Tag: manifestation

  • Encore des pavés à battre

    Encore des pavés à battre

    Les comptes sont bons. Enfin, ça dépend pour qui, évidemment. 2024 a été une belle année, une année record, au terme de laquelle les entreprises du CAC 40 ont distribué pour 98 milliards d’euros de dividendes.

    Comme Michel Barnier avant-hier, François Bayrou hier, Sébastien Lecornu tente, aujourd’hui, de « trouver » entre 40 et 44 milliards d’euros pour : combler le trou de la dette, remettre le budget de l’État sur la voie de l’équilibre, réduire
    le déficit, etc.

    À coups d’année blanche, d’augmentation de la facture médicale, de réduction des droits des assurés, des salariés, des demandeurs d’emploi, des retraités…
    Mais attention, sans toucher à la réforme des retraites, sans restaurer l’impôt sur la fortune, sans mettre en place
    la taxe Zucman pour
    « prendre 2% aux plus riches ». Une proposition à la fois attaquée par
    le patronat, la droite et l’extrême droite, dans
    une coalition de grands bourgeois conservateurs.

    Coalition de grands bourgeois

    Alors qu’attendre d’un président de la République hors-sol, d’un Premier ministre sur un siège éjectable et sans gouvernement, et de cette alliance opportuniste de députés capitalistes au Parlement ? Quasiment rien, sinon d’entendre les salariés, retraités, citoyens au bord de
    la rupture, légitimement en colère contre des réformes qui sont faites sans eux et contre eux. La colère des citoyens, militants et syndicats qui ne se découragent pas face à une telle adversité qui, mobilisation après mobilisation, ont une envie commune, celle d’une société plus juste et respectueuse de chacun. Et visiblement, il y a encore des pavés à battre pour y arriver !

  • À Avignon, l’attente n’affaiblit pas la colère

    À Avignon, l’attente n’affaiblit pas la colère

    C’est le Premier ministre le plus lent pour nommer son gouvernement. Il laisse un peu couler les choses mais la colère, elle, ne disparaît pas », lance Étienne Raoul, secrétaire général Force ouvrière de Vaucluse, lors d’un point presse ce mardi 30 septembre. Et ce, à propos de la mobilisation prévue ce jeudi 2 octobre à 10h30 au départ de la place Jean-Jaurès, à Avignon.

    Un propos partagé par les autres représentants de l’intersyndicale présents. « La forte colère présente dans notre société aujourd’hui, ainsi que dans nos organisations syndicales, ne peut pas être ignorée ». D’autant que, « dans les tiroirs, il y aura toujours des régressions sociales en prévision. On ne sent ni une rupture, ni de nouveaux engagements. Ce n’est pas le casting qui va changer la politique de Macron », poursuit ainsi Laurence de Villèle, secrétaire générale CGT de Vaucluse.

    Le 18 septembre dernier, plus de 5 000 personnes avaient déambulé dans les rues d’Avignon et la situation n’a, depuis, que très peu évolué. « On s’attend à quelque chose dans la continuité du gouvernement précédent. Cette journée est là pour faire entendre à nouveau nos revendications », confie de son côté Sylvain Barthet, secrétaire départemental de la FSU.

    « Devant nous, le ministre a reconnu qu’il était affaibli. C’est le moment pour nous de construire un véritable rapport de force, car l’argent, on sait qu’il y en a. Et ce, dans la rue, mais aussi bien sûr dans les entreprises, en bloquant la production. Ce n’est pas aux salariés de payer la dette », ajoute Étienne Raoul.

    « Il faut continuer à mettre cette pression. On a tracté à Auchan Avignon Nord mercredi dernier et on a rarement reçu autant de soutiens avec de bons retours de la population. Ce qui avait été noté aussi avec des personnes mobilisées le 10 septembre qui nous ont rejoints le 18 », poursuit également Laurence de Villèle.

  • Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    Martigues marchera pour la justice sociale et fiscale

    La lumière chaude de fin de journée met en exergue le rouge bien présent au tableau du rassemblement organisé par l’union locale CGT du pays martégal, devant l’hôtel de Ville de Martigues, ce mardi soir. Les syndicats des territoriaux, de l’éducation nationale, de Marcegaglia, ainsi que les militants locaux du PCF et de LFI ont répondu à l’appel pour un échauffement avant la manifestation marseillaise, jeudi.

    Le secrétaire général de l’union locale CGT, Daniel Bretonès, place le rassemblement sous le signe « du non des travailleurs aux reculs sociaux et à l’austérité imposée au nom d’un budget injuste », trois semaines après la nomination du Premier ministre (Ren), Sébastien Lecornu. « Son projet budgétaire est le même qu’avant, ses économies se feront sur nos salaires, nos retraites, notre Sécurité sociale et nos services publics », augure le syndicaliste. Il rappelle que « chaque année, 211 milliards d’euros sont versés sans contrepartie aux grandes entreprises, sans oublier les 100 milliards de fraude fiscale » . « La CGT a des propositions pour sortir de la crise, comme rétablir l’impôt sur la fortune, taxer les revenus du capital » ou encore « rétablir la taxe professionnelle et la taxe d’habitation, pour la démocratie locale, et rendre leur liberté aux communes », propose Daniel Bretonès.

    Un bus pour jeudi

    L’adjoint Gérard Frau (PCF) a salué, au nom du maire Gaby Charroux retenu en préfecture, « le travail constant et offensif de l’UL CGT » et témoigné son « soutien à la mobilisation, juste et nécessaire », quand « les Français voient leurs salaires stagner face à l’inflation, les hôpitaux saturés, la précarité et l’injustice fiscale ». L’élu local déplore un Premier ministre « sourd face à l’intersyndicale, la rue et la colère populaire », et promet de « marcher le 2 octobre avec la CGT et l’intersyndicale ».

    Le bus affrété par l’UL CGT part à 9h, jeudi, de la Halle de Martigues pour rejoindre la manifestation marseillaise.

  • Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    Les syndicats enseignants appellent à l’abandon des sanctions contre les lycéennes de Dumont d’Urville

    La manifestation du 18 septembre a réuni plus de 6000 personnes à Toulon. Un mouvement suivi au sein de certains établissements scolaires, comme au Lycée Dumont d’Urville, devant lequel élèves et enseignants se sont retrouvés tôt le matin, « afin d’exiger un autre avenir pour la jeunesse, d’affirmer leur opposition aux idées d’extrême droite et d’appeler à une rupture avec les politiques économiques, sociales et environnementales menées jusqu’ici », souligne l’intersyndicale FNEC-FP-FO – FSU – SUD éducation – CGT Educ’action dans une lettre ouverte.

    Un mouvement achevé en fin de matinée et qui s’est « très bien passé », jusqu’à ce qu’une « étudiante qui préparait sa pancarte [pour la manifestation de l’après-midi] a été interpellée par les forces de l’ordre (en civil et sans brassard) de manière violente, sans explication. […] Refusant cette interpellation arbitraire, elle est traînée au sol et menottée, ainsi que sa camarade qui voulait la protéger, sans savoir qu’il s’agissait des forces de l’ordre », s’indignent les syndicats.

    La première avait été placée en garde à vue pour violences et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique, la seconde pour rébellion. Convoquées début octobre devant le délégué du procureur pour des stages de citoyenneté, ainsi qu’une composition pénale et une obligation d’indemniser un policier pour la première des deux, elles ont reçu le soutien des syndicats qui disent « partager l’indignation face à ces mesures de répression brutale contre des jeunes qui exercent leur liberté d’expression et d’opinion », rappelant « les conditions d’études dégradées » auxquelles sont sujets les élèves du secondaire et du supérieur, dont « plus de 100 000 étaient sans affectation après la première phase d’admission Parcoursup. » Ils fustigent « la volonté de criminaliser les revendications » et exigent « l’abandon de toute répression administrative, judiciaire et d’État ».

    Note

  • Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Où manifester jeudi 2 octobre dans le Gard et l’Hérault ?

    Pas moins de 12 rassemblements ou manifestations sont au programme de la deuxième journée de grèves et mobilisations dans le Gard et l’Hérault, jeudi 2 octobre.

    A l’appel des 8 formations qui composent l’intersyndicale, 5 cortèges sont prévus dans le Gard. Dès 10h à Alès (sous-préfecture), Bagnols-sur-Cèze (monument aux morts), et Uzès (mairie). La manifestation de Nîmes s’élancera à 14h30 du quai de la Fontaine. Enfin, Le Vigan donne rendez-vous à 18h (sous-préfecture).

    Dans l’Hérault, 7 mobilisations sont prévues. Trois à l’appel de l’intersyndicale à 10h30 à Montpellier (place Albert 1er), Sète (bourse du travail) et Béziers (place de la mairie). Quatre autres rassemblements sont prévus à l’appel de la CGT à 10h30 à Bédarieux (maison des syndicats), à 11h à Lodève (sous-préfecture) et enfin à 11h30 à Ganges (mairie) et Lunel (place de la République).

    Dans l’Hérault, Stéphane Audebeau (FSU 34) appelle à « continuer à mettre la pression au gouvernement pour faire valoir les intérêts du monde du travail : salariés, fonctionnaires, retraités et demandeurs d’emplois ». Lesquels seront, avec les services publics, « les premiers touchés par la politique d’austérité » à venir. « Nous réclamons plus de justice fiscale et sociale », insiste l’enseignant qui déplore le manque de profs et d’AESH.

    A la CGT 34, Sébastien Boudesocque rappelle que 1,1 million de personnes (près de 40 000 dans le Gard et l’Hérault) ont défilé lors du premier round intersyndical le 18 septembre. Face à la « langue de bois » du Premier ministre qui n’a eu que faire de « l’ultimatum », le secrétaire départemental de la CGT 34 rappelle que d’autres choix existent. Le cégétiste souhaite mettre à contribution les grandes fortunes et les grosses entreprises. « La France est championne d’Europe du versement des dividendes et dans le top 5 mondial pour le nombre de milliardaires ». Il rappelle que les 35 heures ont créé 350 000 emplois et le CICE seulement 100 000. « La théorie du ruissellement ne fonctionne pas. L’Espagne a fait d’autres choix en taxant les capitaux des banques », illustre-t-il.

    A la CFE-CGC 34, on alerte sur « la souffrance au travail », les cas de « burn-out » et de « dépression » qui se multiplient chez les cadres. Chez l’Unsa 34, Jean-Robert Biggio déplore « qu’aucune mesure de l’intersyndicale n’ait été retenue » par le Premier ministre et « qu’aucune recette fiscale supplémentaire n’ait été trouvée » alors même que 211 milliards d’euros annuels sont octroyés par l’État aux grandes entreprises « sans aucun contrôle ». Quant à la CFDT 34, Glawdys Klapka insiste sur le pouvoir d’achat et « les fins de mois difficiles à boucler » pour bon nombre de salariés.

    Enfin, du côté de FO 34, Franck Mary-Montlaur déplore que la rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu n’ait absolument « rien donné ». « Les salariés en ont marre d’attendre », s’agace le responsable héraultais. Il est pour l’heure le seul à émettre des réserves sur la stratégie des journées de mobilisation « saute-moutons ». « Elles coûtent trop cher. Soit on y va pour de bon…»

  • Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    Un exemple de convergence des luttes contre l’impérialisme

    La colère populaire monte. Après le mouvement « Bloquons tout » du 10 septembre, la manifestation du 18 et avant la grève 2 octobre, organisées par les syndicats, les actions citoyennes continuent de se multiplier. Ce 28 septembre, deux cortèges se sont rejoints sur la Canebière. Le premier, venu de la Porte d’Aix, défile tous les dimanches depuis près de deux ans à l’appel du collectif Urgence Palestine Marseille (UPM). Les mots d’ordre : la fin du génocide à Gaza, et donc de la complaisance de l’État français envers Israël. L’association réclame également la fin du jumelage de Marseille avec Haïfa, qui date 1958, alors que le maire Benoit Payan a annoncé un jumelage avec la ville palestinienne de Bethléem il y a quelques jours.

    Le second cortège est une première : la marche des résistances, inscrite dans l’initiative internationale « Draw The Line » portée par des peuples autochtones du Brésil et du Pacifique et appelée de leurs vœux par une centaine d’organisations locales. Les revendications sont claires : « Un changement radical de notre système avec l’instauration d’une justice climatique qui doit faire payer les plus riches », résume Laurent de Greenpeace, qui détaille « taxer les profits sur les énergies fossiles pour des recettes dirigées vers le service public, vers le logement, vers le bâti scolaire, la mise en œuvre d’une politique tournée vers le bien commun ». Hendrik Davi, député (L’Après) de la 5e circonscription des Bouches-du-Rhône souhaite un « budget à la fois social et écologique pour répondre aux injustices » et salue cette « pression, notamment sur la taxe Zucman ».

    Au moment de la rencontre des deux processions, un rugissement s’élève. « L’union fait la force. On n’a qu’un seul but : lutter contre l’impérialisme, lutter contre le capitalisme, contre toutes les dominations et les oppressions ! », s’écrie Fadela El Miri, pilier d’UPM.

    Contre la « machine coloniale capitaliste »

    Morgane, membre du même collectif, explique cette convergence des luttes : « Tant que le système colonial capitaliste pourra maintenir ses bastions comme Israël, il conservera sa capacité à piller les ressources et à détruire les écosystèmes dans le monde. La Palestine est un front décisif de cette bataille. » La jeune femme pointe la « logique froide » d’Israël : « Exterminer les Palestiniens pour exploiter les combustibles fossiles sous leurs pieds puis nous vendre ce gaz pour la consommation énergétique européenne », évoquant les gisements gaziers de Léviathan et Tamar et les nouvelles licences d’exploitation accordées « quelques semaines après les premières attaques » de l’armée sur la bande de Gaza.

    Ce qui se passe à Gaza est pour elle une « répétition du spectacle de l’avenir, car cette machine coloniale capitaliste sacrifie systématiquement les peuples et les écosystèmes pour ses profits ». Voilà pourquoi articuler les luttes.

  • L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    L’ultra droite dans le viseur du procureur après des violences

    Les faits se sont déroulés en marge de la manifestation à l’appel de l’intersyndicale, jeudi 18 septembre. Selon plusieurs témoins et des images de vidéo surveillance, des individus s’en sont pris physiquement et très violemment à plusieurs habitants de Montpellier, place des Beaux-Arts. « Un groupe d’individus, manifestement issu de l’ultra droite, a violemment agressé plusieurs personnes sur la place des Beaux-Arts », a dénoncé dès le lendemain le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS). « En ma qualité de maire de Montpellier, j’ai immédiatement saisi le procureur de la République en application de l’article 40 du Code de procédure pénale. »

    Le procureur de Montpellier, Thierry Lescouarc’h a déclaré mardi soir : « Après analyse, je vous indique saisir les services de la DIPN (Direction interdépartementale de la police nationale) de ces faits afin de mener les investigations pour en établir les circonstances précises et le mobile. » L’affaire, grave, fait également fortement réagir le syndicat SNES-FSU du lycée Joffre. Dans un communiqué, les professeurs s’interrogent sur la passivité supposée des forces de l’ordre : « Comment justifier que la police, dûment informée du lieu où se trouvaient ces individus, les laisse errer longuement aux abords d’un établissement scolaire ? Pourquoi les laisser libres de leurs agissements alors qu’ils menacent des lycéens et des lycéennes, et qu’ils les injurient, ciblant de manière privilégiée des jeunes filles ? (…) Nous demandons à la préfecture de l’Hérault de clarifier ces points, d’autant que cette totale liberté d’agir semble avoir conduit à une grave agression physique dans le quartier des Beaux-Arts dans les heures qui ont suivi », écrit la section syndicale.

    Les parlementaires

    de gauche réagissent

    Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch est aussi directement interrogé, par courrier daté du 24 septembre, par la députée et le sénateur socialistes de l’Hérault, Fanny Dombre-Coste et Hussein Bourgi : « Pourquoi alors qu’ils multipliaient les escarmouches (notamment à la hauteur du Lycée Joffre) et que les agents de la BAC étaient présents, les forces de l’ordre n’ont pas réajusté les moyens pour contrôler ces individus, les arrêter ou les interpeller ? » demandent les deux parlementaires au représentant de l’État. La députée de l’Hérault Nathalie Oziol (LFI) a également saisi le procureur de Montpellier : « A l’heure où nous assistons à une multiplication des crimes racistes, et à la libération des violences de l’extrême droite, de tels événements ne sauraient rester impunis », écrit la députée.

    Au soir du 18 septembre, la préfecture de l’Hérault dressait le bilan de la journée en faisant état « de 22 interpellations dont 21 à Montpellier (ports de masques et fumigènes, ports d’armes prohibées, dégradations et outrages). 18 personnes en garde à vue. » Sans préciser le profil des personnes concernées.

  • Nos corps, nos choix, notre Histoire

    Nos corps, nos choix, notre Histoire

    L’année 2025 marque le cinquantième anniversaire de la Loi Veil. Afin de célébrer la lutte pour le droit à l’avortement, le collectif Une caméra à soi, créé par trois réalisatrices de documentaires indépendants, a lancé le projet « Nos corps, nos choix, notre Histoire ». Ce dernier rassemble un podcast, une exposition dans la ville de Montpellier et une journée d’échange et de restitution le 27 septembre.

    « Nous avions envie de transmettre la mémoire des luttes locales pour le droit à l’avortement, raconte Laure Hennequin, bénévole et co-fondatrice de l’association. Dans un premier temps, on a donc enregistré un podcast avec les élèves de troisième du collège Simone Veil à Montpellier. Nous sommes partis d’une photo d’archive, sur laquelle on voit une manifestation montpelliéraine pour le droit à l’avortement dans les années 1970. Les élèves ont mené l’enquête pour retrouver les femmes de la photo. Elles nous ont ensuite raconté leur histoire. » Le 27 septembre, à la Maison pour Tous Joseph Ricôme, une écoute collective du podcast aura lieu à 14h. Elle sera suivie par la projection de quatre courts-métrages réalisés lors d’ateliers menés par Une caméra à soi sur le thème « Mon corps, mon choix ». Des stands tenus par différents collectifs seront également présents tout au long de la journée, notamment celui du planning familial, partenaire de l’événement.

    La deuxième partie du projet prend la forme d’une exposition de cinq fresques, visibles dans la ville jusqu’au 4 octobre. Ce sont des collages réalisés en collaboration avec le Planning Familial à partir d’archives datant d’avant la loi Veil, au début des années 1970. Laure Hennequin explique : « La première se situe symboliquement aux Arceaux, à l’endroit où les femmes qui partaient avorter à l’étranger prenaient le bus. La dernière est visible au 10, rue Chaptal. À l’époque, c’est ici que se trouvait un local du Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception (MLAC), où se pratiquaient des avortements illégaux. »

    Au lendemain de la restitution du projet, le 28 septembre, les membres d’Une caméra à soi seront présentes aux côtés de plusieurs organisations féministes sur la Place de la Comédie, pour un rassemblement (12h) à l’occasion de la journée mondiale pour l’avortement.

    Le 27 septembre, de 14h à 22h30, à la Maison pour Tous Joseph Ricôme. Instagram : @unecameraasoi

  • Les syndicats ne lâcheront rien !

    Les syndicats ne lâcheront rien !

    Au lendemain de l’annonce d’une nouvelle journée de mobilisation de l’intersyndicale, reçue en vain par Sébastien Lecornu, deux rassemblements étaient organisés ce jeudi 25 septembre dans les Bouches-du-Rhône, devant la préfecture à Marseille et la sous-préfecture à Istres, à l’appel de l’intersyndicale.

    « Sans surprise, le Premier ministre ne bouge pas sur ce qui nous paraît essentiel. Il est là pour dérouler la politique de casse sociale des gouvernements précédents… Ça fait trop longtemps qu’ils gouvernent sans légitimité, en passant en force, il faut que leur pillage des richesses sur le dos des travailleurs, s’arrête », martèle Jessica Jadé, secrétaire de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône. « On s’est réunis pour rebondir dans le département dès le lendemain de l’ultimatum avec ces rassemblements, pour montrer qu’on reste toujours mobilisés pour construire les suites ».

    À Marseille, le 2 octobre, la manifestation départementale s’élancera à 10h30 du Vieux-Port. Lundi une réunion intersyndicale permettra d’en régler les détails, portée par l’élan du 18 septembre qui avait vu près de 120 000 manifestants selon les syndicats, défiler à Marseille, Aix, Salon et Arles. Ils étaient une centaine jeudi à avoir répondu à l’appel de la CGT, FO, la CFDT, FSU, Solidaires, la CFTC, la CFE-CGC, l’UNSA.

    « Il faut monter d’un cran et transformer la colère sociale en mobilisation et en espoir », abonde Franck Balliot, co-secrétaire départemental de la FSU 13. « Cela implique de décrypter et dénoncer les mesures budgétaires proposées, les discours lénifiants sur la dette et son poids réel, mais aussi montrer qu’il est possible d’inventer un état social du XXIe siècle, basé sur des services publics renforcés et au périmètre élargi, et une protection sociale étendue à tous les âges de la vie ».

    Devant la préfecture, René Sale, secrétaire général FO d’Aix-en-Provence, dénonce au micro la « guerre » menée par le gouvernement Macron et son ancien ministre de la défense, qu’il accuse de vouloir « détruire la sécurité sociale, les services publics et nos droits ». Il regrette les mobilisations ponctuelles et appelle à une grève reconductible dès le 2 octobre.

    S’inscrire dans la durée

    Les mots d’ordre sont clairs : abrogation de la réforme des retraites imposée par le 49.3 et refus de tout budget d’austérité. « Aujourd’hui, ce gouvernement peut faire passer en force par des décrets, il a tous les décrets de près dans le tiroir », estime-t-il, dénonçant à son tour une politique « au service des patrons » qui accorde « 211 milliards » aux entreprises tandis que « les 500 familles les plus riches captent 42,5% du PIB ». Pour FO, la riposte passe donc par des assemblées générales, la grève et le blocage du pays. « C’est l’histoire qui nous l’enseigne », assure le syndicaliste.

    Franck Balliot insiste de son côté sur la nécessité de préparer activement la grève du 2 octobre. « On va dans les établissements, même là où il y a peu de syndiqués, pour convaincre les collègues qu’il faut franchir un cap », explique-t-il. Si la mobilisation du 18 septembre était déjà été forte avec jusqu’à 45% de grévistes dans les établissements, l’objectif est désormais d’y rendre la grève majoritaire. La rentrée n’est pas une période facile dans l’éducation nationale « mais le mouvement est fort dès le départ », note-t-il. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de contrer les budgets d’austérité mais aussi de porter un projet offensif : « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

    « Partout dans les boîtes, les entreprises, les administrations, on va chercher les collègues pour construire la grève », enchaîne Jessica Jadé, soulignant l’importance de l’ancrage local et de la reconduction « là où c’est possible ». C’est le cas dans l’énergie, où la grève reconductible a débuté le 2 septembre à l’appel de la FNME-CGT. Plus de 200 piquets ont été recensés dans les industries électriques et gazières sur la base de revendications salariales fortes : hausse de 9%, création d’échelons, baisse de la TVA sur l’énergie…

    Franck Balliot rappelle aussi les difficultés concrètes dans les établissements scolaires comme la baisse des crédits pour l’aide aux devoirs, et la perte de pouvoir d’achat des enseignants. Dans la foulée, il invite à se mobiliser dimanche sur la marche « Climat, justice, libertés » qui convergera avec celle pour Gaza.

    Jessica Jadé insiste, elle, sur l’appel confédéralisé de la CGT du 9 octobre autour des enjeux de santé et de protection sociale. Pour elle, les mobilisations ont déjà permis de faire reculer le gouvernement sur les jours fériés et les franchises médicales mais une autre répartition des richesses, la taxation des dividendes, ou le rétablissement de l’ISF passeront par la construction d’une « mobilisation de masse » qu’il faut « inscrire dans la durée ».

    « Montrer que de l’argent, il y en a, et qu’on peut financer les services publics et la sécurité sociale. »

  • « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    ENTRETIEN

    La Marseillaise : Depuis 2023, c’est la première fois que l’intersyndicale est réunie. Faut-il y voir le signe d’un mouvement social qui va durer ?

    Serge Ragazzacci : En tout cas on le souhaite. Pour cette première journée, on a eu 55 appels à la grève public/privé. Ce qui est sûr, c’est que les annonces de Bayrou le 15 juillet, qui faisaient suite au naufrage du Conclave sur les retraites, ont tout de suite créé les conditions de l’unité syndicale qui manquait depuis deux ans. Ça a été un détonateur. De la même manière qu’il n’avait pas appelé les partis politiques, Bayrou n’a pas consulté les syndicats de salariés. Tout le monde a parlé de la suppression des deux jours fériés mais il y a aussi la énième réforme de l’Assurance chômage, la question du déremboursement des médicaments avec les retraités – les « boomers » – pointés du doigt. Sans oublier la remise en cause de la monétisation de la 5e semaine de congés payés, des 35 heures… Sur ce budget, on est sur tout ce qui peut remettre en cause les conquêtes sociales des 50 dernières années.

    Cela signifie qu’après avoir accusé le coup en 2024, le moral des troupes syndicales est regonflé à bloc ?

    S.R. : Il y a eu un moment de flottement avec le passage de Bayrou. Mais tout le monde a compris que c’était pour maintenir le même cap, notamment la réforme des retraites qui est le catalyseur de toutes les colères depuis 2023. C’est cette réforme qui a conduit à la chute des différents gouvernements et a conduit aux échecs électoraux de la macronie et de ses soutiens. En tête de la plateforme revendicative figure toujours l’abandon de la réforme des retraites à 64 ans.

    La chute de Bayrou change-t-elle la donne ?

    S.R. : Son plan d’austérité n’est pas caduc. Pour l’instant la seule assurance que l’on a, c’est le renoncement à la suppression des deux jours fériés. Tout en réclamant de demander aux syndicats de trouver des rentrées d’argent. Pour le reste, il n’y a pas d’abandon global, c’est pour cela qu’on appelle à la mobilisation. On reste dans la même veine. Ils ont sorti les boucliers et les défenses anti-aériennes pour défendre les intérêts des plus riches via les 211 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni contrepartie. Depuis quelques semaines, c’est haro sur la taxe Zucman [2% d’imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, Ndlr], dont on nous dit qu’elle générerait le départ des plus grandes fortunes qui se sont gavées comme jamais. Ils oublient qu’on est champions d’Europe de réversion des dividendes. La taxe Zucman, ce serait vraiment le minimum. Les pauvres, eux, sont toujours suspects. Comme s’ils allaient s’acheter des voitures de luxe et des Rolex avec leur allocation de rentrée scolaire. Contrôler ces 211 milliards aux entreprises par contre ce serait une atteinte à la liberté. Je constate qu’à ce jour, à part nous, personne au gouvernement ne parle des fermetures de boîtes et des licenciements alors même que 300 000 emplois sont sur la sellette. Bayrou s’en foutait et pour l’instant, Lecornu n’en parle pas.

    Sébastien Lecornu tente d’envoyer des signaux (jours fériés maintenus, fin des « privilèges à vie » des ministres). Cela va-t-il dans le bon sens ou est-ce de la poudre aux yeux ?

    S.R. : J’ai l’impression qu’on est sur de la cosmétique sur le plan économique. On parle d’un côté de ponctionner 40 milliards sur le dos du monde du travail et de l’autre de quelques millions d’euros… Il n’y a pas de commune mesure. Si c’est pour retirer des privilèges à 15 personnes pour justifier d’aller en massacrer des millions d’autres à coups de déremboursements médicaux et de remise en cause de l’emploi, on se rendra vite compte de la limite de l’effet d’annonce. Le sujet principal de notre pays, c’est que les salaires et les pensions n’ont pas été revalorisés, on n’a pas retrouvé le niveau de 2020. Le pouvoir d’achat reste une revendication essentielle. Si on veut remplir les caisses de la Sécu, la question des salaires et de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui rapporteraient 6 milliards d’euros, fait partie de la solution. Des gens peinent à finir le mois. Si on veut relancer l’économie, il faut relancer la consommation, en recul avec l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie avec par exemple la hausse de la TVA sur le gaz. Les gens continuent à perdre du pouvoir d’achat alors que les plus riches continuent de voir leur fortune augmenter. En 30 ans, le PIB de la France a été multiplié par deux mais pas le Smic. Les 500 plus grandes fortunes possédaient 9% de la richesse nationale, elles en contrôlent aujourd’hui 42%. Je pense qu’on peut leur en prendre un peu.

    L’autre enjeu, c’est celui des services publics. La CGT donnera d’ailleurs des suites le 9 octobre avec une mobilisation nationale et dans l’Hérault sur les questions de santé et de Sécurité sociale. Du côté de l’intersyndicale, il y aura bien sûr des suites au 18 septembre…

    Si le mouvement citoyen « Bloquons tout » rebondit, l’intersyndicale envisage-t-elle des actions communes ?

    S.R. : Le 10 septembre, il n’y a pas eu que « Bloquons tout ». Ce mouvement ne souhaitait pas d’élargissement syndical mais à Béziers, Bédarieux ou Lodève, comme il ne se passait rien, la CGT avait déclaré un rassemblement. Ici ou là, on a déjà eu des contacts. On est sur un mouvement hybride. On n’est pas dans la situation des Gilets jaunes.