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  • La perte d’un poste au greffe fragilise grandement les Prud’hommes de Sète

    La perte d’un poste au greffe fragilise grandement les Prud’hommes de Sète

    D’un effectif de greffe de 1,8 équivalent temps plein avec une greffière en chef à 100% et une autre à 80%, on est passé, au 1er septembre, à 0,8 équivalent temps plein », déplore Bertrand Lacabanne, président salarié (CGT) du conseil des Prud’hommes de Sète. La greffière à plein temps, partie à la retraite, n’a pas été remplacée.

    « On se retrouve donc avec une greffière 4 jours par semaine. Si bien que le conseil, au lieu de fonctionner tous les jours, ne sera plus ouvert que 4 jours par semaine [il sera fermé le mercredi, Ndlr]. C’est une première rupture du service public », dénonce Bertrand Lacabanne, qui déplore également le transfert de l’accueil des justiciables vers le tribunal de proximité de Sète.

    Le second point noir concerne la décision de muter, sur le poste à 80% restant, une greffière rattachée jusque-là au service des tutelles du tribunal de proximité. Donc étrangère à la procédure prud’homale. De son côté, la greffière qui occupait le poste aux Prud’hommes depuis plusieurs années – « et qui maîtrise totalement la procédure et les logiciels spécifiques » – se retrouve, elle, affectée au service des tutelles… Une permutation « sans lien avec leurs compétences », décidée en plein milieu de l’été – « le 12 août pour le 1er septembre »-, chacune des deux greffières ayant été priée, à partir du 15 août, de former l’autre. « C’est comme si un gérant de supermarché ordonnait à un poissonnier de tenir l’étal boucherie et vice versa, en espérant conserver la même efficacité dans chacun des deux domaines », dénoncent, dans un communiqué commun, les secrétaires généraux des unions locales CGT, CFDT et FO du Bassin de Thau.

    « Un risque de fermeture »

    « Le chantier de démolition du conseil de prud’hommes de Sète, qui conduira à sa fermeture lorsque ses résultats se seront dégradés, vise dans un premier temps à combler des manques de greffiers dans d’autres juridictions montpelliéraines », estime l’intersyndicale.

    Avec 200 à 250 nouvelles affaires par an, le Conseil des prud’hommes de Sète, un des plus petits de France, fonctionne plutôt bien. « On a une gestion de notre stock d’affaires que je qualifierais de raisonnable, avec des délais de sortie des affaires inférieurs à un an. Ce qu’il va se passer, c’est qu’on va perdre du temps, générer du stock et donc augmenter ce délai », redoute Bertrand Lacabanne. « Or on considère que la pérennité de notre conseil est assurée par ses bons résultats. Quand on fonctionne bien, on a moins tendance à être dans le viseur… Par contre si on est petit et qu’en plus on a des mauvais résultats, il y a un risque de fermeture », alerte le chef de la juridiction.

    Avec son collègue vice-président employeur, il a contesté la décision de réorganisation auprès de l’administration et fait un recours auprès du premier président et du procureur général de la cour d’appel de Montpellier, qui n’ont pour l’heure pas répondu. Les élus du territoire (président de la SAM, maires du ressort, sénateurs et députés) ont également été interpellés par courrier.

    « Déjà en 2007, Rachida Dati, alors Garde des sceaux, avait voulu fermer le conseil de Sète en même temps que 63 autres conseils de France. C’est la mobilisation politique sétoise qui avait permis, à l’époque, de sauver le conseil. En alertant les politiques dès que nous avons eu connaissance de la modification du greffe, nous avons voulu éviter la survenue d’une situation de fonctionnement anormale et éviter une fermeture qui pourrait intervenir fin 2029 », indique Berntrand Lacabanne.

    « Cette réorganisation met en danger la justice prud’homale sur notre territoire, au détriment des salariés, des employeurs et de l’ensemble des justiciables », ont régi dans un communiqué les conseillers municipaux et communautaires Arnaud Jean, Laura Seguin, Véronique Calueba et Laurent Hercé. « L’accès à la justice du travail est un droit fondamental, que l’État doit garantir. Nous demandons au ministère de la Justice d’assurer sans délai les moyens nécessaires au maintien et au bon fonctionnement du conseil de prud’hommes de Sète. »

  • Une rentrée à l’extérieur réussie pour le RC Toulon

    Une rentrée à l’extérieur réussie pour le RC Toulon

    Commencer une nouvelle saison par une victoire à l’extérieur est une aubaine pour n’importe quelle équipe. Une situation vécue par le Rugby Club Toulonnais samedi soir sur la pelouse du Montpellier Hérault Rugby, à l’occasion de la première journée de Top 14, où le club varois s’est imposé (17-27) grâce aux essais de l’ailier Gaël Dréan (8), du troisième ligne Zach Mercer (27) et de l’arrière Marius Domon (33). Ils s’installent ainsi, d’ores et déjà, dans le top 6 du championnat.

    « On ne va pas faire la fine bouche. Gagner ici, c’est énorme », insiste le demi de mêlée Baptiste Serin, qui ne boude pas son plaisir. « Ça fait deux ans qu’on gagne, c’est quand même un exploit. Il faut être meilleur à chaque match, ce n’est que le début de saison et il y a des enseignements à tirer, mais c’est très bien de commencer comme ça », poursuit-il. « Les garçons ont fait un bon match, pas un grand match, mais un bon match », surenchérit Pierre Mignoni, le manager du RCT. « On savait que ce serait dur ici après ce qu’avaient montré les Montpelliérains en matchs de préparation. Ils étaient très en forme. Contre eux, ce fut dur de la 1ère à la 80e minute. Je retiens aussi qu’on a réussi à échapper à la remontada de nos adversaires, au cours d’une deuxième mi-temps qui m’a moins plu que la première car on a perdu le contrôle des opérations », ajoute-t-il, très satisfait de la solidarité défensive dont ont fait preuve ses protégés.

    « Il faut garder ce qu’on a bien fait, c’est-à-dire défendre, devant, dans les mauls portés, en conquête. Garder un jeu simple mais structuré et l’état d’esprit surtout », lance le talonneur Teddy Baubigny à la mi-temps, où Toulon possédait 21 points d’avance au score (3-24).

    « J’ai vu beaucoup de bonnes choses, dans ce secteur car on a créé des ballons lents pour Montpellier. On a perturbé le jeu qu’ils voulaient mettre en place car ils ont des avants qui aiment prendre le ballon en avançant pour dominer les collisions. On a su les freiner sur ça. Mais je trouve qu’en attaque, on a manqué d’efficacité dans la zone de marque, on a loupé des occasions, on a perdu des ballons en touche », remarque Mignoni.

    Ce dernier a pourtant pu compter sur un Marius Domon diablement efficace dans de nombreux secteurs de jeu. Au-delà d’avoir inscrit le dernier essai de la partie, l’arrière, formé dans la rade varoise, a été imperturbable lors des transformations et a même permis au RCT de garder une avance solide en deuxième partie de match en inscrivant deux pénalités. « Il y a bien eu une ou deux scories. Mais il a fait un bon match en effet », juge l’entraîneur toulonnais. « On disait que si Melvyn Jaminet ne jouait pas, on ne pourrait pas gagner. Il faut sortir de ça. Non, si on veut aller loin, il faut que tout le monde joue et que tout le monde se donne. »

    Mais de manière générale, l’attaque des Rouge et Noir a été performante dans le secteur offensif, notamment sur les actions en première main. « Nous avons désormais une certaine animation offensive avec nos deux centres et cette saison, on va se servir de nos points forts avec Nacho (Brex) et Oliver (Cowie), ils n’avaient fait que deux matchs en ensemble, donc ça devrait encore s’améliorer », ajoute Pierre Mignoni. Le seul point noir au tableau, finalement, reste le manque de maîtrise en deuxième période, qui a permis aux Cistes de revenir progressivement dans la rencontre. Les essais du troisième ligne Lenni Nouchi et de l’arrière Tom Banks ont relancé la machine héraultaise, mais n’ont pas permis au MHR d’inverser la tendance. Toulon commence idéalement sa saison et aura à cœur de continuer sur cette lancée, dès samedi 13 contre Castres (21h), pour fêter dignement ses retrouvailles avec Mayol.

  • À l’appel de la CGT, des électriciens gaziers débrayent

    À l’appel de la CGT, des électriciens gaziers débrayent

    Les électriciens gaziers parmi les premiers à dégainer. Certes ils n’étaient que quelques dizaines mardi 2 septembre sur le site de Trencavel à Montpellier au moment de lancer la grève reconductible. Mais selon la CGT, le mouvement pourrait monter en puissance jusqu’aux prochaines journées de mobilisation.

    D’abord le 10 septembre à l’appel du collectif citoyen « Bloquons tout », avec des actions dans les entreprises. Et surtout le jeudi 18 septembre, rendez-vous pris par l’intersyndicale contre la vie chère, la casse des services publics et l’austérité d’un gouvernement sur la sellette. « Bayrou ou pas Bayrou, cela ne changera rien au quotidien des Français. Il faut changer d’axe politique. On veut des appels dans le privé et gagner la grève », martèle Serge Ragazzacci.

    En cette rentrée qui pourrait être explosive, le secrétaire de la CGT 34 s’est rendu sur le premier piquet de grève pour jauger l’état d’esprit. « 100% de mécontents ne font pas 100% de grévistes. Il y a parfois de la résignation, on va voir. » Si les électriciens gaziers sont parmi les premiers à faire grève, c’est aussi parce qu’ils ont des revendications propres. La première concerne les ménages frappés par la hausse du prix des abonnements de gaz et d’électricité à cause du passage de 5,5% à 20% de la TVA. « 12 millions de foyers se retrouvent en précarité énergétique. 68% des foyers disent avoir réduit leur chauffage », illustre Sabrina Guillaud, secrétaire générale de la CGT Mines Énergie 34.

    Depuis la privatisation rampante d’EDF-GDF dans les années 2000, les « usagers » désormais appelés « clients » sont les grands perdants. « Les prix ont explosé sous le coup de la spéculation des nouveaux acteurs, alors qu’on devrait payer l’énergie moins cher qu’il y a 20 ans », déplore Serge Ragazzacci, qui réclame un « grand plan national contre la précarité énergétique ».

    Hausse des salaires

    Mais plutôt que de redonner des moyens à ce service public, l’État continue à le détricoter, regrette Sabrina Guillaud. « Entre 2021 et 2024, nos salaires ont baissé de 4% avec l’inflation pendant que les dividendes du CAC40 ont bondi de 40% », calcule la secrétaire générale. Plutôt que des primes, son syndicat réclame 9% d’augmentation des salaires et le maintien d’une grille salariale commune, rare vestige du statut. « Engie, Enedis, GRDF, EDF, RTE… ils veulent multiplier les grilles pour nous diviser encore plus », redoute Sabrina Guillaud.

    Face au délitement de l’ex-entreprise publique désormais société anonyme, elle souhaite le retour des formations et des missions. « On a de plus en plus d’intérimaires. Les conseillers ne récupèrent que les appels complexes. L’exécution ne représente plus que 15% de nos tâches. On se retrouve souvent donneurs d’ordre de prestataires. Peu à peu on perd notre savoir-faire », constate la cégétiste qui observe une montée des burn-out.

    Tandis que la CGT cherche à mobiliser ses troupes lors de premières assemblées générales, Serge Ragazzacci espère que ces prémices se muent en véritable mouvement de contestation. « Le mécontentement général est réel, la mobilisation reste inconnue. » Les premiers éléments de réponse ne devraient plus tarder.

  • « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    « La gauche ne doit être dans aucun relativisme »

    La Marseillaise : Le PS n’a pas censuré Bayrou. Pourquoi ça suffit ?

    Michaël Delafosse : On ne peut pas jouer à la censure en permanence. Le groupe PS avait eu des discussions pour amender le projet de budget au Sénat. Il y avait eu l’engagement d’une renégociation par les partenaires sociaux de la réforme des retraites [le conclave, Ndlr] qui devait aboutir à une inflexion. Les engagements de François Bayrou n’ont pas été honorés et dans le nouveau projet de budget figurent des attaques directes contre le monde du travail pour lequel la vie est difficile. Supprimer 2 jours fériés, monétiser la 5e semaine de congés payés, c’est inadmissible. Les franchises médicales qui vont fragiliser les retraités à petites pensions, les temps partiels, c’est indécent. Il n’y a aucun mandat démocratique pour proposer des mesures aussi dures. Je ne dis pas qu’il ne faut pas régler le déficit public mais pas ainsi. François Bayrou a fait voter tous les budgets depuis 7 ans. Ce n’est pas le Mozart mais le fiasco de la finance. Le président Macron a supprimé la taxe d’habitation, la redevance TV, l’ISF. Est-ce que ça a ruisselé ? Non. Nos services publics sont-ils plus efficaces ? Je n’ai pas l’impression. Ni l’école ni notre système de santé avec des déserts médicaux anxiogènes. Est-on mieux protégé par la Justice ? Le Premier ministre joue un coup de poker. Mais la confiance, elle n’y est pas. Il n’a consulté personne, il affiche une forme de mépris à l’égard des chefs de partis et partenaires sociaux. Stop.

    Vous êtes en conflit avec LFI. En cas de législatives, seriez-vous prêt à une nouvelle union de toutes les forces de gauche contre l’extrême droite ?

    M.D.: Les relations avec LFI sont compliquées pour toutes les formations de gauche. Leur université d’été a été consacrée à une charge contre un journaliste et l’agression verbale de l’écologiste Marine Tondelier. Fabien Roussel a été moqué quand il a applaudi la caravane du Tour de France. C’est LFI qui rend la situation compliquée. On a aussi des désaccords importants : sur la laïcité, sur la lutte contre l’antisémitisme et le racisme. La gauche ne doit être dans aucun relativisme. Quand la synagogue de La Grande-Motte subit une attaque terroriste, quand Aboubakar Cissé est tué dans une mosquée, nous devons être là. Jamais nous ne devons être en concurrence sur nos principes. La stratégie de LFI est d’attaquer partout et d’affaiblir la gauche où elle est en responsabilité. Je n’oublie pas qu’à Montpellier, LFI s’est alliée (en 2020) avec un milliardaire [Mohed Altrad, Ndlr] pour faire battre ma liste de rassemblement de la gauche. Il y a des hommes et femmes très sincères. René Revol [maire LFI de Grabels et vice-président à la Métropole] n’a pas ces positions-là. Mais il y a une dérive préoccupante chez LFI avec une stratégie permanente du clash.

    Vu le danger de l’extrême droite, on imagine que vous n’êtes
    pas favorable à une seconde dissolution ?

    M.D. : En effet, je n’y suis pas favorable. Je ne comprends pas pourquoi la première dissolution a eu lieu. Elle a rajouté du chaos. Le pays doit être gouverné. Si, demain, le Premier ministre remet sa démission, le scénario doit être à l’allemande, à l’italienne, à la belge. Il doit y avoir des consultations avec les groupes parlementaires et le Parlement doit avoir le pouvoir. Avec les discussions et les compromis, on doit aboutir à une majorité politique. Il appartiendra à Emmanuel Macron de décider. Je pense qu’il sera jugé très sévèrement dans l’Histoire pour son mépris de la démocratie sociale. Jamais un accord avec les organisations syndicales n’a été respecté. Il a déréglé notre démocratie.

    La loi de 1905 a 120 ans. C’est quoi le combat de la laïcité pour vous ?

    M.D : Le combat laïc est un combat historique de la gauche pour que les dogmes religieux ne s’imposent pas. Ce principe a été éclipsé ces 20 dernières années. La valeur et le mot laïcité ont parfois été utilisés par l’extrême droite qui s’en est servie pour faire un glaive contre nos concitoyens de confession musulmane. Je suis un militant de la laïcité qui est une valeur de concorde. Il y a aujourd’hui des forces religieuses qui travaillent notre pays et menacent la République. On l’a vu lors de la loi pour le mariage pour tous avec l’Église qui refusait un texte de liberté. Il y a aussi une offensive des islamistes qui disent comment doit s’organiser la société. On a vécu un retour du fanatisme religieux. Au nom de Dieu, Samuel Paty a été tué. Je me suis réjoui au sujet des abayas qu’on rappelle la loi de 2004 : l’école doit être dans une situation de neutralité. J’ai un désaccord majeur avec Jean-Luc Mélenchon qui dit que « l’École ne doit pas faire la police du vêtement ». Je dis que l’école doit être claire sur les tentatives de déstabilisation. La laïcité doit servir à rappeler un autre principe fondamental que l’extrême droite combat : que chacun a la liberté de conscience. Chacun doit pouvoir en sérénité exercer son culte. C’est pour cela que j’ai évoqué le dossier d’une grande mosquée au sud de Montpellier. Quand je vois que des fidèles sont dans la rue, c’est scandaleux. Nous avons aussi le devoir de protéger nos concitoyens de confession juive qui vivent dans la peur… Le retour du religieux se fait partout dans le monde : aux USA, les théocraties iraniennes, afghanes… Je trouve très inquiétant qu’on puisse venir discuter des attentats de Charlie Hebdo, qu’on questionne le droit au blasphème. La parole héritée des Lumières doit retrouver de la force. Le 9 décembre, nous fêterons les 120 de la loi sur la laïcité. Le moyen de la défendre c’est aussi de faire la République sociale. Quand les services publics s’affaiblissent, quand le tissu associatif est fragilisé, c’est le communautarisme qui organise la vie sociale. La République doit protéger et émanciper. C’est la dimension que je porte à la Mosson avec le projet de rénovation urbaine (Anru).

    Vous êtes ferme sur la sécurité. PS et gauche ont trop fait l’autruche ?

    M.D. : Oui. Quand vous êtes de gauche, vous combattez la loi du plus fort. Le respect des lois et des règles est un fondement pour protéger. La gauche a un devoir impérieux de faire respecter l’ordre républicain. Parfois, on a pensé que la gauche pouvait laisser cela à d’autres. Je ne crois pas, elle doit apporter ses réponses, pas celles de l’extrême droite qui instrumentalise la détresse des victimes. Mon rôle, et celui de la République, c’est de régler les problèmes des victimes, que Justice soit faite. La société est plus violente à cause du narcotrafic, d’un manque de fermeté, de la défaillance de la chaîne pénale. Je dis à la gauche : n’ayez pas peur de la vidéosurveillance, elle est utile pour prévenir le harcèlement de rue et aider la Justice à enquêter. Ne doutez pas de la nécessité d’armer la police municipale. À Montpellier, j’ai créé 143 postes pour la sécurité plus 50 policiers nationaux. C’est un effort inédit. Retailleau et Darmanin paradent. Je tire la sonnette d’alarme : si nous n’y prenons pas garde, la France va être dépassée par le narcotrafic. À Nîmes, un enfant a pris une balle à Pissevin. Il y a un besoin de moyens, de travail entre l’État et les maires. Les choufs et les mules sont des enfants alors que l’école est obligatoire jusqu’à 16 ans.

    Serez-vous candidat en mars 2026 ?

    M.D. : Je dirai ma décision en janvier. Je suis attentif à l’équilibre personnel et avec la famille. L’engagement en politique n’est pas une rente, cela doit toujours avoir du sens. On m’a proposé d’être ministre. C’est un honneur mais je n’étais pas en accord sur le fond et j’avais l’engagement pour ma ville. Je me poserai ces questions. J’ai encore des projets pour Montpellier. C’est un honneur d’être maire de cette ville mais il existe aussi des parts difficiles. Vous êtes confrontés à la mort qui vous habite, qui vous hante, à des menaces. La question c’est le projet, le sens. Je vois des gens qui font le mandat de trop, qui n’ont plus de jus. Des collègues maires ont lâché en cours de route. On travaille avec ma majorité à ce que doit être Montpellier en 2030-2040. J’ai plein d’idées pour cela mais il y a un temps pour tout. J’aurais eu un mandat de 5 ans et demi marqué par le Covid. Malgré tout, j’ai réussi à tenir mes engagements sur le plan Écoles 2030, la gratuité des transports… Le 20 décembre avec la 5e ligne de tramway, j’aurai fini mes engagements. Ensuite c’est une nouvelle phase qui s’ouvre.

    Après la campagne « la plus folle de France » en 2020, craignez-vous une campagne violente ?

    M.D. : J’ai déjà été attaqué pendant la campagne de 2020. J’ai gagné parce que j’ai mené campagne avec sérieux et conviction. Le débat démocratique a besoin d’être élevé. Je ne minore pas tous les coups bas qui vont venir. J’invite à ne pas trop trumpiser notre démocratie. J’ai eu par deux fois des mots malheureux en conseil municipal. Je les regrette et m’en suis excusé, ce n’est pas mon tempérament.

    Montpellier a-t-elle été « apaisée » et a-t-elle rattrapé son retard ?

    M.D. : Montpellier ne pouvait plus continuer à vivre dans le conflit avec la Région, le Département, l’État… Tout était bloqué, les dossiers n’avançaient pas. Ma méthode a fonctionné. Une troisième caserne de pompiers arrive grâce au Département, les mineurs non accompagnés ne sont plus dans les hôtels du centre-ville mais dans un lieu digne et éducatif. La Région nous accompagne sur beaucoup de projets, ce qui soulage les investissements de la Ville. On a eu plus d’argent de l’État pour l’Anru, on a mieux coordonné nos actions sur la sécurité, on a réglé le bidonville de Celleneuve. Des dossiers étaient enlisés comme le Contournement ouest de Montpellier. Cela va transformer l’avenue de la Liberté où transitent 45 000 voitures. On est l’une des seules villes sans contournement.

    Vous avez qualifié la gestion
    des déchets de «
     catastrophique ». Mais la chaudière CSR n’est-elle pas un choix par défaut ?

    M.D. : Montpellier est la seule ville de France sans solution pour traiter ses déchets. La filière CSR [Combustible solide de récupération, Ndlr] est un choix de responsabilité préconisé par l’Ademe, combattue par l’extrême droite, qu’ont adopté tous les pays d’Europe. C’est une solution qui fonctionne et permet de faire de l’énergie et donc de baisser les factures pour 20 000 foyers. Personne ne veut d’une nouvelle décharge ou d’un incinérateur. L’usine de méthanisation Ametyst, imposée à Georges Frêche par les Verts, est un échec : 20 000 personnes subissent les odeurs et les camions. Avec René Revol, on a mis en place un audit citoyen. On a demandé à ce que la filtration soit la plus avancée. Il ne faut pas jouer sur les peurs. Ce qui est dangereux c’est le trafic de l’avenue de la Liberté et sa pollution atmosphérique mesurée par l’Atmo. Le CSR permettra de baisser la taxe d’enlèvement des ordures ménagères. Sinon tout le monde va devoir payer plus.

    Le Service express régional métropolitain (Serm) n’est-il
    pas une promesse sans lendemain de Macron
     ?

    M.D. : Évidemment. Ici mettons-nous d’accord sur une carte pour créer un dispositif de mobilités alternatif à la voiture à l’échelle du grand territoire : de Lunel à Sète. Carole Delga est d’accord pour que la part régionale du versement mobilités continue à financer l’amélioration de l’offre de transport dans l’aire urbaine de Montpellier. Il nous faut de l’argent pour ces investissements. On doit faire entendre notre voix. Plusieurs dossiers se jouent : celui de la LGV vers Béziers qui permettra la grande vitesse vers l’Espagne mais aussi le cadencement des TER entre Sète et Montpellier. Il y a aussi les cars express sur la partie nord. Je vais continuer à faire ma part du Serm. Le plus grand contributeur c’est l’exécutif métropolitain. On a fait la ligne 5 de tramway, l’extension de la ligne 1 d’Odysseum vers la gare Sud de France, les parkings relais, les bustrams jusqu’à Castries et Cournonterral et le réseau cyclable. Mais je le dois à chaque habitant : les travaux fin décembre, c’est fini ! J’attends des autres qu’ils fassent aussi leur part. Comme homme de gauche, j’ai une radicalité transformatrice. Il y a un avant et un après. Les transports étaient payants, ils sont devenus gratuits. On pourra aller d’une gare à l’autre ou aux universités en tramway.

    Que faire pour que la croissance démographique de Montpellier reste un atout, pas un handicap ?

    M.D. : C’est une question majeure. Montpellier ne peut pas accueillir tout le monde. C’est pour cela qu’on travaille sur la répartition de la croissance démographique et que l’enjeu des transports est fondamental. À ce titre, je salue la mémoire de l’ancien maire Pierre Soujol [décédé le 28 juin, Ndlr] qui a été formidable. On s’est dit que Lunel pouvait être un des territoires de la croissance démographique. Je suis très heureux qu’après 10 ans où on a subi l’urbanisation à la parcelle, nous ayons réussi à voter le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). J’ai parlé d’un changement de paradigme en matière d’urbanisme. On ne fera plus des logements n’importe où n’importe comment. On aura un urbanisme de projets, une urbanisation douce avec de petites extensions.

    La loi ZAN semble difficile à respecter. L’écologiste Jean-Louis Roumégas vous reproche d’avoir trop urbanisé…

    M.D. : Tout le monde dit que l’action menée ici est l’une des plus écologiques de France. L’extrême droite me traite de « maire escrologiste ». J’ai souvenir d’un Jean-Louis Roumégas aux côtés de Jean-Pierre Moure (ex-président PS d’Agglo) dont le slogan était Unlimited… Je pense que la sobriété est un enjeu. On a adopté la stratégie Zéro artificialisation nette (ZAN). Les Coteaux de Malbosc ne seront pas urbanisés, ni les Bouisses. À Montpellier, 100 hectares dédiés à l’urbanisation ne le seront pas. Le PLUI préserve les deux tiers des terres agricoles et naturelles. C’est un choix de rupture. On a fait l’office foncier solidaire qui permet l’accession à la propriété. Je tiendrai mes engagements avec 25% de logements sociaux.

    Pourquoi maintenir le jumelage avec Tibériade alors que celui avec Obninsk a été stoppé à cause de la guerre en Ukraine avec Poutine ?

    M.D. : Pas du tout. Nous sommes jumelés avec Obninsk. J’ai fait un courrier de condamnation à son maire pour qu’il se positionne. Il ne m’a jamais donné de réponse. Ce jumelage est donc gelé. Pour le reste, les habitants de Tibériade ne sont pas Netanyahou. On est jumelé avec Bethléem : après l’attaque du Hamas du 7 octobre, on aurait dû suspendre notre jumelage ? Sûrement pas. Vous pensez que je vais suspendre le jumelage avec Louisville parce qu’il y a le président Trump ? Ou avec Chengdu ? Sûrement pas. Montpellier est une ville qui doit dialoguer avec le monde, promouvoir la coopération, contribuer à sa manière à la paix. C’est le seul chemin. Je suis aux côtés des Israéliens qui manifestent, qui disent que ce gouvernement Netanyahou est en train de faire le mal. Comme je suis du côté des Palestiniens qui disent que le Hamas fait du mal. Ma position c’est la plus dure : deux États dans les frontières de 1967. Je soutiens l’initiative du Président Macron de reconnaître l’État palestinien. Malgré les pressions, nous avons accueilli le musée national de la Palestine.

    Une fierté et un regret du mandat ?

    M.D. : Je regrette de ne pas avoir pris de décision rapide sur les déchets, de ne pas avoir pris d’emblée la mesure de la gravité de la situation. Mon principal regret c’est le rapport au temps. Je fais 80 heures/semaine mais parfois on aimerait davantage se poser, échanger. Je vais vite parce que j’ai une exigence de l’action et du résultat. Je suis en colère contre l’inertie qui existe dans le pays. C’est l’ennemi car elle est coûteuse.

    Ma fierté, c’est d’avoir mis en œuvre la gratuité des transports. C’est en moyenne 1 400 euros d’économies pour un foyer avec deux enfants. Les gens me remercient et me disent de tenir bon face à ceux qui veulent la remettre en cause. Quand on est de gauche, il faut parler mais aussi faire. J’espère que tous les candidats de gauche défendront la gratuité.

  • MHR : la reconquête, acte II

    MHR : la reconquête, acte II

    Montpellier court après le temps perdu. Depuis 2019 et le départ du manager néo-zélandais Vern Cotter, il s’est perdu dans des fausses pistes, erreurs de casting et stratégies illisibles. Durant six saisons, il a chuté d’un cran ne sauvant cette traversée du désert que par une qualification en phase finale et un premier bouclier de Brennus, tombé du ciel en 2022.

    À l’aube de sa 23e saison d’affilée en Top 16 ou Top 14, le MHR aspire à une certaine stabilité et la reconquête de son un statut. À l’été 2024, le président Mohed Altrad a nommé aux commandes un jeune manager : Joan Caudullo, passé de la gestion d’un centre de formation à la tête de l’équipe professionnelle. Entouré de techniciens du sérail comme Paillaugue, Doumayrou, Bes, Valls…, l’ancien talonneur du MHR a essuyé quelques plâtres et reconstruit un premier étage. Avec une 9e place, à sept points du 6e, premier qualifié pour la phase finale, et à la lisière d’une qualification en Champions cup.

    « On est dans l’année II du projet, l’ambition est de retrouver notre place, c’est-à-dire être dans les premiers. On a fait un recrutement pour ça », assure Joan Caudullo, désireux de s’éloigner du vertige d’une relégation et de se hisser dans le top 6.

    Le manager veut faire mieux, le président attend beaucoup mieux. Et veut aller plus vite dans le redressement. « On a tout ce qu’il faut cette année. L’an dernier, notre staff expérimental a montré des qualités extraordinaires. Donc, l’objectif, c’est être dans les quatre (premières places). Je sens une énergie qui émane de vous tous, on a besoin de cette énergie », a-t-il fixé comme objectif dans un championnat, où tous les clubs veulent faire mieux par-delà les deux gros calibres : Toulouse et Bordeaux.

    Tout le monde n’avance donc pas à la même vitesse. Tout le monde est néanmoins d’accord pour reconquérir le statut d’un candidat au titre comme ce fut le cas entre 2010 et 2019. Attaché à son club formateur, comme ses adjoints, Joan Caudullo veut aussi soigner l’image, balafrée par les incohérences politiques et les mauvais résultats, et les fondations à travers la formation.

    Au cours d’une première saison expérimentale, Caudullo a fait simple autour de vieilles recettes languedociennes : la défense et les avants. Les deux premières victoires amicales devant Pau et à Perpignan ont conforté ce savoir-faire.

    « On a trouvé une unité »

    Le manager veut désormais étoffer le jeu. Solide sur les fondamentaux, il a besoin d’élargir son champ d’action de son équipe. Il a recruté en conséquence six trois-quarts. Notamment un centre argentin Justo Piccardo et un autre anglais Lennox Anyanwu pour densifier le centre du terrain.

    Si le Stade toulousain, l’UBB, Toulon… s’appuient sur des charnières rodées et influentes, le MHR s’avance vers une énigme. En l’absence de l’Écossais Stuart Hogg, opéré fin avril d’une rupture du tendon d’Achille, il attend qu’émerge un nouveau demi d’ouverture. Le jeune Hugo Reus, arrivé de la Rochelle en février, a besoin de confirmer son potentiel. À moins que l’Argentin Domingo Miotti (Oyonnax) ou Thomas Vincent (Agen), arrivés l’été 2024, ne se révèlent à retardement.

    Pour faire mieux dans le jeu et les résultats, Montpellier a besoin de redevenir souverain à domicile. Ses quatre défaites, l’an passé, ses six défaites la saison d’avant, ont posé ses limites sportives, mais aussi altéré le soutien d’un public, éparpillé, voir égaré par tant d’incohérences.

    « On a trouvé une unité entre cette équipe et ses supporters. Ici, on est capable de mettre 12 000 personnes dans le stade. Il n’y a qu’une chose, il faut qu’on gagne les matches, c’est tout », préconise l’expérimenté directeur du rugby Bernard Laporte.

    Dans un stade dont l’affluence moyenne est tombée en deçà de 10 000 spectateurs (9 358), Montpellier, 7e ville de France, doit reconquérir son public et se fondre dans l’élan festif d’un Top 14, dont huit clubs ont augmenté leur jauge l’an passé.

    Le 20 décembre, l’inauguration de la ligne 5 du tramway peut aider le MHR à désenclaver le Septeo Stadium, nouveau nom du stade, et favoriser l’afflux du public. La station « Ovalie » construite au pied des travées peut-elle aussi apaiser les différends entre le maire Michaël Delafosse et le président Mohed Altrad, focalisés sur les prochaines élections municipales ?

  • Enterrer le « musée des horreurs » de Bayrou

    Enterrer le « musée des horreurs » de Bayrou

    Suppression de deux jours fériés. Monétisation de la 5e semaine de congés payés. Déremboursements et franchises. Détricotage des droits à l’Assurance chômage. Restriction du champ de l’Aide médicale d’État (AME)… Balancée le 15 juillet sans aucune concertation, la grenade dégoupillée par François Bayrou semble sur le point de lui exploser en pleine figure.

    Depuis le dévoilement de son projet de budget d’austérité sous couvert de réduction d’une dette que les macronistes ont eux-mêmes contribué à creuser, la colère sociale n’a cessé de monter. À la journée d’initiative citoyenne « Bloquons tout » du mercredi 10 septembre s’est ajoutée une journée de grèves et de mobilisations intersyndicales jeudi 18 septembre. Pour couper l’herbe sous le pied des citoyens et des travailleurs, le Premier ministre tente un coup de poker désespéré. Le 8 septembre, son gouvernement demandera un vote de confiance de l’Assemblée nationale.

    Autant dire que les jours à Matignon du président du Modem sont comptés. À gauche, ni le PCF, ni Les Écologistes ni même le PS – qui avait pourtant refusé de voter la censure en laissant une chance au conclave d’aboutir sur la réforme des retraites (en vain) – n’accorderont pas davantage de crédit à François Bayrou (lire p.8). Il en va de même de La France Insoumise (LFI) qui, à la différence des autres formations de gauche, appelle Emmanuel Macron (qu’elle rêve de voir destitué) à dissoudre une seconde fois l’Assemblée nationale. Pas davantage de confiance à attendre du Rassemblement national. Loin de s’opposer à l’austérité ou de vouloir mener une politique sociale plus juste, l’extrême droite a fait ses petits calculs et espère sortir vainqueur du chaos démocratique.

    Un socialiste à Matignon ?

    Après avoir prétexté n’avoir pu recevoir les chefs de partis politiques cet été en raison des vacances, François Bayrou, en plus de sa tournée désespérée des plateaux TV, vient de lancer avec eux une série de rencontres de la dernière chance. Un probable chant du cygne. Car si les Républicains restent divisés sur le sujet, l’issue du vote du 8 septembre ne fait guère de doute. Le président de la République, qui pourrait être refroidi à l’idée d’une nouvelle dissolution, cherche déjà son prochain Premier ministre. Sera-t-il enfin issu de ce qu’il reste du Nouveau Front populaire (NFP), bloc de gauche qui, bien que sans majorité absolue, était arrivé en tête des élections législatives 2024 ? Le PS d’Olivier Faure croit son tour arrivé. Ces derniers jours, le « contre-budget » des socialistes a été mis en avant. Plutôt que 44 milliards d’euros d’économies sur le dos des seules classes populaires et moyennes, le PS vise 29,9 milliards de recettes en mettant à contribution les ultra-riches (taxe Zucman, Gafam…). Pour redonner de l’air et du pouvoir d’achat, le PS souhaite en injecter 19 dans les services publics à l’os. Une feuille de route budgétaire qu’il faudrait dans tous les cas négocier point par point à l’Assemblée…

    De toute évidence, le scénario reste incertain et la balle sera bientôt dans le camp d’Emmanuel Macron. Mais quoi qu’il advienne, le mouvement social a son mot à dire et tout intérêt à maintenir la pression pour n’encourager personne à conserver « le musée des horreurs » de François Bayrou, comme le qualifie l’intersyndicale. Avec l’espoir d’insuffler enfin un changement de ligne politique pour plus de justice sociale. Le mécontentement est perceptible. Il a pris une première forme en août avec l’initiative citoyenne d’une journée de blocage le 10 septembre. Parti des réseaux sociaux sous l’influence de réseaux souverainistes, l’appel semble avoir évolué pour mettre en avant des revendications progressistes. En témoignent les débats des assemblées générales qui se sont tenues à Montpellier notamment (p.6).

    La CGT prépare déjà le 18

    À l’instar de la CGT, plusieurs syndicats appellent eux aussi leurs salariés à mener des actions dans les entreprises mercredi 10 septembre. Deux rassemblements sont déjà prévus à Montpellier (11h, place de la Comédie) et Béziers (11h, Bourse du travail). Mais dans l’Hérault, Serge Ragazzacci reconnaît travailler davantage en intersyndicale à la grande journée de grèves et mobilisations du jeudi 18. « On a déjà beaucoup de préavis dans le public. On veut des appels dans le privé et gagner la grève. 100% de mécontents, ça ne fait pas 100% de grévistes. Il y a parfois de la résignation… », rappelle le secrétaire héraultais de la CGT. Pour lui, Bayrou ou un autre, c’est le moment de se faire entendre pour changer d’axe politique. « En 30 ans, la fortune des plus riches a été multipliée par trois, le PIB par deux. Pas le Smic. Ce n’est pas un problème de dette mais de répartition des richesses. Il est temps de redonner du pouvoir aux contre-pouvoirs. »

  • 20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    20 ans d’un fabuleux plaidoyer pour les arts du monde arabe

    Voilà 20 ans, cette année, que le festival Arabesques, porté par l’association Uni’sons, implantée au cœur du quartier populaire de la Paillade, invite à une immersion dans les arts du monde arabe, célébrés dans toute leur diversité. La musique, bien sûr, de la pure scène traditionnelle à la scène contemporaine, mais aussi le théâtre, les contes, la danse ou encore l’humour… Un véritable plaidoyer, porteur « de toutes les valeurs autour de la transmission, du rassemblement, de la coexistence pacifique. Montrer que c’est possible, que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », résume Habib Dechraoui.

    « Quand on a créé Arabesques, le but était de travailler pour les gens qui sont le plus éloignés de la culture. Car je reste persuadé que ce sont eux qui en ont le plus besoin », confie le directeur de ce festival qui reste très peu cher comparé aux manifestations du même acabit. Tout le travail de médiation, de lien opéré par Uni’sons durant toutes ces années a porté ses fruits. « Je pense que nous sommes le festival le plus mixte en termes de public », assure Haboib Dechraoui. La médina éphémère d’Arabesques, cœur battant du festival niché sous les pins du domaine d’O, « est à l’image de la société actuelle. Un public mixte, jeune, âgé, familial… Ça, ça se travaille, ça se monte avec des convictions », insiste-t-il.

    Oum Khaltoum et Rachid Taha

    Cette 20e édition « sera marquée par la gratitude, la transmission et l’audace ». La gratitude envers ces artistes fidèles, amis du festival : Dhafer Youssef, l’Orchestre national de Barbès, Natacha Atlas, Hervé Koubi, Orange Blossom, Le Comte de Bouderbala, Jihad Darwiche, Labess…

    La transmission, elle, prendra la forme de deux hommages. Le premier sera dédié à Oum Kalthoum, « la plus grande icône de la musique arabe », dont 2025 marque les 50 ans de la disparition. Pas moins de cinq rendez-vous lui seront consacrés, notamment en ouverture du festival le 9 septembre à l’opéra Comédie, avec la chanteuse tunisienne Dorsaf Hamdani et le lendemain, 10 septembre au même endroit, à travers cette fois un spectacle dansé. À noter également, le 20 septembre au théâtre Jean-Claude Carrière, l’hommage du groupe Love and Revenge, qui présentera un projet autour de Oum Khaltoum.

    L’autre grande figure mise à l’honneur est Rachid Taha, « le défricheur, le transgressif, le rockeur made in Casbah ». Un grand concert-création lui est consacré (13 septembre, amphi d’O), qui réunira son ami rockeur Rodolphe Burger et le « Couscous clan », comme Rachid Taha aimait à appeler ses musiciens (Justin Adams, Sofiane Saidi, Yousra Mansour, Hakim Hamadouche, Franck Mantegari, Kenzi Bourras…)

    Après un focus Palestine l’an dernier, Arabesques a choisi, cette année, de mettre en lumière l’effervescence de la scène artistique marocaine, en partenariat avec la fondation Hiba. « Pas moins de 10 groupes marocains figurent dans la programmation », indique Habib Dechraoui. La nouvelle scène y est bien représentée, à découvrir notamment lors de la soirée Arabesques Sound System organisée le 11 septembre sur le toit du Corum. Najat Aâtabou, diva de la musique chaâbi marocaine, donnera un concert exceptionnel pour les 20 ans d‘Arabesques le 14 septembre à l’amphithéâtre d’O. À ne pas manquer non plus, toujours dans ce focus Maroc, le cabaret des Cheikhats (14 septembre, théâtre Jean-Claude Carrière), « des hommes en robe, maquillés comme des divas, qui revisitent le répertoire de ces femmes libres mais marginalisées, qui dénoncent les injustices et offrent l’ivresse des chants et des danses du patrimoine populaire marocain. Un hommage plein d’aplomb, qui brise des tabous toujours vivaces. »

    Cette édition anniversaire sera également l’occasion de découvrir en avant-première plusieurs nouveaux albums : celui du maître du oud, vocaliste et compositeur Dhafer Youssef (19 septembre, amphithéâtre d’O) ; celui de la chanteuse égypto-anglaise Natacha Atlas, qu’elle présentera à l’issue d’une résidence d’une semaine au domaine d‘O (12 septembre théâtre JC Carrière) ; celui du chanteur Labess, qui propose, avec son groupe aux origines multiples, une sorte de gypsy-chaâbi (21 septembre théâtre JC Carrière) ; enfin celui de l’Orchestre national de Barbès, qui fête cette année ses 30 ans et se produira en clôture du festival (21 septembre, amphi d’O). En tout, une bonne centaine d’artistes sont attendus pour célébrer, à rebours des cloisonnements, le lien, le partage, la diversité.

  • La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    La France sera-t-elle bloquée le 10 septembre ?

    François Bayrou a-t-il craint le mouvement du 10 septembre ? En annonçant un vote de confiance le 8 septembre, le Premier ministre a de grandes chances de tomber mais il éteindra peut-être la mobilisation prévue deux jours plus tard.

    Car l’appel à « bloquer tout » lancé sur les réseaux sociaux par des groupes nébuleux a très vite pris de l’ampleur, attisé par la présentation du budget du Premier ministre. Au vu de l’ampleur prise sur internet, le gouvernement a rapidement pris conscience de l’émergence d’un mouvement apartisan et sans chef qui rappelle en tout point celui des Gilets Jaunes. Certains d’entre eux ont d’ailleurs réactivé les groupes qui se rassemblaient sur les ronds-points mais nul ne peut pour l’heure prévoir l’ampleur de la mobilisation. Les formes d’action sont également floues entre grève, boycott de certains produits, désobéissance civile ou blocage de la circulation.

    Mais une partie des Français semble bien décidée à se mobiliser. Depuis la mi-août, les groupes se multiplient sur les réseaux sociaux et notamment sur Telegram pour l’organisation de cette journée. Ces discussions ont permis l’émergence de réunions qui se sont déroulées un peu partout sur le territoire.

    La CGT et la gauche au soutien

    Dans le Gard par exemple, si des citoyens se sont déjà retrouvés à Nîmes, Génolhac ou à Alès et ont déjà tracté au « rond-point des Gilets Jaunes » route de Bagnols-sur-Cèze pour informer sur le 10 septembre, de nombreuses autres réunions sont prévues samedi 30 août comme au Stade des Costières de Nîmes (16h30) ainsi qu’à Bessèges (18h) et au Vigan (12h). Dans l’Hérault, ils étaient déjà 200 pour la 4e assemblée générale devant le Corum mardi 26 août et se sont mis d’accord pour débuter les actions à 6h du matin.

    Prise de vitesse par le mouvement des Gilets Jaunes qu’elle a mis du temps à soutenir, la gauche, de LFI au PS, a cette fois immédiatement soutenu l’initiative. Jean-Luc Mélenchon a même appelé à la grève générale. « Il y a eu une première réunion à Alès où il y avait 35 personnes avec des gens qui venaient à titre personnel. L’enjeu pour nous c’est de maintenir l’autonomie et l’indépendance du mouvement, donc d’être en soutien et pas à la manœuvre. On espère que les syndicats vont s’activer parce qu’on en a besoin », rappelle Armand Crepin, chef de file de la FI à Alès.

    Mercredi 27 août, la CGT a annoncé se lancer dans le mouvement : « Nous avons décidé d’appeler à la grève pour la journée du 10 septembre et on proposera à l’intersyndicale nationale une date unitaire en septembre », précise Marie Dufresne, secrétaire générale de la CGT du Gard.

  • Montpellier Handball part en reconquête

    Montpellier Handball part en reconquête

    Une victoire en phase de préparation est-elle un détail ? Ou les prémices d’une nouvelle histoire ? Dimanche 24 août à Strasbourg, lors d’un tournoi de pré-saison, Montpellier Handball balayé un vieux fantôme. Et un complexe naissant à l’égard de Nantes, qu’il n’avait plus battu depuis 2019. Le MHB s’est imposé (32-28) en finale pour boucler un été sans fausses notes.

    Cette victoire devant Nantes, qualifié pour la Ligue des champions, promet-elle le second acte d’un changement d’ère au sein d’un club emblématique, marqué l’été dernier par le départ du manager Patrice Canayer et son remplacement par Erick Mathé ?

    L’ancien entraîneur adjoint de Guillaume Gille à la tête de l’équipe de France (54 ans) a plutôt bien géré une succession casse-gueule. Choisi par le président Julien Deljarry, adoubé par les joueurs et rompu aux arcanes héraultais, Mathé a assumé le passage de témoins avec la victoire en Coupe de France. Un premier trophée comme une pierre angulaire, un premier trophée pour remplumer un palmarès, en panne sèche depuis sept ans et le succès en Ligue des champions. « On a réussi à gagner un titre. Cela fait du bien de se prouver que l’on en est capable », apprécie-t-il.

    Erick Mathé amorce la seconde étape du renouveau de Montpellier à partir de ce samedi 30 août avec le trophée des champions devant le Paris SG, maître des affaires domestiques depuis 2012 et champion en titre. Un challenge qui lance la saison à une semaine de la reprise du championnat face à Dijon.

    Pour basculer un peu
    plus dans l’après-Canayer, Montpellier a renouvelé son effectif à l’intersaison. Avec un flux inédit de départs et d’arrivées. Sept joueurs ont quitté le club héraultais et sept autres l’ont rejoint. Yanis Lenne (Veszprem), Karl Konan (PSG), Ahmed Hesham (Veszprem), Stas Skube, Véron Nacinovic (Kiel), Sébastian Karlsson (PSG) ou Cikusa (Barcelone) ont émigré vers de grands clubs européens.

    Pour répondre à cette fuite de talents, Montpellier a attiré des joueurs expérimentés. Internationaux et rompus à la Ligue des champions comme les Espagnols David Balaguer (PSG), Agustin Casado (Veszprem), le Croate Zvonimir Srna (Zagreb), le pivot brésilien Moraes (Mensungen), l’arrière suédois Jack Thurin (Allborg) ou les ailiers français : Benjamin Richert et Léo Plantin.

    « C’est le début d’une nouvelle période avec sept recrues. C’est la première fois depuis plus de dix ans, et l’affaire des paris, que les recrues amènent une plus forte expérience que la saison précédente », relève le président Julien Deljarry.

    Erick Mathé dispose d’un mois et demi pour façonner le jeu de son équipe et la préparer à enchaîner deux rendez-vous majuscules à mi-octobre. L’un face à Kiel (Allemagne), en Ligue européenne, l’autre face à Nantes, lors de la 7e journée de championnat. Deux rencontres qui se joueront à la Sud de France Arena.

    Comme depuis 2010, et l’inauguration de l’Arena, Montpellier s’apprête à aller et venir entre le palais des sports Bougnol, renommé FDI stadium, et la salle de spectacles multimodales adossée au Parc des expositions. Avec une Métropole de Montpellier, aux finances concentrées sur l’aménagement du Tramway, la construction d’une nouvelle salle de 6 000 places semblait plus jamais hypothétique.

    Néanmoins, l’échéance imminente des élections municipales (15 et 22 mars) peut chambouler l’ordre des choses. Ainsi, le président Julien Deljarry s’apprête à rencontrer dans les prochains jours les services de la Métropole. « Est-ce que l’on peut agrandir le FDI stadium ? Est-ce que l’on doit partir ? On étudie toutes les éventualités. La réhabilitation du FDI stadium est une possibilité », estime le président du MHB, avant ce fameux rendez-vous.

    En gros, la Métropole, présidé par le maire de Montpellier, rétro-pédale. Et balaie le pessimisme de Christian Assaf, délégué aux sports, lequel avait douché toute perspective en février. « La situation économique ne nous permet pas de faire une salle à 100M d’euros telle qu’elle était prévue en lieu et place du Zénith. »

    Ce changement de discours tombe à pic. Car pendant que Montpellier piétine, les autres grands clubs français avancent. À l’image de Nantes, qui a élu domicile à la H Arena (6 000 places) et délocalise les affiches au Hall XXL (10 000 sièges).

    Le MHB ne veut pas être à la remorque de Paris, champion en titre, ni surtout de Nantes, qui ne cesse de monter en puissance. « L’objectif principal est que l’on joue les premiers rôles, que l’on joue le titre jusqu’au bout et que l’on aille chercher une place en Ligue des Champions. On ne veut pas de troisième place », alerte le président Julien Deljarry. Pour l’heure, il entend le prouver sur les parquets.

  • À l’hôpital de Béziers, la colère gronde

    À l’hôpital de Béziers, la colère gronde

    La parenthèse estivale touche à sa fin et la rentrée sociale se prépare. Un des premiers rounds s’est joué à Béziers, lors de la venue du ministre de la santé Yannick Neuder, le 27 août pour inaugurer la Maison des femmes (lire ci-contre). « Même si la Maison des femmes est quelque chose de bien, on profite de sa venue pour rappeler les 1,1 milliard d’euros d’économies à réaliser dans le secteur de la santé [prévus dans le cadre des 40 milliards d’économies de Bayrou, Ndlr]. On est en colère. Les hôpitaux sont à l’agonie et pour faire ce genre de structures, il faut de l’argent », soupire Magali Lafaille, représentante CGT du personnel de l’hôpital de Béziers.

    Des professionnels au bout du rouleau, comme en témoigne la situation biterroise. « Le flux des entrées aux urgences est de plus en plus tendu, avec une moyenne de 200 admissions par jour. Cela révèle le problème d’une population vieillissante sur le Biterrois en constante augmentation avec des poly-pathologies que seul l’hôpital peut recevoir car ces patients ne sont pas rentables pour les cliniques privées », souffle Valérie, administratrice au centre hospitalier.

    Réunis devant l’établissement, ces syndicalistes sont venus dénoncer ce « coup de communication » de la part du ministre. Car le manque de moyens dans la santé est un problème national, à l’instar de l’hôpital de Béziers « Nous sommes en déficit de 6 millions d’euros et nous devons encore faire des économies. Mais qu’est-ce-qu’on supprime ? Ce n’est pas possible », poursuit Magali Lafaille.

    Une délégation reçue

    Dans ce contexte, cette inauguration a de quoi poser question. « La Maison des femmes est un plus évidemment. Mais elle laisse des interrogations. Qui va travailler là-dedans ? Il n’y a pas 36 associations compétentes. Sera-t-elle plus efficace que l’espace Delphine [l’ancienne structure accueillant les femmes victimes de violences, Ndlr] ? Quelles solutions ? », avance Chantal Lapuerta, présidente de l’association les Simones veillent. Et de regretter également la mise en avant de l’édile d’extrême droite de Béziers Robert Ménard, présent lui aussi à la sauterie du ministre. « Cela montre qu’il est déjà en campagne électorale car plus misogyne que lui, ça n’existe pas. »

    Une délégation a été reçue par le ministère afin de faire part de ses revendications et d’aborder les pistes de financement – une lourde tâche face à un interlocuteur qui ne veut pas entendre parler de hausse d’impôts. « Il existe d’autres pistes pour trouver l’argent. Un rapport sénatorial a montré que 211 milliards d’euros d’aides publiques ont été versés aux entreprises en 2023 sans contrepartie. On pourrait piocher là-dedans pour financer les services publics et donc la santé », fait valoir Sébastien Boudesocque, de la CGT héraultaise. Et permettre ainsi d’embaucher dans un secteur manquant fortement de bras. « Nous avons échangé sur la précarité de l’emploi, la revalorisation des catégories C, la souffrance au travail. Il s’est engagé à répondre à chacune de nos questions », détaille Magali Lafaille. Après les mots, les actes ?

    « Faire encore des économies n’est plus possible »