Tag: histoire

  • Près de trois siècles d’éclipses solaires racontées dans les archives

    Près de trois siècles d’éclipses solaires racontées dans les archives

    « Oh, il a amené des lunettes ! » À l’entrée de l’auditorium de la bibliothèque de l’Alcazar, Martine ne cache pas son enthousiasme. À ses côtés, Ghislaine lui répond : « Je suis allée acheter les miennes à l’Observatoire. On m’a dit de bien faire attention à ne pas les rayer et à ne pas les déballer avant le jour J ». Comme elles, une soixantaine de curieux ont rempli la salle pour assister à la conférence de Michel Marcelin consacrée aux « 300 ans d’éclipses solaires à Marseille ».

    D’emblée, l’astrophysicien du Laboratoire d’astrophysique de Marseille, ramène le phénomène à l’échelle de la cité phocéenne. « Si on considère la Terre comme un ballon de football et la Lune comme une balle de ping-pong à l’autre bout de la pièce, le Soleil est une montgolfière au niveau du Mucem ou à l’entrée du Vieux-Port », schématise-t-il. Une comparaison qui aide à comprendre pourquoi, ce mercredi, l’éclipse ne sera que partielle à Marseille. « La Lune cachera 96% du Soleil. Si vous voulez la voir totale, il faut aller en Espagne. Mais ici, 4% du Soleil sera visible », souligne-t-il.

    Pourquoi un tel spectacle reste-t-il si rare ? Parce que l’orbite de la Lune est inclinée de cinq degrés par rapport à celle de la Terre autour du Soleil. « Ça suffit pour qu’elle passe parfois au-dessus ou au-dessous », résume Michel Marcelin. Rare, au point que Marseille n’a connu qu’une seule éclipse totale en trois siècles : le 8 juillet 1842.

    Ce jour-là, Benjamin Valz, directeur de l’Observatoire de Marseille, observe le phénomène depuis les Accoules tandis que Jean-Jacques Blanpain s’installe aux Aygalades. Les notes de Benjamin Valz, conservées aux archives départementales, ont permis à Michel Marcelin de retracer cette journée. L’éclipse n’a duré que deux minutes. L’astrophysicien décrit notamment les célèbres « grains de Baily », ces perles lumineuses provoquées par le relief de la Lune au moment où le Soleil réapparaît. « Si vous êtes en Espagne, peut-être pourrez-vous les voir », glisse-t-il.

    Prochaine éclipse totale en 2081

    Au fil des cartes et des photographies, l’astrophysicien rappelle que Marseille a connu de nombreuses éclipses partielles, notamment celle de 1961, lorsque le Soleil avait été masqué à 99,9%. La dernière éclipse totale visible en France remonte, elle, au 11 août 1999. La prochaine n’est attendue qu’en 2081, mais elle ne sera encore que partielle à Marseille.

    Dans le public, l’histoire nourrit déjà l’impatience. « Ça sera ma première éclipse à 75 ans », confie Ghislaine, qui prévoit de suivre les conseils de Michel Marcelin et d’aller observer le phénomène au stade nautique Florence-Artaud. Zohra, venue préparer ce moment avec sa fille de 11 ans, repart « plus futée que jamais » après avoir découvert que les éclipses étaient bien plus fréquentes qu’elle ne l’imaginait. Hélène, qui avait déjà assisté à celle de 1999 en Normandie, espère cette fois « partager ce moment exceptionnel avec toute [s]a famille ».

    Ce mercredi, l’Académie des sciences, lettres et arts de Marseille accueille le public dès 18h au stade nautique Florence-Artaud. Des lunettes spéciales éclipse seront distribuées gratuitement. Michel Marcelin y commentera en direct le phénomène, tandis qu’une vingtaine d’astronomes amateurs accompagneront les observations.

    Trois siècles après les premiers récits conservés à Marseille, une nouvelle page d’histoire s’apprête à s’écrire, les yeux tournés vers le ciel.

  • [C’est l’été] « Alfred Dreyfus, Le combat de la République »

    [C’est l’été] « Alfred Dreyfus, Le combat de la République »

    Parmi les nombreux livres écrits à l’occasion de cette commémoration, le sien n’a pas échappé à notre attention, tant les dix chapitres (d’un « rêve français » à « l’héritage dreyfusard ») sont ceux d’un ouvrage de référence, que les générations présentes se doivent de consulter, et que consulteront les générations futures.

    Albin Michel,
    24,90
     euros.

  • [Passerelle interculturelle] Beijing et Paris : protéger les villes anciennes sans les figer

    [Passerelle interculturelle] Beijing et Paris : protéger les villes anciennes sans les figer

    Beijing et Paris sont deux capitales anciennes, mais elles ne racontent pas leur histoire de la même manière. À Beijing, la vieille ville se reconnaît à ses murs rouges, à ses toits gris et à ses hutong qui s’étendent autour de la Cité interdite. À Paris, elle apparaît le long de la Seine, dans les façades en pierre, les passages, les places, les cafés et les immeubles serrés les uns contre les autres.

    À Beijing, l’histoire est visible à une échelle impressionnante. La Grande Muraille serpente dans les montagnes au nord de la capitale. Au centre de la ville, les murs rouges et les toits dorés de la Cité interdite rappellent plusieurs siècles d’histoire impériale. Plus au sud, le Temple du Ciel, avec sa silhouette circulaire, reste l’un des paysages les plus reconnaissables de Beijing.

    Ces monuments ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans un vaste ensemble historique organisé autour de l’axe central de Beijing, qui traverse la capitale du nord au sud. La Cité interdite, la place Tian’anmen, les anciennes tours de la Cloche et du Tambour, les temples et les quartiers traditionnels composent une structure urbaine unique. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 2024, cet axe raconte plusieurs siècles d’histoire politique, architecturale et culturelle chinoise.

    Concilier le charme de l’ancien et le confort moderne

    Mais le charme du vieux Beijing ne se trouve pas uniquement dans ses grands monuments. Il apparaît aussi dans les hutong, ces ruelles étroites bordées de maisons traditionnelles à cour carrée, les siheyuan. On y découvre une ville plus intime : des habitants assis devant leur porte, des vélos appuyés contre les murs gris, de petites boutiques, des arbres qui dépassent des cours et des voisins qui se connaissent depuis longtemps.

    Pendant des années, de nombreuses maisons de hutong ont souffert du vieillissement et d’un manque d’équipements. Certaines étaient mal isolées, difficiles à chauffer ou dépourvues d’installations sanitaires adaptées. Protéger ces quartiers ne pouvait donc pas signifier les conserver exactement dans leur état ancien.

    Beijing a restauré et rénové de nombreuses maisons dans les hutong. Les toitures, les murs et les cours ont été réparés, tandis que les réseaux d’eau, de chauffage et d’électricité ont été améliorés. Ces travaux cherchent à préserver l’apparence traditionnelle des ruelles et des siheyuan, tout en rendant les logements plus sûrs et plus confortables.

    Les hutong attirent également des habitants étrangers. Certains choisissent de vivre dans une maison à cour plutôt que dans un immeuble moderne. Ils apprécient le calme des ruelles, les relations de voisinage et la possibilité de découvrir Beijing au plus près de la vie locale.

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [C’est l’été] Visitez les grottes de Thouzon

    [C’est l’été] Visitez les grottes de Thouzon

    Seules grottes de France à se trouver en plaine, les grottes de Thouzon font partie des trésors patrimoniaux du Vaucluse. Elles ont été découvertes en 1902 par des ouvriers qui travaillaient dans la carrière de pierres sur la colline.

    Leur aménagement immédiat à cette époque leur a permis de rester intactes jusqu’à aujourd’hui. Et le moins que l’on puisse dire c’est que lors de ces périodes de fortes chaleurs, la visite de ses grottes où la température avoisine les 15°C est une activité bienvenue à partager en famille.

    Chaque jour, plusieurs créneaux de visites sont proposés au public pour découvrir d’étonnantes stalactites jaunes et or, trésor du lieu.

    Un trésor de 20 millions d’années

    Pendant 45 minutes et sur un parcours de 200m vous cheminerez sur le lit fossile d’une ancienne rivière souterraine et plongerez au cœur de l’histoire de cet endroit unique en Provence formé il y a 20 millions d’années. Pour terminer, un spectacle sons et lumières viendra clôturer la visite.

    De 7,50 à 12,50 euros. Gratuit -3 ans

  • [C’est l’été] Les pyramides à Orgon

    [C’est l’été] Les pyramides à Orgon

    Ils étudieront en détail leurs modes de constructions, leurs fonctions, leurs décors et leurs renommées mondiales.

    À partir de 10h. 3 euros par enfant.

    Inscription au 04.90.73.09.54.

  • [C’est l’été] Histoire et architecture au Moyen-Âge à Avignon

    [C’est l’été] Histoire et architecture au Moyen-Âge à Avignon

    Jusqu’à un atelier de création de voûtes en bois, rendez-vous donné au Palais des Papes ce lundi pour une visite-atelier à découvrir à partir de 8 ans.

    Lundi 10 août de 9h30 à 11h30.

    Entre 10 et 20 euros.

  • [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (1/3)

    [Kallisté] Et des enfers surgirent les Diables rouges (1/3)

    Revenir à Ajaccio a toujours eu une saveur unique. Il y a d’abord cette lumière, si particulière, qui semble accrocher les façades colorées des immeubles et faire ressortir sur leurs murs des teintes qu’on avait presque oubliées. Puis il y a la mer, immense et familière, comme un repère immobile dans une ville qui change sans jamais vraiment changer.

    Quand on vit sur le continent, on finit par mesurer différemment le poids des retours. On redécouvre ce que l’habitude avait rendu invisible. En revenant cet été, j’ai retrouvé des amis d’enfance. Ensemble, on reprend les discussions là où on les avait laissées, comme si le temps n’avait été qu’une parenthèse. On parle du travail, de ceux qui sont partis, de ceux qui sont restés, des familles qui s’agrandissent, des visages qui changent. Et puis, inévitablement, on parle football. Parce qu’ici, le football est partout. Il se raconte avec passion dans les histoires familiales, dans les cafés et les discussions de comptoir. Cette année, pourtant, le sujet a changé de ton. La chute de l’AC Ajaccio a profondément marqué la ville.

    Proximité rare

    Voir vaciller un club installé depuis tant d’années dans le paysage professionnel a quelque chose de brutal, presque irréel.

    Mais, en parallèle, une autre histoire continuait de s’écrire, plus discrète, presque à l’abri du bruit : celle du Gazélec Football Club Ajaccio. À la terrasse d’un café, Jean-Philippe me raconte ce lien qui l’unit au club. Son père l’avait emmené partout : au Sporting, à l’ACA, au Gaz. Mais très vite, il a senti qu’ici il se passait quelque chose de différent. Pas forcément dans le jeu mais dans ce qu’il y avait autour, dans l’atmosphère, dans les gens, dans cette proximité rare entre le club et ceux qui le vivent. Il me parle du stade, de ses premiers souvenirs, de matchs de Coupe de France qui l’ont marqué enfant, de soirées d’hiver dans les divisions inférieures où, malgré le niveau, l’émotion restait intacte. En l’écoutant, je comprends vite que le Gaz ne s’explique pas vraiment par ses résultats. Il s’explique par ce qu’il provoque.

    À suivre…

  • [Week-end] L’esprit de 1936 : Dans le Var, la singulière dynamique du Front populaire

    [Week-end] L’esprit de 1936 : Dans le Var, la singulière dynamique du Front populaire

    Jacques Girault, ancien professeur d’histoire contemporaine à l’université Paris 13, a publié des « Réflexions sur la victoire du Front populaire dans le Var » dans le numéro 5 de la revue de l’association Promémo. Il pointe « plusieurs particularités dans le Var ».

    « Première particularité, la situation économique n’explique pas mécaniquement la réaction politique. Alors que la France connaît une crise économique qui frappe avant tout la production industrielle, dans le Var, la crise est surtout agricole. Le revenu des agriculteurs se dégrade fortement. Par exemple, les marchés extérieurs se ferment et les cultures fruitières et horticoles en souffrent. La crise viticole se traduit par une brusque dégradation des cours du vin. L’industrie, le plus souvent dépendante de l’État, souffre moins mais les dépenses diminuant, la politique de défense nationale en subit les conséquences. Le chômage menace et Le Petit Var, dès le 2 juin 1934, lance un cri d’alarme, « les chantiers de La Seyne faute de commandes sont sur le point de licencier ». Pour le moment, les étrangers, comme d’habitude, seront sans doute sacrifiés ! À partir du milieu de l’année 1934, en région toulonnaise, la protestation s’organise, d’autant que la diminution des dépenses, des salaires, des pensions civiles et militaires frappe directement les milieux populaires et les couches moyennes », explique-t-il.

    Selon lui, la deuxième particularité, dans le monde ouvrier, est la mémoire de l’échec et de la répression consécutive aux grandes grèves de 1919 (Forges et chantiers de la Méditerranée à La Seyne) et de 1920 (Arsenal maritime et chemins de fer) qui explique le retard de l’entrée en grève des ouvriers varois. « À la différence du reste du pays où les grèves générales avec occupation des lieux de travail imposent les négociations de Matignon, il faut attendre la signature des accords Matignon, dans la nuit du 7 au 8 juin 1936, pour que les ouvriers des chantiers de La Seyne entrent en grève », note Jacques Girault.

    Troisième particularité, la menace du fascisme se présente dans le département de façon indirecte. En France, les ligues d’extrême droite s’activent. Dans le Var, elles jouent un rôle plus effacé. Mais la présence de l’armée, les nombreuses manifestations lors des réunions assurées par les dirigeants activistes (Henriot ou Ybarnegaray) inquiètent d’autant plus que depuis longtemps, notamment par l’intermédiaire des immigrés italiens, le fascisme et l’antifascisme entrent dans le quotidien populaire. Le Var apparaît comme un laboratoire.

    Quatrième particularité pour l’historien : « Le pays, en 1932 donne une majorité de gauche à la Chambre des députés, mais la rue, après le 6 février 1934, impose le retour de la droite. Le Var a élu cinq députés de gauche en 1932, dont quatre membres du Parti socialiste SFIO. Or depuis 1933, ces quatre dirigeants dont Pierre Renaudel, exclus du Parti, s’engagent dans un nouveau Parti socialiste de France qu’il faut construire. La même nécessité s’impose pour ceux qui restent au Parti socialiste SFIO dont ils entreprennent la renaissance. Or ces militants actifs, autour du secrétaire fédéral Jacques Toesca, se réclament de la tendance de gauche du parti. Dans le même temps, les communistes s’efforcent de sortir d’une longue période de repli sectaire et utilisent les ressources de leurs militants souvent en rapport avec les syndicats, dont l’ouvrier de l’Arsenal maritime de Toulon, Jean Bartolini. »

  • Hiroshima – Nagasaki : une journée pour se souvenir

    Hiroshima – Nagasaki : une journée pour se souvenir

    Comme chaque été depuis l’an 2000, des personnes de tous les horizons se réunissent autour d’une journée de commémoration. L’objectif ? Se souvenir, tous ensemble, des bombardements qui ont frappé Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août 1945.

    81 ans après, le collectif du Mouvement de la paix accueillera les participants au cœur du camping du Bousquet d’Orb, le 9 août prochain. Ce collectif, né en 1982 lutte contre la course à l’armement et s’engage en faveur du désarmement nucléaire.

    Un combat commun

    Dans une ambiance qui se veut festive, Raymond Cubells, l’un des organisateurs de l’événement, souhaite réunir petits et grands autour d’un combat unique : « Faire la promotion de la paix. » Stands d’associations et divers producteurs locaux présenteront également leurs produits à l’occasion de cet après-midi consacré au souvenir.

    « On ajoute toujours un côté culturel », explique l’organisateur. Dès 10h, le collectif proposera aux curieux une visite du Musée des lumières de la mine, fleuron culturel de la ville. Chaque année, de plus en plus de locaux participent à ce rassemblement itinérant. En 2025, à Joncels, 80 personnes avaient fait le déplacement. « Ça prouve que les gens se mobilisent », conclut Raymond Cubells.

    * Commémoration des bombardements sur Hiroshima et Nagasaki, camping du Bousquet d’Orb, le 9 août,
    à partir de 10h.