Tag: Hérault

  • Rolland Courbis quitte le terrain…

    Rolland Courbis quitte le terrain…

    Même aux portes de la mort, Rolland Courbis garde le sourire, le goût de l’échange à travers le foot, passion de l’une de ses vies. Affaibli par la maladie, doublée d’une infection pulmonaire, cet homme à la fierté exacerbée n’a jamais affiché ses souffrances. Comble d’une grande gueule revendiquée qui gardait pour lui ses tourments et n’exposait que sa bonhomie contagieuse.

    Jusque-là, ce Marseillais, né dans les quartiers Nord d’un père policier, a mené mille et une vies, entre désir de reconnaissance et goût de la marge, notamment pour le milieu marseillais.

    Cet ancien joueur et entraîneur s’est entiché du ballon rond, comme pour se sortir d’un milieu modeste et a parallèlement entendu souvent siffler les balles perdues, comme lors de l’assassinat de l’ex-membre de la Brise de mer Dominique Rutily.

    Par-delà ses fréquentations controversées, entre ombres et lumières, l’homme avait l’art de dépasser les limites des règlements au risque de se brûler les ailes, de passer deux séjours en prison à la suite de la caisse noire de Toulon ou du procès des comptes de l’OM.

    Joueur invétéré, au casino où il était interdit depuis 1990, et adepte de coups de poker sur tous les terrains, Rolland Courbis aimait vivre sur un fil, bannissait la routine et se plaisait à donner son avis même quand on ne le lui demandait pas. Ainsi, en parallèle de sa carrière, il était un consultant écouté de la radio RMC.

    Le Marseillais n’a rien fait pour soustraire Marseille à ses clichés. Il aimait parler, avec un goût avéré pour les bons mots, sur une antenne radio, un plateau télé et bien évidemment dans un vestiaire. Ses causeries résonnent dans les mémoires des joueurs qu’il a dirigés à Toulon, Bordeaux, Marseille ou encore à Montpellier, à deux reprises (2007-09, 2013-15), où sa gouaille méditerranéenne faisait écho aux entrailles de la Paillade.

    « J’avais un petit magnétophone et j’enregistrais ses causeries. Le soir, on les écoutait avec ma femme, avec des amis. C’était exceptionnel. On en avait les larmes aux yeux, c’était du Marcel Pagnol à l’état pur », raconte sur France Info, Laurent Paganelli, consultant pour Canal Plus et ancien joueur de Toulon, au début de Courbis au poste d’entraîneur.

    Rolland Courbis s’est éteint lundi 12 janvier à l’âge de 72 ans au bout d’une vie entre vices et vertus. Sans rien cacher des uns, ni minimiser les autres. Dix-sept jours après Jean-Louis Gasset, emblème de la Paillade, cet homme attachant et sulfureux laisse le foot français orphelin d’un acteur majeur. « C’était la gouaille, le soleil avec tous ses excès, quelqu’un qui connaissait le foot et l’aimait profondément. Un homme très attachant, truculent », résume Michel Mézy, décisif pour sa venue à Montpellier.

    Missions périlleuses

    Homme des missions périlleuses, Rolland Courbis a épargné à Montpellier deux relégations. L’une en National (3e division) en 2007, l’autre en Ligue 2 en 2014. Au-delà de ses sauvetages, il a réussi le pari de ramener le club présidé par Louis Nicollin en Ligue 1 le 29 mai 2009.

    Un soir où le stade de la Mosson a vécu une secousse tellurique, réveillé l’histoire de la Paillade et propagé une émotion à travers une victoire face à Strasbourg (2-1), « finale pour la montée », pour remettre le ballon rond au centre de la vie et de la ville de Montpellier.

    Un soir de tous les excès, de toutes les folies au bout d’un cheminement plutôt habile. Pendant deux ans, Rolland Courbis mène de front son rôle de consultant radio à RMC, ses ennuis judiciaires dans l’affaire des comptes de l’OM et recompose l’effectif de Montpellier, par la confiance faite aux jeunes (Aït-Fana, Yanga-Mbiwa, Saïhi, Jourdren…) et un recrutement inspiré (Camara, Marveaux, Costa, Dzodic, Bocaly…). Il le ramène au sommet au bout d’une saison épuisante et se retire sans bruit « pour mieux régler ses ennuis judiciaires ».

    Ce 29 mai 2009, Rolland Courbis met fin à « l’anomalie de voir Montpellier en Ligue 2 », mais gagne aussi du temps sur ses beaux lendemains. Il remet le club héraultais en état de marche. De marche avant. Avec l’émergence impromptue de la génération Gambardella (Belhanda, Cabella, Stambouli…), Montpellier, avec René Girard comme successeur, va connaître une parenthèse enchantée. Et la plus faste période de son histoire. Avec une qualification européenne, une finale de la Coupe de la Ligue devant l’OM et surtout un titre de champion de France, suivi d’une aventure unique en Ligue des champions.

    Un peu plus de quatre plus tard, Rolland Courbis revient à Montpellier pour soigner les séquelles post-titre. Il succède à Jean Fernandez, éphémère technicien, pour restaurer un équilibre fragile et fragilisé par un départ ubuesque où il a beaucoup perdu. Peu avant la trêve hivernale, faute d’une garantie sur le renouvellement de son contrat, il est parti, prétextant une fatigue, avant de rebondir trois semaines plus tard à Rennes.

    Courbis a scellé le divorce avec Montpellier, et en particulier son président Louis Nicollin, dans un fracas incompréhensible. Les deux hommes avaient noué leur relation à la mi-temps d’un match de légende. Le 22 août 1998 au stade Vélodrome. À la sortie du vestiaire, Courbis, entraîneur d’un OM mené 0-4 par l’équipe de Gasset, croise Nicollin et prophétise une remontée. « Ça, c’est des couilles », rétorque Loulou. Avec un sourire partagé.

  • L’étau se desserre autour des finances du Département de l’Hérault

    L’étau se desserre autour des finances du Département de l’Hérault

    Depuis plus d’un an, que la Chambre régionale des comptes prenne la main sur les finances du Département de l’Hérault est une épée de Damoclès qui reste sa hantise. « Ils supprimeraient toutes les dépenses non obligatoires comme les forestiers sapeurs », insiste Kléber Mesquida.

    Mardi 13 janvier, au moment de souhaiter ses vœux à la presse, le président héraultais semble pourtant moins préoccupé que l’an passé, où il manquait 103 millions d’euros dans les caisses pour boucler le budget. Le regain inattendu du marché immobilier y est pour beaucoup : les droits de mutation ont rapporté 293 millions d’euros (ME) à la collectivité contre à peine 242 en 2024. Les coupes dans certains budgets (comme celui de la culture), la mutualisation dans les services, la non-reconduction de certains CDD et la fin du renouvellement systématique des départs à la retraite des fonctionnaires a fait le reste.

    De sorte que si l’État ne baisse pas sa dotation globale de fonctionnement, l’Hérault devrait pouvoir voter un budget 2026 en équilibre le 31 mars. Grâce au fonds de sauvegarde, l’aide aux communes devrait être à peu près maintenue. L’exercice d’équilibriste n’en reste pas moins une prouesse. Kléber Mesquida rappelle que dans un département qui gagne 15 000 habitants par an, le reste à charge annuel dû à la non-compensation des charges transférées par l’État (RSA, Allocation personnalisée d’autonomie, Prestation de compensation du handicap, 6 961 enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance au lieu de 2 937 en 2020…) s’élève à 260 ME !

    Appel au privé à Bayssan

    Pas question de faire de folies en 2026. Aucun nouveau marché public ne devrait être ouvert. Mais les investissements lancés (rocade de Béziers, Lien…) seront poursuivis. « On fera face aux chantiers en cours et aux besoins de sécurité, pas de confort », précise l’ancien socialiste en pensant notamment à l’aménagement des collèges. Le Département n’a pas non plus renoncé à son grand projet de jardins de la Méditerranée et de pavillon des vins héraultais au domaine de Bayssan, à Béziers. En manque de fonds publics, « on a lancé une recherche de partenariats (privés), de mécénat », glisse le président qui espère 500 000 visiteurs annuels. « On doit booster l’économie dans le triangle Béziers/Agde/Pézenas, qui est le plus pauvre de l’Hérault ».

    Pour soutenir les conchyliculteurs, au-delà des exonérations de redevances sur les ports, K. Mesquida propose de « mettre à l’abri les huîtres dans les mas conchylicoles non utilisés ». Au printemps, il attend avec impatience l’inauguration de la 3e caserne de pompiers de Montpellier et espère fin avril le label Unesco tant convoité pour le Géoparc. « Le jury nous a dit que notre dossier était bon », révèle-t-il, confiant.

    Inquiet de la montée du RN et d’entendre qu’« on ne les a jamais essayés », K. Mesquida « craint » le scénario de Législatives couplées aux Municipales (15-22 mars). Enfin, il se dit favorable à un nouvel acte de décentralisation. À condition que l’État mette (enfin) la main à la poche.

  • Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    Recensement 2026 en Occitanie : compter pour mieux décider

    La période de recensement de la population a démarré ce jeudi 15 janvier en Occitanie. Un rendez-vous discret mais essentiel pour la vie démocratique et l’action publique, qu’a tenue à rappeler l’Insee lors d’une conférence de presse. Car derrière les questionnaires et les passages de recenseurs, c’est toute la photographie sociale du territoire qui se dessine.

    « Notre objectif est d’abord de nous compter. Et ensuite de nous connaître », a résumé Alexandre Gautier, directeur de l’Insee Occitanie. Logement, niveau d’études, mobilité, structure des ménages : les données collectées servent directement à orienter les politiques publiques locales.

    Plus de 350 textes législatifs

    Le recensement est d’ailleurs « un acte civique obligatoire, qui profite à tous ». Concrètement, l’opération dure quatre semaines dans les communes de moins de 10 000 habitants, cinq semaines dans les plus grandes. En Occitanie, 600 000 logements répartis dans 949 communes sont concernés, avec la mobilisation de 2 653 agents recenseurs.

    Les conséquences sont très concrètes. « Il régit les dotations de l’État aux communes, le nombre d’élus locaux, le nombre de pharmacies », rappelle Nadine Jourdan, cheffe du service statistique régional. Le recensement permet aussi d’adapter les équipements publics : écoles, transports, logements, services de santé. Katia Le Goaziou souligne que ces données sont précieuses pour comprendre les évolutions de la population, des familles ou encore du vieillissement. La majorité des habitants répondent désormais en ligne – près des trois quarts – mais un formulaire papier reste disponible. Les agents recenseurs sont identifiables grâce à une carte officielle tricolore. Et l’Insee insiste : la démarche est gratuite, obligatoire, déclarative et strictement confidentielle.

  • Vers une union des gauches et des démocrates à Béziers ?

    Vers une union des gauches et des démocrates à Béziers ?

    Pour la première fois depuis l’élection de Robert Ménard en 2014, l’extrême droite partira divisée dans la cité de Riquet. L’adepte des plateaux télés aura face à lui Julien Gabarron, député RN de la sixième circo et secrétaire départemental du RN. Un air de deuxième round puisque ce dernier a battu Emmanuelle Ménard dans la course au Palais Bourbon. Sauf qu’un récent sondage – commandé par Omar Harfouch, proche copain de Ménard – place l’édile à 61% et Gabarron à 10%.

    Un score qui inquiète le Printemps de Béziers, liste regroupant 12 partis de gauche. « On n’est pas dupe sur ce sondage. Si Ménard est donné gagnant, il a moins de voix qu’en 2020 et les forces anti-extrêmes [le Printemps de Béziers, LFI et Thierry Mathieu, Ndlr] progressent. Il y a une dynamique encourageante donc nous lançons un appel à l’union », fait valoir Thierry Antoine, tête de liste du Printemps. Les négociations sont donc ouvertes. Bien que Thierry Mathieu « respecte l’appel à l’union », le conseiller régional de la majorité de Carole Delga se veut « dans une démarche locale, humaniste, républicaine » et fixe trois priorités : sécurité, éducation, emploi. Une priorité sur la sécurité pouvant faire écho à la proposition du Printemps de mettre en place des équipes de médiation et de sécurité dans les quartiers. « Il y a des différences entre nos listes, mais c’est normal, nous en avons aussi au sein du Printemps. On peut discuter et trouver des solutions », espère Thierry Antoine. LFI a dévoilé ses premières mesures pour Béziers, au premier rang desquelles, la démocratie participative. « Nous organiserons des réunions publiques en amont des conseils municipaux pour que les citoyens nous fassent remonter leurs avis sur des propositions. Nous étudions la possibilité que des questions soient posées par les Biterrois lors des conseils », développe David Ocard, tête de liste.

    Des années pour

    un logement social

    Vient ensuite le logement, dans une ville paupérisée où plus de la moitié des enfants de moins de 11 ans vivent dans un ménage pauvre. « Le logement est un problème et surtout le logement social. Les habitants nous ont fait remonter des problèmes de plomberies, de volets cassés, de présence de rats. Et il y a des problèmes d’effectifs à l’OPH Béziers [le bailleur social, Ndlr], ce qui fait que les gens attendent plusieurs années pour un logement social », détaille Wissal El Jarrary. Sur l’union, des discussions avaient déjà été entamées avant la naissance du Printemps, selon LFI. « Nous leur avons proposé un programme de rupture avec une tête de liste LFI mais ils ont refusé. S’ils sont d’accord sur ces deux conditions, nous pouvons être ouverts à l’union », détaille Wissal El Jarrari, numéro 2 de la liste. Face à cette possibilité de faire tomber l’extrême droite, la gauche doit désormais prendre ses responsabilités.

  • Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Investie par le RN à Montpellier, France Jamet veut « sortir de la dictature écologiste »

    Invisible à Montpellier depuis 2017, l’actuelle députée européenne d’extrême droite France Jamet est de retour. Plus revancharde que jamais 12 ans après son échec en 2014 (13,8% au 1er tour puis 9,18% au 2e tour), l’héritière du co-fondateur du Front national vient d’annoncer avoir été investie aux municipales par le Rassemblement national (RN) avec la bénédiction de l’Union des droites pour la République (UDR) d’Eric Ciotti.

    Une investiture obtenue de Paris au nez et à la barbe de Thierry Tsagalos qui s’autoproclamait candidat du RN depuis plusieurs semaines. « Il s’est obstiné, il a préféré jouer une carte personnelle. C’est dommage, il va être exclu. Quand on a une machine de guerre comme la nôtre, on doit mettre nos forces en commun », tranche France Jamet.

    Fille d’Alain Jamet (décédé récemment), le co-fondateur du FN aux côtés de Jean-Marie Le Pen , France Jamet a de solides appuis au sommet de l’état major du RN. Le député pro-Eric Ciotti, Charles Alloncle (UDR), l’a bien compris. Opportuniste, il sera en bonne position sur la liste RN au contraire de son suppléant Thierry Tsagalos. De même que Flavia Mangano, ancienne candidate RN aux législatives sur la 2e circonscription de l’Hérault. Un troisième colistier a été dévoilé : Alex Frederiksen, collaborateur de la députée Manon Bouquin (RN).

    Le RN qui n’a jamais scoré à Montpellier ambitionne moins de rafler la ville que d’y gagner en influence. Comme les autres opposants déclarés, France Jamet s’inscrit dans une « volonté de rupture » avec la politique municipale actuelle. A l’instar de Mohed Altrad, déclaré candidat la veille ou de l’ancien maire (2014-2020) Philippe Saurel (qui pourrait lui aussi se dévoiler dans les prochains jours), elle fustige les 2 milliards de dette de la Ville (un audit des finances sera réalisé) et promet de faire des « économies ». La solidarité devrait trinquer. « On supprimera les subventions à SOS Méditerranée », illustre-t-elle. En revanche, au vu du succès populaire, pas question de faire marche arrière sur la gratuité des transports en commun.

    A l’image d’Isabelle Perrein, autre candidate divers droite soutenue par l’UDI, France Jamet cible la circulation embouteillée en ville. Elle promet de rouvrir le tunnel sous la Comédie et l’avenue Albert Dubout. « Le tout vélo ne marche pas, il faut plus de parkings. On doit en finir avec cette politique répressive des automobilistes et sortir de cette dictature écologiste ».

    Alors même que son parti prône le repli sur soi (protectionnisme, frontières, droit du sang…), elle trouve que « Montpellier s’est trop renfermée sur elle-même. Rien n’a été fait vis-à-vis de Toulouse. Montpellier doit retrouver sa place en s’ouvrant ».

    Enfin, sans surprise, elle compte axer sa campagne sur la sécurité. Tandis que l’actuelle majorité a déjà créé des brigades des transports et du logement social, elle joue la surenchère avec « plus de caméras, de policiers municipaux équipés ». « On doit abandonner le laxisme ». France Jamet, elle, n’a rien perdu de sa hargne.

  • Le milliardaire Mohed Altrad veut régler ses comptes à Montpellier

    Le milliardaire Mohed Altrad veut régler ses comptes à Montpellier

    « Montpellier est dirigée comme une section du PS. Je suis venu pour démanteler ce système et rendre Montpellier à ses habitants ».

    Jeudi 15 janvier, Mohed Altrad n’a pas fait mystère de ses intentions en déclarant sa candidature à la mairie de Montpellier. Devant 500 soutiens et curieux réunis au Dièze Warehouse, il a d’abord tenté de séduire son auditoire avec sa parabole fétiche de « l’enfant du désert » devenu milliardaire. Mais le patron du Montpellier Rugby Club (MHR), en conflit avec l’actuelle majorité municipale au sujet de son projet de « village rugby », a vite fait comprendre qu’il venait aussi régler ses comptes.

    Il y a près d’un an, celui qui se dit ni de droite ni de gauche confiait à nos confrères de La Gazette que sa boussole était de faire tomber le maire Michaël Delafosse (PS). « Si je trouve quelque chose de moi en vous, que vous vous appeliez FN ou LFI, ça ne me gêne pas ». Opportuniste, Mohed Altrad l’avait déjà été en 2020 lorsqu’il avait choisi de s’allier dans l’entre deux-tours avec Alenka Doulain (proche de LFI) et l’humoriste Rémi Gaillard.

    Six ans plus tard, le revanchard qui aura 78 ans au moment de glisser un bulletin dans l’urne (ce qui ne lui arrive pas souvent), jure avoir appris de ses « erreurs » de novice en politique. « Trébucher, tomber, me relever, c’est toute ma vie », dit-il en revenant toujours à son parcours atypique, tout en regrettant qu’on le « renvoie à sa condition sociale ». Hier « immigré pauvre », aujourd’hui patron richissime jouissant d’une belle notoriété.

    En témoignent les 500 soutiens parmi lesquels le sénateur Jean-Pierre Grand (parti Horizons d’Edouard Philippe), l’ancienne secrétaire d’État macroniste Patricia Mirallès, le maire de Saint-Georges d’Orques Jean-François Audrin (Horizons). Des anciens compagnons de l’ex-maire Philippe Saurel également à l’instar de Stéphanie Jannin ou Annie Yague. Mais aussi le professeur Charles Sultan, fâché avec Michaël Delafosse. Sans oublier le fidèle Salim Jawari élu d’opposition. Actuel président de la commission des finances, celui-ci fustige « l’endettement multiplié par 5 de la Ville de Montpellier » et « l’écologie dogmatique financée par vos impôts ».

    Pour l’instant Mohed Altrad n’entre pas dans la bataille des chiffres. Plutôt que « le confort » de « siroter un verre sur la plage » ajoute sa fille Ema, il assure avoir choisi « le combat ». Le patron du groupe Altrad qui pèse plus de 5 milliards de chiffre d’affaires et 65 000 salariés dans le monde, se présente comme un « bâtisseur » avec une « vision ». Pour transformer « l’une des villes de sa taille les plus pauvres de France », fustige-t-il, l’homme d’affaires entend « passer de la politique des discours à la politique des résultats ».

    Sans dire comment, il promet de créer 30 000 emplois pour faire de Montpellier « une ville qui travaille, une ville zéro chômeur ». Ce qui n’existe nulle part. Tandis que le BTP est au ralenti, il affirme qu’il doublera le nombre de logements sociaux et rendra possible l’accession à la propriété au bout de 15 ans. « Le logement social ne doit pas être une prison ».

    Comme la gratuité des transports en commun est largement appréciée des habitants, il n’y touchera pas. Tout en regrettant que « la Ville vit à crédit », M. Altrad promet la gratuité des cantines pour tous les enfants sans condition. Le tout « sans hausse d’impôts ». Complexe.

    Comme inspiré par Robert Ménard (extrême droite) à Béziers, il prévoit « pour protéger » un couvre-feu dès 22h pour les mineurs de moins de 16 ans. « Traîner dans les rues à 12-14 ans, ce n’est pas la liberté, c’est l’abandon ». Il veut aussi créer une brigade municipale de propreté et un plan « anti-bouchons ». S’il est élu maire, celui qui n’a jamais mis un pied au conseil municipal avant de démissionner en 2024, jure d’abandonner le projet de chaudière CSR (Combustible solide de récupération) pour brûler les déchets. « Je ne veux pas de scandale sanitaire. Montpellier ne sera pas un énième cobaye. La santé des Montpelliérains ne se négocie pas ».

    Mohed Altrad qui vise aussi la présidence de la Métropole de Montpellier, conclut sur une note populiste. « Je ne prendrai pas un centime. Mes indemnités seront reversées aux associations ». Facile à dire quand on pèse plusieurs milliards d’euros.

  • [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    [Entretien] Serge Ragazzacci : « Enrayer les plans de licenciements dans l’Hérault »

    La Marseillaise : Ce début d’année est marqué par le chaos international…

    Serge Ragazzacci : On a une situation globale qui est en train de dégénérer. On dénombre plus de 400 morts depuis le cessez-le-feu en Palestine. On voit bien qu’on a une situation de guerre qui continue un peu partout dans le monde autour des questions liées aux ressources, en Ukraine avec les métaux rares, au Venezuela avec le pétrole. On revient à des choses un peu basiques dans le capitalisme, avec des postures très coloniales, les menaces réaffirmées sur Cuba, le Groenland, qu’on est bien obligés de prendre au sérieux après l’enlèvement de Maduro. Il faut donc réaffirmer un message de paix et la nécessité de se mobiliser contre l’avancée de l’extrême droite dans le monde et dans notre pays. On voit malheureusement ce qu’il s’est passé aux USA, avec cette police ICE, l’assassinat de cette mère de famille, les images de chasse à l’homme, des choses qui doivent en faire rêver plusieurs chez nous.

    L’année 2025, d’un point de vue syndical, a été marquée par des luttes victorieuses, notamment sur les retraites…

    S.R. : Ce qu’on a gagné, c’est de maintenir cette question des retraites dans le paysage et de ne rien lâcher. Il y a eu des conséquences politiques et même si c’est symbolique, ce décalage existe. On peut construire dessus pour aller vers la progression. Donc c’est une bonne chose, mais surtout ce qui a marqué l’année 2025, ce sont les luttes dans les entreprises sur l’emploi, les salaires. On a constaté qu’on avait eu une activité soutenue parce qu’on s’est rendu compte qu’on avait fait beaucoup d’actions, de formations. Il n’y a pas eu de relâchement, même si, peut-être, c’est moins visible de l’extérieur car il n’y a eu de grandes manifs.

    Néanmoins, on ne dénombre
    pas moins de 483 plans de licenciements en ce début d’année, il faut amplifier la lutte
     ?

    S.R. : C’est la grande question. Ça va bientôt faire un an que la CGT publie des éléments sur les plans sociaux en cours. Il faut arriver à enrayer le processus, même si on a pu avoir quelques victoires comme le rejet du PSE d’Auchan, le projet de la nationalisation d’Arcelor Mittal. Un certain nombre de luttes sont engagées et c’est sûrement un des grands enjeux de la séquence parce que notre pays est frappé, toujours dans le contexte international, par un déficit de souveraineté. Si on maintient la destruction de notre industrie, le pays va être complètement dépendant de ses approvisionnements en matériel. On l’a découvert en grand en 2020, mais rien n’a changé depuis. C’est ce qui fait le déficit de notre balance du commerce extérieur mais aussi ce qui crée notre dette au niveau de la planète et de la couche d’ozone. On a besoin de réindustrialiser le pays, ce qui veut dire commencer par éviter les grands plans de licenciement et les fermetures d’usines.

    Nationalisation, réindustrialisation, les idées syndicales progressent dans le débat public en 2026 ?

    S.R. : Il faut qu’on arrive d’une part à les partager davantage avec les autres formations syndicales et d’autre part que ce soit repris à la hauteur nécessaire par les formations politiques. Sur un certain nombre de sujets, je trouve que la gauche reste un peu timide. On a une offensive droitière pour revenir sur un ensemble de conquêtes sociales : les 35 heures, le 1er mai, etc. De l’autre côté, on a un peu du mal à trouver une accroche pour garantir quelques points d’appui pour le monde du travail. Par exemple, une nouvelle réduction du temps de travail à 32 heures ; le CDI dans le privé et le statut dans le public redeviennent la norme parce qu’aujourd’hui il y a une forte précarité, une déréglementation. On doit retrouver un droit du travail qui protège et évite de mettre les gens en compétition non pas sur la qualité de leur travail mais sur le statut de leur contrat de travail. La question de l’augmentation des salaires et des pensions est essentielle. Il y a quand même des éléments structurants que le mouvement syndical a mis en évidence et qui doivent être repris beaucoup plus fortement dans le débat public et sans aucune retenue.

  • Les anti-projet de Vinci vont mettre les candidats sur le gril à Montpellier

    Les anti-projet de Vinci vont mettre les candidats sur le gril à Montpellier

    En attendant le grand oral des Shifters sur le climat le 12 février, ils vont devoir se positionner sur le projet de Contournement ouest de Montpellier (COM). À Montpellier, Saint-Jean-de-Védas ou Juvignac, les trois communes traversées par le projet décrié de Vinci, les candidats aux Municipales vont être questionnés par le collectif Autre COM.

    Lequel ne digère pas que le projet initial (un boulevard urbain en 2×2 voies censé réduire les bouchons) soit devenu un bras autoroutier de 6,2 km en 2×3 voies élargies avec bandes d’arrêt d’urgence dimensionné pour du 110 km/h et visant à relier l’A709 à Saint-Jean-de-Védas à l’A750 à Juvignac. « Si les gens connaissaient vraiment le projet de Vinci, on ne serait pas minoritaire dans le sondage sur le COM », assure Céline Scornavacca, qui déplore une « communication agressive » trompeuse de Vinci et une opacité entretenue par les autorités favorables au projet. « Sans parler du trafic induit et de la pollution, je ne suis pas sûre que le projet va résoudre les problèmes des embouteillages à l’ouest ». Du côté de Vélocité, Christine Rouot fait un vœu. « On demande au moins de ne pas toucher à l’échangeur de Juvignac. » Sans quoi « on va ramener les camions du nord vers l’A709 ! », abonde Philippe Hippert, de Saint-Jean Environnement.

    Des arbres déracinés

    En attendant que ne soit jugé leur recours en appel contre la déclaration d’utilité publique, les opposants au projet de Vinci ont déposé le 7 janvier 2026 un recours contre l’autorisation environnementale préfectorale du 30 novembre 2025. D’une part ce document atteste qu’« il s’agit bien d’une autoroute » alors qu’une « réserve avait été émise sur l’absence d’alternative sobre au tracé », rappelle Jean-Michel Hélary de SOS Lez Environnement. D’autre part, l’arrêté préfectoral n’est censé permettre que des travaux préparatoires aux fouilles archéologiques. Or, depuis les fêtes, les opposants ont constaté des travaux de terrassement. « Des pins et des oliviers ont été abattus. L’habitat des petits mammifères et des chauves-souris a été détruit », s’indigne Gaspard Drillaud, du Groupe national de surveillance des arbres.

    Pour Françoise Hélary, il s’agit d’« atteintes environnementales évidentes ». La militante d’Alternatiba pense que « l’autorisation environnementale qui déroge à la protection d’espèces protégées (telle que la loutre d’Europe) est illégale ». Ce sera à la justice de trancher. Mais les véritables travaux du COM débutant début 2027, il sera peut-être trop tard.

  • Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Occitanie : l’opposition au Mercosur ne faiblit pas

    Le monde agricole gronde et les dernières annonces gouvernementales ne semblent rien arranger au feu qui couvait depuis quelque temps. Déjà empêtré dans sa gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), maladie s’attaquant aux bovins, Matignon a pourtant tenté de désamorcer la colère, sans grand succès comme en témoignent les blocages et mobilisations qui se poursuivent dans tout l’Hexagone.

    À l’instar de Montpellier, où la FDSEA et les JA de l’Hérault s’étaient rassemblés devant les grilles de la préfecture héraultaise le 9 janvier pour tenter de s’opposer à la signature de l’accord entre l’Union Européenne et les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Bolivie, Paraguay et Uruguay), créant l’une des plus vastes zones de libre-échange de la planète. « Il est hors de question de dire oui au Mercosur même si certains pays ont changé d’avis. Tant qu’il y aura une lueur d’espoir chez nos adhérents, on ne les lâchera pas  », soutient Annabelle Decoursière, secrétaire générale des JA de l’Hérault. En effet, même si Emmanuel Macron semble avoir changé d’avis et s’oppose maintenant à l’accord de libre-échange, la France n’a pas suffisamment convaincu d’autres pays pour constituer une minorité de blocage, si bien que l’accord devrait être ratifié par Ursula Von der Leyen le 17 janvier. « L’Union européenne vient de découvrir son 49-3 et passe en force », soupire Morgane Bara, porte-parole de la Confédération paysanne dans l’Hérault, regrettant « le peu de lobbying exercé par la France pour avoir la minorité de blocage, pourtant facilement atteignable. »

    Le texte supprime donc les droits de douane entre les parties et ouvre notamment la voie aux importations de viande sud-américaine, dont la concurrence est jugée déloyale et les normes environnementales et sanitaires moins contraignantes. « Le libre-échange est délétère. Les clauses miroirs évoquées par Macron ne changeront pas la donne. On met en concurrence les producteurs de la planète et le moins-disant remporte la palme, tout le monde est perdant », se désole Morgane Bara.

    Direction Strasbourg

    Pour tenter de calmer les esprits, la ministre de l’Agriculture a donc annoncé onze mesures pour une enveloppe de 300 millions d’euros. Sans convaincre l’ensemble du spectre syndical agricole. « C’est de la poudre aux yeux, on saupoudre un peu d’argent, on recule sur l’environnement. Mais sans donner de réponses sur ce qui nous préoccupe vraiment : le revenu paysan », observe Morgane Bara. Des effets d’annonce dénoncés – dans une moindre mesure – par les JA. « Il faut du concret. Ces annonces ne sont qu’un pansement, qui dépend d’un budget. La latence est trop grande avec le moment où ça arrive dans la ferme. Mais on ne crachera pas dans la soupe si ça arrive », soutient Annabelle Decoursières.

    Les regards sont maintenant tournés vers Strasbourg, où le Parlement de l’UE pourrait saisir la Cour de Justice de l’UE lors d’un vote le 21 janvier, ce qui suspendrait l’accord pendant plusieurs mois.
    Louis Dupin

  • Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    En 2026, l’aéroport de la 7e ville de France va-t-il enfin prendre son envol ? En basant un avion en 2020, Transavia devait déjà faire entrer Montpellier dans la cour des grands. Mais la pandémie de Covid avait ralenti ses projets.

    Six ans plus tard, l’aéroport de Montpellier franchit un nouveau pas qui doit lui permettre d’atteindre les 3 millions de passagers, qu’il vise à terme contre 1,9 million actuellement. Mercredi 14 janvier, Volotea a officialisé sa volonté de faire de la capitale héraultaise sa 11e base en France. « Depuis 2012, nous avions 8 enfants (Ajaccio, Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg et Minorque). Il était temps de se marier ! », se félicite Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport Montpellier Méditerranée. « Il s’agit d’un mariage à l’ancienne sans divorce, ironise Carlos Muñoz. On va continuer à développer ce partenariat très longtemps », assure le fondateur et PDG de Volotea.

    La compagnie low cost ibérique va commencer par « faire dormir » un Airbus A320 (180 sièges) à Montpellier en attendant le second d’ici 2 ou 3 ans. « Cela signifie de la ponctualité puisque l’avion est sur place et aussi que nos collaborateurs connaîtront bien les clients car ils habiteront ici et feront vivre ce territoire », insiste Gilles Gosselin. Des recrutements vont être lancés afin de pourvoir les 30 emplois de pilotes, hôtesses de l’air et stewards créés à Montpellier.

    900 000 passagers visés d’ici 2030 au plus tard

    Dès novembre, Volotea proposera 4 nouvelles destinations : Bordeaux, Madrid, Tenerife Sud et Lanzarote. A la différence de son concurrent déjà installé, Volotea préfère développer les liaisons des villes telles que Montpellier. « 65% des Européens vivent dans des villes petites ou moyennes pas assez desservies », explique Carlos Muñez. Le PDG fait valoir un taux de réalisation des vols irréprochable (99,4%) et un indice de satisfaction en hausse (+24%) pour la compagnie à bas coûts. « Ça ne veut pas dire qu’on sert du caviar et qu’on propose des douches comme Émirates, mais 9 clients sur 10 nous recommandent ».

    Dans le courant de l’année, de nouvelles destinations vers l’Europe, le Maghreb ou les pays nordiques devraient être dévoilées à des « prix abordables » malgré l’impact de la taxe de solidarité (6,3 euros par billet). Certaines seront permanentes, d’autres saisonnières. « On s’adaptera à la demande et au succès des routes », promet Gilles Gosselin. Le directeur de la « première compagnie domestique en France » ne cache pas son ambition dans une Occitanie où Volotea est déjà implantée à Toulouse, Rodez, Lourdes/Tarbes. « On veut être la compagnie majeure de référence de l’aéroport de Montpellier ». En 2026, 400 000 sièges (+9%) sont espérés ici et 900 000 annuels sont visés d’ici 2 à 4 ans. Depuis 2012, Volotea a déjà transporté 2,8 millions de passagers depuis Montpellier.