Tag: histoire

  • Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    Record de fréquentation dans les musées marseillais en août

    La Ville indique que « jamais ils n’avaient enregistré une telle fréquentation en un seul mois. » Ce résultat est porté par le succès « des expositions temporaires », notamment au Centre de la Vieille Charité, avec 51 561 visiteurs (+48,23%), ainsi qu’au Musée d’Histoire, au Château Borély et au MAC.

  • L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    L’impact du Front populaire, de l’Espagne à la Provence

    La conférence intitulée « Le Front populaire, de l’Espagne à la Provence et Marseille, de 1936 à 1938 » est co-organisée par le Musée et l’association Promemo (Provence, Mémoire et Monde ouvrier), présidée par Gérard Leidet. Les intervenants reviendront sur l’histoire et l’impact des Fronts populaires français et espagnol sur les structures politiques et patronales.

    Plusieurs universitaires participeront à la discussion : Xavier Daumalin, professeur émérite d’histoire contemporaine, Jean Domenichino, historien et maître de conférences HCR (agence des Nations Unies pour les réfugiés), et Isabelle Renaudet, professeure d’histoire contemporaine. Tous sont membres de l’unité de recherche Telemme liée à l’Université d’Aix-Marseille et au CNRS. Lors de cette conférence, il sera question dans un premier temps des structures qui ont permis l’émergence du Front populaire en France, « un événement qui a combiné, de manière originale, un mouvement social d’une ampleur jusqu’alors inégalée, un projet politique qui a rassemblé l’ensemble des forces de gauche du pays, et enfin une expérience gouvernementale inédite », présente Gérard Leidet. Après avoir également évoqué le choc entre ce Front populaire et le patronat marseillais, cette conférence permettra « de faire dialoguer les Fronts populaires français et espagnols ». En interrogeant notamment « le rôle des partis de la gauche espagnole, réformiste comme révolutionnaire, dans la conduite de la politique, avant l’entrée dans la guerre civile en juillet 1936 », ajoute le président de l’association.

    Entrée gratuite dans la limite des places disponibles.

  • Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Changer de regard sur le barrage de Serre-Ponçon

    Tous les Haut-Alpins connaissent le barrage de Serre-Ponçon. Mais ont-ils déjà été attentifs aux paysages qui se déploient autour de cette gigantesque infrastructure ? L’exposition « Côte 780. Regards croisés autour du barrage de Serre-Ponçon et ses infrastructures », pensée par l’artiste Amandine Mohamed-Delaporte, invite les visiteurs à poser un autre regard sur l’ouvrage hydraulique et son environnement. Elle est à découvrir du 19 septembre au 19 mars.

    « Tout commence en 2023, lorsque Amandine nous a sollicités pour entamer des recherches sur les aménagements du lac de Serre-Ponçon et sur les productions d’Henry Baranger », se souvient Pierre Fabry, le directeur des Archives départementales. Henry Baranger était photographe industriel, qui a notamment immortalisé les différentes étapes de la construction du barrage de 1955 à 1961. Certains de ses clichés servent de porte d’entrée à l’exposition. « Une partie d’entre eux étaient enfouis chez EDF, elles n’ont jamais été vues par le public, mais seulement par des ingénieurs ou décideurs », note Pierre Fabry. « Il s’agit de témoignages uniques de la transformation du paysage », explique Amandine Mohamed-Delaporte. Passionnée par la manière dont la modernité a bouleversé nos vies, l’artiste met en perspective ces clichés industriels avec ses propres photographies.

    Mais sur les siennes, on ne distingue à aucun moment le barrage, seulement son environnement.

    « Une histoire oubliée »

    « Il y a dans ces images des histoires que les locaux pourront comprendre. L’ouvrage a conditionné l’histoire du département, du village englouti, et a eu des effets sur l’environnement et le climat. C’est tout ce que j’ai suggéré à travers l’enquête photo. »

    D’autres formes d’art prennent place dans la salle d’exposition, comme des plaques de métal ou de béton. Certaines, baptisées « Elles » et « Eux », rendent hommage à toutes les personnes qui ont œuvré à la construction de l’infrastructure. « On parle principalement des ingénieurs, mais pas des milliers de personnes qui ont participé », souligne-t-elle. Des sons accompagnent le parcours. « C’est un jeu de tension : on y entend à la fois le calme du lac, mais aussi des bruits industriels, les bruits de l’infrastructure », indique l’artiste. Anthony Aubert, chargé de communication chez EDF, partenaire de l’exposition, souligne la qualité de l’exposition : « Ce travail permet de raconter les ouvrages autrement, de se souvenir de l’aspect patrimonial. »

    Agathe Di Lenardo

    Vernissage le 17 septembre à 18h.

  • Le protoxyde d’azote, une histoire ancienne

    Le protoxyde d’azote, une histoire ancienne

    L’association Protoside rassemble depuis 2024 des médecins et professionnels de santé pour faire connaître les dangers du protoxyde d’azote. Leur site offre des ressources précieuses pour les familles et les jeunes concernés par ce fléau. Des définitions simples permettent de comprendre la nature de cette nouvelle substance et sa longue histoire.

    Le protoxyde d’azote c’est quoi ? Aussi appelé gaz hilarant, le protoxyde d’azote est un gaz incolore à la fois utilisé pour ses applications médicales et industrielles, mais aussi sujet à un usage détourné. Il a été découvert en 1772 par le chimiste Joseph Priestley. mais c’est le physicien et chimiste britannique Humphry Davy qui découvre, 20 ans plus tard, les effets euphorisants de ce gaz. Le protoxyde d’azote est initialement utilisé dans le domaine festif et notamment dans les fêtes foraines, cependant cela a été ensuite arrêté, lié à des complications médicales importantes.

    Utilisation en médecine. Le protoxyde d’azote est ensuite utilisé comme anesthésique en combinaison avec d’autres gaz pour des procédures chirurgicales courtes. Sa capacité à induire une sédation légère tout en permettant aux patients de rester conscients en fait un choix populaire pour des procédures moins invasives.

    Applications industrielles. En dehors du domaine médical, le protoxyde d’azote est utilisé comme propulseur dans les aérosols (cartouche pour crème chantilly) et comme oxydant dans les moteurs à fusée. Il est également utilisé dans la fabrication de semi-conducteurs.

    Usage récréatif et détourné. Depuis quelques années, le protoxyde d’azote a été détourné pour son effet euphorisant lorsqu’il est inhalé. L’usage détourné du protoxyde d’azote a initialement débuté par l’utilisation des cartouches de crème chantilly avec des ballons. Les contenants à usage récréatif du protoxyde d’azote ont été ensuite de plus en plus volumineux avec l’utilisation de bonbonnes qui contiennent environ 80 à 100 capsules de protoxyde d’azote. Les contenants de protoxyde d’azote les plus volumineux actuellement appelés « Tank » contiennent un équivalent de 400 à 600 capsules de protoxyde d’azote. On trouve également des contenants variés de protoxyde d’azote aromatisés afin d’inciter à la consommation.

  • Le dernier volume de l’encyclopédie sur l’OM est là

    Le dernier volume de l’encyclopédie sur l’OM est là

    Après avoir épluché les archives de la très longue histoire de l’OM, Gilles Castagno avait envie de proposer un dernier éclairage original.

    « Certains lecteurs des cinq premiers volumes me disaient que cela manquait de photos. C’était un choix de ma part, de n’utiliser les images que lorsqu’elles avaient un intérêt ». Néanmoins, lorsqu’un photographe lui a offert ses archives, négatifs et diapositives, il s’est retrouvé avec suffisamment de matière pour proposer un tome six original.

    Hormis une page d’introduction, et un additif au tome 1 sur un match oublié, ce livre est un recueil de 400 photos, sur des doubles pages détachables. « Ainsi, ceux qui le souhaitent pourront les mettre sous cadre », explique-t-il.

    Gilles Castagno n’a pas compté les heures pour identifier les clichés, choisir des images originales et les scanner afin de proposer une iconographie à la riche histoire de ce club de légende qu’est l’OM.

    Dans ce recueil, on y trouve une photo du FC Marseille, où figurent quarante personnes qui sont sûrement les fondateurs de l’OM. « Un lecteur m’a également fourni une image des Olympiens inaugurant le stade de Compiègne, entre deux matches joués dans le nord du pays. J’ai également une image de Marcel Leclerc dirigeant un entraînement. » A été retrouvé également le premier trophée glané par l’OM, le bouclier de champion du Littoral, qui dort dans une salle obscure de la Ligue de Méditerranée.

    Tiré à 250 exemplaires, plus 5 tous signés et numérotés, l’ouvrage intitulé Instantanés. Tome 6, Marseille club de légende, est disponible sur www.encyclom.com et dans les librairies de la Bourse, Arcadia et bientôt à la Fnac.

  • Scop-Ti : historique de la lutte

    Scop-Ti : historique de la lutte

    Septembre 2010

    Unilever annonce la fermeture

    Le groupe Unilever annonce son intention de fermer l’usine Fralib (thés Éléphant et Lipton) de Gémenos. 182 emplois directs et 50 induits sont menacés. Une délocalisation en Pologne est envisagée. À l’époque, le groupe embauche 167 000 salariés au total, cumule un chiffre d’affaires de 44 milliards d’euros et ses produits sont vendus dans plus de 180 pays.

    Automne 2010

    Les salariés refusent de plier

    Dès l’annonce de la fermeture, 76 salariés Fralib se mobilisent, occupent leur usine et revendiquent le maintien des 182 emplois. Les employés en lutte organisent des rotations pour que leur outil de travail soit surveillé 24h sur 24.

    2012

    Le site est racheté

    La métropole marseillaise rachète le site de Gémenos mais la bataille juridique continue. Les trois premiers Plan de sauvegarde de l’emploi proposés par Unilever sont tour à tour refusés par la justice.

    Mai 2014

    Unilever accepte le plan de fin de conflit

    Après 1336 jours de lutte, Unilever accepte finalement la signature d’un protocole de fin de conflit avec ses anciens salariés. L’industriel leur verse 19,1 millions d’euros pour que soit monté leur projet de coopérative Scop-TI. Seuls 3 millions d’euros reviennent effectivement à cette dernière. La majorité de la somme, soit environ 11 millions d’euros, sert à reverser les salaires non payés pendant la lutte et les cotisations sociales que le groupe avait également refusé de payer.

    2016

    Première année d’exercice plein

    C’est le début des activités et la première année d’exercice plein. Le chiffre d’affaires atteint 1,8 million d’euros, mais le déficit est encore d’1,4 million d’euros.

    2025

    Meilleur chiffre d’affaires

    La Scop-Ti réalise un chiffre d’affaires de 4,6 millions d’euros, les meilleurs résultats de son histoire. Mais la coopérative reste en déficit d’environ 250 000 euros. Et de lancer un nouvel appel.

  • Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    Deux cents ans de photographie de Marseille à l’Algérie

    C’est en 1826 que Point de vue du Gras devient, la première photographie réussie et existante encore de nos jours. 200 ans plus tard, à l’ère du numérique, c’est grâce à un projet du ministère de la Culture que la France célèbre cet anniversaire, de septembre 2026 à septembre 2027.

    À Marseille, ce sont deux expositions qui ont été labellisées, afin de participer à cette manifestation autour de l’histoire de la photo : Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos au Musée de l’Histoire de Marseille, ainsi que AFRICA au Musée d’Art Contemporain.

    L’exposition Marseille vue par les Detaille – 164 ans de photos, retrace le travail de trois générations de la famille de photographes Detaille à Marseille. À travers les 225 images exposées, c’est toute une œuvre qui met à l’honneur l’histoire de la ville de Marseille. Un récit qui témoigne de l’évolution architecturale, sociale et humaine de la cité phocéenne, de 1860 à nos jours. Cette exposition a vu le jour grâce au don de Hélène et Gérard Detaille d’un fond photographique de plus de 50 000 images et documents, archivés par le musée. Un trésor historique et mémoriel.

    « Une fréquentation historique »

    Programmée initialement du 31 octobre 2025 au 31 octobre 2026, l’exposition a connu un tel succès qu’elle a été prolongée jusqu’au 20 juin 2027. Pour Fabrice Denise, président du Musée d’Histoire de Marseille, c’est une « fréquentation historique », avec plus de 6 000 visiteurs lors des dix premiers jours de l’exposition. La gratuité du musée a attiré les foules tout autant que ces photos, qui créent « un grand album de famille », explique-t-il, qui lie les habitants à leur ville, à travers toutes les générations.

    Le président met aussi en avant l’importance de cette exposition : les musées doivent « permettre de comprendre, d’analyser et de développer l’esprit critique », notamment chez les plus jeunes, dans un monde submergé par les contenus produits par l’intelligence artificielle.

    Au Musée d’Art Contemporain (MAC), AFRICA, l’exposition de Louisa Babari, visible jusqu’au 3 janvier 2027, retrace quant à elle l’histoire antique des civilisations berbères et numides sur le territoire actuel de l’Algérie. Elle s’appuie notamment sur un corpus d’œuvres photographiques, plastiques et sonores, en mêlant arts visuels, histoire et mémoire. Le Musée d’Art Contemporain de Marseille décrit l’exposition comme « une réflexion esthétique et quasi “scientifique” sur une Algérie antique, précoloniale et mythologique, encore largement absente des représentations dominantes ».

    Lauréate du prix AWARE Nouveau Regard en 2023, cette récompense a été un véritable tremplin pour Louisa Babari, même si c’est l’acquisition de plusieurs de ses œuvres par les Musées de Marseille qui a confirmé leur collaboration.

    Dans un entretien avec le Musée d’Art Contemporain, Louisa Babari évoque le contexte particulier dans lequel se place l’exposition : « le projet s’est construit autour de deux axes principaux de ma pratique : d’une part, une réflexion sur la généalogie, les archives familiales, réelles ou frictionnelles ; d’autre part, une exploration historique plus large qui remonte jusqu’à l’Antiquité et interroge l’histoire de l’Algérie et de l’Afrique du Nord ».

    Dans ce même entretien elle revient également sur la place importante qu’occupe la photographie dans son œuvre, et l’évoque comme « un moyen de faire dialoguer passé et présent, de faire apparaître une présence humaine à travers la minéralité de ces objets antiques ».

    Plus d’informations sur musees.marseille.fr

  • L’appropriation du RPR par l’extrême droite sanctionnée

    L’appropriation du RPR par l’extrême droite sanctionnée

    À travers une décision rendue ce mercredi 2 septembre, l’Institut national de la propriété intellectuelle a déclaré comme nul le dépôt par le député RN Franck Allisio, le 15 février 2024, de la marque RPR avec son logo assorti de la Croix de Lorraine. « La mauvaise foi des titulaires de la marque contestée est caractérisée », conclut la décision consultée par La Marseillaise, qui étrille « des intentions d’exploitation parasitaire de la notoriété résiduelle d’une marque », celle du parti gaulliste fondé en 1976 par Jacques Chirac. Une victoire, pour le président (Ren.) de Région Renaud Muselier, à l’origine de la contestation. Dans un communiqué de presse ce vendredi, il « salue la fin d’une usurpation ». Et rappelle que la captation de la Croix de Lorraine – proposée à la France Libre par son grand-père l’amiral Émile Muselier – par le RN « dont la famille politique combattait la France Libre, relève de l’indécence ». Et d’appuyer : « Ceux qui prétendent aujourd’hui s’en habiller n’en ont ni la filiation, ni la légitimité, ni la moindre parcelle du courage ».

    Le 23 juin 2023, c’est au côté du maire d’extrême droite de Marignane Éric Le Dissès que le député Franck Allisio avait annoncé ressusciter le RPR, dont la marque n’était plus protégée à l’INPI, pour en faire une antichambre du RN à destination des élus débauchés à droite. Pendant la campagne des municipales, le candidat à Marseille avait ainsi fait fort d’afficher côte à côte le nom du parti chiraquien avec la Croix de Lorraine et celui du RN avec sa flamme lepéniste. En février 2024, Renaud Muselier avait tenté une première fois de bloquer l’utilisation du logo du RPR en déposant à son tour avec son parti Cap sur l’avenir la marque « Rassemblement pour la République ». Mais l’INPI avait alors retoqué sa démarche.

    Le RN persiste

    Cette fois, il obtient gain de cause. « Les titulaires de la marque contestée, qui indiquent eux-mêmes militer au sein d’un parti politique, ne pouvaient ignorer, au jour du dépôt de cette marque, l’usage antérieur du signe figuratif Le Rassemblement pour la République », pointe la décision qui rappelle que le sigle « reprend strictement à l’identique, les éléments figuratifs, la présentation et l’ensemble verbal » du RPR historique encore bien présent dans les mémoires, avec « un but manifeste de se placer dans le sillage de la marque antérieure ». En bref, une « exploitation parasitaire » de l’héritage chiraquien qui conduit à déclarer comme nul le dépôt de la marque et ordonner aux dépositaires de rembourser les frais à hauteur de 1 200 euros.

    Pas de quoi convaincre le RN. « Tant que la cour d’appel compétente ne se sera pas prononcée sur le bien-fondé de ces décisions administratives, celles-ci ne sont pas définitives », répond Franck Allisio par un communiqué de son avocat. En assurant pouvoir toujours utiliser sa dénomination sociale de Rassemblement pour la République, « qui n’est contestée par personne ». Peu importe l’antithèse politique et historique.

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • Redécouvrir le comte Mirabeau, son histoire et son héritage

    Redécouvrir le comte Mirabeau, son histoire et son héritage

    Nombre sont les qualificatifs qui décrivent le comte Mirabeau (1749-1791). À la fois un « élu des cœurs et des peuples » et une « icône dont l’Académie souhaite perpétuer la mémoire » pour Christian Dureuil, membre de l’académie d’Aix et commissaire de l’exposition.

    Un « révolutionnaire convaincu mais conseiller, tout de même, de la famille royale », et un « sacré personnage » décrit la maire d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, parmi les élus et figures locales présentes au lancement de l’exposition « Mirabeau à Aix », qui retrace l’histoire de ce comte. Et l’empreinte qu’il a laissée, à la fois politique, par de célèbres combats, notamment contre l’esclavagisme, mais aussi par son histoire sentimentale.

    L’exposition, marque l’anniversaire des 150 ans de la dénomination du Cours Mirabeau, nommé en 1876. Le nom, avait été proposé et poussé par le maire d’Aix-en-Provence de l’époque, Salomon Bédarrides. Une affaire politique complexe, puisqu’il fallait, en ces temps, un décret du président de la République pour faire approuver la décision de ce nom controversé, à la fois admiré et détesté. Il y a 150 ans également, la célèbre statue du comte, sculptée par Truphème, installée il y a un siècle seulement devant le Palais de Justice, après avoir été longtemps exposée dans la Cour de l’Hôtel de Ville, arrivait dans la capitale de Provence, elle aussi. « Nous avons la chance d’avoir une série de documents et le fonds le plus important de France de la famille Mirabeau. Ça nous a été donné par deux donateurs successifs (…) L’un, est la dernière petite nièce de Mirabeau, la dernière à porter le nom, qui nous a donné les tableaux. L’autre, est la famille Lucas de Montigny, dont le grand-père était le fils adoptif de Mirabeau. Il était d’ailleurs probablement son véritable fils », rappelle Jean-Yves Naudet, président de l’académie d’Aix. Le fonds, précieusement conservé par l’Académie, se compose de « milliers et de milliers de documents », présente-t-il.

    Des centaines

    de documents exposés

    Une petite partie, environ 300 documents seulement, est sortie pour le grand public, à l’académie d’Aix. Parmi les archives emblématiques, toutes les pièces autour des luttes de Mirabeau contre la « traite des noirs » et l’esclavagisme notamment. « Il y a le discours de Mirabeau sur l’esclavagisme et surtout, il était en contact avec un anglais qui était pour l’abolition de l’esclavage et on a les dessins originaux de ces horreurs qu’étaient les bateaux, ou les esclaves étaient entassés », précise Jean-Yves Naudet. L’exposition, est à voir dès ce jeudi 3 septembre et jusqu’au 27 mars pour (re)découvrir le parcours de ce personnage historique.