Tag: incendie

  • Les victimes de l’incendie de l’Estaque déterminées

    Les victimes de l’incendie de l’Estaque déterminées

    « Un an déjà que l’incendie du 8 juillet 2025 a ravagé nos vies, nos foyers, notre quartier et nos repères. Un an que des dizaines de familles se battent. » Les habitants des hauts de l’Estaque sont venus en nombre assister ce mercredi 8 juillet au point presse organisé par l’association des victimes de l’incendie. Avec émotion et colère, sa présidente, Mathilde Favier, dénonce « le manque de suivi et de prise au sérieux de la détresse des sinistrés par les autorités compétentes. » Une situation « intenable, humainement, psychologiquement, financièrement. »

    Et de revenir sur « ce qui s’est passé ce jour-là. » Pour avoir des réponses, l’association a demandé à la préfecture, par le biais de son avocate dès le 7 septembre, de lui remettre l’ensemble des documents concernant les opérations de secours. Sans succès, malgré l’« avis favorable de la Commission d’accès aux documents administratifs en février 2026 » rappelle Mathilde Favier. Le tribunal administratif a été saisi.

    La Ville en soutien

    Une centaine de plaintes ont été déposées, « on ne sait pas ce qu’elles sont devenues », affirme-t-elle. L’association réclame la mise en place d’un comité local d’aide aux victimes (CLAV) et dit avoir rencontré la Ville.

    Autre point noir, l’attitude des assurances. Un « système opaque » selon la présidente de l’association, au point que des expertises doivent encore avoir lieu pour certains en août. Elle demande la prolongation des relogements quand plus des trois quarts des sinistrés n’ont pu entamer de reconstruction de leurs maisons, assure-t-elle.

    Contactée, la préfecture n’a pu nous répondre. De son côté, la Ville, « aux côtés des sinistrés », confirme la tenue d’une réunion le 30 juin, avec Samia Ghali, maire adjointe (DVG) et Jean-Marc Coppola, maire PCF des 15-16, qui « a permis de faire le point sur les dossiers encore en souffrance. » Sur le CLAV, les deux élus ont rappelé qu’ils avaient écrit, comme le maire, au préfet pour qu’il le mette en place. Pour la Ville, « cette instance est la plus adaptée » mais si « l’État n’exerce pas pleinement et rapidement ses responsabilités, le maire de Marseille convoquera, en septembre, une réunion à l’Hôtel de Ville » avec l’ensemble des acteurs.

  • À L’Estaque, une exposition pour ne pas oublier l’incendie du 8 juillet

    À L’Estaque, une exposition pour ne pas oublier l’incendie du 8 juillet

    Un petit tableau noir, peint à partir des cendres de l’incendie du 8 juillet, fait partie des œuvres exposées à la Villa Mistral dans le cadre du projet de l’École du feu. Il a été peint par Ludivine, cofondatrice de la Déviation – un collectif d’artistes de l’Estaque -, dont les habitations ont été détruites. « D’habitude elle fait des tableaux plus lumineux, mais là c’était dur », souffle Marielle A., employée au Bureau du Guide.

    Agir pour se protéger

    L’École du feu a été montée par le Bureau du Guide suite à un appel à projets de la Fondation de France. Elle a mis en place une exposition, coorganisée avec le collectif de l’incendie du 8 juillet et la coopérative de l’Hôtel du Nord, pour restituer ce qu’ils ont appris sur le feu. « J’ai appris que les pins sont des torches inflammables », raconte Agnès de la Colline, surnom donné par les habitants.

    Des « pyros-balades » ont été organisées pour mieux comprendre le territoire, ainsi que des rencontres avec des professionnels du feu. « On a perdu la culture de nos anciens sur le feu », admet Agnès de la colline. Agnès L, ajoute : « Avec l’École du feu, on transmet de nouveau de la connaissance, et on peut agir ».

    L’exposition explore, également, des pistes pour protéger les habitants des feux : « Il faut ramener de la biodiversité pour éviter que les pins et les cyprès se répandent car ils favorisent le feu. On a eu le projet d’une pépinière, aujourd’hui elle réunit 80 arbres », conclut Agnès L.

    L’exposition gratuite se tiendra jusqu’au samedi 11 juillet à la Villa Mistral.

  • En Vaucluse, plusieurs massifs interdits d’accès

    En Vaucluse, plusieurs massifs interdits d’accès

    Le cocktail canicule et vent met en alerte considérable face au risque incendie, le Vaucluse étant l’un des 7 départements classés rouge ce mercredi, avec danger feux « très élevé ». Il faut dire aussi que la pluie n’est pas tombée depuis un moment : conséquence, le préfet de Vaucluse a placé le département en vigilance sécheresse (lire aussi page 15) depuis ce mardi.

    Dans la même veine, la préfecture a annoncé, ce mardi en fin de journée, l’interdiction d’accès à 12 des 15 massifs vauclusiens pour ce mercredi. « Il est rappelé à chacun qu’en toutes circonstances, la prudence est de mise à l’intérieur des massifs forestiers pour lesquels l’accès reste autorisé », précise la préfecture, insistant sur le respect « scrupuleux » des règles comme l’interdiction de fumer et d’allumer du feu.

    Une décision qui intervient alors que ce mardi, le préfet Thierry Suquet et Christophe Paichoux, directeur départemental du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Vaucluse, ont signé, à la caserne d’Entraigues, le nouveau schéma départemental d’analyse et de couverture des risques 2026-2031. Un document stratégique de 200 pages, qui dresse une feuille de route « qui permet d’adapter l’organisation des secours aux réalités du territoire, à l’évolution des risques et aux besoins de la population », note le Sdis. Ce document prévoit 14 orientations stratégiques, bien au-delà bien sûr du risque incendie.

    Alors que les pompiers vauclusiens réalisent en moyenne 144 interventions par jour, un matériel fiable et moderne est nécessaire. Dans ce cadre, les pompiers ont renouvelé une partie de leur parc véhicule. Il y a une semaine, 10 nouveaux engins ont été présentés, dont une échelle pivotante combinée 33 mètres destinée au centre d’incendie et de secours d’Orange. Elle est « plus compacte que les anciennes générations facilitant ainsi les manœuvres dans les rues étroites », souligne le Sdis. Les casernes de Beaumes-de-Venise et Robion ont récupéré chacune un camion-citerne. Les centres du Thor, Avignon, Bollène, Cavaillon, Carpentras, Sorgues et Valréas ont aussi récupéré de nouveaux véhicules.

  • L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    L’incendiaire de la maison de famille d’Emile condamné

    Acte malveillant prémédité, moyen de se faire justice soi-même, ou de relancer l’enquête ? Plusieurs explications à l’acte de Roland Woudstra se sont confrontées mardi lors de l’audience à l’issue de laquelle ce Marseillais de 78 ans a été condamné à deux ans de prison. En mai, il avait provoqué plusieurs départs de feu aux alentours de la maison secondaire des grands-parents du petit Emile, disparu en 2023 au Vernet. Il avait interrogé des habitants, se présentant comme un journaliste néerlandais, pour obtenir des informations sur l’affaire et la localisation de la maison.

    Pendant l’audience, le prévenu a affirmé avoir agi pour « provoquer un déclic au niveau de l’enquête » sur la mort du petit Emile et la « relancer ». Il a nié toute volonté « de vengeance ou de punition », alors que les avocats des grands-parents l’accusaient d’avoir voulu nuire à la famille. Une lettre écrite depuis sa cellule le 13 juin est cependant venue contredire ses déclarations devant la cour. Il y écrit avoir eu « une brutale envie de faire justice moi-même en brûlant la maison de la famille Vedovini que je pense coupable ».

    « Initiative de justicier »

    L’avocat de la grand-mère d’Emile, Me Julien Pinelli, a avancé que cet « emballement » était « lié à la confusion des accusations portées du fait des réseaux sociaux où on lit les pires horreurs sur ceux dont le seul tort est d’être en deuil de leur petit-fils. Celui qui a porté la suspicion sur eux en paye le poids moral ».

    « Mes enfants avaient déjà peur de monter au Vernet avant cet incendie, mais là c’est pire », a confié aux enquêteurs la grand-mère du petit Emile.

    Le président a lu des expertises psychiatriques décrivant « un comportement inadéquat, une initiative de justicier sans preuves, en méconnaissant la gravité potentielle de l’incendie », ainsi qu’un « aveuglement de la passion, un excès de confiance, une recherche de loi personnelle, pensant avoir perçu ce que l’enquête n’avait pas su démontrer, voulant provoquer un mouvement ».

    L’avocat du prévenu a décrit un homme « endeuillé, isolé, fragilisé » par la mort récente de sa femme et de son fils. Il a plaidé l’altération de son discernement, expliquant qu’il serait en train d’être placé sous tutelle. « J’aurais dû laisser la justice faire son enquête », a reconnu l’homme mardi.

    « On a le droit de penser que la justice fait mal son travail, mais pas de jeter en pâture des gens, ajouter au sang d’Emile, aux larmes de la famille, des cendres à la maison familiale. Votre peine aura nécessairement vocation à envoyer un message, que cette famille retrouve la paix », a lancé le procureur au moment de ses réquisitions.

  • [Incendies] Christian témoigne de ses difficultés à (se) reconstruire

    [Incendies] Christian témoigne de ses difficultés à (se) reconstruire

    Tout en haut de la montée Pichou, une vue à couper le souffle sur la mer… Et des collines toujours noircies après le passage des flammes, voilà un an déjà. C’est là qu’habite Christian Apercé. De sa petite maison de 50 mètres carrés au sol il ne restait rien que quatre murs noircis. « On a évacué avec ma femme et nos petits-enfants. Je suis toujours perturbé, en colère, parce que j’estime que ma maison n’aurait pas dû brûler », nous confie-t-il ému.

    S’il a eu « la chance » de pouvoir être logé par sa famille puis de trouver un appartement meublé en location au Rove, il aura passé l’année à se battre avec les assurances. « C’est un véhicule qui a brûlé qui a provoqué l’incendie, on a notre assurance en première ligne, qui rembourse en principe les frais de la maison, mais pas tout », explique-t-il. Et pour ce qu’elle ne prend pas en charge, c’est avec celle de « la voiture, la Métropole, la commune des Pennes Mirabeau, du conseil départemental » qu’il faut traiter. Malgré six réunions, le chiffrage des dégâts est repoussé « en novembre, puis décembre, janvier, février » poursuit-il, « et là, je l’ai eu dernièrement au mois de juin. » Problème : il n’est pas d’accord. Pour lui il manque 50 000 euros…

    Des normes drastiques

    Car sa maison, située en zone rouge, nécessite des mises aux normes drastiques. « Certains postes n’ont pas été pris en compte pour la reconstruction », précise Christian, comme l’installation d’un écran entre les tuiles et la charpente pour éviter l’embrasement ou des volets capables de résister une demi-heure au feu.

    Membre de l’association des victimes de l’incendie qui rassemble selon lui 200 personnes, il attend toujours le compte rendu de l’intervention des pompiers pour savoir ce qui s’est passé ce 8 juillet 2025, estimant que les réponses de la préfecture ne sont « pas très claires. » « Pourquoi les pompiers ont mis tant de temps à venir ? Pourquoi on n’a pas eu les canadairs ? Pourquoi nous a-t-on confinés ? Une voisine a cru mourir dans sa cave ! », déroule-t-il dans un souffle. Il raconte les gens qui ont éteint avec des seaux plongés dans la piscine, cette voisine qui a été brûlée par le nuage de cendres chaudes… « Et pendant qu’on cramait, Monsieur le préfet félicitait ses troupes », s’indigne-t-il.

    Durant 20 ans, il a sensibilisé sur les risques incendie avec son association environnementale. « On a mis des citernes dans la colline autour, elles n’ont pas servi. Tout ça pour ce résultat catastrophique… », se désole-t-il. Ce qui le fait tenir, c’est la solidarité. « On sent qu’il y a des liens très forts, des copains que je n’avais pas vus depuis longtemps m’ont recontacté », raconte-t-il. Malgré les incendies qui ont de nouveau démarré cette année, il n’a « pas peur ». Et pense réintégrer ses pénates en début d’année prochaine, « si ça se passe bien… ».

  • À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    À l’Estaque, un an après, le feu pose question

    Des flammes hautes de plusieurs mètres, poussées par le vent, avec des sautes de feu de 300 mètres, atteignant au plus fort de son activité les 1 200 mètres par minute… De l’enfer de l’incendie du 8 juillet 2025, les sinistrés de l’Estaque n’ont rien oublié, encore traumatisés. Parti d’une voiture en feu aux Pennes-Mirabeau en fin de matinée depuis le tunnel des 4 vents, sur l’A55, l’incendie avait atteint rapidement le Jas de Rhode, nourri par les déchets du centre de tri de la métropole, avant d’accélérer, encore, jusqu’au nord de Marseille, s’attaquant aux collines du Verduron. En centre-ville, une ambiance fin du monde. Un panache de fumée jaunâtre, avec des quantités de particules fines « 10 fois supérieures au seuil journalier réglementaire », analysait alors AtmoSud, association de surveillance de qualité de l’air, avait obscurci le Vieux-Port, recouvrant la ville de cendres.

    Bilan malgré la mobilisation de 875 sapeurs et marins-pompiers : 750 hectares ravagés, 91 maisons touchées. Et tout de suite, lors des premières réunions avec les autorités, une polémique majeure sur la lenteur d’intervention des secours et l’absence de moyens aériens immédiats. S’ils soulignaient la réaction rapide de la Ville avec la mise à disposition du centre social pour l’accueil, les dons et des permanences pour les accompagner dans leurs démarches, les habitants des Hauts de l’Estaque pointent la responsabilité du préfet d’alors, Georges-François Leclerc qui a pris la main sur les opérations et transféré le commandement des sapeurs-pompiers, en charge du départ du feu aux Pennes-Mirabeau, aux marins-pompiers de Marseille, compétents sur le territoire de la deuxième ville de France, au milieu de l’après-midi. Dans la foulée, un collectif est créé.

    Après le feu, la pluie

    et les coulées de boue

    Le très long communiqué du préfet qui tente de se justifier ne convainc pas. Nombre de sinistrés reprennent les propos de Grégory Allione, ex-patron du Sdis 13 (Service départemental d’incendie et de secours) jusqu’en janvier 2023, aujourd’hui député européen macroniste, qui s’insurge contre une décision purement « administrative » des opérations de secours prise par la Direction générale de la sécurité civile à Paris, pour l’envoi des canadairs. « Quand vous êtes dirigés par des gens qui n’ont jamais commandé un feu c’est une difficulté opérationnelle, ce type de décision m’exaspère », dénonce-t-il à qui veut l’entendre.

    Plaintes contre X

    « Pour avoir des réponses »

    Deux mois plus tard, les sinistrés allaient subir la double peine. À l’incendie dévastateur, succèdent des coulées de boues lors des premiers épisodes cévenols de la fin septembre. Le mur de la gare de l’Estaque, une dizaine de mètres de haut, explosé par les flots, les rails emportés. Chemin de la Nerthe, chemin du Marinier, d’énormes bouts de bitumes dévalent la route. Là encore la solidarité joue à plein.

    Au fil des mois, la galère se poursuit avec les assurances qui font traîner. Si le directeur de « France assureurs » a assuré dans nos colonnes au lendemain du feu que des correspondants en région étaient missionnés pour faciliter les choses, les experts tardent à passer et les litiges se multiplient retardant d’autant la reconstruction. Le conseil municipal a voté une aide exceptionnelle d’un million d’euros, la métropole de 500 000 euros pour éviter de faire l’avance des frais.

    Du collectif émane mi-décembre une association des victimes de l’incendie de l’Estaque, les plaintes contre X « pour avoir des réponses »
    commencent à tomber. Aujourd’hui, elles seraient une centaine. Le mode de commandement n’a pas évolué et Georges-François Leclerc est devenu préfet d’Île-de-France. Promis en février, le comité local d’aide aux victimes n’a pas eu lieu assure un sinistré quand pour l’actuel préfet Jacques Witkowski, cette aide relève du ministère de la Justice…

  • Des moyens maintenant

    Des moyens maintenant

    Aucun Marseillais n’a oublié ce jour de juillet où le ciel s’est assombri de fumée, où des cendres retombaient jusqu’au Vieux-Port et où chacun tentait désespérément de prendre des nouvelles
    de la famille, d’amis, de collègues potentiellement concernés. Le feu était entré dans la ville. Cela fait évidemment écho au drame que sont en train de vivre des milliers de personnes dans
    les Pyrénées Orientales avec 12 000 évacuations. Les canicules qui s’enchaînent de plus en plus précocement et intensément rappellent la vulnérabilité du pays face aux incendies et soulignent que le sujet est sur la table pour longtemps.

    Coup de pouce

    Les collectivités locales se démènent pour aider du mieux qu’elles le peuvent les soldats du feu en les équipant et leur affichant un soutien permanent. Mais c’est au niveau de l’État que se joue une manche fondamentale, celle des canadairs. Que la flotte soit vieillissante n’est pas une nouveauté. Dès 2022, Emmanuel Macron avait fait mention de son intention de la renouveler. Mais entre les problèmes de financement qui ont obligé le pays à se tourner vers l’Europe pour cofinancer et le fait que les commandes ne soient pas forcément prioritaires pour le seul constructeur actuel – le canadien De Havilland – les livraisons sont reportées et se font toujours attendre.

    Pourtant des alternatives se dessinent avec des projets de bombardiers d’eau tricolores. Les uns misent sur la conversion d’avion de passagers court-courrier, d’autres sur des modèles hybrides. Et il y a le Frégate F-100 d’Hynaero un bombardier d’eau amphibie français aux performances annoncées comme redoutables.
    Le fabricant doit s’installer à Istres d’ici 2028. Un petit coup de pouce de l’État pour une solution qui garantit une souveraineté nationale serait bienvenu.

  • L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    L’arrêté de fermeture du Marché du soleil jugé illégal

    Les juges ont relaxé George Dahan dans le volet sur la sécurité du marché. Le patron du Marché du soleil était jugé pour des manquements à la réglementation ERP d’octobre 2023 à février 2026, date de la fermeture effective pour 6 mois prise par arrêté préfectoral.

    Le tribunal a jugé que l’arrêté municipal de fermeture du 24 janvier 2023 était illégal, faute d’avoir été précédé d’une mise en demeure. Me Stéphane Ceccaldi a fait mouche en arguant que « ce vice substantiel fait disparaître l’infraction ». Un arrêté de fermeture ne peut être pris qu’« après mise en demeure restée sans effet de l’exploitant ou du propriétaire de se conformer aux aménagements et travaux prescrits ou de fermer son établissement dans le délai imparti ».

    L’arrêté de janvier 2023 évoquait certes un courrier de mise en demeure du 2 juillet 2019, mais qui se rapportait au premier arrêté inappliqué du 10 juin 2008 pris à la suite d’un incendie… « Il existe en réalité une seule mise en demeure au dossier, datée du 6 octobre 2023, donc postérieurement à l’arrêté. » Un camouflet qui interroge sur la tolérance de la commission communale de sécurité avec 25 procès-verbaux d’avis et de préconisations signés depuis 2010. « Comment la Ville pourrait-elle invoquer une urgence quand l’arrêté de fermeture initial avec prescriptions de travaux est du 20 juin 2008 ! », plaidait Me Ceccaldi. S’agissant du 3e et dernier arrêté municipal de fermeture du 28 novembre 2023, ses deux mises en demeure sont encore postérieures.

    Sur le délit de mise en danger délibérée de la vie d’autrui par violation manifestement délibérée d’une obligation de prudence ou de sécurité, le tribunal estime que, certes un certain nombre de désordres ont été relevés, mais qu’il n’est pas démontré un « risque de mort et de blessures immédiat et direct ». Si la Ville a attendu le 17 février 2026 pour dégainer un arrêté de mise en sécurité d’urgence, il ne concerne qu’une partie d’un bâtiment en fond de cour.

  • [Tour de France] Tadej Pogacar joue au Père Noël sur la Montjüich

    [Tour de France] Tadej Pogacar joue au Père Noël sur la Montjüich

    Le bonheur, c’est simple comme une victoire d’étape dans le Tour.

    Mais dimanche, au sommet de la colline de Montjüich, le plus heureux des deux hommes qui ont franchi la ligne d’arrivée presque main dans la main, c’était Tadej Pogacar. Le Slovène, candidat à un cinquième sacre, s’est effacé pour offrir à son porteur d’eau Isaac del Toro un succès pour sa première participation à la Grande Boucle.

    Tadej Pogacar, qui est resté sage dans le final, alors qu’on attendait une attaque de sa part lors des trois tours de circuit dans Barcelone, a explosé de joie au moment de passer l’arrivée pour taper sur les épaules de son jeune disciple, alors que Isaac del Toro pointait ses doigts vers son leader pour le remercier.

    Le Mexicain s’est ensuite écroulé au sol de fatigue, avant que les deux hommes ne célèbrent bruyamment leur œuvre collective, amorcée à l’entrée du circuit par leur coéquipier Brandon McNulty qui a considérablement réduit le peloton.

    C’est la première victoire dans le Tour pour Isaac del Toro. Récent vainqueur du Tour Auvergne-Rhône-Alpes, deuxième du Giro en 2025, il pourrait prétendre à un rôle de leader dans n’importe quelle équipe et constitue un plan B solide dans ce Tour si jamais il arrive un problème à Tadej Pogacar.

    Tout s’est joué dans la toute dernière rampe de 800 mètres à 7% menant à l’arrivée devant le stade olympique, où les principaux leaders se sont expliqués dans un vacarme étourdissant, alors que des puncheurs comme Mathieu van der Poel avaient déjà été éliminés.

    « Ce n’était pas le plan. Tadej ne veut pas me mettre de pression, il m’a dit de profiter sur ce Tour et de performer à mon niveau… Cette victoire va me rester en mémoire pour le reste de ma vie » a confié, sur la ligne d’arrivée, le Mexicain au journal l’Équipe.

    Vingegaard en jaune

    Remco Evenepoel, troisième, et Jonas Vingegaard, porteur du maillot jaune après la victoire de son équipe, la veille, sur le contre-la-montre par équipe, quatrième, ont terminé dans le même temps, trois secondes devant le Danois Mattias Skjelmose. Le Français Paul Seixas a terminé neuvième, à trois secondes également.

    Deux autres Français ont fini dans le Top 10 de l’étape, Romain Grégoire (7e) et Lenny Martinez (8e), mais Kévin Vauquelin a lui été distancé rapidement.

    Au classement général, Jonas Vingegaard conserve six secondes d’avance sur Tadej Pogacar et quinze sur Remco Evenepoel.

    Isaac del Toro est quatrième, à seize secondes, alors que Paul Seixas, qui a dû gérer une crevaison et un changement de vélo dans les quarante derniers kilomètres, est sixième à 42 secondes du maillot jaune.

    Le perdant du jour est Mathieu van der Poel. Le Néerlandais n’a pas pu suivre le rythme dans la dernière montée et compte déjà près d’une minute trente de retard.

    Les incendies perturbent le retour en France ce lundi

    Après deux étapes 100% espagnoles, la Grande Boucle va enfin entrer en France.

    Les coureurs prendront le départ de Granollers, dans la banlieue de Barcelone, pour prendre la direction des Pyrénées-Orientales, pour une première approche avec la montagne.

    Cette étape, dont l’arrivée est prévue vers 17 heures aux Angles, est bouleversée par les incendies qui ravagent le département des Pyrénées-Orientales (lire en page 17). La préfecture, qui a un temps envisager l’annulation, interdit finalement la présence du public sur les 44 derniers kilomètres, les plus exposés aux flammes. Une mesure comprise par les organisateurs du Tour.

  • Plus de 10 000 évacués dans les Pyrénées-Orientales face à l’avancée de l’incendie

    Plus de 10 000 évacués dans les Pyrénées-Orientales face à l’avancée de l’incendie

    Les résidents du massif des Aspres, très difficile d’accès et auquel le brasier s’est désormais étendu, et ceux de la ville voisine d’Ille-sur-Têt, sur laquelle s’élèvent des panaches de fumée et que survolent avions et hélicoptères bombardiers d’eau, devaient évacuer, soit un total d’environ 10 500 personnes.

    Ce « feu gigantesque », attisé par le vent, les fortes chaleurs, mais surtout une sécheresse de l’air « exceptionnellement élevée », a également sérieusement blessé un habitant et un sapeur-pompier, a indiqué le préfet, Pierre Regnault de la Mothe.

    Le camion d’un équipage venu en renfort depuis Couiza, dans le département voisin de l’Aude, s’est trouvé « pris par les flammes », a indiqué le Sdis 11, les pompiers du département. Ils ont pu quitter le véhicule, mais l’un d’eux a été « légèrement blessé aux membres supérieurs ». Un autre soldat du feu a été touché dans le Gard, a annoncé dimanche soir le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.

    « Nous avions fixé un objectif, que le feu ne devait pas franchir au sud la route départementale 66, nous voulions éviter qu’il se propage dans le massif des Aspres, et ce que nous redoutions a fini par se produire », a déploré le préfet lors d’une conférence de presse, en fin de journée. Ce massif de moyenne montagne, à l’ouest de Perpignan, est « très aride et très difficile d’accès pour les moyens terrestres des sapeurs-pompiers », a-t-il ajouté.

    « Lutte acharnée »

    Hélicoptères, avions dash et canadairs se succèdent au-dessus des flammes qui dévorent la végétation entre Trévillach et Ille-sur-Têt, à quelque 35 km à l’ouest de Perpignan. Quelque 700 sapeurs-pompiers, appuyés par 200 véhicules et neuf moyens aériens, « mènent une lutte acharnée » contre ce feu qui s’est déclaré samedi soir sur la commune de Trévillach, a souligné le préfet. Il a appelé les entreprises ayant des sapeurs-pompiers volontaires parmi leurs salariés à « faire le nécessaire » pour leur permettre de se libérer et venir aider. Pierre Regnault de la Mothe a comparé ce feu à celui de 1976, année d’une grande canicule, qui avait ravagé quelque 7 000 hectares.

    Face à cette « situation très difficile », il a annoncé que la troisième étape du Tour de France, reliant Granollers en Espagne aux Angles dans les Pyrénées-Orientales, aura bien lieu lundi, mais devra se dérouler « sans public » dans sa partie française, notamment à l’arrivée, en raison de la mobilisation des secours.

    Sur place, les habitants évacués sont sous le choc. À l’Ille-sur-Têt, ils ont été invités à se rendre dans une salle municipale, d’où ils seront évacués vers un gymnase de la commune de Perpignan. « Le feu est passé à 300 m des maisons. On a été surpris par la vitesse de propagation, c’était impressionnant, limite la panique », confie Patrice, 53 ans, habitant de Trévillach qui n’a pas souhaité donner son patronyme.

    Ce brusque départ de feu est intervenu alors que le département, comme 15 autres dans l’Hexagone, sera lundi en vigilance orange canicule avec des températures qui pourraient monter à certains endroits jusqu’à 40°C et ce, quelques jours après un premier épisode caniculaire historique.

    Ailleurs en France, les pompiers luttent depuis la mi-journée de dimanche, dans le Gard, contre un feu de forêt qui s’est déclenché près d’un circuit de karting à Lédenon. L’incendie a déjà parcouru 540 hectares et l’autoroute A9 a été coupée dans les deux sens dans les directions de Lyon et de Barcelone.