Tag: Hérault

  • Hérault : un nouveau lycée à Cournonterral à la rentrée 2026

    Hérault : un nouveau lycée à Cournonterral à la rentrée 2026

    Village situé à l’ouest de Montpellier, il a connu une nette augmentation de sa population également puisqu’entre 2016 et 2022, le nombre d’habitants est passé de 5 950 à 7 019.

    Le chantier du nouveau lycée a débuté en 2025 après plusieurs années de reports liés à l’achat des parcelles et aux autorisations administratives. L’ouverture de l’établissement est prévue pour septembre 2026.
    La Région annonce une capacité de 1 400 élèves
    et une surface de 17 000 mètres carrés.
    Il devrait proposer
    des formations professionnelles, techniques et générales, orientées vers les métiers du numérique et de l’informatique.

  • Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    Dans l’Hérault, plus de la moitié des bovins vaccinés

    S’il n’y a aucun cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans l’Hérault, la préfecture a mis en place, dès le 19 décembre, un plan pour contenir cette maladie s’attaquant aux vaches après que des foyers se sont déclarés dans l’Aude.

    Première étape, la mise en place d’une zone réglementée dans 18 communes de l’ouest de l’Hérault comprenant 120 bovins. « 100% des vaches ont été vaccinées dans cette zone. Sur l’ensemble du département, nous en sommes à 56% [au 5 janvier, Ndlr]. Nous espérons atteindre l’objectif de vacciner 75% des bovins de 95% des cheptels à la mi-janvier », détaille Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault. Une manière d’atteindre l’immunité collective. Car le département veut devenir un « cordon sanitaire » afin de stopper la propagation de la maladie.

    Pour ce faire, les services de l’État, de la Chambre d’agriculture et des cabinets de vétérinaires se plient en quatre pour vacciner les 5 420 bovins restants sur les 12 420 que compte l’Hérault. D’autant qu’atteindre tous les troupeaux n’est pas une chose aisée. « Dans le département, la moitié des élevages compte moins de 20 bovins, parfois des élevages semi-sauvages donc très durs à atteindre  », fait valoir Yann Louguet, directeur départemental de la protection des populations.

    60 000€ débloqués

    Un travail de fourmi mais nécessaire pour éviter l’abattage. « Personne n’a envie d’abattre son troupeau, c’est un drame. Éradiquer la maladie est donc primordial », soutient Jérôme Despey, président de la Chambre d’Agriculture 34 et de la FDSEA 34. Car la stratégie sanitaire mise en place dans les pays européens repose sur trois piliers : l’abattage du troupeau si une infection est détectée ; l’interdiction de mouvements d’animaux autour de 50 km d’un foyer ; la vaccination dans les 50 km d’un foyer.

    Les services de l’État ont donc voulu rassurer les éleveurs inquiets. « Il n’y a aucune suspicion et aucun cas signalé dans l’Hérault », confirme Jérôme Despey. Un fonds de 60 000 euros a d’ailleurs été mis en place afin de prévenir de potentiels préjudices liés à l’export. Seule ombre au tableau, la prolifération de fake news. « Nous avons besoin de faire preuve de pédagogie, les réseaux sociaux nous tuent. Des fausses vidéos générées par l’IA sapent le travail des chercheurs, des épidémiologistes », soupire Aude Geiger, en charge de la filière élevage à la Chambre d’agriculture.

  • [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    [Entretien] Katia Le Goaziou : « Cette croissance va s’essouffler à partir de 2040 avec l’effet post baby-boom »

    La Marseillaise : Quelles raisons à la forte croissance dans l’Hérault qui reste pauvre ? Est-elle soutenable ?

    Katia Le Goaziou : L’Hérault a le 3e plus fort taux de croissance de France. Entre 2017 et 2023 l’attractivité s’accroît comparé à 2012-2017. Le solde naturel s’érode moins vite qu’ailleurs mais l’essentiel de cette croissance est portée par des arrivées plus nombreuses que les départs (solde de +1,1%/an au lieu de +0,9%). Le dynamisme est à Montpellier et dans sa métropole, sur le littoral (intercommunalités de Sète et Béziers). On observe une forte attractivité et un solde naturel positif car la population y est plus jeune. La croissance concerne aussi des communes plus petites sur l’axe Montpellier-Nîmes, c’est un phénomène de périurbanisation. À Montpellier, l’attractivité s’explique essentiellement par la classe des 18-24 ans (12 000 arrivées pour 7 600 départs). Ce sont souvent des étudiants. Aux âges de la vie active, les populations s’installent plus dans l’agglo (St Jean-de-Védas +4,9%, Castelnau-le-Lez +4,1% qui bénéficient des axes de transport, d’effets de rattrapage sur le logement…) ou en 2e couronne en raison de la pression foncière et du ralentissement de la construction de logements (7 500 en 2017, 2 200 en 2024). Les retraités viennent plus sur le littoral vers l’Aude et les P-O.

    Cette croissance est-elle soutenable ?

    K.L.G. : Si les jeunes restent c’est qu’il y a du travail. L’emploi, tourné vers la sphère présentielle (commerces, services) et productive (industrie, recherche), est assez dynamique mais pas assez pour absorber les arrivées, d’où un chômage élevé. À l’avenir, ce ne sera plus suffisant pour compenser le différentiel naissances/décès. Avec l’effet post-baby boom, on aura un mur démographique qui fera que cette croissance va s’essouffler peu à peu à partir de 2040.

    D’où viennent les dynamiques récentes de Sète et Béziers ?

    K.L.G. : Béziers est plutôt en bonne croissance qui ralentit avec la baisse des naissances, d’où une dynamique assez stable. Cela signifie que le profil des arrivants est probablement plus âgé qu’à Montpellier. La commune est à +0,9%/an contre +1,1% sur la période précédente. Pareil sur l’agglomération où on peut noter la forte croissance de Sérignan (+3,6%/an). Sète perdait des habitants (-0,6%/an) et en gagne depuis 2017 (+0,8%) alors que le solde naturel s’est creusé depuis 2012. Le nombre de constructions reste à Sète relativement faible. Par contre le nombre de logements vacants a baissé : 2 654 en 2016, seulement 1 850 en 2022. Il y a eu un effort particulier pour résorber la vacance. Dans le sens inverse, il y a aussi une concurrence avec le marché des résidences secondaires : 21% des logements en 2022.

    Le Gard continue aussi sa croissance mais ce n’est pas trop Nîmes qui la tire…

    K.L.G. : Dans le Gard, le solde naturel est nul donc la croissance se maintient (+0,6%/an) grâce aux arrivées. Elle est notable à Alès et autour, au pays de Sommières en limite de l’Hérault grâce à l’aire d’attraction de Montpellier qui déborde vers le Gard et autour de Nîmes. La croissance de la ville centre est quasi nulle (+0,1%/an) mais celle de son agglo est plus élevée (+0,4%/an) mais ralentit avec la baisse des naissances et la hausse des décès. Des gens préfèrent habiter à proximité pour un meilleur cadre de vie. À Nîmes, il y a une forte polarisation de l’espace entre quartiers riches et très pauvres.

    Pourquoi la tendance s’est totalement inversée à Alès ?

    K.L.G. : La ville d’Alès croît beaucoup (+2,3%/an) et l’agglo (+1%/an) également. C’est beaucoup car le solde naturel est négatif. Entre 2012-2017 et 2017-2023, on a gagné 1 point en composante migratoire. C’est une zone qui va croître très fortement. Pour comprendre, ces trajectoires de Nîmes et d’Alès, il faut regarder sur une plus longue période. Il y a des effets de rattrapage sur des programmes de construction ou autres. Depuis les années 90, la population de Nîmes augmentait de façon continue et se stabilise. À Alès, la population était stable voire en légère baisse et augmente d’un seul coup fortement. Au final, depuis 1990, Nîmes a grandi de 18% et seulement Alès de 12 %. Sur long terme, ça s’équilibre. Les tendances peuvent aussi s’expliquer par certains choix d’acteurs publics locaux.

  • L’art brut, verso du monde ordinaire

    L’art brut, verso du monde ordinaire

    Composée de 60 œuvres originales, mêlant des supports et des médiums variés, cette exposition donne à voir des univers singuliers et sans filtre : ceux d’ouvriers, comédiens et techniciens des Esat Ateliers Kennedy et La Bulle Bleue, structures où des personnes en situation de handicap travaillent dans un cadre protégé. Depuis 2021, ces travailleurs participent aux ateliers créatifs animés par l’artiste Mathieu Renault dans le cadre du dispositif de l’Adpep 34 (Association départementale des pupilles de l’enseignement public de l’Hérault). « On ne cherche pas une orthodoxie des gestes », assure l’artiste. Les œuvres exposées donnent accès à des univers intérieurs bruts, qui ne cherchent pas à rentrer dans des cases sociales ou académiques. L’exposition bouscule ainsi la hiérarchie implicite entre art « légitime » et création populaire, questionnant les normes qui définissent ce qui mérite ou non d’être exposé, ou ce qui relève du « monde ordinaire », ou non…

    À voir jusqu’au 12 février, à l’espace Saint-Ravy.

    Entrée libre.

  • Une nouvelle mosquée va être construite à Montpellier

    Une nouvelle mosquée va être construite à Montpellier

    C’est une initiative qui s’inscrit dans le grand projet de transformation du quartier de la Mosson. Début décembre, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, Cédric Grail, directeur général de la société d’aménagement de la Métropole SA3M et Ahmed Bouzaoui, président de l’association cultuelle de la Miséricorde (ACDM), qui gère la mosquée du même nom dans le quartier de la Mosson, ont procédé à la signature de deux promesses de vente.

    Une plus grande superficie

    La première va permettre à l’ACDM d’édifier une nouvelle mosquée avenue de Barcelone, sur le site de l’ancienne Tour Catalogne détruite il y a plus de 15 ans. La seconde permettra à la SA3M d’acquérir les locaux actuels de la mosquée, situés dans l’immeuble Font Del Rey. Cette copropriété de sinistre mémoire, qui doit être démolie en 2028, était devenue le symbole du logement indigne exploité par les marchands de sommeil. À l’automne 2023, la Ville de Montpellier s’était portée partie civile, aux côtés de la Fondation pour le logement des défavorisés (ex-fondation abbé Pierre) et de l’association montpelliéraine Habiter Enfin, dans une procédure contre les anciens propriétaires de la résidence. Lesquels ont écopé, en première instance, de peines de prison de 12 et 6 mois avec sursis.

    D’une superficie de 1 000 m² contre 700 m² actuellement, la nouvelle mosquée, dont l’inauguration est prévue en 2028, pourra accueillir 800 personnes (contre 486 aujourd’hui). Elle sera édifiée face à un projet d’équipement de santé de proximité, actuellement en cours d’élaboration avec des professionnels de santé du territoire. « Je suis très engagé en faveur de la laïcité et très intransigeant quand le religieux veut imposer ses vues. Mais par contre, je suis très attaché à ce que chacun puisse être respecté dans sa foi. (…) Les fidèles doivent avoir des lieux de culte adaptés pour que chacun puisse vivre sa spiritualité », a réagi Michaël Delafosse.

  • Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Dans l’Hérault, pas de plan grand froid mais plus de moyens

    Parfois, quand je tends un café chaud à un habitué de nos maraudes, que je discute avec lui cinq minutes, je me demande si ce n’est pas notre dernière conversation parce qu’il est annoncé des températures horribles la nuit. Il faut s’accrocher face à la détresse humaine qu’on croise », soupire Céline Bouloc. La présidente de l’association Action froid à Montpellier est plus qu’inquiète en ce qui concerne les personnes dormant à la rue. Voilà maintenant plusieurs jours qu’une vague de froid s’abat sur l’Hexagone et n’épargne pas Montpellier. Preuve en est, le mercure est négatif la nuit et le ressenti peut atteindre
    -6 °C. Le drame est arrivé le 30 décembre dernier à Montpellier : un jeune homme de 29 ans est décédé à cause du froid. La vague de froid perdurant, la préfecture a décidé d’agir. « Des moyens humains, des équipements spécifiques (sacs de couchage grand froid) et des capacités d’accueil ont été mobilisés en renfort, dès le 31 décembre », fait savoir la préfecture.

    70 places débloquées

    Aussi, avec la Ville de Montpellier, un accueil de nuit a été ouvert le 4 janvier. « Dès la fin de la matinée, le Samu et le SIAO nous avaient fait remonter que les conditions étaient difficiles, les gens étaient en souffrance. Le maire a donc discuté avec la préfète – l’hébergement inconditionnel est une compétence de l’État – afin d’ouvrir un lieu d’hébergement exceptionnel. Nous avons donc équipé le gymnase Emmanuel-Gambardella en 1 heure avec la Croix Rouge », détaille Michel Calvo, adjoint aux solidarités de la Ville de Montpellier. Le même dispositif avait été mis en place lors de l’épisode cévenol de la fin décembre. Ainsi, 33 personnes dont une femme ont été accueillies le premier soir sur une capacité de 70 places. À l’heure où La Marseillaise mettait sous presse, la mesure était maintenue a minima jusqu’au 8 janvier.

    Mais là où le bât blesse, c’est que la préfecture n’a pas déclenché le plan grand froid – la température doit être en dessous de zéro même en journée – au grand dam des associations. Pourtant, le plan aurait permis une mobilisation générale afin de trouver des places d’hébergement supplémentaires. « Ce qui m’inquiète, c’est qu’après le 8 janvier, on ne va pas retrouver des températures de 20 degrés, qu’est-ce qu’on va faire ? Comme on n’active pas le plan grand froid, en journée, les sans-abri n’ont pas de lieu de repli. Quand il fait 2 ou 3 degrés, nous, nous avons des vêtements chauds, un foyer avec un minimum de chauffage mais ce n’est pas leur cas », poursuit Céline Bouloc. Pour maintenir la pression et tirer la sonnette d’alarme, des rassemblements quotidiens sont organisés par plusieurs associations à 18h devant les grilles de la préf.

    En ligne de mire, l’objectif est de faire bouger les lignes. « On veut vraiment une municipalité, une préfecture qui s’engagent pour ouvrir un gymnase, mettre les moyens et faire en sorte que ça puisse être pérennisé sur une semaine ou plus en fonction des besoins », soutient la présidente d’Action froid de Montpellier. Une solution pour répondre à l’urgence, avant de mettre les bouchées doubles pour pallier la situation. « Il faut absolument qu’il y ait un peu plus de moyens financiers mis au service du secteur du social. Qu’il y ait plus d’éducateurs, qu’on puisse avoir plus de temps de prise en charge. Car on croise beaucoup de jeunes qui viennent de l’aide sociale à l’enfance. Passé 18 ans, on sait qu’ils sont foutus à la porte parce qu’il n’y a pas de solution pour la suite. Ces jeunes-là se retrouvent donc dans la rue et malheureusement, il n’y a pas de structure d’hébergement qui a la capacité de prendre du temps pour les écouter, pour les réinsérer. Or leurs parcours sont chaotiques : on croise des personnes en grande fragilité psychique, des gens en situation de handicap, en fauteuil roulant », se désole Céline Bouloc.

    Un travail effectué en majeure partie par des bénévoles qui manquent de bras. Un risque que la situation empire ?

  • Huîtres interdites à la vente : crise sanitaire, crise de confiance

    Huîtres interdites à la vente : crise sanitaire, crise de confiance

    À Thau, la crise est devenue une triste habitude. Fin décembre, un arrêté préfectoral tombe : la récolte et la commercialisation des huîtres, moules et palourdes issues de la lagune sont suspendues. En cause : la présence de norovirus, « après plusieurs cas de toxi-infections alimentaires collectives », précise la préfecture. La contamination serait « très probablement » liée aux fortes pluies de décembre et aux crues exceptionnelles qui ont charrié des eaux usées dans le bassin.

    Des aides nationales

    à court terme

    Sauf que cette décision, prise au cœur des fêtes, frappe une filière déjà fragilisée. 10% de la production nationale, 3 000 emplois directs et indirects : ce territoire vit grâce à la conchyliculture. Ce nouvel arrêt ressemble à une gifle. D’autant que la fermeture concerne les coquillages récoltés après le 19 décembre, et que les rappels produits, les alertes répétées et la médiatisation des « huîtres contaminées » installent la méfiance chez les consommateurs.

    Pour Fabrice Grillon, directeur du Comité régional de conchyliculture de Méditerranée (CRCM), le choc est double : économique et politique. « Nous avons appris que 20 mm de pluie avaient suffi à provoquer des débordements et une contamination au norovirus », explique-t-il. Et d’ajouter : « Il y a une vraie stupéfaction. Comment, en 2026, des réseaux débordent encore ? » Patrice Lafont, président du CRCM, a indiqué avoir déposé plainte lundi 6 janvier pour « mise en danger des consommateurs » et « contamination du milieu », afin que la lumière soit faite sur l’origine de la contamination et pour « obtenir la reconnaissance du préjudice » de cette « fermeture dévastatrice ».

    La réunion de crise en préfecture, tenue le mardi 6 janvier au soir, a au moins permis d’obtenir des premières mesures. Face à la tempête sociale, l’État et les collectivités ont annoncé des aides d’urgence. Parmi elles : exonération des redevances portuaires (environ 120 000 euros), année blanche pour le traitement des déchets conchylicoles (soit 1 million d’euros), étalement des dettes fiscales, possibilité d’extension des prêts garantis par l’État sur quatre ans supplémentaires, remises gracieuses de taxe foncière, réouverture du guichet d’indemnisation lié à la malaïgue, avec barème enfin révisé. Fabrice Grillon salue la rapidité d’action : « Ces aides financières, c’est du concret, et cela va aider les entreprises à encaisser le choc. » Mais il prévient aussitôt : « L’impact ne s’arrêtera pas fin janvier. L’aide financière ne peut suffire au long terme. »

    Car l’essentiel reste sans réponse : comment éviter que cela ne recommence ? Le problème est en effet structurel. Si l’on en croit F. Grillon, les collectivités ont investi contre le risque microbiologique. Pas assez contre le risque virologique. Résultat : à chaque épisode pluvieux, la menace revient. Et derrière les chiffres, il y a des vies : producteurs ruinés, trésoreries à sec, saison gâchée. L’État promet des aides, mais la seule urgence ne peut être financière. Il faut sécuriser la production : revoir les réseaux unitaires, anticiper le pluvial, optimiser la station d’épuration, développer les unités de mise à l’abri. À l’heure où l’on subventionne à coups de milliards l’agro-industrie exportatrice, la filière de Thau demande simplement de pouvoir travailler durablement, sereinement, dignement.

    « Midi Libre » attaqué

    Lundi 5 janvier, une cinquantaine d’ostréiculteurs ont incendié le portail du siège de nos confrères de Midi Libre pour protester contre la couverture de la crise sanitaire. Le SNJ et la Sojomil dénoncent une « tentative d’intimidation » et rappellent que la critique passe par le débat, pas par la violence. F. Grillon souligne le« mal-être » de la filière et se défend d’une attaque contre la presse. Mais rien ne justifie de s’en prendre aux journalistes : la liberté d’informer reste une ligne rouge.

    A.J.

  • Appel à des « ratonnades » : le procès de F. Médina reporté

    Appel à des « ratonnades » : le procès de F. Médina reporté

    La demande de renvoi du dossier formulée par le nouvel avocat de Florence Médina ayant été acceptée, le procès en appel, qui devait se tenir ce 5 janvier devant la Cour d’appel de Montpellier, est reporté au 1er juin.

    L’Héraultaise, ex-candidate du parti d’extrême droite Reconquête d’Éric Zemmour aux législatives de 2022, a été condamnée en novembre 2024, par le tribunal correctionnel de Montpellier, à quatre mois de prison avec sursis, trois ans d’inéligibilité et un stage de citoyenneté pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».

    Au lendemain de la mort du jeune Thomas, lycéen poignardé lors d’un bal à Crépol, dans la Drôme, en novembre 2023, Florence Médina s’était exprimée en ces termes, sur son compte Facebook : « Si c’est la guerre que les racailles veulent ils vont l’avoir. Dans les années 80 il existait des ratonnades – au risque de choquer – on peut recommencer mais nous ne laisserons pas nos enfants se faire assassiner lâchement par des racailles en surnombre et armés. » Des propos sans équivoque dont la mise en cause s’entête toutefois à dénier le caractère raciste.

    « La mort du jeune Thomas a eu un retentissement national, qui a donné lieu à de nombreuses joutes politiques. Certaines personnalités ont jeté de l’huile sur le feu, dont madame Médina qui, c’est ce qui lui est reproché, a appelé une ratonnade, une vendetta, alors qu’une enquête était en cours et qu’on ignorait précisément qui avait fait quoi et pourquoi », dénonce Me Nicolas Gallon, avocat du Mrap (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), partie civile dans ce dossier aux côtés de SOS racisme et de la Ligue des droits de l’Homme. « C’est d’autant plus grave que cet appel a été suivi d’effets, puisque des groupuscules d’extrême droite, notamment de la région montpelliéraine, se sont rendus sur place dans le quartier populaire d’où venaient les prétendus jeunes ayant commis l’assassinat, pour appeler à un tabassage », poursuit Me Gallon. Pour lui, « il est évident qu’en plus d’appeler à la vengeance privée et à la violence, ces propos sont dirigés contre les populations maghrébines. Chacun sait à quoi renvoie le terme de ratonnade. On a par ailleurs, dans ses propos, une opposition entre population française et population étrangère quand elle écrit, par exemple : “Qui va danser avec des couteaux dans les poches à part les racailles qui veulent planter du « Français » ” ? »

    « Les militants d’extrême droite expliquent toujours que ces procès sont des atteintes à leur liberté d’expression. En réalité c’est un discours qui permet de dire tout et n’importe quoi, de s’attaquer à quiconque et de tenir des propos racistes dans l’impunité la plus totale », dénonce l’avocat du Mrap, qui se dit confiant pour le procès en appel. Et rappelle au passage que « le parti Reconquête, auquel appartenait madame Médina, est le seul à avoir inscrit dans son programme la suppression du délit d’incitation à la haine raciale… » Zemmour ayant lui-même été condamné plusieurs fois pour provocation à la haine ou injure à caractère raciste.

  • Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Des rassemblements pour soutenir le peuple vénézuélien

    Après l’agression impérialiste des États-Unis envers le Venezuela – qui a conduit à l’enlèvement du couple Maduro et des dizaines de morts à la suite de bombardements – la scène internationale semble être revenue au siècle dernier, où dominaient l’usage de la force et les logiques guerrières. Face à cette régression, plusieurs organisations* appellent à des rassemblements** dans l’Hérault, le 10 janvier. « Nous condamnons fermement l’agression américaine. C’est une menace pour la paix au niveau mondial. Nous ne voulons pas d’une nouvelle guerre mondiale dont les conséquences seraient encore plus dévastatrices que celles que nous avons connues dans le passé du fait des arsenaux nucléaires des États », soutient Alban Desoutter, de la Libre Pensée 34.

    Les arguments mis en avant par Washington – présentant Maduro comme un narcotrafiquant – pour justifier son agression ne passent pas. « Le seul but de cette agression est une captation des richesses [le Venezuela dispose du plus grand stock de pétrole au monde, Ndlr]. Une fois de plus, ce sont les travailleurs et le peuple vénézuélien qui vont se retrouver au milieu d’une guerre qu’ils ne veulent absolument pas. Deux choses sont possibles pour la CGT : la paix et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », fait valoir Myriam Rivoire, secrétaire CGT de Montpellier. L’occasion également, lors de ces rassemblements, de réaffirmer la solidarité avec le peuple vénézuélien face à la volonté des États-Unis de mettre sous tutelle le Venezuela.

    Surtout, le comportement tyrannique de Donald Trump est dénoncé avec véhémence. « De quel droit les États-Unis se permettent de juger Maduro ? On considère Orban [le président de la Serbie] comme un dictateur. Pour autant, est-ce que ça nous donne le droit de l’enlever et de le juger sur le sol français ? », s’indigne Francis Viguié, de la Carmagnole. D’autant que Washington n’en est pas à son coup d’essai. « Si l’on compare la situation avec l’Irak en 2003, on est dans la même logique : l’invasion sans mandat des Nations unies – les États-Unis l’avaient au moins demandée – d’un pays pour s’accaparer ses ressources pétrolières. Depuis 2003, le Proche et Moyen-Orient sont profondément déstabilisés. On peut avoir les pires craintes sur l’Amérique du Sud », redoute Nicolas Cossange, secrétaire PCF de l’Hérault. Et au regard de ses dernières déclarations très atlantistes, ce n’est pas Emmanuel Macron qui fera bouger les lignes. La rue alors ?

    *Libre pensée, la Carmagnole, LDH, le Mrap, PCF, LFI, CGT, FSU, Révolution permanente, l’Après, Rencontres Marx, Jeunes communistes de France, NPA, FO, Gauche écosocialiste.

    ** à 15h à Montpellier (Place Albert-1er), à Béziers (rond point Gagarine), à Sète (place de la mairie), à Pézenas (Place de la République), à 11h à Bédarieux (devant la mairie).

  • L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’Occitanie grandit deux fois plus vite que la France

    L’équivalent d’une ville comme Alès ! Chaque année entre 2017 et 2023, l’Occitanie qui a dépassé les 6,1 millions d’habitants, a accueilli en moyenne 46 600 habitants supplémentaires. La 3e croissance démographique (+0,8%/an) derrière la Guyane et la Corse, deux fois supérieure à celle de l’Hexagone (+0,4%/an).

    Décrypté dans la dernière étude de l’Insee, le phénomène n’est pas nouveau mais se confirme de décennie en décennie. Il s’explique par les migrations (+0,9%/an), le fait que les arrivées en Occitanie sont très supérieures aux départs. Car le solde naturel est lui désormais négatif (-0,1%/an), c’est-à-dire que l’Occitanie compte plus de décès que de naissances.

    Non sans disparités, la croissance est quasi générale. 11 départements sur 13 voient leur population croître, seuls l’Aveyron et la Lozère perdent quelques habitants (-0,1%/an). Dans les P-O (496 855 habitants, +0,8%/an) et le Gard (770 940 hab, +0,6%), la croissance est soutenue, portée par les dynamiques, parfois nouvelles, des grandes villes : Alès (46 125 habitants, +2,3%/an), Perpignan (121 616 hab, +0,2%) ou dans une moindre mesure Nîmes (151 839 hab, +0,1%).

    Deux locomotives

    Les deux locomotives régionales restent incontestablement la Haute-Garonne (second département de France le plus dynamique avec 1 471 468 habitants, +1,3%/an) et l’Hérault (1 230 289 hab, +1,2%), où le solde naturel y est aussi excédentaire, essentiellement grâce à leurs deux métropoles Toulouse (514 819 habitants, +1,2%/an) et Montpellier (310 240 habitants, +1,4%). Entre leurs universités, leurs organismes de recherche et leurs entreprises (aéronautique, informatique, tertiaire…), les deux mastodontes attirent notamment les jeunes étudiants et travailleurs. Ce n’est pas le cas de toutes les grandes villes : « La population diminue à Paris, est quasiment stable à Lyon et augmente modérément à Marseille », insiste l’Insee. La dynamique qui s’accroît à Toulouse et Montpellier s’étend aussi à leur couronne. La croissance est d’ailleurs encore plus forte dans les aires urbaines (respectivement +1,4%/an et +1,6%) que dans les villes centres.

    Signe d’un « étalement urbain » toujours à l’œuvre malgré la loi Zéro artificialisation nette (ZAN) des sols, la population continue aussi d’augmenter dans les espaces ruraux périurbains, les communes rurales y étant « sous influence » des grandes villes. À l’image de Sète (45 337 habitants, +0,8%/an), d’Alès (46 125 hab, +2,3%) ou de Frontignan qui ont inversé leur tendance passée à la décroissance ou à la stabilité, « la population est plus nombreuse dans la quasi totalité des communes de plus de 20 000 habitants ». La hausse reste soutenue mais ralentit à Béziers (81 545 habitants, +0,9%/an) ou Narbonne (57 587 hab, +0,9%). Enfin, en raison des migrations, l’attractivité se renforce aussi dans les espaces ruraux non périurbains (+0,8%/an).

    « En Occitanie, la population augmente dans la quasi totalité des villes de plus de 20 000 habitants »