Tag: Justice

  • Un flic ripou qui renseigne des trafiquants condamné et radié à Marseille

    Un flic ripou qui renseigne des trafiquants condamné et radié à Marseille

    Un fonctionnaire de police, délégué syndical Alliance, a été condamné, mardi, à Marseille à trois ans de prison avec sursis pour corruption passive, violation du secret professionnel, détournement de données de fichiers, faux, usage et offre de stupéfiants et détention d’arme. Au vu du « risque élevé de réitération » de ces « faits particulièrement graves », le tribunal a prononcé l’interdiction définitive d’exercer dans la police et d’occuper tout emploi dans la fonction publique pour une durée de 5 ans.

    L’affaire démarre à la suite de deux signalements du chef de l’antenne marseillaise de l’Office anti-stupéfiants visant le brigadier-chef Yannick G., 49 ans. Ce fonctionnaire de police depuis 2001 est aussi délégué syndical Alliance depuis 2023. Interpellé en mars 2024, il apparaissait depuis deux ans dans des écoutes opérées sur deux individus écroués depuis et soupçonnés d’avoir convoyé un débarquement de 124 kg de cocaïne dissimulés dans un navire, à Marseille.

    « Pas de soucis, frérot »

    En cinq mois, le policier a échangé à 120 reprises avec l’un d’eux, un braqueur qu’il connaît depuis sa sortie de prison. La proximité est telle que ce dernier demande au policier de vérifier s’il est inscrit au fichier AGRIPPA des possesseurs d’armes. Le suspect a dirigé une entreprise de nettoyage qui a embauché le fils du policier. Ce dernier l’a déjà aidé après un accident de moto pour récupérer au plus vite ses clés et son téléphone portable restés à la Brigade accident en se présentant comme son cousin. Il appelle le second type pour le rassurer : « Pas de soucis, mon frérot, je vais passer à Noailles pour voir les collègues s’ils ont d’autres détails », tout en lui demandant de le « dépanner de 50 ou 100 balles », car le flic est toujours fauché.

    Dans une interception du 10 janvier 2023, le policier a une bonne nouvelle à partager. Il est désormais délégué syndical Alliance, ce qui lui « ouvre les portes de tous les commissariats de Marseille et de l’Évêché ». Il lui précise qu’un permanent du syndicat est un ancien enquêteur de l’Ofast qui a gardé des contacts dans le service. De quoi épouvanter ceux qui écoutent. « C’était pour briller, me la jouer, m’attirer sa sympathie », nuance le policier, qui dit l’avoir connu dans un bar des Crottes quand il était à l’Unité de prévention urbaine. Il le présente comme un indicateur qu’il a omis d’inscrire au bureau central des sources. « J’ai préféré faire ça à l’ancienne. »

    « Un peu partout

    sur les points de deal »

    Dans d’autres écoutes, il est sollicité par des tiers pour sortir des données des fichiers SIV (plaques d’immatriculation), FPR (personnes recherchées) et TAJ (antécédents judiciaires), en passant parfois par des collègues ou par son ex-compagne, gardienne de la paix, « en contrepartie d’un bout de shit », et ce pour « rendre service » à un type de la Bricarde, recherché pour une « expulsion “physique” contre rémunération » pour un garagiste. Lui dit avoir refusé, mais il consulte. « C’était pour savoir ce qu’il en était de leurs demandes. » Il s’immisce ainsi dans des enquêtes en cours et des litiges privés. Il le fait en échange d’« un quelque chose », d’« un marron » (la couleur du billet de 50 euros). Autant de données à caractère personnel obtenues « sans aucune justification professionnelle et transmises à des tiers hors de tout cadre légal », fustige la 6e chambre.

    Le policier, consommateur habituel de cannabis, s’approvisionne « un peu partout sur les points de deal ». Chez lui, on découvre 10 gr de shit et un calibre trouvé « près d’une poubelle sur le boulevard National ». Dépendant aux psychotropes, il est hospitalisé en psychiatrie.

  • Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Les indemnités du maire d’extrême droite font réagir à Fréjus

    Grisé par sa victoire dès le premier tour, le maire de Fréjus n’a de toute évidence rien perdu de sa morgue et a continué d’adresser des remarques incisives à son opposition. C’est sans trembler qu’il s’est octroyé, lors du dernier conseil municipal qui s’est déroulé jeudi dernier, le maximum des indemnités prévues par la loi – soit 6 330 euros –, mais aussi, tant qu’il y était, la fraction la plus haute de ses frais de représentation, à hauteur de 800 euros mensuels. Il faut ce qu’il faut…

    Son opposition s’en est émue publiquement en fin de séance.

    à droite pour commencer. Mickaël Camilleri (Notre parti, c’est Fréjus) explique que les habitants auraient pu espérer que ce mandat commence différemment au regard du lourd endettement de la ville, rappelant « qu’il y a d’autres communes, dans un état financier pourtant meilleur que le nôtre, qui ont décidé d’envoyer un signal aux électeurs ». Et de poursuivre : « Ils ont décidé de servir la commune et non pas de se servir. » L’élu précisant qu’il « ne validera pas ce hold-up ».

    « Carrément ? Un hold-up autorisé par la loi… On imagine bien que vous auriez été bénévole si vous aviez eu la possibilité d’être maire », lui répondra le premier magistrat. Ce dernier jugeant que ce « bruit » ne traduit que de la « politique politicienne ». Et de conclure : « Votre aigreur de votre large et massive défaite ne me fait ni chaud, ni froid. »

    Double discours ciblé

    Du côté de la gauche, Christine Romano (PCF) fait habilement remarquer le double discours de l’extrême droite, et lance : « Malgré la volonté d’austérité votée par le RN avec les 4,9 milliards en moins pour les collectivités locales et les communes, vous, vous prenez le maximum. »

    L’élue de la liste rassemblant toutes les forces progressistes estime donc que, pour être cohérent avec la ligne politique du Rassemblement national, le maire devrait s’appliquer à lui-même la même discipline. « Je trouve que l’austérité, ça devrait être pour tout le monde », conclut-elle sous les applaudissements du public. Ce qui a beaucoup agacé l’édile.

    Ce dernier réplique, sans répondre sur le fond : « J’ai noté que vous étiez désormais partisane de l’austérité. C’est une découverte. Il y en aura sans doute d’autres, j’en suis sûr même. » Puis, l’élue lui faisant remarquer qu’elle n’était pas LFI – étiquette qu’il lui avait attribuée dans une réplique vide de sens –,le maire lance, visiblement à court d’arguments : « Vous êtes aussi communiste, socialiste, on sait, et verte. Et rouge surtout apparemment. »

    Dans un communiqué, la fédération varoise et la section de Fréjus du PCF déclarent : « Les communistes ne se laisseront pas impressionner par les diatribes de M. Rachline qui, par ailleurs, doit rendre des comptes à la justice. » Et de conclure : « Nous continuons à œuvrer pour l’honnêteté et la transparence dans la vie politique, pour des logements accessibles alors que les loyers explosent, pour un accès à des soins de qualité, pour la démocratie, contre l’hôtel de luxe à la base nature… »

    Une invitation à les rejoindre pour mener à bien tous ces combats.

  • Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Les « bars américains » de l’Opéra, un procès vintage

    Treize femmes et trois hommes, dont dix septuagénaires, comparaissent depuis lundi, à Marseille, pour proxénétisme aggravé et tolérance habituelle de la prostitution dans un lieu ouvert au public. Avec ce procès tardif de tenancières de « bars américains », de barmaids et d’hôtesses aguicheuses, ressurgit l’ancien monde des nuits chaudes du quartier de l’Opéra, remplacé depuis dix ans par des cafés bobo et des commerces attrape-touristes.

    Le Brazilia, le Beverly, le John’s, le Ginger, le Dark Side, le 5e Saens, la Crémaillère, le Sweet Lady, le Tropical ou la Grange ont tous tiré le rideau après le coup de filet opéré en 2015 par la police judiciaire. La nostalgie des « bars à hôtesses » pour clients esseulés alpagués par des entraîneuses pour boire du faux champagne à 350 euros la bouteille, c’est la défense de Florence G., 62 ans, ex-patronne du Ginger et du John’s. « Je trouve qu’aujourd’hui on est beaucoup plus rigoriste, on ne sait plus vivre », a-t-elle confié au juge d’instruction. « C’est vieux tout ça », soupire, agacée, la matrone un peu raide qui lève les yeux aux écoutes et témoignages qui disent qu’au contraire, ses filles faisaient des « gâteries » aux bons clients derrière un rideau ou au fond des toilettes. L’ex-patronne avance surtout la volonté des autorités d’aseptiser et gentrifier le quartier.

    « La foire à la saucisse »

    Prostituée à l’âge de 18 ans, Florence G. a toujours voulu diriger un bar. « C’est festif et marrant », d’autant que « racoler, c’est pas un souci ». « Pour acheter le Ginger 20 millions d’anciens francs, il fallait se prostituer, car les banques ne font pas crédit. » En 2003, elle est condamnée pour proxénétisme : « Déjà, ils voulaient fermer les bars. Il n’y avait rien, mais j’ai fait deux mois de prison, j’ai fermé deux ans, puis j’ai rouvert. Et là, on m’a collé cette affaire alors qu’il n’y a rien. Je suis responsable de mes bars. J’ai mis en place des barmaids de confiance. J’avais engueulé Jackie car elle se faisait masser le bas du dos. » Pour elle, les filles s’accusent par jalousie. « Elles savent que si j’apprends qu’elles franchissent la ligne rouge, je les renvoie. Regardez le dossier, il n’y a rien ! » lance-t-elle à la présidente Clémence Heinemann, qui menace de l’expulser et lit les dépositions d’un habitué de la rue Glandevès : « Oui, il y a eu bisous, caresses, danses et fellations dans tous les bars. » « Si on veut faire du chiffre, comme nous le demandent les patronnes, il faut fermer les yeux », a admis aussi une barmaid.

    Martine, 48 ans, ex-entraîneuse transgenre en dépression, met l’ambiance à la barre. « La prostitution, c’est pas le but des bars américains. Moi, j’ai adoré y travailler. J’avais acheté un boa en plumes aux puces. C’était la comédie, tout le monde rigolait alors que la prostitution de rue, à 30 euros la fellation sur le Prado, c’est la misère. Là, j’étais rémunérée 50 euros par jour et un pourcentage sur les consommations. »

    La magistrate cite un barmaid qui raconte que c’était « la foire à la saucisse » dans le grand salon où, tous les soirs, telle hôtesse avait « une bite à la main ». Max, 79 ans, le barmaid poursuivi mais absent, relate que « pour un verre à 20 euros, elle va derrière ». « Moi j’ai eu plein d’amants, j’adorais la bite, réfute Martine, vraiment sans filtres. J’étais nympho, dévorée par les hormones pour ma transition. Mais, j’ai jamais sucé un client. On avait des beaux mecs dans le bar, on rigolait de pleins de conneries. Le client, il se prend pour un jeune premier, c’est un sketch. On offrait ce qu’un psychiatre ou une prostituée ne peut pas offrir. La personne devient quelqu’un, on lui redonne ses 20 ans. Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix pour quelqu’un qui doit rentrer chez lui avec ses crédits, ses ados qui font la gueule… Si le client paie 350 euros pour une pipe et qu’il revient, c’est qu’il a besoin d’un psychiatre. »

    L’association Équipes d’action contre le proxénétisme s’est constituée partie civile.

    « Le client croit qu’il plaît. Cela n’a pas de prix »

  • Attaquée par l’extrême droite, « La Marseillaise » en procès le 7 avril

    Attaquée par l’extrême droite, « La Marseillaise » en procès le 7 avril

    Le 7 avril à 14h, La Marseillaise est convoquée devant le tribunal correctionnel de Marseille (6, rue Émile-Pollak, 1er) à la suite de la plainte du député d’extrême droite du Gard Alexandre Allegret-Pilot.

    En cause : deux articles, l’un sur ses tweets tellement outranciers que son compte avait été désactivé par la plateforme X et l’autre sur la validation lorsqu’il était haut fonctionnaire à Bercy d’une aide publique à une entreprise privée pas encore créée.

    Une information révélée par le journal Le Monde qui témoigne par écrit que l’article de La Marseillaise est en tous points conforme à son enquête et que, pour sa part, il n’a pas été attaqué en justice par le député.

    En conséquence, La Marseillaise maintient ses écrits, dénonce une procédure bâillon et appelle la solidarité financière pour assurer sa défense ainsi qu’à la mobilisation devant le tribunal de toutes celles et de tous ceux qui sont attachés à la liberté de la presse comme pilier essentiel de notre démocratie.

    Chèques à l’ordre de Presse
    & pluralisme – La Marseillaise
    à adresser à La Marseillaise 15, cours d’Estienne d’Orves
    13001 Marseille.

  • Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    Le bourreau de Laëtitia jugé pour viols et torture en mai à Digne-les-Bains

    C’est une affaire sordide, que les médias comparent à celle de Mazan, qui sera jugée par la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence du 18 au 22 mai 2026. Il est reproché à Guillaume B., responsable d’agence bancaire à Manosque, d’avoir violé, torturé et livré à des dizaines d’inconnus sa compagne Laëtitia pendant des années à Manosque, La Seyne-sur-Mer et Grasse. Il est également poursuivi pour détention d’armes sans autorisation. La mère de famille de 42 ans avait décrit le calvaire qu’elle a vécu à France Info : « C’étaient des coups de poing, des entailles dans le dos au cutter ou avec un couteau. Il me frappait aussi avec une planche à découper. J’étais souvent à sang. Il me brûlait aussi avec sa cigarette. »

    En plus de la violence physique, Laëtitia décrivait une emprise psychologique à nos confrères.

    Violence et emprise

    « Il me menaçait de me faire perdre la garde de mes enfants, d’envoyer à mes parents des images intimes et dégradantes de moi. Il décidait de mon heure de lever, de mon heure de coucher. Il décidait de mes vêtements, de ma coiffure, de mon maquillage. Il choisissait les appels et les mails auxquels je pouvais répondre. C’est lui qui décidait si je pouvais aller ou non chercher mes enfants à l’école. Même pour acheter une baguette de pain ou aller aux toilettes, je devais demander son autorisation. » Laëtitia dit aujourd’hui être « incontinente » et « handicapée » à cause des sévices subis. C’est une de ses amies qui avait alerté les forces de l’ordre en 2022. Guillaume B. avait alors été placé en garde à vue, puis en détention provisoire après l’ouverture d’une enquête.

  • Toutes et tous aux abris

    Toutes et tous aux abris

    À la suite des effondrements de la rue d’Aubagne en 2018, le thème central de la campagne de 2020 portait sur la résorption de l’habitat indigne. Le SAF déplore que l’actuelle campagne porte principalement sur la surenchère sécuritaire au détriment de ce sujet central.

    En 2022, on recensait plus de 16 000 sans-abri à Marseille.

    D’autres communes, comme Bordeaux ou Grenoble, endiguent la carence de l’État en s’y substituant par la création de places d’hébergement d’urgence et en engageant sa responsabilité financière auprès du Tribunal administratif. La Mairie peut mobiliser son patrimoine foncier et encourager le Préfet à réquisitionner les biens de tourisme non déclarés et les 57 000 logements vides au profit de l’hébergement des plus précaires. La Mairie doit également se substituer à l’État en matière de contrôle des hôtels conventionnés, et donc subventionnés, afin de garantir la décence et la salubrité des hébergements au sein de ces établissements.

    85 % des Marseillais sont éligibles à un logement social.

    À Marseille on dénombre 50 000 demandeurs en attente, pour un délai d’attribution supérieur à 5 ans. Toutefois, l’opacité dans l’attribution des logements sociaux, y compris ceux relevant du contingent municipal, reste de mise. Malgré une augmentation de ses effectifs, le service communal d’hygiène et de salubrité apparaît toujours sous-dimensionné par rapport à la réalité du mal-logement, ce qui implique des délais excessifs de traitement des signalements, des classements de dossiers sur la base des dires des bailleurs sans procédure contradictoire et sans notification du motif du classement, ainsi que l’absence de contrôle municipal en dehors des signalements effectués par les locataires. Pour rendre le contrôle de la décence des logements loués effectif, ce service doit être redoté. Les locataires doivent être adressés vers des associations partenaires et informer sur le droit d’être assisté d’un avocat et sur le mécanisme de l’aide juridictionnelle, afin d’obtenir la réalisation des travaux et demander une diminution ou une conservation du loyer.

    La ville de Marseille s’est constituée partie civile dans 14 affaires correctionnelles en 2024/2025 et a communiqué sur la condamnation de 29 marchands de sommeil depuis 2020. La majeure partie des poursuites pénales proviennent de plaintes de victimes ou d’associations. Pourtant, les agents communaux sont les premiers à découvrir les situations d’indignité des logements et la soumission de personnes vulnérables. L’article 40 du code de procédure pénale qui prévoit que « tout fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur », doit davantage être mise en œuvre.

    Par le SAF

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  • Le « manque de concertation » sur les JO devant la justice

    Le « manque de concertation » sur les JO devant la justice

    La décision est attendue dans les prochains jours. Le Conseil d’État a examiné mercredi après-midi le pourvoi en cassation de la Solideo concernant la demande du tribunal administratif de Marseille, saisi par les opposants aux Jeux des Alpes françaises 2030, de mieux informer le public sur la réalisation des ouvrages et infrastructures des Jeux d’hiver. Dans son ordonnance du 27 mai 2025, le juge des référés avait enjoint à l’établissement public « d’assurer la publicité prévue par le paragraphe II de l’article R. 121-2 du Code de l’environnement, en mentionnant les objectifs et caractéristiques essentielles des ouvrages et en indiquant sa décision de saisir ou de ne pas saisir la Commission nationale du débat public, relativement à la décision de réaliser ces ouvrages ».

    La société Solideo a contesté cette décision devant le Conseil d’État et décidé de « se pourvoir en cassation ». L’établissement public s’est dit « pleinement engagé dans une démarche de concertation sur l’ensemble des ouvrages olympiques, à l’instar des réunions publiques qui se sont déjà tenues en 2025 à La Plagne, Saint-Jean-de-Sixt et Nice ». Un processus qui devrait s’intensifier « ces prochains mois, en lien avec le Cojop et les territoires hôtes, afin que l’information et la participation du public soient mises en œuvre », précise le communiqué.

    À l’Assemblée nationale

    Parmi les requérants, aux côtés de l’association Mountain Wilderness, le Collectif JOP 2026 a rappelé : « Ce projet a un impact financier et environnemental démesuré puisque le coût s’élèvera à plus de 4 Md dont 2,5 Md de financements publics et 804 000 tonnes de CO² émises, il ne peut pas être envisagé qu’un débat public ne puisse pas être organisé au plus vite. » C’est aussi son caractère « écocide, coûteux et fondamentalement antidémocratique » que les députés LFI Jean-François Coulomme et Elisa Martin ont pointé lors de l’examen du projet de loi sur l’organisation des Jeux. Saluant « la justice administrative vient porter un coup sérieux à l’argumentaire des porteurs de ce projet ».

  • Banderole raciste : 3 mois avec sursis pour les cinq identitaires

    Banderole raciste : 3 mois avec sursis pour les cinq identitaires

    La cour d’appel a confirmé le jugement du tribunal correctionnel de Marseille et condamné pour provocation publique à la haine, à la violence et à la discrimination contre les personnes d’origine africaine cinq militants d’extrême droite du groupuscule « Défends Marseille », affilié au sénateur Stéphane Ravier. La cour confirme la peine de première instance pour 4 membres du groupe à 3 mois sursis et allège celle de Aurélien Macé, leur meneur, de 6 à 3 mois avec sursis.

    Le 24 juin 2023, en plein concert de soutien à SOS Méditerranée – l’ONG qui depuis 2016 a secouru 42 700 migrants – ce quintuple haineux juché sur le toit d’un immeuble de la Tourette dont ils avaient forcé la porte, avait déroulé une immense banderole où l’on pouvait lire « Qu’ils retournent en Afrique, #defendsMarseille » et scandé des textes haineux.

    « Loin de défendre Marseille, ce mouvement salit l’image de notre ville avec sa banderole », réagit Me Alain Lhote pour la Maison des Potes.

    « Les juges n’ont pas été dupes de leur argumentation affirmant qu’ils étaient animés de convictions «”charitables” voire “chrétiennes” pour l’un d’entre eux », déclare Me Serge Tavitian pour la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), qui avait rappelé au procès que « le texte scandé lors du déploiement de la banderole et diffusé sur les réseaux sociaux, appelant à se révolter contre le virus, l’hémorragie, que représenterait l’immigration, reprenait le vocabulaire employé jadis contre les Juifs ou les Arméniens rescapés du génocide. »

  • Saint-Mauront fermé, Orange mise sur quatre sites

    Saint-Mauront fermé, Orange mise sur quatre sites

    Éparpillés façon puzzle… Alors que les syndicats n’ont eu de cesse de dénoncer les fermetures successives des sites d’Orange au profit du campus Massalia, à Saint-Mauront (3e), la direction de l’entreprise prévoit de reloger ses occupants au sein de quatre sites. C’est ce qu’indique un document présenté en CSE, ce mercredi, que nous avons pu consulter.

    Évoquant « l’accumulation des aléas bâtiment sur Massalia fin 2025 » et « à la suite des événements externes de quartier ayant accru l’insécurité », la direction, après une étude sur le lieu d’habitation de ses salariés, a établi que « la meilleure zone de recherche optimisant les temps de trajet domicile-travail se situait sur le nord-ouest de la ville ».

    L’entreprise veut aller vite. La situation du marché immobilier marseillais montrant « qu’il n’y a pas de disponibilité d’un site unique et aménageable entre le deuxième semestre 2026 et le premier de 2027 », et qu’il faut aussi 400 places de parking, le choix se porte sur Euromed I. Plus précisément du 20 au 23e étage de la Tour La Marseillaise, secteur que l’entreprise occupait auparavant, aux Docks, au 5e étage d’un immeuble de la Joliette et dans un bâtiment design, Eko, boulevard de Paris.

    Quel avenir pour le site ?

    De quoi accueillir les 1 092 salariés concernés, les 49 techniciens de Massalia rejoignant les sites de Saint-Marcel, Saint-Antoine et Vitrolles. Le tout pour la modique somme de 5,4 millions d’euros, sans compter les travaux qui se poursuivent à Saint-Mauront, évalués à 7,2 millions d’euros.

    Si la CFE-CGC, jusque-là impatiente de déménager, n’a pas souhaité commenter, la CGT réaffirme sa volonté de ne pas voir Saint-Mauront disparaître. « Un site historique de 1974. Cela fait 30 ans que j’y travaille, il n’y a pas plus d’insécurité qu’ailleurs », estime Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, assurant que « 70% des salariés sont d’accord avec nous. Et c’est crucial pour le quartier nous disent commerçants et habitants ». Des arguments que le syndicat avait développés, le 2 mars, devant les grilles. Ce que le syndicaliste ne comprend pas non plus, ce sont les 35 millions d’euros investis dans un campus jamais inauguré. Il n’a pas obtenu de réponse non plus sur l’avenir de Saint-Mauront, quand d’aucuns pensent que ses 35 000 m2 pourraient abriter un data center à moindres frais. La CGT se mobilise de nouveau, ce samedi 4 avril, à 10h.

  • Des lycéens à la découverte de la police et de la justice

    Des lycéens à la découverte de la police et de la justice

    Magistrats, avocats, scènes de crime, armes… Des lycéens de filière professionnelle de Martin Bret à Manosque ont pu découvrir lundi les coulisses et les rouages de la justice et de la police nationale. Le matin, ils se sont rendus au tribunal d’instance, où ils ont reconstitué un procès. L’après-midi, ils sont allés au commissariat, où les policiers leur ont montré une fausse scène de crime, les cellules de garde à vue ou encore leurs armes.

    Casser la barrière

    entre jeunes et policiers

    L’objectif de cette journée en immersion était de susciter des vocations et de « casser la barrière qu’il peut y avoir entre les jeunes et les policiers », explique Caroline Paolasso, vice-présidente à la politique de la ville de l’agglomération Durance Luberon Verdon, qui organisait l’événement avec le CDAD 04 (conseil départemental d’accès aux droits).

    « Il faut passer l’examen du barreau, c’est très difficile, il faut s’accrocher », raconte aux jeunes Me Julie Okon, avocate à Manosque. Mais, « il ne faut pas se laisser effrayer par le travail. Quand on a envie, on y arrive », les rassure Me Emmanuelle Orta.

    « Pourquoi on a pas le droit d’aller en boîte de nuit quand on est avocat ? », demande un lycéen, étonné de la remarque de la bâtonnière qui leur a expliqué que, lorsqu’on était avocat, on ne pouvait pas « danser sur les tables en boîte de nuit ». « Notre attitude doit être irréprochable, nous représentons la justice partout, en toutes circonstances », lui répond Me Orta.

    « Est-ce que vous avez le droit de porter des armes à feu ? », « vos vitres, elles sont blindées ? », « est-ce que vos gilets arrêtent les balles de fusil à pompe ? », ont ensuite demandé les lycéens aux policiers manosquins.