Tag: manifestation

  • Nouvelle mobilisation dans l’éducation annoncée jeudi

    Nouvelle mobilisation dans l’éducation annoncée jeudi

    Non au budget d’austérité ! Des moyens pour l’école ! » Ce sont les mots d’ordre de l’appel à la grève générale pour ce jeudi 26 mars par l’intersyndicale des Bouches-du-Rhône, qui rassemble la CGT Educ’Action, la FSU, la Fnec FP-FO et SUD éducation.

    « Nos revendications portent sur les moyens humains. Les personnels sont impactés par la loi de finances avec les suppressions de postes qui se matérialisent par la fermeture de classes dans le premier degré et la perte d’heures dans les lycées généraux, professionnels et polyvalents », explique Magali Hidalgo, membre de la CGT Educ’Action. Assistantes sociales, enseignants et lycéens devraient suivre l’appel à la grève et se mobiliser ce jeudi.

    Écoles et collèges concernés

    Le premier degré est également touché. Les préoccupations concernent le manque d’enseignants et les remplacements. Des collèges et écoles primaires commencent à rejoindre la mobilisation des lycées dans le département. Le lycée Diderot (13e) créé un mouvement de jonction avec l’école élémentaire Malpassé (13e) avec une réunion publique, ce mardi 24 mars à 18h, pour préparer la journée d’action de jeudi.

    Un rassemblement est organisé par les parents d’élèves de l’école élémentaire Gilles-Vigneault (5e), ce mardi à 16h30, devant l’annexe Pardigon, contre la potentielle fermeture de deux classes. Un appel à la grève nationale est prévu le 31 mars. Il sera un « rebond pour la mobilisation », pour Magali Hidalgo.

    Jeudi 26 mars, le rassemblement est prévu à 11h aux Réformés à Marseille

  • Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    Le secteur de l’éducation en grève exprime sa colère dans les Bouches-du-Rhône

    « Aujourd’hui, si on est aussi nombreux et nombreuses, c’est parce que, pour une fois, on a décidé de ne pas se laisser faire face à ce rouleau compresseur qui nous écrase depuis des années. » Au mégaphone, Marthe Bonifay, professeur de lettres et histoire au lycée professionnel Denis-Diderot à Marseille (13e). Une grève du secteur de l’éducation est organisée ce mardi 17 mars, à l’appel de l’intersyndicale, suite à l’annonce par le rectorat de la suppression d’heures d’enseignement à la rentrée 2026 dans plusieurs lycées du département. Une foule a commencé à se réunir dès 11h près du kiosque des Réformés pour une manifestation. Un cortège d’élèves de différents établissements s’y est joint, sous des acclamations, en brandissant des pancartes « Le fric pour la santé et l’éducation, pas pour les flics et les prisons ».

    Élèves et enseignants main dans la main

    Au total, plus de 700 personnes, selon la préfecture de police, se sont réunies à Marseille pour la mobilisation. Le cortège était à l’image du mouvement de protestation, représenté pour moitié par des élèves. « Il prend de l’ampleur tous les jours » depuis le 5 mars, selon Françoise Julia, secrétaire académique CGT Educ-action13 et enseignante. Elle raconte que dans le département, et surtout à Marseille où des lycées sont sévèrement touchés par la baisse des moyens, « des grèves des personnels éducatifs et des blocus lycéens se sont relayés pour faire entendre le ras-le-bol ».

    Si certains établissements ont vécu plusieurs jours de blocages successifs, comme les lycées Montgrand (6e), Victor-Hugo (3e), Artaud (13e) ou Diderot (13e), trois lycéennes en classe de seconde confient avoir « participé au premier blocus de leur vie ce matin » au lycée Nelson-Mandela (12e). Pourquoi se mobiliser aujourd’hui ? « On a peur de se retrouver trop nombreux en classe et que ça creuse les inégalités entre les élèves », expliquent-elles. Même chose à la Cité scolaire internationale (CSI) Jacques-Chirac (2e), où les élèves ont organisé un blocus pour la première fois mardi matin. Un professeur de mathématiques de la CSI rapporte être « impressionné » par « la maturité et l’organisation des élèves ».

    Dans certains établissements, les blocages ont pourtant conduit à des tensions, notamment avec les forces de l’ordre. Après un premier lycéen interpellé au lycée Thiers le 10 mars, deux élèves du lycée Artaud ont été placés en garde-à-vue le 13 mars. Des lycéens du lycée Diderot témoignent avoir « reçu des pressions et des menaces d’exclusion de la part de la direction » du fait de leur participation aux blocus. Contacté à ce sujet, le rectorat indique ne pas souhaiter communiquer « en raison du devoir de réserve lié à la période électorale actuelle ».

    Élargir le mouvement

    Une délégation d’enseignants, de lycéens et de parents d’élèves a été reçue en audience par la Direction des services départementaux de l’éducation nationale (DSDEN), mardi. Une assemblée générale s’est ensuite tenue à la Bourse du travail « pour décider de la suite des actions ». Pour Caroline Roux, professeure d’histoire-géographie à Montgrand, l’enjeu est de « construire un mouvement très fort, qui part de la base, pour un service public de l’éducation de qualité ». Reste donc pour eux à étendre la mobilisation aux établissements qui ne sont pas encore entrés dans la danse, y compris les collèges, en vue de la journée de grève nationale annoncée pour le 26 mars.

  • A Marseille, le front se veut antiraciste

    A Marseille, le front se veut antiraciste

    Les drapeaux palestiniens et libanais flottent sous l’imposante silhouette de la Porte d’Aix à 14h, samedi 14 mars. Slogans et batterie résonnent : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ». À la veille du premier tour des élections municipales, 8 000 personnes ont marché selon les organisateurs et 2450 personnes selon la préfecture de police, contre le fascisme, le racisme, l’islamophobie et les violences d’État. Plus de 60 collectifs, syndicats et organisations politiques marseillais avaient signé l’appel national de La Marche des Solidarités, plateforme de collectifs de personnes sans papiers. Des manifestations étaient organisées dans 102 villes, dont Avignon, Toulon, Gap…

    « Il faut montrer qu’on est nombreux et qu’on fait corps », confie Michel, 75 ans, « antifasciste de toujours ». Inès, 20 ans et Rose, 21 ans sont venues pour « se faire entendre ». « On ne va pas se laisser faire », expriment-elles face à la montée de l’extrême droite et des discriminations.

    Isabelle, du Réseau Universitaire Sans Frontières (RUSF), elle, dénonce les « lois liberticides contre les migrants » et s’inquiète pour le devenir des étudiants étrangers. « La connaissance n’a pas de frontière », martèle-t-elle, fustigeant la suppression des APL et l’augmentation des frais d’inscription différenciés.

    Le cortège a marqué un temps fort devant le commissariat de Noailles. Les visages de ceux « tombés sous les mains de la police » s’affichent sur de grandes banderoles. Le père de Souheil, tué en 2021 par un policier, prend la parole : « Ni oubli, ni pardon ».

    «Sardine antifa»

    Malgré la gravité des revendications, la joie infuse dans la marche. Face aux cordons de police, des clowns, vêtus de rose, imitent les policiers et brandissent des frites de piscine, comme des matraques. Au milieu des drapeaux, une autre touche d’humour attire l’œil : des sardines bleus en carton, portées à bout de bras ou piquées dans les cheveux. C’est l’œuvre de Léna Turist, artiste de 24 ans. « La sardine , c’est le symbole de Marseille. J’ai recyclé mes cartons de la manif du 8 mars pour unir les gens et amener de la joie », explique-t-elle. Ses poissons affichent : « sardine antifa » ou « sardine mangeuse de mascu ».

    De la Porte d’Aix au Vieux-Port, le cortège a affiché un front uni et a rappelé que Marseille est « antifasciste ».

  • Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    Ils appellent à battre le pavé contre l’extrême droite à Marseille

    « La mobilisation du 14 mars aura une force particulière à Marseille avec la montée du Rassemblement national. On va leur dire que leurs idées d’extrême droite n’ont pas leur place dans notre ville », affirme un membre de Vigilance Initiatives Syndicales Antifascistes 13 (VISA).

    Sur le Vieux-Port, mardi 10 mars, plusieurs collectifs ont appelé à une mobilisation antiraciste et antifasciste massive le samedi 14 mars au départ de la Porte d’Aix à 14h, veille du premier tour des municipales. Plus de 60 collectifs, associations, syndicats et organisations politiques marseillaises ont signé le texte de la Marche des solidarités, pour manifester de manière unitaire, et construire un rapport de force dans la rue contre le racisme, le fascisme, l’islamophobie et les violences d’État. « Nous prenons la rue pour affirmer un rapport de force. Nous prenons notre place, face à l’extrême droite et à toutes les politiques qui nourrissent la domination », martèle Dalila, membre d’Union pour la Palestine Marseille. Des manifestations auront lieu dans de nombreuses villes en France.

    « Le vote ne suffira pas »

    Pour Mathilde du collectif Marseille contre la loi Darmanin : « Cette date est importante à Marseille avec la séquence des municipales. On le voit depuis plusieurs années, le RN a fait de la ville une priorité stratégique dans sa course vers la présidentielle. » L’extrême droite représente le « danger d’un saut répressif massif vis-à-vis des organisations syndicales, politiques, des associations et des acteurs culturels ». Elle rappelle que le vote ne suffira pas et que le RN « n’a pas le monopole des politiques racistes et sécuritaires ».

    Mobilisations antifascistes samedi

    Plusieurs rassemblements et manifestations sont organisés contre l’extrême droite dans notre région : Aix-en-Provence, 16h, à la Rotonde

    La Ciotat, 11h, devant les marches de l’église du vieux port, quai ganteaume.

    Toulon, à 16h30, place Louis Blanc.

    Brignoles, à 10h, Berges du Caramy, face au Auchan.

    Draguignan, à 10h30, devant la sous-préfecture.

    Avignon, à 14h, cours Jean Jaures.

    Gap, 10h30, sur la place de la République.

  • Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    Les femmes d’une seule voix pour leurs droits le 8 mars à Avignon

    « On va parler d’une seule voix féministe et antiraciste. C’est ça le plus important », glisse, en ouverture d’une conférence de présentation de la manifestation du dimanche 8 mars à Avignon, Karine Malabal, militante du mouvement Le Nid et membre du Collectif Droits des Femmes 84. Une manifestation qui partira à 15h symboliquement du tribunal d’Avignon, théâtre du procès Pelicot, en direction de la place de l’Horloge.

    Un mouvement de convergence des luttes qui se cristallise dans un slogan fort, choisi par la multitude d’associations vauclusiennes constituant le collectif : « Nos corps ne sont pas un champ de bataille. » Une référence, d’une part, aux violences sexuelles. « Quand on regarde les chiffres de 2025, il y a eu 132 000 victimes de violences sexuelles, dont 76 000 mineurs. Le corps est vu par les hommes comme un champ de bataille, dans le sens où c’est quelque chose qu’ils veulent s’approprier », précise Nellie Bertrand, militante au collectif Nous Toutes, à la chorale Chant des Déferlantes et au pôle LGBT d’Avignon.

    Mais ce slogan renvoie aussi aux violences faites au corps à travers les conditions de travail. D’où un appel à la grève générale des femmes ce jour-là. « Nous sommes en première ligne quand on voit, par exemple, les infirmières à domicile, avec des travails difficiles, des horaires hachés et des déplacements très mal payés », insiste Karine Malabal.

    L’événement se veut également festif. Une batucada animera le cortège, avec un arrêt musical sur la place Pie. Et pour celles et ceux que le bruit pourrait gêner, un cortège calme est également prévu à l’écart.

    Peu d’évolution

    Ce que constatent les représentantes associatives, c’est également le manque d’évolution malgré le retentissement énorme du procès des viols de Mazan. « On attendait de grands changements sociétaux, mais ils ne sont jamais arrivés », regrette Malika Bakhti de la LDH. « Il n’y a pas eu de gros changements », confirme Karine Malabal, qui constate même « une baisse des subventions ».

    Les luttes convergent avec d’autres combats. « On a toutes et tous des valeurs communes. On ne s’estimait pas légitimes dans la lutte féministe, mais on s’est rendu compte que l’on doit être tous ensemble, car on subit tous des agressions. Si on est autocentrés, on ne peut pas s’en sortir », confie Sabah Boutahar, membre de l’association Résilientes. De son côté, Nellie Bertrand rappelle les deux tags de groupuscules d’extrême droite inscrits sur les locaux du Pôle LGBT de la Cité des Papes ces derniers mois. « Depuis six ans, les réflexions aux relents racistes vont crescendo », témoigne Zem-Zem, bénévole pour Ubuntu Sorores.

  • Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    Debout face au péril RN : à Marseille, les retraités CGT réclament du progrès social

    « Les retraités sont porteurs d’une mémoire des luttes sociales. Ils connaissent le recul des libertés que pourrait amener la montée de l’extrême droite au pouvoir. » Sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Marseille, Jean Pugens, membre du bureau de l’Union syndicale des retraités CGT des Bouches-du-Rhône (USR CGT 13), martèle que « les prochaines échéances électorales doivent s’inscrire dans le progrès social ». Et pour cela, l’organisation, « forte de ses 4 600 syndiqués retraités dans le département », mène une opération coordonnée avec des points presse dans toute la région. « Nous tenons à informer la population sur ce que vote l’extrême droite en France. Elle semble vouloir faire le bonheur du peuple, on sait que c’est faux », développe le syndicaliste retraité. Patrice Kantarjian, secrétaire du comité régional CGT Paca, appuie la démarche : « L’extrême droite cible la région pour se développer, avec cette action coordonnée de l’USR, cela montre que la CGT intervient dans le débat public. »

    En clair, le syndicat espère « convaincre le maximum de retraités de ne pas basculer à l’extrême droite », comme le résume Claude Mas, secrétaire générale de l’USR CGT 13. « Les retraités prennent leurs responsabilités comme citoyens, au-delà d’appeler à voter pour les forces progressistes, on a aussi des retraités qui s’engagent dans des listes », développe-t-elle. De quoi faire le lien avec la position de l’Union départementale CGT 13 (UD CGT13) rappelée par le secrétaire de l’organisation, François Canu : « La CGT est indépendante des partis politiques, mais n’est pas neutre, elle a toujours pris ses responsabilités. »

    La marina d’Allisio ne passe pas

    Les syndicalistes prennent des exemples concrets de « l’imposture sociale du RN ». « L’extrême droite vote contre la hausse du Smic à l’Assemblée, elle vote la réduction de 4,9 milliards les dotations pour les collectivités », explique François Canu. Et de prendre un exemple local : « Quand Franck Allisio [candidat RN à la mairie de Marseille, Ndlr.] propose de faire une marina sur le port de Marseille, alors que l’industrie dans le département est déjà en difficulté. C’est la preuve qu’ils ne sont pas dans le camp des travailleurs. » L’UD CGT 13 a justement développé cette position dans un communiqué de presse dans la journée et dénonce : « La transformation des Bassins portuaires de Marseille en marina de la Joliette à la tour CMA révèle une vision fondée sur la spéculation immobilière et des marinas de prestige. » Et pointe une « menace directe sur l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité ». Claude Mas conclut : « ça aura un impact négatif sur l’emploi industriel et donc sur les pensions de retraite. L’économie du tout-tourisme ne fait pas vivre. »

  • Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Plusieurs organisations mobilisées contre la guerre à Aix-en-Provence

    Philippe Sénégas, de la Ligue des droits de l’Homme, a pris la parole au nom des organisateurs pour dénoncer les conflits meurtriers à Gaza, en Ukraine, ainsi que les violences en Iran et en Syrie, évoquant également les tensions ravivées par l’offensive impérialiste menée contre le Venezuela par le président américain, Donald Trump.

  • « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    « Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements »

    La Marseillaise : Suite aux incidents survenus après la manifestation de jeudi, le Préfet a interdit celle prévue ce samedi. Quel est votre sentiment ?

    Josiane Durrieu : C’est profondément injuste. On condamne ces violences qui ont été perpétrées après l’ordre de dispersion par des personnes cagoulées dont on ignore l’identité. Les Kurdes n’ont pas à payer pour ces débordements qui desservent leur cause. Ce sont des militants responsables et calmes qui n’aspirent qu’à la paix et défendent leurs droits alors que les djihadistes les massacrent.

    La Marseillaise : La situation est extrêmement tendue nord de la Syrie ?

    J.D. : Elle est dramatique avec des massacres de Kurdes du Rojava par des groupes islamistes, soutenus par la Turquie et l’armée du régime syrien d’Al-Charaa. Il faut rappeler que ce gouvernement n’a pas été élu, ce sont des islamistes issus d’Al Qaida et Daesh. Même s’il a rasé sa barbe et mis un costume cravate, il reste un djihadiste qui a juste lissé son image pour avoir l’appui des Américains…

    On a eu un moment l’impression que les choses s’apaisaient.

    J.D. : Il y a eu des discussions pour trouver une solution politique et apporter des droits aux Kurdes qui souhaitent avant tout la paix. Ils y ont participé mais malgré ça Al-Charaa leur envoie son armée. Il y a eu des massacres à Alep, avec 400 ou 500 morts, et ça continue au nord de la Syrie, à Kobane, la ville martyre.

    Les Kurdes ont participé à chasser Daesh et désormais la communauté internationale ferme les yeux ?

    J.D. : Tout le monde a lâché les Kurdes alors que sans eux, Daesh contrôlerait tout le Moyen-Orient. Ils ont combattu, avec des milliers de morts, pour la démocratie, mais c’était pour nous aussi. Et aujourd’hui, la coalition qui est toujours dans le nord de la Syrie, reste muette. C’est scandaleux. Elle doit intervenir contre les cellules de Daesh qui se sont reformées et stopper les attaques d’Al-Charaa.

    Vous êtes aux côtés de la communauté kurde dans sa mobilisation. Que demandez-vous ?

    J.D. : On demande au président de la République d’intervenir avec des frappes aériennes parce que la France fait partie de la coalition internationale, pour arrêter les groupes islamistes et les troupes d’Al-Charaa, et éviter les massacres. On ne peut pas laisser tomber les Kurdes. On le leur doit mais on se le doit aussi à nous si on veut faire vivre la démocratie. La France à un rôle à jouer pour que l’Europe se prononce. Si on ne fait rien, Al-Charaa installera un régime islamiste. Ils ont déjà libéré des prisonniers djihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe. Cela aura des répercussions jusqu’en Europe, avec ce que cela comporte en risque d’attentats. Et puis, il y a la Turquie aussi qui veut en finir avec les Kurdes de Syrie.

    Il y a eu des négociations en Turquie.

    J.D. : La Turquie a négocié avec les Kurdes de Turquie mais ça piétine parce que la Turquie ne veut pas d’une région autonome kurde en Syrie car ça créerait un précédent. Nous demandons que les Kurdes du Rojava, puissent garder leur système politique et en étant inclus dans la Syrie. Il faut une région autonome.

    Comment interprétez-vous le silence de la communauté internationale ?

    J.D. : Trump a invité Al-Charaa, on l’a présenté comme un démocrate mais il s’est juste donné une fausse image. Les Américains ont joué la carte des islamistes contre les Kurdes en pensant que ça allait stabiliser la région et qu’il pourrait récupérer et exploiter le pétrole. Trump a fait ce calcul en s’asseyant sur toutes les questions démocratiques.

  • En soutien au peuple kurde du Rojava

    En soutien au peuple kurde du Rojava

    Nous sommes tous Rojava ! » De la Canebière jusqu’au cours Lieutaud, les drapeaux du Kurdistan syrien flottent ce jeudi après-midi dans le centre-ville de Marseille. C’est dans ce territoire du nord-est de la Syrie, que les forces armées kurdes ont vaincu l’État islamique, à l’époque soutenues par la coalition internationale antijihadiste menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, pour ne citer qu’eux. Dix ans plus tard, le nouveau pouvoir syrien, dirigé par Ahmed al-Charaa, ancien combattant d’Al Qaïda et de Daech, attaque ces mêmes Kurdes, tentant de reprendre la main sur ce territoire avec l’aide d’Ankara. Dans le silence assourdissant des puissances occidentales.

    « Nous n’avons pas seulement défendu la Syrie contre le terrorisme mais le monde entier, et là, le peuple syrien nous tourne le dos. Comme en 1923, le peuple turc l’a fait », tempête Rosrin, rappelant que des milliers de jihadistes sont toujours retenus en Syrie dans les prisons contrôlées par les Kurdes. « Si les jihadistes prennent le dessus, ils pourront revenir en France et en Europe commettre des attentats à nouveau », signale-t-elle. Autour de la jeune femme, quelque 2 500 personnes – selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône – sont venues apporter leur soutien au Rojava, tandis que des individus ont tenté d’entacher ce rassemblement (lire ci-contre).

    Une manifestation massive qui témoigne de la gravité de la situation. « Ça fait 15 ans que notre peuple combat Daech, on a perdu des milliers et des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, tous assassinés. On ne peut pas en plus perdre notre territoire après ça ! », fulmine Firat, kurde originaire de Turquie. « On est le peuple le plus nombreux du monde à être apatride encore aujourd’hui », tient-il à souligner.

    « Nous ne lâchons pas

    les Kurdes »

    L’appel lancé par le Conseil démocratique kurde en France (CDK-F) a trouvé un écho dans tout le pays. Des rassemblements sont ainsi prévus dans les prochains jours dans des dizaines de villes, comme Paris, Toulouse, Montpellier, Nantes, Strasbourg et Vichy. Face à cette colère qui se propage, à un sentiment d’abandon que la communauté kurde déplore, Paris est sommé de réagir.

    « Nous ne lâchons pas les Kurdes, nous savons ce que nous leur devons », a déclaré Pascal Confavreux, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’une conférence de presse ce jeudi, sans pourtant s’exprimer sur des actions concrètes. « Il faut continuer à dénoncer la lâcheté des puissances occidentales qui nous ont vendues une fois de plus, nous continuerons à nous battre », jure Salih Azad, responsable du Centre démocratique kurde de Marseille (CDK-M).

    Témoignages recueillis par Lisa Marchand, Thibaut Carceller et Laureen Piddiu

    Joël Dutto. Secrétaire de la section PCF Marseille 15e

    « Il est important d’être aux côtés du peuple kurde qui a perdu tant d’hommes, de femmes et d’enfants dans les combats contre Daech. Les Kurdes risquent d’être rayés de la carte du Moyen-Orient car le type de société qu’ils promeuvent est insupportable pour les monarchies pétrolières qui les entourent. »

    Barine. Kurde de Syrie

    « Notre message au monde entier, c’est que nous voulons la paix et nous souhaitons que notre voix soit entendue par l’Union européenne. J’ai de la famille en Syrie et j’ai pu parler avec des combattantes. Elles sont actuellement bloquées près de la prison de Hasakah, en Syrie. Cette situation est préoccupante et peut devenir dangereuse. »

    Akram. Kurde de Turquie

    « Il y a une résistance au Rojava [nord-est de la Syrie Ndlr]. Le peuple Kurde a gagné ses droits et, aujourd’hui, ils sont réprimés par les jihadistes et par al-Charaa. Ils sont en train de perdre tous les droits qu’ils ont gagnés. Si j’ai fait le déplacement ici, à Marseille, c’est pour apporter mon soutien au peuple kurde qui résiste. »

    Nathalie Tessier. Conseillère municipale PCF de Marseille

    « À chaque fois que je viens dans les manifestations pour le peuple kurde, je suis saisie par la présence des femmes. Au Rojava, les femmes ont le rôle qu’elles ont décidé d’avoir en étant les égales des hommes. Et ça, c’est un sacré signe pour l’Histoire. »

    Zrng. Kurde originaire d’Iran

    « Les Kurdes sont le plus grand peuple sans territoire qui s’est battu contre les plus grands terroristes du monde. Nous nous sentons trahis, ces mêmes terroristes sont aujourd’hui au pouvoir à cause de l’Europe, ce n’est pas normal. Nous sommes unis, dans la rue et nous n’avons pas peur. »

    Cathy Aubron. Collectif solidarité Kurdistan

    « Je suis venue défendre le projet démocratique porté par les Kurdes, qui accorde une place importante à la paix et au féminisme. Tant que le Parti des travailleurs kurdes sera considéré comme une organisation terroriste, les Kurdes ne pourront être défendus comme ils devraient. »

    Josiane Durrieu. Chargée des questions internationales au PCF 13

    « Si on ne fait rien, Ahmed Al-Charaa va installer un régime islamiste, ils ont déjà libéré des prisonniers jihadistes. Les islamistes ne supportent pas le régime kurde du Rojava parce qu’il est laïc, démocratique, et féministe, tout le contraire des jihadistes. »

  • À Malpassé, les locataires demandent des comptes

    À Malpassé, les locataires demandent des comptes

    Nous avons eu une réunion le 8 octobre dernier, mais nous n’obtenons pas de réponses satisfaisantes et ça traîne en longueur », déplore Nadia Zaimeddine, responsable de l’Aclo, et référente CGL à Malpassé. Avec une quinzaine de locataires des grands ensembles les Lilas, les Mimosas, les Oliviers de A à E, les Cyprès, les Bleuets, les Églantiers, du 13e arrondissement gérés par PML (ex-HMP), l’amicale est venue chercher des réponses directement auprès de la direction du bailleur social.

    Armés de pancartes décrivant « l’insalubrité des logements. Les façades sont jolies, mais derrière, les problèmes sont toujours là », résume Nacera Marif, responsable du collectif des locataires des Mimosas, les locataires ont dressé une liste revendicative à la Prévert. « Des ascenseurs en panne, des infiltrations de façades, des incohérences sur les relevés de chauffage du prestataire Prox-Hydro, des contrôles facturés sur nos charges, des travaux sur l’amiante en 2014 qui ont été abandonnés aux Mimosas, aux Églantiers et aux Cyprès, alors que nous n’avons pas les documents des expertises, aux Oliviers il n’y a même pas de prise de terre, le numéro d’urgence ne répond qu’une fois sur dix… »

    Un locataire en voie d’expulsion

    Ils sont aussi venus soutenir un cas plus personnel. Antoine Camparell, 73 ans, doit rendre les clés du T4 qu’il occupe aux Lilas le 31 mars. « J’y habite depuis 50 ans, avant le bail était au nom de ma mère, puis à celui de ma sœur, mais elle est décédée et PML refuse le glissement de bail à mon nom », explique le monsieur qui assure être à jour de ses loyers. Il y habite avec sa nièce de 30 ans et son neveu de 3 ans, les enfants d’un autre frère, également décédé. Sur ce point la direction de PML invoque le cadre légal de la procédure : « Les glissements de baux ne peuvent se faire que dans le cadre d’une ascendance ou descendance directe. La situation administrative est en cours de régularisation. » Cependant, « le locataire ne pourra pas se maintenir dans cet appartement, nous ne pouvons pas bloquer un T4 quand 30 000 demandes restent sans réponse chaque année ». Mais elle assure « rechercher une proposition adaptée à la situation de ce locataire », précisant toutefois qu’au « 14 octobre dernier, les neveux n’étaient pas domiciliés à cette adresse ».

    Pour les dysfonctionnements signalés, le bailleur social reconnaît « avoir déjà détecté le problème avec la plateforme d’urgence, nos services ont également eu du mal à joindre le numéro d’astreinte et une amélioration est en cours de traitement. Ce problème a provoqué des retards dans la remise en fonctionnement après une coupure électrique le 9 janvier à Villecroze ». Quant aux Oliviers, « la panne du 1er janvier sur une des deux chaudières a été réparée le 2 ».

    Quant aux relevés de Prox-Hydro ils « sont communiqués aux locataires sous contrat et ces questions sont traitées dans le cadre de réunions régulières avec nos responsables d’agences », précise-t-on. Enfin, la problématique de l’amiante a été soulevée « il y a 20 ans des travaux de désamiantage ont été engagés avec des relogements tiroirs, se défend PML, mais le coût était explosif et au regard de la pression sur le logement nous avons renoncé au désamiantage intégral, il n’y avait pas d’obligation ». Si la direction assure que la situation ne présente pas de danger pour les locataires aujourd’hui, elle reste attentive à tout signalement.

    Jeudi, à leur demande, les locataires ont été reçus. « Sans réponse satisfaisante, nous engagerons des procédures en justice », ne désarmait pas Nadia Zaimeddine.