Tag: Hérault

  • La collection Nicollin met le foot à l’honneur

    La collection Nicollin met le foot à l’honneur

    Le maillot de l’équipe de France porté par Zinédine Zidane lors de la coupe du monde 1998, le trophée Jules-Rimet de la coupe du monde de 1930 ou encore le ballon de la finale de la compétition de l’édition de 2006, qui opposa la France à l’Italie. Ces pièces – pour ne citer qu’elles – sont exposées aux côtés d’une quarantaine d’autres à l’hôtel de ville de Montpellier, jusqu’au 18 juillet. Provenant de la collection -riche de 13 000 pièces- de Louis Nicollin, président historique du MHSC, club montpelliérain de la ville, elles ont été rassemblées à l’occasion de la coupe du monde de football se déroulant aux États-Unis. Il s’agit de la troisième collaboration entre la famille Nicollin et la municipalité socialiste, après une édition consacrée au Tour de France, en 2025 lors du passage de la Grande Boucle à Montpellier, précédée d’une autre consacrée aux Jeux olympiques en 2024 à l’occasion de ceux organisés à Paris.

    De Robert Herbin

    µà Mbappé

    Après l’olympisme et le vélo, c’est donc au football d’être mis en lumière par le fond de Louis Nicollin. Une évidence pour la famille montpelliéraine. « La collection est née avant tout de la passion immense de notre père pour le football. Une passion sincère, populaire et profondément humaine, qui s’est transmise au fil des années et des générations. Celle du MHSC bien sûr, mais aussi celle du football mondial, de ses légendes, de ses maillots, de ses histoires et de toutes les émotions que ce sport procure », racontent les frères Laurent et Olivier Nicollin.

    Des trésors uniques que pourront observer les mordus du ballon rond et autres curieux. « Chaque pièce possède une histoire particulière : un maillot porté lors d’un match historique, un souvenir transmis par un joueur, un objet devenu témoin d’un moment de légende », poursuivent les frères Nicollin. En effet, aux côtés des maillots de légendes, aussi bien récentes à l’instar de Kylian Mbappé et son maillot de la coupe du monde de 2022 ou plus anciennes – Robert Herbin en 1966, on retrouve des objets plus insolites, comme une figurine de Juanito, mascotte officielle de l’édition de 1970 au Mexique. Mais aussi des fanions, des chaussures ou encore un chronomètre.

    Le football ne se restreignant pas aux hommes, les filles sont également représentées avec le maillot d’Ophélie Leroux de 2011 ou celui de l’Espagnole et ballon d’or féminin Alexia Putellas de 2023. « À travers cet événement, nous souhaitons partager avec les habitants, les visiteurs et tous les passionnés ces objets et maillots qui ont fait l’histoire tout en participant, nous l’espérons, au rayonnement de notre territoire. Car le football possède cette force unique : celle de rassembler toutes les générations et tous les publics autour d’une même passion », insistent Laurent et Olivier Nicollin. Et ce malgré les mauvais exemples donnés par le président de la Fifa Gianni Infantino, spoliant les valeurs du football pour celles de l’argent.

    Mais pas de ça avec la collection Nicollin, préférant témoigner sur l’histoire de ce sport d’origine populaire. Un travail de conservation et d’inventaire est en cours, dans la perspective d’ouvrir un musée.

  • Le spectacle de rue s’invite à Lodève avec Résurgence

    Le spectacle de rue s’invite à Lodève avec Résurgence

    Cirque, musique, danse, théâtre. Une pluralité d’arts sera représentée au festival Résurgence, qui se déroulera à Lodève, du 16 au 19 juillet. Une diversité artistique mise en avant par les organisateurs. « On essaye que chacun puisse trouver des spectacles qui l’attirent en fonction de ses goûts », fait valoir Franck Loyat, directeur du pôle culture du Lodévois Larzac, communauté de communes qui organise la manifestation. Une manière que chacun puisse trouver chaussure à son pied tout en mettant en lumière des artistes émergents. Car ici, pas de tête d’affiche. « On a fait le choix d’axer le festival sur la découverte et la création artistique afin de stimuler la curiosité du public », poursuit Franck Loyat.

    Une tâche à laquelle s’attelleront les 22 compagnies qui donneront une quarantaine de représentations – auxquelles s’ajoutent une vingtaine du « off » du festival, une carte blanche donnée aux associations locales -dans les 17 lieux publics de la ville (places, écoles, parcs, etc.). Ainsi, premier rendez-vous est donné le 16 juillet, à 20h30 à l’hôtel de ville pour « Le mariage forcé », de la compagnie 800 litres de paille. « Cette pièce de Molière est revisitée reposant sur l’énergie, la fougue des artistes », note Franck Loyat. Côté circassien, la compagnie Hors surface présentera Home, « une histoire mettant en scène un acrobate faisant du fil au-dessus d’un trampoline. » (18 et 19 juillet à 18h, au parc municipal).

    Les artistes ne sont pas les seuls acteurs du festival. En effet, le public est appelé à monter sur les planches. À l’instar de la pièce Jours de la compagnie Kiroul (19/07, 10h, au parking du parc municipal). « C’est un spectacle étrange sur la joie de vivre dans toutes les situations. Les artistes ont trouvé une dizaine de volontaires qui débarqueront avant le spectacle sans savoir à quelle sauce ils seront mangés », précise le directeur culturel.

    Si les journées sont dédiées aux spectacles, les soirées s’animent en laissant la place aux concerts avec notamment le groupe Deli Teli qui revisite le laïko, musique populaire grecque des années 50 (18/07, 23h) ou encore la fanfare Cornélius (19/07, 23h). En somme, la recette d’un festival réussi.

    Programme complet à retrouver sur : festival-resurgence.fr.

  • La mairie de Lodève ferme ses portes au festival les Fourmilières

    La mairie de Lodève ferme ses portes au festival les Fourmilières

    Le festival les Fourmilières, organisé dans plusieurs villes d’Occitanie du 25 septembre au 10 octobre, devra revoir sa copie à Lodève. Cette manifestation antifasciste et antiraciste réunit associations, artistes, conférences, ateliers et débats autour de la lutte contre l’extrême droite et les discriminations. La nouvelle municipalité de droite a refusé de mettre à disposition les salles demandées par le collectif, estimant que l’événement est « trop politisé ».

    Une atteinte aux libertés

    Les organisateurs pointent du doigt « un maire qui se
    dit apolitique, mais qui s’affiche avec la députée du Rassemblement national Manon Bouquin
     ». Une vision apolitique à géométrie variable dont les conséquences sont dénoncées par les organisateurs : « C’est une attaque aux libertés fondamentales ! »

    Le collectif rappelle qu’« en France, on ne peut interdire une manifestation pour des raisons politiques sans porter atteinte à la démocratie qui a pour principe premier la garantie des libertés fondamentales ».

    Si les événements prévus à Lodève seront finalement accueillis dans des lieux privés ou dans des communes voisines, les organisateurs regrettent « que la nouvelle municipalité de Lodève, censée concourir au bien de toutes et tous, ait fait le choix de ne pas soutenir ces idéaux ». Le collectif annonce par ailleurs se réserver « le droit d’attaquer cette décision au tribunal administratif parce que ça commence à être un peu du proto fascisme, avec une censure politique, nous sentons les choses venir ».

  • À Montpellier, l’association Les Ziconofages lance un cri d’alerte

    À Montpellier, l’association Les Ziconofages lance un cri d’alerte

    Depuis 25 ans, les Ziconofages, association d’éducation populaire implantée essentiellement à Montpellier, propose « à des publics en situation de précarité ou issus des quartiers populaires de prendre la parole à travers l’outil vidéo et de coréaliser des films. Nous apportons notre savoir-faire audiovisuel et eux, leur expertise d’usage du territoire », explique Pascal Biston, coordinateur de l’association. Les films sont ensuite diffusés dans des médiathèques, des cinémas ou des lieux partenaires. À titre d’exemple, cette année, une vingtaine d’ateliers ont permis de réaliser des films sur les questions de santé et de précarité, qui ont été projetés récemment au Gazette café. Les Ziconofages ont également un travail en cours sur les violences faites aux femmes, à la fois sur le territoire de Montpellier et sur celui du Clermontais-Lodévois. « L’idée est aussi de déconstruire les préjugés sur les gens pauvres. On subit tous les images, mais les gens des quartiers populaires encore plus. C’est pour ça qu’on propose, avec ces films, d’inverser les rôles pour qu’ils créent leurs propres images et leurs propres paroles », insiste Pascal Biston.

    « L’état se désengage

    jour après jour »

    Un travail de terrain au plus près de l’humain qui pourrait bien disparaître faute de moyens. « Comme beaucoup de structures associatives du social et du culturel, les politiques publiques se désengagent de ce champ de l’action sociale et culturelle », dénonce le coordinateur de cette petite association locale, qui compte deux salariés, une vingtaine de bénévoles et une centaine d’adhérents.

    « Nous avons perdu petit à petit des aides précieuses qui nous permettaient de mener des actions dans de bonnes conditions », poursuit-il. « De 3 salariés, nous sommes passés à 2 car nous avons perdu un poste adulte-relais en 2021 (financé par l’État) ; en 2024, on a subi une baisse de 33% de notre principale subvention, allouée par le Département de l’Hérault, du fait des contraintes budgétaires de la collectivité ; et nous venons d’apprendre la suppression de 2 subventions de la DDETS (direction départementale de la cohésion sociale) pour un montant de 5 000 euros sur nos stages vidéo jeunes », liste Pascal Biston. « Sur un budget de 70 000 euros, c’est considérable. Sachant que ma collègue salariée et mois ne travaillons qu’à 70%, sinon on fermerait l’association », souligne-t-il.

    Ce désengagement est surtout le fait de l’État, qui a également réduit la somme allouée dans le cadre du fonds de développement de la vie associative, passée de 5 000 euros à 1 000 euros l’an dernier. « Et cette année, on ne sait pas ce qui nous attend… » La Ville de Montpellier, elle, maintient sa subvention annuelle (5 000 euros) et le Département a consenti cette année une petite rallonge de crédits en lien avec le sujet sur les violences faites aux femmes.

    « On est représentatif de ce qu’il se passe dans le monde associatif », estime Pascal Biston. Une réunion entre plusieurs associations de La Mosson a d’ailleurs eu lieu au mois de mai pour évoquer ces problématiques des coupes budgétaires qui se multiplient et des restrictions financières, notamment nationales. « L’état choisit de mettre sans problème de l’argent pour pourchasser quelques teufeurs, financer les industries d’armement, mais se désengage jour après jour sur l’éducation, le social et le culturel, qui viennent en appui aux populations les plus vulnérables, aidant à la cohésion sociale, à la lutte contre les inégalités et au vivre ensemble », dénonce le représentant des Ziconofages. « On a l’impression qu’on a une politique de droite voire d’extrême droite quand on voit les choix qui sont faits. C’est un peu reprendre les idées des villes qui ont basculé RN et qui coupent les budgets à beaucoup de structures associatives qui font de l’éducation populaire, comme nous. »

  • [Entretien] « À l’échelle des Alpes, nous ignorons les effectifs de lièvres variables »

    [Entretien] « À l’échelle des Alpes, nous ignorons les effectifs de lièvres variables »

    La Marseillaise : Y a-t-il beaucoup de lièvres variables dans les Alpes françaises ?

    Jérôme Letty : Nous n’avons pas une vision claire des effectifs à l’échelle des Alpes, ni de données permettant de dire s’il y a une baisse. Nous avons une idée à des échelles plus petites, sur certains massifs ou dans certaines vallées. Mais les données manquent à d’autres endroits, notamment dans les massifs plus à l’écart. Or, c’est probablement dans ces massifs où les sommets sont moins hauts qu’il est le plus exposé à l’évolution de l’environnement. Pour la gestion de l’espèce, ces données seraient précieuses et intéresseraient nos partenaires – parcs naturels nationaux, régionaux et fédérations de chasse.

    Y a-t-il d’autres espèces exposées aux « sky islands », c’est-à-dire qui voient leur aire de répartition se restreindre à des zones isolées en altitude avec le réchauffement climatique ?

    J.L. : Oui, le lagopède alpin est encore plus contraint car il est spécifiquement adapté à la vie en milieu arctique. Le lièvre variable peut vivre à des altitudes où il y a encore de la forêt, mais pas le lagopède. Il vit au-dessus, entre 1 800 et 3 000 mètres, dans les pelouses rases, les éboulis et les combes à neige. Par contre, il vole, ce qui peut être un avantage pour passer d’un massif à l’autre. Mais cela fonctionne jusqu’à un certain point…

    Lequel ?

    J.L. : C’est toute la question que nous voudrions explorer. Il ne peut pas voler sur de très longues distances, donc il n’arrive pas à traverser les vallées trop larges, au-delà de quelques kilomètres.

  • Solidarité internationale avec le peuple cubain

    Solidarité internationale avec le peuple cubain

    Le 6 juin 2026, le Conseil municipal de Montpellier a adopté à l’unanimité un vœu condamnant le blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis contre Cuba, déposé par le groupe de la France Insoumise et des verts populaires. De fait, depuis le mois de janvier, la situation humanitaire à Cuba s’est considérablement aggravée.

    « Le but des États-Unis de Trump, aujourd’hui, est d’asphyxier Cuba pour faire tomber le régime de solidarité et ajouter une nouvelle étoile à son drapeau », se révolte Nadia Mateu, membre de l’association France Cuba Hérault. Ce jeudi 2 janvier, elle était aux côtés du Secours Populaire et de deux autres associations (Cuba Coopération et Montpellier Cuba Solidarité), pour donner une conférence de presse sur l’urgence d’agir en solidarité avec le peuple cubain. « Les problèmes les plus urgents concernent l’énergie et l’alimentation, explique Henri Sierra, de Cuba Coopération. Même si les associations de solidarité envoient des denrées, le problème c’est que les transporteurs ne veulent plus envoyer de conteneurs, par peur des sanctions américaines. »

    Coopération internationale

    L’énergie est une préoccupation majeure à Cuba, car le blocus sur le pétrole entraîne des coupures de courant régulières, le rationnement de l’essence et la hausse des prix. « Cela impacte toute la société, affirme Henri Sierra. C’est notamment la raison pour laquelle, certaines interventions médicales ne peuvent plus être réalisées. » Avec le soutien des trois associations héraultaises, le secours populaire a donc lancé une campagne de don dans le but de faire installer 1000 panneaux publicitaires dans différents lieux collectifs sur l’île. De son côté, Jean-Michel Gramont, de Montpellier Cuba solidarité, rappelle, ému aux larmes, qu’il ne s’agit pas d’une « crise humanitaire » mais bien d’un. Ensemble, les trois associations prévoient une grande réunion publique au début du mois de septembre, pour continuer de faire vivre la solidarité entre les peuples.

  • Une marque pour célébrer neuf jours de Pescalune à Lunel

    Une marque pour célébrer neuf jours de Pescalune à Lunel

    Après l’opération Métamorph’Ose pour rénover le centre-ville, voici « Lunel j’adore ». Vendredi 10 juillet, la municipalité va lancer cette nouvelle marque destinée à « conforter l’identité et l‘ambition de Lunel », autant pour les locaux que pour les touristes.

    « On souhaite renforcer le sentiment d’appartenance aux traditions et à l’ADN de Lunel. Ce n’est pas un slogan mais plutôt une signature, une invitation à regarder la ville autrement », explique la maire Paulette Gougeon (DVD), réélue en mars.

    Baptisée « Lunel j’adore », la marque sera dévoilée vendredi 10 juillet sur la terrasse des arènes de Lunel, lors d’une soirée inaugurale de la Pescalune, 9 jours de fêtes prévus du 11 au 19 juillet. Un premier moment convivial et de partage au cours duquel un artiste local viendra interpréter la chanson Louxor, j’adore de Philippe Katerine, rebaptisée pour l’occasion « Lunel j’adore ». « On va remettre le son ! », promet Paulette Gougeon.

    Auparavant, les festaïres auront été invités à découvrir la galerie à ciel ouvert concoctée par l’artiste Stéphane Paris. De la gare aux arènes en passant par l’avenue de la mairie, les rues du centre-ville et le cours Gabriel-Péri, il s’agit d’une exposition de 20 œuvres spécialement conçues pour Lunel.

    9 jours de fêtes

    Des œuvres disponibles en affiches qui seront cédées lors d’une vente aux enchères. « Les bénéfices seront reversés à des associations qui œuvrent pour la santé », précise la maire. À l’office de tourisme et au marché, des goodies, verres et tee-shirts (…) estampillés de la marque « Lunel j’adore » seront disponibles à l’achat pour le public.

    Passée cette soirée inaugurale, on entrera pleinement dans la Pescalune*. Neuf jours durant, de grands rendez-vous de la bouvine (courses camarguaises, bandidos, lâchers de taureaux…) mais aussi deux corridas samedi 18 et dimanche 19 juillet avec notamment le Biterrois Sébastien Castella en tête d’affiche. Côté festivités, concerts, bodegas et défilés rythmeront la semaine. En revanche, en raison du risque incendie, le feu d’artifice du 14 juillet n’aura pas lieu.

    * Programme complet sur www.lunel.com

  • Les pompiers traquent les feux, la Justice les pyromanes

    Les pompiers traquent les feux, la Justice les pyromanes

    Rarement les pompiers de l’Hérault et du Gard auront été mis à aussi rude épreuve en début d’été. Depuis le dimanche 5 juillet, week-end cauchemardesque marqué par le départ de nombreux incendies, les pompiers des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis34 et 30) sont sur le qui-vive, entre lutte contre les flammes et traque des pyromanes aux côtés des gendarmes.

    Tandis que le village de Moulès-et-Baucels (34) a battu un record de température le 8 juillet avec 43 °C, l’Hérault a connu « 30 départs de feu par jour » depuis samedi 4 juillet, selon la préfète Chantal Mauchet. Laquelle, lundi 6 juillet, a demandé aux maires, collectivités, chambres consulaires et employeurs publics comme privés de « libérer les sapeurs-pompiers volontaires pour renforcer les effectifs engagés ». Ces volontaires sont invités à se manifester auprès de leur centre de secours. En France, la situation est « extrêmement complexe » sur le front des incendies, a ajouté le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, avec « 11 000 hectares brûlés depuis le début de cette année. L’an passé, à la même époque, c’était 5 700 hectares ».

    Jeudi 9 juillet, les soldats du feu étaient encore à pied d’œuvre pour tenter d’éviter la propagation de l’incendie de Carlencas-et-Levas, à l’Est de Bédarieux, dans les hauts cantons de l’Hérault. Déclaré le 5 juillet, ce feu a déjà parcouru quelque 400 hectares.

    Un jeune homme de 27 ans qui a avoué avoir mis le feu involontairement selon lui (en tentant de brûler une lettre) – ce dont doutent les enquêteurs – a été déféré au parquet de Béziers et placé en détention provisoire à l’issue de sa garde à vue dans l’attente de son procès qui aura lieu le 27 août. D’ici là, une expertise psychiatrique aura lieu, l’homme étant placé sous curatelle. En 2020, l’homme avait été condamné à 3 ans de prison avec 2 ans de sursis probatoire pour destruction. Il encourt jusqu’à 15 ans de prison et 150 000 euros d’amende.

    4 jeunes interpellés à Alès

    Dans le Gard, parmi les incendies pas totalement maîtrisés jeudi 9 juillet figurent le feu de Roquemaure (25 hectares, 150 pompiers mobilisés, 11 maisons évacuées), celui de Milhaud (100 pompiers, 13 ha parcourus) ou encore celui de Saint-Victor-de-Malcap (6 ha de chaume brûlés, 70 pompiers). Ce dernier était en « évolution favorable ». Si aucune victime n’est à déplorer, 10 pompiers ont été légèrement blessés.

    Du côté d’Alès, quatre jeunes soupçonnés d’être à l’origine de plusieurs départs de feux dans le quartier du Rieu, ont été interpellés dans la nuit du 5 au 6 juillet et placés sous contrôle judiciaire suite à leur garde à vue, selon nos confrères d’Objectif Gard. Arrêté la veille dans une autre affaire, un quinquagénaire a été interpellé et placé en hospitalisation psychiatrique.

    90% des feux étant d’origine humaine, les pompiers appellent chaque citoyen à la plus grande vigilance, les conditions climatiques défavorables (canicule, vent…) favorisant la propagation rapide des incendies.

  • [Entretien] Erwann Favre : « Les assos ne sont pas shootées à la subvention »

    [Entretien] Erwann Favre : « Les assos ne sont pas shootées à la subvention »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que
    le Mouvement associatif ?

    Erwann Favre : C’est la tête de pont des associations dans leur diversité. On va s’occuper de tout ce qui est commun à l’ensemble des assos, quel que soit leur secteur : modèle économique, bénévolat, engagement, dialogue civil, etc. Il y a deux cordes à notre arc. La première, c’est la représentation des associations auprès des pouvoirs publics pour tenter de faire en sorte qu’ils comprennent ou anticipent le mieux possible les conséquences de leurs décisions. La deuxième mission, c’est de conseiller, informer et accompagner les acteurs associatifs dans la région. Au niveau de l’Occitanie, à peu près une asso sur deux est représentée par le mouvement asso via nos membres.

    Quelle est la situation du secteur associatif ?

    E.F. : Depuis une vingtaine d’années, on a un glissement de la relation entre les assos et les acteurs publics. On était à peu près à 40% de subventions dans le modèle économique des assos et aujourd’hui, on est à moins de 20% du financement public. On est très loin de l’image d’Épinal d’associations shootées à la subvention et soutenues à bout de bras. Si on parle en volume au national, les aides publiques aux assos, c’est à peu près 40 milliards d’euros. Les aides publiques aux entreprises, c’est entre 210 et 250 milliards d’euros. Bref, on assiste à un désengagement de la puissance publique. On est donc allé chercher des financements ailleurs : auprès des bénéficiaires, des usagers et des entreprises privées via le mécénat ou les dons. Le mécénat est assez stable depuis 20 ans, on est entre 4 et 5% du modèle économique des assos au niveau national.

    Malgré ça, l’engagement bénévole et l’emploi associatif sont en augmentation. Avec deux exceptions : la crise Covid et ce qui se passe depuis un an et demi maintenant. On constate une très forte dégradation des financements associatifs avec des coupes budgétaires au niveau national mais également des collectivités qui ont répercuté ces baisses sur le monde associatif. Cette année, comme tous les budgets ne sont pas encore votés, notamment les BOP, les budgets opérationnels de programmation, donc on ne sait toujours pas ce que vont recevoir les assos de certains secteurs d’activité. Il y a un pilotage à vue. En région, en 2024, il y avait à peu près 176 000 salariés dans le secteur associatif. Les premiers chiffres font état d’une baisse qui devrait se situer entre 1 500 et 3 000 emplois perdus.

    Existe-t-il des risques de disparitions d’associations ?

    E.F. : On assiste à une augmentation importante du nombre de défaillances dans notre région qui a doublé une première fois entre 2023 et 2024 puis une nouvelle fois entre 2024 et 2025. Donc il est évident que des structures vont être liquidées. Ce n’est pas forcément un problème économique pur, c’est qu’il n’y a pas eu d’anticipation de la part de la puissance publique. L’association est au pied du mur et elle n’a pas les moyens de licencier les gens, donc c’est la liquidation.

    Existe-t-il une crise du bénévolat ?

    E.F. : Alors oui, mais elle est travestie. Il faut arrêter de dire que les Français ne s’engagent pas, sont individualistes et ne pensent qu’à eux. L’engagement progresse. Il y a un habitant sur deux qui est membre d’une asso en France. C’est énorme. Le bénévolat augmente dans notre pays, y compris chez les moins de 35 ans et les plus de 65. Ce sont les deux classes d’âge qui, proportionnellement, s’engagent le plus. On peut parler de crise du bénévolat de gouvernance. Ce sont des administrateurs, des membres des CA, des membres des bureaux, des présidents, trésoriers. En fait, piloter, gouverner, diriger une association aujourd’hui employeuse, c’est être chef d’entreprise, on a les mêmes obligations légales. Donc quand vous êtes chef d’entreprise bénévole et qu’il y a une succession de crises à affronter, ça veut dire que vous donnez énormément de votre temps et que la satisfaction que vous aviez de trouver dans la réalisation de votre engagement n’est plus là. Et c’est épuisant.

    L’arrivée de l’extrême droite à la tête de mairies s’est traduite par une baisse des subventions de certaines assos. L’ennemi du secteur associatif ?

    E.F. : Il est certain qu’on a des groupes politiques qui sont plus ou moins dans un esprit de coopération et de financement d’associations, quelles qu’elles soient. Pour le RN, une asso ne peut pas être politique. Pour nous, une asso qui n’est pas politique, elle n’a rien à faire sous statut associatif. Une asso a une vision du monde et elle va faire ce qu’elle peut pour mettre en place sa vision de la cité. Et donc, les élus du RN, globalement, il y a des sujets sur lesquels ils votent systématiquement contre les subventions à certaines assos : celles qui aident, qui fournissent un service ou qui accueillent des populations étrangères (accueil de jour, les Cada, les assos qui font du français langue étrangère). Tout ce qui est droits des femmes et des familles, contre les violences sexuelles, tout ça c’est pareil, c’est supprimé. Et je ne parle même pas de la Ligue des droits de l’Homme. Mais ça se voit aussi dans d’autres mairies qui ne sont pas RN. La LDH s’est fait virer de ses locaux à Toulouse par [le maire DVD] Moudenc. On sent que les politiques se recentrent sur ce qu’ils faisaient il y a une cinquantaine d’années, un retour en arrière où si tu n’es pas d’accord avec ma politique ou que tu me critiques, je ne te finance plus.

    Justement, ce contexte d’austérité n’est pas une justification pour s’en prendre aux associations critiques, notamment via le contrat d’engagement républicain ?

    E.F. : Ce qu’on défend le plus collectivement au Mouvement associatif, c’est notre vision démocratique de fonctionner dans notre pays et donc quelque part c’est le droit à la critique, on a le droit de ne pas être d’accord et de l’exprimer tant que c’est étayé. Or, le contrat d’engagement républicain est un formidable outil pour permettre à n’importe quel autocrate, quel qu’il soit, de dissoudre n’importe quelle association. Il est complètement passé à côté de sa cible originale qui était lutter contre le séparatisme puisque des lois existent déjà pour ça. Il permet de rendre responsable une asso et son président pour des propos tenus par ses adhérents, y compris quand ils ne sont pas mandatés par l’asso. Donc en fait, si demain il y a une autocrate, un Trump qui arrive au pouvoir, il a un outil clé en main pour bâillonner la plupart des assos dans notre pays, en tout cas toutes les assos qui ne seront pas d’accord avec la politique publique menée par l’acteur public qu’elles ont en face d’elles. Il y a une crainte de plus en plus forte de voir s’éteindre la voix des assos ou de restreindre la liberté d’association.

  • La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    La Région Occitanie maintient le cap de la solidarité

    « Avec de l’argent, il est plus facile de se projeter dans des projets de long terme. » Elles ont beau poursuivre un but non lucratif, les associations ont comme tous les ménages et les entreprises, besoin de soutien financier pour exister et déployer leurs activités souvent d’intérêt public. Réunies à Montpellier par la Région Occitanie mercredi 1er juillet, jour du 125e anniversaire de la loi de 1901 qui a créé leur statut, elles n’ont pas manqué de dire leurs difficultés grandies par l’inflation énergétique et l’austérité des politiques publiques souvent guidées par les logiques de rentabilité.

    Un contexte difficile largement dû au désengagement de l’État qui en plus d’être aux abonnés absents sur certaines de ses missions régaliennes (droit au logement, respect de la loi sur le handicap de 2006, lutte contre les violences de genre…), tourne de plus en plus le dos aux acteurs censés pallier ses propres manquements. Le plus souvent quand elles sont dirigées par la gauche, les collectivités tentent de maintenir la barque associative à flot. C’est le cas de la Région Occitanie qui, bien que contrainte de baisser certaines subventions de 5 à 10%, a fait le choix de la stabilité pour les structures les plus fragiles (celles percevant moins de 5 000 euros d’aides).

    Avec la présidente Carole Delga (PS), « on fait le choix de maintenir notre volontarisme politique dans un contexte aggravé », affirme Pierre Lacaze (PCF). Le vice-président délégué aux solidarités, égalités, services publics, vie associative et logement social, est inquiet par deux phénomènes actuels qui mettent à mal la vie associative. D’un côté la montée des violences sexuelles et sexistes ainsi que des actes racistes et antisémites. De l’autre, la montée des idées discriminantes d’extrême droite dans la société. « Si la causalité n’est pas établie, on pense qu’il y a un lien. Par ses discours et ses méthodes, l’extrême droite peut contribuer à la hausse de ces violences », assure Pierre Lacaze. Et l’élu communiste de noter que « le récent rapport du Sénat sur les masculinistes fait le lien avec l’ultra droite ».

    Sécuritaire : le paradoxe d’Alexis de Tocqueville

    Ce qui est sûr c’est que les obsessions sécuritaires et immigrationnistes de Retailleau, Ciotti, Zemmour et consorts sont à l’opposé du travail de terrain mené par les associations en faveur de la tolérance et du respect d’autrui. D’autant que ces thèses fumeuses sont souvent très éloignées de la réalité. Si les violences des mineurs (en raison du trafic de drogue) sont en hausse ou que les violences sexistes et sexuelles ne diminuent pas depuis à peine 25 ans qu’elles sont mesurées, d’autres baissent drastiquement. « En France depuis le XIXe siècle, on observe une chute continue du nombre d’homicides, trois fois moins nombreux que dans les années 80 », recadre Tristan Renard. Quant aux violences politiques (abris bus brisés…) montées en épingle sur CNews, elles sont « très loin des niveaux des années 70 », précise le sociologue qui évoque une résultante du paradoxe d’Alexis de Tocqueville. « Plus une violence diminue, plus la préoccupation sécuritaire augmente ». Pour ce chercheur au Criaus et au Cresam, « les politiques publiques doivent être menées à l’échelle d’une génération (20 ans), pas à une échelle électorale ».

    Aussi, les lauréats et associations aidées (SPF, Planning familial, SOS Racisme, Mrap, Unat…) étaient-ils ravis d’avoir une oreille attentive de la Région le 1er juillet. Baptisé « Pour une Occitanie inclusive et solidaire », le principal appel à projets soutient 139 projets à hauteur de 710 000 euros. Le dispositif « Génération égalité » est dédié à la sensibilisation des jeunes à l’égalité entre les femmes et les hommes, à la prévention des violences sexistes et sexuelles et à la lutte contre les stéréotypes. Enfin, l’opération « Vacances Solidaires », qui permet chaque année à des enfants et familles aux revenus modestes d’accéder aux vacances et aux loisirs éducatifs. En Occitanie, le tissu associatif représente 160 000 structures, 175 000 emplois et 1,4 million de bénévoles.