Tag: manifestation

  • Deuxième round

    Deuxième round

    Face à un adversaire qui fait comme si rien ne s’était passé le 10 septembre et qui espère qu’un tour de passe-passe à Matignon suffira à calmer les colères, le rendez-vous donné par une intersyndicale unie jeudi 18 est capital.

    Car la situation a changé depuis cet été, quand l’appel à la mobilisation avait été lancé. Le premier succès national du mouvement « Bloquons tout » mercredi dernier a fait monter la pression et montrer que les revendications liées à la justice sociale, sur l’horrible réforme des retraites par exemple, et à l’opposition à la destruction des services publics étaient encore dans bien des têtes.
    S’il n’a pas ressemblé au mouvement des Gilets jaunes de 2018, ce mercredi 10 septembre a montré que le monde du travail était mobilisé, mais aussi, beaucoup de jeunes que le monde ultralibéral et l’avenir qui leur est proposé révulsent.

    Coaguler les refus

    À 18 mois de la fin du mandat d’Emmanuel Macron et alors que le pays s’enfonce dans une crise politique majeure que les gouvernements qui se succèdent font tout pour transformer en crise financière prélude à l’ultime potion néolibérale qu’ils comptent faire avaler de force aux Français, ces mobilisations montrent que le refus de ce monde sans règle est majoritaire. Reste au mouvement social à coaguler ces refus et de montrer que des espérances sont possibles. Face à la fuite en avant du « bloc central », la détermination et la mobilisation qui seront montrées jeudi imposeront les questions sociales dans le débat politique. C’est tout l’enjeu de ce second round, même si d’autres seront ensuite nécessaires.

  • 80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    80 ans après sa création, le combat pour la Sécu continue

    Constat sans appel pour les participants au débat « 80e anniversaire de la sécurité sociale et alternative à l’austérité » : notre système de soins et notre protection sociale vont mal. « La France a reculé au 23e rang sur 27 des pays de l’OCDE en matière de mortalité infantile », souligne Caroline Chevé de la FSU. « Par exemple, il y a 14 médecins aux urgences de Perpignan alors qu’il en faudrait 45 », surenchérit Laurent Brun (CGT).

    Pour Yannick Monnet, député communiste de l’Allier, c’est la conséquence des logiques qui éloignent la Sécu de ses principes fondateurs. « De 1945 jusqu’à maintenant l’évolution du rapport de force à modifier des choses, notamment sur la gouvernance », analyse-t-il, vivement opposé à la fiscalisation des ressources de la Sécu introduite par la CSG et à l’objectif national de dépenses de l’assurance maladie (Ondam). « Le pouvoir politique définit quelle va être l’enveloppe Ondam et ensuite on essaye de répartir selon les besoins, c’est le contraire qu’il faut faire : il faut partir des besoins pour ensuite définir les ressources », avance le député PCF.

    Selon Caroline Chevé, l’affaiblissement de la Sécu provoque l’explosion du secteur assurantiel et lucratif « où chacun cotise selon ses besoins : on paye plus cher si on est plus vieux, plus malade, et on reçoit selon ce qu’on a eu les moyens de se payer », résume-t-elle. Une logique totalement contraire à celle de la Sécu. De même, la dirigeante syndicale insiste sur le principe d’universalité de la Sécurité sociale qui « doit valoir pour tous » y compris les assurés sociaux aisés car « une Sécu réservée aux plus démunis, c’est la petite musique des libéraux pour ensuite développer tout un discours sur les “assistés” ».

    Constitutionnalisation

    Laurent Brun veut renouer avec la gestion démocratique de la Sécurité sociale : « La cotisation appartient aux salariés, c’est une part de leur salaire. On n’imagine pas que les employeurs nous disent comment on utilise notre salaire. On refuse la fiscalisation de la Sécu qui justifie que l’État s’en mêle. Est-ce que si on propose le paritarisme pour gérer les profits, les patrons réagiraient bien ? On entendrait parler de spoliation ». En attendant, la priorité de la CGT « c’est de dégager le lucratif ».

    Les trois intervenants s’accordent sur l’importance de porter avec force une ambition pour la Sécurité sociale du XXIe siècle à l’occasion des manifestations anti-austérité du 18 septembre.

    Sur le plan institutionnel, Yannick Monnet annonce pour conclure qu’il s’apprête à présenter une proposition de loi, travaillée avec Pierre Dharréville lorsqu’il était député, pour constitutionnaliser l’existence de la Sécu. Une manière de la sanctuariser mais aussi d’inscrire le principe de sa gestion par les premiers intéressés et de son financement par la cotisation.

  • Fabien Roussel aux riches : « Rendez l’argent ! »

    Fabien Roussel aux riches : « Rendez l’argent ! »

    À propos de la situation politique, il considère que « la chute du gouvernement Bayrou ne règle rien. Le fusible a sauté mais le tableau électrique est toujours en place ». Pour lui Bayrou ou Lecornu, c’est « chou vert et vert chou ».

    « Je voudrais dénoncer les provocations policières sur instruction de M. Retailleau », indique-t-il à propos du 10 septembre tout en considérant que c’est un premier succès. « Le bloqueur en chef, c’est le président de la République, place au peuple ! Le seul message que nous avons à faire passer : faire appel à l’intervention des salariés et de la jeunesse pour être très très nombreux le jeudi 18 septembre », martèle-t-il.

    « Cette colère immense qui monte porte en elle quelques germes d’espoir qu’il faut entretenir. Tous ces gouvernements nous ont fait les poches pour remplir celles des riches, c’est un fait et cette prise de conscience de classe progresse », affirme Fabien Roussel. En la matière, le communiste prévient : « nous serons intransigeants, irréductibles même : les sacrifices, c’est terminé, qu’ils prennent aux riches ! » Il rappelle qu’en 2017, à la prise de fonction d’Emmanuel Macron, « les 60 plus grandes fortunes cumulent 600 milliards aujourd’hui c’est 1 200 milliards d’euros, le double en 8 ans ! C’est un braquage des finances publiques, de nos poches vers leurs poches. Cet argent c’est celui de notre travail, de nos impôts. Rendez l’argent ! »

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux, insiste : « Que les choses soient claires : il y a besoin de ruptures claires et franches, sans quoi les mêmes causes produiront les mêmes effets et s’il le faut nous appuierons sur le bouton de la censure. Si le président de la République menace d’une dissolution, et bien dont acte, nous n’avons pas peur d’en revenir au peuple. Avant cela nous communistes, nous voulons l’intervention du monde du travail pour que les travailleurs et la jeunesse prennent la main. Notre priorité c’est de le mettre la pression la plus forte, la plus totale ».

    Dans cette période d’instabilité, le PCF porte quatre exigences : « 1, toutes les mesures toxiques et scandaleuses du budget Bayrou, dehors ! Niet, on n’en veut pas. 2, une augmentation générale des salaires. 3, abrogation de la réforme des retraites. 4, de la justice fiscale, que les gros payent gros et que les petits payent petit », énumère Fabien Roussel.

    Déterminé à incarner le « parti pris du travail et de la paix », il propose « de mettre 500 milliards d’euros sur la table en 5 ans. Ça peut vous paraître fou quand on dit partout qu’il faut faire des économies mais c’est le choix que la France doit faire : investir massivement. Nous devons retrouver la France des bâtisseurs. Une France unie, heureuse de se retrousser les manches pour réparer le présent et construire l’avenir, sans exploitation, sans gaver les actionnaires. Quand ils vous parlent de la dette, parlez-leur de vos enfants, nous avons besoin d’investir ».

    Fabien Roussel souligne l’importance d’agir sur le pouvoir d’achat avec une échelle mobile des salaires, un Smic à 2000 euros bruts, une augmentation des pensions et 10% de plus sur le point d’indice des fonctionnaires.

    Concernant la situation internationale, le secrétaire national du PCF affirme : « Le droit international, ils sont nombreux à vouloir le faire respecter en Ukraine, nous nous voulons le faire respecter partout et donc aussi pour les peuples cubain, sahraoui, kurde et, bien sûr, nous sommes au côté du peuple palestinien qui subit un génocide. Comme supporter l’inaction de tous ces gouvernements dont celui de la France quand 18 000 enfants sont morts sous les bombes ou sous les balles de l’armée israélienne ? Ce gouvernement d’extrême droite comme les dirigeants du Hamas devront rendre des comptes devant la justice internationale, à l’Humanité tout entière », estime-t-il. « La France doit agir vite. Il faut briser le blocus à Gaza et apporter l’aide humanitaire en urgence. Je demande solennellement au président de la République de mettre en place une flottille de solidarité officielle, encadrée par les marines nationales des pays volontaires », avance le communiste.

    Alors que la délégation de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) venue assister à son meeting est acclamée par la foule, Fabien Roussel, lance : « Comme Mandela en son temps, nous plaçons dans Marwan Barghouti qui doit être libéré et l’OLP tous nos espoirs pour une Palestine libre, démocratique et laïque, au côté du peuple israélien ».

    Très sévère à l’égard du RN dont les représentants « rendent l’étranger responsable de tous les maux de la terre », Fabien Roussel considère que « Nous avons besoin que la gauche soit au rendez-vous pour retrouver le chemin du peuple. C’est la condition pour construire les victoires de 2026 et 2027. Le rassemblement, nous n’avons que ce mot à la bouche », avance-t-il devant les responsables de toutes les formations de gauche venus l’entendre à l’exception de la France insoumise pourtant présente avec un stand sur la Fête de l’Humanité. Une volonté de rassemblement qui ne l’empêche pas de militer pour un regain d’influence du PCF, bien au contraire. « Nous avons besoin, pour que la gauche gagne, d’un Parti communiste plus fort dans les quartiers, les entreprises et les villages. Je suis fier d’être le secrétaire national du plus beau parti de France à l’initiative des plus belles conquêtes de notre pays. Franchissez le pas, rejoignez la famille, le Parti communiste français ! », conclut-il.

  • [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    [Bloquons tout] À Montpellier, joli succès pour le 10 septembre

    Les drapeaux et pancartes étaient de sortie, à Montpellier, sur une place de la Comédie noire de monde. Plusieurs milliers de personnes -6 000 selon la préfecture, 10 000 selon les organisateurs- dont beaucoup de jeunes s’étaient retrouvées à la suite de l’appel du 10 septembre. Si plusieurs rassemblements ont eu lieu dans l’Hérault, notamment à Béziers, Sète ou encore à Bédarieux, c’est sans aucun doute dans la capitale héraultaise que la contestation a été la plus forte. Blocages de ronds-points, de tramway, de lycées et de l’université Paul-Valéry -néanmoins partiel, les étudiants pouvaient se rendre dans les amphithéâtres- autant d’actions pour exprimer le ras-le-bol général qui couvait depuis longtemps. À l’instar d’Andrée et de Jacques, venus sur la place de la Comédie. « Cela fait des années que l’on bat le pavé mais je crois qu’on touche le fond. Le déni démocratique d’Emmanuel Macron, la violence d’État, la mise à bas de nos services publics, on commence à être vraiment en colère », soutient Andrée, qui fait d’ailleurs partie du collectif citoyen du Nouveau Front populaire (NFP) du quartier des Beaux-Arts. « Emmanuel Macron se fout de nos revendications telles que l’abrogation de la réforme des retraites, l’augmentation des budgets dans la Santé, l’Éducation. Et Sébastien Lecornu comme Premier ministre, c’est une nouvelle provocation », renchérit Jacques.

    Demande de changement

    En effet, pour beaucoup de manifestants, la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon le 9 septembre est venue rajouter de l’huile sur un feu. « Cette nomination n’est pas en accord avec le résultat des élections législatives de 2024 [où le NFP était arrivé en tête, Ndlr]. Cela montre que l’on n’est pas entendus », soupire Sébastien, étudiant à l’université Paul-Valéry. Renforçant le sentiment de déconnexion des dirigeants. « Sébastien Lecornu n’est pas un changement de politique, c’est la garde rapprochée d’Emmanuel Macron. Ils vont sûrement aller chercher un compromis avec l’aile droite du PS tout en continuant de taper comme des brutes sur l’immigration, la sécurité. Si on veut un changement de politique, il nous faut un changement de gouvernement, voire la démission du président », fait valoir André Dechot, délégué syndical CGT à la mission locale de Montpellier.

    Une demande de changement de politique qui revient souvent dans la bouche des manifestants, passant notamment par une revalorisation des services publics. « L’hôpital est à bout de souffle, il nous faut plus de moyens si l’on veut soigner dans la dignité et la sécurité. Ce qui permettrait aussi de donner envie aux jeunes de travailler », observe Fatima, secrétaire administrative au Centre hospitalier universitaire de Montpellier.

    Face à des dirigeants faisant la sourde oreille aux demandes populaires, l’instauration d’un nouveau rapport de force est primordiale pour se faire entendre. « À l’heure où certains prétendent qu’il n’y a pas de majorité, on voit qu’elle est là à s’exprimer aujourd’hui. La solution ne sera pas institutionnelle avec le montage d’une nouvelle majorité à l’Assemblée mais dans la rue, comme en 1936, en 1997 où le mouvement social a précédé la conquête de droits », insiste Nicolas Cossange, secrétaire du PCF 34, présent à la manifestation. Prochain round jeudi 18 septembre.

    « Nommer Lecornu Premier ministre, c’est une nouvelle provocation »

  • À Marseille, blocage d’Eurolinksà la Rose

    À Marseille, blocage d’Eurolinksà la Rose

    « Nous allons empêcher les employés de prendre leur poste et bloquer les camions venant livrer Eurolinks, qui fabrique des maillons pour des munitions qui sont livrés à Israël. » Le visage dissimulé sous un masque, le sac à dos rempli de bouteilles d’eau, une manifestante expose les objectifs de l’opération à une trentaine de personnes, principalement des jeunes. Ils s’étaient donné rendez-vous, dès 6 heures ce mercredi, au métro la Rose (13e).

    Un point rapide pendant qu’une petite armée de clowns termine son maquillage et ajuste ses boucliers et matraques en polystyrène fluo. La joyeuse brigade des « CRS roses » embarque dans un bus avec d’autres militants, direction le technopôle. Devant la grille de l’usine, une centaine d’activistes sont déjà en place, avec des slogans sans équivoque : « Eurolinks tue », « Maersk transporteur d’armes, complice du génocide ». L’entreprise française d’armement fait l’objet d’une plainte, déposée en juin dernier, par la Ligue des droits de l’homme. Cette dernière demande l’ouverture d’une enquête sur la possible livraison de composants pour armes automatiques français à Israël, dans le cadre de son offensive contre la bande de Gaza.

    « Plus d’argent pour les salaires ! Pas pour la guerre ! » Les slogans scandés par les manifestants résonnent dans la rue Louis Leprince-Ringuet. Sortie d’une résidence voisine, une dame se montre encourageante. « Vous avez raison, il faut que tout cela cesse. Nous crevons tous d’être gouvernés par des riches qui n’écoutent qu’eux-mêmes. Il faut changer d’histoire », lance la retraitée, sans toutefois rejoindre le mouvement.

    Après une petite discussion courtoise devant les grilles bloquées, le conducteur d’un poids lourd remet les gaz et passe son chemin. « On reste polis, on ne cherche pas l’affrontement, on informe, on sensibilise », assure une autre manifestante, alors que les « CRS roses » entament une danse au milieu de la file de véhicules qui se forme.

    « Nos salaires, pas leurs guerres »

    Un petit groupe a décidé d’aller récupérer des palettes pour bloquer le rond-point devant le collège André-Malraux et filtrer la circulation pour distribuer des tracts aux automobilistes. « Nous sommes contre le génocide comme contre l’austérité. Nous ne voulons pas que nos salaires soient sacrifiés pour alimenter leurs guerres », relance un jeune chercheur en science, camouflé derrière un foulard. Il reçoit de joyeux coups de klaxon en signe de soutien. Mais les palettes de chantier, tout juste installées sur les axes du rond-point, sont immédiatement dégagées par la quarantaine de policiers qui débarque des camions.

    Les « CRS roses » entrent dans le cœur de l’action et offrent un spectacle acrobatique et chantant à leurs homologues bleus. Un rien désarçonnés, les policiers contiennent la petite armée fuchsia avec souplesse sans s’orienter vers l’entrée de l’usine. Une des clowns fend les rangs et tend un chapeau aux agents médusés : « Une petite participation au pot des grévistes messieurs ? » La quête provoque des sourires, mais reste sans succès. « pas même une petite matraque… » regrette-t-elle.

    Un cadre toise le regroupement derrière la surface vitrée de l’entreprise. Vers 9h, ils ne sont plus qu’une quarantaine à brandir les drapeaux palestiniens et les banderoles devant la grille, mais tiennent bon. Le gros des troupes rejoint le rendez-vous pour la manifestation au départ des Réformés. Et de promettre : « Le 18, on revient, mais plus nombreux, pour vraiment bloquer ».

    Le site Eurolinks a été débloqué dans la soirée par les forces de l’ordre, a indiqué la préfecture de police.

  • Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Les lycées Thiers et Montgrand bloqués mercredi

    Pas de cours pour les lycéens de Montgrand (6e), mercredi matin, dont les deux entrées ont été bloquées très tôt dans la matinée par des étudiants de l’établissement. Installés sur un tas de poubelles et derrière des barrières de sécurité, les jeunes militants tiennent des pancartes aux revendications multiples. « Stop austérité », « 2 214 enfants à la rue, 1,2 million de logements vacants, logique ?? », « Désolé du dérangement, on défend notre avenir », lit-on çà et là sur les cartons contestataires. Les jeunes n’oublient pas le tout nouveau chef du gouvernement : « Lecornu, trou du coup », assène une affiche qui recouvre la plaque du lycée.

    « On est là pour dénoncer le système Parcoursup, qui détermine avec un algorithme qu’on ne connaît pas notre avenir, pour s’opposer aux nouvelles réformes du Bac pro mais aussi en tant que citoyens, pour défendre notre futur de travailleurs », détaille Malo, étudiante du lycée, au micro de l’insoumission. Autour des élèves, quelques professeurs soutiennent le blocus et tentent de discuter avec les forces de l’ordre.

    Aux alentours de 9h30, l’un des cortèges sauvages du centre-ville a pénétré la rue Montgrand, où était installé le blocus. Poursuivie par quelques CRS, la quarantaine de manifestants s’est jointe aux lycéens pour affronter en chanson le groupe de policiers. « Siamo tutti antifascisti », s’exclament en chœur les militants avant d’enchaîner sur plusieurs autres balades revendicatives. Parmi elles : « Macron nous fait la guerre, et sa police aussi, mais on reste déter, pour bloquer le pays », « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers » ou encore « On est jeune, déter, et révolutionnaire ». Le cortège se dissipera progressivement sans que les CRS n’interviennent. Ils resteront cependant proches du blocus.

    « Globalement ils nous ont laissés tranquilles. Il y a beaucoup de camions car ils protègent la préfecture mais sinon ils ne sont pas venus nous embêter », concède une élève du lycée. D’après la préfecture, environ 600 personnes auraient manifesté dans la matinée à Marseille, avant la manifestation unitaire.

  • À Martigues, une vingtaine de contestataires barrent un grand axe

    À Martigues, une vingtaine de contestataires barrent un grand axe

    L’appel des manifestants du mouvement « Bloquons-tout » donnait rendez-vous ce mercredi matin, dès six heures, sur le quai Brescon de l’Île, tandis que l’Union locale CGT appelait à participer à la manifestation de Marseille.

    Les plus ponctuels ont à peine le temps de prendre un café qu’un messager informe que le point de rendez-vous est en réalité à la piscine municipale, pour 6h30. Sur place, rebelote, une autre direction est donnée face au centre Norauto, dans un jeu du chat et de la souris avec les redoutées forces de police.

    Le temps d’un court briefing, l’un des leaders du mouvement explique la stratégie du groupe. « On pensait créer des leurres de blocages dans Martigues, mais on n’est pas assez donc ça sert à rien de se diviser » détaille-t-il, « mais on va tenter de bloquer Auchan vers 8h après le tractage ». À 7 heures, devant Norauto, un peu plus d’une vingtaine de bloqueurs tentent de barrer l’avenue du Docteur Fleming à la circulation, aidés des poubelles de la zone commerciale.

    Vers le 18 septembre

    Une affiche « Macron dégage » de la France insoumise est fixée au feu de circulation, tandis que les tracts distribués dénoncent « 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises par an ».

    « La dernière fois que j’étais là, c’était pendant les Gilets jaunes » se rappelle un participant, tracts à la main. À midi, le groupe se disperse.

    La perspective de la grève intersyndicale nationale du 18 septembre motivera peut-être les indécis à faire mieux.

  • À Avignon, l’agora s’en va battre le pavé du Palais à la gare

    À Avignon, l’agora s’en va battre le pavé du Palais à la gare

    Peu après 11 heures, ce mercredi 10 septembre, environ un millier de personnes se sont rassemblées sur la place du Palais des papes pour une agora citoyenne, au lendemain de la démission de François Bayrou et de la nomination, en tant que Premier ministre, de Sébastien Lecornu.

    L’arrivée d’un cortège d’environ 150 lycéens, qui avaient, les heures précédentes d’abord bloqué le lycée Mistral et tenté de bloquer celui d’Aubanel, deux établissements du centre-ville, a lancé les prises de parole spontanées. Une grande partie de ces prises de parole étaient celles de jeunes, dont les discours étaient souvent entrecoupés de chants hostiles au gouvernement, antifascistes ou en soutien à Gaza, repris par une large partie des manifestants, parmi lesquels aucune étiquette politique ou syndicale n’était visible. Une poignée de Gilets jaunes se tenaient plutôt en bordure de la foule. « Emmanuel Macron a mis au pouvoir un homme libéral, autoritaire, au service des LR et du RN. Hier à 20h30, un macroniste en a remplacé un autre. Alors que depuis 8 ans, la précarité, notamment étudiante, n’a fait qu’augmenter et la richesse des ultra-riches n’a fait qu’augmenter. On nous demande d’aimer la République mais cette dernière nous violente. Que sommes-nous censés faire ? », s’interroge par exemple Lucien, lycéen en terminale à Avignon.

    Tandis que Pierre Jourlin, professeur à l’Université d’Avignon, qui ne s’est pas présenté sous son étiquette de représentant du syndicat SUD Éducation, regrette le discours du gouvernement vis-à-vis de l’éducation et appelle à « annuler la dette ». « On ne veut plus payer à travers la dette les intérêts privés des spéculateurs. C’est comme ça que le pays ira de l’avant », a-t-il lancé. Raphaël Arnault, député (LFI) de la circonscription, a également été invité a ensuite appelé, tout en souhaitant que « le mouvement reste autonome », à « bloquer le pays pour ne pas rester bloqués jusqu’en 2027 ».

    Blocage et parking gratuit

    La manifestation s’est ensuite poursuivie toute la journée, avec notamment une manifestation qui a redescendu la rue de la République en direction de la gare Centre. Où les manifestants ont bloqué pendant plus d’une heure la circulation ainsi que les tramways sur le boulevard Saint-Michel. Avant de se rassembler plus tard devant la préfecture de Vaucluse. Mais ce ne fut pas seulement autour des remparts que des actions se sont déroulées. Comme par exemple à la zone commerciale du Plan, à Entraigues, où une dizaine de camions ont temporairement bloqué la route. Mais aussi à l’hôpital d’Avignon où une opération parking gratuit a été mise en place pendant quelques heures.

  • [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    [Bloquons tout] La journée de mercredi en Provence et en Occitanie

    D’Arles à Toulon en passant par Avignon, plusieurs collectifs citoyens ont tenu des actions. Si les appels à la mobilisation portent sur des formes d’actions protéiformes, mêlant blocage de rond-point, refus de paiements bancaires, manifestations sauvages ou grève, reste que les partis politiques de gauche (PCF, LFI, PS ou EELV) ont apporté leur soutien au mouvement. Tout comme la CGT, au niveau confédéral, et Solidaires, avec moults syndicats qui ont déposé des préavis pour une grève ce jour. En bref, une effervescence sociale pour imposer d’autres choix.

    A la mi journée, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône fait état de 10 interpellations dont 2 à Arles, 8 à Marseille. Les motifs sont des faits de violence sur des personnes dépositaires de l’autorité publique, rébellion, jet de projectile, vol, incendie et feu de poubelle. Le bilan n’est pas définitif.

    Mercredi soir à Marseille, une assemblée générale de plusieurs heures des membres de Bloquons Tout Marseille, s’est tenue devant le kiosque à musique des réformés. Une mobilisation devant le commissariat de Noailles pour soutenir les manifestants interpellés dans la journée a été organisée. Les manifestants chantent « siamo tutti antifascisti » et « libérez nos camarades » devant le lieu sous bonne garde policière. Par ailleurs, l’assemblée générale a voté le fait de libérer la place des réformés dans la soirée et prévoit une nouvelle mobilisation ce samedi ainsi qu’une participation à la journée d’action et de grève du 18 septembre prochain. Les participants prévoient de nouvelles assemblées dans les jours à venir.

    La préfecture du Vaucluse recense plusieurs rassemblements dans le département : « Dans le secteur de Réalpanier entre Avignon et le Pontet, devant les lycées Frédéric Mistral et Théodore Aubanel à Avignon, à Pertuis et à Carpentras notamment. L’intervention de la police nationale a évité le blocage et assuré le bon fonctionnement des lycées d’Avignon, tandis que la gendarmerie a interpellé un individu à Réalpanier pour rébellion.»

    Marseille, Martigues, Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier, Alès, la rue a répondu présente au mot d’ordre « Bloquons tout».

    A Montpellier dans l’Hérault :

    Dans le Gard :

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  • À Marseille, la CGT veut une manifestation massive

    À Marseille, la CGT veut une manifestation massive

    « Faire remonter la colère pour bloquer ces choix budgétaires et en imposer d’autres ». Jessica Jadé, secrétaire de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône, ne laisse aucun doute sur les objectifs de l’organisation pour la mobilisation de ce 10 septembre, la veille, lors d’une conférence de presse à la Bourse du travail de Marseille. « Depuis plusieurs années, les gouvernements utilisent les budgets pour imposer des politiques de casse sociale. Cette année, celui prévu par notre ex-Premier ministre a sûrement été la goutte de trop. Là, la population s’est bien rendu compte de l’injustice sociale qui était prévue », constate la syndicaliste.

    Entourée de représentants et secrétaires généraux de syndicats locaux, l’organisation vient délivrer son plan d’attaque pour ce mercredi. « À la CGT, on a nos modes d’actions, on a la possibilité de bloquer l’économie par la grève. Ce 10 septembre, nous nous dotons de moyens pour converger avec tous les travailleurs mobilisés contre ce budget », développe Jessica Jadé. Elle cite les 211 milliards d’aides annuelles distribués aux entreprises sans contrepartie, à l’heure où le gouvernement Bayrou entendait prendre deux jours fériés aux travailleurs : « C’est ce qu’on refuse collectivement et qu’on a tous intérêt à combattre ». Concrètement, la CGT n’appelle pas aux différents blocages prévus par les collectifs citoyens (voir rendez-vous ci-dessous), mais plaide pour une convergence grâce à la manifestation qui partira des Réformés à 10h, en direction de la préfecture. « Rien ne s’oppose dans l’action collective et l’action syndicale. Les modalités de chacun décuplent le rapport de force, les travailleurs qui rejoindraient les points de blocage ont besoin d’être couverts par un préavis dans leurs entreprises, et c’est ce que la CGT fait », analyse Jessica Jadé, insistant sur l’importance de la grève dans les entreprises.

    La CGT des territoriaux a effectivement posé un préavis du 10 au 30 septembre, permettant la tenue de grèves dans de nombreuses collectivités du territoire.

    « À la CGT Éduc’action, on appelle à faire des assemblées générales dans tous les établissements pour convaincre d’aller à la grève et de participer au mouvement », abonde Magali Hidalgo. Les organisations étudiantes prévoient aussi des blocages dans les établissements scolaires. Robin Matta, pour la CGT des cheminots de Miramas, note que les travailleurs du rail seront aussi dans la bataille. D’où des perturbations au programme au niveau des trains. Mais aussi du côté de la RTM, à Marseille, avec un appel à la grève de la CGT de la régie. Tout un programme.

    « Rien ne s’oppose dans les modes d’actions. Les modalités de chacun décuplent le rapport de force »