Tag: histoire

  • [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    [C’est l’été] Le Château d’If, partagé entre Histoire et histoires

    « Et voici le château d’If, rendu célèbre par le comte de Monte-Cristo […] Il était réputé impossible de s’en évader » scande un haut-parleur alors que le bateau s’approche de l’île. Après une vingtaine de minutes de traversée, du vieux port à l’ancienne prison politique, il ne reste qu’à débarquer et monter à l’entrée des fortifications. Une fois le billet d’entrée en poche, (7 euros pour les adultes, gratuit pour les moins de 18 ans), se trouve le château d’If.

    Construit au XVIe siècle sur ordre du roi François 1er pour protéger la côte des attaques, le lieu a ensuite été transformé en prison d’exception, aussi appelée prison politique. Entre histoire et fiction, l’édifice a abrité les plus célèbres des détenus de l’époque. Mais le plus connu reste sans doute Edmond Dantès du célèbre livre d’Alexandre Dumas. « J’ai lu le livre et vu le film, il fallait que je visite le château » déclare comme une évidence Laure, retraitée en visite avec son mari, avant de franchir la grande porte du lieu. Celle-ci débouche directement sur une petite cour carrée. En son centre un puits et tout autour s’articulent les cellules, sur deux étages. L’entrée de ces dernières est surmontée d’une plaque indiquant les noms des condamnés. Parmi lesquels l’Homme au masque de fer, l’Abbé Faria, codétenu du comte de Monte-Cristo, ou encore le comte de Mirabeau. Sur les murs, les ancêtres des graffitis actuels, réalisés par les prisonniers au marteau et au burin : date d’incarcération, nom, fonction.

    Imprégnés d’histoire et de légendes, ces lieux se découvrent aussi grâce aux guides, qui partagent avec passion anecdotes et récits pour en dévoiler les moindres détails. Une fois les deux premiers étages, leurs cachots et leurs expositions visités, le clou du spectacle reste à venir. Tout en haut des escaliers en colimaçon, le point culminant, une vue à 360° autour de l’île, depuis laquelle on peut voir le Frioul ou encore observer Marseille, de l’Estaque aux Goudes. « Ce que j’aime particulièrement ici, c’est la vue en haut, on connaît le château d’If vu de Marseille mais Marseille vu du château d’If est bien différent » retiennent Christelle et Océane, venues entre mère et fille.

  • [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    Aujourd’hui, pour un voyageur français, Shanghai n’est plus si loin de Marseille. Grâce à la liaison aérienne directe entre les deux villes et à l’exemption de visa accordée par la Chine aux titulaires d’un passeport français pour les séjours de courte durée, il suffit presque d’acheter un billet d’avion pour partir de la Méditerranée et se retrouver, quelques heures plus tard, sur les rives du Huangpu. Cette liaison directe donne une réalité nouvelle aux relations entre Shanghai et Marseille, officiellement jumelées depuis le 26 octobre 1987. Les deux villes sont très différentes par leur taille, leur architecture et leur paysage, mais elles partagent une longue histoire liée au port, au commerce maritime et aux échanges avec le monde extérieur.

    Shanghai s’est développée à l’embouchure du Yangtsé, autour du fleuve Huangpu. Son port a fait entrer des marchandises, des capitaux, des voyageurs, mais aussi de nouvelles idées et différentes influences culturelles. Aujourd’hui, Shanghai constitue l’une des principales portes d’accès au delta du Yangtsé, l’une des régions économiques les plus dynamiques de Chine.

    Cette histoire reste visible dans son paysage urbain. Sur le Bund, les bâtiments historiques témoignent des échanges anciens entre Shanghai et l’étranger. Certains quartiers de l’ancienne concession française conservent également des rues bordées de platanes, des villas et des immeubles d’inspiration européenne. De l’autre côté du Huangpu, les gratte-ciel de Pudong incarnent une métropole financière et technologique tournée vers l’avenir.

    Contraste architectural saisissant

    Shanghai se découvre aussi par sa cuisine. Le matin, les habitants peuvent acheter des shengjian bao, de petits pains farcis à la viande et grillés à la poêle, ou des xiaolongbao, servis dans de petits paniers en bambou. On trouve également des nouilles, des raviolis, des poissons et des plats légèrement sucrés, caractéristiques de la cuisine locale.

    La ville offre de nombreuses manières de passer une journée. On peut commencer par une promenade sur le Bund, traverser le Huangpu en ferry pour rejoindre Pudong, puis monter dans l’une des tours afin d’observer la ville d’en haut. Plus tard, les jardins de Yuyuan permettent de découvrir une architecture chinoise traditionnelle au milieu d’un quartier très animé.

    Le soir, Shanghai change encore de visage. Les façades du Bund s’illuminent, tandis que les tours de Pudong se reflètent dans le fleuve. Les restaurants, les théâtres, les salles de concert et les petites rues commerçantes restent animés jusque tard. La ville mêle ainsi patrimoine, consommation, culture et loisirs dans un même espace urbain.

    Shanghai et Marseille ont chacune leur caractère, mais toutes deux savent accueillir ceux qui arrivent par la mer ou par les airs. Dans ces deux villes, le voyage ne commence pas seulement au moment du départ.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • Plongez dans l’héritage sacré des Incas à Draguignan

    Plongez dans l’héritage sacré des Incas à Draguignan

    À travers un parcours à la fois chronologique et thématique, découvrez une vision du monde où le Sacré joue un rôle primordial, loin des religions telles que nous les pensons en Occident. En effet, pour les Incas, tout dans l’univers avait un caractère sacré de la nature aux hommes en passant par les ancêtres, le vivant et les dieux qui cohabitaient en parfaite harmonie.

    Ateliers et visites ludiques pour les petits

    Plongez au cœur de cette cosmovision andine lorsqu’au XVIe siècle, lors de la conquête espagnole, l’Empire inca s’étendait sur un immense territoire, bien au-delà des frontières du Pérou actuel. Dans le cadre de cette exposition, petits et grands pourront profiter de visites guidées pour les adultes mais aussi pour les enfants avec des visites ludiques proposées les samedis et dimanches à 16h30. À travers différents jeux et accompagnés par un médiateur ce moment à la fois ludique et pédagogique invite à découvrir les objets fascinants de la collection.

    Pour les plus jeunes toujours, un espace ludique a été installé au 3e étage de l’Hôtel départemental et offre de nombreuses activités autour de l’exposition entre 14h et 16h les samedis et dimanche. Sans oublier une chasse aux trésors andins. Avec leurs équipements d’aventuriers, les enfants vont pouvoir se lancer sur les traces de ces civilisations et sur celles du dernier empereur inca, tous les week-ends d’août et de septembre à partir de 14h et toujours au 3e étage du bâtiment.

    Inca, héritage sacré des Andes, jusqu’au 27 septembre à l’hôtel départemental des expositions du Var à Draguignan.

  • Le sésame de la reconnaissance par l’Unesco

    Le sésame de la reconnaissance par l’Unesco

    Jusqu’en 1692, il n’y avait rien ici. C’était un plateau aride qu’on appelait plateau des Mille vents », explique Isabelle Fouilloy-Julien, administratrice du Fort de Mont-Dauphin depuis 2017. La forteresse, qui abrite également un village, a été érigée en 1693, comme fortification défensive à une époque où « Louis XIV était alors en guerre contre à peu près toute l’Europe », résume Isabelle Fouilloy-Julien. Le roi affronte notamment le Duc de Savoie qui, durant l’été 1692, remonte depuis la vallée de l’Ubaye, pille Guillestre, Embrun et Gap, avant de reculer avec l’arrivée de l’hiver. Le site trône sur un promontoire rocheux, à 1 050 m d’altitude, au croisement des vallées du Guil et de la Durance. Il offre une vue spectaculaire à 360° sur le cirque montagneux formé par les sommets des Écrins et du Queyras.

    Venu la même année pour inspecter et renforcer les défenses du secteur afin d’éviter de nouvelles incursions, Vauban découvre l’emplacement. « Et il se dit : c’est la meilleure place du monde », raconte Isabelle Fouilloy-Julien. Le projet d’établir un fort convainc le roi et le premier coup de pioche est donné dès mars 1693. Vauban, ingénieur et architecte militaire, ne se contente pas d’ériger une citadelle : il décide également d’y intégrer un village, qui compte aujourd’hui 154 habitants. « Il veut concevoir une place forte mêlant civils et militaires, en se disant “On est loin de tout, dans une région rude, les militaires vont s’ennuyer et déserter”. Il conçoit donc un îlot de village au centre. »

    Les militaires y installent leurs familles ou épousent des jeunes femmes du pays. Malgré tout, il reste difficile de convaincre des habitants de venir s’y établir. « Les premiers à s’installer sont des marchands et des artisans qui souhaitent faire commerce avec l’armée. On leur donne un terrain et on les exempte un temps d’impôts », retrace Isabelle Fouilloy-Julien, elle-même descendante d’une de ces familles venues s’installer.

    Le fort perd son intérêt militaire avec le temps et rejoint le réseau des monuments nationaux en 1966, avant d’être transféré au ministère de la Culture en 1980. Plusieurs villes possédant des fortifications de Vauban se regroupent alors au sein du « Réseau des sites majeurs de Vauban », créé en 2005 pour porter une candidature commune à l’Unesco. « On voulait que le dossier soit déposé en 2007 parce que c’était l’année anniversaire de la mort de Vauban, décédé en 1707, se rappelle Isabelle. On nous a dit “Vous êtes fous, un dossier, ça prend dix ans !” On l’a fait et en 2008, on a été inscrits. »

    Une étape, mais pas une fin

    Aujourd’hui, les fortifications de Vauban constituent un bien inscrit en série au patrimoine mondial. Mont-Dauphin et Briançon, dans les Hautes-Alpes, figurent aux côtés de dix autres sites majeurs comme des citadelles d’Arras et de Neuf-Brisach, en Alsace.

    Selon Isabelle Fouilloy-Julien, cette inscription a renforcé la visibilité de Mont-Dauphin. Le site accueille en moyenne 120 000 visiteurs par an. Elle a aussi favorisé le travail en réseau entre les différents sites Vauban, permettant la création d’expositions communes ou itinérantes.

    Pour autant, alors que les forteresses royales du Languedoc viennent à leur tour d’être inscrites au patrimoine mondial, l’administratrice souligne que cette reconnaissance ne garantit pas automatiquement des retombées positives : « Je ne sais pas comment ça se passera pour le Languedoc, mais ici, on a la chance d’avoir un patrimoine unique, deux sites Unesco et on ne s’en empare pas ! La preuve, les premiers panneaux “Unesco“, sont au pied du fort, pas 50 km à la ronde ! On ne voit pas le patrimoine comme un levier économique à l’année. » Malgré cette consécration internationale, Isabelle Fouilloy-Julien estime que le patrimoine reste insuffisamment valorisé : « Des études socio-économiques démontrent qu’un euro dépensé dans le patrimoine, c’est 19 euros de retombées. On est ouvert toute l’année, le ski, c’est quatre mois par an ! J’aimerais qu’on comprenne qu’on est complémentaires et pas concurrents ».

  • Jaurès, une pensée libre assassinée il y a 112 ans

    Jaurès, une pensée libre assassinée il y a 112 ans

    Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné par un nationaliste. Il est la première victime de la guerre. Son enterrement, le 4 août, coïncide avec le début du conflit.

    La pensée de Jaurès était éminemment libre, toujours en mouvement, liée intimement à l’action politique, mais aussi à la recherche historique et philosophique.

    Alors que les calomnies les plus infâmes de la réaction ont justifié par avance, sinon armé, le bras de son assassin, des hommes et femmes politiques de droite et d’extrême droite aujourd’hui, héritiers de cette réaction et falsificateurs de l’histoire osent se réclamer de Jaurès, sans la moindre vergogne.

    Collaborateur

    de la Dépêche

    Né le 3 septembre 1859, à Castres dans le Tarn, ce brillant élève du lycée de la ville est reçu premier à l’ENS de la rue d’Ulm, puis troisième à l’agrégation de philosophie. Il enseigne d’abord au lycée d’Albi, ensuite à la Faculté de Toulouse. Élu député en 1885, il fait partie des républicains qui soutiennent la politique des gouvernants de l’époque, notamment celle de Jules Ferry.

    Docteur ès lettres en 1892, il continue son activité politique évoluant dans la mouvance radicale-socialiste. Il est aussi un collaborateur régulier de La Dépêche de Toulouse future Dépêche du Midi.

    Aussi conseiller municipal de Toulouse, puis rapidement maire adjoint à l’instruction publique. Il écrit dans La Dépêche le 4 juin 1892 dans le contexte de l’affaire Dreyfus, « c’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race, l’humanité ». Ses mots résonnent dans la France de 2026.

    Les grèves des mineurs de Carmaux de 1892 à 1895 vont le voir s’engager résolument de leur côté. Il comprend alors que le prolétariat comme classe a en mains la clé du devenir de l’humanité ; il est la force sociale fondamentale capable de briser le système de la propriété privée des moyens de production, le système capitaliste. La classe ouvrière est la seule classe qui n’a aucun intérêt distinct de celui de la société globale, en conséquence, elle est la classe porteuse de l’avenir.

    Libre penseur et fort de sa vaste culture il connaît l’histoire et le rôle joué par l’Église au travers des siècles. C’est dans ce contexte qu’il a lutté contre l’obscurantisme, défendu l’émancipation et œuvré pour l’élaboration et le vote de la loi de séparation entre les Églises et l’État.

    Fondateur de l’Humanité

    En 1904, Jean Jaurès est l’un des fondateurs du quotidien L’Humanité. Et le rôle de ce quotidien est capital dans cette période. Le journal est de toutes les luttes. Il dénonce la catastrophe de Courrières et soutient les revendications ouvrières, tente d’arracher la France au « guêpier marocain » et surtout se dresse contre le péril de la guerre. Le 31 juillet, dans son ultime éditorial, Jaurès écrit : « C’est à l’intelligence du peuple, c’est à sa pensée que nous devons aujourd’hui faire appel si nous voulons qu’il puisse rester maître du sol, refouler les paniques, dominer les événements et surveiller la marche des hommes et des choses pour écarter de la race humaine l’horreur de la guerre ».

    Jaurès, symbole

    du pacifisme

    « Ils ont tué Jaurès »

    Jean Jaurès aura lutté contre la guerre les dix dernières années de sa vie. « Le capitalisme porte la guerre comme la nuée porte l’orage » disait-il. Il s’oppose notamment à la loi des Trois ans qui veut augmenter la durée du service militaire de 2 à 3 ans pour préparer l’armée française à une guerre avec l’Allemagne. Mais elle sera adoptée malgré son discours devant 150 000 personnes le 25 mai au Pré Saint-Gervais donnant lieu à la célèbre photo de Maurice-Louis Branger. Le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné. La mort de la figure emblématique du pacifisme a été suivi du ralliement de la gauche française à « l’union sacrée ».

  • [Week-end] Mont-Dauphin : un village fortifié par Vauban

    [Week-end] Mont-Dauphin : un village fortifié par Vauban

    Unesco, les sites classés en région

    Les fortifications du village font partie d’un ensemble de 12 groupes de bâtiments fortifiés et de constructions le long des frontières nord, est et ouest de la France. Parmi elles, on retrouve également la Citadelle de Besançon dans le département. Cet ensemble constitue un des meilleurs exemples du travail de Sébastien Le Prestre de Vauban (1633-1707), architecte militaire de Louis XIV. à noter, des visites commentées de ces fortifications sont organisées tout au long de la période estivale.

  • [Week-end] L’esprit de 1936 : SFIO, PCF, Radicaux, trois partis unis avant la victoire

    [Week-end] L’esprit de 1936 : SFIO, PCF, Radicaux, trois partis unis avant la victoire

    L’union jusqu’alors inédite de la SFIO, du PCF en 1934, rejoints par le Parti radical en 1935 va permettre grâce à la discipline républicaine du retrait pour le candidat le mieux placé au premier tour de donner une majorité conséquente au Front populaire.

    Pain, Paix, Liberté. » Ces trois mots résument le programme des trois partis qui ont signé l’accord de désistement réciproque qui donnera la victoire au Front Populaire lors des législatives du printemps 1936. La SFIO, le Parti radical et le PCF vont ainsi constituer une coalition de gauche qui va marquer durablement l’histoire du pays. Chacun des trois partis va présenter ses propres candidats dans les circonscriptions, mais tous s’engagent à se retirer au second tour en faveur du candidat le mieux placé.

    El là encore, les régions du sud de la France vont donner le la et serviront de modèle au reste du pays. Ainsi, dans les Bouches-du-Rhône c’est en juin 1934 qu’est signé le pacte départemental d’unité d’action entre la SFIO et le PCF, une signature qui intervient un mois avant la signature d’un même accord à l’échelon national le 27 juillet 1934, pacte qui sera ensuite rejoint par les radicaux en juin 1935.

    « La mutation opérée par le PCF n’aurait toutefois pas eu l’effet escompté si, au même moment, au sein de la SFIO, une minorité très active n’avait pas poussé à des actions communes avec la SFIC (Section française de l’Internationale communiste, autre nom du PCF). La conjonction de ces efforts aboutit en juin 1934, un mois avant la ratification d’un accord similaire au niveau national, à la signature d’un pacte départemental d’unité d’action entre la SFIC, représentée par le tandem François Billoux-Jean Cristofol, et la SFIO emmenée par son secrétaire Rémi Roux et par Jean Calvelli », note l’historien Jean Domenichino, auteur de Les communistes des Bouches-du-Rhône en Front populaire (Editions Les Fédérés), qui ajoute que « ce rapprochement ne tarde pas à porter ses fruits ». « Cette unité retrouvée permet un succès des partis de gauches aux élections municipales de 1935, en particulier à Marseille avec l’élection du socialiste Henri Tasso qui bat la liste Pierre-Ribot-Sabiani. En fait, les élections de 1935 préfigurent le succès électoral des partis du Front populaire de mai-juin 1936. »

    À Marseille, lors du VIIIe congrès national des Jeunesses communistes au cinéma de l’Alcazar du 19 au 22 mars 1936 en présence de Jacques Duclos, Raymond Guyot secrétaire de l’Internationale communiste des jeunes et de Victor Michaut secrétaire des Jeunesses communistes, le mouvement décide de tout mettre en œuvre pour l’unité de la jeunesse ouvrière en une seule fédération et de rassembler toutes les forces de la jeunesse antifasciste.

    À Marseille toujours, François Billoux comprend que la progression de l’influence communiste passe par un combat acharné contre Sabiani et son équipe. Aussi, tout en développant la politique générale du parti, il lance celui-ci dans une vaste campagne dénonçant la corruption et le gangstérisme qui rongent la cité phocéenne.

    Cette campagne ardente pour un « Marseille Propre » est au centre de toute l’action communiste lors des élections législatives. Le 20 avril à la place Marceau, François Billoux décide d’affronter Sabiani dans son propre fief. La reculade de ce dernier lors de la réunion contradictoire montre que le rapport de force s’est modifié. Billoux est élu député de la 3e circonscription, au second tour avec 7 285 suffrages contre 6 323 voix à Sabiani, en ayant bénéficié du désistement du candidat SFIO, Ferri-Pisani.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Défendre l’indépendance et l’unité

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Défendre l’indépendance et l’unité

    La première question à l’ordre du jour était celle des salaires et de la préparation d’un mouvement revendicatif national. La résolution sur les salaires et les prix entraîna un premier incident.

    Une motion présentée par Cochinard s’opposa à la hausse générale des salaires réclamée par Pierre Lebrun.

    Le débat fut ouvert sur les manœuvres de scission que je dénonçai. Indigné, m’adressant aux diviseurs, je leur dis : « Camarades, après les interventions de nombreux camarades, celles de Benoît Frachon, Hernio de la fédération des cheminots que j’approuve entièrement, vous me permettrez de donner mon point de vue sur un aspect que je considère très sérieux dans la situation actuelle. Les trusts américains ne doivent plus intervenir ouvertement dans la vie politique et syndicale. L’indépendance économique et politique est menacée, l’obstacle majeur à l’intervention directe des trusts américains reste la Confédération générale du travail. C’est pour cela que nous assistons à une attaque concertée contre la CGT avec des complices de Truman qui, sous prétexte de défendre les syndicats contre une imaginaire emprise politique, développent leur campagne. »

    La résolution soulève le débat

    Je condamnai certaines interventions et en particulier celle de Bouzanquet, secrétaire confédéral : « J’ai en ma possession tes écrits où tu nous reproches de ne pas avoir condamné le pacte germano-soviétique et avec ce prétexte, tu portes de l’eau au moulin de la réaction qui se sert de ton autorité pour écrire dans ses journaux que la CGT est dirigée par des communistes. L’anticommunisme, voilà le véritable fléau, nous savons où cela nous a menés, de Munich à 1940. Bothereau a présenté une résolution qui approuve le plan Marshall et elle a été repoussée. Je demande au président de séance de présenter une résolution. »

    Il est intéressant de rappeler le débat que souleva ma résolution. Pour la défense de l’indépendance et de l’unité, la réaction la plus virulente fut celle de Capocci, secrétaire de la fédération des employés de commerce.

    Il essaya de justifier les actions qu’ils avaient menées pendant l’Occupation et déclara : « J’ai entendu Molino ressasser les vieilles histoires, j’en ai assez, nous en avons assez… On parle aussi de dollars que nous aurions touchés, je vous assure, camarades, que les dollars que nous avons pu toucher ne nous ont pas fait mal au ventre et qu’ils ne vous feraient pas mal au ventre si vous en mangiez autant que nous. »

    Et s’adressant à moi : « Tu as cité ma fédération ; permets-moi de te dire que s’il est une fédération qui peut parler d’indépendance, c’est bien la nôtre. »

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Week-end] Plongée dans un fort de guerre à Niolon

    [Week-end] Plongée dans un fort de guerre à Niolon

    Depuis la départementale 48 s’ouvre la calanque de Niolon, terminée à sa pointe par un curieux complexe faisant face à la mer avec une vue privilégiée sur la rade de Marseille. Les calanquais le connaissent depuis près de deux siècles, sous des formes différentes au gré des transformations du site.

    Ici, les pierres meulières de 1861, date inscrite sur l’encadrement de porte du fort de Niolon, côtoient le béton des bunkers allemands de 1943 et les matériaux modernes de 1975 utilisés pour les petits bungalows d’inspiration méditerranéenne du centre de plongée de l’Union nationale des centres sportifs de plein air (UCPA), qui occupe le site depuis 1966.

    Depuis la reprise du club de voile local, l’association a bien modifié les lieux. « À l’origine, on proposait des stages de voile, mais très rapidement, on a développé la plongée en parallèle » retrace Thierry Sturzer, directeur de l’UCPA Niolon depuis deux ans. La peinture blanche et les postes informatiques trahissent la nouvelle occupation du bâti maçonné. « Au tout début, on utilisait l’intérieur du fort comme logement, puis comme magasin pour le matériel de plongée », poursuit le directeur, jusqu’en 2012, où il a été réhabilité comme bâtiment administratif.

    Le lieu est occupé à des fins de défense depuis le début du XVIIIe siècle, sur ordre du Roi-Soleil. Certaines sources font état d’une réquisition de dix Carryens en 1665 pour aménager les premières fortifications servant à barrer la rade de Marseille et le mouillage de l’Estaque, terminées en 1702. Les premières ébauches du fort que l’on connaît aujourd’hui furent posées sous la forme d’une tour-modèle 1811 de type 2, abritant 30 hommes et pouvant accueillir trois canons sur son toit. Cet ensemble a été fortement modifié au cours de la fin du XIXe siècle avec la progression de la portée des canons et la construction, en conséquence, de fortifications plus hautes et retranchées comme le fort de Niolon haut, fin 1880.

    « 70 000 plongées chaque année »

    L’occupant allemand et son organisation Todt ont aussi participé au dessein défensif du site. C’est en se promenant au cœur du village d’inspiration méditerranéenne dédié aux logements des stagiaires que l’on peut les reconnaître. Là où se trouvaient autrefois des pièces d’artillerie françaises de 90 mm récupérées, se trouvent désormais des portes-fenêtres offrant une vue privilégiée sur la mer. « Tout l’existant a été réutilisé », reprend Thierry Sturzer, « tous les bungalows datant de 1975 sont en rénovation depuis deux ans » et les quatre bunkers servant d’habitation vont également l’être. Le poste de direction de tir en béton, comme les autres bunkers, est quant à lui utilisé pour la technique.

    Une grande partie de la muraille ouest est surplombée d’un espace de restauration, tandis que le pôle technique, inauguré en 2012, trouve sa place au plus près des quais du Port, toujours sur le promontoire fortifié. « Le centre s’est développé à partir du fort » au fil des années, resitue le directeur, pour devenir aujourd’hui « l’un des plus gros centres de plongée d’Europe » selon son tenancier. « Il y a un ou deux ans, on avait calculé 70 000 plongées par an » complète-t-il, d’où les infrastructures dédiées.

    Cette aventure est rendue possible par le contrat qui liait l’UCPA à Marine nationale, propriétaire jusqu’au 15 novembre 2008, date de cession au Conservatoire du littoral. Une convention renouvelée en 2025 lie toujours l’association et le Conservatoire jusqu’en 2055. « Durant cette période, l’UCPA verse une redevance à la commune du Rove qui permet de financer la gestion du site, dont un agent de terrain qui est garde du littoral », détaille le Conservatoire.

    Thierry Sturzer souhaite valoriser l’histoire des lieux. « J’aimerais bien mettre quelques photos de canons dans les bunkers. Pourquoi ne pas dédier une salle à l’histoire ? Voire une ouverture au public aux journées du patrimoine ? » Les idées ne manquent pas.

  • [Week-end] Une épopée immersive autour de Napoléon à Marseille

    [Week-end] Une épopée immersive autour de Napoléon à Marseille

    Une immersion au cœur de l’Empire napoléonien

    Équipé de votre casque de réalité virtuelle et lors d’une visite libre, vous écoutez les confidences de l’Empereur et embarquez dans sa légende. Tandis qu’il relate ses souvenirs, les scènes prennent vie autour de vous. La réunion d’état-major à la veille de la bataille d’Austerlitz, une charge de cavalerie des cuirassiers, la montée de la colonne Vendôme, l’ambiance glaciale de la Bérézina, l’ultime voyage vers Sainte-Hélène… Tout autant de faits historiques vous sont relatés pour une immersion totale autour des moments clés qui ont forgé la légende napoléonienne. Pendant 27 minutes, petits et grands pourront assister aux grands événements du Premier Empire dans une ambiance sonore et visuelle saisissante, comme si vous y étiez !

    Samedi et dimanche de 10h15 à 19h.

    Comptez entre 19 et 23 euros l’entrée.

    Accessible dès 8 ans.