Tag: Justice

  • À Nîmes, la réforme de la PJJ inquiète

    À Nîmes, la réforme de la PJJ inquiète

    Fin juin, devant le tribunal judiciaire de Nîmes, une quinzaine d’agents de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) avaient sorti les banderoles pour dénoncer des équipes à bout, des postes supprimés et des mesures qui s’empilent. Deux mois plus tard, alors que ces difficultés ne sont pas résorbées, une nouvelle réforme doit entrer en vigueur le 1er septembre. À Nîmes, l’unité éducative d’hébergement collectif (UEHC) et le centre éducatif fermé (CEF) doivent devenir des unités judiciaires à priorité éducative (UJPE), dans le cadre d’une réorganisation nationale de l’hébergement public de la PJJ.

    Sur le papier, le changement vise à regrouper sous une même appellation les anciens CEF et UEHC. Mais dans le Gard-Lozère, la réforme s’accompagne d’une restructuration qui nourrit la colère de la CGT-PJJ. Dans son dossier technique, le syndicat affirme que le nouveau cahier des charges prévoit cinq équivalents temps plein en moins pour le CEF, contre deux postes supplémentaires pour l’ancienne UEHC, un psychologue et un infirmier. Une réforme que la CGT estime d’abord dictée par des contraintes budgétaires, « pour éviter toute création de poste de directeur et maintenir l’opération à coût constant ».

    « Une priorité éducative qui n’en a que le nom »

    Le projet prévoit notamment de rattacher l’ancien CEF à l’UEMO des Arènes, une unité de milieu ouvert, sous une même direction. Une association que la CGT juge incohérente : l’hébergement impose une forte disponibilité le soir et le week-end, quand le milieu ouvert fonctionne surtout en journée. « Ce montage associerait deux logiques organisationnelles et éducatives profondément différentes », détaille le syndicat, qui prévient qu’« une telle organisation placerait inévitablement la direction dans une tension permanente et produirait un projet de service difficilement lisible ».

    La méthode est elle aussi contestée. La CGT rappelle que, dès le 10 mars, la publication de la nouvelle « nomenclature des services » avait déjà acté, selon elle, la future cartographie, avant même la consultation formelle des représentants du personnel. Son contre-projet n’a ensuite pas été retenu, même pas entendu. L’incompréhension est d’autant plus forte que le CEF de Nîmes doit, selon elle, fermer deux ans pour travaux dès le 1er septembre. « Pourquoi une telle précipitation ? », interroge le syndicat.

    Ces inquiétudes ne surgissent pas de nulle part. Le 29 juin, lors de la mobilisation nîmoise, Josselin Valdenaire, secrétaire général de la CGT-PJJ Gard-Lozère, dressait déjà le tableau d’un service sous pression. Selon lui, environ 130 agents suivent plus de 750 jeunes dans le Gard et la Lozère, tandis que 105 mesures judiciaires restaient alors en attente de prise en charge. « Un éducateur accompagne 25 mineurs en continu. Je vous laisse faire le calcul », alertait-il.

    Pour le syndicaliste, le manque de moyens compromet directement la prévention de la récidive. « Dans 85% des cas, un mineur primo-délinquant bien pris en charge ne retourne plus jamais devant la justice », insistait-il. D’où sa défiance envers une réforme qui revendique une « priorité éducative » alors que les équipes réclament d’abord du temps, des bras et de la stabilité. « Une priorité éducative qui n’en a que le nom », résumait-il fin juin.

  • [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    [Entretien] « Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués »

    La Marseillaise : En quoi la facturation électronique irait-elle à l’encontre du droit ?

    David Guyon : Il y a deux idées. D’abord on va avoir un contrôle de type fiscal, automatique en temps réel avec une collecte importante de données à destination de l’administration fiscale. Cela peut porter atteinte à la liberté d’entreprendre et au secret professionnel. Car sur la facturation, vous devez définir la nature de la prestation réalisée, l’identité du client… Le conseil national des Barreaux avait questionné le gouvernement et le compromis mi-figue mi-raisin mis en place n’est pas satisfaisant. Second argument, la protection des données personnelles. On voit bien que les services de l’État sont de véritables passoires, avec des failles systémiques, sans aucun respect du Règlement général sur la protection des données (RGPD), ce qui est contraire au droit européen.

    On part sur quelle procédure
    et sur quelle durée ?

    D.G. : Ce sera une procédure longue car si on voulait faire suspendre en urgence la facturation électronique on devrait démontrer que dans le cas particulier de nos clients, il y a un risque d’atteinte à leurs intérêts. Or ce risque n’est pas 100% sûr, le Conseil d’État ne suspendra pas pour des risques potentiels. La transposition du droit européen nous oblige à la réforme d’ici 2030 mais la France va plus vite (1er septembre 2026 : obligation de réception TPE/PME ainsi que d’émission des factures électroniques pour les grandes entreprises pour les TPE/PME d’ici un an). On ne sait pas comment ça va se passer pour un particulier qui aura besoin d’une facture après avoir fait appel à un restaurateur ou un artisan. Certains auto-entrepreneurs clôturent leur micro-entreprise car cette paperasserie administrative ne leur convient pas.

    Quels types d’entreprises vous contactent ?

    D.G. : On a déjà une dizaine de clients : auto-entrepreneurs, profession libérale médicale et des grosses entreprises de 300 salariés.

    N’est-ce pas un bon moyen de lutte contre les fraudes à la TVA ?

    D.G. : C’est clair que pour l’État la facturation électronique est un super moyen de s’assurer que la TVA due sera collectée. Vous organisez de manière préventive un contrôle fiscal à l’égard de toutes les sociétés qui jusque-là partaient sur du déclaratif. Là, on change de modèle. Les entrepreneurs en ont marre d’être fliqués par l’État. On aimerait un choc de productivité plutôt qu’un choc de contrôle de la productivité.

    N’est-ce pas une évolution technologique inévitable ?

    D.G. : Je combats un choix de société. En tant qu’avocat, je suis pour la liberté et la responsabilité qui va avec. Vous êtes libre d’optimiser votre fiscalité mais si vous ne respectez pas les règles du jeu, vous êtes sanctionnés sévèrement. Je ne suis pas sûr que cette réforme soit un bon signal envoyé à la population qui doit créer de la richesse.

  • Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Sonia Bellina : l’enquête avance, la haine misogyne éclate

    Le 21 août, l’enquête sur la mort de Sonia Bellina a franchi une étape décisive. Un homme de 32 ans, domicilié dans le Gard, a été mis en examen pour « assassinat » et placé en détention provisoire. Le suspect, présumé innocent, a reconnu avoir rencontré la jeune femme la veille et la nuit des faits dans le cadre d’une relation tarifée, mais n’a pas reconnu l’avoir tuée et a exercé son droit au silence. Selon le parquet, plusieurs éléments laissent penser qu’il aurait été son dernier contact.

    Déjà condamné pour violences conjugales en 2023, il portait un bracelet anti-rapprochement destiné à protéger son ex-compagne. Un second homme, placé en garde à vue, a été remis en liberté et mis hors de cause à ce stade. Pour rappel, le corps de Sonia Bellina, 29 ans, avait été découvert le 12 août partiellement carbonisé dans des vignes à Saint-Gilles. Son identité a été confirmée une semaine plus tard par ADN. L’information judiciaire doit désormais préciser le déroulement et le mobile du crime.

    La misogynie

    jusque dans la mort

    Si la justice retient à ce stade la qualification d’« assassinat  », plusieurs associations et responsables politiques parlent déjà de féminicide. Le mobile misogyne n’est pas établi par l’enquête. Mais la misogynie s’est manifestée avec violence après sa mort : commentaires sur son corps, sa vie privée ou encore son activité supposée d’escort-girl, jusqu’à des messages affirmant qu’elle aurait « mérité » son sort. Une mécanique bien connue des associations féministes : disséquer une vie et des choix pour chercher à expliquer, relativiser voire excuser la violence subie.

    Sa famille, par la voix de son avocat Me M. Battikha, a dénoncé une « double peine » et annoncé vouloir poursuivre les auteurs de ces publications. Au-delà de l’enquête, l’affaire Sonia Bellina met une nouvelle fois en lumière la persistance d’une culture de culpabilisation des femmes victimes de violences, jusque dans la mort.

    « Un féminicide supplémentaire »

    La section nîmoise du PCF indique dans un communiqué son « horreur » après l’assassinat de Sonia Bellina et adresse ses condoléances à sa famille. Pour son secrétaire Jacques Chabalier, ce crime constitue « un féminicide supplémentaire » et rappelle l’urgence de faire des violences faites aux femmes une priorité nationale. Le parti dénonce aussi les « logiques masculinistes » et les propos misogynes diffusés depuis la mort de la jeune femme sur les réseaux sociaux, appelant à des plaintes et des condamnations. A.J.

  • Toulon, la résistante, se souvient et poursuit le combat

    Toulon, la résistante, se souvient et poursuit le combat

    Il y a 82 ans, Toulon retrouvait sa liberté après des combats acharnés menés de concert du 20 au 27 août 1944 par les soldats de l’Armée B du général de Lattre de Tassigny
    – dont beaucoup d’Algériens, Marocains, Sénégalais… – et la Résistance qui la première fait le coup de feu au centre-ville et guide l’avancée des troupes. Une insurrection intérieure menée par des hommes et des femmes qui très tôt, comme les créateurs de notre journal, ont choisi de ne pas se coucher et de mener clandestinement la lutte contre le fascisme et l’occupant.

    Une commémoration qui porte ici une valeur hautement pédagogique, le Port du Levant étant toujours le lieu aujourd’hui où on se bat avec force contre l’extrême droite, et cela dans un département presque tout entier acquis au niveau de la représentation nationale au RN. Ici le parti à la flamme a échoué aux législatives, la seule circo du Var à être restée debout, et aux municipales où il se voyait victorieux.

    La maire sans étiquette de Toulon Josée Massi a rappelé vendredi soir place Gabriel Péri que le temps ne doit jamais effacer le souvenir.

    Et de lancer : « Nous nous souvenons des 350 000 soldats, dont 230 000 Français, qui ont débarqué en Provence. De l’armée française du général de Lattre de Tassigny, des divisions blindées, des commandos d’Afrique, des tirailleurs d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne, des goumiers, des tabors, des marsouins […] Nous nous souvenons de la Résistance intérieure, de ces femmes et de ces hommes de l’ombre qui se sont engagés au péril de leur vie et pour refuser le totalitarisme. »

    Un outil pour agir

    La première magistrate a insisté sur le fait que, les derniers témoins disparaissant, et avec eux « la mémoire vive de ce qu’ils ont enduré », il ne suffit pas de commémorer mais de prendre le relais. « Il nous revient, à nous qui restons, de transmettre avec force les dangers, les mécanismes, les renoncements et les lâchetés qui ont laissé prospérer l’inacceptable », martèle-t-elle avec la force de l’engagement. Il s’agit donc aussi tout en rendant justice à ceux qui se sont levés contre la barbarie de « donner aux générations présentes et futures les moyens de reconnaître, à temps, les signes avant-coureurs du pire ». Et faire donc du souvenir « un outil pour agir ».

    Il s’agit donc pour honorer justement nos libérateurs, « de faire notre leur combat » « pour que l’horreur ne revienne pas, pour que le nazisme et toutes les idéologies mortifères, ne puissent plus jamais prospérer. »

    Étant bien entendu que personne ne peut croire lucidement, ajoute-t-elle, que le monde d’aujourd’hui est à l’abri des dérives d’hier. Et de prévenir : « La haine, l’intolérance, les discours de division trouvent encore un terreau fertile, amplifié par les réseaux sociaux où les rumeurs circulent plus vite que les faits. » Un devoir de mémoire qui invite donc à la vigilance et à l’action. Et se définit « par notre capacité à lutter contre les petites et les grandes lâchetés : celles qui banalisent l’injustice, celles qui ferment les yeux, celles qui alimentent les discours de haine ».

    Bref, par l’engagement à protéger les fondements de la République, « car la démocratie n’est jamais acquise : ni dans nos institutions ni dans nos comportements ». Le genre de discours d’un élu de la République responsable dont on peut tous être fiers. Sauf bien sûr ceux qui se seraient sentis visés comme incarnation de la menace, leurs prédécesseurs n’ayant pas choisi, eux, de se situer du bon côté de l’Histoire. L’année dernière, ils s’en étaient plaints en conseil municipal.

    Josée Massi reçoit la médaille de bronze de la Sécurité intérieure

    À l’occasion de la cérémonie de célébration du 82e anniversaire de la libération du Port du Levant, la maire sans étiquette de Toulon Josée a reçu par le préfet du Var Simon Babre la Médaille de bronze de la Sécurité intérieure – avec agrafe « 80e anniversaire du Débarquement » – « récompensant son investissement personnel dans la transmission de la mémoire ». Une distinction honorifique qui vient saluer les services particulièrement honorables rendus à la sécurité du pays.

  • Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Laïcité : face à l’extrême droite, l’État semble avoir capitulé

    Qu’il semble loin le temps où l’État endossait son rôle de défenseur de la laïcité. Avec les arrivées au pouvoir de Robert Ménard à Béziers et de Julien Sanchez à Beaucaire en 2014, la loi de 1905 qui consacre la séparation des Églises et de l’État a vite été piétinée par l’extrême droite. Laquelle se sert de la religion catholique comme un outil idéologique d’exclusion et de repli identitaire.

    Les premières années, même si elles avaient parfois besoin d’être alertées par les associations, les préfectures du Gard et de l’Hérault contre-attaquaient face à l’installation en mairie de crèches de la nativité. Avec succès d’ailleurs, le prosélytisme des maires d’extrême droite ayant été sanctionné à maintes reprises. Et puis, plus rien ou presque.

    Dans l’Hérault, pas un préfet n’a jugé utile d’engager de recours contre la crèche illégale de Robert Ménard depuis le 8 décembre 2017. Même tendance dans le Gard quand bien même 2022 a fait figure d’exception sous la pression associative. Voilà bientôt une décennie que si la Ligue des droits de l’Homme (LDH) ou la Libre Pensée n’agissaient pas régulièrement contre cette violation manifeste d’un principe essentiel de la République française, personne ne trouverait à y redire.

    La préfète dans son droit

    Ce mutisme devenu la norme représente, face à la transgression de la loi de 1905, une forme de renonciation de la part de l’État. On peut même aller plus loin. Et voir dans la présence régulière des préfets à la messe d’ouverture de la Feria de Béziers (en rien une « tradition » puisqu’elle a été inventée par Robert Ménard en 2014 avec la procession de la Vierge), un signe d’approbation.

    Au cours de l’édition 2026 de la Feria, le discours trumpiste de Robert Ménard en a scandalisé plus d’un. Mais il n’a suscité aucune réaction de la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, alors même que l’image des femmes et des valeurs républicaines telles que la fraternité ont été malmenées par l’édile d’extrême droite.

    Rappelant que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » (article 2 de la loi de 1905 sur la laïcité), la Libre Pensée a écrit à la préfète pour lui demander deux précisions. Premièrement : le financement municipal du char de la Vierge, emblème religieux par excellence, ne constitue-t-il pas une violation manifeste de la loi ? Deuxièmement : la présence à une cérémonie religieuse d’élus municipaux ceints de leurs écharpes tricolores ainsi que de Chantal Mauchet elle-même en sa qualité de préfète, n’est-elle pas une autre entorse au principe de laïcité ?

    À la première question, la préfecture de l’Hérault donne sa lecture de la jurisprudence. À savoir que « la seule représentation d’un symbole appartenant à une tradition religieuse ne permet pas, à elle seule, de qualifier la dépense de subvention cultuelle. Une telle appréciation suppose d’examiner la destination de l’œuvre ou de l’équipement, son contexte d’utilisation, sa fonction au sein de la manifestation, ainsi que ses éventuelles dimensions artistique, culturelle, patrimoniale ou festive. » Ce à quoi la Libre Pensée s’étonne. « Il nous semble difficilement contestable qu’une représentation de la Vierge Marie dans le cadre d’une procession un 15 août intitulée “défilé de la Vierge” puisse avoir le moindre caractère culturel indépendant du culte de la Sainte Vierge. »

    Sur le fait que les élus sont soumis à « une forme de réserve lorsqu’ils représentent la collectivité publique » (article L. 1111-13 du Code général des collectivités territoriales, CGCT) ou que l’usage de l’écharpe tricolore se limite aux « cérémonies publiques », (…) « fonctions d’officier d’état civil et d’officier de police judiciaire » (article D. 2122-4 du CGCT), Chantal Mauchet précise. « La présence d’un maire à une cérémonie religieuse ne saurait être regardée comme constituant une méconnaissance du principe de laïcité. Dans le contexte d’une fête locale, cette présence peut relever des fonctions de représentation de l’élu et de sa participation à la vie institutionnelle, culturelle et traditionnelle de la commune. »

    Même raisonnement pour les préfets. « Il convient de distinguer la présence institutionnelle à une cérémonie cultuelle de l’accomplissement personnel d’actes relevant du culte : la présence d’un représentant de l’État à une messe ne permet pas de caractériser une méconnaissance du principe de neutralité ». Interrogée par La Marseillaise, la préfecture ajoute que le préfet « n’a pas une interdiction absolue de participer à des offices religieux dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, dès lors qu’il s’abstient d’y participer activement ».

    La Libre Pensée, elle, déplore « l’absence de mesure qui encadre strictement la participation des préfets » aux cérémonies religieuses. Quoi qu’il en soit, les préfets sont désormais plus enclins à assister à la messe d’une fête populaire qu’à attaquer une crèche religieuse en mairie reconnue maintes fois illégale.

  • Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Olivier Galzi juge efficace l’arrêté polémique… attaqué en justice

    Situation financière locale, où 6 millions d’euros sont à trouver pour équilibrer le budget supplémentaire, rentrée scolaire ou actualité politique nationale , Olivier Galzi a reçu la presse ce vendredi matin pour évoquer plusieurs dossiers. Dont celui qui a égayé le mois d’août à Avignon, la mise en place de l’arrêté réglementant l’occupation de l’espace public. Une décision qualifiée d’anti mendicité ou d’anti pauvres par ses détracteurs, aussi bien l’opposition de gauche que des associations comme la Ligue des droits de l’homme ou la fédération des acteurs de la solidarité (FAS).

    Hasard du calendrier, au moment même où le maire (DVD) défendait son arrêté, un recours était enregistré à 10h au greffe du tribunal administratif de Nîmes. Comme pressenti (notre édition du 19 août), la fédération des acteurs sociaux Paca a saisi la justice avec un double recours : l’un dit référé suspension, une procédure dite d’urgence qui doit être traitée sous un mois, et l’autre sur le fond qui risque d’être vite caduc vu qu’il sera étudié sous plusieurs mois, bien après la fin de l’arrêté qui court jusqu’au 31 octobre. « C’est en soi un motif rapide d’étude, l’urgence se justifie », estime Philippe Ramon, avocat de la FAS Paca. Le second recours, similaire, a été déposé par la Ligue des droits de l’homme, première à s’être indignée notant que « la pauvreté n’est pas un trouble à l’ordre public ».

    Philippe Ramon estime avoir « beaucoup d’arguments » pour faire tomber l’arrêté, comme la FAS l’a fait à Nevers (Nièvre). « L’étendue géographie et temporaire sont importantes », estime l’avocat. Il relève que la notion de « périodes de forte affluence » mentionnée dans l’arrêté est trop vague. Idem, le texte ne met « aucune exception prévue pour les activités d’associations qui aident ces gens-là et ne pourraient plus aller à leur rencontre ». « Cela va être un débat intéressant », prédit Philippe Ramon qui attend aussi de la Ville la production précise des troubles qui ont motivé l’arrêté.

    En attendant, Olivier Galzi défend bec et ongles sa décision. 74 amendes ont été dressées. « On est moins ennuyé quand on remonte la rue de la République, qui ne peut plus être un squat à ciel ouvert », assure le maire sans dire que l’ensemble des marginaux ont disparu. Selon lui, citant une étude du SIAO (service qui gère la précarité), la grande majorité des personnes visées par cet arrêté ne sont pas des grands précaires.

    Pas d’amalgame entre pauvreté et délinquance

    Sur 257 bénéficiaires des aides de grande précarité, 48 vivent à la rue. Donc pour Olivier Galzi, les marginaux visés par l’arrêté ne sont pas les plus vulnérables. « Ils sont dans une forme de précarité, d’addiction, de problème psychiatrique, mais ce ne sont pas les grands précaires, se défend-il face au procès anti pauvres. On a décidé avec le préfet de rétablir un ciblage qui correspond à la population que l’on souhaite aider et mieux orienter les grands précaires. » Cet arrêté « n’attaque pas la pauvreté mais des comportements, quel mépris pour ceux qui sont fragilisés, que de considérer que parce qu’on est dans une situation économique difficile, on va avoir ce genre de comportement », raille Olivier Galzi. À voir sous peu l’appréciation qu’en aura la justice.

  • Sébastien Delogu convoqué devant la justice pour outrage le 13 novembre

    Sébastien Delogu convoqué devant la justice pour outrage le 13 novembre

    Le député (LFI) de la 7e circonscription des Bouches-du-Rhône Sébastien Delogu s’est vu remettre à l’issue de sa garde à vue jeudi soir une convocation par officier de police judiciaire, confirme le parquet de Marseille auprès de La Marseillaise. Celui-ci devra s’expliquer devant le tribunal correctionnel le 13 novembre prochain, après l’altercation qui l’a opposé lundi après-midi à trois policiers qui intervenaient dans l’immeuble où il réside pour interpeller un voleur présumé. «Il est poursuivi du chef d’outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique», précise le parquet.

    Le parquet confirme par ailleurs avoir bien reçu la plainte déposée mercredi soir par l’avocat du parlementaire, Me Yonès Taguelmint, «contre les trois policiers pour outrage et violences par personne dépositaire de l’autorité publique». Dans les enregistrements de vidéosurveillance diffusés en ligne, on entendait l’un des policiers traiter le député de «trou du cul», tandis que les agents en civil assuraient dans leur plainte avoir eux-mêmes été insultés après que le parlementaire leur a demandé de s’identifier.

    Dans une publication sur les réseaux sociaux à l’issue de sa garde à vue, Sébastien Delogu remercier les forces de l’ordre «qui se sont comportées de manière irréprochable» et indiquait qu’il allait s’exprimer «prochainement».

  • Après les plaintes, Delogu en garde à vue

    Après les plaintes, Delogu en garde à vue

    Avant de se rendre au commissariat de l’Évêché (2e arr.), le député LFI de Marseille n’avait pu s’empêcher de publier un autoportrait, en commentant : « C’est l’heure ». Devant l’hôtel de police marseillais, son avocat Me Yones Taguelmint se réjouissait devant la presse d’une convocation rapide, trois jours après l’altercation qui a opposé des policiers en civil en intervention dans son immeuble au parlementaire. « C’est bien que la justice puisse avancer, enquêter à charge et à décharge », glissait brièvement son conseil quand le député entrait sans faire le moindre commentaire. Mais l’audition libre s’est rapidement transformée en garde à vue « dans le cadre de l’enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué le parquet de Marseille à La Marseillaise, confirmant une information de l’AFP. Une flagrance qui permet de passer outre l’immunité parlementaire, et un cap supplémentaire franchi dans cette affaire.

    Plainte déposée contre X

    Trois policiers en civil du Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun avaient déposé plainte pour outrage contre le député après une intervention lundi après-midi dans l’immeuble où il réside, lui reprochant d’avoir fait obstruction lorsqu’ils pénétraient dans le hall du bâtiment pour appréhender le voleur d’une montre de luxe, et de les avoir insultés, notamment en les traitant de « trou du cul ». Des faits contestés par le parlementaire, qui affirme avoir demandé aux forces de l’ordre de s’identifier alors qu’ils s’engouffraient à sa suite dans l’immeuble, et avoir été bousculé et injurié par l’un des policiers. Dans les enregistrements de vidéosurveillance largement diffusés, on entend cette fois l’un des policiers traiter le député de « trou du cul ». Après l’avoir annoncé, l’avocat de Sébastien Delogu confirme ce jeudi avoir porté plainte contre X mercredi soir, pour injure et violence physique par personne dépositaire de l’autorité publique.

    L’altercation est remontée jusqu’à la place Beauvau et le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez lui-même s’est empressé mercredi après-midi d’apporter « évidemment mon soutien aux forces de l’ordre qui doivent pouvoir exercer leur fonction partout et en toutes circonstances, et à tout le moins y être aidées par un élu de la République ».

    Le député a annoncé sa sortie hier soir aux alentours de 22h sur les réseaux sociaux, remerciant les forces de l’ordre «qui se sont comportées de manière irréprochable».

  • Accusé d’outrage, Delogu porte plainte pour violences

    Accusé d’outrage, Delogu porte plainte pour violences

    Le député LFI de Marseille Sébastien Delogu est convoqué ce jeudi matin en audition libre, après l’ouverture d’une enquête en flagrance par le parquet de Marseille. Celle-ci fait suite à un dépôt de plainte de trois policiers pour outrage, après une intervention lundi après-midi dans l’immeuble du 2e arrondissement où réside le parlementaire. Alors que les agents en civil du service interdépartemental de sécurisation des transports en commun intervenaient pour le vol d’une montre de luxe, ils affirment que le député les a empêchés d’entrer dans l’immeuble et leur aurait lancé, selon les informations de La Provence, que « La République c’est moi, trous du cul ». Des propos contestés par l’avocat de Sébastien Delogu, qui indique que le ton a monté lorsque le député a demandé à un agent de s’identifier alors qu’il s’introduisait dans l’immeuble en bloquant la porte. Dans un courrier à la préfète de police déléguée, il affirme que le policier l’a insulté en disant qu’il était « une merde » et qu’il « puai[t] de la gueule », avant de le pousser avec le poing refermé sur la poitrine. Il annonce déposer plainte auprès du procureur de Marseille pour « violences volontaires et faits commis par des personnes se présentant comme fonctionnaires de police ». Il a également demandé la conservation des bandes de vidéosurveillance de l’immeuble, diffusées dans la presse et les réseaux sociaux, pour appuyer ses dires.

    Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé en début d’après-midi ce mercredi qu’il « apporte évidemment [son] soutien aux forces de l’ordre qui doivent pouvoir exercer leur fonction partout et en toutes circonstances, et à tout le moins y être aidées par un élu de la République », rappelant qu’une enquête est ouverte. Le député de son côté dénonce être « harcelé par les chiens de garde de Vincent Bolloré » face à la présence de journalistes devant son domicile.

  • L’indécence des Baumettes en procès

    L’indécence des Baumettes en procès

    Après la prison de Luynes (notre édition du 26 août), le tribunal administratif de Marseille se penche ce vendredi sur les conditions de détention aux Baumettes. Le Syndicat des avocats de France (SAF) et l’Observatoire international des prisons (OIP) ont en effet déposé conjointement un référé liberté, pour « faire cesser les atteintes graves et manifestement illégales portées aux libertés fondamentales des personnes détenues ».

    La procédure intervient après la publication au mois de janvier, d’un rapport du Comité européen pour la prévention de la torture, rattaché au conseil de l’Europe, qui va jusqu’à parler d’une transformation « en un entrepôt humain », mais aussi après les visites successives de l’ordre des avocats du barreau de Marseille, du contrôleur général des lieux de privation de liberté et des députés LFI Sébastien Delogu et Ugo Bernalicis, qui dressent des « constats officiels, récents et concordants », affirme la requête, en particulier lors des dernières vagues de chaleur. « La suroccupation, le couchage sur un matelas posé au sol, l’exposition durable à des températures excédant 32°C, la défaillance de l’aération, la prolifération des nuisibles, l’insalubrité des douches et des cours de promenade et l’absence d’intimité sanitaire portent atteinte à la dignité et à l’interdiction des traitements inhumains ou dégradants », résume le document. Il rappelle aussi les défaillances de l’établissement pénitentiaire mises en lumière par le meurtre d’un détenu, le 9 octobre 2024, dans le quartier des arrivants, en soulignant que la surpopulation augmente les actes de violence. Surtout, une partie des visites ont été réalisées après l’inauguration par Emmanuel Macron en décembre dernier de l’extension des Baumettes 3, qui devait résoudre une partie de ces problèmes. « On peut construire, agrandir, dans tous les cas reste le problème de l’accès aux soins, des moyens que l’on donne pour permettre à chaque détenu d’être dans des conditions dignes », pointe Me Maxime Carrez, qui porte la requête. Et de rappeler qu’ « une bonne partie des personnes sont détenues sans avoir été jugées, pour certaines innocentées et libérées ».