Tag: Hérault

  • [Rétro 2025] Hérault : avec des budgets sabrés, la culture en grand danger

    [Rétro 2025] Hérault : avec des budgets sabrés, la culture en grand danger

    « Un plan social du spectacle vivant. » Pour la directrice du théâtre Molière à Sète Sandrine Mini, l’année 2025 fut funeste pour la culture. Premier responsable : l’État, qui s’est lancé dans une vague austéritaire – dont 250 millions d’euros pour la culture – impactant également les collectivités locales et les obligeant à réaliser des coupes drastiques dans leurs budgets. Mais c’est sans doute la décision du président du Département de l’Hérault Kléber Mesquida (PS) qui a mis le feu aux poudres. En annonçant supprimer 100% des subventions non-obligatoires du secteur culturel, ce dernier avait provoqué une forte mobilisation des acteurs héraultais, en mars, venus se battre pour sauver les meubles. Des meubles un peu sauvés puisqu’au final, la baisse des subventions a été moindre que prévue. L’Hérault n’est pas seul sur le banc des accusés. Tous ont dû faire les frais des mauvais choix de l’État – La Marseillaise avait organisé un débat sur le sujet, à Nîmes le 11 mars. La Région Occitanie a baissé de 5% les aides accordées aux grosses structures, le Gard semble avoir un peu mieux résisté bien qu’annonçant réduire de 100 000 euros la voilure de son budget culturel et déprogrammer des événements.

  • [Rétro 2025] Occitanie : un appel pour sauver les petites lignes

    [Rétro 2025] Occitanie : un appel pour sauver les petites lignes

    Permettre aux métropoles d’être mieux connectées grâce au TGV. Sauver le fret ferroviaire en cours de privatisation pour limiter les camions sur les routes. Et préserver les petites lignes d’équilibre du territoire. Voilà le triple objectif de l’appel national pour l’avenir du ferroviaire lancé en juin par Carole Delga.

    Si le signal de la présidente de Région a trouvé peu d’écho à Paris, il a eu le mérite de rappeler à l’État l’urgence à agir tandis que 4 000 km de rail, dont un millier en Occitanie qui ont besoin de travaux d’entretien, sont menacés. La Région, elle, fait sa part et plus encore. Près de 3 ans après la réouverture de la ligne de la rive droite du Rhône Nîmes-Pont Saint-Esprit, c’est la ligne Montréjeau-Luchon (35 minutes au lieu de 55 en bus) qui fonctionne à nouveau depuis le 22 juin, dix ans après sa fermeture. Il aura fallu que la Région finance les 67 millions d’euros de rénovation de l’infrastructure de 36 km.

    Mais le volontarisme de la Région ne peut suffire. L’État doit cesser de faire l’autruche et assumer d’entretenir les lignes. Par exemple Béziers-Neussargues, ligne stratégique (à l’instar de Béziers-Clermont) mais vétuste qui nécessite d’importants travaux d’ici 2032, notamment sur le viaduc de Garabit.

    Dans le Gard, les travaux s’éternisent pour une ouverture complète de la ligne de la rive droite du Rhône. Quant à Alès-Bessèges, fermée en 2012 en raison de la détérioration du matériel et des gares, la réouverture a été décalée une seconde fois à 2030 à cause de la « législation contraignante ».

  • Déserts médicaux : 3 400 signatures pour l’accueil de médecins cubains en Cévennes, l’Élysée s’en mêle…

    Déserts médicaux : 3 400 signatures pour l’accueil de médecins cubains en Cévennes, l’Élysée s’en mêle…

    « La santé est une préoccupation prioritaire pour le Grand Alès » a insisté Paul Planque élu municipal à Alès et tête de liste du printemps alésien aux prochaines municipales. En précisant que « 16 000 habitants d’Alès Agglomération n’ont pas de médecin traitant [soit 12% de la population, Ndlr.] ? ». « Cela atteint des niveaux insupportables », il pointe du doigt une situation qui n’échappe à personne et qui occupe de plus en plus les conversations. C’est de cette réalité que s’est emparé depuis le début de l’année le Comité de défense et de promotion d’hôpital et de la santé dans le bassin cévenol présidé par docteur Leyssenne pour dégager des solutions visant à remédier à cette carence. Le recours à des personnels venus de pays hors UE a déjà lieu. Il s’avère insuffisant. La possibilité de requérir à l’expérience des médecins cubains, comme c’est encore le cas notamment en Italie (lire ci-contre) s’est alors imposée comme une évidence. Comme le rappelle Sylvain André maire de Cendras et président des maires ruraux du Gard, très impliqué sur ce dossier « d’un côté nous avons une population en manque de médecins et de l’autre Cuba dispose d’une grande ressource de praticiens compétents et disponibles. C’est une solution transitoire que nous n’avons pas le droit d’écarter », ajoute l’élu communiste.

    En janvier à l’Élysée

    Comme nous l’avions relaté la semaine dernière, accompagnée d’André Chassaigne ancien député et chargé de mission par l’Assemblée Nationale sur la question des Caraïbes, une délégation du comité de défense a été récemment reçue au ministère de la Santé « où nous avons rencontré la ministre Stéphanie Rist qui avait une excellente connaissance du dossier et semblait très favorable à cette proposition », a relaté Jean-Michel Suau membre du comité.

    Maintenant, il convient de franchir l’écueil diplomatique qui dépend en grande partie de la présidence de la République. L’espoir est permis. En effet, début janvier, rendez-vous a été fixé avec un conseiller de l’Élysée pour travailler cette question. « Il ne s’agit pas seulement de reconnaître une faiblesse mais uniquement de permettre de franchir le gué du manque de médecins né du numérus clausus dont les effets se feront ressentir encore une dizaine d’années malgré l’abandon récent de ce dernier » a expliqué Jean-Michel Suau.

    Le soutien de l’hôpital d’Alès prêt à accueillir ces médecins et même mettre des structures locales à disposition, l’appui de Filiéris, mutuelle de l’ancien régime minier également favorable à cette mesure pragmatique et transitoire cimentent cette ambition au point qu’Alès a rejoint Guingamp et les Hautes-Alpes pour servir de territoire pilote pour cette expérience.

    Mardi 16 décembre, une délégation d’élus et du comité de santé a remis au sous-préfet d’Alès Emile Soumbo, 3 400 signatures recueillies sur une pétition réclamant la venue des médecins cubains sur le territoire cévenol. La mobilisation ne devrait pas faiblir.

    Trois questions à Sylvain André maire de Cendras

    L’élu a conduit une délégation d’élus et de citoyens à déposer 3 400 signatures d’une pétition en faveur de l’accueil des médecins cubains en Cévennes

    La Marseillaise : Pourquoi vous êtes-vous inscrit dans ce mouvement revendicatif ?

    Sylvain André : Il me suffisait d’écouter les Cendrasiens qui avaient du mal à obtenir un rendez-vous chez un médecin quand ils en trouvaient un, pour mesurer l’ampleur du problème. Cette situation anxiogène pour nos administrés ne peut pas perdurer plus longtemps. Même transitoire, cette solution faisant appel à des médecins cubains me paraît la mieux adaptée.

    Comment les maires peuvent-ils intervenir ?

    S.A. : Nous avons su nous réunir à 36 maires mais aussi 3 conseillers départementaux, un conseiller régional et l’association des Maires ruraux du Gard pour nous mobiliser et mobiliser nos populations sur ce dossier capital.

    Et maintenant ?

    S.A. : Nous allons poursuivre la mobilisation avec les collectifs et le centre hospitalier pour rendre l’accueil des médecins cubains possible mais nous devrons aussi constituer un maillage homogène pour que leur action soit la plus efficace possible le plus vite possible.

  • [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    [Rétro 2025] Bustram, tramway : la boucle est bouclée à Montpellier

    Avec la gratuité des transports, c’était la promesse de campagne phare de M. Delafosse. Samedi 20 décembre, jour de sa mise en service entre Clapiers et les Grés de Montpellier, la 5e ligne de tramway sera enfin une réalité. Sur 16 km de long (27 stations), elle devrait transporter, à raison d’une rame toutes les 12 minutes (à terme 7), quelque 100 000 voyageurs par jour (lire p.18).

    Ce sera la cerise sur le gâteau d’une année sous le sceau des mobilités. Car dès le 22 mai, la première des 5 futures lignes de bustram a été inaugurée entre Place de l’Europe et Sablassou (à terme jusqu’à Castries). Sont ainsi déjà irriguées toutes les 10 minutes (de 5h à minuit) les zones du Millénaire et Eurêka, qui concentrent 11 500 emplois. Difficultés financières obligent, les 4 autres lignes ont pris un peu de retard…

    L’autre temps fort a eu lieu à l’automne. Le 18 octobre, la gare Sud de France s’est débarrassée de son surnom de « gare fantôme ». Grâce à l’extension (1,3 km) de la première ligne de tramway depuis Odysseum, la gare TGV, inaugurée au milieu des champs en juillet 2018, n’est plus isolée. Mieux, elle est reliée (toutes les 4 minutes) à sa jumelle de Saint-Roch en 20 minutes.

  • [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    [Rétro 2025] Bassin de Thau : séisme après la chute de F. Commeinhes

    Sur l’île singulière, 2025 restera l’année du séisme politique. Après 24 ans de règne sans partage, François Commeinhes a brusquement tout perdu : la mairie de Sète, la présidence de l’Agglomération et son statut de notable respectable.

    Pour le gynécologue de profession qui jusqu’ici paraissait intouchable, la dégringolade fut brutale, dans la lignée de celle de son voisin agathois de droite, Gilles d’Ettore, contraint l’an passé de quitter le pouvoir dans l’attente de son procès dans l’affaire de la voyante.

    Pour François Commeinhes, qui n’avait plus sa carte des Républicains depuis 2017, point de conversation ésotérique avec l’au-delà mais là encore une affaire de « détournement de fonds publics ». Fin avril, l’édile était définitivement condamné en cassation pour avoir versé, entre 2016 et 2019, des rémunérations indues à son ancien directeur général des services, Patrice Millet, pour la coquette somme de 99 000 euros. Quand bien même la Cour de cassation reconnaissait que F. Commeinhes ne s’était pas lui-même enrichi de la manœuvre dont il a toujours nié avoir eu connaissance, la Justice confirmait ainsi le jugement de la Cour d’appel de Montpellier. Condamné à un an de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et 5 ans d’inéligibilité avec interdiction de droit de vote, F. Commeinhes, 76 ans, prenait acte de la sanction jugée « disproportionnée sur le fond ». Dans une vidéo Facebook postée le 30 avril, il annonçait aussitôt sa démission de tous ses mandats sans désigner d’héritier politique.

    Linarès récupère l’Agglo

    En dépit de la secousse, la Ville de Sète est restée à droite. Du conclave de la majorité municipale, c’est finalement avec le nom d’Hervé Marquès que sort la fumée blanche le 5 mai avant le vote de confirmation le 12 mai. Salué pour sa connaissance des dossiers et sa personnalité, l’ancien adjoint aux sports fait consensus et coiffe sur le poteau d’autres postulants (François Escarguel, Jeanne Corporon, Hervé Merz…). Depuis, le maire par intérim, qui n’a pas encore déclaré sa candidature en 2026, s’efforce de terminer le mandat dans les pas de son mentor, sans faire trop de vagues ni coup d’éclat.

    En revanche, l’histoire a pris un tout autre cours dans le Bassin de Thau. Le 13 mai, Jean-Guy Majourel (22 voix), le candidat envoyé par la municipalité sétoise, était battu à la présidence de Sète Agglopôle. Après 3 tours d’un scrutin indécis, Loïc Linarès (PS), jusque là deuxième vice-président du maire de Frontignan, Michel Arrouy (PS), prenait la main (24 voix). Avec une majorité relative fragile, Loïc Linarès s’est immédiatement promis d’agir dans un « esprit de coopération sincère en respectant les sensibilités et en assurant une gouvernance claire, partagée et respectueuse de l’intelligence collective ». Si la gauche conserve Frontignan en 2026, voilà qui ouvre des perspectives.

  • Une grande fête citoyenne pour inaugurer la ligne 5 de tramway

    Une grande fête citoyenne pour inaugurer la ligne 5 de tramway

    Pierre angulaire de la campagne des élections municipales de Michaël Delafosse en 2020, le chantier de la ligne 5 de tramway est sur le point de s’achever. Le 20 décembre, le nouveau tracé reliant Clapiers aux Grès de Montpellier sera inauguré, connectant l’ouest de la métropole au nord du territoire. Ainsi s’achève le dernier grand chantier du mandat du maire de la capitale héraultaise. « À quelque chose près, les travaux à Montpellier, c’est terminé. Il est temps d’en profiter, que les nouvelles habitudes se prennent et que le calme soit là », sourit le président de la Métropole.

    Une réalisation permise grâce au travail des 500 ouvriers mobilisés quotidiennement depuis le début du mandat. « Pendant cinq ans, des femmes et des hommes ont travaillé d’arrache-pied pour aujourd’hui proposer l’un des meilleurs réseaux de transport d’Europe. Je veux ici remercier toutes les équipes », soutient Renaud Calvat, président de la TAM et vice-président de la Métropole délégué aux finances. « Nous sommes la première ville de France en termes de kilomètres de rails par habitant. Nous venons de dépasser Strasbourg », se félicite Michaël Delafosse.

    Finish sur la Comédie

    Alors pour célébrer cette mise en service, une grande fête populaire est organisée avec plusieurs événements tout au long du parcours. « La ligne 5 dévoile des richesses sur tout le territoire, où nous avons beaucoup de plaisir à révéler les forces vives qui composent notre métropole », souligne Laurie Quersonnier, directrice artistique de Créature.s Créatrice.s, cheffe d’orchestre de cette journée. Deux balades sont ainsi organisées, une concernant l’ouest (Grès de Montpellier-Gambetta), l’autre le nord (Clapiers-Place Albert Ier), avant un finish sur la place de la Comédie. Rendez-vous est donc donné à l’arrêt Grès de Montpellier à 10h pour le départ du voyage inaugural de la nouvelle ligne. Elle rejoindra le Parc Clemenceau, où sera donné le coup d’envoi symbolique de cette journée de festivités (11h). Premier temps fort, la « grande dînette », moment festif prenant la forme d’une « disco-soupe » où tout le monde prépare un repas collectif à base de produits récupérés, le tout en musique (11h45, quartier Clemenceau).

    Au nord, une grande « vélorution » sera organisée par Mamasound, à 14h à Clapiers. Les deux balades convergeront en fin d’après-midi vers le centre avec notamment le spectacle ADN, de la Cie Transe express (20h30, Comédie), un opéra hip-hop joué à 40 mètres de haut. Avant de finir par des DJ set pour célébrer comme il se doit l’arrivée de cette nouvelle ligne.

    Quelques temps forts

    Inauguration en fanfare de la ligne au quartier Clemenceau (11h) ;

    la Grande dînette (disco soupe, 11h45 à Clemenceau) ;

    une vélorution (14h, à Clapiers) ;

    la parade des lucioles (18h30 sur la place des martyrs de la Résistance) ;

    l’appel du large (19h30 sur la Comédie) ;

    le spectacle ADN (20h30 sur la Comédie)

    .L.D.

    Programme complet à retrouver sur tram5-montpellier3m.fr.

    100 000

    Pas moins de 100 000 habitants de la métropole seront desservis par la nouvelle ligne.

    27

    stations seront mises en service pour un total de 16 kilomètres de rails.

    11 000

    Grâce au chantier, ce sont 11 000 emplois directs ou indirects qui ont été créés.

    12

    La fréquence de la ligne 5 sera progressive : un tram toutes les 12 minutes dès le 20 décembre, avant de descendre à 10 minutes en février pour atteindre 7 minutes en septembre.

    10

    parcs et jardins seront desservis.

  • Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Un nouveau cinéma indépendant prend son envol à Frontignan

    Il faut être un peu fou pour ouvrir un cinéma aujourd’hui », s’amuse Priscillia Schneider. Après 25 ans à la tête du Cinémistral, le cinéma municipal de Frontignan qui a fermé définitivement ses portes en avril, elle prend les rênes d’un cinéma indépendant flambant neuf.

    Baptisé Quai des lumières, qui sonne comme un hommage croisé à Quai des brumes et aux frères Lumières, ce nouveau cinéma est amarré au bord du canal, quai Voltaire, dans d’anciens chais réhabilités. Le 19 décembre, au terme de 3 ans de travaux, il accueillera ses premiers spectateurs pour un envol qu’on lui souhaite heureux. Un pari forcément risqué, le cinéma indépendant restant une économie très fragile, mais un défi stimulant pour les quatre passionnés de 7e art qui se sont associés dans ce projet : Priscillia Schneider, donc, directrice de ce nouveau lieu, mais aussi Isabelle Moreau, Frédéric Perrot et Jean Villa, tous exploitants de salles de cinéma en Occitanie.

    Une expérience
    haut de gamme

    Avec ses quatre salles et 548 fauteuils, le Quai des lumières voit bien plus grand que son prédécesseur, à salle unique (149 fauteuils). Mais l’esprit, lui, reste fidèle à ce que fut le Cinémistral : « Je défends une programmation pluraliste, qui présente à la fois Avatar et l’Inconnu de la grande arche », illustre Priscillia Schneider. Du cinéma grand public comme des films d’auteur, généraliste mais avec un axe fort art et essai. « Un cinéma ouvert, vivant, en lien avec ses spectateurs », où seront programmés régulièrement, comme du temps du Cinémistral, des événements autour des films.

    « Nous accordons aussi beaucoup d’importance à ce que les tarifs – moins de 10 euros* – restent accessibles », insiste la directrice. Cela n’empêchera pas les spectateurs de visionner les films dans les meilleures conditions : « On a un outil extraordinaire entre les mains. D’un point de vue technologique, on est au même niveau qu’un multiplexe, avec des projecteurs dernier cri, des fauteuils inclinables haut de gamme. ». Au Quai des Lumières en revanche, pas de bornes numériques pour prendre ses places, mais un accueil en chair et en os, à l’ancienne. Priorité à l’humain.

    « On est dans une période complexe pour la salle de cinéma. On est sorti d’une année 2024 exceptionnelle et on a fait une année 2025 catastrophique liée à l’offre de films, vraiment faiblarde – à cause notamment de la grève des scénaristes aux États-Unis. À quoi s’ajoutent l’attrait des plateformes et la qualité des séries », décrypte Priscillia Schneider. Outre le noyau dur des cinéphiles, il faut donc « aller chercher des gens qui ne vont plus au cinéma et leur redonner l’envie. C’est un gros challenge. Mais je me sens forte de l’histoire du Cinémistral pendant 25 ans : on a démarré à 17 000 entrées par an et on a fini à 60 000 pour 149 fauteuils. Là, on a un objectif de 120 000 entrées pour 548 fauteuils, en espérant atteindre les 140 000. Si tel est le cas, on fera deux salles supplémentaires, car on a gardé une réserve locative », confie la directrice.

    Le site devrait attirer du monde, car outre le cinéma, les « Chais du canal » comprennent également une librairie, une école de cinéma documentaire (Explore Academy) et une brasserie ouverte 7 jours sur 7, pour casser la croûte ou boire un verre avant ou après une toile…

    * 9,50 euros la place
    7,50 euros tarif réduit.

  • Déremboursement des cures : douche froide pour le thermalisme

    Déremboursement des cures : douche froide pour le thermalisme

    À l’arrêt puis sauvé par les aides d’État et des collectivités durant la pandémie de Covid, le thermalisme va-t-il finalement couler à cause de la politique d’austérité du gouvernement ?

    On n’en est pas encore là, mais lors des rencontres nationales du thermalisme, début novembre en Auvergne-Rhône-Alpes, la menace du déremboursement des cures était sur toutes les lèvres. Ce n’est pas la première fois que la menace est brandie mais elle se précise. Un décret de la loi de financement de la Sécurité sociale (qui reste à adopter) prévoit de baisser la part de remboursement sur les soins thermaux de 100 à 65% pour les malades en affection de longue durée et de 65 à 15% pour tous les autres. Un déremboursement considérable qui vient s’ajouter au complément tarifaire (le reste à charge) et aux frais (logement, transport, nourriture…) déjà supportés à 100% par les curistes. « La Sécurité sociale ne paye pas des vacances aux curistes, c’est une idée reçue », conteste Paul-François Houvion, directeur des thermes de Balaruc-les-Bains, première destination thermale en France avec 52 000 curistes soignés chaque année.

    Dans la foulée, Paul-François Houvion corrige un second cliché. Non, les cures ne servent pas à rien ! « Il existe une soixantaine d’études scientifiques et médicales qui démontrent le service médical rendu (SMR). » Face au scepticisme de certains généralistes, le directeur insiste. « Que je sache c’est à la Haute autorité de santé ou à l’Agence régionale de santé (ARS) de prouver le contraire. Mais qu’ils demandent à chaque établissement de prouver les bienfaits, nous y sommes prêts. » Chaque année, Paul-François Houvion mène sa petite enquête. Sur les 15 000 curistes interrogés, « 99% disent aller mieux après trois semaines chez nous et près de 90% diminuent significativement leur prise de médicaments ».

    7 000 emplois directs

    Autant dire que l’argument comptable du gouvernement lui paraît dérisoire. « Le coût du thermalisme pour la Sécu, c’est 270 millions d’euros sur un total de 6,8 milliards. Ce sont des économies de bouts de chandelle. » Le déremboursement serait loin de résorber le déficit. En revanche, il aurait des conséquences sur les patients pris en charge pour des problèmes de rhumatologie, phlébologie comme à Balaruc ou encore de dermatologie, affections des voies respiratoires ou des muqueuses buccales comme au centre flambant neuf des Fumades à Alès. « Le risque c’est celui d’une médecine à deux vitesses avec des gens aux faibles revenus qui ne pourront plus se soigner », alerte Florence Brutus. « Certains curistes de milieux modestes hésitaient déjà à y retourner en raison des coûts, là ils ne pourront plus », prévient la vice-présidente de la Région Occitanie.

    Aux côtés de la profession, qui a lancé des pétitions, l’élue (PRG) tente d’interpeller les députés sur les conséquences économiques néfastes pour les territoires ruraux. En tant que présidente des Régions de France, Carole Delga (PS) a fait cosigner aux autres présidents un courrier adressé au Premier ministre. « Des projections montrent que certains petits établissements devraient mettre la clé sous la porte. Quant aux plus solides, ils devront dégraisser leurs effectifs », alerte Florence Brutus.

    Or le secteur pèse lourd en Occitanie. Pas moins de 7 000 emplois directs répartis sur 28 stations thermales. Sans compter les milliers d’emplois induits dans l’hôtellerie, la restauration, les transports, les commerces dont certains pourraient être mis à mal. Une étude a chiffré le panier moyen de dépenses d’un curiste à 1 970 euros pour 3 semaines. Autant de retombées économiques en moins. Avec 471 613 curistes accueillis l’an passé (soit 31,07% du total hexagonal), l’Occitanie est la première région française et l’Hérault (63 493 curistes à Balaruc, Lamalou et Avène) le premier département. Pour Paul-François Houvion, la pilule a d’autant plus de mal à passer qu’il a le sentiment d’un « débat démocratique confisqué ». « Ça parle sans savoir, sans regarder plus loin que le bout de son nez. »

  • Les pépites de l’art asiatique à Montpellier

    Les pépites de l’art asiatique à Montpellier

    En partenariat avec le musée Guimet à Paris, qui dispose de l’une des plus importantes collections d’arts asiatiques d’Europe, ce dispositif proposera au public une initiation à l’Asie à travers le meilleur de ses productions artistiques.

    « Durant quatre ans, de fin 2025 à fin 2029, l’hôtel particulier de Cabrières-Sabatier d’Espeyran, département des arts décoratifs du musée Fabre, devient un écrin pour Guimet+, avec quatre expositions de près d’un an chacune qui offriront l’expérience unique d’un voyage culturel et sensoriel à travers des objets rares venant tour à tour de

    Chine, du monde indien, du Japon et du monde himalayen », présente la directrice du musée Fabre, Justine Trey. Et c’est donc la Chine qui ouvre le bal, pour un an. « Ce sont quelques-unes des plus belles pièces de nos collections chinoises qui seront présentées au musée Fabre. À travers des œuvres spectaculaires dont certaines remontent au XIIIe siècle avant notre ère ou évoquent les prestigieuses dynasties Tang ou Ming, c’est à un voyage extraordinaire que vous invite Guimet + Montpellier », se félicite la présidente du musée Guimet, Yannick Lintz.

  • Commémorer la longue route des personnes exilées

    Commémorer la longue route des personnes exilées

    « En France, il n’y a pas une année sans qu’il y ait une loi répressive sur les étrangers. On a eu la loi asile et immigration en 2023, la circulaire Retailleau, maintenant les nouveaux textes sur l’apprentissage du français. On a l’impression que tous les six mois, une nouvelle mesure vient restreindre le droit des étrangers », se désole Marie Moretto, déléguée nationale de la Cimade en Languedoc-Roussillon.

    Si la France se défend pour maltraiter les exilés, l’Union européenne n’a pas à rougir en la matière. En effet, le 8 décembre, les 27 pays ont adopté un texte durcissant nettement la politique migratoire européenne. Ainsi, il sera possible d’envoyer des migrants dans des centres établis hors des frontières de l’UE, des hubs de retour. À cela s’ajoute un durcissement des sanctions envers les étrangers et un allongement de la durée de détention.

    C’est dans ce contexte nauséabond que se tient la journée internationale des migrants, le 18 décembre. À Montpellier*, une manifestation est organisée afin de réaffirmer le principe de solidarité semblant faire cruellement défaut à la majeure partie de nos responsables politiques, qui préfèrent courir derrière une extrême droite à la xénophobie latente. « Il y a une utilisation de la migration par certains partis au détriment de tout ce qui est logique. De plus en plus d’études montrent que l’immigration est bénéfique en termes économiques comme démographiques. On a besoin de régulariser massivement des personnes en Europe. Et pour des enjeux électoralistes, on n’arrive pas à avoir une discussion sérieuse et objective sur cette thématique-là », soutient Marie Moretto.

    « On leur pourrit la vie »

    Cela se traduit par une maltraitance globale pour les personnes exilées : hausse du niveau de français pour un titre de séjour mais baisse de la qualité des cours – dispensés par l’IA – , exigence d’avoir travaillé pour être régularisé mais impossibilité de travailler sans papiers… Sans parler des expulsions tous azimuts, politique inefficace. « On a l’impression que tout est fait pour pourrir la vie des exilés afin de les faire rentrer chez eux. Mais si ces personnes ont traversé la Méditerranée, pris tous les risques pour arriver ici, elles ne vont pas rentrer, même si vous leur rendez la vie extrêmement difficile car il n’y a rien pour elles au retour », fait valoir la déléguée de la Cimade en région.

    Face à cette situation, l’association ne baisse pas les bras. « On essaye notamment de multiplier les espaces de vivre-ensemble où on fait se rencontrer les personnes. On sait que beaucoup de gens qui ont des préjugés sur les migrants n’en connaissent pas ou peu ». Et regardent un peu trop CNews.

    *Rassemblement à 16h devant la DDETS avant une manifestation à 18h, place de la Comédie.