Tag: incendie

  • L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    Les juges ont relaxé George Dahan dans le volet sur la sécurité du marché. Le patron du Marché du soleil était jugé pour des manquements à la réglementation ERP d’octobre 2023 à février 2026, date de la fermeture effective pour 6 mois prise par arrêté préfectoral.

    Le tribunal a jugé que l’arrêté municipal de fermeture du 24 janvier 2023 était illégal, faute d’avoir été précédé d’une mise en demeure. Me Stéphane Ceccaldi a fait mouche en arguant que « ce vice substantiel fait disparaître l’infraction ». Un arrêté de fermeture ne peut être pris qu’« après mise en demeure restée sans effet de l’exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti ».

    L’arrêté de janvier 2023 évoquait certes un courrier de mise en demeure du 2 juillet 2019, mais qui se rapportait au premier arrêté inappliqué du 10 juin 2008 pris à la suite d’un incendie… « Il existe en réalité une seule mise en demeure au dossier, datée du 6 octobre 2023, donc postérieurement à l’arrêté. » Un camouflet qui interroge sur la tolérance de la commission communale de sécurité avec 25 procès-verbaux d’avis et de préconisations signés depuis 2010. « Comment la Ville pourrait-elle invoquer une urgence quand l’arrêté de fermeture initial avec prescriptions de travaux est du 20 juin 2008 ! », plaidait Me Ceccaldi. S’agissant du 3e et dernier arrêté municipal de fermeture du 28 novembre 2023, ses deux mises en demeure sont encore postérieures.

    Sur le délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité, le tribunal estime que, certes un certain nombre de désordres ont été relevés, mais qu’il n’est pas démontré un « risque de mort et de blessures immédiat et direct ». Si la Ville a attendu le 17 février 2026 pour dégainer un arrêté de mise en sécurité d’urgence, il ne concerne qu’une partie d’un bâtiment en fond de cour.

  • [Tour de France] Tadej Pogacar joue au Père Noël sur la Montjüich

    [Tour de France] Tadej Pogacar joue au Père Noël sur la Montjüich

    Le bonheur, c’est simple comme une victoire d’étape dans le Tour.

    Mais dimanche, au sommet de la colline de Montjüich, le plus heureux des deux hommes qui ont franchi la ligne d’arrivée presque main dans la main, c’était Tadej Pogacar. Le Slovène, candidat à un cinquième sacre, s’est effacé pour offrir à son porteur d’eau Isaac del Toro un succès pour sa première participation à la Grande Boucle.

    Tadej Pogacar, qui est resté sage dans le final, alors qu’on attendait une attaque de sa part lors des trois tours de circuit dans Barcelone, a explosé de joie au moment de passer l’arrivée pour taper sur les épaules de son jeune disciple, alors que Isaac del Toro pointait ses doigts vers son leader pour le remercier.

    Le Mexicain s’est ensuite écroulé au sol de fatigue, avant que les deux hommes ne célèbrent bruyamment leur œuvre collective, amorcée à l’entrée du circuit par leur coéquipier Brandon McNulty qui a considérablement réduit le peloton.

    C’est la première victoire dans le Tour pour Isaac del Toro. Récent vainqueur du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième du Giro en 2025, il pourrait prétendre à un rôle de leader dans n’importe quelle équipe et constitue un plan B solide dans ce Tour si jamais il arrive un problème à Tadej Pogacar.

    Tout s’est joué dans la toute dernière rampe de 800 mètres à 7% menant à l’arrivée devant le stade olympique, où les principaux leaders se sont expliqués dans un vacarme étourdissant, alors que des puncheurs comme Mathieu van der Poel avaient déjà été éliminés.

    « Ce n’était pas le plan. Tadej ne veut pas me mettre de pression, il m’a dit de profiter sur ce Tour et de performer à mon niveau… Cette victoire va me rester en mémoire pour le reste de ma vie » a confié, sur la ligne d’arrivée, le Mexicain au journal l’Équipe.

    Vingegaard en jaune

    Remco Evenepoel, troisième, et Jonas Vingegaard, porteur du maillot jaune après la victoire de son équipe, la veille, sur le contre-la-montre par équipe, quatrième, ont terminé dans le même temps, trois secondes devant le Danois Mattias Skjelmose. Le Français Paul Seixas a terminé neuvième, à trois secondes également.

    Deux autres Français ont fini dans le Top 10 de l’étape, Romain Grégoire (7e) et Lenny Martinez (8e), mais Kévin Vauquelin a lui été distancé rapidement.

    Au classement général, Jonas Vingegaard conserve six secondes d’avance sur Tadej Pogacar et quinze sur Remco Evenepoel.

    Isaac del Toro est quatrième, à seize secondes, alors que Paul Seixas, qui a dû gérer une crevaison et un changement de vélo dans les quarante derniers kilomètres, est sixième à 42 secondes du maillot jaune.

    Le perdant du jour est Mathieu van der Poel. Le Néerlandais n’a pas pu suivre le rythme dans la dernière montée et compte déjà près d’une minute trente de retard.

    Les incendies perturbent le retour en France ce lundi

    Après deux étapes 100% espagnoles, la Grande Boucle va enfin entrer en France.

    Les coureurs prendront le départ de Granollers, dans la banlieue de Barcelone, pour prendre la direction des Pyrénées-Orientales, pour une première approche avec la montagne.

    Cette étape, dont l’arrivée est prévue vers 17 heures aux Angles, est bouleversée par les incendies qui ravagent le département des Pyrénées-Orientales (lire en page 17). La préfecture, qui a un temps envisager l’annulation, interdit finalement la présence du public sur les 44 derniers kilomètres, les plus exposés aux flammes. Une mesure comprise par les organisateurs du Tour.

  • Plus de 10 000 évacués dans les Pyrénées-Orientales face à l’avancée de l’incendie

    Plus de 10 000 évacués dans les Pyrénées-Orientales face à l’avancée de l’incendie

    Les résidents du massif des Aspres, très difficile d’accès et auquel le brasier s’est désormais étendu, et ceux de la ville voisine d’Ille-sur-Têt, sur laquelle s’élèvent des panaches de fumée et que survolent avions et hélicoptères bombardiers d’eau, devaient évacuer, soit un total d’environ 10 500 personnes.

    Ce « feu gigantesque », attisé par le vent, les fortes chaleurs, mais surtout une sécheresse de l’air « exceptionnellement élevée », a également sérieusement blessé un habitant et un sapeur-pompier, a indiqué le préfet, Pierre Regnault de la Mothe.

    Le camion d’un équipage venu en renfort depuis Couiza, dans le département voisin de l’Aude, s’est trouvé « pris par les flammes », a indiqué le Sdis 11, les pompiers du département. Ils ont pu quitter le véhicule, mais l’un d’eux a été « légèrement blessé aux membres supérieurs ». Un autre soldat du feu a été touché dans le Gard, a annoncé dimanche soir le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

    « Nous avions fixé un objectif, que le feu ne devait pas franchir au sud la route départementale 66, nous voulions éviter qu’il se propage dans le massif des Aspres, et ce que nous redoutions a fini par se produire », a déploré le préfet lors d’une conférence de presse, en fin de journée. Ce massif de moyenne montagne, à l’ouest de Perpignan, est « très aride et très difficile d’accès pour les moyens terrestres des sapeurs-pompiers », a-t-il ajouté.

    « Lutte acharnée »

    Hélicoptères, avions dash et canadairs se succèdent au-dessus des flammes qui dévorent la végétation entre Trévillach et Ille-sur-Têt, à quelque 35 km à l’ouest de Perpignan. Quelque 700 sapeurs-pompiers, appuyés par 200 véhicules et neuf moyens aériens, « mènent une lutte acharnée » contre ce feu qui s’est déclaré samedi soir sur la commune de Trévillach, a souligné le préfet. Il a appelé les entreprises ayant des sapeurs-pompiers volontaires parmi leurs salariés à « faire le nécessaire » pour leur permettre de se libérer et venir aider. Pierre Regnault de la Mothe a comparé ce feu à celui de 1976, année d’une grande canicule, qui avait ravagé quelque 7 000 hectares.

    Face à cette « situation très difficile », il a annoncé que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aura bien lieu lundi, mais devra se dérouler « sans public » dans sa partie française, notamment à l’arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

    Sur place, les habitants évacués sont sous le choc. À l’Ille-sur-Têt, ils ont été invités à se rendre dans une salle municipale, d’où ils seront évacués vers un gymnase de la commune de Perpignan. « Le feu est passé à 300 m des maisons. On a été surpris par la vitesse de propagation, c’était impressionnant, limite la panique », confie Patrice, 53 ans, habitant de Trévillach qui n’a pas souhaité donner son patronyme.

    Ce brusque départ de feu est intervenu alors que le département, comme 15 autres dans l’Hexagone, sera lundi en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu’à 40°C et ce, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

    Ailleurs en France, les pompiers luttent depuis la mi-journée de dimanche, dans le Gard, contre un feu de forêt qui s’est déclenché près d’un circuit de karting à Lédenon. L’incendie a déjà parcouru 540 hectares et l’autoroute A9 a été coupée dans les deux sens dans les directions de Lyon et de Barcelone.

  • [Maj] Les deux bateaux en feu sur le Vieux-Port de Marseille ont coulé

    [Maj] Les deux bateaux en feu sur le Vieux-Port de Marseille ont coulé

    Une grosse fumée noire qui obscurcit le ciel du Vieux-Port. Un incendie s’est déclaré à bord d’un bateau ce dimanche 5 juillet. L’alerte a été donnée à 10h30 nous indique le bataillon des marins pompiers. Une vedette d’une dizaine de mètre est actuellement en feu. De nombreux moyens sont déployés.

    Les passagers du navire ont été évacués.
    Les bars et restaurants sont aussi évacués et fermés à cause de l’épaisse fumée noire.

    Le bataillon précise qu’il s’agit de 2 bateaux à quai. Un de 20m en parallèle de la scène, qui a coulé, un autre de 12m à gauche de la scène. On dénombre dix victimes, 6 blessés légers provenant des bateaux, et quatre qui ont inhalé les fumées dont une personne de la sécurité du port, et des policiers.

    Pas moins de 150 marins pompiers ont été mobilisés équipés de 37 engins. Le secteur est à éviter. Le deuxième bateau de 12m vient aussi de couler aussi.

  • Un feu de forêt parcourt des dizaines d’hectares à Fréjus

    Un feu de forêt parcourt des dizaines d’hectares à Fréjus

    À 18h30, 30 hectares avaient déjà brûlé. Un important dispositif a été mis en place par le Sdis 83. Des évacuations ont été conduites dans plusieurs campings. Des personnes ont été confinées dans les écoles Caïs et Paul-Roux. 186 sapeurs-pompiers, 73 véhicules, 3 Canadair et 3 hélicoptères bombardiers d’eau ont été mobilisés.

    Le feu a été fixé, ont indiqué les pompiers à 19h30.

  • Saison des feux : la colonne des Alpes du Sud prête à intervenir

    Saison des feux : la colonne des Alpes du Sud prête à intervenir

    Ce mardi matin, le long de la côte Reynard, sur la commune de La Rochette, on pouvait observer une impressionnante colonne de camions de pompiers et de véhicules de l’Office national des forêts (ONF). Réunis à l’initiative de Philippe Bailbé, préfet des Hautes-Alpes, et de Marcel Cannat, président du conseil d’administration du Sdis (Service départemental d’incendie et de secours), agents de l’ONF et sapeurs-pompiers ont présenté le dispositif de lutte et de prévention contre les feux de forêt pour la saison estivale à venir.

    Alors que les périodes de sécheresse et de fortes chaleurs se multiplient chaque été, les incendies gagnent en fréquence et en intensité. Un problème majeur appelé à s’aggraver dans les départements méridionaux disposant de vastes et précieux espaces boisés, comme les Hautes-Alpes.

    Premier maillon du dispositif d’intervention, les agents de l’ONF. Mobilisés par paire, ils se répartissent entre les unités en voiture, chargées de prévenir les comportements à risque et de verbaliser si besoin, et les unités embarquées dans des pick-up munis d’une réserve d’eau et d’une pompe, capables d’intervenir sur un départ de feu. Lorsqu’un incendie se déclare dans un secteur, l’ONF peut également fournir aux pompiers des informations cartographiques sur la zone concernée, les accès, le type de végétation et les exploitations présentes.

    Vient ensuite la colonne feux de forêt des sapeurs-pompiers, composée de trois groupes d’intervention de 18 personnes chacun. Ces groupes sont eux-mêmes constitués d’un véhicule de commandement (un 4×4) et de quatre camions de lutte contre les feux de forêt.

    Troisième maillon essentiel du dispositif, les prévisionnistes de Météo-France, aux niveaux national et local, produisent quotidiennement des évaluations météorologiques des risques d’incendie.

    À ces dispositifs s’ajoute le travail permanent de vigilance des agents des parcs nationaux, de la gendarmerie et de la police. La stratégie française de lutte contre les incendies repose sur le principe de l’attaque massive du feu naissant, sans hésiter à mobiliser d’emblée deux à quatre camions, puis à renforcer rapidement les moyens engagés si nécessaire. Une stratégie qui permet à 80% des feux de rester inférieurs à 5 hectares.

    Cependant, comme l’a rappelé le préfet Philippe Bailbé, « le feu de forêt le plus facile à éteindre est celui qui ne se déclenche pas, et après, celui qui ne s’étend pas ».

    Or, pour cela, les actions en amont sont primordiales. La prévention du public constitue un premier enjeu. « Nous avons une responsabilité collective à sensibiliser aux bons comportements, au fait qu’on ne jette pas un mégot par dessus la fenêtre de la voiture, a rappelé Philippe Bailbé. En période de fortes chaleurs, ce n’est pas possible. Dans une végétation très sèche, le mégot va produire immédiatement un embrasement. »

    Le préfet a aussi cité plusieurs comportements à risque en cette période, comme allumer des barbecues en dehors des zones autorisées, ou travailler avec des outils comme des meuleuses, qui produisent des étincelles, à proximité d’une végétation sèche : « Des gestes qui peuvent produire une catastrophe. »

    Le débroussaillage, précaution essentielle

    En matière de prévention, le personnel de l’ONF a également rappelé l’obligation légale de débroussaillage dans les zones exposées au risque d’incendie. Cette mesure impose aux propriétaires de débroussailler dans un rayon de 50 mètres autour des habitations, constructions et autres installations de toute nature. Si elle n’est pas toujours simple à réaliser, entre les obligations de préserver les espaces naturels et le partage des parcelles de terre parfois entre plus d’une dizaine de propriétaires, cette mesure est considérée par l’ONF comme la plus efficace pour limiter les dégâts causés aux habitations et protéger leurs occupants en cas de feu de forêt.

  • Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    C’est une rengaine dont on se passerait volontiers. Chaque été, le Var figure parmi les territoires français les plus exposés au risque d’incendie. Entre les fortes chaleurs, une population estivale multipliée par deux, le vent et ses 388 000 hectares de forêts, le département présente tous les ingrédients propices aux départs de feu. Avec 67 % de sa superficie boisée, il est d’ailleurs le troisième département le plus forestier de France en proportion.

    Un cocktail encore plus explosif cet été que les autres, avec un mercure qui a atteint des niveaux jamais enregistrés dans le pays, entraînant « trois semaines d’avance en termes de sécheresse », alerte Eric Grohin, directeur du Sdis du Var. « Des conditions de feu » rendues d’autant plus préoccupantes par « le vent important » attendu dans les prochains jours, et « une saison qui rappelle beaucoup l’année 2003 », s’inquiète-t-il.

    C’est dans ce contexte que la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu visite au 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (Riisc) de Brignoles, qui appuie les services de sécurité civile dans la lutte contre les catastrophes naturelles, jeudi dernier. Et annoncé le déclenchement avancé de l’opération Héphaïstos, mission estivale de vigilance contre les incendies.

    « Le meilleur feu, celui

    qui ne se déclenche pas »

    Alors que l’on déplore déjà cinq fois plus de départs de feu et de surfaces parcourues qu’à la même période l’an dernier, même si les incendies sont restés de taille modeste, la prévention demeure le premier levier d’action. Car « le meilleur feu est celui qui ne se déclenche pas », martèle le préfet du Var, Simon Babre.

    Outre le rappel des obligations légales de débroussaillement, des campagnes de sensibilisation contre les jets de mégots et les feux de camp ont été déployées. À cela s’ajoutent 44 patrouilles de surveillance et d’intervention présentes dans les massifs forestiers. La carte d’accès aux massifs est actualisée quotidiennement pour informer les usagers des restrictions. Si la prévention ne suffit pas, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 000 euros pour un mégot jeté en forêt, voire à des peines de prison en cas d’incendie.

    Sur le terrain, jusqu’à 1 150 pompiers pourront être mobilisés chaque jour, renforcés, si besoin, par des moyens militaires. Côté matériel, le Sdis s’appuye sur quatre hélicoptères bombardiers d’eau, 100 camions-citernes feux de forêt moyens, 37 fourgons pompe-tonne de 3 000 litres de capacité, de véhicules tout-terrain et drones. « Chez nous, la réponse, c’est les grandes capacités d’eau et la capacité à l’acheminer dans les zones reculées », soutient le préfet. Des moyens actés par quatre conventions signées entre Département et État, « avec une aide au Sdis passant de 51 à 63 millions », souligne Jean-Louis Masson, président du Département.

  • La stratégie globale des pompiers face au risque d’incendie

    La stratégie globale des pompiers face au risque d’incendie

    Les sapeurs-pompiers sont sur le qui-vive. Alors que l’hexagone connaît des niveaux records de températures, les premiers départs de feu en bord de route sont enregistrés par le Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). « C’est significatif, assure son directeur le colonel Jean-Luc Beccari. On assiste à une accélération du dessèchement de la végétation superficielle. On bénéficie d’un bon apport des pluies du début de printemps pour la sécheresse profonde, mais aujourd’hui ça s’atténue. Cette semaine va peut-être faire basculer la situation. »

    Avec une éventualité qui nécessite une grande vigilance : la dispersion des moyens aériens nationaux en cas d’accentuation du risque incendie dans les départements plus au nord de la zone de défense.

    De leurs côtés, les pompiers du 13 se préparent. Ce mardi 23 juin, la caserne de Coudoux forme des cadres dits « HBE », pour hélicoptères bombardiers d’eau. Au-dessus du vallon de l’Aigle, un pilote s’entraîne et effectue des va-et-vient entre le canal situé en contrebas et les équipes au sol avec une précision horlogère.

    Cette année, le département dispose de deux engins pour la saison estivale, soit un budget de 800 000 euros (sur 4,1 millions d’euros au total pour le Sdis). Le commandant Jean-Philippe Rey, responsable de l’équipe HBE qui compte 27 hommes dont trois pilotes, explique : « On établit une stratégie globale, mais le fait d’avoir un moyen aérien projetable très rapidement augmente nos chances de traiter le feu au moment de l’éclosion. » Ces hélicoptères permettent aussi d’embarquer les 236 sapeurs-pompiers du Détachement d’intervention héliporté (DIH) pour les déposer au plus près des sinistres difficiles d’accès, comme celui du massif de Marseilleveyre ce week-end.

    « Diversifier la boîte

    à outils opérationnels »

    Cette année, plusieurs nouveaux dispositifs sont expérimentés. Parmi eux, le module de Surveillance et d’intervention sur les grands axes routiers (Sigar) : « Lors des journées à fort danger, deux camions seront positionnés et prêts à bondir sur les autoroutes, car les départs en bord de route sont un énorme problème », explique Richard Mallié, président du Sdis 13.

    Face à l’intensification du risque incendie, « on continue de progresser et de diversifier notre boîte à outils opérationnels », affirme le colonel Jean-Luc Beccari. D’un point de vue matériel, une politique d’accroissement des capacités d’actions terrestres permet au Sdis de se doter de deux nouveaux véhicules lourds pour atteindre les 20 camions-citernes 13 000 litres l’an prochain. D’un point de vue humain, le service départemental mène un plan de recrutement jusqu’en 2028 pour augmenter le nombre de sapeurs pompiers professionnels et atteindre un effectif de 1 400.

  • Pleins feux sur les dispositifs contre les feux de forêts

    Pleins feux sur les dispositifs contre les feux de forêts

    Il y a une semaine, c’est à Villeneuve-les-Avignon que le premier incendie marquant de l’année s’est déroulé. Dans la commune gardoise certes, mais mitoyenne d’Avignon où 3 hectares ont brûlé en zone résidentielle nécessitant l’intervention d’un canadair et de 100 pompiers dont 28 venus du Vaucluse voisin. Hasard du calendrier, le lendemain la préfecture présentait, dans une forêt de Lioux, son dispositif annuel et estival de prévention et lutte contre les feux de forêts.

    Une thématique prégnante en cette période caniculaire alors que le Vaucluse est placé depuis vendredi en vigilance rouge, avec risque incendie élevé. « Le défi est de taille : avec 150 000 hectares de forêts, soit 43% de la surface du département, le Vaucluse doit préserver son patrimoine naturel face aux premières canicules estivales, c’est près de 10% de la population qui se trouve en zone à risque », campe la préfecture, épaulée dans ce dispositif par le Département, la Région et ses éco-gardes dans les parcs naturels régionaux du Luberon et Mont-Ventoux, mais aussi évidemment le Sdis (service incendie et de secours), la gendarmerie, l’Office national des forêts ou les 28 agents du syndicat mixte forestier de Vaucluse.

    « La prévention, notre meilleure assurance »

    Toutefois, « la prévention est notre meilleure assurance », souligne Dominique Santoni, présidente (LR) du Département. Car malgré l’ampleur du dispositif -3 400 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires-, l’essentiel de la vigilance repose sur la population. « Un feu de végétation démarre du sol et, dans 9 cas sur 10, est d’origine humaine, rappelle la préfecture. En outre, 8 feux sur 10 démarrent à moins de 50 m d’une habitation. » D’où l’importance de respecter les obligations légales de débroussaillement, obligatoire dans un périmètre de 50m autour des bâtiments et installations de toute nature.

    Pour parer aux incendies, 225 citernes d’eau de 60 à 120m3 sont installées dans les massifs et quelque 2 800 hectares de surfaces ont été débroussaillées en bordure de pistes, « permettant aux pompiers d’assurer une lutte efficace contre les incendies de forêt », précise la préfecture. Chaque jour jusqu’à mi-septembre, l’accès aux massifs est réglementé et soumis aux aléas météo. « Les bons comportements passent par l’interdiction des barbecues, usage de feux d’artifice et des jets de cigarettes », martèle le préfet, Thierry Suquet. L’ensemble du dispositif est piloté par un plan départemental qui s’achève cette année et fait actuellement l’objet d’une nouvelle mouture.

  • Un nouvel épisode de canicule démarre

    Un nouvel épisode de canicule démarre

    Des jours chauds et des nuits tropicales… Un peu épargnée jusque-là, notre région rentre à son tour dans la séquence canicule qui sévit déjà dans une bonne partie de la France. Alors que 49 départements sont placés « en vigilance rouge canicule » lundi, un record, à partir de midi, les départements des Bouches-du-Rhône, du Var et du Vaucluse sont placés en vigilance orange.

    Une période de chaleur « longue, intense » avec « en début de semaine, les températures les plus chaudes jamais observées », a prévenu dès ce vendredi Sophie Voirin, permanencière à la direction de Météo France lors d’un point de situation. Dès le dimanche, « des pointes à 40 degrés dans l’intérieur de la Provence » seront atteintes précise-t-elle. Un épisode similaire à celui de juillet 2019 et août 2003 ajoute-t-elle en termes d’intensité pour les températures, aussi bien la nuit que le jour.

    Plus précisément ce sera chaud dans le Var, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence ou les Bouches-du-Rhône, indique Paul Marquis, météorologue indépendant, qui assure des prévisions locales avec son application « La météo du 13 ». Un épisode dont la fin reste pour le moment incertaine, mais pourrait durer au moins toute la semaine. « Des modélisations voient la canicule perdurer jusqu’au 28 juin, d’autres jusqu’au 3 juillet », précise-t-il.

    « étant donné la masse d’air chaud, le dôme de chaleur qui va s’inviter à partir de ce week-end sur le pays, est un élément météorologique qui, une fois qu’il est en place, met du temps à bouger, à évoluer », confirme François Gourand, prévisionniste à Météo-France.

    Un impact sanitaire

    Cette chaleur va peser lourd sur les organismes. « La santé de la population dans son ensemble peut être affectée », alerte Sophie Voirin, rappelant qu’un numéro vert a été mis en place* par le ministère de la Santé. C’est d’ailleurs quand on prend en compte l’impact sanitaire qu’on utilise le mot canicule détaille François Gourand.

    Pour ce qui est des alertes météo, des départements classés orange pouvant passer au rouge cette semaine, « les critères se basent sur les seuils de température par département qui tiennent compte des canicules passées et leurs impacts sur la mortalité et le niveau d’acclimatation du territoire » poursuit Sophie Voirin. Provence-Alpes-Côte d’Azur a été la région la plus touchée en 2025, avec la mortalité attribuable à la chaleur la plus importante de l’hexagone, note dans son bilan publié en février 2026, Santé publique France. Soit plus de 710 décès attribuables à la hausse des températures. Concernée par 3 des 4 épisodes de canicule cette année-là, la région a vu grimper le recours aux soins d’urgence. Près de 2 800 pour canicule enregistrés pendant l’été, dont 27% pendant les épisodes météo, deux-tiers de ces passages étant suivis d’une hospitalisation poursuit l’agence nationale. Toutes les classes d’âges étaient concernées mais les personnes de 75 ans ou plus ont été les plus touchées précise-t-elle.

    Parmi les populations fragiles, on retrouve aussi les personnes à la rue. « Elles meurent de chaud, l’accès à l’eau est vital en période de canicule, plus encore pour les personnes sans abri, particulièrement exposées », alerte Médecins du Monde ce jeudi 18 juin, qui « demande une mise à l’abri immédiate » et « l’accès à un accueil et à un logement dignes ».

    Avec cette fournaise, le risque incendie sera également élevé prévient Sophie Voirin, la « météo des forêts » passant à l’orange pour la semaine, et même rouge dans le Vaucluse depuis vendredi dernier. Le taux d’humidité de 20% rendant ce département et le nord des Bouches-du-Rhône particulièrement exposés.

    Après celle déjà vécue fin mai, cette nouvelle vague de chaleur ne surprend pas. « On l’a vu venir il y a une semaine » commente Paul Marquis. « Nous nous attendons à observer des canicules de plus en plus précoces, intenses, fréquentes et tardives », analyse Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France. De là à dire que l’été sera brûlant, il n’y a qu’un pas que ce dernier se refuse à franchir. « Il n’y a pas de lien entre la canicule que nous connaissons et la suite de l’été. Les événements sont indépendants. La canicule que nous connaissons, aussi intense soit-elle, ne présage en rien de l’été qui arrive », assure le scientifique.

    Mireille Roubaud

    * Canicule info service
    au 0800.06.66.66