Tag: Hérault

  • Montpellier, suspendu à la fin

    Montpellier, suspendu à la fin

    Éviter le piège de la marée émotionnelle ? Peur que plus d’un demi-siècle d’histoire remonte à la surface ? Malaise face à l’héritage de Nicollin et de « Loulou », son père décédé en 2017 ? Laurent Nicollin, président depuis neuf ans du Montpellier-Hérault, a quitté son siège avant l’heure. Le 2 mai, pour le dernier match de la saison à la Mosson, le dernier de l’emblématique joueur Téji Savanier, il n’était pas assis au bout du banc de touche au côté de son entraîneur et de ses joueurs. Samedi 9 mai, à Saint-Ouen face au Red Star, il n’était pas là non plus.

    Laurent Nicollin (53 ans) s’avance vers le seuil de la sortie. Et le deuil d’une histoire. D’une vie. Plus d’un an après l’ouverture du capital, consécutive à la relégation en Ligue 2 et à la faillite des droits télé, trois ou quatre potentiels investisseurs ont frappé à la porte. Pour racheter le club à la famille Nicollin, propriétaire depuis 1974 et sa création née de la fusion de l’AS Paillade et de l’équipe corpo du groupe Nicollin.

    Laurent et Olivier Nicollin, respectivement patron du club et de la société éponyme, attendent une offre concrète avant le vendredi 15 mai, date butoir. Si aucune de ces propositions ne répond à leur attente, ils pourraient repousser la cession de quelques mois, voire d’une saison. Face à la crise du football professionnel, ils se dirigeraient vers un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), le si mal nommé. À tous les étages du club, la menace de licenciement pèse.

    La course aux économies de la famille Nicollin, vigilante au moindre frais depuis des mois, ou le rachat du club par un investisseur étranger plongent salariés, staff techniques et même joueurs dans l’expectative. Les questions s’accumulent, réduisent au superflu le bilan d’une première saison en Ligue 2, bouclée à la 8e place, après un bail de seize ans dans l’élite.

    L’entourage de Laurent Nicollin occupe tous les postes clés du Montpellier – Hérault. Tout comme son père, il travaille avec des gens de confiance. Des amis de longue date, le plus souvent d’anciens joueurs comme le directeur sportif Bruno Carotti, le coordinateur sportif Philippe Delaye, Jean-Christophe Rouvière…

    Pour une équipe reconstruite du sol au plafond à l’été 2025, l’intersaison est essentielle. Et oblige Montpellier à anticiper l’avenir, à flairer les bonnes affaires avant tout le monde. « On va rentrer dans une période où il faut avancer, anticiper, commencer à faire des réunions et à se projeter. Et c’est maintenant qu’on peut construire l’équipe de demain. C’est une période charnière et en même temps, c’est une période un peu de doute. J’espère qu’on sera fixé rapidement pour pouvoir savoir le plus vite la direction que le club prendra. C’est difficile d’aller discuter avec un joueur et de se projeter aujourd’hui sans savoir qui sera le propriétaire » observait le 7 mai l’entraîneur Zoumana Camara.

    L’emblématique ex-capitaine Téji Savanier (34 ans), qui veut poursuivre sa carrière, et le défenseur central Christopher Jullien (33 ans), sont en fin de contrat. Quatre autres joueurs : Naoufel El Hannach (19 ans, Paris SG), Ayanda Sishuba (21 ans, Rennes), Enzo Molebe (19 ans, Lyon) ou Nathanaël Mbuku (24 ans, Augsbourg) arrivent au terme de leur prêt d’un an.

    Mis à part Molebe, satisfait de son expérience dans l’Hérault et titulaire lors du dernier match, aucun de ses six joueurs ne devraient prolonger. Mbuku, auquel le staff reproche le manque d’efficacité, dispose d’une option d’achat à 1,5 ME. Une clause rédhibitoire par les temps qui courent.

    D’autres attendent. Le milieu offensif Axel Guéguin (21 ans), engagé dans une course contre la montre après son opération au genou droit, espère et aspire à lever l’option de deux années supplémentaires à son premier contrat pro. Tout semble acté.

    Certes, le gardien camerounais Kévin Kamdem a signé la semaine passée son premier contrat pro pour seconder le titulaire Simon Ngapandouetnbu, le Nîmois Mathieu Michel et Viktor Dzodic, mais d’autres jeunes issus du centre de formation, comme les finalistes de la Coupe Gambardella, sont aussi dans l’expectative. Et forcément aux aguets de propositions venues d’ailleurs. Le temps presse.

  • Athlé Provence maintenu, relégation pour Marseille

    Athlé Provence maintenu, relégation pour Marseille

    Les interclubs sont toujours des moments importants dans une saison d’athlétisme. De la compétition, de la convivialité et des courses et concours réunissant pros et amateurs. Chaque club souhaite faire monter les curseurs dans toutes les disciplines pour grimper d’une division ou se maintenir à leur niveau.

    Ce dimanche, c’est à Montpellier que les équipes du sud de la France se sont réunies. En N1A (la deuxième division), Athlé Provence et la Sco Sainte-Marguerite affrontaient quatre autres clubs. Un résultat bien différent pour les deux entités avec une 3e place pour la première citée et une relégation en N1B pour les Marseillais.

    Athlé Provence a compté sur ses athlètes féminines

    Plusieurs facteurs expliquent la contre-performance de la Sco. Les blessures et les zéros pointés ont fait grand mal à leur score final. 56 342 points au total, soit bien loin de leurs 60 000 unités habituelles. Pourtant, plusieurs de leurs athlètes ont tenu leur rang. Les nouveaux arrivants Charlotte Pizzo et Louis Gilavert ont respectivement remporté le 400m (56.44) et le 3 000m (8:15.08). Lucie Jean-Charles s’est imposée en 11.82 lors du 100m. Valentin Lavillenie n’a lui pas passé de barre à la perche, réalisant un zéro.

    Athlé Provence Clubs a bien dépassé cette barre des 60 000 points, établissant son nouveau record. Les femmes ont réalisé les meilleures performances avec Cindy Bourdier en 2:02.87 sur le 800m, un chrono de grande envergure. La championne de France juniors de saut en hauteur Jade Hollander s’est hissée à 1m80 et l’espoir du 110m haies Mélissa Benfatah a empoché la victoire en 13.58, malgré des bourrasques de face. Une prestation globale qui leur permet de se classer derrière Montpellier, intouchable, et Bourgoin-Jallieu.

  • [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    [Cadmium] Des tests remboursés mais pas pour tous

    La bombe sanitaire liée au cadmium est-elle en passe d’exploser ? La pollution de ce métal lourd et sa dangerosité pour la santé (défini comme un cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé depuis 1993) font désormais régulièrement la une des médias. Une récente étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) montrait ainsi qu’un Français sur deux avait accumulé trop de cadmium dans son organisme.

    Face à ces résultats, l’Assurance-maladie et les syndicats de biologie médicale ont conclu un accord début avril pour rembourser les tests à partir de cet été. Ce dépistage, qui coûte 27,50 euros, sera pris en charge à 60% par l’Assurance-maladie et à 40% par les complémentaires santé. Mais seuls ceux vivant dans une zone jugée contaminée et les salariés de l’industrie au contact du cadmium seront remboursés.

    Une stratégie critiquée

    Ce choix d’un dépistage géographique, préconisé par la Haute autorité de santé en 2024, a rapidement été fustigé par les médecins. « Dépister selon le lieu de résidence ne tient pas la route », affirme ainsi François Simon, médecin retraité membre de l’association pour la dépollution des anciennes mines de la Vieille Montagne (AdamVM), basée dans les Cévennes gardoises, qui alerte depuis longtemps sur la dangerosité du cadmium. « Selon l’Anses 48% des Français ont des valeurs toxicologiques de référence au-dessus des normes admises, donc ça ne dépend pas uniquement de la zone géographique. On risque d’être contaminé avant tout par son alimentation. Ce n’est donc pas le lieu de résidence qui est important. » En effet l’Anses précise que la première source de contamination vient de l’alimentation, le cadmium étant très présent dans les pommes de terre, le chocolat, les céréales, le riz ou les biscuits…

    Autre problème : pour définir les zones où la pollution serait la plus importante, l’État s’appuie sur une carte réalisée en 2011 par le Groupement d’intérêt scientifique (GIS). « Cette carte n’est pas actualisée. Il y a donc beaucoup de réticence autour de cette carte très ancienne. En plus, la France a une dérogation pour l’épandage des engrais phosphatés avec 90 mg/kg alors que l’Union européenne réclame un maximum de 60 mg/kg et l’Anses, depuis 2019, réclame que ce soit à 20 mg/kg. La pollution des sols français n’a pas cessé ces dernières années donc cette carte est caduque », ajoute François Simon.

    La question se pose aussi de la démarche à suivre si le test est positif, car aucun protocole n’a été arrêté. « Les médecins n’ont pas de formation sur le sujet et ne connaissent pas les pathologies que ça engendre », explique François Simon qui demande avant tout de changer de modèle agricole : « Pendant longtemps, on a regardé ailleurs et maintenant ça nous explose au visage. C’est un problème politique et il faut maintenant de la volonté. Il faut diminuer les engrais phosphatés tout de suite, pas en 2038 comme c’est prévu aujourd’hui. Combien faut-il de cancers pour qu’on prenne des mesures immédiates ? »

  • En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    En grosses difficultés financières, Luttopia lance une cagnotte en ligne

    « Luttopia a besoin de vous pour survivre. Cinq salariés sont menacés de perdre leur emploi, des dizaines de personnes leurs repères, une utopie qui serait marquée par l’adversité et la logique budgétaire », alerte l’association dans le texte qui accompagne la collecte en ligne solidaire lancée mi-avril sur le site Helloasso*.

    Objectif : rassembler, d’ici fin juin, 50 000 euros qui manquent à une trésorerie exsangue. « On a dû faire le choix d’arrêter nos activités principales pour se concentrer exclusivement sur cette levée de fonds, car on arrive au bout de notre trésorerie fin juin. Ce qu’on a en banque va nous permettre d’assurer nos charges fixes jusque-là, mais pour l’instant on n’est pas en capacité de se projeter plus loin », explique la directrice de l’association, Gwen Lasne.

    Depuis 2022 et un accord trouvé avec la Ville de Montpellier, le squat des anciennes archives départementales, devenu association d’utilité publique, poursuit sa mission de mise à l’abri et d’accompagnement des plus vulnérables dans une maison située 88 bis, avenue de Toulouse, mise à disposition par la collectivité. Deux fois par semaine, Luttopia permet ainsi à une cinquantaine de personnes – hommes, femmes, enfants – « de répondre à des besoins primaires : douche, linge, repas, collation, animation, vestiaire, repos, accompagnement social global », liste Gwen Lasne. Au point que la maison de l’avenue de Toulouse est devenue le 4e lieu d’accueil de jour de la Ville de Montpellier.

    Un avenir incertain

    « Depuis environ un an, et c’est encore plus vrai depuis 6 mois, on a quasiment doublé l’effectif. On est passé d’une moyenne de 22-25 personnes accueillies deux fois par semaine à 48-52 personnes désormais », indique la directrice. Hélas les financements, eux, sont inversement proportionnels à la fréquentation. « Les dotations à la baisse qui frappent les collectivités locales se répercutent sur le mouvement associatif. Quant aux Fondations, elles ont moins de donateurs donc elles allouent un peu moins d’argent aux associations qu’elles soutiennent ». La Métropole de Montpellier contribue ainsi cette année à hauteur de 9 000 euros, « largement en deçà de ce qu’on a eu les 3 premières années, où on tournait autour de 40 000 euros » ; la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-Fondation Abbé Pierre) verse 20 000 euros (au lieu de 35 000 auparavant) ; la Fondation de France, quant à elle, apporte 12 500 euros sur l’année. Des sommes qui ne suffisent pas à absorber l’augmentation des charges fixes et surtout l’embauche, devenue nécessaire, de 5 salariés (3,5 équivalents temps plein). « Sur un an, il nous faudrait une enveloppe d’un peu plus de 90 000 euros », évalue la directrice de Luttopia. Le choix a donc été fait de stopper les activités de l’association -qui dispose aussi d’un espace d’hébergement dédié à l’accueil de femmes en situation de vulnérabilité- afin de se consacrer à une levée de fonds pour tenter de rassembler 50 000 euros. « C’est ce qui nous permettrait de tenir une année supplémentaire », indique le texte présentant la démarche. « Tout don, même modeste, compte », insiste Gwen Lasne, qui précise que ces dons peuvent être défiscalisés. Le 11 mai, 20% de l’objectif avait déjà été atteint.

    Outre la question financière se pose celle de la convention d’occupation du bâtiment de l’avenue de Toulouse, qui arrive à échéance au 30 septembre. « On attend de voir ce que vont proposer, ou pas, les services de la Ville », indique la directrice de Luttopia. « L’idéal serait que la collectivité nous mette à disposition un nouveau site, mais pérenne cette fois-ci, dans lequel on puisse déménager nos missions d’accueil de jour et pourquoi pas créer quelques places d’hébergement. Il faut qu’on sorte de cette précarité permanente si on veut pérenniser notre activité », insiste-t-elle. Une rencontre est prévue le 28 mai pour évoquer le sujet avec la nouvelle adjointe aux solidarités, Muriel Ressiguier.

  • [Entretien] Maëva Orliac : « La carnivorie peut être vue comme le marqueur de ce qu’est un cétacé »

    [Entretien] Maëva Orliac : « La carnivorie peut être vue comme le marqueur de ce qu’est un cétacé »

    La Marseillaise : Que nous apprend la mandibule fossile de « Kalakocetus aurorae », cette espèce primitive de cétacé tout juste découverte ?

    Maëva Orliac : C’est intéressant pour définir ce qu’est un cétacé. Kalakocetus aurorae valide ce que proposaient les spécialistes : que le passage d’une alimentation herbivore à carnivore peut être considéré comme le marqueur de ce que sont ces animaux. À partir du moment où ce groupe est devenu carnivore, on parle de cétacés. Leurs espèces sœurs –les Raoellidae– sont restées des herbivores.

    Comment les définissait-on avant ?

    M.O. : Pendant longtemps, les cétacés étaient définis par leur région auditive. L’os de leur oreille ressemble à un coquillage. C’est dû à l’adaptation au milieu aquatique de ces animaux dont les ancêtres vivaient sur terre. Mais cette particularité de l’oreille a été retrouvée chez les Raoellidae. Donc cela ne fonctionnait plus.

    Quelle est la place des baleines à fanons
    dans l’histoire évolutive des cétacés ?

    M.O. : Elles appartiennent au groupe des « mysticètes » qui apparaissent il y a environ 36 millions d’années, soit 12 millions d’années après Kalakocetus aurorae. Les premiers représentants avaient des dents et des fanons. Petit à petit, ils ont perdu leurs dents à la faveur des fanons. Il s’agit de lames de kératine, comme des cheveux, qui filtrent l’eau pour récupérer le plancton composé d’algues et d’animaux comme le krill. C’est une autre histoire évolutive par rapport à celle des dauphins ou des orques qui ont des dents acérées et ne consomment que de la viande.

  • Les robes noires ne baissent pas la garde sur la Loi Sure

    Les robes noires ne baissent pas la garde sur la Loi Sure

    La colère ne retombe pas chez les robes noires. Dans le Gard et l’Hérault comme partout en France, les avocats poursuivent la mobilisation contre le projet de loi Sure, porté par Gérald Darmanin. Le texte, adopté à l’Assemblée le 14 avril avant son passage au Sénat, reste dans le viseur des barreaux. Leur mot d’ordre est clair : retrait pur et simple.

    Au cœur du bras de fer, l’instauration d’un « plaider-coupable » en matière criminelle. Pour le gouvernement, il s’agirait de désengorger les tribunaux. Pour les avocats, cela entraînerait une justice au rabais, plus rapide parce que moins contradictoire, moins publique, moins humaine. « Ce que nous refusons, c’est une justice expéditive, sans vrai procès, qui irait peu à peu vers la suppression des cours d’assises ou des jurés, parce qu’ils coûteraient trop cher », alerte Salomé Auliard, avocate et coprésidente du SAF Nîmes. Sous pression, le garde des Sceaux a toutefois commencé à lâcher du terrain. Le 12 mai, Gérald Darmanin a proposé d’exclure de cette procédure les viols, tous les crimes sexuels et l’ensemble des crimes relevant des cours d’assises. Le dispositif ne concernerait plus que certains crimes jugés en cour criminelle départementale, comme les coups mortels ou certains braquages. Un recul qui réduit le champ de la mesure, sans éteindre la colère.

    Une fronde dans les palais

    Sur le terrain, la contestation prend des formes multiples. À Nîmes, les avocats refusent de plaider en comparution immédiate et lisent des motions à l’audience. À Montpellier, la grève du zèle s’est traduite par l’intervention de plusieurs avocats sur un même dossier, pour rallonger les débats et rendre visible la colère. À Alès, le barreau a maintenu la pression par la lecture systématique d’une motion à chaque ouverture d’audience. À Béziers, les robes noires ont de nouveau fait grève le 7 mai.

    Les instances nationales appellent, elles aussi, à inscrire la lutte dans la durée : grèves hebdomadaires, défense de masse, rassemblements devant les palais, réunions publiques, interpellation des parlementaires. Les syndicats veulent élargir le front aux magistrats, aux associations de défense des droits et aux collectifs de victimes, pour empêcher l’État de droit devenir une variable d’ajustement budgétaire.

  • Les exigences du monde du travail vis-à-vis de la gauche

    Les exigences du monde du travail vis-à-vis de la gauche

    Après des années de règne de la droite en France, l’élection présidentielle de 2027 pourrait voir un candidat ou une candidate de gauche s’imposer et s’installer pendant cinq ans à l’Élysée. L’occasion pour les syndicats de mettre sur le devant de la scène certaines revendications chères au monde du travail et à la fonction publique. À commencer par un meilleur partage des richesses, à l’heure où la France connaît une montée des inégalités. « Depuis les années 80, la rémunération du capital a énormément augmenté tandis que la rémunération du travail a beaucoup baissé. Ce partage des richesses se fait au détriment des salariés qui, dès le 15 du mois, pour beaucoup, commencent déjà à être à découvert », constate Édouard Gloannec, secrétaire du syndicat SUD Santé Gard-Lozère.

    À cela s’ajoute la perte du pouvoir d’achat, précarisant la vie de nombreux Français. « Beaucoup de questions liées au pouvoir d’achat sont en suspens comme le refus de revoir les mécanismes d’augmentation des salaires, la prise en compte automatique de l’inflation, d’adosser les pensions de retraite sur les salaires. Toutes ces mesures permettraient d’éviter ces pertes de revenus. On voit comment on est frappé dans la séquence avec un refus de prendre en compte tout ce qui est lié à la crise du pétrole mais pas seulement puisqu’il y a des incidences sur l’ensemble des produits de consommation courante, dont les produits alimentaires, qui pénalisent le budget des familles », estime Serge Ragazzacci, secrétaire héraultais de la CGT.

    Baisse de 25% des salaires de fonctionnaires en 10 ans

    Les salariés du privé ne sont pas les seuls impactés. Dans la fonction publique, beaucoup tirent la langue. « Il y a eu une continuité du gel des salaires de la fonction publique qui avait été mis en place par Nicolas Sarkozy puis François Hollande avec une petite exception en 2016. Cette question est maintenant devenue préoccupante à la fois parce qu’effectivement on assiste à un effondrement du pouvoir d’achat des enseignants et de l’ensemble des fonctionnaires de moins 25% de baisse du pouvoir d’achat par rapport à 2010 » fait valoir Stéphane Audebeau, co-secrétaire académique du Snes-FSU Montpellier. « Cela entraîne une crise de recrutement et d’attractivité d’un ensemble de professions dans la fonction publique, en particulier des enseignants ». La question des retraites, centrale lors des derniers mouvements sociaux, est également mise en avant par les syndicats. « On aimerait retrouver la retraite à 60 ans et à 37,5 annuités pour pouvoir profiter de nos vies. Ce n’est pas infaisable sur un plan économique et puis il faut aussi, pour les jeunes aujourd’hui, qu’il y ait un partage du travail. Il n’est pas question de laisser des jeunes ne pas rentrer dans la vie professionnelle parce qu’il n’y a pas de place, parce qu’en plus il y a l’IA qui va détruire des emplois », reprend Édouard Gloannec.

    L’exemple des retraites illustre également une forte demande des syndicats vis-à-vis de la gauche. La dernière réforme, portée par la macronie et conspuée dans la rue et le Parlement, montre à quel point les dirigeants actuels sont étanches aux demandes populaires. « Il y a une disproportion : le prétexte de légitimité d’un pouvoir et d’élections ne peut pas justifier tous les abus de pouvoir, toutes les décisions qui vont à l’encontre de l’avis des associations, des syndicats », observe Serge Ragazzacci.

    Renforcer

    les contre-pouvoirs

    Un renforcement des contre-pouvoirs permettrait ainsi d’éviter ces abus. Ce qui doit également être mis en place dans les entreprises, en rétablissant notamment les comités d’entreprise ainsi que les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail afin que les syndicats puissent défendre au mieux les droits des travailleurs.

  • Un fossile illustre une étape clé de l’histoire des cétacés

    Un fossile illustre une étape clé de l’histoire des cétacés

    Fraîchement titulaire d’un doctorat en paléontologie, Mohd Waqas arrive à l’Institut des sciences de l’évolution de Montpellier (Isem) en 2023. Il vient faire un post-doctorat autour des organes sensoriels des cétacés. Dans ses bagages, il amène avec lui le fossile d’une mandibule qu’il a trouvé près de son village natal, en Inde. « Il ne m’en avait pas parlé », assure Maëva Orliac, chercheuse CNRS à l’Isem. Quand elle voit le fossile, elle n’en croit pas ses yeux. « C’était trop beau pour être vrai », se remémore-t-elle. C’est exactement la pièce d’un puzzle que les paléontologues cherchent à combler depuis longtemps. Un journal scientifique prestigieux auquel elle proposera la découverte croira même à une supercherie. « Ils pensaient que le fossile avait été fabriqué », s’amuse-t-elle aujourd’hui.

    Les caractéristiques générales de la mandibule indiquent qu’elle est celle d’un cétacé primitif. Mais sa singularité réside dans une des molaires qui a la particularité d’avoir trois cuspides –c’est-à-dire trois bosses. « Cela signifie qu’il s’agit d’un témoin de la transition spectaculaire des cétacés de l’environnement terrestre au milieu aquatique », résume la chercheuse, dernière autrice d’un article finalement paru dans Nature Ecology & Evolution.

    Régime alimentaire

    Car les cétacés n’ont pas toujours été des animaux aquatiques comme ceux que nous connaissons aujourd’hui : orques, dauphins, baleines… Leurs ancêtres étaient des animaux terrestres et herbivores qui ont ensuite investi le milieu aquatique et sont devenus carnivores. C’est lors de cette transition que leurs molaires ont perdu deux bosses. Les herbivores en avaient quatre pour favoriser la mastication des végétaux. Les carnivores n’en avaient plus que deux pour faciliter le cisaillement de la viande. « Nous n’avions jamais trouvé un témoin de la transition entre les deux », souligne Maëva Orliac.

    C’est maintenant chose faite. Et ce témoin, qui a vécu il y a environ 48 millions d’années, s’appellera Kalakocetus aurorae. Cette espèce primitive de cétacé se nourrissait essentiellement de viande comme en témoignent les traces de micro-usure sur les dents. « Elles sont fines, parallèles et assez profondes, décrit Maëva Orliac. Cela témoigne d’un mouvement cisaillant de la mandibule typique des carnivores. »

    La mandibule est aujourd’hui retournée en Inde. Son post-doctorat terminé, Mohd Waqas est lui retourné à la recherche d’autres fossiles de Kalakocetus aurorae. Les paléontologues aimeraient trouver des éléments de sa denture supérieure. « Pourquoi pas un crâne », se prend à rêver Maëva Orliac. Les fouilles ont-elles déjà porté leurs fruits ? « Des fossiles ont été mis au jour mais les extraire de la roche prend du temps », glisse la chercheuse. Un peu de patience, donc, avant de savoir s’il s’agit bien de nouvelles traces de ce cétacé primitif et compléter son histoire.

  • Fragilisée, la librairie Sauramps sera absente de la Comédie du livre

    Fragilisée, la librairie Sauramps sera absente de la Comédie du livre

    C’est la note triste de cette Comédie du livre. Alors qu’elle fête cette année ses 80 ans d’existence, Sauramps, librairie historique de Montpellier qui fut l’une des plus importantes librairies indépendantes de France, voit son avenir menacé par de graves difficultés financières. D’après ses chiffres, les pertes cumulées s’élèveraient à 3,5 millions d’euros, en lien avec la crise du secteur. Ce n’est hélas pas la première fois que l’entreprise rencontre des difficultés. En 2017, elle avait été placée en redressement judiciaire, avant d’être rachetée par la société Amétis pour 5,3 millions d’euros.

    Cette année, pour la première fois depuis l’existence de la Comédie du livre, Sauramps ne sera pas représentée parmi les 15 librairies indépendantes accueillant des auteurs en dédicace lors du salon du livre des 22, 23 et 24 mai sur la promenade du Peyrou. « On est très heureux chaque année d’y participer, mais il faut savoir que cela représente 60 000 euros de commandes, un engagement dont le retour n’est forcément jamais garanti. Au vu de nos difficultés actuelles, c’est trop lourd », confiait récemment David Lafarge, directeur de Sauramps, dans Midi Libre.

    « On espère les retrouver dès 2027 sur le festival », déclare Régis Pénalva. « En attendant, pour cette année, les autres librairies se sont mobilisées pour se répartir la cinquantaine d’auteurs qui devaient être accueillis par Sauramps. Les invitations ont donc pu être maintenues », informe le directeur artistique de la Comédie du livre. « Nous serons tant que nous le pouvons aux côtés de la librairie Sauramps », assure de son côté Michaël Delafosse.

  • Plumes de presse sonde les liens entre journalisme et littérature du réel

    Plumes de presse sonde les liens entre journalisme et littérature du réel

    Chaque rentrée littéraire compte désormais son lot d’ouvrages d’écrivains-journalistes ou de journalistes-écrivains, primés pour certains. Depuis plusieurs années, le paysage éditorial est marqué non seulement par l’essor de la non-fiction, mais aussi par celui de formes hybrides mêlant littérature et information : récits d’enquête, bandes dessinées documentaires, mooks, journalisme narratif…

    Intégré depuis maintenant 4 ans au programme officiel de la Comédie du livre – 10 jours en mai, le festival Plumes de presse s’interroge « sur ces nouvelles écritures de presse dans un contexte de crise de la presse, de rachat des journaux et d’uniformisation des écritures », explique Marie-Eve Thérenty, professeure à l’Université Paul-Valéry – Montpellier 3, spécialiste de l’histoire de la presse et de la littérature médiatique.

    Cette nouvelle édition s’ouvrira mercredi 20 mai sur une journée consacrée aux liens entre polar et journalisme, avec un dialogue entre Michèle Pedinielli, romancière, ancienne journaliste et Valerio Varesi, qui fut journaliste à La Repubblica avant de devenir l’un des grands noms du polar italien (14h30). Auteur de polars politiques, dont une ambitieuse trilogie sur les années de plomb à la française située entre 1978 et 1984 (Bleus, blancs, rouges, L’Etendard sanglant est levé et 14 juillet), Benjamin Dierstein « montrera comment le roman noir peut éclairer à la fois l’histoire et l’actualité » (16h). Enfin David Dufresne, romancier et grand journaliste d’investigation, reviendra sur son parcours et évoquera son dernier roman, Remember Fessenheim (Grasset), « enquête intime » consacrée à sa grand-mère Françoise d’Eaubonne, révolutionnaire, féministe et écrivaine.

    Fabrice Arfi, Julie Brafman, Annick Cojean…

    Jeudi 21 mai, place à un focus sur la BD de non-fiction autour des 40 ans des éditions Delcourt, « avec une programmation qui réunit des journalistes, des auteurs, des dessinateurs autour des nouvelles formes du reportage dessiné et des grandes enquêtes d’investigation qui passent aujourd’hui par la BD », détaille Marie-Eve Thérenty. Parmi les auteurs invités, le journaliste d’investigation à Mediapart Fabrice Arfi reviendra notamment sur la BD-reportage réalisée autour de son enquête sur l’affaire Sarkozy-Kadhafi (14h15), laquelle a également fait l’objet d’un documentaire qui sera projeté salle Rabelais (20h30).

    Le dernier jour du festival, vendredi 23 mai, s’ouvrira sur un « Café nostalgie » (11h30) qui se penchera sur la disparition – ou presque – du journal, en présence de Guillaume Pinson, auteur d’un essai sur le sujet : L’adieu au journal (CNRS Éditions). Plusieurs échanges seront ensuite proposés autour de grandes enquêtes contemporaines, avec des journalistes de renom comme Julie Brafman (14h), qui a obtenu le prix Albert-Londres 2025 pour son traitement, dans Libération, de plusieurs affaires judiciaires (braquage de Kim Kardashian, condamnation pour pédophilie de Joël Le Scouarnec…) ou encore Annick Cojean (18h), grande reporter au Monde engagée pour la cause des femmes, qui sort une BD avec l’historienne Michelle Perrot intitulée La Marche des femmes (Albin Michel). À ne pas manquer également, en écho à la venue de Gisèle Pelicot, une table ronde sur le procès des viols de Mazan (15h30) avec la romancière Valérie Manteau et la chroniqueuse judiciaire Marion Dubreuil, qui ont rendu compte l’une et l’autre de ce procès historique.