Tag: histoire

  • [Le coin des idées] « Loin, très loin de Jean-Luc Mélenchon »…

    [Le coin des idées] « Loin, très loin de Jean-Luc Mélenchon »…

    En revanche, avec ce recueil de textes parus dans L’Humanité, Témoignage chrétien, La faute à Diderot, La Croix, Vendémiaire et salué en termes élogieux par divers courants allant de Causeur à Marianne en passant par Liberté-Actus et même tout dernièrement La lettre du CRIF, Valère Staraselski travaille à se désaliéner de la pensée néo-gauchiste populiste, trop souvent intolérante et sectaire, en vogue aujourd’hui. Comment ? Par ce que l’historien Jean-Numa Ducange nomme à son propos de « réflexion salutaire sur le contenu des engagements politiques de Mélenchon ».

    C’est ainsi que l’on trouve des écrits directement politiques mais également portant sur la religion dans la droite ligne de son dernier roman Les Passagers de la cathédrale ou bien encore plus récemment dans celui du Cheminement d’un communiste en terre chrétienne d’André Chassaigne. Sur l’histoire de Bambi, sur les 100 ans de Parti communiste qu’il a codirigé avec Guillaume Roubaud-Quashie, sur la CGT (il est l’auteur d’Un siècle de Vie ouvrière), sur la notion d’Histoire…

    Et l’auteur montre, dans la contribution la plus importante qui clôt l’ouvrage, Domenico Losurdo, penseur du communisme, que ni la pensée communiste ni le communisme ne sont caduques. Bien au contraire. Aussi, sa présentation de l’œuvre de Domenico Losurdo, historien et philosophe italien se situant dans la lignée de Gramsci, claire et pédagogique, est assurément à ne pas manquer.

    Loin, très loin de Jean-Luc Mélenchon, Valère Staraselski, préface d’Arlette Vidal-Naquet, L’Harmattan, 154 p, 17 euros.

  • Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    Logement social : Toulon en passe de sortir de la carence

    « Chaque logement social que nous produisons, que nous finançons, nous éloigne de la carence et nous rapproche de l’objectif fixé par le contrat de mixité sociale », explique Serge Lhotellier 21e adjoint au maire, en présentant un projet de participation financière de la ville à la Société foncière d’Habitat et Humanisme pour une opération rue Picot.

    « Il nous arrive de nous abstenir sur la construction de logements sociaux dans des zones que nous estimons beaucoup trop denses », s’est cru obligé d’expliquer le conseiller d’opposition (RN) Amaury Navarranne, histoire de ne pas se montrer sous son plus mauvais jour, sabre au clair en hussard de son parti antisocial. Contrairement à sa collègue Laure Lavalette qui aura beaucoup moins de pudeur un peu plus tard.

    « Ce n’est pas notre politique du logement, puisque nous privilégions plutôt la réhabilitation ou la rénovation », lui répond la maire de Toulon Josée Massi (SE). La charge viendra un peu plus tard, menée comme annoncée par la députée d’extrême droite au moment du débat sur la modification du Plan local d’urbanisme (PLU). Avec en guise d’intro, pour « expliquer » son retard, une attaque du monde syndical et du droit de manifester, la caravane FO ayant fait escale devant l’hôtel de ville.

    L’ignominie du RN

    Cette modification du PLU vise entre autres à accompagner le projet de reconstruction de la résidence sociale Adoma installée à La Loubière, afin de garantir aux résidents des conditions de vie dignes et confortables explique Geneviève Lévy, l’adjointe à l’urbanisme.

    Ceci va être prétexte pour l’élue frontiste pour tirer à boulets rouges sur les contraintes d’urbanisme qui selon elle, « empêche de construire et loger les Français ». La solution pour le parti à la flamme dont elle a été la porte-parole : « Nous aimerions mettre fin, abroger cette loi SRU qui nous paraît tout à fait Jacobin ». C’est-à-dire supprimer l’obligation de faire du logement social pour avoir soi-disant plus de logements sociaux à la fin, juste en faisant confiance à la bonne volonté des maires. Un raisonnement fallacieux pour éviter de dire tout le mal que pense le RN du logement social et de ses habitants.

    Elle pointe également le montant « hallucinant » de ce qu’elle appelle abusivement des pénalités. Et finit sa tirade en osant parler de justice sociale, en éructant que « la solidarité nationale devrait être réservée aux nationaux ».

    Préférant répondre par du concret plutôt qu’à ses fadaises, la maire de Toulon met en avant les 965 logements sociaux produits sur les trois ans, et la diminution de plus de moitié de la « pénalité ». Et de conclure : « Nous donnons la possibilité en effet aux Toulonnais d’être logés. Et nous avons bon espoir cette année de sortir de la carence ». De bons résultats salués par le préfet, dans ce secteur aussi, qui démontrent que non seulement Toulon a une capitaine mais qu’en plus elle sait plutôt bien barrer. N’en déplaise à son prédécesseur, Hubert Falco, qui s’est cru autorisé à faire référence au naufrage du Titanic, alors que le seul homme définitivement à la mer, c’est bien lui.

  • L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    L’histoire de Sadako Sasaki racontée à Manosque

    « À l’époque, personne ne savait encore que la bombe continuerait son œuvre en silence pendant des années, à l’intérieur des corps » : la présidente du Mouvement de la paix 04, Estelle Suner, a raconté jeudi l’histoire de Sadako Sasaki, fillette morte d’une leucémie liée à Hiroshima, en marge du festival littéraire. « Rien ne laissait deviner ce que la bombe avait déposé 11 ans plus tôt dans son sang », a-t-elle regretté en animant un théâtre japonais, faisant défiler des images devant une dizaine de personnes venues à cette présentation, au programme du OFF des Correspondances. Sadako Sasaki est « morte, à 12 ans, d’une maladie provoquée par une arme conçue par des adultes dans une guerre décidée par des adultes », a lancé la présidente du Mouvement de la paix.

    Des survivants pour raconter

    Estelle Suner a également évoqué le tabou et la discrimination subie par les survivants d’Hiroshima, qui « cachent leur histoire par peur du rejet ».

    « Aujourd’hui, 1 500 survivants et descendants de survivants de la bombe atomique témoignent encore, chaque année », a rappelé la militante. Trois d’entre eux sont venus raconter leur histoire à Château-Arnoux-Saint-Auban l’année dernière, et ont offert au Mouvement de la paix des photographies d’archive d’Hiroshima, qui étaient exposées pendant la présentation de jeudi.

    La présentation était inspirée du livre L’histoire authentique de Sadako Sasaki et des mille grues, également exposé pour les visiteurs jeudi. Un atelier d’origami a permis au public de réaliser des grues en papier, comme l’avait fait Sadako Sasaki avant sa disparition, inspirée de la légende selon laquelle la réalisation de mille grues permet de voir son vœu exaucé. Le Mouvement de la paix avait également préparé un diaporama de photographies d’Hiroshima, mais a préféré ne pas le montrer devant l’émotion déjà importante des spectateurs après la lecture-théâtre.

    Le Mouvement de la paix réitérera l’expérience, samedi à 15h30 à la salle annexe du café du coin.

  • [Quoi de neuf] « Il y a un angle mort sur le Midi blanc, conservateur »

    [Quoi de neuf] « Il y a un angle mort sur le Midi blanc, conservateur »

    Rémy Cougnenc : Le festival les Fourmilières contre les idées l’extrême droite est une première. Qu’est-ce que cela révèle du climat actuel ?

    Emmanuel Négrier : L’importance de l’enjeu et la très grande difficulté dans laquelle se trouvent les grands mouvements ciblés par l’extrême droite aujourd’hui. À savoir : trouver les armes pour lutter contre cette ascension. On voit dans le spectre électoral, les dynamiques de partis, les prises de position, une droitisation généralisée du discours et donc la fragilisation de personnes, groupes sociaux ou culturels ciblés par le RN. On le constate dans les premières expériences des villes conquises par le RN. L’urgence que manifestent ces mouvements, c’est de reprendre un peu la main pour faire le travail des partis politiques [de gauche, ndlr]. Il est essentiel de revenir sur l’Histoire pour ne pas se laisser berner par des discours populistes.

    Rémy Cougnenc : Philippe Secondy, c’est une plus-
    value historique que vous avez amenée au débat
    à la Carmagnole du 15
     septembre ?

    Philippe Secondy : Tout à fait. Je donne un éclairage sur l’esprit des lieux. Chaque territoire a des singularités politiques. Il est nécessaire de faire un long détour dans les archives pour montrer comment ces territoires ont été imprégnés sur le plan politique par des conflits parfois ancestraux avec des dimensions sociales, religieuses, économiques… qui ont pu peser.

    Rémy Cougnenc : Dans votre ouvrage, « La persistance du Midi Blanc » (catholicisme traditionnel, royauté, antirépublicains), vous expliquez que la crise viticole de 1907 a bouleversé les rapports de force avec le « Midi Rouge »…

    Philippe Secondy : Pour comprendre 1907, il faut comprendre ce qui s’est passé depuis la fin du XVIIIe siècle. En Languedoc et dans le sous-secteur rhodanien, on a un affrontement net entre les « rouges » et les « blancs ». Les « bleus » – les Orléanistes et Bonapartistes – étaient quelque peu marginaux. L’extrême droite a des racines dans ce Midi royaliste, dans lequel la religion va jouer un rôle de ciment fédérateur. Au XIXe, il y aura plusieurs dimensions. Dès 1819 avec la Restauration, durant Louis XVIII, Montpellier est la première ville de France à ériger un monument en l’honneur du « roi martyr », Louis XVI. La pose de la première pierre a donné lieu à un grand rassemblement populaire en 1819. La statue a été érigée place des Capucins aujourd’hui place du marché aux fleurs (à côté de la préfecture). On a des grands propriétaires terriens nobles alliés à la haute bourgeoisie mais aussi un enracinement de cette culture politique au sein des couches populaires. Tout cela sera confirmé lors des élections de 1849 après l’instauration du suffrage universel direct masculin. On va voir surgir des bastions « blancs » notamment dans l’est de l’Hérault. Au fil du siècle, ce Midi blanc va se consolider avec le journal L’Éclair qui naît en 1881 et qui existera avec un impact important jusqu’en 1944, dirigé par des membres de la noblesse et de la grande bourgeoisie. Ils seront rejoints par l’évêque Monseigneur de Cabrières qui jouera un rôle central durant un demi-siècle. En 1907, il va tendre la main aux révoltés de la viticulture et des perches à certains membres du « Midi rouge » qui est assez éclaté avec des radicaux-socialistes vus comme des radis : rouges de l’extérieur mais blancs de l’intérieur. Il va profiter de ce moment d’union nationale pour essayer de récupérer sur le plan politique ces viticulteurs massivement mobilisés contre l’État central [face à la surproduction de vin].

    Olivier Nottale : C’est vrai que les jeunes de 2026 n’ont pas forcément connaissance qu’il a pu exister ce « Midi blanc » à Montpellier…

    Philippe Secondy : En fait, il y a longtemps eu une focalisation sur le « Midi rouge » avec des travaux importants de l’historien Jean Sagnes ou Paul Alliès en science politique. Il y a un angle mort de ce Midi conservateur structuré par les royalistes. Chez eux, il y aura des entrepreneurs politiques qui ont accepté les règles de la modernité électorale avec le suffrage universel. Je pense notamment à l’avocat André Vincent qui à la fin du XIXe siècle va développer la jeunesse royaliste, laquelle va entamer un bras de fer avec les notables « blancs », favorables à une sorte d’honorable modération, ne souhaitant pas participer au jeu politique. Or, André Vincent et ses émules comprennent que pour agir concrètement, il faut adopter les nouvelles règles. Grâce au concours de l’Église, ils vont créer des structures de type associatif, vecteurs essentiels pour ancrer ce « Midi blanc ». On met aussi en avant ce qu’il se passe dans les monarchies européennes voisines. Une sorte de programme politique assez moderniste sur certains points se met en place.

    Rémy Cougnenc : Comment le « Midi blanc » a-t-il encaissé la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l’État ?

    Philippe Secondy : Cela a été un coup derrière la tête mais aussi un moment important de mobilisation politique. Mgr de Cabrières qui sera aussi cardinal va défier le Pape Léon XIII qui prônait le ralliement à la République. Il va écrire le manifeste d’Avignon.

    Écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • 126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    126 ans de lutte pour l’autonomie syndicale à Arles

    La Bourse du travail est un lieu de patrimoine non pas par ancienneté mais parce qu’elle véhicule une mémoire ouvrière et sociale », estime Nicolas Koukas, élu (PCF) à Arles et historien de formation. À l’occasion de la journée du Patrimoine, il revient sur l’« histoire collective » du bâtiment, alors que le maire (Horizons) Patrick de Carolis souhaite en évincer l’Union locale CGT depuis trois ans.

    Car depuis son inauguration en 1901, la question se pose : « Qui contrôle la bourse » pose l’historien. L’essor du monde ouvrier a conduit la municipalité socialiste d’Honoré Nicolas à créer la Bourse du travail, l’édile dira même à la grande fête d’inauguration « Instruisez-vous citoyens, apprenez à raisonner (…) et vous serez libre » retranscrit en substance l’historien, rappelant l’importance de la bibliothèque dans ce lieu. « C’est plus une question de liberté que d’instruction », nuance-t-il.

    « Un lieu démocratique »

    « À l’époque, la mairie veut un employé non syndiqué sur place pour surveiller, tandis que les syndicats souhaitent davantage d’autonomie. C’est l’épisode dit du concierge », indique Nicolas Koukas. En 1904, les relations avec le même Honoré Nicolas se tendent autour de l’indépendance des syndicats vis-à-vis des partis. En 1906, la Ville refuse aux ouvriers grévistes de se réunir à la Bourse. En février 1909, « la Bourse du travail obtient son autonomie et devient la maison des syndicats », détaille l’orateur.

    Une autonomie remise en cause. « Un journal de droite demande en 1920 la fermeture de la Bourse du travail car ‘‘foyer le plus important de toute l’agitation révolutionnaire à Arles’’, cela montre ce que les réactionnaires avaient déjà en eux », estime Nicolas Koukas. Le régime de Vichy ira beaucoup plus loin. « Les syndicats seront interdits et la Bourse du travail fermée » indique le conférencier, « huit cheminots seront arrêtés et trois déportés ».

    À la Libération, la Bourse du travail retrouve sa fonction, « toutes les mobilisations vont s’y succéder : papeteries, Lustucru, hôpital »… liste Nicolas Koukas. « La Bourse du travail est un lieu essentiel à la démocratie », conclut-il.

  • [Hommage] Une poignée de terre du maquis Jean Grandel à Châteaubriant

    [Hommage] Une poignée de terre du maquis Jean Grandel à Châteaubriant

    C’était le premier maquis de l’Hérault. Un maquis Francs tireurs et partisans créé dans la région de Saint-Pons-de-Thomières. Deux ans après que 27 hommes, surtout des communistes et des cégétistes, avaient été fusillés le 22 octobre 1941 à Châteaubriant, le premier réflexe de ces résistants héraultais fut de donner à leur groupe le nom de Jean Grandel. Une autre de leurs motivations fut certainement que Jean Grandel, fusillé aux côtés de Guy Môquet, était né en 1891 à Montpellier et qu’il y fut secrétaire de l’Union locale CGTU. Mais sa vie héroïque tout du long justifiait à elle seule qu’ils lui rendent hommage. 85 ans après sa mort, le 19 septembre prochain à Prémian et Saint-Étienne d’Albagnan, au cœur du maquis qui portait son nom, un hommage national sera rendu à celui qui fut maire de Gennevilliers de 1934 à 1939.

    Jean-Claude Llinarès, ancien président de l’institut d’histoire sociale de la CGT de l’Hérault et président de l’Arac (association républicaine des anciens combattants) est une des chevilles ouvrières de cette cérémonie toute particulière, puisqu’une dizaine de jeunes de Gennevilliers viendront « prélever un peu de la terre du maquis pour l’apporter dans une alvéole du monument dédié aux martyrs » au mémorial de Châteaubriant en Loire Atlantique.

    Il n’avait que 50 ans quand, otage désigné « par le revanchard des négociations de 1936, Pierre Pucheu, ministre de l’Intérieur du gouvernement de Vichy », précise Jean-Claude Llinarès, Jean Grandel fut fusillé par les nazis en représailles à un attentat contre un général allemand. Avant son assassinat, sa vie avait été d’une extraordinaire richesse. Normalien, entré par concours aux PTT, aviateur pendant la première guerre mondiale, très tôt syndicaliste, Jean Grandel fut directement à l’origine de la création du syndicat unitaire du textile de Lodève.

    Affecté à Paris Poste en 1924, il aura d’importantes responsabilités syndicales qui lui vaudront d’être suspendu puis révoqué des PTT en 1929. Et en 1934, domicilié à Gennevilliers près de Paris, membre du PCF depuis 1926, il est élu conseiller général puis maire de Gennevilliers. Quand commence la guerre d’Espagne, se faisant remplacer à Gennevilliers, il s’engage contre le franquisme et organise sur place le service de courrier et de communication des Brigades internationales. En 1940, il est déchu comme 60 autres élus communistes de ses mandats. Après une période dans la clandestinité, il sera arrêté, transféré de camp en camp avant d’être fusillé.

    La veille de sa mort, il écrit à sa compagne : « Ma main ne tremble pas… J’ai vécu pour le bien du peuple ; je meurs pour lui sachant que ma mort ne sera pas inutile. Plus que jamais, j’ai confiance en l’avenir. » Un avenir qui n’est aujourd’hui pas si radieux, insiste Jean-Claude Linarès, indigné par ce qu’il appelle « la revisitation de l’histoire », « en particulier ici à Béziers, par Robert Ménard ». Mais aussi par tous ceux qui essaient de récupérer les Résistants, notamment l’extrême droite alors que le RN a été créé par d’anciens collabos, les mêmes qui ont permis que Jean Grandel et Guy Môquet soient fusillés.

    * Le rendez-vous est fixé à 10h45 à Prémian avant la montée vers le maquis, où sera prélevée la terre. Puis auront lieu les différents dépôts de gerbe à Prémian et Saint-Etienne d’Albagnan. Après le repas à 14h, conférence-débat avec Danielle Ledoux, co-autrice de l’ouvrage « Jean Grandel un homme
    du peuple dans l’Histoire
     ».

    « Ma main ne tremble pas… J’ai vécu pour le bien du peuple »

  • Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    La Ville indique que « jamais ils n’avaient enregistré une telle fréquentation en un seul mois. » Ce résultat est porté par le succès « des expositions temporaires », notamment au Centre de la Vieille Charité, avec 51 561 visiteurs (+48,23%), ainsi qu’au Musée d’Histoire, au Château Borély et au MAC.

  • L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    La conférence intitulée « Le Front populaire, de l’Espagne à la Provence et Marseille, de 1936 à 1938 » est co-organisée par le Musée et l’association Promemo (Provence, Mémoire et Monde ouvrier), présidée par Gérard Leidet. Les intervenants reviendront sur l’histoire et l’impact des Fronts populaires français et espagnol sur les structures politiques et patronales.

    Plusieurs universitaires participeront à la discussion : Xavier Daumalin, professeur émérite d’histoire contemporaine, Jean Domenichino, historien et maître de conférences HCR (agence des Nations Unies pour les réfugiés), et Isabelle Renaudet, professeure d’histoire contemporaine. Tous sont membres de l’unité de recherche Telemme liée à l’Université d’Aix-Marseille et au CNRS. Lors de cette conférence, il sera question dans un premier temps des structures qui ont permis l’émergence du Front populaire en France, « un événement qui a combiné, de manière originale, un mouvement social d’une ampleur jusqu’alors inégalée, un projet politique qui a rassemblé l’ensemble des forces de gauche du pays, et enfin une expérience gouvernementale inédite », présente Gérard Leidet. Après avoir également évoqué le choc entre ce Front populaire et le patronat marseillais, cette conférence permettra « de faire dialoguer les Fronts populaires français et espagnols ». En interrogeant notamment « le rôle des partis de la gauche espagnole, réformiste comme révolutionnaire, dans la conduite de la politique, avant l’entrée dans la guerre civile en juillet 1936 », ajoute le président de l’association.

    Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

  • Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Tous les Haut-Alpins connaissent le barrage de Serre-Ponçon. Mais ont-ils déjà été attentifs aux paysages qui se déploient autour de cette gigantesque infrastructure ? L’exposition « Côte 780. Regards croisés autour du barrage de Serre-Ponçon et ses infrastructures », pensée par l’artiste Amandine Mohamed-Delaporte, invite les visiteurs à poser un autre regard sur l’ouvrage hydraulique et son environnement. Elle est à découvrir du 19 septembre au 19 mars.

    « Tout commence en 2023, lorsque Amandine nous a sollicités pour entamer des recherches sur les aménagements du lac de Serre-Ponçon et sur les productions d’Henry Baranger », se souvient Pierre Fabry, le directeur des Archives départementales. Henry Baranger était photographe industriel, qui a notamment immortalisé les différentes étapes de la construction du barrage de 1955 à 1961. Certains de ses clichés servent de porte d’entrée à l’exposition. « Une partie d’entre eux étaient enfouis chez EDF, elles n’ont jamais été vues par le public, mais seulement par des ingénieurs ou décideurs », note Pierre Fabry. « Il s’agit de témoignages uniques de la transformation du paysage », explique Amandine Mohamed-Delaporte. Passionnée par la manière dont la modernité a bouleversé nos vies, l’artiste met en perspective ces clichés industriels avec ses propres photographies.

    Mais sur les siennes, on ne distingue à aucun moment le barrage, seulement son environnement.

    « Une histoire oubliée »

    « Il y a dans ces images des histoires que les locaux pourront comprendre. L’ouvrage a conditionné l’histoire du département, du village englouti, et a eu des effets sur l’environnement et le climat. C’est tout ce que j’ai suggéré à travers l’enquête photo. »

    D’autres formes d’art prennent place dans la salle d’exposition, comme des plaques de métal ou de béton. Certaines, baptisées « Elles » et « Eux », rendent hommage à toutes les personnes qui ont œuvré à la construction de l’infrastructure. « On parle principalement des ingénieurs, mais pas des milliers de personnes qui ont participé », souligne-t-elle. Des sons accompagnent le parcours. « C’est un jeu de tension : on y entend à la fois le calme du lac, mais aussi des bruits industriels, les bruits de l’infrastructure », indique l’artiste. Anthony Aubert, chargé de communication chez EDF, partenaire de l’exposition, souligne la qualité de l’exposition : « Ce travail permet de raconter les ouvrages autrement, de se souvenir de l’aspect patrimonial. »

    Agathe Di Lenardo

    Vernissage le 17 septembre à 18h.

  • Le protoxyde d’azote, une histoire ancienne

    Le protoxyde d’azote, une histoire ancienne

    L’association Protoside rassemble depuis 2024 des médecins et professionnels de santé pour faire connaître les dangers du protoxyde d’azote. Leur site offre des ressources précieuses pour les familles et les jeunes concernés par ce fléau. Des définitions simples permettent de comprendre la nature de cette nouvelle substance et sa longue histoire.

    Le protoxyde d’azote c’est quoi ? Aussi appelé gaz hilarant, le protoxyde d’azote est un gaz incolore à la fois utilisé pour ses applications médicales et industrielles, mais aussi sujet à un usage détourné. Il a été découvert en 1772 par le chimiste Joseph Priestley. mais c’est le physicien et chimiste britannique Humphry Davy qui découvre, 20 ans plus tard, les effets euphorisants de ce gaz. Le protoxyde d’azote est initialement utilisé dans le domaine festif et notamment dans les fêtes foraines, cependant cela a été ensuite arrêté, lié à des complications médicales importantes.

    Utilisation en médecine. Le protoxyde d’azote est ensuite utilisé comme anesthésique en combinaison avec d’autres gaz pour des procédures chirurgicales courtes. Sa capacité à induire une sédation légère tout en permettant aux patients de rester conscients en fait un choix populaire pour des procédures moins invasives.

    Applications industrielles. En dehors du domaine médical, le protoxyde d’azote est utilisé comme propulseur dans les aérosols (cartouche pour crème chantilly) et comme oxydant dans les moteurs à fusée. Il est également utilisé dans la fabrication de semi-conducteurs.

    Usage récréatif et détourné. Depuis quelques années, le protoxyde d’azote a été détourné pour son effet euphorisant lorsqu’il est inhalé. L’usage détourné du protoxyde d’azote a initialement débuté par l’utilisation des cartouches de crème chantilly avec des ballons. Les contenants à usage récréatif du protoxyde d’azote ont été ensuite de plus en plus volumineux avec l’utilisation de bonbonnes qui contiennent environ 80 à 100 capsules de protoxyde d’azote. Les contenants de protoxyde d’azote les plus volumineux actuellement appelés « Tank » contiennent un équivalent de 400 à 600 capsules de protoxyde d’azote. On trouve également des contenants variés de protoxyde d’azote aromatisés afin d’inciter à la consommation.