Tag: Hérault

  • Le quartier Cambacérès commence enfin à prendre vie

    Le quartier Cambacérès commence enfin à prendre vie

    Le projet initial étant tombé à l’eau en 2020, il n’accueillera pas le stade Louis-Nicollin. Mais à Montpellier, le quartier Cambacérès, situé au sud de la zone ludico-commerciale Odysseum, entre le lycée Mendès-France et Boirargues, est en train de prendre forme.

    Très bientôt la gare TGV Sud de France, inaugurée en juillet 2018 en rase campagne au grand dam des voyageurs, ne sera plus orpheline. Au-delà des aménagements routiers qui permettent déjà de la contourner vers Lattes ou du nouveau pont au-dessus de l’autoroute qui fait la jonction avec Odysseum, le tramway va enfin la desservir. À compter du 18 octobre, une extension de la ligne 1 de tram depuis Odysseum permettra de se rendre directement à la gare Saint-Roch en une vingtaine de minutes au lieu de près d’une heure actuellement.

    Anima, futur poumon

    Jusqu’ici isolé non loin du château de la Mogère et du mas rouge, le futur quartier Cambacérès est en train de se déployer tout autour. Les grues attestent de l’ampleur des chantiers en cours. Par exemple celui des halles Nova. À l’instar de celles du marché du Lez, il s’agira de halles dites « festives et gourmandes » (25 stands) dont la livraison ne saurait tarder. Imaginées par la foncière Hibrid, elles ouvriront au cœur du quartier où verront le jour, dans les mois et années à venir, des bureaux, logements, commerces, écoles et crèches.

    À proximité, un autre poumon économique du quartier est en train de sortir de terre. Il s’agit du campus Anima imaginé par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) du président André Deljarry, qui vient d’organiser une visite de chantier. D’un coût total de 108 millions d’euros (dont 21 de la Région Occitanie), le lieu abritera en 2027 sur 28 000 m² l’École supérieure de management Montpellier Business School (MBS), le centre de formation et le siège régional Purple Campus, les sièges des CCI Hérault et Occitanie. « Anima sera l’âme de ce nouveau quartier, le souffle qui va l’animer », a confié André Deljarry.

    Le seul point d’interrogation qui reste à Cambacérès c’est la question de la qualité de vie. Situé entre les deux autoroutes A709 et A9, le quartier a déjà été pointé par l’agence Atmo parmi ceux à Montpellier où l’air est le moins pur…

  • Salagou : une Biennale pour célébrer le territoire

    Salagou : une Biennale pour célébrer le territoire

    C’est une première pour le territoire : la Biennale du Grand Site Salagou – Cirque de Mourèze s’ouvre mercredi 24 septembre et promet cinq jours intenses.

    Portée par le syndicat mixte et les communes partenaires, cette manifestation se veut une grande fête populaire, ancrée dans les villages, sur le thème « Habiter le Grand Site ». Elle marque aussi la reconnaissance nationale obtenue récemment avec le label Grand Site de France, gage d’un engagement fort en faveur de la préservation et de la valorisation de paysages exceptionnels.

    « L’invitation à réfléchir »

    Expositions, conférences, ateliers, balades, spectacles et concerts s’enchaîneront du 24 au 28 septembre dans tout le territoire. L’inauguration officielle aura lieu à Pézènes-les-Mines, où habitants et artisans présenteront l’exposition « Pézènes en terre inconnue », avec démonstrations de ferronnerie, vitrail, céramique ou gravure sur verre. Dès ce premier jour, les visiteurs pourront également s’essayer à la sculpture sur pierre à Brenas ou participer à un atelier nature pour les enfants à Clermont-l’Hérault.

    La suite du programme ne manquera pas de diversité : projection et conférence sur les films tournés au Salagou, exploration géologique de la dalle de la Lieude, théâtre participatif à Octon, sortie naturaliste pour le comptage des chauves-souris, marché des producteurs, concerts et spectacles en plein air… Sans oublier la Salagoumania, grande randonnée VTT qui attire chaque année des centaines de passionnés. Pour Marie Passieux, présidente du Grand Site, cette Biennale dépasse le simple rendez-vous festif : « Sur le thème Habiter le Grand Site, c’est une invitation à réfléchir à notre manière de vivre ce territoire, de le parcourir, de le raconter, de le préserver. »

  • « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    « Avec Lecornu, on est sur de la cosmétique sur le plan économique »

    ENTRETIEN

    La Marseillaise : Depuis 2023, c’est la première fois que l’intersyndicale est réunie. Faut-il y voir le signe d’un mouvement social qui va durer ?

    Serge Ragazzacci : En tout cas on le souhaite. Pour cette première journée, on a eu 55 appels à la grève public/privé. Ce qui est sûr, c’est que les annonces de Bayrou le 15 juillet, qui faisaient suite au naufrage du Conclave sur les retraites, ont tout de suite créé les conditions de l’unité syndicale qui manquait depuis deux ans. Ça a été un détonateur. De la même manière qu’il n’avait pas appelé les partis politiques, Bayrou n’a pas consulté les syndicats de salariés. Tout le monde a parlé de la suppression des deux jours fériés mais il y a aussi la énième réforme de l’Assurance chômage, la question du déremboursement des médicaments avec les retraités – les « boomers » – pointés du doigt. Sans oublier la remise en cause de la monétisation de la 5e semaine de congés payés, des 35 heures… Sur ce budget, on est sur tout ce qui peut remettre en cause les conquêtes sociales des 50 dernières années.

    Cela signifie qu’après avoir accusé le coup en 2024, le moral des troupes syndicales est regonflé à bloc ?

    S.R. : Il y a eu un moment de flottement avec le passage de Bayrou. Mais tout le monde a compris que c’était pour maintenir le même cap, notamment la réforme des retraites qui est le catalyseur de toutes les colères depuis 2023. C’est cette réforme qui a conduit à la chute des différents gouvernements et a conduit aux échecs électoraux de la macronie et de ses soutiens. En tête de la plateforme revendicative figure toujours l’abandon de la réforme des retraites à 64 ans.

    La chute de Bayrou change-t-elle la donne ?

    S.R. : Son plan d’austérité n’est pas caduc. Pour l’instant la seule assurance que l’on a, c’est le renoncement à la suppression des deux jours fériés. Tout en réclamant de demander aux syndicats de trouver des rentrées d’argent. Pour le reste, il n’y a pas d’abandon global, c’est pour cela qu’on appelle à la mobilisation. On reste dans la même veine. Ils ont sorti les boucliers et les défenses anti-aériennes pour défendre les intérêts des plus riches via les 211 milliards d’euros annuels d’aides aux entreprises sans aucun contrôle ni contrepartie. Depuis quelques semaines, c’est haro sur la taxe Zucman [2% d’imposition sur les patrimoines de plus de 100 millions d’euros, Ndlr], dont on nous dit qu’elle générerait le départ des plus grandes fortunes qui se sont gavées comme jamais. Ils oublient qu’on est champions d’Europe de réversion des dividendes. La taxe Zucman, ce serait vraiment le minimum. Les pauvres, eux, sont toujours suspects. Comme s’ils allaient s’acheter des voitures de luxe et des Rolex avec leur allocation de rentrée scolaire. Contrôler ces 211 milliards aux entreprises par contre ce serait une atteinte à la liberté. Je constate qu’à ce jour, à part nous, personne au gouvernement ne parle des fermetures de boîtes et des licenciements alors même que 300 000 emplois sont sur la sellette. Bayrou s’en foutait et pour l’instant, Lecornu n’en parle pas.

    Sébastien Lecornu tente d’envoyer des signaux (jours fériés maintenus, fin des « privilèges à vie » des ministres). Cela va-t-il dans le bon sens ou est-ce de la poudre aux yeux ?

    S.R. : J’ai l’impression qu’on est sur de la cosmétique sur le plan économique. On parle d’un côté de ponctionner 40 milliards sur le dos du monde du travail et de l’autre de quelques millions d’euros… Il n’y a pas de commune mesure. Si c’est pour retirer des privilèges à 15 personnes pour justifier d’aller en massacrer des millions d’autres à coups de déremboursements médicaux et de remise en cause de l’emploi, on se rendra vite compte de la limite de l’effet d’annonce. Le sujet principal de notre pays, c’est que les salaires et les pensions n’ont pas été revalorisés, on n’a pas retrouvé le niveau de 2020. Le pouvoir d’achat reste une revendication essentielle. Si on veut remplir les caisses de la Sécu, la question des salaires et de l’égalité entre les femmes et les hommes, qui rapporteraient 6 milliards d’euros, fait partie de la solution. Des gens peinent à finir le mois. Si on veut relancer l’économie, il faut relancer la consommation, en recul avec l’inflation, la hausse des coûts de l’énergie avec par exemple la hausse de la TVA sur le gaz. Les gens continuent à perdre du pouvoir d’achat alors que les plus riches continuent de voir leur fortune augmenter. En 30 ans, le PIB de la France a été multiplié par deux mais pas le Smic. Les 500 plus grandes fortunes possédaient 9% de la richesse nationale, elles en contrôlent aujourd’hui 42%. Je pense qu’on peut leur en prendre un peu.

    L’autre enjeu, c’est celui des services publics. La CGT donnera d’ailleurs des suites le 9 octobre avec une mobilisation nationale et dans l’Hérault sur les questions de santé et de Sécurité sociale. Du côté de l’intersyndicale, il y aura bien sûr des suites au 18 septembre…

    Si le mouvement citoyen « Bloquons tout » rebondit, l’intersyndicale envisage-t-elle des actions communes ?

    S.R. : Le 10 septembre, il n’y a pas eu que « Bloquons tout ». Ce mouvement ne souhaitait pas d’élargissement syndical mais à Béziers, Bédarieux ou Lodève, comme il ne se passait rien, la CGT avait déclaré un rassemblement. Ici ou là, on a déjà eu des contacts. On est sur un mouvement hybride. On n’est pas dans la situation des Gilets jaunes.

  • Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Le préfet ouvre un boulevard au COM

    Après des années d’atermoiements, le Contournement ouest de Montpellier (COM) semble sur la voie royale. Le préfet de l’Hérault vient de lui offrir un boulevard, une autoroute, diraient les opposants à ce projet routier de construction d’une 2 fois 2 voies (plus une voie d’urgence empruntée par les bus) de 6,2 km entre Saint-Jean-de-Védas et Juvignac.

    Le double objectif affiché par les porteurs du projet, à savoir relier l’A709 à A750 et ainsi réduire le trafic de transit dans Montpellier, qui souffre des embouteillages et de la pollution, a été réaffirmé par le préfet de l’Hérault. Comme il s’y était engagé, François-Xavier Lauch est (enfin) venu, lundi 15 septembre, présenter aux maires et conseillers métropolitains les contours d’un projet jusqu’ici ficelé en coulisses entre l’État, le maître d’ouvrage désigné (Vinci) et l’exécutif de la Métropole.

    Durant cette séance de travail d’1h30 non ouverte à la presse, le représentant de l’État a défendu bec et ongles le COM qu’il juge « indispensable », comme le président Michaël Delafosse (PS). Selon François-Xavier Lauch, les résultats de l’enquête publique préalable qu’il avait programmée en août (au grand dam des oppositions) sont sans appel. « Quand 6 000 personnes se prononcent sur une infrastructure de ce type, avec 65% en faveur du projet, je pense que c’est beaucoup. » Suffisant en tout pour annoncer publiquement qu’il délivrera l’autorisation environnementale le 30 octobre au chantier qui pourrait débuter (après les diagnostics archéologiques) fin 2026 ou début 2027. D’un coût de plus de 300 millions d’euros financé par Vinci (qui se rémunérera sur la hausse du tarif des péages de l’A9 à Baillargues et Saint-Jean-de-Védas), l’infrastructure doit être livrée à l’horizon 2030.

    Le préfet juge et partie ?

    Ainsi la messe semble dite, même si le préfet dit « s’attendre à des recours ». Pourtant, à l’instar de René Revol (Grabels), Isabelle Touzard (Murviel) ou Véronique Négret (Villeneuve), des maires ont soulevé des interrogations voire émis des réserves. C’est aussi le cas de Manu Reynaud, pourtant fidèle adjoint au maire M. Delafosse. Plutôt que ce qui est désormais qualifié de « route express », l’élu écologiste aurait préféré un « vrai boulevard urbain limité à 70 km/h, pas 90 km/h ». D’autant, insiste-t-il, que « l’infrastructure est conçue pour 110 km/h donc surdimensionnée ». Persuadé, à l’instar de l’échec annoncé du doublement de l’A9, que les bouchons persisteront après le COM, Manu Reynaud s’étonne aussi d’apprendre qu’aucun aménagement pour le covoiturage n’a encore été envisagé.

    Du côté du collectif AutreCOM, pas d’étonnement. Mais on s’agace d’un certain passage en force du préfet. « Il bafoue son rôle d’arbitre, il a un devoir de réserve. Il devrait attendre le rapport du commissaire enquêteur », souligne une porte-parole du collectif d’opposants. Chez AutreCOM, on s’interroge aussi sur la crédibilité des trois études commandées par la Métropole et présentées aux élus lundi soir. « La première a été faite par des personnalités émérites au Canada, la seconde confiée à un géographe pro-Frêche et la troisième à un chercheur du CNRS qui critique l’agence Atmo », liste la porte-parole qui y voit « des études de complaisance financées par le contribuable ». « Elles reprennent les éléments de langage de Vinci, elles sont bâclées. Leur seul but est de discréditer l’étude des Shifters, qui prouve que le trafic induit n’est pas pris en compte dans le projet de Vinci. »

    « Pour un vrai boulevard urbain limité
    à 70 km/h »

  • Le tourisme du Canal du Midi en crise face à son pire déficit d’eau

    Le tourisme du Canal du Midi en crise face à son pire déficit d’eau

    Depuis plusieurs semaines, le niveau d’eau du Canal du Midi inquiète les autorités. Les épisodes de canicule et le manque de pluie ont asséché les réserves qui alimentent ses 240 kilomètres, reliant Toulouse à la Méditerranée. En conséquence, les préfectures de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault s’apprêtent à annoncer une mesure inédite : réduire les horaires de navigation de huit à six heures par jour.

    Pour Voies navigables de France (VNF), gestionnaire du Canal, la décision est inévitable. « Nous sommes entrés en situation de crise plus tôt que prévu », confie Cédric Jaffard, adjoint au chef de service territorial Midi. La consommation des réserves a commencé avec un mois d’avance sur les années précédentes, et les épisodes caniculaires de juin puis d’août ont précipité l’entrée en crise. Résultat : les prélèvements d’eau pour la navigation ont chuté de 70%. À court terme, cette réduction des créneaux vise à limiter les débits utilisés pour les écluses. D’autres solutions sont étudiées, comme le regroupement des bateaux lors des passages, afin d’économiser l’eau.

    Le scénario de la fermeture pure et simple

    Mais si la sécheresse persiste, un scénario radical se dessine : la fermeture pure et simple du Canal à la navigation, une première dans son histoire et une éventualité que les autorités n’excluent plus. « Il n’est pas exclu de ne pas aller jusqu’à la fin de la saison de la navigation libre, en novembre », avertit Cédric Jaffard. Ce couperet serait un choc pour l’ouvrage de Paul Riquet, classé à l’Unesco, et un aveu de vulnérabilité face au dérèglement climatique. Ce spectre hante autant les acteurs du tourisme que les agriculteurs.

    Car le Canal du Midi n’est pas qu’un site de croisière : il sert aussi à irriguer des cultures et alimente des usages agricoles. En mars 2023 déjà, des exploitants avaient bloqué une péniche à Castelnaudary pour dénoncer une gestion jugée trop favorable au tourisme. « Il faut que les efforts soient partagés », plaidait alors Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l’Aude. Pour lui, la priorité doit rester l’eau potable, puis l’agriculture, avant le tourisme.

    70 à 90 millions

    de retombées touristiques

    Or, l’impact économique du Canal est colossal. Selon la CCI Occitanie, sa fréquentation génère chaque année près de 70 millions d’euros de retombées, voire 90 millions en incluant les visiteurs de proximité. Quelque 70 000 touristes fluviaux, en majorité étrangers, parcourent chaque année cette voie classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996. Rien qu’à Béziers, le site des Neuf écluses de Fonseranes attire jusqu’à 430 000 visiteurs par an.

    Le Canal du Midi, joyau hydraulique et patrimoine universel, se retrouve ainsi au cœur d’un dilemme. Une telle manne est vitale pour les territoires traversés. « Le Canal du Midi a une notoriété internationale », rappelle Jean Muller, directeur de l’office de tourisme Béziers Méditerranée. La moindre restriction menace donc tout un pan de l’économie régionale, déjà fragilisé par la baisse générale de la plaisance. Mais au-delà de l’économie, c’est la symbolique d’un patrimoine vieux de plus de trois siècles qui vacille.

    L’ouvrage de Paul Riquet est autant un repère culturel qu’un outil vivant, au croisement des enjeux climatiques, agricoles et touristiques. Les sécheresses à répétition et l’avancée de la « crise hydrique » questionnent sa pérennité.

    L’urgence est telle que les préfets de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault multiplient réunions et mesures provisoires. Mais sans précipitations suffisantes dans les semaines à venir, les restrictions pourraient se durcir encore. Ainsi pour VNF, la saison pourrait ne pas aller jusqu’en novembre, date habituelle de fin de navigation.

  • Le tourisme du Canal du Midi en crise face à son pire déficit d’eau

    Depuis plusieurs semaines, le niveau d’eau du Canal du Midi inquiète les autorités. Les épisodes de canicule et le manque de pluie ont asséché les réserves qui alimentent ses 240 kilomètres, reliant Toulouse à la Méditerranée. En conséquence, les préfectures de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault s’apprêtent à annoncer une mesure inédite : réduire les horaires de navigation de huit à six heures par jour.

    Pour Voies navigables de France (VNF), gestionnaire du Canal, la décision est inévitable. « Nous sommes entrés en situation de crise plus tôt que prévu », confie Cédric Jaffard, adjoint au chef de service territorial Midi. La consommation des réserves a commencé avec un mois d’avance sur les années précédentes, et les épisodes caniculaires de juin puis d’août ont précipité l’entrée en crise. Résultat : les prélèvements d’eau pour la navigation ont chuté de 70%. À court terme, cette réduction des créneaux vise à limiter les débits utilisés pour les écluses. D’autres solutions sont étudiées, comme le regroupement des bateaux lors des passages, afin d’économiser l’eau.

    Le scénario de la fermeture pure et simple

    Mais si la sécheresse persiste, un scénario radical se dessine : la fermeture pure et simple du Canal à la navigation, une première dans son histoire et une éventualité que les autorités n’excluent plus. « Il n’est pas exclu de ne pas aller jusqu’à la fin de la saison de la navigation libre, en novembre », avertit Cédric Jaffard. Ce couperet serait un choc pour l’ouvrage de Paul Riquet, classé à l’Unesco, et un aveu de vulnérabilité face au dérèglement climatique. Ce spectre hante autant les acteurs du tourisme que les agriculteurs.

    Car le Canal du Midi n’est pas qu’un site de croisière : il sert aussi à irriguer des cultures et alimente des usages agricoles. En mars 2023 déjà, des exploitants avaient bloqué une péniche à Castelnaudary pour dénoncer une gestion jugée trop favorable au tourisme. « Il faut que les efforts soient partagés », plaidait alors Jérôme Barthès, président de la FDSEA de l’Aude. Pour lui, la priorité doit rester l’eau potable, puis l’agriculture, avant le tourisme.

    70 à 90 millions

    de retombées touristiques

    Or, l’impact économique du Canal est colossal. Selon la CCI Occitanie, sa fréquentation génère chaque année près de 70 millions d’euros de retombées, voire 90 millions en incluant les visiteurs de proximité. Quelque 70 000 touristes fluviaux, en majorité étrangers, parcourent chaque année cette voie classée au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1996. Rien qu’à Béziers, le site des Neuf écluses de Fonseranes attire jusqu’à 430 000 visiteurs par an.

    Le Canal du Midi, joyau hydraulique et patrimoine universel, se retrouve ainsi au cœur d’un dilemme. Une telle manne est vitale pour les territoires traversés. « Le Canal du Midi a une notoriété internationale », rappelle Jean Muller, directeur de l’office de tourisme Béziers Méditerranée. La moindre restriction menace donc tout un pan de l’économie régionale, déjà fragilisé par la baisse générale de la plaisance. Mais au-delà de l’économie, c’est la symbolique d’un patrimoine vieux de plus de trois siècles qui vacille.

    L’ouvrage de Paul Riquet est autant un repère culturel qu’un outil vivant, au croisement des enjeux climatiques, agricoles et touristiques. Les sécheresses à répétition et l’avancée de la « crise hydrique » questionnent sa pérennité.

    L’urgence est telle que les préfets de Haute-Garonne, de l’Aude et de l’Hérault multiplient réunions et mesures provisoires. Mais sans précipitations suffisantes dans les semaines à venir, les restrictions pourraient se durcir encore. Ainsi pour VNF, la saison pourrait ne pas aller jusqu’en novembre, date habituelle de fin de navigation.

  • Le moustique tigre sévit toujours en Occitanie

    Le moustique tigre sévit toujours en Occitanie

    Chaque été, les cas de chikungunya, dengue, zika et désormais de West Nile (fièvre du Nil occidental) augmentent en Occitanie.

    Si pour le West Nile (deux cas autochtones ont été détectés dans l’Hérault, à Florensac et Agde) le virus est porté par des moustiques de genre culex, l’augmentation des autres virus est due à la prolifération du moustique tigre. En vigilance jusqu’au 30 novembre, l’Agence régionale de santé (ARS) rappelle que le moustique tigre continue de sévir et appelle donc à rester prudent en continuant de vider tous les contenants d’eau où il pourrait pondre et à consulter son médecin en cas de symptômes.

    Car cet été, il a été particulièrement actif. Ainsi sur les 145 cas de chikungunya recensés en Occitanie, 46 sont d’origine autochtone. Et tous ces cas ont été trouvés dans le Gard (24) et l’Hérault (22). Après un premier cas identifié à Bernis dans le Gard en juin, 10 ont été confirmés à Poulx. Ce foyer en a engendré un second à Caveirac où 11 cas se sont ajoutés. Deux autres cas ont été identifiés en août à Milhaud puis à Nîmes. « La surveillance dans le Gard concerne aussi la commune de Saint-André-de-Majencoules. Trois cas autochtones identifiés dans l’Hérault auraient pu être contaminés dans cette commune. Des investigations sont actuellement en cours », précise l’ARS.

    En effet, trois cas ont été recensés à Candillargues sur des personnes qui se sont ensuite rendues dans le Gard. Dans l’Hérault, Prades-le-Lez (1), Castries (14) et Mauguio (4) ont été les communes concernées par des cas autochtones de chikungunya. Le département a également été touché par un cas autochtone de dengue à Beaulieu qui s’ajoute aux trois autres détectés en Occitanie (Lot, Pyrénées-Orientales et Haute-Garonne).

  • Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Préfet, procureur et maire ensemble contre le narcotrafic

    Huit gardes à vue, 20 commerces contrôlés dont 3 vont être fermés administrativement : deux enseignes pour l’emploi d’étrangers en situation irrégulière, une pour détention de stupéfiants. Voilà pour le bilan de la dernière opération de sécurité renforcée (ex-dispositif Place nette) mené du 2 au 10 septembre dans le quartier Mosson au nord-ouest de Montpellier.

    Si les prises restent modestes eu égard à l’ampleur présumée du narcotrafic, le préfet de l’Hérault y voit un coup d’arrêt majeur au point de deal de l’avenue de Louisville. En coordination avec la Ville et sous l’œil du Parquet, « on mène un travail de démantèlement au milieu du spectre pour éviter que ce point de deal se réinstalle », insiste François-Xavier Lauch.

    Depuis le vote de la loi contre le narcotrafic qui permet le déploiement de moyens supplémentaires, les opérations anti-drogue de ce type se multiplient à Montpellier, notamment dans 4 secteurs gangrenés : Mosson/Petit Bard, les Marels, Figuerolles/Gambetta et l’hypercentre. Ainsi depuis le 19 mars, 677 personnes ont été interpellées, 528 placées en garde à vue et 127 déférés au tribunal judiciaire. 808 amendes forfaitaires délictuelles ont été délivrées (+168%) et 96 étrangers sans carte de séjour en règle ont été interpellés. Outre 56 armes à feu et 70 armes blanches, ainsi que 226 000 euros ont pu être saisis, 14 kg de cocaïne, 12 kg de cannabis et 1 kg d’héroïne qui fait son retour.

    Dans un quartier populaire comme la Mosson où l’État et les collectivités investissent 530 millions d’euros pour le renouvellement urbain (Anru), François-Xavier Lauch ne blâme pas les habitants, bien au contraire. « Ce sont des victimes de ce trafic. Ce sont des conducteurs de Tesla que l’on voit venir se fournir en stups dans le quartier. » Tout en essayant de « savoir qui se cache derrière les commerces qui ne sont qu’une excroissance du blanchiment du trafic », le préfet de l’Hérault en est persuadé : il s’agit d’un grave problème de société. « Le cœur de la bataille, c’est le consommateur. Tant que nos concitoyens n’auront pas compris qu’il ne faut pas consommer de stupéfiants, on ne vaincra pas le mal. Que chacun fasse le lien entre l’achat de sa dose de stupéfiants et le narchomicide qui peut être au bout de la chaîne », prévient le préfet.

    De son côté, le nouveau procureur Thierry Lescouarc’h assure de sa « détermination sans faille » contre ce fléau. Et rappelle que « la détention, le transport, l’acquisition ou la cession de produits stupéfiants peuvent être punis de 10 ans de prison et de centaines de milliers d’euros d’amende par le Code pénal ». Il appelle la « nécessité absolue » pour le Parquet de « mettre à bas tous ces trafics qui gangrènent nos villes et nos campagnes et génèrent une économie souterraine ».

    Enfin, la Ville contribue elle aussi à l’effort, tient à souligner l’adjoint au maire à la sécurité. « On met les moyens avec la police municipale, la brigade du logement social et celle des transports qui dissuadent les points de deal et la consommation ». Quant aux commerces suspicieux, « j’en ai quelques-uns à vous donner… », révèle Sébastien Cote au préfet.

  • Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Les « sans-fac » mobilisés, entre colère et désarroi

    Je ne comprends pas pourquoi pas moi », souffle dans le micro un jeune homme venu témoigner de son désarroi. Ce 16 septembre, ils sont une cinquantaine rassemblés sous les fenêtres du rectorat à l’appel du Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum), qui se mobilise chaque année pour dénoncer la sélection à l’entrée en master et aider les étudiants restés sur le carreau à se faire inscrire au forceps.

    « Je me retrouve sans master, malgré une double licence en droit privé et en droit public », confie Nermine. « Le seul argument qu’on me donne, c’est celui de la capacité d’accueil. Mais j’ai travaillé dur, j’ai fait des stages chaque été pour valider mon diplôme. Et aujourd’hui je me retrouve sans rien », poursuit cette jeune étudiante tunisienne de 23 ans, qui dénonce « une sélection sans logique. Des gens qui ont eu de moins bons résultats que moi ont été acceptés », soupire-t-elle, confiant avoir « frappé à toutes les portes. Cette mobilisation aux côtés du Scum est mon dernier recours ». Bientôt, son titre de séjour, conditionné à son inscription en master, arrivera à expiration. « Je vais me retrouver avec une OQTF [obligation de quitter le territoire français, Ndlr]. Je ne comprends pas cette rupture du droit à la poursuite d’études. C’est injuste. »

    « Violence psychologique, sociale, financière »

    « On parle d’étudiantes et d’étudiants diplômés, qui ont validé leur licence, donc dont le corps enseignant considère qu’ils ont le niveau pour entrer en master », insiste Fabien Bon, représentant du Scum. « Or ce sont ces mêmes enseignants qui, deux mois après, envoient des mails à ces étudiants pour leur dire : je ne te prends pas dans mon master », décrit-il, dénonçant une « violence psychologique, sociale, financière » [les étudiants qui se retrouvent sans affectation perdent leurs bourses, et souvent leur logement, Ndlr].

    Comme chaque année, le Scum va donc remuer ciel et terre pour tenter de faire inscrire sous la pression la cinquantaine d’étudiants sans fac recensés en cette rentrée, en impulsant des recours administratifs auprès du rectorat mais aussi en allant solliciter directement les présidences d’université et les enseignants concernés. « À Montpellier il y a 80 000 étudiants. Personne ne nous fera croire qu’on ne peut pas accueillir 30 ou 40 étudiants de plus », assène Fabien Bon. « L’an dernier, on a fait inscrire une trentaine d’étudiants sur les deux universités grâce aux démarches de recours et 14 via les mobilisations auprès des enseignants et des présidences d’université », rappelle-t-il.

  • Hérault : Mesquida craint de perdre la main en 2026

    Hérault : Mesquida craint de perdre la main en 2026

    Un budget primitif 2025 formellement à l’équilibre mais une trajectoire financière non soutenable. » Ainsi se conclut le rapport définitif de la Chambre régionale des comptes (CRC), qui vient de tirer le signal d’alarme au sujet des finances héraultaises.

    Qualifiée par les magistrats financiers de « saine » en 2022 avec des « ressources importantes et dynamiques lui permettant de faire face aux dépenses et de dégager une épargne brute (238 ME) ainsi qu’une dette maîtrisée (568 millions d’euros) », la situation comptable du Département de l’Hérault s’est dégradée en 2023, tendance aggravée l’an passé. Si bien qu’au printemps dernier, pour être équilibré, le vote du budget 2025 avait déjà dû être décalé après plusieurs ajustements comptables. « Aucun chantier nouveau n’a été lancé en 2025. On a raboté l’aide aux communes (hors fonds spécial). On a diminué les subventions dans le sport, la culture (compétences non obligatoires)… On a fait ce qu’il fallait, y compris dans nos services, avec -16% de masse salariale. Des contrats ne sont plus remplacés ni les départs à la retraite », liste le président Kléber Mesquida (DVG).

    Des efforts conjoncturels jugés « structurellement insuffisants » par la CRC. Sans une inversion de trajectoire, l’instance qui veille à la bonne utilisation des deniers publics pourrait, sur décision préfectorale, prendre la main sur l’exercice budgétaire 2026. « Le budget est mis sous contrôle si le déficit est égal ou supérieur à 5% du budget (environ 1,5 milliard d’euros) », précise le président héraultais, actuellement à la recherche de 53 millions d’euros pour redresser une épargne nette devenue négative (-21 ME) et stopper l’hémorragie de la dette (830 ME).

    Trahi par l’État

    Conscient du risque qui aurait pour conséquence la fin des dernières aides non obligatoires à l’aide sociale, aux viticulteurs, à la culture ou au sport, Kléber Mesquida, pour avoir alerté à maintes reprises, s’agace des conclusions des magistrats financiers. « Ils viennent nous voir et ne comprennent pas comment on en est arrivé là. Un enfant de 6 ans pourrait le comprendre. » Outre que 80% des Départements français sont dans le rouge, le président rappelle que l’Hérault est le 4e le plus frappé par le chômage (10,3%) et le 7e le plus pauvre de l’Hexagone. Alors même qu’il accueille 12 à 15 000 habitants de plus chaque année. Ce qui accroît mécaniquement les dépenses sociales incompressibles (moyenne de 462 euros/habitant), qui constituent 72% du budget. En 2 ans, les allocations à l’enfance et à la famille ont ainsi flambé de 153 à 229 millions d’euros (ME).

    Un « effet de ciseau » puisque les recettes n’ont pas suivi. Sans levier fiscal, le Département est dépendant de l’État qui le malmène depuis trop longtemps. L’an passé, les restes à charge s’élevaient à 261 ME pour la collectivité contrainte de verser le RSA, la Prestation de compensation du handicap (PCH) et l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA). Au titre de la dotation compensatoire (-31 ME) et de la revalorisation des pensions (-20 ME), l’État a laissé une autre ardoise de 51 ME. Des mauvais coups qui ont coïncidé avec une « dégradation brutale » des recettes de 52 ME au titre des droits de mutation avec « l’écroulement du marché immobilier ».

    Alors quand il lit les réprimandes de la CRC au sujet de son choix de poursuivre certains investissements, Kléber Mesquida fulmine. « On n’a pas construit 3 collèges pour le plaisir, l’accueil posait problème. » Concernant le pôle dédié aux pompiers à Gignac, « après le drame de Gabian, il nous a été préconisé de former nos pompiers et la structure sera excédentaire ». Quant aux coûteux projets routiers (Lien, rocade de Béziers…) : « Les contrats étaient signés, on ne pouvait pas les stopper. Les pénalités nous auraient coûté plus cher. » Et Kléber Mesquida de conclure : « Si la Chambre prend la main sur le prochain budget, je ne vois pas où elle pourra gratter davantage. »