Tag: histoire

  • Il y a 60 ans… l’explosion du pétrolier « Olympic Honour »

    Il y a 60 ans… l’explosion du pétrolier « Olympic Honour »

    Le vendredi 1er avril 1966, des tuyauteurs de la Société Provençale des Ateliers Terrin(SPAT) effectuaient des travaux de réparation sur un pétrolier L’Olympic Honour appartenant au richissime armateur Onassis.

    Pour ce faire, ils devaient découper un morceau de tuyau endommagé. Le Plan de travail remis par la compagnie pétrolière démontrait que cette tuyauterie communiquait avec la salle des pompes et les citernes transportant le brut. Tout cela était dégazé et ne comportait aucun risque. Le samedi 2 avril au matin, cette même équipe viendra souder le nouveau tuyau. C’est alors que se produisit une terrible explosion.

    Après expertise, la tuyauterie avait subi des transformations qui n’étaient mentionnées nulle part sur le plan. Cette tuyauterie communiquait avec la soute à gazoil sous gaz inerte qui alimentait l’ensemble de la machinerie du navire. Pendant la nuit, l’air s’introduira par le tuyau découpé et le mélange air/gaz produit par le gasoil provoquera ce terrible drame.

    La tôle de coque de 15m² environ sera propulsée dans la mer, une épaisse fumée noire à couper au couteau se dégagera du navire et l’on retrouvera même des rivets sur le quai d’en face à 400 m environ.

    Nuit de cauchemar

    À la suite de cette explosion, on déplorait 7 morts, dont 4 marins et 3 ouvriers de la SPAT, ainsi que 31 blessés parmi lesquels se trouvait notre camarade François Mura.

    Les marins pompiers ont lutté jusqu’à la nuit pour éteindre l’incendie. Ils ont été remarquables et courageux.

    En l’espace de deux heures, la tôlerie de la cheminée du navire est devenue complètement rouge tellement la chaleur était élevée. Il en était de même pour la mer qui était en flammes.

    Dans l’heure qui suivra l’explosion, toute la réparation navale arrêtera le travail en signe de solidarité. Les ouvriers se relayant à tour de rôle jour et nuit en formant un piquet d’honneur devant le navire.

    Le lundi 4 avril, le pétrolier sera mis à sec sur le dock flottant. Cette nuit-là, les marins pompiers avec les délégués du personnel effectueront toujours les recherches des victimes avec des lampes torches au milieu des cendres et des ferrailles déformées par la chaleur. Ce fut une nuit de cauchemar.

    Lutte de 7 mois

    La grève de solidarité continuera jusqu’au jour des obsèques. À la SPAT, les ouvriers, en Assemblée Générale, décidèrent de faire don de 2 heures de leur salaire pour les attribuer aux 3 veuves.

    Ce terrible drame provoquera un conflit d’une durée de 7 mois contre les conditions de travail qui étaient de 10h y compris le samedi.

    Au mois de novembre 1966, le patronat de la réparation navale, pour en finir avec le conflit, licenciera un grand nombre d’ouvriers. À l’issue de cette lutte, il en résultera une diminution de temps de travail à 9h sans perte de salaire et le début de discussions sur les conditions de sécurité. Le personnel licencié sera réintégré, excepté le secrétaire de la SPAT.

    Yves Thorame

  • [Maj] Les deux navires espagnols historiques ne pourront pas jetter l’ancre pendant quatre jours

    [Maj] Les deux navires espagnols historiques ne pourront pas jetter l’ancre pendant quatre jours

    L’un est une réplique, l’autre un original. Mais les deux sont les témoins d’une époque historique. Le Galeón Andalucía et le Pascual Flores, tous deux parrainés par la Fondation Nao Victoria, aurait du escale pour la première fois à Port-de-Bouc du 25 au 29 mars, et détonner dans le paysage des petits bateaux de plaisance.

    Le premier navire est un galion espagnol du XVIe siècle conçu à la suite d’un long processus de recherche historique par Ignacio Fernández Vial juste avant l’Exposition universelle de 2010 à Shanghai. Ce grand trois mats à la poupe décorée de l’Esperanza du Triana est une reproduction d’une unité des flottes de la Nouvelle Espagne, de Tierra Firme et du galion de Manille, qui commerçaient avec divers ports d’Amérique et d’Asie depuis les ports espagnols au cours du XVIIe siècle.

    Naviguer sur le Pascual Flores

    Le second est une goélette de 1917, l’un des 64 bateaux-pilotes de la flotte à voile de Torrevieja (dans la province d’Alicante), qui a compté jusqu’à 200 navires. Il servait au transport de fruits, de sel et de frets divers. C’est en 1999 que la municipalité de Torrevieja a racheté le Pascual Flores pour en faire un navire témoin de cette période florissante et l’ambassadeur de la ville. Il a été restauré pour devenir un navire-musée flottant avec l’aide de la Fondation Nao Victoria.

    Álvaro Paniagua est actuellement à bord de la goélette avec onze autres membres d’équipage et huit passagers, en provenance de La Spezia. « Il y a eu quelques améliorations faites sur le bateau ces cinquante dernières années, mais la manière de naviguer est plus ou moins la même qu’au début du XXe siècle, témoigne-t-il. Certes, nous avons un moteur mais les manœuvres sont demeurées inchangées. Nous n’utilisons par exemple ni treuil ni système hydraulique pour les voiles. »

  • [Tribune] Un Juif avec Benoît Payan

    [Tribune] Un Juif avec Benoît Payan

    Marseille n’est pas une ville comme une autre. Son histoire, depuis plus de 2600 ans, est basée sur l’immigration et la vie en société de femmes et d’hommes venant d’abord du bassin méditerranéen puis de contrées plus lointaines.

    Le vivre ensemble est un fait qui définit Marseille. Cette ville fait du bruit, crie, s’engueule, mais a une unité qui en fait sa spécificité mais aussi son attractivité. Et elle a l’OM qui fédère toutes et tous, marseillaises et marseillais d’ici et d’ailleurs. Outre toutes les « communautés » issues du monde entier, il y a la deuxième « communauté » Juive de France. Aujourd’hui, sur la liste du candidat d’extrême droite, se trouve un avocat qui se revendique comme juif.

    De nombreux juifs font campagne en sous-main ou ouvertement pour cette liste, notamment soi-disant car seul, en France, le parti d’extrême droite RN aurait soutenu l’état d’Israël après le 7 octobre.

    Cependant, ils ont probablement oublié, au mieux, que le RN est le successeur légal, juridique et en pensée du FN qui fut fondé avec Le Pen père par les Waffen-SS Léon Gaultier et Pierre Bousquet membres de la division Charlemagne de la Waffen-SS ainsi que par François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot) membre de la Milice française et Roland Gaucher vichyssois et militant d’extrême droite.

    Ces personnes du siècle passé ont sur les mains au moins symboliquement par leurs actions, en ces temps sombres, le sang d’un nombre incalculable de juifs déportés pendant la deuxième guerre mondiale. Le RN porte ce fardeau d’avoir été soutenu et d’être encore soutenu par des personnes aux idées similaires et il en reste le porte drapeau. Ce n’est pas parce que son président, avec la petite fille de Le Pen, est allé à Yad Vashem qu’il se serait repenti comme le laissent entendre de nombreux juifs à Marseille.

    Le repentir ou retour en hébreu se dit Techouva : la Techouva ne peut être réalisée que si 6 actions sont faites : Reconnaître ses fautes, Regretter ses fautes, Abandonner ses fautes, Se confesser verbalement, Promettre de ne pas recommencer, Réparer. Ce ne sont pas des larmes de crocodile coulées à Jérusalem qui suffiront à faire ce repentir.

    En tant que Juif, membre de la liste de Benoît Payan, je ne peux imaginer que la mémoire de la Shoah ait été mise au rebut et remplacée par les horreurs des massacres du 7/10 par ceux des Juifs qui ont et vont voter pour l’extrême droite.

    L’extrême droite qui exclut, qui divise, qui attise la haine entre les personnes, n’a rien à voir avec le judaïsme. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est-il écrit dans la Torah. Seule aujourd’hui la liste de Benoît Payan peut permettre d’apaiser la plus belle ville de France.

  • [Mémoire] Février 1906, la grève des transbordeuses en Occitanie

    [Mémoire] Février 1906, la grève des transbordeuses en Occitanie

    Le 25 février 1906 à Cerbères, dans les Pyrénées-Orientales, près de 300 transbordeuses d’oranges décident de se mettre en grève. Bien que des femmes aient déjà participé à plusieurs mouvements sociaux aux côtés d’hommes, c’est une des premières grèves 100% féminine dans un domaine réservé généralement aux ouvriers. Pour comprendre sa genèse, il faut remonter quelques années en arrière. Avec l’apparition du chemin de fer, l’Espagne, pays exportateur d’agrumes, privilégie ce mode de transport pour ses marchandises. Mais lors de la jonction entre les chemins de fer français et espagnols, en 1878, la largeur des rails diffère. Si l’Hexagone s’est plié à la norme européenne avec des rails d’une largeur de 1,43 m, l’Espagne, elle, est restée fidèle au décret royal avec des rails d’une largeur de 1,66 m. Pour assurer le transport des agrumes entre les deux pays, deux gares sont construites (à Cerbères côté français). Ainsi naît la Corporation des transbordeuses d’oranges.

    Couchées sur les rails

    Les conditions de travail sont éreintantes. En 1903, à la suite d’une récolte exceptionnelle, les ouvrières demandent une augmentation salariale de quelques centimes. Mais trois ans plus tard, force est de constater que rien n’a bougé malgré la promesse de la direction. Les femmes se mettent alors en grève et bloquent la gare pendant 24 heures. Les patrons cèdent et acceptent l’augmentation. « Le syndicat avait obtenu une augmentation de 0,25 franc par wagon et par ouvrière (le salaire antérieur était de 0,75 franc) », écrivait alors le journaliste Albert Thomas dans les colonnes de l’Humanité.

    Fortes de leurs succès, les transbordeuses décident de créer un syndicat « rouge ». Mais la direction réplique en créant un syndicat « jaune » et interdit le travail aux syndicalistes rouges. Un nouveau bras de fer s’engage et, face au blocus de la gare, le gouvernement de Clemenceau décide d’envoyer l’armée en novembre 1906 pour les expulser. Les soldats refusent, des briseurs de grève sont alors envoyés et les grévistes se couchent sur les rails. Elles seront délogées à la lance à eau. Écœuré par ce traitement, le sous-préfet de l’époque finit par obliger la direction à ne pas discriminer à l’embauche. Une première lutte victorieuse qui en amènera d’autres.

  • [Entretien] Pierre Daum : « Travailler sur ce passé colonial indochinois est un devoir »

    [Entretien] Pierre Daum : « Travailler sur ce passé colonial indochinois est un devoir »

    La Marseillaise : Vous êtes spécialiste du passé colonial de la France. L’histoire de ces travailleurs indochinois exploités, est-elle exposée pour la première fois de manière aussi détaillée ?

    Pierre Daum : Oui. Pour ce deuxième ouvrage, Colonisés, déplacés, exploités, je suis allé beaucoup plus en profondeur sur le sujet. Mon premier ouvrage, Immigrés de force, publié en 2009, traitait l’histoire des 20 000 paysans vietnamiens recrutés de force en 1939, par la France. Envoyés par bateaux vers la métropole. Arrivés à Marseille et immédiatement conduits à la prison des Baumettes. Puis envoyés dans une quinzaine de départements.

    Pour ce premier ouvrage, qui a révélé cette page cachée du passé colonial de la France, j’avais recueilli les témoignages des derniers travailleurs indochinois encore en vie, et travaillé avec les archives départementales. À ce moment-là, les archives de la Direction des travailleurs indochinois (DTI) aux Archives nationales de la France d’Outre-mer (ANOM) étaient considérées comme disparues.

    Quinze ans plus tard, il s’est passé une chose extraordinaire. J’ai reçu un mail de Jacques Dion, le responsable des archives de l’Indochine aux ANOM, qui me disait : « Cher Pierre, j’ai retrouvé les archives de la DTI. » Aujourd’hui, le fonds de la DTI, c’est 280 cartons d’archives. Un trésor d’histoire coloniale.

    C’est de là que viennent les photos d’archives ?

    P.D. : Pas seulement. Ce qui a aussi donné naissance à mon nouveau livre, c’est la rencontre avec un certain Michel Lecat. Quand son grand-père Robert Bondier, photographe à Bergerac, est décédé, Michel a retrouvé 150 000 photos dans sa cave, dont un millier qui concerne les Indochinois de Bergerac. Entre 1940 et 1948, 4 000 travailleurs indochinois de la Seconde Guerre mondiale sont passés par la poudrerie et le camp d’internement de Bergerac.

    C’est là où je réponds très directement à votre première question : grâce à la découverte des archives de la DTI et la découverte des photos de Robert Bondier, mon second ouvrage est beaucoup plus précis, beaucoup plus approfondi que le précédent. Il concerne spécifiquement les 4 000 travailleurs indochinois passés par la Dordogne.

    En quoi est-ce important d’en reparler aujourd’hui ?

    P.D. : Je précise tout de suite que je n’ai aucun lien familial avec le Vietnam. En revanche, je suis intimement convaincu que la société française de 2026 est en grande souffrance de son passé colonial. De très nombreux travaux existent, sur les horreurs et les crimes commis par les différents gouvernements français successifs, au nom de la France. Mais depuis la fin de la colonisation, nos gouvernants contemporains n’ont jamais officiellement reconnu ces crimes, ni pris de décision pour mettre la diffusion de l’histoire coloniale au centre de leur politique. L’argent public n’a jamais été suffisamment donné à la production cinématographique, à la production éditoriale, à la diffusion de la connaissance du passé colonial. Aujourd’hui, le racisme qui gangrène la société française tire ses racines dans les crimes coloniaux, et ce passé colonial. Travailler sur ce passé colonial est un devoir pour la santé de la société française. Et c’est aussi pour les familles de ces 20 000 hommes. Depuis 20 ans, je rencontre sans cesse des enfants ou des petits-enfants de travailleurs indochinois qui veulent connaître l’histoire de leur père ou de leur grand-père. Beaucoup sont venus me voir pour me dire : « J’ai découvert l’histoire de mon père dans votre livre. »

    Qu’allez-vous présenter lors de cette conférence ?

    P.D. : Je ne raconte pas mon livre. Je raconte tout mon travail d’historien que je mène depuis 20 ans pour exhumer cette page du passé colonial qui a été enfouie depuis 80 ans. La conférence s’accompagne de la projection de très nombreuses photos d’archives. En effet, une conférence comme celle-là fait partie de ce travail de diffusion de la connaissance sur le passé colonial.

    Salle des Rotatives de La Marseillaise 18h30.

  • Dire la mémoire algérienne

    Dire la mémoire algérienne

    Depuis près de cinq ans, Nadège de Vaulx présente sur les planches sa conférence « J’aurai dû m’appeler Aïcha ». Trois quarts Algérienne et un quart Française, la militante, qui a grandi dans la banlieue lyonnaise, explicite le doute de l’identité : elle n’est « pas tout à fait Française, pas vraiment Algérienne ».

    Née d’une réflexion sur l’histoire coloniale et les non-dits familiaux, cette conférence gesticulée mêle intimité et politique, étant « le récit d’un parcours personnel, de ses prises de conscience, agrémenté d’anecdotes, de moments d’émotion et d’humour ». En partant de son histoire familiale, elle cherche à recomposer une mémoire commune, celle des descendants d’Algériens, souvent oubliée du « roman national » français et de ses livres d’histoire. Nadège de Vaulx souhaite « faire émerger une mémoire à la hauteur de nos héritages. Une mémoire vivante. Politique. Décoloniale ».

    Un biais d’éducation

    La conférence, suivie d’un échange, à l’école de la deuxième chance a été organisée par Coudes à Coudes. L’association défend un « partage des savoirs contre les dominations », à la manière de Nadège de Vaulx qui définit la conférence gesticulée comme « un outil d’éducation populaire ». Elle réaffirme l’utilité de cette forme, affirmant croire « qu’il n’y a pas de meilleure façon de transmettre la connaissance que le partage de l’expérience ».

    La conférence est présentée le vendredi 27 février, à 19h, à la salle Massilia Vox. Libre participation aux frais, 50 places.

  • Espagne : déclassification des documents du putsch raté de 1981

    Espagne : déclassification des documents du putsch raté de 1981

    « Les démocraties doivent connaître leur passé pour construire un avenir plus libre », a notamment déclaré Pedro Sanchez le chef du gouvernement en annonçant il y a quelques jours la décision de déclassifier les documents jusque-là secrets concernant le putsch raté fomenté par des nostalgiques de Franco.

    Mardi, c’est la porte-parole du gouvernement et ministre de l’Inclusion Elma Saiz, qui a annoncé cette déclassification à l’issue du conseil des ministres « nous déclassifions toute la documentation sur le coup d’État du 23 février 1981 qui a échoué. Ce sont 153 unités documentaires qui seront mises ce mercredi à midi à la disposition des citoyens, des étudiants et des chercheurs sur le site web de La Moncloa ». Elle a assuré qu’il « n’y a plus de risque réel pour la sécurité de l’État après un délai de 45 ans. Nous en terminons ainsi avec une situation atypique dans une démocratie moderne ».

    Que s’est-il passé le 23 février 1981 ? À 18h22, le Lieutenant-Colonel de la Guardia Civil Antonio Tejero fait irruption revolver au poing, pendant une séance du Congrès des députés à Madrid. Il est accompagné de 200 effectifs armés. Les députés sont réunis alors pour l’investiture destinée à proclamer Leopoldo Calvo Sotelo, représentant de l’Union du centre démocratique (UCD) en tant que nouveau président du gouvernement.

    Antonio Tejero tire quelques coups de feu en direction du plafond de l’hémicycle tout en criant aux députés « que personne ne bouge ! Tout le monde assis ! » À la suite de ces détonations et dans la stupeur générale la majorité des députés se jette au sol. Seules, trois personnalités restent en place sur leur siège : le président sortant de l’exécutif Adolfo Suarez, le premier vice-président ministre de la Défense Manuel Gutierrez Mellado, et le secrétaire général du parti communiste d’Espagne Santiago Carillo. Le siège du Parlement va durer près de 18 heures. Pendant ce temps l’armée sort de certaines casernes notamment à Valencia.

    Le complot s’était tramé entre Antonio Tejero, le général de division Alfonso Armada el le Lieutenant Général Jaime Milans Del Bosch. Tous décédés depuis.

    Dans la nuit du 23 au 24 février, le Roi Juan Carlos était intervenu pour stopper le processus de coup d’État en multipliant des appels téléphoniques restés secrets jusqu’à présent. Depuis, des doutes sont émis sur le vrai rôle du Roi. Cette situation devait finalement permettre au monarque de s’affirmer comme garant de la démocratie et de freiner les avancées qui s’accomplissaient en matière d’investigation sur les crimes du franquisme.

    Un pas sur le chemin pour la vérité

    Une piqûre de rappel des franquistes, encore en place dans les rouages de l’État et de l’armée, à tous ceux qui voudraient aller trop loin dans le combat contre l’impunité des crimes du dictateur. Cette déclassification qui prend effet ce mercredi 25 février, va permettre de mettre au jour de nouveaux éléments sur cette journée qui a marqué l’Espagne de l’après franquisme. Des éléments révélés aux citoyens dont le Roi Emérite se passerait bien, lui qui déclarait il y a une dizaine d’années « on sait tout sur cette affaire et ce qui ne se sait pas ils l’inventent ».

    L’historien Julian Casanova, admet que des éléments nouveaux vont aider à mieux comprendre le déroulement de ce coup d’État, mais, dit-il, « nous sommes face à une histoire occulte, nous en savons déjà beaucoup sur le 23 février, mais je sais qui étaient les gardiens de l’Histoire dans l’Espagne de 1981, ils étaient peu enclins à la démocratie. La déclassification ne va pas arriver dans un état pur ».

    En attendant, cette déclassification constitue un pas de plus sur le chemin encore long pour la vérité, la justice et la réparation et contre l’impunité des crimes du franquisme.

  • Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Avec la Neo Santa Maria à La Ciotat, redécouvrir l’Amérique

    Un navire de 200 tonnes, de plus de 28 mètres de long, de près de 8 de large. Comme l’original, la réplique de la Nao Santa Maria arbore trois mâts : le grand mât, l’artimon de la grand-voile et un beaupré, la hauteur du grand mât atteignant près de 25 mètres de la ligne de flottaison au point le plus haut. 5 voiles, d’une surface de 303 mètres carrés, permettent au navire de voguer. Même si, aujourd’hui, besoins modernes de la navigation oblige, la Nao Santa Maria est équipée de moteurs, d’une radio, d’un radar… Construite dans les chantiers navals Varaderos Palmás à Punta Umbría (Huelva, Espagne), la réplique de la Nao Santa Maria a navigué pour la première fois le 16 mars 2018. Du mercredi 25 février au dimanche 1er mars, elle fait escale sur le quai d’accueil de La Ciotat.

    Cinq jours à quai

    À bord, l’équipage, d’une vingtaine d’hommes, est prêt à accueillir le public, de 10h à 19h, pour la visite. Les visiteurs pourront découvrir les 4 ponts de la caravelle, être renseignés sur son histoire, s’immerger dans des décors fidèles à l’époque, et échanger avec les marins.

    Le 3 août 1492, la Nao Santa Maria est partie du port de Palos de la Frontera (Huelva) avec les caravelles Pinta et Niña, en tant que navire de tête de la flotte de Christophe Colomb. Après avoir fait escale sur l’île de La Gomera (îles Canaries) et après trente-trois jours de navigation, le 12 octobre 1492, la Santa María, dirigée par 40 hommes sous les ordres de Christophe Colomb, atteint l’Amérique. Hélas, le jour de Noël 1492, alors qu’il se trouvait près de l’île de La Española, le navire s’est échoué à cause d’un oubli du garçon de cabine qui était à la barre, et il a coulé…

  • « Marsiho e mar » prolongée au château de la Buzine

    « Marsiho e mar » prolongée au château de la Buzine

    L’exposition « Marsiho e la mar » occupera les galeries du Château de la Buzine encore jusqu’au 26 mars. Au fil d’un voyage provençal ponctué de 200 objets (peintures, gravures, céramiques, objets, cartes postales ou encore photographies), les visiteurs ont une nouvelle chance de se plonger dans la relation entre Marseille et la Méditerranée, illustrée à travers le prisme de ses habitants. L’installation raconte la cité phocéenne bercée par sa côte et « la relation intime et poétique nouée entre les Marseillais », d’après Alexandre Mahue, commissaire de l’exposition.

    Des ateliers pour occuper les vacances scolaires

    Le parcours amène à redécouvrir un patrimoine récolté au cours des derniers siècles et les mœurs qui les ont animés, « pas comme un horizon commercial ou des rêves, nuance le docteur en histoire de l’art, mais plutôt comme un espace de travail, et même un emblème ».

    Pour compléter ce voyage le long des côtes phocéennes, des animations spécialement conçues pour les enfants de 6 à 12 ans sont organisées pendant les vacances scolaires. Jusqu’à vendredi, des ateliers culinaires, d’écriture, d’art, de théâtre exploreront divers pans du patrimoine marseillais.

    Inscription gratuite et obligatoire aux ateliers (environ 1h30) du mardi au vendredi sur le site https://labuzine.marseille.fr/jeunesse/stages-et-ateliers