

    Bien sûr, la situation a changé et pas en faveur des travailleurs. Les grands services publics ont été explosés, la sous-traitance et la mondialisation ont fracturé le monde du travail, le libéralisme a gangrené les esprits… Mais nulle nostalgie dans cette commémoration. À bien des égards, les grands mouvements contre la dernière réforme des retraites et les actions contre l’austérité budgétaire de la rentrée attestent que l’heure n’est pas à la résignation. Certes, les victoires ne sont pas toujours au rendez-vous. Mais comme notre une le rappelle quotidiennement avec la citation de Bertold Brecht : « Celui qui combat peut perdre, celui qui ne combat pas a déjà perdu ».

  • Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Il y a 30 ans, la victoire pour les retraites

    Le 13 décembre 1995, devant l’Assemblée nationale, le Premier ministre Alain Juppé lâche finalement : « Il faut maintenant sortir de la confrontation. Les conditions sont réunies. » Deux jours plus tard, son gouvernement retire sa réforme des retraites de la fonction publique et des régimes spéciaux : en trois semaines, le mouvement social le plus important depuis Mai-68 l’a emporté. « Tous ensemble, nous les cheminots, on a gagné », chantaient le lendemain les grévistes de la SNCF dans le cortège marseillais. Une victoire qui fait encore date, trente ans après.

    Alors que le président Jacques Chirac l’avait emporté sept mois plus tôt en faisant campagne sur le thème de la « fracture sociale », la présentation du « Plan Juppé » devant l’Assemblée nationale le 15 novembre fait office de déclencheur. Celui-ci prévoit d’aligner les retraites du secteur public et des régimes spéciaux sur celles du privé, dont la durée de cotisation était passée de 37,5 à 40 années en 1993, mais aussi la mise en place d’une loi de financement de la Sécurité sociale avec un objectif de dépenses, un accroissement des frais d’hospitalisation et une baisse des remboursements des soins. C’est que trois semaines plus tôt, le président avait donné la priorité à la réduction des déficits, « ne serait-ce que pour entrer dans la monnaie unique européenne », expliquait-il à Alain Duhamel sur France 2.

    La France paralysée

    Mais cette réforme des retraites arrive dans un contexte social déjà tendu, avec le 10 octobre une grève unitaire des fonctionnaires contre le gel des salaires, une mobilisation à la SNCF deux semaines plus tard, des manifestations contre la réforme de la Sécurité sociale le 14 novembre. « Nous allons réussir ce qu’on n’a pas osé entreprendre depuis 30 ans », n’en fanfaronnait pas moins le Premier ministre devant l’hémicycle, soutenu par une partie du Parti socialiste et de la CFDT. La présentation du contrat de plan état-SNCF deux jours plus tard, avec la suppression de 73 000 postes et la disparition d’un quart du réseau ferré, achève de mettre le feu aux poudres.

    En grève dès le 23 novembre, les cheminots rejoignent la mobilisation des fonctionnaires le 24 novembre, une première journée de mobilisation massive à travers le pays. Le soir même, les assemblées générales votent la reconduction de la grève à la SNCF. Trois jours plus tard, la RATP rejoint le mouvement. Les grands services publics suivent : La Poste, France Télécom, EDF, les hôpitaux, l’Éducation nationale… La France est paralysée, privée de transports. Les divergences entre la CGT et FO sont enterrées, et le 28 novembre, l’unité syndicale est symboliquement scellée : les secrétaires généraux des deux organisateurs, Louis Viannet et Marc Blondel, se serrent la main dans les cortèges.

    Une majorité de médias a beau s’acharner sur la mobilisation dans les premiers jours, l’opinion publique soutient massivement la grève. Et le mouvement va crescendo. Face au durcissement, Alain Juppé annonce à l’Assemblée nationale le 5 décembre qu’il ne retirera pas son projet, et le lendemain tance dans les colonnes de Sud-Ouest : « Si deux millions de personnes descendent dans la rue, mon gouvernement n’y survivra pas. » Moqué par les Guignols de l’Info sur une chaîne pas encore inféodée à Bolloré, il lance involontairement le « Juppéthon ». Le 12 décembre, l’objectif est atteint. Jusqu’à 200 000 personnes manifestent à Marseille, du jamais vu : la queue du cortège n’a pas le temps de s’élancer du Vieux-Port que la tête arrive déjà place Castellane. Pour la première fois depuis 1947, CGT et FO sont côte à côte, avec une forte présence du mouvement associatif. « Ça va être un tremplin formidable pour gagner », annonce sur FR3 Marcel Carbasse, le secrétaire général de l’union départementale CGT. La suite lui donne raison. Quand bien même Alain Juppé maintient sa réforme de la Sécurité sociale.

  • À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    À Béziers, une mobilisation en demi-teinte contre l’austérité

    Une mobilisation en demi-teinte. Voilà comment on pourrait résumer celle qui s’est déroulée à Béziers, le 2 décembre. Quelques têtes présentes néanmoins, à l’image des autres rassemblements ayant eu lieu dans le département de l’Hérault à l’instar de Montpellier et Nîmes. Pourtant, la colère gronde. « Nous dénonçons ce budget de 2026. Toutes les mesures qui avaient été arrachées pour taxer les grandes entreprises et les ultra-riches viennent d’être enlevées par la droite et l’extrême droite au Sénat. Et on continue la casse des services publics, de démanteler l’hôpital, etc. », déclare Sébastien Perret, de l’Union locale biterroise de la CGT.

    Mais force est de constater que le gouvernement n’envisage pas de bouger d’un iota sa politique de l’offre. « Le problème, c’est qu’il n’y a aucune volonté de faire payer les riches. Quand on voit tous les dividendes distribués, que Bernard Arnaud fasse des milliards de profits en une journée et qu’on vienne taxer les chômeurs et baisser les aides des plus précaires, c’est scandaleux, ça met en rage », soutient Françoise Le Bris, secrétaire de Solidaires Béziers. Et s’il ne semble pas avoir de l’argent pour réduire les inégalités et permettre ainsi une meilleure redistribution dans la société, l’argent devient magique dès qu’il s’agit de défense, en témoignent les dernières déclarations d’Emmanuel Macron, jouant les petits chefs de guerre. « La guerre fait taire les révoltes, participe à une vision selon laquelle la nation doit se ranger derrière un chef. Tout est fait dans ce sens, le retour du service militaire, etc. », poursuit Françoise Le Bris.

    « On continue… »

    Mais au vu du faible nombre de personnes regroupées devant la Bourse du travail, la mobilisation a du plomb dans l’aile – même si la pluie en explique une partie. « Aujourd’hui, les gens ont tellement la tête sous l’eau qu’il devient compliqué de les mobiliser », reprend Sébastien Perret. Le contexte des fêtes de fin d’année doit également peser sur le portefeuille. À cela s’ajoute la résignation à la vue des actions menées par Emmanuel Macron. « Les gens se disent que ça ne sert plus rien. On a l’impression que quoiqu’on fasse, ça ne marche pas, ils passeront en force. Il n’y a rien qu’à voir les résultats des législatives de 2024 », analyse Françoise Le Bris.

    Pour autant, les syndicats gardent espoir. « On continue à se battre. À la sortie de la guerre 39-45, tout ce que nous avons obtenu, c’est grâce au rapport de force. Alors qu’il n’y avait plus d’argent, que le pays était à reconstruire, on a réussi à créer la Sécurité sociale en deux ans », fait valoir Sébastien Perret. La lutte continue.

  • Dans la rue à Toulon pour répondre aux besoins sociaux

    Dans la rue à Toulon pour répondre aux besoins sociaux

    Arrivés une demi-heure avant le rendez-vous, Marie-Christine, Jamal et Isabelle, de l’hôpital de Brignoles, veulent témoigner d’un service public mal en point qui ne supporterait pas une nouvelle politique austéritaire. Avec déjà « un manque de personnel et de moyens qui influe sur la qualité des soins et les conditions de travail ». « L’épuisement des équipes est flagrant », martèle cette aide-soignante. Et d’ajouter : « Je crois qu’on fait déjà le maximum. »

    « Écouter le peuple »

    « On est ici aujourd’hui pour demander une meilleure répartition des richesses pour qu’il y ait beaucoup moins d’injustices dans le pays » explique plus loin Pascal Brun (CGT Educ’action), en précisant c’est aussi un des meilleurs moyens de faire barrage aux idées de l’extrême droite.

    Il y a à présent du monde sur la place de la Liberté.

    « Ce qu’on veut, c’est un budget qui réponde aux besoins sociaux », tempête le secrétaire de la CGT Richard Roméo Giberti. Et pour cela, poursuit-il, « il faut cesser de donner de l’argent public aux grandes entreprises qui ne créent pas d’emplois et qui, au contraire, poussent l’exécutif à toujours plus de violence sociale ». Et au responsable syndical de rappeler « le concept de lutte des classes ». Il interpelle les députés : « Vous n’êtes qu’élus par la représentation du peuple, donc vous devez écouter le monde du travail et écouter la démocratie sociale. » Et de poursuivre : « La Sécurité sociale, c’est nous qui l’avons créée. Il est temps d’arrêter de faire croire que c’est un fardeau, alors que c’est une richesse qui ne manque que de recettes. Et ça, ce sont des choix politiques, uniquement. »

    Le secrétaire général de la FSU Alain Tournay met en garde lui aussi sur la casse des services publics. L’enseignant rappelle que celui de l’Éducation nationale est censé « construire la société de demain avec un budget qui n’a aucun sens ». Un choix politique délétère pour l’égalité des chances. Et de conclure : « Nous, on veut de l’argent pour les services publics et pas pour la guerre. »

    La lutte continue

    Le cortège vient de se mettre en branle sur le boulevard de Strasbourg. « On nous demande de faire 30 milliards d’euros d’économies sur le dos des salariés, des retraités, des malades. Stop, ça suffit ! », lâche Ola Hawryluk (Solidaires).

    Non loin de là, Madeleine Brun analyse : « À tout âge, et j’ai un âge certain, il faut lutter contre les mauvais coups qui sont en train de lapider tous nos acquis sociaux. » Pour l’ancienne conseillère municipale communiste de Toulon, le combat politique passe plus que jamais par la mobilisation dans la rue.

    Même son de cloche pour André De Ubeda (PCF) qui occupe aujourd’hui les mêmes fonctions dans l’opposition : « On veut faire pression sur les députés et les sénateurs pour un budget qui réponde aux besoins de la population. Ce n’est pas gagné, mais c’est dans notre ADN de se battre pour une vie meilleure. » « Il nous faut faire renaître l’espoir », précise à ses côtés son frère Jean José.

    Pour Brigitte Cheinet (CGT), la meilleure façon de sortir de la désespérance qui fait parfois chavirer les consciences, c’est par la lutte.

    Elle va donc continuer. C’est annoncé.

  • La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La Sécurité sociale défendue coûte que coûte à Marseille

    La banderole intersyndicale qui ouvre le cortège de la manifestation marseillaise, ce mardi, adresse un message clair au gouvernement et aux parlementaires qui redébattent du budget de la Sécurité sociale au même moment : « Contre les budgets d’austérité, pour une juste répartition des richesses, pour une retraite à 60 ans ! ». Partis des Réformés en direction de la préfecture en passant par le cours Lieutaud, les quelque 15 000 manifestants, « s’inscrivent dans la droite lignée des deux précédentes mobilisations en septembre et octobre », comme le résume Franck Balliot, cosecrétaire de la FSU 13.

    Si ce n’est pas la foule des grands jours sur la Canebière, reste que la détermination des militants présents ne vacille pas. Et d’autant plus lorsqu’il s’agit de défendre la Sécurité sociale, alias « la Sécu » ou encore « le bien commun », comme l’appelle un bon nombre de manifestants. « C’est ce qui permet de surmonter les crises. On l’a vu pendant le Covid et pendant celle de 2008. Malgré l’attachement des Français, les gouvernements attaquent la Sécu depuis des décennies, petit bout par petit bout. Nous, au contraire, on prône le 100% soins prescrits, 100% soins remboursés », développe Franck Balliot.

    Avec le PLFSS 2026 qui revient sur la table des députés, les militants ont de quoi monter au créneau contre un paquet de mesures jugées plus régressives les unes que les autres. Jean-Marie Angelli, secrétaire général de la CGT CPAM 13 (Caisse primaire d’assurance maladie) en a un exemple : « Revenir sur la prise en charge de certaines maladies, des maladies lourdes. » Et de dénoncer « une ligne rouge franchie ». D’autres manifestants pointent le doublement des franchises médicales ou encore la diminution de la prise en charge de certains médicaments. « Ils font payer aux assurés et aux plus précaires ce qu’ils ne veulent pas chercher chez le grand patronat. Petit à petit, ils font tout pour qu’on se dirige vers la mort de la Sécu », développe-t-il.

    Entre quelques jets de pétards des agents portuaires du GPMM et dockers de Fos, il reste tout de même positif : « En ces 80 ans de la Sécu, heureusement qu’il y a encore des forces vives qui se battent pour elle. » Et de préconiser « un retour à la base » pour le modèle social français. Comprenez par-là « un financement par la cotisation, pour tout le monde, en mettant fin aux exonérations et aux cadeaux fiscaux au grand patronat ».

    Car l’objectif du jour est bien de poursuivre une forme de pression du monde du travail sur les parlementaires et le gouvernement. « On ne veut pas que les économies qui sont prévues se fassent sur le dos des travailleurs, sur le dos des malades, des retraités ou de nos enfants », rappelle Maxime Picard, secrétaire départemental de Solidaires Finances publiques. Il analyse le projet gouvernemental : « Les gouvernements libéraux s’attaquent aux constructions collectives des travailleurs, ce qu’est la Sécurité sociale. Et l’on est sur la même logique : faire payer à certains et pas à d’autres. » En bref, une mobilisation pour défendre un modèle qui protège les plus précaires. Si la trêve des confiseurs approche, un autre rendez-vous est déjà fixé au samedi 6 décembre, pour défendre la prime de Noël à l’appel de la CGT Chômeurs 13.

    « Il y a encore des forces vives qui se battent pour la sécu’ »

  • Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Une nouvelle manifestation dans l’Hérault et le Gard pour dire non à l’austérité

    Alors que les discussions autour du budget s’éternisent chez les parlementaires, les syndicats – la CGT, la FSU, Solidaires – entendent peser sur le débat en appelant à manifester dans tout l’Hérault et le Gard* le 2 décembre prochain. Et remettre ainsi les revendications sociales à l’ordre du jour. Notamment une hausse des salaires ainsi que leur indexation sur l’inflation, dans un contexte « d’effondrement du pouvoir d’achat pour les fonctionnaires, les salariés et les retraités », soupire Stéphane Audebeau, co-secrétaire de la FSU héraultaise. La retraite sera également au centre des revendications. « Nous demandons l’abrogation de la réforme des retraites, il a été réalisé un premier petit pas avec son décalage de trois mois mais il faut aller plus loin », poursuit Stéphane Audebeau.

    Surtout, les syndicats mobilisés dénoncent la copie austéritaire du budget préparée par le gouvernement Lecornu. « Les mobilisations de la rentrée ont permis de mettre au cœur des débats une volonté de justice sociale et fiscale. Mais depuis le début de l’examen du budget au Parlement, tout a été fait pour éviter ces questions. Par exemple, le rapport sénatorial faisant état de 211 milliards d’aides publiques versées chaque année sans contrepartie est complètement mis de côté, c’est un sujet tabou, on n’y touche pas », soupire Ludovic Sigal, de la CGT 34. Une preuve selon lui que l’argent est bel et bien là. Un meilleur conditionnement de ces aides permettrait de remplir les caisses de l’État.

    Supercherie de déficit

    Pourtant, la majorité présidentielle et la droite érigent le sacro-saint déficit comme l’unique boussole justifiant de réduire drastiquement les dépenses, impactant de facto les plus précaires, au risque de creuser un peu plus le fossé des inégalités. « Le déficit, qui est utilisé pour faire la guerre aux travailleuses et aux travailleurs, est une construction politique. C’est une arme utilisée pour détruire les acquis sociaux. Le déficit est construit par les baisses d’impôt des plus riches et la hausse des subventions aux entreprises, qui ne sont jamais évaluées », fait valoir Christine Saint-Joanis, de la FSU 34. En effet, d’autres mécanismes existent réduire ce déficit : une augmentation des cotisations via une hausse des salaires et des pensions, l’égalité salariale entre les femmes et les hommes ou encore une taxation des plus hauts patrimoines.

    Mais force est de constater que rien de tout cela n’est retenu par le gouvernement. À l’inverse, « on subit une contre-offensive : il faut faire attention au trou de la Sécu qui va atteindre 24 milliards, notre système de retraite est à bout de souffle et il faut produire de la capitalisation. C’est inadmissible. Le 2 décembre, il y a nécessité et urgence de redonner la parole à la rue et qu’elle reprenne la main », insiste Ludovic Sigal. Une contre-offensive qui s’en prend également aux fonctionnaires. « La fonction publique va servir de variable d’ajustement budgétaire. Mais ce n’est pas un coût, c’est une richesse. Ce n’est pas à ses agents de payer les choix budgétaires qui préfèrent faire des cadeaux fiscaux aux plus aisés plutôt que de consolider les recettes », souligne Patrick Schevin, de Solidaires 34.

    Les syndicats espèrent donc que ce mécontentement se traduise en nombre mardi 2 décembre prochain, car bien que le budget final ne soit pas encore connu l’ébauche esquissée laisse craindre le pire. « Il est clair qu’une fois qu’on sera fixé, il va y avoir des réactions du monde du travail. Le 2 décembre doit être un marche-pied », espère Ludovic Sigat.

    *Bédarieux départ à 10h30 à la maison des syndicats ; Béziers départ à 10h30 à la Bourse du travail ; Clermont-l’Hérault départ 11h sur les Allées Salengro ; Montpellier départ à 10h30 à la CPAM ; Sète départ à 12h sur la place de la mairie ; Nîmes départ 14h30 à la Maison Carrée ; Alès départ 10h de la sous-préfecture.

  • Mardi sur les pavés pour la justice sociale dans le Var

    Mardi sur les pavés pour la justice sociale dans le Var

    « Le 2 décembre s’inscrit dans une course à étapes au cœur de l’automne puis de l’hiver, avec un gouvernement au bord du précipice, qui n’a jamais été aussi faible politiquement et qui a décidé, depuis l’été dernier, d’imprimer une séquence budgétaire d’austérité plus que conséquente, qui va frapper tous les pans de la société, des services publics, de l’école aux finances publiques, jusqu’à la santé », commence le secrétaire général de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Un appel à la grève et à la manifestation, avec trois rendez-vous prévus dans le Var. À Toulon, place Liberté, à 10h30. À Saint-Raphaël, au rond-point Kennedy, à 10h30. Et à Draguignan, devant la sous-préfecture, à 10h, suivi d’une opération escargot jusqu’à la zone des Bréguières.

    « Toujours aussi déterminés »

    Les revendications restent inchangées : « On exige toujours un budget qui enterre définitivement la réforme des retraites et celle de l’assurance chômage. Mais aussi, la justice sociale, fiscale et environnementale. »

    Même son de cloche pour le secrétaire de la FSU, Alain Tournay, qui a rappelé les deux journées de mobilisation précédentes, où l’intersyndicale était plus large. De « pseudo-négociations » ont en effet conduit d’autres syndicats à lever le pied, ce coup-ci.

    « Mais on est toujours aussi déterminés », assure-t-il. Pour donner la mesure de l’urgence sociale, il cite : « Dis-moi quel est ton budget, je te dirai quelle société tu construis. » Une phrase qui est lourde de sens, prévient le syndicaliste, « puisqu’aujourd’hui, on réduit tous les budgets de la fonction publique, ceux de la culture, la santé, l’éducation, mais aussi pour la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ». Avec, forcément, des conséquences délétères, notamment « l’augmentation des inégalités dans notre société et le renforcement de la précarité ». Et de poursuivre : « On a toutes les raisons d’essayer de convaincre le maximum de salariés, de personnes privées d’emploi et de retraités à se mobiliser. »

    L’objectif est donc de construire un rapport de force indispensable pour s’attaquer à « un budget qui n’est pas du tout en adéquation avec les besoins de notre société ». « Nous, ce n’est ni de la guerre, ni de prisons dont on a besoin, c’est d’un budget apte et digne pour les travailleurs et des travailleuses de ce pays et pour les usagers et les usagères de services publics », insiste Ola Hawryluk, pour Solidaires.

    Elle ajoute, remontée : « Nous nous battons pour que l’argent aille où il faut. » Elle rappelle qu’en cette période d’austérité, « les mêmes ont versé 211 milliards aux entreprises sans aucune transparence ». « Le CAC 40 réalise des bénéfices records, alors que nos salaires stagnent et que le point d’indice dans les fonctions publiques est toujours gelé », précise-t-elle.

    « Maintenir la pression »

    Julien Saint-Roman (FSU) insiste, lui aussi, sur l’utilité de « maintenir la pression face à un avenir très incertain et un président toujours plus guerrier, qui masque finalement ses faiblesses et oblitère l’avenir d’une jeunesse ».

    Et Richard Roméo-Giberti de conclure : « En ce qui nous concerne, on a toujours essayé de préserver l’unité. Les camarades l’ont dit. Ceux qui ne sont pas dans l’intersyndicale, aujourd’hui, voient des possibilités de micro-négociations. Moi, je ne connais pas de négociations qui se déroulent sans rapport de force, dans la rue, dans les établissements, dans les entreprises. Si la social-démocratie veut se réinventer, à un moment donné, elle rencontrera ceux qui travaillent, ceux qui souffrent et ceux qui s’organisent. » Tout est dit.