Tag: Hérault

  • [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    [Sénatoriales] Le périlleux pari de la gauche dispersée

    Le retrait des sortants aiguise les appétits individuels mais accentue le risque des désillusions collectives. Pour la gauche, le scrutin sénatorial du dimanche 27 septembre a tout l’air du piège.

    Tout d’abord, elle est sortie plutôt affaiblie des Municipales dans l’Hérault. Or, le corps électoral des 2 729 grands électeurs est largement constitué de délégués des conseils municipaux. Ajoutez à cela un mode de scrutin singulier (la proportionnelle de liste à un tour) et l’affaire se corse un peu plus.

    Au vu de son actuelle situation confortable (3 sièges sur 4), la gauche héraultaise semble avoir plus à perdre qu’à gagner face à une droite certes elle aussi divisée mais solide et une extrême droite qui ne cesse de progresser.

    Le fait que deux sortants (Christian Bilhac, PRG/RDSE et Henri Cabanel, DVG/RDSE) ne se représentent pas génère de l’incertitude. Une brèche vers le palais du Luxembourg dans laquelle de nombreux impétrants souhaitent s’infiltrer à gauche. Sans même compter les listes surprises qui pourraient être déposées en préfecture du 7 au 11 septembre, pas moins de 6 listes de gauche sont déjà annoncées dans l’Hérault.

    Embouteillage à gauche

    La liste qui semble favorite semble être celle menée par Hussein Bourgi. Allié à la vice-présidente de Métropole Julie Frêche (numéro 2) et soutenu par le PCF, le sénateur sortant peut compter sur un solide réseau d’élus notamment à Montpellier. Probablement suffisant pour conserver son siège. Pour en obtenir un second en revanche…

    Il faudra batailler avec les concurrents. À commencer par Florence Brutus (PRG). La vice-présidente de Région auprès de Carole Delga est soutenue par le sortant Christian Bilhac. L’ancien maire de Péret peut compter sur ses réseaux du monde rural.

    En probable 5e position (non éligible), le président du Département, Kléber Mesquida (DVG), en rupture avec la ligne du PS depuis son départ du parti à la rose, poussera la liste de l’élu héraultais, Aurélien Manenc. Lequel mise lui aussi sur la ruralité. Problème : la liste DVG dissidente d’Audrey Imbert, élue du canton de Mèze, vient compliquer la tâche.

    Enfin, les Écologistes et les Insoumis devraient partir séparés. Durant l’été, les premiers n’ont eu de cesse de faire les yeux doux aux seconds. En vain. La faute à la stratégie nationale autonome dictée par Jean-Luc Mélenchon. Massivement présente à ce scrutin, LFI n’a que peu de chance de succès. Dans l’Hérault, la mission s’annonce ardue pour l’élue municipale d’opposition à Castelnau-le-Lez, Alexia Laforge. Avec en tête de liste Agnès Gizard-Carlin (élue à Pezenas), les Verts chercheront eux aussi avant tout à tisser leurs réseaux et gagner en notoriété.

    Le RN tapi dans l’ombre

    Et la droite dans tout cela ? Au moins quatre listes devraient être en lice. Pourtant des ambitions ont pu être freinées. Un temps sur le coup contre le sortant Jean-Pierre Grand (Horizons), le délégué héraultais du parti d’Edouard Philippe, Jean-François Audrin, a renoncé. L’ex-UMP sera toutefois concurrencé à droite par Les Républicains. Leur liste sera menée par l’avocat et ex-porte-parole de l’association Non au béton, Alain Berthet. L’entrepreneur Joseph Francis devrait lui aussi mener une liste sans le logo UDI. Enfin, Malik Hamadache, adjoint au maire de Villeneuve-lès-Maguelone, devrait candidater pour Nouvelle Énergie, le parti de David Lisnard.

    La droite pourra compter sur les nombreux élus divers droite. Reste à savoir combien seront tentés par la liste RN de la députée Manon Bouquin appelée à dépanner suite au retrait (pour raisons médicales) du Sétois Sébastien Pacull qui avait été investi. Avec la prise d’Agde qui s’ajoute à l’emprise ménardienne dans le biterrois, le scénario d’un sénateur RN dans l’Hérault n’apparaît plus totalement farfelu.

  • Enseignement supérieur et recherche : un front uni contre le sous-financement

    Enseignement supérieur et recherche : un front uni contre le sous-financement

    C’est une rentrée qui s’annonce offensive. À l’appel d’une très large intersyndicale, une journée de mobilisation nationale est organisée le 15 septembre pour dénoncer le sous-financement chronique qui tue, lentement mais sûrement, le service public de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR).

    C’est le rapport issu des « Assises du financement des universités », publié en juin dernier, qui a mis le feu aux poudres. « Il acte le désengagement de l’État du service public de l’ESR », estime Romain Larive, enseignant-chercheur en biologie à l’Université de Montpellier et membre de la direction du Snesup FSU de l’établissement. « Face au sous-financement chronique de l’État, la seule proposition qui est faite est la diversification, par les établissements, de leurs ressources propres et notamment la multiplication par cinq des frais d’inscription pour tous les étudiants. Ce qui restreindrait l’accès à l’enseignement supérieur aux étudiants issus des classes populaires, sur le modèle anglo-saxon », dénonce le syndicaliste.

    « Depuis la mise en place de l’autonomie des universités par Valérie Pécresse en 2012, on a perdu l’automatisme de la subvention pour charge de service public, qui devrait être proportionnelle au nombre d’étudiants. Lequel ne cesse d’augmenter… », explique l’enseignant-chercheur. Les universités se retrouvent donc à gérer des budgets déficitaires. « Cette année, je crois que plus des trois quarts des universités étaient en déficit, malgré des mesures d’austérité déjà appliquées depuis de nombreuses années », déplore Romain Larive.

    12 000 titulaires et

    100 000 places en licence

    « À l’Université de Montpellier, par exemple, les postes qui doivent être ouverts au concours pour recruter des collègues suite à des départs à la retraite sont gelés pendant un an », illustre-t-il. « Et il y a quelques années, à la faculté des sciences, il y a eu une diminution de 10 % du volume horaire de tous les enseignements. » Des choix contraints qui dégradent les conditions de travail comme d’apprentissage. « C’est un peu comme si on était un corps humain et qu’il fallait choisir de couper un orteil, puis un pied… Sachant qu’il y a toujours plus d’étudiants et toujours moins de moyens, du coup ça s’accentue de plus en plus. » Les étudiants des classes préparatoires aux grandes écoles, eux, « sont jusqu’à trois fois plus financés que ceux qui viennent à la fac », relève le représentant du Snesup FSU. « Il faudrait que toutes les universités soient aussi bien dotées que ces classes préparatoires ». Selon le syndicat, « il manque 8 milliards d’euros pour l’enseignement supérieur et 8 milliards pour la recherche publique, soit une augmentation d’environ 50% du budget de l’ESR, qui est actuellement d’un peu moins de 30 milliards. Cet argent existe : on peut aller le chercher du côté du crédit impôt recherche versé aux entreprises… »

    Le manque de postes est également un gros sujet de préoccupation : « On fonctionne de plus en plus avec une part d’heures d’enseignement assurées par des collègues qui ne sont pas titulaires. On a une armée de précaires qui assurent entre un tiers et la moitié des enseignements, selon les universités », rapporte Romain Larive. Selon lui, « un plan massif de recrutement de 12 000 titulaires » serait nécessaire. Il faudrait également créer « 100 000 places en première année de licence » pour absorber l’augmentation du nombre d’étudiants dans l’ESR. « On a chiffré à plus de 150 000 le nombre de bacheliers inscrits sur Parcour’sup qui n’ont pas eu d’affectation début juillet », illustre l’enseignant-chercheur. « D’un côté on assèche les universités (sous-financement, sous-recrutement) et de l’autre on met en place une plateforme qui instaure une sélection n’ayant d’autre but que de masquer le manque de places. » Tout en foulant aux pieds le droit de poursuivre des études dans l’enseignement supérieur après le baccalauréat.

  • Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    Au PS, la ligne Delga plus suivie dans l’Hérault que dans le Gard

    C’est tout sauf une surprise et c’est désormais officiel : Carole Delga soutient Raphaël Glucksmann à la primaire (9-10 et 16-17 octobre) et surtout dans la course à l’Élysée. Jeudi 27 août sur TF1, la présidente de la Région Occitanie a officialisé son parti pris la veille de l’ouverture des universités d’été du parti à la rose (28-30 août).

    Pour elle, c’est clair : bien que dans le ventre mou des sondages actuels, le leader de Place publique est « le meilleur candidat à gauche ». R. Glucksmann a aussi l’atout d’être allergique à LFI de J-L. Mélenchon avec qui C. Delga, opposée à la Nupes dès 2022, refuse de s’allier.

    À l’exception de quelques réseaux militants et d’une poignée d’élus comme Loïc Linarès (Agglo de Sète), cette position semble largement partagée dans l’Hérault, du moins côté élus. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, incarne depuis 2020 la ligne des deux gauches irréconciliables avec des Insoumis qui ne le ménagent pas dans l’opposition municipale. Le sénateur Hussein Bourgi et, jusqu’à son départ du PS, le président héraultais Kléber Mesquida, incarnent aussi ce courant de « l’aile droite du PS ». Le patron du PS 34 est raccord. « Dans un monde aussi trouble, je veux avoir un interlocuteur fiable face à Poutine, Trump. Glucksmann parle de droits de l’Homme et de fin du mois. Il peut concilier les demandes des Français dans un monde dangereux où l’indépendance de la France pèsera lourd », synthétise Julien Pradel.

    Premier défi : la primaire

    Dans le Gard, la ligne politique est beaucoup moins tranchée. Contacté, le secrétaire fédéral Pierre Jaumain, de l’aile gauche du PS, nous a fait savoir qu’il n’a « pas encore pris de position ». Chloé Ridel ne cache pas qu’elle soutient toujours le premier secrétaire. « Faure, c’est la garantie d’une politique de gauche radicale, réformiste, de justice fiscale, de hausse des salaires sans baisse des cotisations et de réindustrialisation. J’attends toujours de voir ce que Glucksmann propose… », tranche l’eurodéputée qui n’a pas l’intention de se rallier à J-L. Mélenchon « dans l’incapacité de battre le RN ».

    Si elle promet de se ranger derrière le vainqueur de la primaire (PS/Place Publique, GRS), Chloé Ridel croit en O. Faure. « Les jeux ne sont pas faits ». Tout comme J. Pradel croit en Glucksmann. « L’accession au 2e tour se fera autour de 16%, un point de moins que notre score aux Européennes. Et sans faire campagne, on est à 10% », positive le fédéral héraultais. Pour chaque camp, il faudra déjà gagner une primaire indécise à laquelle pourraient aussi participer S. Royal, J. Guedj et P. Brun. F. Hollande a lui choisi de l’enjamber.

  • Pour ses 90 ans, le muscat s’offre un millésime de choix

    Pour ses 90 ans, le muscat s’offre un millésime de choix

    À Frontignan, le millésime 2026 aura le goût du paradoxe. Dans les vignes entre Méditerranée et Gardiole, les sécateurs ont travaillé plus tôt que jamais : la cave coopérative a ouvert dès le 29 juillet pour les vins secs, puis le 3 août pour le muscat doux. Au 18 août, tout était déjà rentré. Une vendange avancée de quinze jours sous l’effet des fortes chaleurs, signe d’un calendrier viticole toujours plus bousculé.

    Dans les cuves, pourtant, les premiers jus rassurent. Avec un degré moyen de 16,3°, le raisin atteint un niveau jugé optimal pour le vin doux naturel. Les arômes s’annoncent généreux, autour de la pêche, de l’abricot et des fleurs blanches. « Cette année, le muscat de Frontignan va être exceptionnel. Pour les 90 ans de l’appellation, on devrait être gâtés », se réjouit Christophe Sala, vigneron au Domaine de la Plaine, qui évoque des jus « très clairs, très parfumés » et un possible « grand millésime ».

    Moins de grappes,

    plus de promesses

    Le revers se lit sur la balance. La cave coopérative estime sa production à 12 500 hectolitres, contre 15 000 en 2025, soit près de 16% de moins. « Les raisins sont restés très gorgés de jus, mais les pieds étaient moins chargés en grappes », résume William Juan, président de la coopérative. La chaleur a aussi accéléré la fermentation, réduite de trois à cinq jours contre six à sept habituellement. Malgré ce recul, les deux millions de bouteilles devraient être assurées grâce au stock de sécurité.

    Cette récolte réduite tombe dans une année symbolique : l’appellation fête ses 90 ans et vient d’obtenir une évolution de son cahier des charges, avec notamment le retour du muscat rouge en AOP. Une manière de se renouveler alors que la filière affronte baisse de la consommation et dérèglement climatique.

  • Montpellier, rester sur les hauteurs

    Montpellier, rester sur les hauteurs

    L’allure massive, le ton mesuré, le sourire apaisant : le manager de Montpellier Joan Caudullo trimballe la même prestance. Neuf semaines après la finale perdue devant le Stade toulousain (28-20), à la douleur encore palpable pour lui, le nouvel homme fort du MHR semble le même. Il s’avance vers sa troisième saison à la tête de l’équipe héraultaise avec un objectif simple. Ou plutôt une obsession. Préserver une constance au plus haut niveau, un même style de jeu. « On a envie de faire les phases finales, on a envie d’y être. On est en capacité par rapport à la saison dernière de pouvoir le dire et l’annoncer haut et fort », se projette-t-il. Mais, il redoute une décompression à la veille de la reprise samedi 5 septembre (19h) au complexe Du Manoir devant Pau, présent également en phase finale.

    « Attention à la décompression après une bonne saison. Je pense que l’on vient de vivre l’une des meilleures saisons du club mis à part la saison 2022 [conquête du titre, Ndlr]. J’ai peur, pour ma part, de cette décompression, mais j’en ai parlé aux joueurs et au staff », insiste le technicien, au contrat prolongé jusqu’en 2029.

    Joan Caudullo connaît l’histoire du MHR. Né et formé à Montpellier, il a vécu l’euphorie d’une belle saison, puis le cauchemar de la suivante comme au lendemain du titre conquis en 2022. Avec ce sauvetage lors du barrage en juin 2024 à Grenoble.

    Montpellier n’est ni Toulon, ni Clermont, ni La Rochelle, ni même Béziers, où la notoriété du club crée d’elle-même une attente. Et la culture du rugby enveloppe toute la ville sous une pression latente.

    Au fond, le MHR est face à lui-même. Face à son excellente saison, l’une des plus réussies sous la présidence du mécène Mohed Altrad, aux commandes du club héraultais depuis avril 2011. Seconds de la phase régulière, les partenaires du jeune capitaine Lenni Nouchi ont atteint la quatrième finale de l’histoire, après avoir conquis le Challenge européen devant l’Ulster. Dur de faire mieux. Désir de garantir un minimum.

    « Il y a des efforts physiques à faire »

    « J’aimerais que l’on continue à parler de nous comme une équipe dure à jouer. Si on atteint cet objectif-là, je pense qu’on fera des phases finales. L’objectif du club est d’arriver à enchaîner des saisons de bonne facture avec des phases finales, avec un partage avec notre public, avec une bonne image du club » avance-t-il.

    Seulement, Caudullo connaît la densité du Top 14 : « Déterminer une place au classement avec la densité de ce championnat, je trouve ça hyper difficile et irrespectueux des autres équipes. Parce qu’aujourd’hui, à part Toulouse, savoir qui va finir 14e, 13e, ou dans les six premiers, je suis incapable de te le dire », estime-t-il.

    Ce manager méticuleux ne veut pas dévier de sa ligne de conduite. Celle d’un jeu charpenté autour de ses avants, d’une mêlée performante, d’une touche dominatrice et d’un savoir-faire sur les ballons portés. De l’ADN de Montpellier. « La chose la plus dure est de mettre ce jeu en place. Il y a des efforts physiques à faire, il faut être en forme et avoir une force mentale. L’an passé, on n’a rien lâché, j’aimerais qu’on conserve ce jeu. Si on y arrive, on aura des résultats », persuade-t-il. « Depuis quarante ans, le jeu de Montpellier a toujours été comme ça. Avec des avants forts et costauds qui doivent dominer l’adversaire pour pouvoir gagner », dessine-t-il, sans céder à la tentation du spectacle.

    Tout change à l’aube de cette saison. Au-delà du statut de finaliste, Montpellier sera confronté à de nouvelles exigences et règles aussi. L’équipe de Caudullo revient en Coupe des champions, où le niveau est sans commune mesure avec le Challenge européen. Et rançon du succès, plusieurs joueurs comme Nouchi, Verhaeghe, Wardi ou peut-être Cadot, présents lors de la dernière tournée des Bleus dans l’Hémisphère Sud, sont suivis par le sélectionneur français Fabien Galthié.

    Tout change et Caudullo veut laisser Montpellier à sa nouvelle place. Sur les hauteurs du rugby français.

  • Près de 1000 associations font leur rentrée à Montpellier

    Près de 1000 associations font leur rentrée à Montpellier

    C’est un rendez-vous de rentrée incontournable pour de nombreux Montpelliérains. Dimanche 6 septembre, le quartier Antigone se transformera, comme chaque année, en une immense vitrine citoyenne pour accompagner les habitants dans le choix de leurs activités annuelles.

    De la place du Nombre-d’Or à l’Esplanade de l’Europe, chacun pourra déambuler gratuitement dans « ce qui est sans doute la plus grosse foire aux associations de France », estime Sébastien Cote, premier adjoint à la Ville de Montpellier en charge du service vie associative. De 9h30 à 17h30, près de 1 000 associations locales, classées par thématiques (culture, sport, environnement, solidarité…) tiendront des stands et proposeront des démonstrations gratuites à destination du public.

    Un moment qui revêt une importance particulière dans un contexte de baisse globale des subventions « de la part de l’État comme de certaines collectivités », observe Sébastien Cote. La Ville de Montpellier, elle, « a fait le choix de sanctuariser les aides aux associations, c’est-à-dire de les maintenir. Et dans un certain nombre de cas, nous essayons de venir au soutien d’associations en difficulté, soit par le biais de subventions, soit via la mise à disposition de locaux associatifs », détaille l’élu. C’est le cas, par exemple, du Planning familial de l’Hérault, dont l’activité est menacée par les coupes budgétaires émanant de son principal financeur, l’État. « La Ville va faire un effort en faisant une dotation exceptionnelle, qui devrait être votée lors du conseil municipal du mois d’octobre. Cette aide ne permettra pas de résorber le déficit, ça nous n’en sommes pas capables, mais elle participera à aider cette association. »

    Augmentation des demandes de subventions

    En charge du service vie associative de la Ville de Montpellier, Sébastien Cote observe « très nettement une augmentation, cette année, du nombre de demandes de subventions pour des associations que nous ne connaissions pas ». Très fragilisé, ce secteur est pourtant « fondamental dans la fabrication et le développement du lien social. Évidemment il y a l’action publique, mais il faut aussi pouvoir s’appuyer sur la vie associative, qui permet de faire vivre un certain nombre d’actions qui autrement n’existeraient pas. Ce sont des énergies dans des territoires, dans des quartiers. Ce sont des emplois, des bénévoles. C’est une donnée fondamentale de la vie à Montpellier », insiste l’élu.

    Si l’Antigone des associations est bien sûr « un outil de communication mis à la disposition des associations » pour valoriser leur action, faire des démonstrations, rechercher de nouveaux adhérents, « c’est aussi une journée faite pour leur permettre de trouver des bénévoles, de se rencontrer, de créer des synergies », précise Sébastien Cote. À noter, cette année, un nouveau stand créé en partenariat avec l’État permettant aux associations de s’informer sur leurs besoins d’accompagnement, d’ordre juridique ou administratif. « Nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider le tissu associatif local. On peut pallier, parfois, quelques problèmes, mais la Ville ou la Métropole ne peuvent pas compenser les baisses de subventions de tous les autres partenaires », précise l’élu, qui « appelle l’ensemble de ceux qui aident les associations à poursuivre leur effort et bien sûr les Montpelliérains à venir nombreux à l’Antigone des associations pour adhérer ».

    * De 9h30 à 17h30, quartier Antigone (place du Nombre d’Or, place de Thessalie, place de l’Europe) à Montpellier.
    Entrée libre et gratuite.

  • Clap de fin pour le marathon caritatif Zevent

    Clap de fin pour le marathon caritatif Zevent

    « Ce n’est pas une décision qui a été prise à la légère », confie le streameur montpelliérain ZeratoR, alias Adrien Nougaret, co-créateur avec son bras droit Alexandre Dachary de ce concept qui réunit en moyenne entre 500 000 et un million de spectateurs en ligne. Selon eux, 55 millions d’euros ont été récoltés depuis le lancement de cette opération en 2016, initialement sous le nom de Projet Avengers. « On s’arrête parce qu’on a l’impression que l’événement a atteint son apogée sous cette forme », et « on a l’impression d’en avoir un peu fait le tour », confient les organisateurs.

    Pour ce dernier grand raout, ils ont voulu « pousser tous les curseurs à fond » : près de 9 000 spectateurs étaient attendus dans la soirée du jeudi 3 à l’Arena Sud de France à Montpellier pour le concert d’ouverture, avec les rappeurs Bigflo & Oli, Yamê et Gazo en tête d’affiche. À partir de vendredi 4 à 18h et jusqu’à dimanche 6 au soir, près de 90 streameurs animeront l’événement sur place à Montpellier, soit presque le double de l’an dernier. Ils seront rejoints en ligne par plus de 200 streameurs, mobilisés au profit de 22 associations, dont la Ligue contre le cancer, Action contre la faim et Amnesty International. Les associations participent au financement de l’événement à hauteur de quelques dizaines de milliers d’euros et en retirent ensuite «entre sept et quinze fois» leur mise, selon les années, explique l’organisateur.

    Depuis 2022, tous les dons récoltés sont centralisés par la Fondation de France, qui se charge ensuite de les redistribuer. Les fonds ont par exemple permis de financer le fonctionnement d’un hôpital en Centrafrique et l’achat d’un nouveau bateau pour l’association Sea Shepherd. Pour cet ultime tour de piste, le streameur s’attend déjà à un nouveau record de dons, et rêve d’atteindre les 20 millions d’euros. Avec la fin du Zevent, c’est une page de l’internet français qui se tourne.

  • À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    À Béziers, la CGT rassemblée contre la « répression syndicale »

    La CGT à NephroCare et l’union locale CGT de Béziers appellent la population à se rassembler vendredi 4 septembre pour soutenir le délégué syndical du site qui est convoqué par la direction « à un entretien préalable pouvant déboucher sur une sanction disciplinaire allant jusqu’au licenciement ». Pour la CGT, ce rassemblement est un nouvel exemple de « répression syndicale » exercée par le centre de dialyse.

    Cas de harcèlement ?

    « Après les élections de mai, la CGT est devenue majoritaire sur le site », précise Jacqueline Mirebien, l’ancienne déléguée syndicale partie à la retraite cet été. « Nous avons aussi envoyé un mail sur un danger grave et imminent car la climatisation ne fonctionnait pas. Dans les salles de dialyse, la température est montée jusqu’à 35 degrés. Il y a aussi beaucoup de turn-over et le personnel n’est parfois pas remplacé. La situation est catastrophique et pour nous, c’est tout cela qui fait que la direction a convoqué le délégué syndical. Ils veulent s’en prendre à la CGT et le meilleur moyen c’est de s’en prendre à son délégué syndical, d’autant que les autres élus sont jeunes. »

    La direction du site affirme de son côté que cet entretien fait suite à du harcèlement, la déléguée syndicale CFDT, en maladie depuis, a en effet réalisé un signalement à sa direction. Un argument balayé par Jacqueline Mirebien qui est également mise en cause par cette salariée : « C’est à la suite du CSE de mars qu’il y a eu ce signalement sauf qu’il ne s’est rien passé. La direction a diligenté un cabinet d’avocats parisiens pour faire une enquête et rendre un rapport. J’ai demandé à la direction que ce rapport nous soit envoyé avant mon départ à la retraite le 30 juin mais elle a refusé. »

  • [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

    Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

    Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

    A.F. : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40% d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

    Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

    A.F. : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

    Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

    A.F. : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20% des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10% d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30%. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

    C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

    A.F. : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

    Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

    A.F. : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

    Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

    A.F. : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

    ET AUSSI

    Partenariat polémique à l’UM

    Du côté de l’Université de Montpellier, le partenariat signé le 11 juin entre l’UM et Total Énergies fait polémique. Dès septembre, le groupe pétrolier doit prendre en charge les coûts pédagogiques et des visites de sites industriels de 80 étudiants du Master Énergie (62h30 de cours par des salariés et retraités de la multinationale).

    Au-delà des pratiques de greenwashing reprochées à Total Énergies, les syndicats enseignants et étudiants dénoncent une « immixtion du secteur privé dans le service public », craignant « un contrôle de fait sur les contenus pédagogiques et l’évaluation des étudiants ». Des actions de blocage avaient été menées suite à l’annonce de l’accord.

    R.C.

  • La pauvreté s’installe chez les étudiants

    La pauvreté s’installe chez les étudiants

    Suzanne Nijdam, présidente de la première organisation étudiante, la Fage, dresse un sombre tableau : « En 2020, en plein Covid, tout le monde criait à l’horreur sur la précarité et qu’il fallait agir étudiant en urgence. Depuis, les aides sociales ont été détricotées ». La rentrée 2026 coûtera en moyenne 3 240 euros pour un étudiant non-boursier en licence, soit une hausse de 655 euros par rapport à 2020, selon l’enquête annuelle de la Fage, rendue publique début septembre.

    Dans le détail, les frais de vie courante atteignent 1 145 euros par mois. Le logement en représente à lui seul plus de la moitié, avec un coût moyen de 637 euros, devant l’alimentation à 181 euros, hors restauration universitaire, estimé à 20 euros. Les dépenses de transport représentent en moyenne 152 euros par mois. À cela s’ajoutent 52 euros consacrés aux loisirs, un poste de dépense souvent considéré comme secondaire mais que l’organisation juge pourtant essentiel. « Cela a un impact énorme sur la santé mentale », estime Suzanne Nijdam.

    Les frais spécifiques de rentrée s’élèvent quant à eux à 2 095 euros. Ils comprennent notamment les frais d’agence immobilière (326 euros), le dépôt de garantie (637 euros) pour la localisation d’un logement et l’achat de matériel pédagogique, comme des manuels par exemple (502 euros). Ce dernier poste est particulièrement prononcé par la Fage, qui le qualifie de « frais illégaux ». Et la Fage de préciser : « Derrière cette augmentation, ce sont des étudiants qui travaillent davantage pour financer leurs études, renoncent à des dépenses essentielles, limitent toujours plus leur alimentation ou repoussent des soins. Cette précarité n’est pas une fatalité, elle est le résultat de choix politiques. »

    Car face à cette hausse continue du coût de la vie, « les réponses apportées restent largement insuffisantes. Nous refusons que les étudiants soient contraints de s’adapter indéfiniment à l’augmentation des prix pendant que les droits étudiants sont fragilisés d’année en année » déclare la Fage. L’organisation réclame ainsi une prise en charge par l’État des frais complémentaires.

    Elle s’alarme également de la situation des étudiants extra-communautaires, jugés « en première ligne face à cette précarité » avec la suppression des APL et la généralisation des frais d’inscription différenciés. Leur coût de rentrée atteint désormais 7 023 euros. Depuis cette rentrée, la majorité des étudiants non ressortissants de l’Union européenne doivent désormais s’acquitter de 2 895 euros de droits d’inscription en licence et de 3 941 euros en master. Deux « coups de masse », selon la Fage, qui réclament la suppression de ces mesures, ainsi que l’indexation et la revalorisation des bourses étudiantes prévues dans une proposition de loi adoptée en première lecture en juin et la pérennisation de l’encadrement des loyers. Même constat à l’Unef, second syndicat étudiant. Cette hausse continue s’inscrit dans une trajectoire de long terme qui ne laisse plus aucun doute : « la précarité n’est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé ». Cette rentrée résume à elle seule 10 années de macronisme.